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Prix Thérèse Gouin-DécarieEn partenariat avec : Caisse de dépôt et placement du Québec

Martine Hébert

prix des sciences sociales
UQAM - Université du Québec à Montréal

Le prix Acfas – Thérèse Gouin-Décarie 2014, récompensant une scientifique s’étant distinguée dans le champ des sciences sociales, est remis cette année à Martine Hébert, professeure titulaire au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal.

Elle est parfois taboue ou du moins très difficile à aborder. Mais heureusement, la problématique des agressions sexuelles chez les enfants est désormais beaucoup mieux comprise. Cette compréhension renouvelée nous la devons en grande partie aux recherches de la lauréate. Véritable figure de proue internationale en ce domaine, elle a porté un regard attentif et attentionné sur le parcours douloureux de ces jeunes victimes de maltraitance.

Dès sa maîtrise en psychologie clinique, Martine Hébert s’affirme comme pionnière par son intérêt pour le vécu des enfants victimes d’agressions sexuelles. Il n’existait alors que très peu de données probantes permettant de guider les pratiques d’intervention auprès de ces enfants. Son but était de comprendre les besoins mais surtout la diversité des profils et des facteurs influant sur le rétablissement des jeunes confrontés à ces situations. Elle innove alors en adoptant une approche de « recherche-action » développée en collaboration avec les organismes voués à la prévention et au soutien des jeunes.

Devenue professeure à l’UQAM en 1999, par une série d’enquêtes et d’études, la lauréate mettra en lumière le large spectre de problèmes émotionnels et comportementaux dont ces enfants souffrent. Aussi, elle documentera les stratégies d’adaptation et de résilience, parfois salvatrices, que certains d’entre eux déploient. Elle a aussi été amenée à cerner les conséquences de ces agressions sur le vécu sexuel et amoureux des adolescents.

Soucieuse de contribuer à l’amélioration des interventions, Martine Hébert accompagnera, tout au long de son parcours, les praticiens dans une diversité de milieux. Cette démarche novatrice a permis d’affiner les interventions mais aussi de brosser un portrait plus global et plus juste des expériences de traumatisme. C’est à ce titre de praticienne-chercheure, qu’elle s’avère être un véritable agent de changement social au Québec.

De solides partenariats se sont aussi construits autour de ses travaux, notamment avec la clinique de pédiatrie sociojuridique du CHU Sainte-Justine, le Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille, l’organisme Parents-Unis ou encore le Centre d’expertise Marie-Vincent grâce à la Chaire interuniversitaire Marie-Vincent. Elle a alors mené une série d’études impliquant au total près de 1 000 enfants victimes d’agressions sexuelles dont l’une des rares études abordant le parcours de rétablissement des enfants sur une période d’un an suivant le dévoilement. Ces travaux ont permis, entre autres, d’identifier une typologie qui oriente les services d’intervention en fonction des besoins spécifiques des enfants. Une approche particulièrement appréciée des milieux d’intervention psychosociale.

Aussi, pour assurer une diffusion large des meilleures pratiques en matière d’évaluation et de traitement des enfants victimes d’agressions sexuelles, elle a publié comme premier auteur, en collaboration avec deux collègues, l’ouvrage L’agression sexuelle envers les enfants. Le premier Tome, paru en 2011, rassemble les plus récents résultats de recherche et de pratiques d’investigation, d’évaluation, de traitement et de prévention. Le second tome, paru en 2012, propose une recension des connaissances empiriques concernant l’interrelation entre l’agression sexuelle envers les enfants et d’autres problèmes sociaux, tel que le suicide. Cet ouvrage est une référence pour la formation universitaire mais aussi la formation des futurs policiers. Il est également une référence en France pour l’association Stop aux Violences Sexuelles (SVS), porteuse d’un projet de santé publique d’éradication de telles violences.

Au-delà de ces multiples implications, Martine Hébert a aussi assumé la formation d’une relève compétente en encadrant, au cours des dernières années, près de 20 recherches doctorales et postdoctorales, et plus de 40 mémoires.

Sujets : science sociale

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