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4 - La politique familiale au Québec : entre politiques, programmes, recherches et marketing, les enfants sont-ils toujours au cœur de nos choix?

Ce colloque souhaite inviter les participants à réfléchir aux enjeux de la recherche en éducation de la petite enfance dans le contexte du vingtième anniversaire de la politique familiale du Québec en 2017. Il donnera lieu à des échanges, des débats et des discussions sur les effets de cette politique familiale québécoise sur les services éducatifs destinés à la petite enfance, soit les services de garde régis ainsi que les services d’éducation préscolaire.

La matinée s’ouvrira d’abord par une conférence afin de mettre en question les transformations sociales issues de cette politique familiale. Dans une approche sociopolitique et historique, cette analyse posera un premier regard sur le rôle des politiques familiales et leur influence sur l’offre de services éducatifs qui en découlent, ainsi que sur le sens donné à ces politiques par les acteurs de ces milieux pour construire une société plus juste en fonction des besoins des jeunes enfants.

En second lieu, nous aborderons deux dimensions des politiques des services éducatifs destinés à la petite enfance, soit la formation initiale offerte aux acteurs des réseaux de services de garde et des maternelles ainsi que les programmes éducatifs qui y sont proposés. La contribution de la politique familiale aux types de formations et programmes offerts, à leur diversité et à leur adéquation avec les besoins des enfants seront traités. Mais au-delà d’une simple description de ces formations et des programmes qui y sont implantés, nous souhaitons examiner leurs conditions de mise en œuvre, en souligner les défis et les écueils dans leur mise en application afin d’en interroger le sens au regard des objectifs de la politique familiale québécoise. Cette seconde partie se réalisera en atelier pendant la matinée. Elle se conclura par une plénière qui permettra aux participants des ateliers de rassembler et de comparer leurs divers points de vue.

En dernier lieu, nous traiterons du rôle de la recherche pour les services éducatifs destinés à la petite enfance. Nous nous interrogerons particulièrement sur les moyens mis en œuvre par les chercheurs pour communiquer leurs résultats de recherche au sujet des programmes de formation et des programmes éducatifs destinés aux praticiens. Dans ce but, nous mettrons d’abord en contexte les visées de certaines recherches, les limites de leur portée ainsi que certaines dérives auxquelles certaines méthodes peuvent donner lieu. Pour illustrer ces aspects, certaines typologies de recherche, dont la méta-analyse et l’usage des données probantes pour influencer les pratiques seront explicitées. À la lumière de ces informations, la neutralité des chercheurs sera discutée, mais aussi les dangers potentiels de l’instrumentalisation de la recherche donnant lieu à un certain marketing de la recherche, notamment la promotion de programmes et de politiques éducatives destinés à la petite enfance qui mènent parfois à des dérives dont le sens éducatif sera mis en question tant chez les acteurs que les chercheurs.

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Colloque
Enjeux de la recherche
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQO - Université du Québec en Outaouais
Isabelle Laurin
Direction de santé publique de Montréal
Université Laval
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 55
Communications orales
La politique familiale : transformations sociales et influence sur les services éducatifs de la petite enfance
Présidence/Animation : Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-10
09 h 00
Mot de bienvenue
Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)
09 h 15
La politique familiale : au cœur de la redéfinition du modèle québécois de redistribution
Alain NOËL (UdeM - Université de Montréal)

Le Québec consacre plus de 3 % de son produit intérieur brut à la politique familiale, ce qui le place parmi les sociétés les plus avancées sur ce plan, à la hauteur des pays nordiques. Cet investissement collectif significatif constitue un fait unique au Canada et relativement nouveau, le produit de réformes majeures réalisées à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Le Québec s’est alors doté d’un nouveau modèle de redistribution favorable aux jeunes familles. Les effets ont été marqués : hausse du taux d’emploi des femmes en âge d’avoir de jeunes enfants; réduction de la pauvreté, chez les enfants en particulier; prévention de la montée des inégalités observée ailleurs au Canada; recul du taux de chômage; et baisse du nombre de personnes à l’aide sociale. Malgré ces résultats positifs, le consensus autour de la politique familiale est demeuré fragile. Dans la plupart des secteurs d’intervention, les politiques d’austérité des années récentes se sont surtout traduites par des restrictions budgétaires, qui avaient pour conséquence de diminuer la qualité des services publics. Il s’agissait de faire moins avec moins. Pour les services éducatifs destinés à la petite enfance, cependant, le dispositif au cœur de la politique familiale, c’est le modèle de redistribution lui-même qui a été remis en question, pour rompre avec la logique universaliste qui prévalait au départ, mettre un frein au développement des CPE et favoriser l’émergence de services commerciaux.

Résumé
09 h 45
Évolution des contextes éducatifs de la petite enfance : portrait des 20 dernières années
Lise Lemay (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette courte présentation permettra de rappeler les grands évènements historiques de la politique familiale depuis sa mise en place. Plus précisément, nous aborderons cette évolution sous l’angle de la présence des contextes éducatifs de la petite enfance dans les grands titres tirés des médias.

Résumé
09 h 55 à 12 h 30
Communications orales
La qualité des services éducatifs destinés à la petite enfance : utopie ou réalité?
Présidence/Animation : Johanne April (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-10
09 h 55
Discussion
10 h 25
La qualité des services destinés à la petite enfance
Gilles Cantin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

L’objectif de cette séance est d’en arriver à définir la qualité des services destinés à la petite enfance.  Pour y arriver, les participants et participantes devront d’abord statuer sur des éléments centraux de la qualité selon eux. Puis, deux cadres théoriques utilisés pour définir la qualité leur seront présentés : le modèle bioécologique (Bronfenbrenner et Morris, 1998) appliqué à la qualité des contextes éducatifs de la petite enfance (Bigras et Japel, 2007; Lemay et Bigras, 2012), ainsi que les domaines et dimensions du  Classroom Assessment Scoring System (Pianta et al., 2008). L’ensemble de ces éléments sera mis en parallèle de sorte à nous doter de balises communes pour la poursuite des ateliers.

 

Résumé
10 h 45
Pause
11 h 00
Discussion
12 h 00
Synthèse
Dîner
12 h 30 à 13 h 45
Dîner
Repas et tenue du concours d’affiches
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) salle expo zone lunch
Après-midi
13 h 45 à 14 h 20
Communications orales
Enjeux de la recherche : le rôle de la recherche pour les services éducatifs destinés à la petite enfance
Présidence/Animation : Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-10
13 h 45
Mot de bienvenue
13 h 50
Les données probantes en éducation : un éclairage critique
Frédéric Saussez (UdeS - Université de Sherbrooke)

L’expression décisions basées sur des données probantes est convoquée de plus en plus souvent dans les débats relatifs à l’éducation au Québec. Mais que recouvre une telle expression ? L’analyse de l’institutionnalisation du mouvement de la pratique et de la politique basée sur des données probantes (Evidence-Based Practice and Policy) en éducation dans différents contextes, indique que l’élaboration des politiques éducatives et la prescription des plans d’action pédagogiques doit reposer sur la recherche scientifique. Cela semble rationnel et contribue à la légitimité cognitive de ces politiques et prescriptions.  Ce faisant, ce mouvement défend une vision des rapports à établir entre le savant et le politique d’une part et le savant et l’artisan de l’éducation d’autre part. Il importe dès lors d’être attentif à certains enjeux liés à l’essor de ce mouvement. Tel est le but de la conférence. Après avoir clarifié la notion de données probantes et discuté des trois questions formulées précédemment, nous tenterons de mettre en lumière certaines dérives liées à l’institutionnalisation d’un tel mouvement dans différents champs de pratiques pour ensuite discuter ce qui nous apparaît comme des enjeux cruciaux du développement de cette perspective en éducation en ce qui a trait au pluralisme théorique et méthodologique, à la régulation du travail des professionnels de l’éducation et aux particularismes culturels et sociaux liés aux contextes d’implantation de telles politiques.

Résumé
14 h 20 à 15 h 00
Communications orales
La face cachée de la recherche : état des lieux
Présidence/Animation : Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-10
14 h 20
L’utilisation des données probantes pour guider les interventions de santé publique en petite enfance? Illustrations et particularités
Julie POISSANT (INSPQ - Institut national de santé publique du Québec)

Afin de jouer notre rôle d’expertise-conseil en petite enfance pour des questions soulevées par le ministère de la Santé et des Services sociaux et leurs partenaires, nous utilisons de manière consciencieuse, explicite et judicieuse (OMS, 2004) les meilleures données disponibles pour formuler des recommandations aux décideurs.  L’utilisation des données probantes permet la prise de décision vers des interventions dont l’efficacité a été démontrée de manière rigoureuse, soutient un usage judicieux des ressources financières limitées et accroît ainsi la possibilité d’influencer la santé des familles (CCNMO, 2012).  Néanmoins, selon les questions, les meilleures données disponibles ne sont pas toujours des essais contrôlés randomisés. Elles peuvent inclure par exemple, des études qualitatives sur l’expérience des parents, des enquêtes de type recensement ou longitudinale sur le développement des enfants ou des consensus d’experts sur les conditions de succès des programmes efficaces.  De plus, même les données de haute qualité demandent d’être contextualisées et adaptées d’abord au contexte économique, social et politique du Québec, mais également aux connaissances détenues par les acteurs du milieu de même qu’aux connaissances détenues par les parents eux-mêmes. Au cours de la présentation, quelques applications concrètes tirées de la pratique en santé publique dans le domaine de la petite enfance seront utilisées pour illustrer le propos.

Résumé
14 h 30
Les analyses de types descriptives et causales sur les données de grandes enquêtes : comment interpréter les résultats controversés sans jeter le bébé avec l’eau du bain?
Gordon cleveland (University of Toronto)

Les données d'enquête recueillies par l'Institut de la statistique du Québec ou Statistiques Canada présentent de nombreux avantages. Elles proviennent notamment d'échantillons plus représentatifs, recrutés en fonction d'un plan d'échantillonnage auquel un poids est attribué afin que  chaque sous-population soit bien représentée. Par conséquent, il est ainsi possible d'effectuer des inférences descriptives pour l'ensemble de la population (p.ex. quelle est l'utilisation des services de garde régis en fonction du statut socioéconomique des familles et comment se distribue l'accessibilité à des services de garde à contribution réduite dans la population), ainsi que certaines analyses de type causal (p.ex. quels facteurs affectent la demande de services de garde régis au Canada et quels sont les déterminants de services de garde de qualité au Québec). Certains résultats controversés proviennent de telles analyses de type causal sur les effets de la réforme de la politique familiale du Québec, notamment sur l'effet des services de garde régis sur le développement des enfants. Malgré ces controverses sur les résultats provenant de données d'enquête, il nous apparaît inutile de jeter le bébé avec l'eau du bain. Ces résultats doivent plutôt être interprétés avec les nuances apportées au cours du panel.

Résumé
14 h 40
La méta-analyse : quand l’analyse d’une partie a des airs de vérité absolue
Andréanne Gagné (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La méta-analyse est la méthode d'analyse de données la plus élevée dans la hiérarchie des niveaux de preuve (Bernard, Borokhovski, & Abrami, 2013).  Elle consiste à mettre sous un même dénominateur commun l’ensemble des résultats publiés sur un « traitement » et d’en calculer l’effet sur une variable dépendante (ex : les habiletés en lecture de l’enfant).  Compte tenu que la méta-analyse est reconnue comme étant le niveau de preuve le plus élevé, il est tentant d’interpréter les conclusions découlant de cette méthode d’analyse comme des vérités absolues.  Cependant, rien n’est plus illusoire que les vérités absolues en science.

Cette présentation donnera l’occasion de faire ressortir les limites de la méta-analyse.  À plusieurs étapes, les chercheurs doivent faire des choix qui les rendent moins représentatives de l’ensemble de la réalité.  Nous traiterons notamment de montrer l’importance de plus en plus grande que prend la littérature scientifique publiée ailleurs que par les canaux classiques de publications et du fait que la méta-analyse se doit d’exclure les études quasi-expérimentales et les études de cas.

En conclusion, les méta-analyses représentent l’avantage de répertorier de façon systématique les études sur un sujet donné et elles permettent ainsi de faire le point sur une partie de l’état des connaissances sur un sujet.  Cependant, malgré l’appellation « méta », cet état des connaissances reste parcellaire et doit être interprété comme tel. 

Résumé
14 h 50
Quels sont les enjeux liés aux activités de transfert, d’appropriation et de mobilisation des connaissances issues des enquêtes populationnelles?
Isabelle Laurin (Direction de santé publique de Montréal)

Depuis plus d’une décennie, la Direction régionale de santé publique du CIUSSS-du-Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (DRSP) s’efforce de cerner l’état de santé des jeunes enfants montréalais ainsi que les disparités et les inégalités sociales et de santé. Pour ce faire, elle réalise des enquêtes populationnelles afin de mieux connaître l’état de développement des enfants. Aussi, elle invite des partenaires intersectoriels de la petite enfance à se mobiliser pour interpréter les résultats de ces enquêtes et jouer un rôle actif dans la planification des services. Ce dispositif, qui vise ultimement à influencer les politiques publiques, comporte néanmoins certains défis pour les chercheurs. Nous en retiendrons deux : le transfert des connaissances et les processus d’appropriation de ces savoirs par les acteurs de la communauté. À ce sujet, les chercheurs se retrouvent fréquemment à devoir replacer les résultats de ces enquêtes dans leur contexte et à réagir aux dérives d’interprétation qu’ils s’agissent des médias ou encore des professionnels du social et de la santé. En s’appuyant sur les expériences de transfert de connaissance et de mobilisation de la  DRSP dans le contexte de l’Enquête sur la maturité scolaire des enfants montréalais (2006), de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (2012) et l’Enquête montréalaise sur l’expérience préscolaire des enfants de maternelle (2012), cette conférence vise à illustrer concrètement ces défis.  

 

Résumé
15 h 00 à 15 h 35
Panel
La face cachée de la recherche : table ronde
Présidence/Animation : Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Frédéric Saussez (UdeS - Université de Sherbrooke)
Participants : Isabelle Laurin (Direction de santé publique de Montréal), Andréanne Gagné (UQAM - Université du Québec à Montréal), Julie POISSANT (INSPQ - Institut national de santé publique du Québec), Gordon cleveland (University of Toronto)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-10
15 h 20
Pause
15 h 35 à 16 h 35
Communications orales
Comment travailler ensemble pour construire ou créer de véritables partenariats afin de placer et garder les enfants au cœur de nos choix?
Présidence/Animation : Stéphanie Duval (Université Laval)
Discutant : Joell Eryasa (CASIOPE)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-10
15 h 35
Discussion
16 h 00
Synthèse
16 h 30
Mot de clôture
16 h 35 à 16 h 45
Communications par affiches
Annonce des gagnants du concours d’affiches
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) salle expo zone affiches