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608 - Le Québec en Afrique : solidarité, diplomatie et/ou affaires?

Le mercredi 9 mai 2018

Depuis 2013, la présence du Québec en Afrique connaît un second souffle. Celui-ci se traduit par l’ouverture de représentations québécoises sur le continent (Dakar), l’implantation d’entreprises québécoises, l’intensification des échanges économiques, la promotion des partenariats dans le domaine de l’enseignement et de la culture, et des actions de solidarité internationale portées par diverses institutions et organisations québécoises. L’intérêt que le Québec démontre pour les pays africains s’est renforcé au moment où, sous le règne de Stephen Harper, le Canada a montré les signes d’un désengagement à l’égard de l’Afrique (Fall et Dimé, 2015).

Le Québec met ainsi à profit son statut spécial au sein de l’Organisation internationale de la francophonie pour faciliter son accès aux occasions de partenariat et pour établir des relations de coopération dans le domaine de la culture et de l’éducation avec une communauté francophone d’environ 200 millions de personnes. En effet, les 31 pays d’Afrique qui ont en commun l’usage de la langue française constituent un immense marché pour le Québec. Cette affinité linguistique a joué un puissant rôle dans cette offensive québécoise en Afrique.

Ce colloque a pour objectif de comprendre les enjeux et les défis liés à l’action internationale du Québec en Afrique. Il s’agit d’en montrer les fondements, les acteurs (gouvernement, entreprises, organismes de coopération internationale (OCI), institutions d’enseignement et de recherche, églises, etc.), les étapes marquantes et les stratégies à travers lesquelles elle se déploie. Ce colloque réunira des chercheurs universitaires, des fonctionnaires du gouvernement québécois, des représentants de la société civile (ONG, OCI), des entreprises, des établissements d’enseignement et des ressortissants des diasporas africaines du Québec afin de cerner ce nouvel élan du Québec en faveur de l’Afrique, ses implications, ses succès et ses limites.

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Remerciements

Université du Québec à Chicoutimi

Ministère des Relations Internationales et de la Francophonie du Gouvernement du Québec

Bureau du Québec à Dakar

Laboratoire d'Études et de Recherches Appliquées sur l'Afrique

Université Gaston Berger de Saint-Louis

Centre de recherche en développement territorial

Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Université Gaston Berger - Saint-Louis du Sénégal
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Après-midi
13 h 00 à 14 h 30
Communications orales
Enjeux et défis de la présence du Québec en Afrique
Présidence/Animation : Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-7130
13 h 00
Enjeux de la présence du Québec en Afrique - Présentation du colloque
Mamadou Dime (Université Gaston Berger - Saint-Louis du Sénégal), Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Il s'agira ici de présenter le contexte, les objectifs, les orientations et les résultats attendus du colloque. Nous mettrons l'accent sur le contexte dans lequel se déroule l'offensive québécoise en Afrique, les stratégies à travers lesquelles elle se déploie, les différents acteurs en présence. Nous présenterons les orientations du colloque et la plus value attendue des participants ainsi que les prochaines étapes.

Résumé
13 h 30
La contribution du Québec dans la transformation de l'Afrique : portrait, constats et résultats des missions réalisées par Export Québec de 2010 à 2017
Alain Carrier (Ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation), Elise Roy (Ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation du Québec), Carène Tchuinou (Ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation du Québec)

Le continent africain a connu une importante croissance économique au cours de la dernière décennie, ce qui a eu pour effet d’accroître son attrait pour un grand nombre de pays provenant de toutes les régions de la planète. Au cours de cette période, ce continent a également suscité un intérêt grandissant au Québec, malgré le fait qu’il ne constitue pas un marché de proximité pour les entreprises et organisations québécoises.

Au Québec, c’est le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation qui définit les politiques et établit les priorités d'action du gouvernement québécois en matière de développement du commerce extérieur. Le secteur du Ministère responsable de la mise en œuvre de ces priorités d’action, mieux connu sous le nom Export Québec, a pour mandat de soutenir les entreprises exportatrices québécoises dans leurs projets de développement de marchés. Dès 2010, Export Québec a élaboré une stratégie d’intervention axée sur l’Afrique, après une période latente survenue à la suite de la fermeture du bureau du Québec à Abidjan en 2002.

Cette communication mettra notamment en exergue la prépondérance de la présence des entreprises de services et le lien naturel qui existe avec les marchés de la francophonie africaine. Elle mettra aussi en filigrane la présence et l’influence relatives d’Export Québec, étant donné qu’il n’existe aucun portrait exhaustif de la présence réelle des entreprises québécoises actives en Afrique.

Résumé
14 h 00
Action internationale du Gouvernement du Québec en Afrique : portait et perspectives.
Dominic Toupin (Ministère des Relations internationales et de la Francophonie)

À venir

Résumé
14 h 30 à 16 h 30
Communications orales
Présence québécoise en Afrique : stratégies, retombées et perspectives
Présidence/Animation : Alain Carrier (Ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation)
Batiment : UQAC
Local : P1-7130
14 h 30
Les stages Québec Sans Frontière au Sénégal : rapports nord-sud et rencontre interculturelle
Mathilde Gouin-Bonenfant (UdeM - Université de Montréal)

Chaque été, des dizaines de jeunes Québécois-e-s participent au programme Québec Sans Frontières (QSF) et réalisent un stage d’initiation à la coopération internationale au Sénégal.

Ma communication portera sur deux aspects de ce programme. En premier lieu, je replacerai celui-ci dans les phénomènes de tourisme, de volontourisme et de bénévolat international. Je circonscrirai ensuite les particularités de cette forme de mobilité nord-sud pour en faire ressortir la nature privilégiée.

Dans un deuxième temps, je présenterai les résultats de mes recherches concernant la rencontre interculturelle dans ces stages. La littérature sur le bénévolat international est partagée sur ce sujet, entre renforcement des rapports symboliques de pouvoir et rapprochement interculturel .

Ma recherche déplace l’objet d’étude du résultat de la rencontre vers le processus et porte sur la construction des savoirs culturels et interculturels, à travers la rencontre entre les stagiaires et leur communauté d’accueil. Ces résultats se basent sur un terrain ethnographique de 4 mois, au Québec et au Sénégal.

Je discuterai ainsi du modèle de « confusion culturelle » (Hottola 2004) qui apparait plus révélateur que celui de « choc culturel » (Oberg 1969), pour étudier la rencontre interculturelle dans ce contexte. Je présenterai aussi les stratégies d’apprentissage collaboratif mobilisées par les stagiaires et leurs familles d’accueil.

Résumé
15 h 00
Enjeux et défis d'un programme de stage humanitaire d'étudiant-e-s de l'UQAC dans le Delta du Saloum
Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Depuis 2009, des étudiant-e-s de l'UQAC inscrit-e-s dans divers programmes (coopération internationale, géographie, physiothérapie, sciences infirmières, sociologie, anthropologie) effectuent régulièrement un stage humanitaire dans le Delta du Saloum, plus précisément dans les villages de Missirah et de Dionewar. Diverses motivations sont exprimées par les étudiant-e-s pour justifier leur engagement humanitaire. Leur profil est également très diversifié. Leur engagement s'est traduit par diverses actions réalisées au profit des populations si bien qu'un lien particulier s'est établi entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et de nombreux villages du Delta du Saloum. Notre communication nous offrira l'occasion de faire le bilan de cette expérience en termes d'analyse des motivations des participant-e-s, de leurs actions sur le terrain, de leurs interactions avec les populations, du vécu du choc culturel, des incidences du stage pour les populations locales comme pour les stagiaires. Nous nous appuyons sur une analyse de contenu des rapports produits par les différentes cohortes de stagiaires pour étudier les enjeux et les défis de programme de stage que nous avons personnellement mis en place.

Résumé
15 h 30
Développement durable et efficacité de la coopération Nord- Sud : Le cas des Forêts Modèles du Cameroun à travers le projet STEP
Christine Louise Ntyam (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Le projet Stimulation de l’Entrepreneuriat par le Partenariat (STEP) a été mis sur pied par le Bureau de Coopération Forestière Internationale (BCFI) en 2011-2012 en vue de changer l’approche communément connue de la coopération Nord-Sud par la mutualisation des savoirs, d’expertise et d’expérience. Une forêt modèle est un territoire boisé circonscrit où l’on implante une gestion durable des ressources naturelles entre les acteurs qui se partagent cet espace de vie. Elle est constituée d’une gamme variée d’activités telles que les industries agro-alimentaires, les exploitations forestières, les fermes. Nous traiterons des forêts modèles de Campo-Ma’an (CAMAMF) et de celle de Dja et Mpomo (FOMOD) au Cameroun. Ces forêts ont été gérées selon les grands principes de l’approche STEP.  La mise en oeuvre du projet s'est faite dans le cadre d'un partenariat avec la Forêt Modèle du Lac-St-Jean et le CÉGEP de St Félicien qui devait notamment réaliser un portrait de la richesse touristique. Donc, l'analyse de ce projet offre l'occasion d"étudier les stratégies, les retombées et les défis d'une expérience singulière de coopération internationale entre le Québec et le Cameroun.

Résumé
16 h 00
La question de l'implication des femmes dans la vie politique sur différents paliers de gouvernement et dans la haute administration publique en Afrique francophone et en Haïti dans un contexte de développement international
Salamatou Salifou Soumaila (ÉNAP - École nationale d'administration publique), Claude-Michel Gagnon (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

En Afrique francophone et en Haïti, les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer dans la vie politique, administrative et communautaire, mais malheureusement leur influence reste limitée.  Ainsi les obstacles, tant dans l’implication de la femme dans la vie politique que dans la haute administration publique portent atteinte aux principes fondamentaux d’égalité des chances et de justice sociale dans la société. La communauté internationale fait de ladite question une priorité, notamment dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Depuis bientôt 50 ans, l’ENAP est active sur la scène internationale.  Notamment, elle offre des services permettant aux gouvernements d’autres pays de relever plus facilement les grands défis de l’administration publique moderne.  Puisque l’ENAP est désireuse de contribuer à soutenir l’essor de la présence des femmes dans la vie politique et administrative, cette étude vise, d’une part, à mieux comprendre le phénomène de l’implication de la femme dans les instances de décisions publiques et d’autre part, de cerner les stratégies des organismes internationaux pour favoriser l’émergence d’une élite féminine dans la gestion des affaires politiques et de la chose publique sur le plan national, régional et local.

Résumé
16 h 30
La coopération humanitaire et la solidarité internationale entre l’Afrique et le Québec : qui en bénéficie réellement le plus?
Claude-Michel Gagnon (ÉNAP - École nationale d'administration publique), Johanne Beaulieu (Cégep de Jonquière)

Les actions des organisations qui agissent sur le plan de la coopération humanitaire et de la solidarité internationale prétendent avoir des intentions nobles et ont souvent au cœur de leur mission le désir d’apporter une contribution positive des pays développés aux pays dits émergents. Mais, dans la réalité, est-ce que ces projets profitent seulement aux pays qui reçoivent l’aide ou seraient-ils autant bénéfiques pour le Québec et l’Afrique? Par l’intermédiaire de deux exemples concrets de projets entre le Québec et l’Afrique, nous tenterons de montrer les bénéfices mutuels de la coopération humanitaire et de la solidarité internationale. D’une part, des projets de stage entre le Cégep de Jonquière en partenariat avec le Centre de solidarité internationale du Saguenay Lac-St-Jean, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie et des organisations locales et gouvernementales du Burkina Faso illustrent bien cette conception des bénéfices mutuels de ce type de partenariat. D’autre part, les activités entre l’École nationale d’administration publique du Québec et plusieurs organisations gouvernementales et publiques africaines permettent également de cerner cette dynamique de mutualité des retombées du partenariat.

Résumé
17 h 00
Synthèse