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16 - Production et transmission des savoirs scientifiques à l’ère du numérique : acteurs, pratiques et outils

Dire que le numérique a largement investi le champ scientifique relève désormais de l’évidence. Les chercheurs, sans distinction disciplinaire, utilisent les outils numériques pour améliorer l’efficacité de leurs travaux : du simple usage d’ordinateurs et du Web pour échanger avec les pairs, accéder à leurs travaux et diffuser des résultats au recours à des instruments lourds de collectes de données. Une des principales évolutions réside sans doute dans le fait que le numérique est devenu un objet de recherche à part entière et un terrain d’investigation notamment pour les sciences humaines et sociales. En effet, le tournant numérique concerne l’ensemble des activités humaines et conduit à une production massive de données auxquelles les chercheurs se confrontent. Les vecteurs de communication traditionnellement utilisés par les chercheurs se trouvent également profondément modifiés aussi bien dans leur forme que dans leur nature (revue en ligne, blogue, accès ouvert, etc.) Le numérique transparaît ainsi à tous les stades de la pratique de recherche comme instrument, dispositif méthodologique, corpus, outil de communication et objet de recherche.

Le colloque s’attachera plus particulièrement aux transformations structurelles du processus de production et de transmission des savoirs scientifiques en privilégiant une double approche théorique et pratique. Quelles sont les évolutions à l’œuvre dans le domaine de l’édition savante? Quels sont le rôle et le positionnement actuels des revues alors qu’émergent de nouvelles formes et de nouvelles modalités de mise à disposition? Comment ce nouveau champ est-il structuré par des acteurs, des pratiques et des outils? De quelle manière et dans quelle mesure les plateformes numériques sont à considérer comme de véritables dispositifs d’éditorialisation et non comme de simples outils techniques?

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Colloque
Enjeux de la recherche
Responsables
UdeM - Université de Montréal
ENS de Lyon
CNRS - Centre national de la recherche scientifique
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Mutations des formes d’écriture, des pratiques de diffusion et des dispositifs d’évaluation des savoirs scientifiques
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
09 h 00
Conférence d’ouverture : la diffusion des connaissances en français à l’ère numérique
Vincent Larivière (UdeM - Université de Montréal)
09 h 30
Les chercheurs et la chaîne éditoriale numérique : l’édition savante à l’ère des GAFAM
Marcelo Vitali-Rosati

Comment l'édition savante s’adapte-t-elle au numérique? Est-ce possible de concilier la philosophie utilitariste d'outils grand public comme Google avec les exigences spécifiques de la publication savante? Ces questions sont au coeur de la réflexion à la fois théorique et pratique menée par la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques. Dans mon intervention, j'illustrerai notre approche et les résultats préliminaires de nos travaux, en présentant trois projets concrets: le CMS Lightium, l'éditeur de texte Stylo et le projet de traduction collaborative de l'Anthologie Palatine.

Résumé
09 h 55
Temporalité et publication savante : le cycle de vie des articles en ligne et sur les médias sociaux
Stefanie HAUSTEIN (UdeM - Université de Montréal)

Presque toutes les étapes de la publication scientifique se passent maintenant en ligne. Un article dans une revue scientifique peut avoir plusieurs versions en ligne, qui marquent les différentes étapes du cycle de vie d’un article scientifique. Ces versions incluent des manuscrits soumis, avant et après l’examen par les pairs, des versions de l’éditeur (Version of Record), et des versions preprint ou postprint déposées en ligne par les auteurs. Plusieurs articles scientifiques sont maintenant cités avant qu’ils soient officiellement « publiés ». Cette accélération pose des problèmes pour les indicateurs bibliométriques : l’année de publication n’est plus suffisante comme niveau d’agrégation du temps des analyses bibliométriques, et la différence entre la date de publication d’un article en ligne et la date de la publication officielle de la revue ouvre la possibilité pour la manipulation des indicateurs comme, par exemple, le facteur d’impact. En introduisant les médias sociaux dans le monde universitaire, la période entre la publication d’un article et sa discussion en ligne est encore plus raccourcie. Notre communication analyse les cycles de vies des articles scientifiques en ligne, les structures temporelles des leurs citations et de leurs mentions sur les médias sociaux et explore également ces effets sur l’évaluation de la recherche.

Résumé
10 h 20
OIC : un écosystème numérique consacré à l’imaginaire contemporain
Bertrand Gervais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Il s’agira dans cette communication de décrire les principes à la base de l'écosystème numérique élaboré depuis 2008 et constitué d’un ensemble d’environnements de recherches et de connaissances consacrés aux pratiques culturelles artistiques et littéraires contemporaines. L’OIC, l’observatoire de l’imaginaire contemporain, fédère les plateformes de diffusion d’une communauté de chercheurs qui ont accepté de mettre en commun, en fonction d’une infrastructure partagée, leurs recherches en cours. On présentera les divers projets associés, la stratégie de diffusion adoptée, les outils favorisant la réunion des chercheurs et les effets de communauté obtenus. 

Résumé
11 h 00
Parler dans le vide? Traduction et réception des œuvres en sciences humaines et sociales
Jean-Philippe Warren (Université Concordia)

La circulation plus ou moins fluide des idées en sciences humaines et sociales ne dépend pas seulement de la relative polyglossie des chercheurs, mais aussi de leur capacité à intégrer des systèmes de pensée différents et des réseaux de promotion (scientifiques ou intellectuels) spécifiques. Afin de tester cette réalité, nous nous penchons sur les programmes mis en place au Canada afin d’encourager le dialogue entre les deux communautés linguistiques. Plus précisément, nous tentons de mesurer la fréquence approximative des références aux ouvrages traduits tout en cherchant à jauger le rayonnement qualitatif que ces œuvres ont eu dans le champ savant à partir du contenu des comptes rendus. Reprenant une grille simple définie à partir des capitaux symboliques et sociaux en jeu, l’analyse permet d’arriver à une meilleure appréciation de l’impact des sommes investies dans la traduction d’ouvrages scientifiques canadiens dans le domaine des sciences humaines et sociales.

Résumé
11 h 25
Pratiques alternatives de l’évaluation et enjeux des Altmetrics
Chérifa Boukacem

Au début des années 2000, une nouvelle expression injonctive a vu le jour dans l’univers de la recherche et de la publication scientifiques : « Publicize or Perish », qu’il est possible de traduire en « Publiciser ou périr ». Non sans rappeler le célèbre « Publish or Perish » – apparu dans les années 1980 et qui reste d’actualité - cette expression véhicule les nouvelles formes de circulation des contenus scientifiques sur les plateformes de réseaux sociaux grand public et académiques et la manière avec laquelle cette circulation, comptée et incrémentée dans des algorithmes, se traduit en nouveaux indicateurs de l’impact social des savoirs scientifiques. Désignés par le terme Altmetrics, ces indicateurs, de nature médiatiques, sont aujourd’hui pris en compte par la Commission Européenne et par des agences de moyens nord-américaines. Cette intervention vise à interroger et à analyse de façon critique les régulations « médiatiques » qui animent un univers de la communication scientifique en transformation.

Résumé
11 h 50
Alliances homéostatiques, de pression et de transition : portrait des alliances en réseau structurant le microcosme d’affaires de la publication de périodiques scientifiques
Michelle HARBOUR (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jacques-Bernard Gauthier (UQO)

Les alliances ont de tout temps fait partie de la dynamique concurrentielle des entreprises. Avec le développement des technologies de l’information, la capacité des entreprises à former des alliances complexes s’est développée. Aujourd’hui, les alliances en réseau sont ‘monnaie courante’ dans la plupart des industries. Toutefois, elles demeurent peu comprises et les quelques études recensées ont étudié le réseau d’alliances relatif à une entreprise. Notre recherche a pour objectif d’analyser les alliances en réseau d’un microcosme d’affaires réunissant différents acteurs au sein de différentes industries. Nous avons ainsi étudié le cas des entreprises de deux secteurs industriels, des institutions, des ONG et des individus évoluant dans le microcosme d’affaires de la publication de périodiques scientifiques. Nos résultats ont permis de dégager trois grands types d’alliances structurantes : des alliances homéostasiques, des alliances de pression et des alliances de transition. Notre étude contribue aux connaissances sur les alliances en réseau au sein d’un microcosme d’affaires et par l’apport de trois nouveaux types d’alliances structurantes.

Résumé
12 h 10
Un état de l’art sur la dynamique de la production du savoir à l’ère des données massives (big data)
Renée Carpentier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

L’objet de cette communication orale sera une revue de l’état de l’art sur la dynamique de la

production du savoir à l’ère du big data. Nous allons tenter de répondre à la question : comment le big data affecte la production du savoir ? Notre objectif sera de démontrer que le big data contribue à la continuation et à l’intensification du Mode 2 de production du savoir tel qu’élaboré par Camille Limoges et al. (1994) dans l’ouvrage intitulé The New Production of Knowledge. The Dynamics of Science and Research in Contemporary Societies. Notre méthodologie sera basée essentiellement sur une revue de littérature dans les travaux de recherche en sciences sociales tels que l’article de Kitchin (2014) paru dans la revue Big data & Society intitulé Big Data, new epistemologies and paradigm shifts et l’ouvrage de Mayer-Schönberger, V. et Cukier, K. (2013) intitulé Big data : a revolution that will transform how we live, work, and think. Cette démarche aura comme résultat d’informer que le big data renforce la science des données, la recherche conduite par les données et les faits, l’analyse des données ainsi que l’interdisciplinarité de la recherche, des tendances déjà présentes avant l’émergence du big data survenue principalement à partir de 2010.

Résumé
Dîner
12 h 30 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
Après-midi
13 h 30 à 14 h 45
Communications orales
Des plateformes de publication scientifique aux plateformes de recherche
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
13 h 30
D’une plateforme de diffusion à une plateforme de recherche : le cas Érudit
Tanja Niemann (UdeM - Université de Montréal), Émilie Paquin (Université de Montréal)
13 h 55
HAL, une archive ouverte dans le flux de production scientifique
Christine Berthaud (CNRS - Centre national de la recherche scientifique)

L’archive ouverte HAL (https://hal.archives-ouvertes.fr) est la plateforme commune et partagée par l’ensemble de la communauté académique française pour la diffusion en accès ouvert de la production scientifique.

Le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD), qui la développe et la maintient depuis sa création en 2001, s’est toujours attaché à offrir des services connectés à HAL répondants aux usages de la recherche. L’objectif est aussi de faciliter le workflow et l’innovation autour de l’archive ouverte.

Cette approche sera notamment illustrée par deux projets :

La plateforme d’hébergement d’épi-revues Episciences (http://episciences.org/) un modèle innovant de publication en libre accès qui propose un outil complet pour la gestion d’une revue.

Campus-AAR est un projet d’environnement numérique pour la production, la description et la publication d’archives audiovisuelles scientifiques.

Résumé
14 h 20
Persée : de la numérisation de collections patrimoniales de revues à l’exposition et l’exploitation sémantique de données structurées
Nathalie Fargier (ENS de Lyon)

Depuis 2004, Persée a pour mission d’améliorer la visibilité du patrimoine documentaire et d’en favoriser l’usage par les communautés de chercheurs. Ses activités se sont progressivement élargies pour couvrir actuellement trois champs complémentaires : la publication des archives de publications scientifiques par le biais du portail Persée (www.persee.fr) ; le développement de bibliothèques scientifiques numériques présentant un haut niveau de spécialisation (les Perséides) ; la mise à disposition de vastes ensembles de contenus numérisés pour des opérations de Text and Data Mining. Dans le cadre de cette communication, il est proposé de décrire les conditions du passage du monde de l’imprimé à celui du numérique, de documents papier à un ensemble de données structurées et reliées entre elles. La communication mettra plus particulièrement en avant les outils de diffusion mis en oeuvre (sites web / protocole de dissémination des données / triplestore data.persee.fr) qui se caractérisent par une liberté croissante offerte aux chercheurs pour réutiliser les  données en dehors de leur contexte initial de création.

Résumé
15 h 00 à 17 h 00
Communications orales
Le libre accès pour une meilleure diffusion et visibilité de la production scientifique
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
15 h 00
Donner libre cours... à la recherche : soutien des Bibliothèques UdeM à l’accès libre
Diane Sauvé (UdeM - Université de Montréal)

Cette présentation fera un survol des initiatives et services mis en place pour soutenir le libre accès aux Bibliothèques de l’Université de Montréal. Du lancement du dépôt institutionnel Papyrus en 2005 aux partenariats récents pour la publications d’articles ou de livres en libre accès (projet avec les Presses de l’Université de Montréal, SCOAP3, Knowledge Unlatched…), en passant par le développement d’outils et d’actions de sensibilisation de la communauté universitaire aux enjeux de la communication savante,  bilan et perspectives pour l’avenir.

Résumé
15 h 25
Usages et appropriation d’une archive ouverte par les chercheurs : l’exemple d’Archipel de l’UQAM
Dany Bouchard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les dépôts institutionnels font partie du paysage scientifique depuis environ quinze ans. Malgré cela, ils restent sous-utilisés par la communauté scientifique. Une situation qui force les bibliothèques à diversifier l’usage attendu de ces systèmes d’information documentaire.

En nous appuyant sur la théorie de l’innovation développée en sociologie de l’innovation — principalement sur le concept de cadre de références sociotechnique proposé par Patrice Flichy (2003) —, nous discuterons dans cette présentation les moyens développés à l’UQAM pour favoriser l’appropriation d’Archipel par les chercheurs, mais également par les bibliothécaires et les techniciens en documentation du service des bibliothèques.

 

Flichy, P. (2003). L’innovation technique : récents développements en sciences sociales : vers une nouvelle théorie de l’innovation. Paris : Éditions La Découverte.

Résumé
15 h 55
Façonner le droit d’auteur, une licence à la fois
Olivier Charbonneau (Université Concordia)

Le droit d’auteur représente à la fois un outil indispensable et un écueil potentiel aux partenaires commerciaux dans la transmission des savoirs scientifiques dans un contexte universitaire. D’un côté, il s’agit d’un régime où sont édictés les droits patrimoniaux autour desquels se greffent les marchés. De l’autre, la Loi sur le droit d’auteur au Canada, par exemple, édicte une panoplie d’exceptions au profit des établissements d’enseignements permettant d’outrepasser lesdits droits patrimoniaux. Afin de résoudre cette situation qui semble à première vue paradoxale, nous présenterons les résultats préliminaires d’une étude où sont recensés les termes des licences d’accès retenues par des bibliothèques universitaires québécoises. Nous espérons articuler des pistes de réflexion quant aux structures des marchés numériques d’œuvres protégées par le droit d’auteur tout en conceptualisant de nouveaux rôles pour les exceptions du droit d’auteur dont jouissent les bibliothèques.

Résumé
16 h 20
Conférence de fermeture
Yves Gingras (UQAM - Université du Québec à Montréal)