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417 - La recherche en management de projet : des approches unidisciplinaires vers des approches multidisciplinaires et transdisciplinaires?

Le mardi 8 mai 2018

La recherche en management de projet (MP) a connu une évolution importante ces dernières années grâce notamment au passage d’approches unidisciplinaires vers des approches multidisciplinaires. En plus des théories liées à la gestion des opérations, beaucoup de travaux portant sur le MP puisent en effet aujourd’hui dans des disciplines aussi variées que l’économie, la psychologie ou encore la théorie des organisations. Ces travaux ont porté des regards différents sur un même objet, le MP, enrichissant ainsi la base théorique du domaine, mais en en fragmentant les savoirs.

Cette fragmentation fait aujourd’hui l’objet de débats. Pour certains, elle expose le manque d’autonomie de la recherche en MP, suggérant que celui-ci n’aurait pas atteint le statut de discipline universitaire (Lalonde et Bourgault, 2013). Pour d’autres, il semble que cette fragmentation reflète la diversité des pratiques et des contextes de production des savoirs, ajoutant ainsi à la complexité du domaine (Bresnen, 2016). Dans la perspective de ces débats, beaucoup suggèrent finalement d’orienter la recherche en MP vers des approches caractérisées par des collaborations transdisciplinaires et par une plus grande proximité avec la pratique (Drouin et coll., 2016).

Si le passage d’approches multidisciplinaires vers des approches plus transdisciplinaires semble en effet pouvoir répondre à la volonté d’une meilleure intégration des connaissances, d’importantes questions demeurent. En tout premier lieu, la signification même de la transdisciplinarité et la réalité de ses vertus spécifiques par rapport la multidisciplinarité restent pour le moins floues (Kesterman, 2004). Le colloque proposé a donc pour objectif de réunir chercheurs, étudiants et professionnels en MP intéressés à discuter des enjeux de la multidisciplinarité et de la transdisciplinarité dans la production de connaissances en MP par le truchement de recherches traitant précisément de ces questions ou illustrant l’une ou l’autre de ces approches.  

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Thierno Diallo
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
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Avant-midi
08 h 30 à 10 h 20
Communications orales
Discussions autour de la multi/transdisciplinarité dans la production de connaissances (Partie 1)
Présidence/Animation : Jean-yves Lajoie (UQAR - Université du Québec à Rimouski)
Batiment : UQAC
Local : P3-1030
08 h 45
Mot de bienvenue
09 h 05
Écologie du discours en recherche en management de projet et l'illusion de la multidisciplinarité : une perspective luhmannienne
Christophe BREDILLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Lavagnon IKA (Université d’Ottawa), Stephane Tywoniak (Université d'Ottawa)

Le management de projet, un champ disciplinaire de plein droit, est caractérisé, compte tenu de son pluralisme, par des tensions et paradoxes et par plusieurs discours et diverses écoles de pensée (Bredillet, 2010; Turner et al., 2013). Afin de conjurer le risque de fragmentation de la recherche et de la sortir des sentiers battus, on assiste à des plaidoyers pour une recherche multidisciplinaire voire transdisciplinaire (Söderlund et al. 2011). Mais ceci soulève deux questions fondamentales : les discours propres à chaque discipline ou école peuvent-ils communiquer ? Ou bien l'idée même de multi et/ou transdisciplinarité n'est-elle qu’illusion ?

Pour répondre, nous nous appuyons sur les travaux de Luhmann (1989, 1992, 2005). Nous argumentons que les recherches centrées sur une discipline ou école de pensée font partie d'un système autopoïètique de communication opérationnellement clos, un discours autonome. Ainsi, dans l'écologie des discours, chaque discours reste incommensurable et transmet sa propre vision du monde mais est en couplage structurel avec d'autres discours avec lesquels il partage des mêmes labels/concepts (mais au sens différent). Ce qui apparaît comme l'adoption d'un concept général entre discours n'est qu'une illusion, une "incompréhension productive". (Seidl, 2007; Seidl & Mormann, 2014).

Nos réflexions nous conduisent à suggérer quelques conditions nécessaires pour développer une recherche multi/transdisciplinaire qui a du sens.

Résumé
09 h 30
La recherche en gestion de projet - orienter le débat sur les finalités des développements théoriques
Marie-Pierre Leroux (UQAM - Université du Québec à Montréal)

L’objet de la communication proposée vise à participer au débat entourant le statut de la gestion de projet. Paradigme de recherche ? Champ de recherche ? Discipline de recherche ? Au-delà de savoir si la gestion de projet constitue une discipline distincte ou un champ d’étude, son acceptation en tant que science transdisciplinaire semble progresser au sein des académiques et des praticiens. À cet effet, nos propos se joignent à ceux de Drouin et al., (2016), et puisent dans les fondements avancés par Flyvbjerg (2001) au sujet de la recherche en sciences sociales. Afin d’appuyer la logique défendue,
nous présentons un modèle d’analyse de processus de partage de connaissances en contexte de projet ; modèle de la génération «transdisciplinaire» où cohabitent, entre autres, diverses disciplines dont la psychologie organisationnelle, la gestion stratégique et la gestion des ressources humaines. Ce modèle puise en effet dans plusieurs disciplines afin de pouvoir répondre en partie aux préoccupations des praticiens en gestion de projet. Au lieu de concourir à la création d’une théorie prédictive en gestion de projet, notre position est contingente de la réalité en mouvance : réalité vécue au quotidien par les gestionnaires et les équipes de projet. Les finalités, plutôt que de poursuivre un idéal de sciences naturelles dans la lignée objectiviste, visent à contribuer à la résolution de problèmes concrets vécus dans les réalités de pratiques du moment.

Résumé
09 h 55
Qualité de projet, un impératif de multidisciplinarité et de transdisciplinarité
Ghislain Christian MEZIMES SOBOTH (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Le management de projets discipline autonome en sciences de gestion épouse plusieurs paradigmes (Padalkar et Gopinath, 2016). Confronté à la projectification des organisations (Midler, 2008 ; Godenhjelm et al, 2015), sa pratique mobilise diverses méthodologies (Drob et Cicmil, 2010) en vue du succès de projet (Pinto et Slevin, 1987). Trois décennies de recherches obligent à constater l’impossible définition du succès de projet et appellent d’autres perspectives d’évaluation de la réalisation de projet dont la qualité de projet. Thématique récurrente des principales méthodologies de management de projets (PMBOK, PRINCE2, ICB-IPMA, ISO 21500) axée sur la satisfaction des parties prenantes, la qualité de projet se pose en ultima-ratio du management de projets (Heisler, 1990 ; Anderson, 1992; Bubshait, 1994; Zulu et Brown, 2004 ; Geraldi, Kutsch et Turner, 2011 ; Asad et Pinnington, 2014; Heravi, Coffey et Trigunarsyah, Vartiak, 2015). Elle est le meilleur proxy d’évaluation de la satisfaction des attentes des parties prenantes (Vartiak, 2015). Dans une quête de la qualité de projet, au regard de ses fondements théoriques ancrée dans la logique du Rethinking Project Management (Cicmil et al, 2006 ; Svejvig et Andersen, 2015), la présente communication met en lumière l’exigence de multidisciplinarité et transdisciplinarité en management de projets.

Résumé
10 h 20
Pause
10 h 30 à 11 h 45
Communications orales
Discussions autour de la multi/transdisciplinarité dans la production de connaissances (Partie 2)
Présidence/Animation : Christophe BREDILLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Batiment : UQAC
Local : P3-1030
10 h 30
Le management de projet : une approche de la complexité
Véronique PILNIÈRE (ESTIA), Maïalen Gélizé (CAPIO, CATT), Philippe Boigey (Université Catholique de Lille), Christophe Merlo (ESTIA, IMS)

La recherche en management de projet : des approches unidisciplinaires vers des approches multidisciplinaires et transdisciplinaires ? Cette question renvoie à une complexité non négligeable en management de projet, complexité qui nous oriente elle-même sur un sujet épineux, celui de nos pratiques.

En effet, le taux d’échec des projets est très élevé. Certains iront jusqu’à dire anormalement… Pourtant effectivement, les connaissances tant théoriques que pratiques n’ont jamais été aussi importantes. Il semblerait que les organisations qui mettent en œuvre des techniques spécifiques pour relever le défi de la complexité améliorent le taux de réussite. Or, les praticiens ne trouvent pas les réponses aux difficultés complexes rencontrées sur le terrain. Les approches normatives de management ne semblent pas adaptées à la réalité du terrain. Elles ne tiennent pas compte des dynamiques qui sous-tendent le comportement et les prises de décision qui sont un atout majeur pour comprendre et faire évoluer le management de projet.

Ainsi, comme nous le verrons dans cette communication, au-delà des aspects uni-, multi- ou trans-, la question relative au « travailler ensemble » se pose. En effet, comment faire concrètement ?

 

Résumé
10 h 55
Recherche en projets complexes: un cas de nécessaire (mais pas suffisante) inter/trans/multidisciplinarité
Lavagnon IKA (Université d’Ottawa), Stephane Tywoniak (Université d'Ottawa), Christophe BREDILLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

La recherche en management de projet s'intéresse de plus en plus aux projets complexes (Boulton et al., 2015). En témoignent les contributions des chercheurs, associations professionnelles et agences gouvernementales (Tywoniak & Bredillet, 2017). Toutefois, un besoin de clarifier le concept de complexité en mode projet est vite apparu et, malgré les mérites de ces travaux mobilisant des approches multidimensionnelles et multidisciplinaires, une perspective holistique intégrative et transdisciplinaire semble manquer. En l’occurrence, les plus récents développements (Bakhshi et al., 2016) n'offrent pas véritablement une réflexion méta-disciplinaire voire transdisciplinaire en raison d’une utilisation quelque peu mécanique et exagérée des revues de littérature systématiques.

Dans cette communication, nous suggérons une méta-perspective fondée sur la théorie des paradoxes (van Marrewijk et al., 2008) et sur le raisonnement par analogie (Oswick et al., 2011). Nous revisitons ainsi l'approche de revue systématique de manière créative et enrichie (Tranfield et al, 2003). L’intérêt de notre recherche est de mettre en évidence quelques conditions nécessaires pour développer une recherche méta/transdisciplinaire sur la complexité des projets qui non seulement tient mais permet l'émergence créative de classifications et/ou typologies conduisant à un développement intéressant de théories contingentes et de grandes théories transcendant les disciplines (Alvesson & Sandberg, 2014).

Résumé
11 h 20
Le corpus des connaissances en management de projet – PMBOK 6ième édition : les dix domaines de connaissances : constats et nouveauté
pierre cadieux (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

À l’automne 2017 le Project Management Institute a publié la sixième et plus récente édition du Guide du Corpus des connaissances en management de projet (Guide PMBOK). Parmi les directives formulées à l’équipe de révision, on note celle de s’assurer que le référentiel soit conforme à la norme ISO 21500 et de la prise en compte de l’évolution des connaissances et des approches en management de projet (i.e. l’approche agile). Ainsi cette conférence présentera cette nouvelle bouture du «Guide PMBOK» en identifiant les différences avec l’ancienne édition tout en soulignant les nouvelles tendances et pratiques associées aux différents domaines de connaissance en gestion de projet.

Résumé
11 h 45
Pause
11 h 55 à 12 h 40
Communications par affiches
Session d’affiches
Batiment : UQAC
Local : P3-1030
1
La traduction des approches de recherche en management de projet : proposition d’une synthèse théorique
Tanko Mahama (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

En management de projet, bien que certains auteurs pensent qu’il existe une approche universelle applicable à la gestion de projet, Söderlund (2004) souligne que, le fait d’adopter une théorie universelle ne doit aucunement signifier qu’il existe une seule et meilleure façon de gérer les projets. Il existe plutôt une multitude d’approches théoriques qui alimentent les pratiques dans la discipline. Toutefois, la coexistence des approches unidisciplinaires, multidisciplinaires et transdisciplinaires soulève une question, celle de savoir : comment se traduisent ces approches dans les recherches en management de projet ? Répondant à cette dernière question, cette affiche rend compte des résultats d’une synthèse élaborée grâce à une revue de la littérature. Ainsi, à la faveur d’une analyse théorique portant sur les contributions de plusieurs auteurs, nous sommes arrivés à proposer une synthèse, qui expose la traduction des recherches unidisciplinaires «portant sur les pratiques du management de projet», et multidisciplinaires «portant sur les limites des pratiques du management de projet». Toutefois, nous n’avons pas pu situer dans cette traduction les recherches dites transdisciplinaires. Ces approches, bien que distinctes, sont plutôt complémentaires, puisqu’elles contribuent ensemble à l’avancement des connaissances.

Résumé
2
Quelle approche disciplinaire pour quelle recherche en management de projet ?
Cynthia BOYARD (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Aborder la notion de discipline en Management de projet (MP) renvoie à considérer ses aspects pratiques, ses connaissances, ses règles, ses normes, ses matières et d’autre part sa dimension théorique qui structure les pensées, les réflexions permettant le développement et le renforcement de son domaine d’étude. Ainsi, les préfixes uni, multi, inter et trans qui y sont attachés nous indiquent l’ampleur de ses dimensions et les différentes postures que peuvent adopter les chercheurs. Dans un contexte où les recherches doivent au préalable se situer dans une perspective du projet, il s’avère primordial de déterminer l’approche disciplinaire à adopter pour y parvenir. Qu’elle soit uni, multi, inter ou transdisciplinaire, chacune de ces approches a sa raison d’être. Mais peut-on avancer qu’elles sont toutes pertinentes pour les recherches ? En existe-t-il une qui soit meilleure que d’autres ? Considérant l’évolution du domaine, certaines approches doivent-elles être mises à l’écart et d’autres en évidence ? Tout ceci amène à se demander quelle approche disciplinaire pour quelle recherche en MP ? Notre affiche a pour but d’apporter une clarification sur les différentes approches disciplinaires en MP, à savoir ce qui les définit, leurs perspectives, leurs différences, leurs apports et limites, afin de favoriser les compréhensions des acteurs concernés, d’aiguiser leurs jugements lors de l’adoption d’une approche disciplinaire dans leur recherche pour de meilleurs résultats.

Résumé
3
Les projets en technologie de l’information au cœur de la 4e révolution industrielle
Marguerite Duval (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

L’utilisation du numérique est désormais un incontournable pour toute entreprise qui veut performer, innover et se développer. C’est dans l’optique d’augmenter leur productivité, de réduire les coûts et d’améliorer la qualité de leurs produits que celles-ci introduisent les technologies numériques dans leurs usines. Virage numérique, Industrie 4.0, Usine intelligente, autant de thèmes pour aborder cette 4e révolution industrielle. Elle porte ainsi la vision d’usines connectées grâce à la mise en réseau des machines, des logiciels et des individus. Elle prend appui sur la communication en temps réel pour surveiller et agir sur les systèmes cyber-physiques. Les entreprises qui se tournent vers l’Industrie 4.0 entraînent une multiplication considérable de projets en technologie de l’information (TI) à réaliser, les rendant ainsi plus risqués et incertains, donc plus complexes à gérer. Mais ces projets ont mauvaise réputation et ils détiennent un fort taux d’échec. Il est nécessaire pour une entreprise qui chemine vers le concept du numérique de réaliser des projets accélérés et réussis avec succès. Notre recherche a pour objectif d’identifier les facteurs critiques de succès pour les projets TI dans l’implantation de l’Industrie 4.0. Elle permettra de faire des recommandations en amont par l’objet d’un examen systématique du succès pour les projets en TI.

Résumé
Dîner
12 h 40 à 14 h 00
Dîner
Repas
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
14 h 10 à 15 h 25
Communications orales
Illustrations de la multi/transdisciplinarité dans la production de connaissances (Partie 1)
Présidence/Animation : Lavagnon IKA (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : P3-1030
14 h 10
La transdisciplinarité dans les projets en santé : l’arrimage des pratiques résultant de la dialectique entre les praxis-projet d’intégration et de différenciation
Jean-François Guay (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jacques-bernard Gauthier (UQO - Université du Québec en Outaouais)

La transdisciplinarité caractérise la réalisation des projets en santé. Dans ces projets, une diversité de parties prenantes doivent arrimer leurs pratiques. Cet arrimage s’accompagne de tensions émergeant de la dialectique entre le besoin des parties prenantes d’intégrer leurs pratiques et de vouloir faire reconnaître la spécificité de leurs pratiques respectives. Bien que Gauthier et St-Pierre (2012) se soient appesanti sur la dialectique entre l’intégration et la différenciation, leurs travaux a mis l’accent sur l’intégration au point où l’arrimage des pratiques est devenu synonyme d’intégration des pratiques. Conséquemment, il importe de pauser théoriquement l’arrimage des pratiques des parties prenantes de sorte à tenir compte de leur intégration mais aussi de leur volonté de faire reconnaître leur singularité. Le mouvement ‘Project-as-Practice’ distingue les pratiques, des praxis. Cette communication examine l’arrimage des pratiques dans les projets de santé sur le plan des praxis-projet. Autrement dit, en tant que résultats dialectiques entre les praxis-projet d’intégration et les praxis-projet de différenciation. En prenant appui sur la théorie de la structuration de Stone, les praxis-projet sont conditionnées tant par des structures sociales que par des structures internes aux individus. En même temps, ces mêmes structures sont le résultat de ces praxis. La réalisation d’un projet de santé communautaire servira à exemplifier la perspective conceptuelle.

Résumé
14 h 35
Réflexions autour des contributions possibles du croisement des approches agiles et de la co-construction
Christophe Leyrie (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Sonia BOIVIN (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean), Jan Betta (Université de Science et de Technologie de Wroclaw (Pologne)), Agnieszka Skomra (Université de Science et de Technologie de Wroclaw (Pologne))

Depuis la production du manifeste agile en 2001, l’adoption de méthodes de conduite de projets se réclamant des valeurs et principes de l’agilité s’est étendu largement au-delà du domaine des technologies l’information. Avec un peu de recul cependant, il est devenu apparent que l’adoption d’une telle approche, si elle peut favoriser flexibilité et adaptabilité, représente aussi des défis importants liés en particulier à la profonde culture collaborative qui la sous-tend. L’agilité représente en effet une vraie innovation sociale tout autant que managériale (Stiegler, 2012). Plus récemment, on a pu aussi observer l’émergence d’une vision renouvelée des parties prenantes dans les projets notamment à travers le recours à la co-construction. Quelques écrits rendent compte de l’existence de processus se réclamant de cette approche collaborative et notamment des mécanismes de délibération qui la caractérisent au sein des projets. Toutefois, même si les défis du pilotage et de la co-construction d’un projet sous contraintes semblent nombreux, peu de réponses concrètes sont proposées pour y répondre à l’heure actuelle. Cette communication se propose donc de porter un regard sur les défis des approches agiles et de la co-construction à partir d’une perspective croisée de ces deux approches.

 

Résumé
15 h 00
La Contribution de l’amélioration en performance organisationnelle à la gestion de projet
Patrick Coughlin (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

La gestion axée sur la gestion de projet peut améliorer la performance organisationnelle (PMI, 2010). Mais est-ce qu’améliorer la performance organisationnelle peut en soi conduire à une meilleure gestion de projet ? L’approche Human & Institutional Capacity Development (USAID, 2010) utilisée dans le secteur du développement international semble le prouver. Les différentes phases de cette approche contribuent en effet à la sélection et la priorisation des projets en alignement absolu avec la stratégie organisationnelle. Elle requiert par ailleurs une équipe multidisciplinaire pour développer des solutions propres à l’aspect « systémique » de la performance organisationnelle, enrichissant ainsi la conception et la planification des programmes et projets par une due-diligence et un savoir-faire complet. Cette approche inclut de plus un système de suivi et d’évaluation pour contrôler la mise en œuvre des programmes et des projets. Par des données précises, elle supporte aussi les corrections en cours et lors de la clôture. L’approche Human & Institutional Capacity Development implique finalement la standardisation des processus de travail clés optimisés à tous les niveaux organisationnels, une tâche étendue ensuite aux processus de gestion de projet. Ces différents éléments de la contribution de l’amélioration en performance organisationnelle à la gestion de projet seront discutés lors de cette communication.

Résumé
15 h 25
Pause
15 h 35 à 17 h 00
Communications orales
Illustrations de la multi/transdisciplinarité dans la production de connaissances (Partie 2)
Présidence/Animation : Thierno Diallo (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P3-1030
15 h 35
L’impact du réseau social sur la performance académique et la satisfaction professionnelle : l’exemple du programme de maîtrise en gestion de projet (MGP) en Chine
Liang Qu (Zhangjiang Gongshang University )

La construction d’un réseau social a des impacts notables sur les membres et sur la performance d’une équipe, et cette notion de réseau est aujourd’hui régulièrement mobilisée dans la recherche en gestion de projet. La construction d’un réseau social efficace constitue par exemple un facteur important de développement du capital humain plus que jamais central pour les organisations et les projets. Les chercheurs ont ainsi analysé les impacts de l’individu, du groupe et de l’organisation sur la promotion du capital humain et l’analyse du réseau social offre un nouveau point de vue sur la relation entre la position de l’individu et la promotion de ce capital. Le réseau social est en effet une structure qui a des impacts importants pour les acteurs notamment sur la performance et sur la satisfaction dans l’organisation. Toutefois, les effets précis du réseau social construit pendant les études supérieures sur la carrière des individus sont encore peu connus. En s’inscrivant dans le comportement et la psychologie organisationnels, l’étude présentée vise précisément à connaître l’impact du réseau social construit par les équipes d’étudiants lors de leur scolarité dans le programme MGP, en particulier sur la performance individuelle et la satisfaction professionnelle. Une meilleure connaissance de ces impacts pourra contribuer à l’amélioration des enseignements, à la satisfaction des étudiants et au renforcement de la performance du programme.

Résumé
16 h 00
Un cas pratique : Management de projet + cartographie = management des projections
Jesse SCHNOBB (UQO - Université du Québec en Outaouais)

La multidisciplinarité et la transdisciplinarité s’inscrivent comme des approches capables d’intégrer un ensemble de disciplines jusqu’ici fragmentées. Il s’agit d’une opportunité pour la discipline du management de projet de gagner en maturité et de devenir une discipline académique à part entière. Toutefois, issues d’une tradition de recherche moderne, chacune de ces disciplines possède ses propres perspectives et son propre langage ce qui fait que les points de rapprochement sont peu nombreux. Ainsi, il est proposé de combiner le management de projet et la cartographie pour mieux comprendre ce que sont ces perspectives et leurs systèmes de catégorisation langagiers. 

L’enquête sur la gestion des projections permet de comprendre quelle opération se fait lorsque l’on déplace le monde sur une carte, soit une feuille de papier ou autrement dit, un texte scientifique. C’est en ce sens que la compréhension des projections qu’utilisent les chercheurs offre un point commun qui facilite le rapprochement entre les différentes disciplines. Ainsi, identifier les projections qu’utilisent les chercheurs offre un outil qui permet d’établir une proximité critique entre des disciplines. C’est ce qui permet de les rassembler plutôt que de les séparer. Bref, l’ajout de la cartographie au management de projet constitue une avancée qui permet aux sciences du management de projet de devenir le management de projet des sciences. 

Résumé
16 h 25
Mot de clôture