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422 - L’apport du longitudinal dans l’analyse des inégalités

Ce colloque sera l’occasion d’échanger sur les enjeux actuels politiques et sociaux pour une meilleure représentation des conditions de vie et des sources d’inégalités associées au parcours de vie des populations. Les participants présenteront les concepts, approches, données, méthodologies et résultats développés, actuels et futurs, dans le but de souligner l’apport du longitudinal dans la compréhension des inégalités. Comment ces études longitudinales permettent-elles d’identifier les facteurs pouvant être source d’inégalités, à différents moments dans le parcours de vie de groupes d’individus, dans des contextes en mutation ? Quelles données sont actuellement disponibles et quelles autres seront collectées dans le futur?

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UdeM - Université de Montréal
UdeM - Université de Montréal

Ce colloque sera l’occasion d’échanger sur les enjeux actuels politiques et sociaux pour une meilleure représentation des conditions de vie et des sources d’inégalités associées au parcours de vie des populations. Les participants présenteront les concepts, approches, données, méthodologies et résultats développés, actuels et futurs, dans le but de souligner l’apport du longitudinal dans la compréhension des inégalités. Comment ces études longitudinales permettent-elles d’identifier les facteurs pouvant être source d’inégalités, à différents moments dans le parcours de vie de groupes d’individus, dans des contextes en mutation ? Quelles données sont actuellement disponibles et quelles autres seront collectées dans le futur?

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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Dynamiques migratoires
Présidence/Animation : Alain Gagnon (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 05
L’insertion professionnelle des immigrants au Canada : l’épreuve du temps
Charles FLEURY (Université Laval), Danièle Bélanger (Université Laval), Guillaume Haemmerli (Université Laval), Victor Piché (Université de Montréal)

Les travaux de Renaud, Piché et Godin (2003) ont montré que le caractère inégalitaire de l’insertion professionnelle des immigrants dû, notamment, à l’origine nationale, avait tendance à s’estomper avec le temps. Ce constat illustre bien le caractère dynamique de l’insertion professionnelle et la nécessité d’avoir recours à des données longitudinales permettant de suivre des cohortes d’immigrants suffisamment longtemps pour l’appréhender.  Depuis les travaux de Renaud, Piché et Godin réalisés dans les années 1990, plusieurs observateurs ont avancé l’idée selon laquelle la situation économique des immigrants récents se serait détériorée par rapport à celles des cohortes d’immigrants des années antérieures (et que l’écart entre natifs et immigrants se serait creusé).  Il s’avère toutefois difficile de le vérifier faute de données longitudinales suffisamment récentes ou complètes.  La présente communication s’appuie sur l’analyse des données des recensements canadiens et de l’Enquête nationale auprès des ménages réalisés depuis le début des années 1990.  Adoptant la méthode de l’analyse par cohorte, elle suit sur une période de 10 ans deux « pseudo » cohortes d’immigrants, l’une arrivée au début des années 1990, l’autre au début des années 2000, en vue de vérifier la pertinence actuelle des résultats obtenus par Renaud, Piché et Godin.

Résumé
09 h 25
Période de questions
09 h 30
Mobilité résidentielle et changements familiaux : construction simultanée des trajectoires chez les immigrants et les natifs vivant en Suisse
Julie Lacroix (Université de Genève)

La littérature scientifique récente de la mobilité interne a su montrer que l’intensité des changements résidentiels différait selon le lieu de naissance de l’individu. La surmobilité des personnes nées à l’étranger est généralement appréhendée par les théories économiques, du capital humain et du capital social. Dans cette communication, nous prenons plutôt pour encrage le paradigme du parcours de vie afin d’expliquer les différentiels de mobilité interne chez les migrants internationaux et les natifs vivant en Suisse. Plus particulièrement, nous ambitionnons de cerner les liens entre certains évènements familiaux (naissance d’enfant, mariage, divorce) et la mobilité résidentielle de ces deux populations. Pour ce faire, nous mobilisons les données récentes (2010-2014) du registre de la population suisse. Des fenêtres d’observation sont construites autour des évènements de mobilité (changements de communes ou de bassins d’emploi) afin de privilégier une mesure de simultanéité (deux évènements qui surviennent dans un même intervalle temporel) plutôt que leur séquencement. Des modèles multiniveaux de survie en temps discret permettent d’identifier de quelle façon les trajectoires résidentielles et familiales se construisent simultanément. Enfin, des termes d’interaction entre les évènements familiaux et le lieu de naissance de l’individu établissent dans quelle mesure la taille de ces effets diffère selon le statut migratoire.

Résumé
09 h 50
Période de questions
09 h 55
Suivi des trajectoires spatiotemporelles de quatre cohortes de jeunes axé sur leur rétention et attraction dans les régions administratives du Québec
Martine St-Amour (Institut de la statistique du Québec), Emy Bourdages (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Jacques Ledent (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Les jeunes adultes constituent le segment le plus mobile de la population et leurs comportements migratoires soulèvent divers enjeux de nature démographique et socioéconomique, en particulier dans les régions où la capacité de rétention et d’attraction est plus faible. Chaque année, l’Institut de la statistique du Québec diffuse des données sur les migrations interrégionales qui renseignent sur l’ampleur de la mobilité des jeunes. Elles ne permettent toutefois pas de distinguer les différents types de déplacements qui ponctuent leur cheminement, comme les départs de la région d’origine et les migrations de retour. Pour cela, il faut suivre les parcours résidentiels sur plusieurs années. C’est dans cette optique qu’a été entreprise une exploitation longitudinale des données de migration tirées du Fichier d’Inscription des personnes assurées de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Cette approche a permis d’aborder la migration des jeunes au Québec en comparant les trajectoires migratoires de quatre cohortes suivies à partir de l’âge de 16 ans. Ces dernières ont eu 16 ans en 1993, 1998, 2003 et 2008 et ont été suivies jusqu’en 2015. Cette communication vise à présenter les résultats préliminaires de ces travaux, qui actualisent une étude parue en 2006 (Girard, 2006). Nous nous intéressons notamment aux départs et aux retours dans les différentes régions administratives, ainsi qu’aux remplacements des départs par des entrées de jeunes originaires des autres régions. 

Résumé
10 h 25
Période de questions
10 h 30
Pause
11 h 00 à 12 h 15
Communications orales
L’apport des modèles de microsimulation
Présidence/Animation : Hélène Vézina (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
11 h 00
Comprendre la mécanique du baby-boom : l’apport des modèles de microsimulation
Danielle Gauvreau (Université Concordia), Samuel Vézina (INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société), Patrick Sabourin (INRS - Centre urbanisation culture et société), Benoît Laplante (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Au Québec, le baby-boom s’est produit à un moment où les couples mariés avaient de moins en moins d’enfants. Ce paradoxe semble s’expliquer par le fait que c’est le mariage, plus précisément l’augmentation de la proportion d’individus qui se marient et la baisse de l’âge au mariage, qui a joué un rôle prépondérant dans la hausse de la fécondité générale durant cette période. Sceptiques quant au fait que les seuls changements du mariage aient pu conduire à une telle augmentation des naissances, de 75,000 au milieu des années 1930 à plus de 140,000 vingt ans plus tard, nous avons entrepris d’appliquer un modèle de micro-simulation aux femmes nées entre 1896 et 1945, soit les mères des baby-boomers. En faisant varier le taux de survie de ces femmes, qui a connu une hausse spectaculaire durant la période, leur propension à se marier, le nombre des immigrantes ainsi que les taux de fécondité à partir de 1945, nous avons été en mesure de décortiquer d’une manière inédite la « mécanique » du baby-boom. Il en ressort notamment que la transition épidémiologique, en venant gonfler le nombre de femmes (et d’hommes) atteignant l’âge de se marier, a joué un rôle  crucial dans la survenue du baby-boom. L’approche longitudinale inhérente aux perspectives de populations, appliquée ici rétrospectivement, s’est avérée déterminante pour mieux comprendre ce phénomène qui a tant marqué la démographie des pays industrialisés au cours de la seconde moitié du 20e siècle.

Résumé
11 h 20
Période de questions
11 h 25
Projections des taux de faible revenu chez les aînés au Québec à l’horizon 2050
Laure SEBRIER (Université Laval)

Ce papier projette l’évolution des taux de faible revenu chez les ainés québécois à l’aide de SimUL, un modèle de microsimulation développé au sein de la Chaire de recherche Industrielle Alliance sur les enjeux économiques des   changements démographiques. Les projections couvrent la période 2016 à 2050 et utilisent la Mesure du Panier de Consommation comme mesure de faible revenu. SimUL utilise plusieurs bases de données, dont l’Enquête Longitudinale et Internationale des Adultes (ELIA)qui permet d’estimer les modèles de transition de travail et de revenu. SimUL projette une diminution importante des taux de faible revenu chez les ainés québécois. Le taux de faible revenu des 65-74  ans passe de  7.8% en 2016 à 3.1% en 2050, et celui des 75 ans et plus passe de 5.2% à 1.5%. Cette diminution s’explique par la plus grande participation des  femmes au marché du travail parmi les cohortes plus jeunes, les rendant moins dépendantes de leurs conjoints et des transferts publics dans le futur. Toutefois, les taux de faible revenu étant extrêmement sensibles aux seuils choisis, nous réalisons une autre projection en les majorant légèrement afin d’en illustrer la sensibilité. Nous trouvons un effet de seuils important: une majoration de 5% fait passer le taux de faible revenu des  veuves de 12% à plus  de 30% et  une majoration de 10%  porte le taux à 40% pour l’année 2017, ce qui confirme l’importance des programmes à destination des veuves, dont la rente au conjoint survivant.

Résumé
11 h 45
Période de questions
11 h 50
Immigration et diversité de 2011 à 2036 : nouvelles projections démographiques pour le Québec et la région de Montréal
Jean-Dominique MORENCY (Statistique Canada), Éric Caron-Malenfant (Statistique Canada), Samuel MacIsaac (Statistique Canada)

En janvier 2017, Statistique Canada a diffusé de nouvelles projections de la composition ethnoculturelle de la population canadienne pour la période allant de 2011 à 2036. Réalisées à l'aide de Demosim, ces projections incluent des variables telles que le statut d'immigrant, le statut des générations, la langue, la religion et le statut de minorités visibles pour certaines régions sélectionnées, dont les régions métropolitaines de recensement (RMR). Les résultats montrent que tant au Québec qu’au Canada dans son ensemble, la proportion d'immigrants au sein de la population augmenterait selon tous les scénarios, augmentation qui contribuerait à transformer significativement la composition ethnoculturelle de la population. Le but de cette communication est de présenter les résultats principaux des nouvelles projections pour la province de Québec. Dans un premier temps, les hypothèses et scénarios développés pour ces projections seront décrits brièvement. Les principaux résultats relatifs à la population immigrante et certains indicateurs de diversité ethnoculturelle (statut des générations, minorités visibles, religions non chrétiennes) seront ensuite présentés, dans une optique comparative, pour la RMR de Montréal et la province de Québec.

Résumé
12 h 10
Période de questions
Dîner
12 h 15 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
Après-midi
13 h 30 à 14 h 45
Communications orales
Inégalités de revenus
Présidence/Animation : Yves CARRIÈRE (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
13 h 30
Analyse spatiale de l’inégalité des revenus : perspectives des régions canadiennes (1981-2011)
Yannick Marchand (Université McGill)

Depuis 1980, le Canada est l’un des pays de l’OCDE qui connait une augmentation des inégalités économiques les plus accentuées (OECD, 2011). Dans ce papier, j’explore les variations régionales dans la distribution des revenus à l’aide d’une banque de données longitudinale construite à partir des données de l’échantillon 20% du recensement. Les divisions de recensement (N=284) sont utilisées pour représenter les régions et les données s’étalent sur sept cycles de recensement (de 1981 à 2011). L’analyse des variations régionales du coefficient Gini et l’index de Theil révèle une trajectoire inverse entre les inégalités en milieux rural et urbain. Alors que les espaces ruraux connaissent une légère réduction des inégalités de revenu au cours de la période observée, les milieux urbains font face à d’importantes augmentations de l’inégalité. L’utilisation d’indicateur local d’autocorrélation spatiale souligne la présence de « grappes » régionales d’inégalité au pays. Finalement, un modèle de régression panel spatial est utilisé afin d’identifier les facteurs qui contribuent à mieux expliquer les variations dans les inégalités régionales. À la lumière des résultats, ces facteurs varient selon les régions et une division urbaine/rurale.

Résumé
13 h 50
Période de questions
13 h 55
Le genre du chômage : effets de perspective
Stéphane Moulin (UdeM - Université de Montréal)
Les deux indicateurs officiels les plus utilisés de la sous-utilisation de la main d’œuvre sont le taux de chômage et le taux de temps partiel involontaire. Or si l’exploitation des données transversales de l’enquête sur la population active conduit à établir le constat d’un sur-chômage masculin, c’est au contraire un sur-chômage féminin qui émerge de l’exploitation de données longitudinales (Moulin, 2016). De même, les diagnostics sur le temps partiel involontaire tendent à changer dans un cadre longitudinal (Noreau, 2000). Or ces changements tiennent à la fois à des variations dans les catégorisations sociales et à l’effet même du passage d’un devis transversal à un devis longitudinal d’analyse. Dans cette communication, nous faisons l’hypothèse que le choix d’un devis transversal d’analyse dans la mesure officielle du chômage et du temps partiel involontaire conduit à masquer certaines formes féminines de chômage ou de sous-emploi. Deux types d’enquête seront mobilisés pour valider cette hypothèse : les enquêtes sur la population active (EPA) et les enquêtes sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR). Pour mettre à jour les effets de perspectives (Jean Guy Prévost, 2011) induits par le type de devis méthodologique, nous comparerons, sur la période 2005-2010, différentes mesures du chômage et du sous-emploi calculées à partir de l’exploitation des données transversales mensuelles de l’EPA et de l’EDTR, des données longitudinales de l’EPA sur 6 mois et des données du dernier panel de l’EDTR. Résumé
14 h 15
Période de questions
14 h 20
Inégalité cumulative au Canada : effet modérateur de l’adversité en début de vie sur les trajectoires socioéconomiques et la santé mentale adulte
Amélie Quesnel Vallée (Université McGill), Miles Taylor (Florida State University ), Helen Cerigo (Université McGill)

Contexte. L’examen empirique de la théorie de l'inégalité cumulative a été limité par les données disponibles en termes de modélisation explicite des trajectoires de revenu (cf. Ferraro et al 2016 ASR). Pourtant, il semble que le statut socioéconomique pendant l’enfance modère les retours à l’éducation en termes de revenus (Hershbein 2016 Brookings Institute). Vu l’importance des trajectoires de revenu pour la santé mentale adulte (Quesnel-Vallée et Taylor, 2012), ce mécanisme mérite d'être approfondi. 

Méthodes. Utilisant un nouveau couplage de l'Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP 1994-2011) avec les données historiques sur l'impôt sur le revenu administratif (1982-2011), nous pourrons estimer des trajectoires de revenu provenant de toutes les sources, incluant les programmes sociaux de soutien du revenu tels que l'aide sociale, l'assurance-invalidité et l'assurance-emploi. À l'aide de modèles d'équations structurelles, nous estimerons les trajectoires entre l'éducation du répondant et les courbes de croissance latentes du revenu et des symptômes dépressifs, ainsi que les effets modérateurs des adversités de la petite enfance et l'éducation des parents sur ces relations.

Résultats attendus. Nous posons l’hypothèse que l’expérience d’adversité pendant l’enfance et l'éducation des parents modèrent l'association entre 1. l'éducation du répondant et ses trajectoires de revenu à l’âge adulte, 2. l'association de l'éducation avec la détresse.

Résumé
14 h 40
Période de questions
14 h 45
Pause
15 h 00 à 17 h 00
Communications orales
Assemblée annuelle des démographes du Québec
Présidence/Animation : Benoît Laplante (INRS - Institut national de la recherche scientifique)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 45
Communications orales
Santé et mortalité
Présidence/Animation : Patrice Duguay (IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
09 h 00
Inégalités de santé : l’association entre le sexe, le statut socioéconomique et les trajectoires de capacités fonctionnelles et cognitives aux grands âges
Valérie Jarry (UdeS - Université de Sherbrooke), Hélène Payette (Université de Sherbrooke), Alan Cohen (Université de Sherbrooke)

L’augmentation continue de l’espérance de vie et du nombre de personnes âgées conduit à s’interroger sur la qualité  des  années  gagnées  aux  grands  âges. S’appuyant sur l’idée que les  personnes  âgées  constituent un groupe hétérogène et que les niveaux d’incapacités varient d’une personne à l’autre, l’objectif de cette étude  est  d’évaluer  l'influence  du  sexe  et  du  statut  socioéconomique  sur les  trajectoires  des  capacités fonctionnelles  et  cognitives.  Bien  que  les  inégalités  de  morbidité et  de  mortalité  selon  le  statut  socioéconomique  soient  bien  documentées,  il  existe  peu  d’informations  quant  à  l’effet  de  l’éducation  et  de  l’occupation  sur  le  niveau  des  capacités  fonctionnelles  et  cognitives  aux  grands  âges  ainsi  que  sur  les aspects longitudinaux de  leur déclin. À travers une approche par variable latente permettant de modéliser les  trajectoires  des  performances  fonctionnelles  (vitesse  de  marche,  lever  et  marcher  chronométré,  lever pour  marcher,  force  musculaire)  et  cognitives  (Modified  MMSE),  les  hypothèses  de  recherche  suivantes ont été testées: (1) les  capacités fonctionnelles et cognitives déclinent avec l'âge et ce déclin n'est pas linéaire;  (2)  les  capacités  fonctionnelles  et  cognitives  déclinent plus  rapidement  lorsque  le  statut  socioéconomique diminue; (3) l’effet de l’éducation et de l’occupation sur le niveau et la vitesse du déclin  diffère  pour  les  hommes  et  les  femmes.  Les  données  de  cette  recherche  proviennent  de  l’Étude  longitudinale québécoise NuAge, une étude suivant annuellement pendant cinq ans 1793 hommes et femmes âgés de 68 à 82 ans.

Résumé
09 h 20
Période de questions
09 h 25
Disparités dans la distribution des décès par âge selon le niveau de scolarité au Canada : une étude de suivi sur 20 ans
Lorena Canon (UdeM - Université de Montréal), Robert Bourbeau (UdeM - Université de Montréal), Nadine Ouellette (UdeM - Université de Montréal)

De nombreuses études ont montré que le statut socio-économique défini par le revenu, le niveau de scolarité ou la profession, est une variable essentielle pour expliquer les inégalités observées en matière de longévité. L'objectif principal de cet article est de comparer les distributions des décès selon l’âge pour quatre niveaux de scolarité au Canada. Les données utilisées proviennent de la version actuelle de la Cohorte santé et environnement du recensement canadien (CSERCan) de 1991, une base de données constituée à partir d’un jumelage d’informations provenant du recensement canadien de 1991, des données de l’état civil de 1991 à 2011 et de fichiers administratifs permettant de suivre le lieu de résidence des individus. Pour chaque sexe et niveau de scolarité, nous estimons les fonctions de densité lissées en utilisant une approche non paramétrique par P-splines. Nous en tirons l’âge modal (i.e. le plus fréquent) au décès par sexe et niveau de scolarité et sa mesure associée de la dispersion, soit l'écart-type au-delà du mode. Sur la base des études précédentes, nous prévoyons que les personnes ayant une durée de vie modale plus courte seront aussi celles ayant un niveau socio-économique inférieur et la variabilité dans leur distribution des âges au décès sera supérieure. 

Résumé
09 h 45
Période de questions
09 h 50
L’apport des Observatoires de population dans l’analyse des inégalités de santé : l’impact du statut matrimonial des mères à la naissance sur la mortalité des enfants en milieu rural sénégalais
Valérie Delaunay (Institut de recherche pour le développement), Géraldine Duthé (Institut national d'études démographiques), Binta Dieme (Agence Nationale de Statistique et de la Démographie), Baptiste Beck (Université Laval), Gilles Pison (Institut national d'études démographiques)


La fécondité prémaritale est une préoccupation émergente en Afrique subsaharienne. Cette fécondité implique des conséquences socioéconomiques et sanitaires défavorables, en particulier pour l'enfant. Dans cette étude, nous explorons les conséquences de la fécondité prémaritale sur la mortalité avant l’âge de 15 ans des filles et des garçons, en prenant en compte la corésidence de l’enfant avec son père et sa mère au cours de leur vie. Nous supposons que lorsque les deux parents ne vivent pas ensemble, les stratégies de placement des enfants différent selon leur sexe et donc que les garçons et les filles expérimentent des trajectoires résidentielles et de vie spécifiques qui ont des conséquences sur leur santé. Pour tester cette hypothèse, nous mobilisons les données de trois Observatoires de Population situés en zone rurale au Sénégal permettant de suivre les trajectoires des enfants depuis leur naissance sur la période 1985-2004. Les résultats confirment que les risques de mortalité sont plus élevés pour les enfants nés de mère célibataire. Ils montrent aussi que l'association entre le statut marital à la naissance et la mortalité avant 15 ans paraît plus forte pour les garçons que pour les filles dans les trois zones. Les enfants qui ne résident pas avec leurs 2 parents ont un risque de mortalité plus élevé.

 

Résumé
10 h 10
Période de questions
10 h 15
Nouvelles estimations de la mortalité au sein des générations québécoises
Frédéric F. Payeur (ISQ - Institut de la statistique du Québec)

L’espérance de vie est couramment mesurée selon l’approche transversale, mais la version longitudinale de cet indicateur n’est que très rarement étudiée en raison des défis techniques supplémentaires que son calcul implique. Les tables de mortalité par génération sont pourtant susceptibles de faire ressortir des tendances ou des constats qui ne pourraient être décelés par les tables du moment, car elles permettent de prendre en compte la mortalité à laquelle les générations ont réellement été exposées, ou devraient être exposées, au cours de leur vie. Dans un contexte d’amélioration continue de l’espérance de vie, l’approche longitudinale renvoie des valeurs habituellement plus élevées que l’approche transversale, avec des écarts d’une ampleur parfois importante. Cette présentation résumera les principaux résultats issus de la diffusion par l’Institut de la statistique du Québec, en juin dernier, de nouvelles données sur la mortalité des générations québécoises. Comme une partie des résultats est basée sur des hypothèses de projection, l’incertitude liée aux résultats concernant le futur sera également abordée.

 

Résumé
10 h 35
Période de questions
10 h 45
Pause
11 h 15 à 12 h 30
Communications orales
Parcours scolaire
Présidence/Animation : Marie-Christine BRAULT (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
11 h 15
Parcours scolaires et segmentation du système scolaire d’enseignement au Québec
Benoît Laplante (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Canisius Kamanzi (UdeM - Université de Montréal), Olivier Lafontaine (Université du Québec à Montréal), Annie Pilote (Université Laval), Pierre Doray (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le système éducatif québécois a connu une segmentation accrue au cours des dernières années. A la distinction entre les écoles publiques et les écoles privées, il faut ajouter, au sein  des  écoles  publiques,  différents  cursus  enrichis  (projets  particuliers)  dont  la  mise  en place vise à retenir les « bons » élèves et à contrer la concurrence des écoles privées (Lessard et Levasseur, 2007). De nombreux travaux soulignent que la fréquentation des écoles privées est fortement associée à la position socio-économique des parents (CSE, 2016). En outre, la poursuite des études postsecondaires serait plus élevée chez les élèves issus des écoles privées, par rapport à leurs pairs des écoles publiques.  Le  propos  de  communication  est  d’analyser  les  parcours  scolaires  à  la  lumière  de cette  segmentation. Plus précisément, deux volets orientent notre analyse. Le premier s’intéresse  aux  trajectoires  des  élèves  au  secondaire :  Fréquente-t-on  les  écoles  privées  tout  au cours du secondaire ? Le taux d’interruptions d’études varie-t-il selon le type d’établissement fréquenté au secondaire ? Dans quelle mesure les parcours aux études post-secondaires selon le  type  d’établissement  secondaire fréquenté?    Quel  est  le  poids  du  secteur  privé  dans  l’enseignement collégial ?  Le second volet explore l’effet de différents facteurs sociaux sur la réalisation des différents parcours tant au secondaire qu’au postsecondaire. Nos analyses s’appuient sur une base de données longitudinales au Québec, incluant à  la  fois  les  données  administratives  de  deux  cohortes  scolaires  et des  données  écologiques provenant du recensement canadien. Nos analyses préliminaires révèlent deux constats principaux : 1) l’existence d’un mouvement de transition important entre les deux réseaux (public et privé) et 2) une association significative entre la fréquentation d’une école privée et l’accès aux études collégiales.

Résumé
11 h 35
Période de questions
11 h 40
Différenciations sociales des trajectoires étudiantes entre universités d’Île-de-France : les cas du droit et de l’AES
Léonard Moulin (Institut National d'Études Démographiques), Leïla Frouillou (Université Paris‑8 )

La région Île-de-France compte aujourd’hui dix-sept universités, caractérisées à la fois par des logiques concurrentielles et par des complémentarités, selon un fonctionnement systémique. Ce dernier contribue à différencier les établissements selon plusieurs critères, et notamment selon l’origine sociale et les parcours scolaires des étudiant.e.s. Cette communication s’intéresse aux trajectoires universitaires étudiantes et à leur rôle en termes de différenciation de publics entre les universités franciliennes. Pour comprendre la construction socialement différenciée des trajectoires universitaires, nous conjuguons deux méthodes longitudinales : un suivi quantitatif2 (analyse de séquences) et qualitatif3 (entretiens répétés) d’étudiant.e.s inscrit.e.s en Droit et en
AES (Administration Économique et Sociale) entre 2007 et 2011. Le croisement de méthodes qualitatives et quantitatives nous permet de replacer les types de trajectoires universitaires dans les trajectoires familiales et scolaires des étudiant.e.s pour interroger l’apprentissage des dispositions à s’orienter au fil des cursus. Nous montrons, d’une part, que les trajectoires majoritaires, de « poursuite d’étude dans un même établissement » et de « sortie » du système universitaire, participent à une certaine homogénéisation des publics étudiants à travers un processus de sélection sociale et scolaire des étudiant.e.s qui conduit à une réduction des écarts entre universités. D’autre part, nous montrons que les trajectoires « interuniversitaires » participent à un accroissement des écarts de recrutement entre universités à travers l’attraction des étudiant.e.s les mieux dotés vers les établissements les mieux placés symboliquement.

 

Résumé
12 h 00
Période de questions
12 h 05
Événements de vie et moments charnières lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte : liens avec les parcours interrompus d’éducation à Montréal et en région
Véronique DUPÉRÉ (UdeM - Université de Montréal)

Les jeunes qui abandonnent leurs études de manière précoce, avant l’obtention d’un diplôme de niveau secondaire, sont particulièrement à risque d’éprouver des problèmes importants lors du passage à l’âge adulte, tant sur le plan de l’insertion socio-professionnelle que sur le plan de la santé physique et mentale. De plus, le Québec présente un taux de décrochage élevé comparativement aux autres provinces. Il apparait donc particulièrement important de bien comprendre les mécanismes en jeu afin de mieux soutenir les jeunes à risque d’abandon à différent moments critiques de leur parcours de vie. À l’heure actuelle, nous en savons beaucoup sur les facteurs de risque au long cours, présents plusieurs années avant que le décrochage scolaire ne se produise, mais très peu sur les facteurs émergeant peu de temps avant le départ de l’école et qui sont susceptibles de le précipiter. L’objectif du présent projet était d’examiner si la survenue d’évènements de vie négatifs pouvait contribuer à infléchir les trajectoires scolaires. Pour ce faire, une approche méthodologique longitudinale intensive à court terme a été élaborée, fondée sur un devis mixte incluant des éléments prospectifs et rétrospectifs, et sur un échantillonnage combinant dépistage à grande échelle (N = 6,773) et entrevues approfondies  avec certains sous-groupes ciblés (N = 545). Cette approche a permis de mettre en lumière les variations temporelles du risque de décrochage, ainsi que certaines spécificités régionales.  

Résumé
12 h 25
Période de questions
Dîner
12 h 30 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 15 h 50
Communications orales
Dynamiques familiales
Présidence/Animation : Céline Le Bourdais (Université McGill)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 306
14 h 00
Résister ou souscrire au désir d’enfant de l’autre : des effets de genre sur l’entente conjugale?
Nicolas Cauchi-Duval (Université de Strasbourg)

En   France, l’accès  à  une  contraception  efficace permet des   naissances   majoritairement programmées  (Daguet  2002)  et  désirées  (Leridon  1995,  Régnier-Loilier  2007). Cependant, dans plus  de  20%des couples le désir d’enfant diverge et  entraîne  des  désaccords, particulièrement lorsque la femme ne souhaite pas avoir d’enfant (Cauchi-Duval, 2016).Cela s’explique notamment car les femmes qui n’ont volontairement pas d’enfant ont  conscience des effets négatifs d’une grossesse sur leur carrière professionnelle (Debest,2014), tandis que les hommes accordent moins d’importance à leur stabilité professionnelle(Mazuy, 2009).Nous  proposons donc de  tester l’hypothèse selon  laquelle, face à un désir d’enfant initialement diffèrent,  les résistances ou concessions à  ce sujet agissent différemment sur l’entente conjugale selon qu’elles sont le fait des hommes ou des femmes .Pour ce faire, nous mobiliserons les données des deux premières vagues de l’Étude des Relations Familiales et Intergénérationnelles qui, en 2005 et2008,a recensé l’intention de fécondité de chaque partenaire, leur éventuelle réalisation ainsi que l’ampleur des désaccords au sein du couple. Ce suivi longitudinal permet par ailleurs d’éviter la rationalisation ex post et la convergence des décisions au sein du couple (Regnier-Loilier et Solaz, 2010).Dans un premier temps, nous étudierons comment les désaccords conjugaux ont évolué selon que la persistance du refus d’avoir un enfant résulte de l’homme ou de la femme. Dans un second temps, nous analyserons comment ces désaccords se modifient lorsque l’homme ou la femme renonce à son désir ou qu’à l’inverse  il  ou  elle  répond favorablement au désir de l’autre.

Résumé
14 h 20
Période de questions
14 h 25
Corésidence et contacts avec les parents biologiques durant l’enfance : une approche par les tables de survie longitudinales multiétats
David Pelletier (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

La hausse des ruptures conjugales et des naissances hors union signifie que de plus en plus d’enfants passent au moins une partie de leur enfance séparés d’un parent. Puisque la garde maternelle demeure le standard social après la séparation, ce parent absent est généralement le père. L’objectif de ce projet est double. Il s’agit, d’une part, de quantifier le temps passé à vivre avec chacun des parents tout au long de l’enfance et, d’autre part, d’explorer les facteurs associés à la trajectoire de temps parental des enfants. L’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ), avec 13 passages effectués au cours des 15 premières années de vie d’une cohorte d’enfants québécois, est une des seules sources de données dans le monde qui permette de répondre à ces objectifs. À partir de diverses tables de survie longitudinales multiétats construites sur la base de ces données, on peut constater que le temps passé avec le père durant l’enfance est positivement associé au niveau de scolarité des deux parents. De même, la double résidence (ou garde partagée), bien qu’elle constitue une expérience marginale dans le parcours d’un enfant moyen, tient une place centrale dans l’exercice de la paternité quotidienne après une rupture. Enfin, malgré une grande fluidité dans la trajectoire des enfants, les arrangements établis juste après la séparation se révèlent être de bons prédicteurs de l'expérience parentale ultérieure.

Résumé
14 h 45
Période de questions
14 h 50
Les effets de la séparation du couple parental sur les conditions de vie des enfants : comparaison européennes
Didier Breton , Nicolas Cauchi-Duval (Université de Strasbourg)

A partir des premières vagues des enquêtes GGS, nous avons déjà étudié l’évolution dans les générations de la probabilité des enfants de connaître une rupture du couple parental (Breton Prioux, 2009 ; Breton Prioux 2012). Elle dépend du statut marital des parents et du fait d’avoir un demi-frère ou une demi-sœur à la naissance et ces effets diminuent à mesure que ces phénomènes se diffusent dans les sociétés. Nous proposons à présent d’étudier les conséquences de ces ruptures d’union sur les conditions de vie des enfants tant du point de vue économique, social que familial. Pour cela, nous élaborerons d’abord des indices synthétiques de conditions de vie, calculés avant et après la séparation. Nous analyserons ensuite les effets de différentes variables sur les changements des conditions de vie de l’enfant (l’âge de l’enfant au moment de la séparation, la taille de la fratrie, la situation de couple et les caractéristiques du couple parental). La démarche sera en cela similaire à celle adoptée pour mesurer les effets de l’agrandissement des familles sur le climat conjugal (Cauchi-Duval et Breton, 2013, 2016). Pour ce faire, nous utiliserons les bases harmonisées GGS des pays européens dont les deux vagues sont espacées de 3 années. Compte tenu du petit nombre de séparations de couples avec enfants dans certains pays, les données seront compilées et le pays sera considéré comme une variable exogène.

Résumé
15 h 10
Période de questions
15 h 15
Évolutions des carrières entre les générations et transmissions professionnelles au sein des familles : une comparaison France-Québec
Eva Lelièvre (Institut National d'Études Démographiques), Marianne Kempeneers (UdeM - Université de Montréal), Delphine Remillon (Institut national d'études démographiques (Ined)), Isabelle Van Pevenage (CREGÉS - Centre de recherche et d'expertise en gérontologie sociale)

Les processus de transmission professionnelle au sein des familles sont classiquement étudiés de père en fils. Néanmoins la participation croissante des femmes au monde salarié a transformé les modèles d’organisation familiale où dominent désormais les couples bi-actifs. Il convient donc d’analyser comment les carrières de tous les membres d’une famille s’articulent afin que la position dans la stratification sociale d’un individu ne soit plus resituée par rapport à celle d’un seul individu – le père. Les enquêtes Biographies et entourage (Ined, 2001) et Biographies et solidarités familiales au Québec (Université de Montréal, 2004) que nous exploitons permettent cette analyse. Elles explorent en effet les carrières professionnelles (mais aussi résidentielles et familiales) et les positions sociales de l’enquêté et de son entourage (père, mère, conjoint et belle famille, fratrie, enfants).  Nous proposons une comparaison de l’évolution des carrières et des mobilités inter-générationnelles au sein des familles entre la France et le Québec, aires géographiques qui ont connu des grandes évolutions socio-professionnelles assez comparables pour les générations 1930-1950 enquêtées (croissance de l’emploi féminin et du niveau d’éducation notamment) mais présentent aussi des différences quant au rôle de la formation initiale / continue dans les carrières ou la sécurité de l’emploi.

Résumé
15 h 35
Période de questions
15 h 40
Mot de clôture