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Prix Acfas André-Laurendeau

Benoît Melançon

UdeM - Université de Montréal

Benoît Melançon - Prix Acfas - 2011
Dix-huitiémiste, professeur, chercheur, critique, éditeur, administrateur, blogueur, essayiste… Avec tous ces chapeaux, le lauréat réussit à transmettre, de diverses manières, à divers publics, le fruit de ses recherches sur la culture et ses langages. Ses travaux sur Diderot épistolier et son essai d’histoire culturelle sur Maurice Richard, par exemple, lui ont permis de contribuer aux progrès de l’étude des discours, des plus triviaux aux plus complexes.

Benoît Melançon commence sa carrière de chercheur en 1996 en publiant sa thèse intitulée Diderot épistolier. Contribution à une poétique de la lettre familière au XVIIIe siècle. Aujourd’hui considérée comme un classique de la recherche en littérature française, elle a fait figure de pionnière lorsqu’elle a été publiée. En effet, elle porte sur l’analyse de la correspondance privée de Diderot, sujet d’étude très peu exploré. Pour l’auteur, l’objectif était double : « D’une part, décrire et analyser la pratique de Denis Diderot épistolier dans ses lettres familières, soit 779 textes écrits entre 1742 et 1784; d’autre part, grâce au rapprochement de cette correspondance avec d’autres qui lui sont contemporaines, qu’elles soient dues à des écrivains célèbres ou à des inconnus, contribuer à l’élaboration d’une poétique de la lettre familière au XVIIIe siècle ».

Un autre ouvrage, qui a surpris de la part d’un spécialiste des années 1700 et qui a beaucoup retenu l’attention, concerne Maurice Richard. Les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle (2006 et 2008) rend compte de la construction et de l’évolution de cette figure véritablement mythique à travers les discours. Comme le souligne l’auteur, « ce livre n’est ni un livre de fan, ni un livre d’amateur de hockey, ni une biographie », mais plutôt « une histoire culturelle ». Cette analyse lui a valu le prix Richard-Arès 2006 de la Ligue d’action nationale, le prix Marcel-Couture 2007 du Salon du livre de Montréal et l’entrée au palmarès des cinq meilleurs essais québécois des années 2000 du journal La Presse (2009).

Par ailleurs, depuis 1992, le chercheur publie une bibliographie électronique du Siècle des lumières qui compte plus de 23 000 titres. Devenu incontournable, ce travail colossal s’ajoute aux nombreuses réalisations de Benoît Melançon : publication d’articles scientifiques, direction de numéros de revues, collaboration à des ouvrages collectifs, organisation de colloques, participation à des comités de rédaction, direction scientifique de deux collections aux Presses de l’Université de Montréal, participation au Comité scientifique de la collection « Classiques Garnier » (Paris) pour le XVIIIe siècle, élection à la Société royale du Canada en 2008.

Non content de ces succès en littérature, Benoît Melançon revêt l’habit tantôt du professeur, d’ailleurs fortement apprécié de ses étudiants, tantôt du blogueur (http://oreilletendue.com/). Ici et là, le lauréat fait preuve d’une originalité de point de vue, d’une rigueur minutieuse. Pour lui, un banal discours médiatique mérite autant d’intérêt qu’un texte classique de littérature. Et pour réaliser ses travaux, il ne se restreint pas à son champ disciplinaire : sans ses collègues d’autres domaines, il n’aurait pu, par exemple, faire ressortir les plus récents développements en communication, Diderot épistolier et Sevigne@Internet. Remarques sur le courrier électronique et la lettre, 1996 et 2011; en histoire, Les Yeux de Maurice Richard; ou en linguistique québécoise, Dictionnaire québécois instantané, 2004, et Le village québécois d’aujourd’hui, 2001. Benoît Melançon apporte donc une contribution moderne et originale à l’étude des discours et des représentations.