Imprimer

501 - Regard sur la diversité des contextes d’enseignement et d’apprentissage de l’oral

Le lundi 7 mai 2018

Dans sa synthèse des connaissances, Nonnon (2016) a montré que la didactique de l’oral a de tout temps mobilisé les chercheurs en raison d’enjeux politiques et idéologiques. Le rôle des difficultés langagières dans l’échec scolaire, la détérioration du tissu social, l’éclatement de la culture commune, le rôle de la communauté discursive dans l’acquisition partagée des connaissances et l’essor des échanges médiatisés grâce à l’apport des technologies de l’information et de la communication sont quelques-uns de ces enjeux. Au fil des treize dernières années, le colloque en didactique de l’oral organisé dans le cadre de l’ACFAS a permis aux chercheurs du Québec et de toute la francophonie de rendre compte de leurs acquis et innovations en recherche et de poursuivre une réflexion commune en lien avec l’un ou l’autre de ces enjeux. Dans la foulée des récentes publications dirigées par de Pietro et Rispail (2014), et par Dumais, Bergeron, Pellerin et Lavoie (2017), ce colloque, intitulé Regards sur la diversité des contextes d’enseignement et d’apprentissage de l’oral, vise à élargir la réflexion sur le statut de l’oral et ses perspectives didactiques en fonction de la diversité des contextes d’enseignement et d’apprentissage qui caractérisent aujourd’hui le monde scolaire et ses finalités éducatives. Ces contextes sont liés aux mouvements sociaux actuels et ils conditionnent les actions didactiques à conduire en classe. Par exemple, mentionnons l’enseignement et l’apprentissage de l’oral en contexte plurilingue, en contexte de français langue première, en contexte de région éloignée, en milieu autochtone, en contexte de formation initiale et continue à l’enseignement. Les chercheurs réunis à l’occasion de ce colloque partageront le fruit de leurs résultats de recherche sur les spécificités de ces contextes et leurs enjeux et défis pour le développement de la didactique de l’oral.

Lire la suite »
Colloque
Section 500 - Éducation
Responsables
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
Kathleen Sénéchal
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Ajouter à mon horaire
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 30 à 11 h 45
Communications orales
L’oral dans divers contextes de l’éducation préscolaire et de l’enseignement primaire
Présidence/Animation : Christian Dumais (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Discutant : Réal Bergeron (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Batiment : UQAC
Local : H1-1140
08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 35
Comment les enfants inscrits en CPE rétablissent-ils des bris de communication alors qu’ils ne maitrisent pas de langue commune?
Nancy Allen (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette proposition a pour objectif général d’identifier les microprocessus oraux présents dans l’élaboration de récits spontanés qui influent sur le développement des compétences orales (épistémique et pragmatique) d’enfants plurilingues, allophones et francophones de 3 et 4 ans. Les connaissances actuelles soutiennent que la fréquentation d’un CPE de qualité permet à ces enfants d’avoir un développement langagier comparable à celui de leurs pairs et de réussir leur entrée à la maternelle 5 ans (MFA, 2015). À travers un devis méthodologique mixte (observations par le biais des tests standardisés inCLASS et CLASS et observations en contexte naturel des enfants), les résultats identifient des microprocessus mobilisés de manière spontanée par des enfants qui ne maitrisent pas de langue commune. Des recherches ont montré que développer les habiletés de parole et la compréhension sont plus efficaces en contexte de jeu, dans des stratégies interactives et lorsque les activités sont utilisées pour promouvoir le langage et la communication. Les résultats au CLASS permettent de décrire quelles situations sont mises en place par les éducateurs pour promouvoir le développement de leur communication orale.

Résumé
09 h 05
L’enseignement et l’évaluation de l’oral au primaire en milieu plurilingue et pluriethnique : résultats de l’an 1
Christian Dumais (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Emmanuelle SOUCY (UQO - Université du Québec en Outaouais), Lizanne Lafontaine (UQO - Université du Québec en Outaouais)

En milieu plurilingue et pluriethnique, les enseignants ont peu de ressources pour les aider à adapter leur enseignement de l’oral aux spécificités des élèves (Armand, Dagenais et Nicollin, 2008) et ils manquent d'indications en ce qui concerne l'enseignement et l'évaluation de l'oral (Dumais, 2017). Pourtant, l’enseignement de l’oral s’avère crucial pour permettre aux élèves du primaire en milieu plurilingue et pluriethnique d’interagir, d’écrire et de lire dans une langue qui n’est pas leur langue première. C’est à partir de ces constats que nous menons depuis novembre 2016 une recherche collaborative auprès de sept enseignantes du primaire en milieu plurilingue et pluriethnique de la grande région de Montréal. Nous nous sommes posé la question de recherche suivante : comment des enseignantes de la première à la sixième année du primaire en milieu plurilingue et pluriethnique font-elles pour favoriser le développement de la compétence à communiquer oralement de leurs élèves? Cette communication fera état des résultats de la première année de cette recherche.

Résumé
09 h 35
La littératie volet oral à l’école primaire : comment des enseignantes ont renouvelé leurs pratiques
Lizanne Lafontaine (UQO - Université du Québec en Outaouais), Eric MORISSETTE (UdeM - Université de Montréal), Myriam Villeneuve-Lapointe (Université du Québec en Outaouais )

Même si l’oral est bien présent dans les programmes d’études et la progression des apprentissages, force est de constater que peu d’accompagnement se fait en classe pour amener les enseignants à renouveler leurs pratiques et pour les aider à concevoir du matériel issu de données probantes de la recherche. Ces constats ont donc amené notre équipe à réaliser une recherche-action-formation de trois ans (2015-18) auprès d’enseignantes du primaire québécois désireux de modifier leurs pratiques dans laquelle nous avons bonifié et expérimenté avec elles des situations d’apprentissage et d’évaluation en littératie volet oral conçues par des enseignantes d’une recherche antérieure (2010-2015). Nos résultats démontrent que la formation reçue par les enseignantes en littératie et la mise en pratique de dispositifs didactiques validés a favorisé un renouvellement de leurs pratiques en oral.

Résumé
10 h 05
Pause
10 h 25
Des activités de communication orale pour les centres de littératie en immersion
Josée LEBOUTHILLIER (UNB - University of New Brunswick), Joseph DICKS (UNB - University of New Brunswick)

Cette communication présente les résultats de la 3e étape d’une étude visant à créer et à tester des activités dans des centres de littératie de l’oral ciblant les besoins d’élèves en immersion de 1re et de 4e années. Dans une première étape, nous avons conçu un cadre conceptuel à partir d’une recension des écrits identifiant les caractéristiques d’activités pour les centres de littératie de lecture et d’écriture, aucun n’existant pour l’oral. Dans une deuxième étape, nous avons testé et modifié ce cadre à partir d’observations faites dans des classes d’immersion. Nous avons alors constaté que les activités dans les centres de l’oral provenaient de jeux commerciaux qui ne convenaient pas aux besoins d’élèves en immersion. Dans la troisième étape, nous avons travaillé en collaboration avec deux enseignants de la 1e année et deux de la 4e année, et avec leurs élèves pour créer et tester des activités orales répondant aux neuf caractéristiques d’activités orales identifiées lors des étapes 1 et 2. En suivant le devis de recherche design, nous avons mené des observations en salle de classe, recueilli des artéfacts des interactions et des productions orales des élèves et nous avons interviewé les enseignants et les élèves. Les résultats ont indiqué que les activités créées permettaient aux élèves d’interagir et de produire à l’oral, et qu’elles répondaient aux besoins d’élèves en immersion.

Résumé
10 h 55
L’usage des tablettes numériques dans le développement des compétences à l’oral et en littératie
Martine PELLERIN (University of Alberta)

L’usage des tablettes numériques en salle de classe fait de plus en plus partie intégrante des pratiques pédagogiques adoptées par les enseignant(e)s en classe primaire et secondaire. Grâce à ces nouveaux outils numériques, l’enseignant(e) peut non seulement collectionner des traces tangibles de l’apprentissage des élèves, mais aussi diversifier l’apprentissage afin de répondre aux besoins de chacun. Dans le cadre d’une recherche-action collaborative en salles de classes primaires en contexte d’immersion française dans un milieu francophone minoritaire, nous nous interrogeons sur l’apport des possibilités offertes (affordances en anglais) par les tablettes numériques dans la création de nouveaux environnements et modes d’apprentissages en contexte de l’oral et la littératie. Dans cette communication, nous partagerons les résultats de cette recherche qui démontrent particulièrement la contribution des possibilités offertes par ces nouveaux outils numériques dans la création de nouveaux modes d’expression, de représentation de la pensée, d’action et d’engagement des élèves qui, à leur tour, favorisent le développement des compétences à l’oral et en littératie.

Résumé
11 h 25
Plénière
Dîner
11 h 45 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
13 h 30 à 14 h 30
Communications orales
Les genres oraux dans divers contextes
Présidence/Animation : Kathleen Sénéchal (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : H1-1140
13 h 30
Le récit de vie : modélisation d’un genre oral inspiré des pratiques d’enseignement en milieu autochtone
Patricia-Anne Blanchet (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Constance Lavoie (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Le récit de vie est un genre oral et une pratique dialogique couramment utilisée en classe. Dans les communautés autochtones, les savoir-faire et les contenus véhiculés par ce mode de transmission orale appartiennent à leur patrimoine culturel. Un état des lieux relatif à l'utilisation du récit de vie à des fins pédagogiques permet aux chercheuses de proposer une définition appuyée par les écrits scientifiques et les résultats de recherches exploratoires menées en milieux scolaires autochtones. Se déclinant en trois phases, les principales stratégies employées par les enseignants et les ainées rencontrés composent le modèle pédagogique développé pour l’enseignement du récit de vie en classe. Des réflexions relatives à l’application et à la transférabilité de ce modèle susceptible de bonifier la pratique d’enseignement de l’oral sont formulées, ce qui contribue à la reconnaissance de l’héritage des Premières Nations en sciences de l’éducation.

Résumé
14 h 00
Enseigner le débat interprétatif au 2e cycle du secondaire : une recherche émergente
Marion Sauvaire (Université Laval), Alexandra GAGNÉ (Université Laval)

Nous présentons une recherche sur l’enseignement d’un genre oral, le débat interprétatif (DI), au 2e cycle du secondaire. Ce projet s’inscrit dans la continuité des travaux en didactique qui recommandent d’enseigner la lecture littéraire en tenant compte de la diversité des sujets lecteurs. Dans le DI, l’enseignant organise les interactions orales entre les élèves dans le but de leur faire formuler et justifier diverses interprétations d’un même texte. Les recherches ont jusqu’ici laissé dans l’ombre l’impact des gestes professionnels des enseignants sur les interactions entre pairs dans le cadre du DI. En effet, tous les gestes professionnels ne stimulent pas les interactions et toutes les interactions ne développent pas les capacités interprétatives des élèves. L’objectif de cette recherche est d’analyser l’impact des gestes professionnels des enseignants lors du DI sur le développement des compétences en lecture littéraire des élèves, dans le cadre d’une approche ouverte à la diversité des sujets lecteurs. Elle sera menée avec 8 classes de 4e et 5e secondaire. Nous analyserons trois types de données : 3 DI par classe filmés, des textes d’élèves et des questionnaires sociodémographiques. Les résultats permettront de connaitre les gestes professionnels favorables à l’accompagnement d’interactions orales entre élèves qui sont susceptibles de développer l’interprétation et l’appréciation, des compétences en lecture attendues à la fin du secondaire.

Résumé
14 h 30
Pause
14 h 50 à 16 h 45
Communications orales
L’oral et la formation initiale et continue
Présidence/Animation : Réal Bergeron (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Discutant : Réal Bergeron (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Batiment : UQAC
Local : H1-1140
14 h 50
Portrait des caractéristiques d'entrée d’étudiants en début de formation initiale à l’enseignement au regard de leur compétence à l’oral
Geneviève Messier (UQAM - Université du Québec à Montréal), Priscilla BOYER (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Sylvie Viola (UQAM - Université du Québec à Montréal), Christian Dumais (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Une recherche menée auprès de futurs enseignants du baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire de l’UQAM (Viola, Messier, Dumais et Meunier, 2015) a permis de constater que la motivation, le sentiment d’autoefficacité ou la valeur accordée à l’oral pouvaient représenter des facteurs considérables dans le développement de leur compétence à l’oral. Compte tenu de l’importance de cette compétence pour le développement professionnel et de la nécessité d’en soutenir la progression, nous cherchons à établir le profil motivationnel des étudiants en formation initiale à l’enseignement au regard de leur compétence à l’oral et les caractéristiques d’entrée, ou le bagage qu’ils possèdent à leur arrivée dans ce programme, qui peuvent l'influencer. Les résultats de la première année d’expérimentation de notre étude longitudinale menée auprès de cohortes d’étudiants en formation initiale à l’enseignement de deux universités québécoises seront présentés. Ce portrait résulte de données issues d’un questionnaire validé et d’entrevues semi-dirigées.

Résumé
15 h 20
État des lieux de l’enseignement de la variation linguistique à des apprenants du français L2 au secondaire
Laurence Lafrenière-Blanchet (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les apprenants du français langue seconde éprouvent des difficultés relatives à la compréhension et à la production des variantes linguistiques du français québécois (Mougeon, Rehner et Nadasdi 2004; Calinon 2009; Boucher 2012; Veilleux 2012). Il s’agirait d’un phénomène linguistique peu représenté en classes, et ce, même si la seule maitrise du registre standard ne permet pas de bien comprendre les expressions, la syntaxe et la prononciation des variantes régionales d’une langue (de Serres et Liakina 2010). Certaines recherches ont montré que la formation initiale des enseignants de français langue seconde et le matériel scolaire traitent peu de la variation linguistique et ne préparent pas efficacement les apprenants à communiquer avec des locuteurs natifs au quotidien (Calinon 2009; Boucher 2012; Veilleux 2012; Dupont et Rochette 2014). Bien qu'une transformation des pratiques d'enseignement soit souhaitable, il importe, avant tout, de dresser un état des lieux le plus réaliste possible sur lequel appuyer éventuellement la formulation de propositions didactiques.

L’objectif visé par notre recherche de maitrise est donc de décrire les représentations et les pratiques déclarées de l’enseignement de la variation linguistique au Québec d’enseignants de classes d’accueil ou de francisation du secondaire. Nous présenterons, dans cette communication, la problématique, le cadre conceptuel et théorique ainsi que la méthodologie envisagée dans cette recherche.

Résumé
15 h 50
Plénière
16 h 10
Mot de clôture