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451 - Le partage des rôles dans la famille : une transition inachevée?

Dans la majorité des sociétés occidentales, les femmes ont fait une entrée massive sur le marché du travail au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Cette entrée a été concomitante de nombreux changements démographiques qui ont bouleversé les dynamiques familiales, notamment le divorce, qui devient plus courant alors que la fécondité périclite. Pour bien des spécialistes de la famille, les liens entre ces tendances démographiques et l’emploi des femmes au cours du 20e siècle s’expliquent entre autres par le fait que, bien que les femmes se soient engagées au sein du marché du travail depuis les années 1970, elles n’ont pu se désengager de façon équivalente du travail domestique. Cette réalité a donné lieu au phénomène de la double journée et mené plusieurs femmes à se questionner sur la compatibilité de leurs rôles familiaux et professionnels. Plus récemment, par contre, les démographes ont observé dans certaines sociétés occidentales un relâchement des liens entre la participation des femmes sur le marché du travail et les dynamiques familiales. Plusieurs ont émis l’hypothèse que ce relâchement découle d’une égalité croissante dans la répartition des tâches domestiques et d’un effacement plus grand de la spécialisation des rôles de genre. Ce colloque vise à évaluer la validité de cette hypothèse en répondant aux questions suivantes : le partage des tâches domestiques est-il réellement devenu plus égalitaire au sein des ménages occidentaux? Les changements observés ont-t-ils des conséquences observables sur les dynamiques familiales actuelles? Quel est l’état des connaissances sur ces questions?

Ce colloque est organisé par la Chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et changement familial.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université McGill
Université McGill
Université McGill
Université McGill
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 30
Communications orales
Plénière
Batiment : (BR) BRONFMAN
Local : (BR) 179
08 h 30
Mot de bienvenue
Céline Le Bourdais (Université McGill)
08 h 40
La grande convergence : genre et travail non rémunéré en Europe et aux États-Unis
Ariane Pailhé (Institut National d'Études Démographiques)
09 h 30 à 11 h 05
Communications orales
Conciliation travail-famille : implication des pères
Discutant : Maude Pugliese (Université McGill)
Batiment : (BR) BRONFMAN
Local : (BR) 179
09 h 30
Portrait des familles, de la situation dans le ménage et du travail rémunéré et non rémunéré au Canada
France-Pascale Ménard (Statistique Canada), Anne Milan (Statistique Canada)

Les transformations familiales des dernières décennies ont fortement modifié la structure et l'organisation des familles, contribuant à la diversification des situations familiales au Canada. Dans le cadre de cette communication, nous proposons d’abord de dresser un portrait du contexte familial et de la situation des individus dans les ménages au Canada. Les sujets examinés incluront, par exemple, une analyse des tendances relatives aux familles recomposées et aux familles monoparentales, de même qu’aux autres situations dans le ménage, comme le fait de vivre seul. Nous proposons ensuite d’examiner les tendances relatives à la participation à l’activité, rémunérée ou non, au sein du ménage et au temps qui y est consacré. Nous chercherons à mettre en évidence les différences entre hommes et femmes, de même que celles observées en fonction de d’autres caractéristiques individuelles, telles que le groupe d’âge et la diversité ethnoculturelle. Les résultats présentés dans cette communication reposent sur l’analyse des données du Recensement de 2011, de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, de l’Enquête sociale générale (ESG) – Famille de 2011, de l’ESG – L’emploi du temps de 2015-2016 et de l’Enquête sur la population active (EPA).

Résumé
09 h 50
Papa 2.0 : les pères québécois et les congés parentaux
Valérie Harvey (Université Laval)

Dans une modernité qui se radicalise (Giddens), l’économie de marché mondialisée et sa croissance continue se traduisent par des emplois exigeants : au Québec, le temps familial ne cesse de diminuer et le taux de stress des parents est le plus élevé parmi les travailleurs. L’assurance parentale québécoise instaurée en 2006 assure un remplacement du revenu des parents, tout en encourageant par la suite leur retour au travail. Depuis son instauration, près de 80% des pères québécois ont pris une moyenne de 7 semaines de congé. Avec des entrevues qualitatives auprès d’une trentaine de pères, nous avons examiné le retour au travail des pères qui travaillent en technologies de l’information (TI). Quelles sont les principales difficultés rencontrées au travail après le congé paternel d’un employé du secteur des TI? Le congé paternel les a-t-il amené à solliciter des aménagements de temps de travail, à modifier leur horaire, à envisager un autre emploi? Un long arrêt de travail des pères lors de la naissance d’un enfant permettra d’équilibrer la vision des employeurs devant la « menace » du congé parental. En éclairant les besoins en conciliation des pères, nous espérons que cela amène un changement organisationnel qui permettra, à terme, davantage d’égalité entre les sexes.

Résumé
10 h 10
Vers un partage plus égalitaire des rôles dans la famille québécoise : réflexions sous l’angle de l’engagement paternel et de ses déterminants
Philippe Pacaut (MFA - Ministère de la Famille)

La division sociale des rôles entre les femmes et les hommes quant aux responsabilités familiales est encore traditionnelle au sein de nombreuses familles québécoises, les mères se chargeant encore en majorité des soins aux enfants. Les hommes semblent donc avoir certaines marges de manœuvre pour être plus impliqués dans la prise en charge des activités parentales et domestiques. Dans ce contexte, la promotion de l’engagement paternel est vue par plusieurs comme un moyen favorisant l’exercice égalitaire des rôles parentaux. Partant d’une revue de la littérature de ce que l’on sait de l’engagement des pères, de ses déterminants, de ses facilitateurs et de ses obstacles, la communication proposée fera ressortir les principaux constats concernant ces aspects et discutera de certaines de leurs implications sociales et politiques selon une perspective orientée vers un partage des tâches plus égalitaire.

Résumé
10 h 50
Pause
11 h 05 à 12 h 35
Communications orales
Conciliation travail-famille : conséquences sur l’emploi et la satisfaction
Discutant : Mélanie Lefrancois (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (BR) BRONFMAN
Local : (BR) 179
11 h 05
Les enjeux et les stratégies d’articulation travail-famille dans plusieurs professions au Québec : ce qui change… et ce qui perdure
Hélène Lee-Gosselin (Université Laval), Dominique Tanguay (Université Laval)

Les femmes sont désormais présentes en nombres et en proportions significatives dans plusieurs professions traditionnellement réservées aux hommes.  Elles investissent ces domaines et progressivement, en découvrent certaines exigences qui mettent au défi leurs stratégies d’articulation travail/famille. Le rythme de leur progression dans la carrière reflète parfois leurs aspirations et souvent les contraintes rencontrées.  En s’appuyant sur les résultats d’entrevues menées au cours des dernières années auprès de femmes professionnelles ou gestionnaires œuvrant notamment dans les domaines de la finance corporative, des nouvelles technologies de l’information et de l’ingénierie, nous explorerons les défis qu’elles rencontrent et les stratégies adoptées, en distinguant ce qui est commun avec les autres milieux professionnels, et ce qui semble propre à ces secteurs de l’économie

Résumé
11 h 25
Le plafond de mère : entre emploi, genre et parentalité
Émilie Genin (UdeM - Université de Montréal)

Cette communication se propose d’aborder la question des inégalités professionnelles vécues par les femmes en emploi sous l’angle de l’intersectionalité entre le genre et la parentalité. En dépit des progrès indéniables effectués par les femmes sur le marché de l’emploi ces quarante dernières années, celles-ci continuent de subir des discriminations du le simple fait d’être des femmes (stéréotypes et préjugées, sexisme, boys clubs, entre autres). Ceci étant, il semble qu’un basculement s’opère au moment de l’arrivée du premier enfant, tendant à accentuer drastiquement et de façon irréversible, les inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes. Ce phénomène a été qualifié de «plafond de mère». En nous basant sur nos propres recherches, ainsi que sur une revue de la documentation, nous présenterons en quoi la parentalité infléchit les parcours professionnels et accentue les inégalités entre hommes et femmes en emploi.

Résumé
11 h 45
Partage des rôles dans la famille et satisfaction de l’équilibre emploi-famille au sein des couples à deux carrières
Maude Boulet (Université McGill), Céline Le Bourdais (Université McGill)

L’objectif de cette présentation est double. D’une part, il consiste à examiner le partage des rôles dans les couples canadiens à deux carrières. D’autre part, il vise à montrer l’effet de ce partage sur la satisfaction de ces couples au regard de leur équilibre emploi-famille. Pour répondre à ces objectifs, nous avons construit une typologie des couples à partir des données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2011 qui permet de classer les couples selon la contribution des partenaires à la répartition des tâches domestiques et aux dépenses du ménage. De plus, l’ESG permet de tenir compte de plusieurs caractéristiques de l’emploi occupé, ainsi que du type d’union et de famille. Les premiers résultats révèlent que les couples qui contribuent aux tâches et aux dépenses suivant le principe du moitié-moitié ne sont pas nécessairement plus satisfaits de leur équilibre emploi-famille que les couples adoptant une répartition plus traditionnelle. La baisse du nombre de tâches domestiques dont la femme est la principale responsable n’est pas non plus liée à une hausse de leur satisfaction.

Résumé
Dîner
12 h 35 à 14 h 00
Dîner
Dîner libre
Après-midi
14 h 00 à 14 h 50
Communications orales
Plénière
Batiment : (BR) BRONFMAN
Local : (BR) 179
14 h 00
Fécondité et relations entre les genres : perspectives micro et macro
Anne Gauthier (Netherlands Interdisciplinary Demographic Institute)

Les études sur les conséquences démographiques des relations entre les genres ont connu un intérêt croissant au cours des deux dernières décennies. Au sein de ces études, la conceptualisation des relations entre les genres varie grandement: certaines étant basées sur des notions d’égalité, objective ou subjective, d’équité, ou de préférences. Malgré cette diversité, elles partagent toutes l’hypothèse que la façon dont les couples organisent leur temps en ce qui concerne le travail rémunéré et non-rémunéré a une influence sur les projets et comportements en matière de fécondité. Selon une perspective micro-macro, l’hypothèse supplémentaire est que la relation statistique entre le partage des tâches au sein des couples et la fécondité serait dépendante du contexte, c’est à dire du degré d’égalité entre les genres promu par les politiques et institutions. Dans cette présentation, je passerai en revue les théories et résultats empiriques à la fois au niveau des individus (micro) et des sociétés (macro). J’illustrerai certains de ces résultats en utilisant les données du Programme Générations et Genres (Generations and Gender Programme, GGP). Je terminerai ma présentation en identifiant certaines avenues de recherche.

Résumé
14 h 50 à 16 h 30
Communications orales
Inégalité de genre et dynamiques familiales
Discutant : Danielle Gauvreau (Université Concordia)
Batiment : (BR) BRONFMAN
Local : (BR) 179
14 h 50
Partage des responsabilités parentales après la rupture : avec qui vivent les enfants?
David Pelletier (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

La question du partage des rôles dans les couples se pose même au-delà de la séparation. En présence d’enfants, en effet, le couple parental survit à la rupture du couple conjugal. Les arrangements de temps parental postséparation (garde partagée, résidence maternelle, etc.) sont non seulement un indicateur pertinent du partage des responsabilités après la rupture, ils reflètent aussi en partie les conditions prévalant avant celle-ci. Avec les données de l’ÉLDEQ, une enquête longitudinale menée depuis près de 20 ans auprès d’une cohorte représentative d’enfants québécois et de leurs familles, il est possible de retracer la trajectoire de temps parental des enfants après une séparation et d’associer cette trajectoire aux caractéristiques de leurs parents avant la séparation, notamment leur participation au marché du travail, leur niveau d’éducation et leur sentiment par rapport au rôle de parent.

Résumé
15 h 10
Partage des tâches domestiques et intentions de fécondité
Laurence Charton (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Jocelyn Lefebvre (UCS-INRS)

En dehors de variables psychosociales (climat de la famille d’origine, bien-être avec des enfants, etc.), les recherches sociodémographiques relèvent deux conditions ou obstacles majeurs à la réalisation d’un projet de fécondité : la présence d’un conjoint stable souhaitant un enfant et un emploi stable. Pourtant, alors même que ces conditions semblent remplies, et que la conciliation travail-famille semble facilitée par la mise en place de politiques familiales avantageuses, comme c’est le cas au Québec, le nombre désiré d'enfants apparaît toujours supérieur au nombre effectif des naissances. Plus récemment, des recherches se sont intéressées à l’équité entre les sexes pour essayer de cerner l’écart entre nombre désiré d’enfants et nombre d’enfants nés. Il a ainsi été observé que les femmes qui consacrent plus de temps aux tâches domestiques que leur conjoint, tout en élevant des enfants et en travaillant à l’extérieur du foyer, souhaitent moins fréquemment un nouvel enfant (Mills et al., 2016). Alors qu’au Québec les femmes consacrent en moyenne 4h06 minutes par jour aux tâches domestiques, contre 3h12 pour les hommes (ISQ, 2013), cette situation influence-t-elle également les intentions de fécondité ? À partir de l’analyse des données de l’enquête sociale générale du Canada de 2011, cette communication se propose 1. d’explorer les déterminants sociodémographiques ayant une influence sur le temps consacré aux tâches domestiques et l’écart observé entre les sexes, et 2. de cerner le rôle potentiel de cette situation sur les intentions de fécondité. Les analyses comprendront des résultats descriptifs et des régressions logistiques. Elles contribueront à éclairer la part de l’iniquité domestique entre les sexes dans le contexte québécois et son impact sur les intentions de fécondité, un enjeu qui n’a pas encore fait l’objet de recherches poussées.

Résumé
15 h 30
L’activité, l’homogamie éducative, l’égalité et l’indépendance économiques en tant que facteurs de la fécondité au Québec et en Ontario
Benoît Laplante (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Ana Fostik (Université McGill)

Dans cette communication, nous examinons la relation entre l’égalité entre les sexes et l’indépendance économique des femmes, d’une part, et la fécondité, d’autre part. À partir des données du recensement et au moyen de la méthode du décompte des enfants au foyer et de la régression de Poisson, nous comparons les francophones du Québec et les anglophones de l’Ontario en estimant l’effet de l’égalité entre les sexes et de l’indépendance économique des femmes sur la fécondité tout en tenant compte de l’homogamie ou de l’hétérogamie éducative des conjoints, de l’activité des femmes et d’une série d’autres variables dont on sait qu’elles sont liées à la procréation. Sans surprise, nos résultats montrent que le couple à deux revenus est devenu le cadre normal de la formation de la famille dans les deux groupes sociolinguistiques, que l’activité des femmes modifie profondément leur fonction de fécondité et que ces changements varient selon le niveau d’éducation des deux conjoints et ne sont pas les mêmes chez les francophones du Québec et les anglophones de l’Ontario. Notre mesure de l’indépendance économique de la femme, qui est importante dans le choix entre l’union de fait et mariage chez les francophones du Québec, n’a aucun effet sur la fécondité. Cependant, le risque d’une naissance diminue en raison inverse de la part du revenu de la femme dans le revenu du couple et cet effet semble plus important chez les conjoints de fait francophones du Québec qui sont responsables de la plus grande part de la fécondité au Québec. Cela suggère qu’il existe une « demande » ou un « besoin » de mesures de politique familiale « de style nordique » qui réduisent le coût d’opportunité des enfants et que cette demande pourrait être plus forte chez les francophones du Québec que chez les anglophones de l’Ontario.

Résumé
16 h 20
Mot de clôture
Céline Le Bourdais (Université McGill)