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452 - L’immigrant dans l’espace urbain : enjeux de logement, emploi et sociabilités

Ce colloque veut s’attarder aux récents développements sur la question du rapport entre les immigrants et la ville dans la recherche universitaire aussi bien que dans le cadre du travail communautaire.

La littérature universitaire et la littérature grise récentes font état de l’urbanisation très marquée de l’immigration; selon certains travaux, les nouveaux immigrants et ceux de longue date ont tendance à s’installer dans des grandes villes, et dans certaines villes occidentales « les migrants représentent plus du tiers de la population » (OIM, 2015).

Au Canada, il se profile le même scénario quant à la répartition des immigrants sur le territoire national. Selon les statistiques officielles (CIC, 2005 ; MIDI, 2015), les grands centres urbains attirent une large proportion des immigrants qu’ils soient arrivés récemment ou installés de longue date. En effet, « la plupart des immigrants vivent dans les grandes villes, et s’y concentrent de plus en plus. Plus de 60 % des immigrants et 70 % des immigrants récents vivent dans les trois plus grandes villes du Canada, soit Toronto, Montréal et Vancouver » (CIC, 2005).

Cette urbanisation de l’immigration contribue à créer des villes très diversifiées (super-diverse) (Vertovec, 2007), mais où l’installation et la vie quotidienne des immigrants est soumise à plusieurs défis. Nonobstant l’apport positif et bénéfique de l’immigration sur le plan socioéconomique, la situation des immigrants dans les grandes villes d’immigration pose encore quelques problèmes liés principalement à l’accès et à l’accessibilité de certaines ressources comme le logement et l’emploi, mais l’aspect le plus sensible reste le vivre-ensemble et la cohabitation entre immigrants et natifs.

Dans le cadre de ce colloque, nous voulons discuter et valoriser les travaux récents de chercheurs canadiens et internationaux qui ont examiné ce rapport sous différents angles et avec des approches diversifiées.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université McGill
Université McGill
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Avant-midi
08 h 30 à 10 h 30
Communications orales
Statut d’immigration et trajectoires migratoires dans les villes canadiennes
Présidence/Animation : sonia
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 150
08 h 30
Mot de bienvenue
09 h 00
Les conditions historiques, la violence structurelle intersectionnelle et le rôle des réseaux de soutien informels : la vie quotidienne des personnes LGBTQ migrantes ayant le statut précaire
Edward Ou Jin LEE (UdeM - Université de Montréal)

En puisant des résultats de notre thèse de doctorat, nous souhaitons à élargir la façon dont nous comprenons les conditions historiques, structurelles et sociales des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et queer (LGBTQ) migrantes ayant le statut précaire (les visiteuses, les étudiantes internationales, les travailleuses temporaires étrangères, les demandeuses d’asile, les personnes détenues et sans-statuts, etc.). Notre projet de recherche a exploré la façon dont le régime d’immigration canadienne organise socialement la vie quotidienne des personnes LGBTQ migrantes ayant le statut précaire. De ce fait, nous présenterons sur les conditions historiques mondiales par rapport aux violences homophobes et transphobes, ainsi que la façon dont la violence structurelle intersectionnelle façonne la vie quotidienne des personnes LGBTQ migrantes à Montréal. Nous mettrons également en relief le rôle des réseaux de soutien informels comme une stratégie de résistance contre cette violence.

Résumé
09 h 20
Criminaliser la « fraude relative au mariage » à travers la stratégie des frontières multiples du Canada
Rupaleem Bhuyan , Ellen Tang (University of Toronto)

Dans le cadre des études émergentes sur la «crimmigration» au Canada, cet article examine comment les discours sur la «fraude» sont mobilisés pour justifier un examen plus minutieux des immigrants à travers la stratégie des frontières multiples du Canada. Nous analysons l'introduction de la résidence permanente conditionnelle (RPC) en 2012; une politique qui imposait des conditions aux époux ou conjoints nouvellement parrainés en raison du risque de «fraude relative au mariage». La RPC a rencontré une désapprobation publique qui a poussé le gouvernement libéral élu en 2015 à promettre d'abroger la politique au printemps 2017. 
 
Cependant, la stratégie des frontières multiples du Canada crée de nombreux sites où les discours de «fraude» et de «criminalité» augmentent le spectre de l'expulsion pour les époux et les conjoints immigrés. De plus, nous passons en revue les données statistiques sur les personnes qui ont été admises avec la RPC, ainsi que celles qui ont demandé une exception pour cause d'abus, pour illustrer les effets racialisés et genrés de la règlementation relative aux immigrants. Nous soutenons que ces processus génèrent des frontières structurellement enchâssées qui deviennent difficiles à déloger une fois établies. De plus, le gouvernement canadien racialise et sexualise ces frontières à travers le langage de la «fraude» sans utiliser de termes ouvertement raciste ou sexiste.

Résumé
09 h 40
À confirmer
Jill Hanley (Université McGill)

À confirmer

Résumé
10 h 00
Période de questions
10 h 30
Pause
11 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Femmes immigrantes dans la ville : les défis et les stratégies d’intégration professionnelle et sociale
Présidence/Animation : Jill
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 150
11 h 00
Les expériences du bénévolat parmi les nouveaux arrivants : une stratégie d’intégration contradictoire aux intersections du genre et de la catégorie d’immigration
Luisa Veronis (Université d’Ottawa), Sara-Ève , Étudiante MA, Valiquette-Tessier (École d’études sociologiques et anthropologiques, Université d’Ottawa)

Nous examinons de façon critique le rôle du bénévolat comme stratégie vers l’intégration économique, la participation sociale et l’engagement civique des nouveaux arrivants au Canada. Alors que les recherches émergentes suggèrent que le bénévolat présente plusieurs avantages pour l'intégration des immigrants, les circonstances particulières expliquant pourquoi, comment, où et quand ils recourent au bénévolat et les bénéfices qu’ils en retirent demeurent peu connus. Qui plus est, l’influence des caractéristiques personnelles dans ces processus ne sont pas suffisamment explorés. Adoptant une lentille intersectionnelle, nous analysons les motivations, les expériences et les bénéfices du bénévolat parmi des femmes et hommes nouveaux arrivants ayant participé à une recherche de nature qualitative en explicitant les intersections particulières produites par le genre et le statut d’immigration. Nos résultats démontrent que les attitudes face au bénévolat des hommes et des femmes enquêtés divergent en raison de conceptions genrées du travail rémunéré et non rémunéré. Les travailleurs qualifiés conçoivent par ailleurs le bénévolat sous un angle critique et stratégique, ce qui nous pousse à croire qu’il contribue de façon équivoque à l’intégration économique. Nos résultats mettront en lumière les aspects contradictoires du bénévolat, une dimension de l’expérience d’intégration et de participation des immigrants encore trop peu analysée.

Résumé
11 h 20
« Ensemble on peut changer les choses » : la mise en commun des savoirs pour soutenir le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités
Manon Chamberland (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Il est bien documenté que les femmes récemment immigrées rencontrent plusieurs défis pour une insertion socioprofessionnelle satisfaisante (Beaudoin, 2012 ; Goguikian Ratcliff, 2014), d’où l’importance de s’attarder aux pratiques destinées à soutenir leurs démarches, notamment celles qui contribuent à reconnaître leurs savoirs et leur expertise expérientielle. Le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités, expression qui traduit le terme en anglais empowerment, un processus qui désigne un plus grand contrôle pour les aspects importants pour soi ou sa collectivité (Rappaport, 1987 ; Le Bossé, 2003), constitue une piste pertinente en raison des retombées personnelles et sociales qui y sont associées. Quelles seraient les pratiques propices au développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités, notamment en ce qui concerne la période de transition que constitue l’immigration et quelles en sont les retombées? Cette communication permettra de s’attarder à cette question à partir des résultats d’une recherche exploratoire et qualitative, basée sur l’étude de cas multiples, ayant permis de cerner les fondements des pratiques mises en œuvre au sein d’organisations communautaires, les savoirs redécouverts et mobilisés par les femmes immigrantes qui fréquentent ces lieux ainsi que les retombées identifiées qui attestent de changements survenus à différents niveaux au sein des quartiers qu’elles fréquentent.

Résumé
11 h 40
Immigrantes maghrébines à Montréal et à Marseille : comment s’intégrer sans se désintégrer
sonia Ben Soltane (Université McGill)

En nous appuyant sur des données empiriques collectées dans le cadre de notre projet doctoral, nous nous proposons d’explorer les parcours d’intégration de femmes immigrantes Maghrébines dans les villes de Montréal et de Marseille.

Cette exploration nous permettra de saisir les différents défis auxquels font face les immigrantes dans leur intégration, ainsi que les différentes stratégies qu’elles ont développé individuellement ou collectivement pour y faire face. 

Résumé
12 h 00
Période de questions
Dîner
12 h 30 à 13 h 40
Dîner
Diner libre
Après-midi
13 h 40 à 15 h 10
Communications orales
L’emploi des immigrants à l’intersection du genre, de la race, de la classe sociale et de l’âge
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 150
13 h 40
Trouver un emploi pour une personne réfugiée : les dimensions de l’accueil comme porte d’entrée, perspectives d’intervenants du communautaire et de personnes réfugiées à Montréal et dans des villes en région
Marie-Jeanne Blain (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Pascale Chanoux (TCRI), Roxane Caron (École de travail social, Université de Montréal)

Selon les données du MIDI (2016), le Québec a accueilli plus de 26000 personnes réfugiées entre 2011-2015. Tandis que plus de 76% des travailleurs qualifiés s’orientent à Montréal, la politique de régionalisation de l’immigration amène un autre portrait pour les personnes réfugiées: 55% s’établissent dans la métropole et la balance vers des villes en région. Aussi, celles-ci peuvent rencontrer des défis particuliers (par ex. trajectoires prémigratoires précaires, maîtrise des langues, niveau de scolarité, désemployabilité prononcée, etc.) Ces défis interpellent les intervenants tandis que les programmes dédiés à la population générale sont souvent peu adaptés à leurs besoins spécifiques. L’objectif de cette recherche-action de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) est de mieux comprendre les processus d’intégration professionnelle de personnes réfugiées ainsi que les ressources d’employabilité impliquées (Blain, Caron, Rufagari, Chanoux et coll. 2015-2016). 12 intervenants du milieu communautaire et 14 personnes réfugiées ont été rencontrés, à Montréal et en région. Au cœur des entrevues, l’accueil est apparu comme une dimension fondamentale, tant du point de vue des personnes réfugiées que des intervenant-e-s. Cette communication explore en quoi « l’accueil » est une porte d’entrée pour le vivre-ensemble, exploré à travers l’emploi, mais touchant plus largement l’intégration socioprofessionnelle et la vie sociale.

Résumé
14 h 00
À confirmer
Paul Eid (UQAM - Université du Québec à Montréal)

À confirmer

Résumé
14 h 20
Les Maghrébins de Montréal : récits de trajectoires urbaines, de l’insertion professionnelle à la retraite
Selma TANNOUCHE BENNANI (UdeS - Université de Sherbrooke)

Les cohortes d’immigrants maghrébins arrivés au Québec entre les décennies 1970 à 1990 arrivent aujourd’hui progressivement à l’âge de la retraite. Pour la plupart issus de la catégorie de l’immigration économique, leurs motivations à quitter le Maghreb dépassaient toutefois les seules raisons économiques, leur objectif étant plus globalement d’améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs enfants. Ces Maghrébins ont choisi le plus souvent Montréal comme lieu de vie, ville devenant le lieu d’un parcours migratoire débutant par de multiples difficultés d’insertion professionnelle. Montréal devient aussi pour eux la ville témoin de leur adaptation et de leur réussite, accomplies au fil des années passées sur leur terre d’accueil. Cette présentation vise à dessiner un portrait de leurs trajectoires professionnelles au sein de leur ville d’adoption, entre leur arrivée au Québec et l’aube de leur retraite. Les résultats qui seront exposés sont tirés d’une enquête de terrain réalisée durant l’année 2016, au cours de laquelle 24 récits de vie ont été réalisés auprès de Marocain.e.s, Algérien.ne.s et Tunisien.ne.s âgé.e.s de plus de 50 ans et vivant à Montréal depuis plus de 20 ans. De ces heures de discussion en face à face avec des femmes et des hommes aux divers profils ressort un sentiment d’appropriation de la ville, venant nourrir leur sentiment d’appartenance à Montréal et au Québec.

Résumé
14 h 40
Période de questions
15 h 10
Pause
15 h 30 à 16 h 40
Communications orales
L’immigrant dans la ville : habiter une ville gouvernée par les autres
Présidence/Animation : Selma
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 150
15 h 30
Les immigrés et le droit à la ville : des expériences transatlantiques
Markéta SEIDLOVÁ (Université Charles de Prague)

Le processus d’intégration des immigrés dans la société d’accueil a toujours une forte dimension locale et ce sont surtout les attitudes et les pratiques quotidiennes des conseils municipaux qui influencent ce processus et ses résultats. L’étude présentée dans le cadre de cette communication est basée sur un grand nombre de rencontres approfondies avec des responsables communaux de Paris (France) et de Montréal (Québec, Canada) et elle cherche à souligner des observations générales à travers des exemples concrets.

Résumé
15 h 50
S’approprier les espaces pour habiter l’expérience migratoire : une perspective discursive
Anne-Sophie Calinon (Université de Franche-Comté)

Qu’est-ce qui rend possible « l’habiter » dans l’expérience migratoire ? Comment un lieu devient un territoire où l’ancrage est possible ? Nous posons que la territorialisation des espaces de la ville s’élabore par le discours. Dans cette communication, nous présenterons un projet de recherche de sociolinguistique urbaine, convoquant des concepts théoriques et méthodologiques des sciences du langage (Benveniste 1966), de la géographie sociale (Di Méo 1998) et  de la philosophie (Berque 1987) pour analyser un corpus composé d’entretiens d’étudiants internationaux, aux statuts juridiques divers, dans une ville française de taille moyenne majoritairement monoethnique et monolingue. Notre objectif est de tisser des liens entre deux processus dynamiques : l’appropriation de l’espace commun par la mise en mots des pratiques spatiales urbaines et l’appropriation des ressources linguistiques communes par l’action de l’énonciation.

Résumé
16 h 10
Période de questions
Soir
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
5 à 7 pour parler d’immigration
Présidence/Animation : sonia
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 160 zone cocktail