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427 - Séparation parentale, recomposition familiale : enjeux contemporains

En 2017, la séparation des parents ne représente plus une fin en soi, mais généralement le début d’une série de transitions familiales. La régulation de ces transformations transite par différentes sphères, notamment les services publics, les politiques publiques et le cadre législatif. Toutefois, les organismes offrant des services dans ce domaine constatent bien souvent que les familles se trouvent en porte-à-faux dans les différentes institutions. Pour être en mesure de soutenir les familles qui vivent ces transitions et pour permettre de prévenir les problèmes ou leur aggravation chez celles qui sont fragilisées par des contextes de vie difficiles, il apparaît essentiel de comprendre les dynamiques et les réponses sociojuridiques qui augmentent ou diminuent les risques de difficulté. Ce colloque, organisé par le Partenariat de recherche Séparation parentale, recomposition familiale, contribuera à l’avancement des connaissances dans le domaine en présentant des résultats de recherche originaux, des états des connaissances et des pratiques novatrices. Il permettra également l’expression de réflexions de partenaires engagés auprès de ces familles depuis de nombreuses années, dans un contexte interdisciplinaire et multisectoriel.

Ce colloque sera l’occasion de faire état de différents enjeux contemporains propres à la séparation des parents et à la recomposition familiale, qu’ils relèvent de préoccupations fondamentales ou appliquées. Les présentations aborderont les enquêtes populationnelles spécifiques à ce domaine et les tendances démographiques qu’elles ont laissé apparaître. Parmi les tendances qui se dessinent, on note une diversification des modalités de garde des enfants dont les effets sur l’adaptation des enfants seront présentés. Les parents séparés sont par ailleurs nombreux à se remettre en couple et il semble intéressant de comprendre sur quoi se base le choix d’un nouveau conjoint de même que les mécanismes qui expliquent la stabilité de ces nouvelles unions. En outre, il sera question d’un programme d’éducation en ligne destiné spécifiquement à ces couples et visant à les soutenir dans cette transition exigeante. Par ailleurs, les séparations parentales se déroulent parfois dans des contextes très difficiles marqués par des conflits graves entre les parents. Ces situations mobilisent énormément les différents acteurs œuvrant auprès des familles en transition. Aussi, ce colloque, sera l’occasion de dresser un bilan des connaissances sur les familles dont la situation s’est tellement dégradée qu’elles sont maintenant prises en charge par les services de protection de la jeunesse en raison de conflit grave lié à la séparation. Il sera aussi question de l’implantation d’un modèle de gestion psychojudiciaire des dossiers de divorce hautement conflictuels. Nous discuterons enfin des inégalités dans l’accès à la justice dans les cas de séparation parentale et des enjeux sur le plan des politiques publiques.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université Laval
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Avant-midi
08 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Session du matin
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B23
08 h 30
Mot d’ouverture
Marie-Christine Saint-Jacques (Université Laval)
08 h 45
Séparation parentale et recomposition familiale : esquisse des tendances démographiques au Québec
Philippe Pacaut (MFA - Ministère de la Famille)

Cette communication offre une synthèse des statistiques démographiques les plus pertinentes afin de décrire l’évolution des réalités de la séparation parentale et de la recomposition familiale au Québec. À partir d’une revue de la littérature des travaux démographiques s’appuyant sur l’exploitation de grands échantillons, nous fournissons d’abord une esquisse des transformations familiales du point de vue des adultes et des enfants, en examinant selon une perspective longitudinale comment la séparation et la recomposition s’inscrivent dans leur vie et en réorientent le déroulement. Nous examinons notamment la propension des parents à se séparer au fil des générations ainsi que la proportion d’enfants qui risquent de connaître la séparation parentale et la vie en famille recomposée. Nous décrivons ensuite la progression des séparations parentales et des recompositions familiales à travers l’examen de la diversification des situations familiales au fil du temps, abordées sous l’angle de la répartition, de la structure et de la composition des divers types de familles.

Résumé
09 h 15
Diversité et mouvance familiales durant l’enfance et l’adolescence : regards sur le parcours des enfants québécois nés à la fin des années 1990
Hélène Desrosiers (ISQ - Institut de la statistique du Québec), Karine Tétreault (Institut de la statistique du Québec), Amélie Ducharme (Institut de la statistique du Québec)

Le contexte dans lequel les enfants naissent et grandissent a considérablement changé au Québec depuis les années 1960. L’instabilité conjugale consécutive aux ruptures volontaires d’union a conduit à la diversification et à la complexité croissante des parcours familiaux empruntés durant l’enfance et l’adolescence. Bien que l’on admette que la séparation parentale peut avoir certains effets négatifs sur le bien-être des enfants, à tout le moins à court terme (Desrosiers, 2013; Desrosiers, Cardin et Belleau, 2012; Stroschein, 2005), diverses études menées à partir de données longitudinales ont mis en évidence l’importance de tenir compte notamment de l’ensemble des transitions familiales dont les enfants font l’expérience si l’on veut mieux comprendre l’incidence de la rupture des parents sur leur développement (Fomby et Cherlin, 2007). L’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec 1998-2015) contient de renseignements uniques permettant de documenter les parcours familiaux suivis par les enfants nés au Québec à la fin des années quatre-vingt dix. En effet, contrairement aux enquêtes plus traditionnelles, ces données tiennent compte non seulement de la situation conjugale du parent résidant dans le ménage enquêté, mais aussi de celle de l’autre parent dans le cas des jeunes appelés à partager leur temps d’habitation entre deux foyers. Cette présentation vise deux objectifs : 1) illustrer la diversité des parcours familiaux suivis par les enfants de leur naissance à l’âge de 17 ans en raison des changements de situation conjugale vécus par l’un ou l’autre parent; 2) Pour ceux ne vivant pas avec leurs deux parents biologiques, fournir un aperçu de certains éléments de la vie familiale, notamment le climat entre les deux parents ainsi que l’évolution des arrangements de garde et des contacts avec le parent non résidant.

Résumé
09 h 45
Recension systématique sur l’adaptation des enfants et des adolescents en garde partagée : le mode de garde est-il si déterminant?
Amandine Baude (Université Laval), Sylvie Drapeau (Université Laval)

Cette communication présente une recension systématique des travaux menés depuis l’an 2000 sur l’adaptation psychologique des jeunes en garde partagée. Existe-t-il des différences entre l'adaptation des jeunes en garde partagée et celle des jeunes en garde exclusive? Les résultats varient-ils en fonction des indicateurs d’adaptation et périodes développementales évalués? L’association entre le mode de garde et l’adaptation est-elle médiatisée ou modérée par les processus familiaux?

Les résultats des 14 études incluses, selon la méthode PRISMA, montrent que l’adaptation des jeunes en garde partagée est aussi bonne, sinon meilleure, que celle des jeunes en garde principale, et ce peu importe les indicateurs d’adaptation et périodes développementales considérés. Le rôle des processus familiaux est plus déterminant. Toutefois, dans des contextes conflictuels, des travaux commencent à identifier des facteurs de risque, particulièrement en garde partagée.

Malgré des avancées méthodologiques notables depuis l’an 2000, la qualité globale des études est généralement faible et plusieurs limites d’ordres théorique et méthodologique perdurent. Nous proposons des perspectives de recherche et des pistes d’intervention.

Résumé
10 h 15
Pause
10 h 30
Familles monoparentales et recomposées : politiques publiques et justice sociale
Sylvie Lévesque (Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec)

Bien que leur situation économique se soit améliorée au cours des dernières années, les familles monoparentales québécoises, particulièrement celles dirigées par une femme, sont encore souvent touchées par la pauvreté. Cette amélioration significative des dernières années résulte, en bonne partie, de la mise en place de diverses mesures de soutien aux familles, qui font d’ailleurs l’envie des autres provinces canadiennes. Bien sûr, la création en 1997 d’un réseau public de services de garde à contribution réduite a eu des impacts majeurs sur le taux d’activité des mères ayant de jeunes enfants. Comme le fait remarquer le Conseil du statut de la femme dans un Avis publié en novembre 2014, les mères monoparentales ayant de jeunes enfants de moins de 6 ans ont connu la plus forte hausse d’activité parmi l’ensemble des mères québécoises entre 1996 et 2008. Ainsi, le nombre de familles monoparentales recevant des prestations d’aide sociale est passé de 99 000 à 45 000.

Mais, malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Qu’il s’agisse de la stigmatisation, de l’accès au logement, de la conciliation famille-travail-études, de certaines lois sociales et fiscales, bien des enjeux doivent être considérés. Ainsi, cet atelier fera non seulement le bilan des gains obtenus, mais également des luttes qui se poursuivent dans une perspective de justice sociale.

Résumé
11 h 00
Ce que les séparations conjugales nous disent de l’encadrement public de la vie privée
Émilie Biland-Curinier (Université Laval)

Cette communication prend pour objets les transformations de l’action publique nourries par l’augmentation des séparations conjugales et examine leurs incidences sur les rapports sociaux, entre les hommes et les femmes, et entre les classes sociales. L’action publique contemporaine témoigne d’un mouvement de juridicisation de la vie privée, entendu comme la formalisation juridique accrue des relations familiales. Ce phénomène est commun à l’ensemble des pays occidentaux, et notamment à la France et au Québec, où ont été menées les recherches servant de supports à cette analyse. Des enquêtes par observations et entrevues dans plusieurs palais de justice et bureaux d’avocats, complétées par l’exploitation de bases de données judiciaires et par des entrevues menées avec des acteurs des réformes du droit familial, montrent que ces interventions sont prises en tension entre une rhétorique des droits, libérale et individualiste, et un registre interventionniste, reposant notamment sur la valorisation de « l’intérêt de l’enfant ». Cependant, en fonction des cultures juridiques, des configurations politiques et des normes sociales, les dispositifs varient notablement et débouchent sur des modes partiellement distincts de reproduction des inégalités de classe et de genre après les ruptures. Ainsi, la configuration québécoise, où l’intervention publique est tournée vers la responsabilisation privée, conduit à une différenciation fondée sur la classe plus poussée qu’en France, tandis que les inégalités de genre y sont davantage prises en compte.

Résumé
11 h 30
Familles sous haute surveillance : l’expérience des parents et des enfants dans les ressources de supervision des droits d’accès
Marie-Christine Saint-Jacques (Université Laval), Marie-Christine Fortin (UQTR), Annick St-Amand (UQTR), Sylvie Drapeau (Université Laval), Marie-Hélène Gagné (Université Laval)

La supervision des droits d’accès est un service utilisé par les parents lorsque l’exercice d’un droit d’accès parent-enfant est interrompu, difficile ou qu’il entraîne des conflits postruptures (Ministère de la Famille, 2008). Il permet aux parents représentant un risque pour leur enfant ou pour l’autre parent de maintenir un contact ou d’échanger la garde de leurs enfants en présence d’une tierce personne (Crook & Oehme, 2007). Au Québec, nous avons mené une étude afin de mieux comprendre l’expérience des parents et des enfants qui y participent, essentiellement en vertu d’une ordonnance de la Cour supérieure. Cette recherche s’appuie sur une méthodologie mixte et des données longitudinales. La situation de 197 familles dont le dossier est fermé a été analysée. Quatre-vingt-dix-neuf familles ont participé à un suivi longitudinal. Vingt-quatre parents et dix-huit enfants ont été rencontrés en entrevue de même que cinquante intervenantes. Cette communication sera l’occasion de mettre en parallèle ces différentes sources d’informations afin d’examiner 1) l’impact de ces services sur les contacts parents enfant et sur le contexte dans lesquels ils se déroulent, 2) comment évolue le bien-être de l’enfant et la situation problématique de leur famille et 3) le regard que portent les parents et les enfants sur les services reçus. Les dimensions qu’il apparaît pertinent d’approfondir de même que certaines recommandations découlant des constats dressés seront aussi présentées.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 30
Dîner
Pause dîner
Après-midi
13 h 30 à 16 h 30
Communications orales
Communications de l’après-midi
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B23
13 h 30
Recomposition et séparation : existe-t-il un statut juridique pour le beau-parent?
dominique goubau (Université Laval), Martin Chabot (Université Laval)

On dit souvent que le beau-parent dans la famille recomposée n'a pas de statut juridique et qu'en cas de séparation le droit est à peu près muet sur les conséquences légales de la beau-parentalité. La question de l'opportunité d'un cadre juridique refait d'ailleurs régulièrement surface. Par exemple, le Comité consultatif sur la réforme du droit de la famille au Québec a formulé récemment des propositions concrètes visant à mieux prendre en considération la réalité concrète des (ex)-beaux-parents. Pourtant, une analyse détaillée des législations, tant provinciales que fédérales, oblige à nuancer quelque peu ce constat de vide juridique. Nous donnerons un aperçu du portrait législatif et jurisprudentiel des règles qui, tant pendant la vie commune qu'après la séparation de la famille recomposée, permettent de conclure qu'aussi imparfait soit-il, l'encadrement juridique de la beau-parentalité est loin d'être inexistant. Notre projet s'intéresse au droit québécois et au droit fédéral, de même qu'à la situation en Ontario et en Colombie-Britannique. Notre analyse devrait faciliter la compréhension des enjeux relatifs aux revendications en faveur d'une sorte de statut juridique du beau-parent dans le droit de la famille contemporain.

Résumé
14 h 00
La recomposition familiale au prisme des relations entre (beau) parent et (bel) enfant
Mélanie Pearson (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Laurence Charton (INRS)

Les recherches sur la recomposition des familles montrent que les premières années sont souvent difficiles, notamment au moment où se (re)créent les liens entre parent / beau-parent et (bel) enfant (Parent et al., 2008; Saint-Jacques et al., 2016). L’arrivée d’un nouveau conjoint dans une famille déjà formée conduit en effet à d’importants changements structurels, mais aussi relationnels, que ce soit entre parent et enfant(s), entre nouveaux conjoints ou entre beau-parent et bel-enfant. Au-delà de la corésidence, la formation d’une famille recomposée se crée aussi dans le sens que les personnes impliquées donnent à cette famille.

À partir de l’analyse de 30 entrevues réalisées en 2015 et 2016 auprès de 15 couples de parents et beaux-parents québécois, cette communication propose : 1. d’explorer les types de relations (investissements, attentes) entre beau-parent et bel-enfant et entre parent et enfant, 2. d’observer le rôle du parent dans la dynamique des relations beau-parent et bel-enfant, et 3. de cerner la manière dont le (beau)parent  décrit la relation entre son (bel)enfant et son conjoint. Les analyses contribueront à mieux comprendre les dynamiques familiales au sein d’une famille recomposée et  le rôle qui est joué par chaque conjoint, un enjeu qui n’a pas encore fait l’objet de recherches poussées.

Résumé
14 h 30
Élaboration et description d’un programme d’éducation en ligne pour les couples de familles recomposées
Claudine Parent (Université Laval), Anne Avril (Université Laval), Madeleine Beaudry (Université Laval), Jean-Marie Boisvert (Université Laval), Jean-Simon Couture (Université Laval), Élisabeth Godbout (Université Laval), Julie Gosselin (Memorial University), Laurence Lagouarde (FAFMRQ), Sylvie Lévesque (FAFMRQ), Nicolas Martin (Université Laval), Julie Noël (Université Laval), Caroline Robitaille (Université Laval), Anne-Marie Rouillier (Université Laval), Marie-Christine Saint-Jacques (Université Laval)

La présentation porte sur la démarche qui a donné lieu à l’élaboration d’un programme d’éducation en ligne et sur la description de ses principales composantes. Le programme en ligne qui fait l’objet de cette présentation vise l’enrichissement des relations conjugales et familiales des adultes qui vivent une recomposition familiale. Des recensions des écrits ont été réalisées afin d’identifier à la fois les défis vécus par les couples qui recomposent une famille et les moyens préventifs réputés efficaces pour y faire face. Les conclusions tirées de l’ensemble de ce travail ont permis l’élaboration d’un programme d’éducation en ligne destiné aux couples de familles recomposées. Les différentes composantes du programme dont les thèmes abordés et les activités interactives qui sont proposées seront présentées brièvement. Dans le contexte où Internet prend de plus en plus de place dans la vie des personnes, le développement de programmes en ligne peut s’avérer une voie d’avenir particulièrement dans le domaine de la prévention. En complément de la démarche qui a conduit à la mise en ligne du programme et de la description de ses principales composantes, la question de la prévention par le biais d’Internet sera aussi abordée dans le cadre de cette présentation.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 15
Comprendre le conflit grave de séparation : et si on tenait compte du contexte?
Catherine Turbide (Université Laval), Marie-Christine Saint-Jacques (Université Laval)

Tant chez les chercheurs que chez les intervenants, la notion de conflits sévères de séparation a fait l’objet de réflexions et de débats autour de sa définition et des caractéristiques qui doivent être présentes pour pouvoir qualifier le conflit de sévère (Anderson, Anderson, Palmer, Mutchler et Baker, 2010; Jaffe, Poisson et Cunningham, 2001; Johnston, 1994; Vodde, 2001; Godbout, 2014; Saini et al., 2012). L’objectif de cette communication est de procéder à un examen plus approfondi de certaines caractéristiques identifiées par les intervenants et les chercheurs pour décrire le conflit sévère de séparation afin d’identifier des angles pertinents à son analyse. Ainsi, seront explorés les résultats des recherches portant sur deux phénomènes souvent associés aux conflits sévères de séparation, soit la propension que ces parents auraient à formuler de fausses allégations de maltraitance envers leur ex-conjoint (Ayoub, Deutsch et Maraganore, 1999; Bala, Birnbaum et Martinson, 2010; Gilmour, 2004; Healy, Malley et Stewart, 1990; Pruett, Williams, Insabella et Little, 2003; Stewart, 2001; Trinder, Kellet et Swift, 2008) et la présence de violence dans leur dynamique conjugale (Stewart, 2001; Gilmour, 2004). Cet exercice permettra d’amener une réflexion autour du contexte dans lequel il est possible que le conflit sévère de séparation se déroule et d’ouvrir des pistes de recherche et d’intervention auprès de ces familles.

Résumé
15 h 45
Un protocole de gestion psychojuridique des situations familiales à haut niveau de conflit : la nécessité de la collaboration interdisciplinaire
Francine Cyr (UdeM - Université de Montréal), Karine Poitras (UQTR), Élisabeth Godbout (Université Laval)

Les situations familiales à haut niveau de conflit posent des défis majeurs tant pour les intervenants psychosociaux que pour les avocats et les juges. Afin d'offrir les services les plus appropriés à ces situations familiales, le protocole de gestion psychojuridique «Parentalité Conflit Résolution» (PCR) a été développé par une équipe interdisciplinaire et mis en place avec la collaboration de la Cour Supérieure du district judiciaire de Québec. Ce protocole repose sur un encadrement juridique caractérisé par la présence d'un juge saisi au dossier, l’engagement des avocats et des parents à travailler dans un esprit de résolution des conflits, la participation des parents à un atelier de coparentalité et l’intervention systémique portant sur la dynamique familiale. Ce protocole a été suivi par huit familles sélectionnées par la Cour en raison de conflits parentaux sévères accompagnés, dans six situations, d’une rupture du lien parent-enfant. Un devis de recherche mixte et exploratoire a révélé dans quelles conditions (absence de problème aigu de santé mentale, collaboration des deux parents, alliance psychojuridique cohérente) ce protocole est susceptible d’être bénéfique pour ces familles (amélioration de la relation parent-enfant et assouplissement du fonctionnement familial). Lors de cette présentation, nous ferons état de la satisfaction des divers acteurs, de l'évolution des situations familiales et des défis de la collaboration interdisciplinaire.

Résumé
16 h 15
Mot de la fin
Sylvie Lévesque (Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec), Marie-Christine Saint-Jacques (Université Laval)
Soir
16 h 30 à 18 h 30
Cocktail
Cocktail du partenariat
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) mezzanine zone cocktail