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83e du Congrès de l'Acfas

Colloque 633 - L’innovation sociale en contexte d’austérité

Du mardi 26 mai à 09 h 00 au mercredi 27 mai à 15 h 15.
Responsable(s)
Juan-Luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal, Marco ALBERIO UQAR - Université du Québec à Rimouski
Description

La crise économique mondiale de 2008 reste gravée dans nos mémoires. Certains ont sans doute rêvé, par suite de cette débâcle financière, de voir le néolibéralisme s’effondrer ou, du moins, adopter des mécanismes pour limiter les dégâts sociaux associés à son fonctionnement. Depuis, on a plutôt observé que de nombreux gouvernements ont instauré des mesures d’austérité énergiques pour atteindre l’équilibre fiscal à tout prix, soit le leitmotiv des réformes d’inspiration néolibérales. Le Québec s’est aussi engagé dans cette voie. Dans ce cas, les coupures et restructurations mises en œuvre auront un effet certain sur des éléments importants du « modèle québécois », notamment la participation de la société civile à la prise de décisions, les instances de concertation, l’universalité des services publics, les mécanismes de redistribution de la richesse et la place de l’économie sociale.

Sans chercher à s’étendre sur les raisons et les mécanismes qui ont mené aux mesures énoncées, ce colloque s’intéressera à l’effet de l’actuelle vague de réformes sur la capacité des acteurs sociaux, économiques et gouvernementaux de raviver la flamme de l’innovation sociale qui a animé le démarrage de la Révolution tranquille et les profondes transformations qui eurent lieu dans les années 1980.

Les organisateurs invitent la communauté scientifique à soumettre des propositions de communication concernant la place et les objectifs de l’innovation sociale et ses effets possibles dans ce nouveau contexte, ainsi que, plus particulièrement, les questions suivantes :

– Quels sont les effets des politiques d’austérité sur la capacité des acteurs de la société civile à formuler et résoudre les problèmes sociaux? Quels rôles peuvent jouer l’économie sociale, le secteur public, le secteur communautaire et les acteurs territoriaux?

– Le contexte de l’austérité génère-t-il une nouvelle vague d’innovations sociales au Québec et ailleurs? Dans quelle mesure ces innovations sont-elles positives?

– Que peut-on apprendre des initiatives qui ont récemment eu lieu en Europe? En Amérique latine? Ailleurs dans le monde?

– Quelles sont les actions menées par les acteurs sociaux afin d’accroître leur capacité à assurer le bien commun et la qualité de vie des citoyens?

– Comment poursuivre le développement des territoires malgré la suppression ou la « réorganisation » d’organisations qui ont été au cœur du leadership local? Y a-t-il des formes de résilience qui peuvent se développer différemment selon les configurations socioéconomiques des territoires, entre milieux urbains et zones rurales, par exemple?

Mardi 26 Mai 2015

9 h 00 - 9 h 30
Mot de bienvenue
Communications orales
Présidence/animation : Juan-Luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal
Discutant : Marco ALBERIO UQAR - Université du Québec à Rimouski
Bâtiment – Local : UQAR – E304
9 h 30 - 10 h 30
Le modèle québécois : entre l’austérité et l’exigence de l’innovation
Communications orales
Présidence/animation : Juan-Luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : UQAR – E304
9 h 30_rem_
Benoit Lévesque UQAM - Université du Québec à Montréal

La voie de l’austérité et la vision cachée du gouvernement Couillard

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La politique de rigueur du gouvernement Couillard est manifestement une politique d’austérité avec les conséquences qui l’accompagnent. Toutefois, les analystes comme les observateurs les plus attentifs se demandent si ce gouvernement improvise ou s’il a une vision derrière ses décisions de coupures et de réformes. Même si l’improvisation et l’incompétence ont été au rendez-vous au cours de la dernière année, nous montrerons que Philippe Couillard et son trio économique partagent une vision relativement articulée. Mais cette dernière est cachée parce qu’elle soulèverait une résistance beaucoup plus forte que la proposition d’une politique dite de la rigueur. En effet, qui peut rejeter l’assainissement des finances publiques ? Dans un premier temps, nous expliciterons la vision cachée du gouvernement à partir des coupures et des réformes réalisées ou en cours. Cette vision s’attaque au cœur du modèle québécois, notamment sa gouvernance qui faisait une place à la concertation et la consultation. Cette vision met également de l’avant une marchandisation et une privatisation des biens et services publics et sociaux. Cette vision suscitera sans doute des innovations mais il s’agit dans bien des cas de destructions qui ne sont ni créatrices, ni innovantes (comme on a pu l’observer ailleurs dans le monde).



10 h 00_rem_
Léopold Beaulieu Fondaction CSN et CIRIEC-Canada

Un autre développement est possible, des innovations sociales en témoignent

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Un autre développement est possible. Il s’appuie sur deux ou même trois décennies d’innovation. Certaines de ces innovations ont atteint une maturité comme en témoignent les « outils collectifs d’intervention économique », mis sur pied à l’initiative de la CSN, notamment Fondaction, ses réalisations et ses partenaires. Enfin, en quoi permettent-ils aujourd’hui, avec d’autres, d’initier une nouvelle génération d’innovations sociales qui vont dans le sens d’un modèle de développement soutenable qui déborde notre mode de production et de consommation pour permettre un « mieux vivre » ou ce que plusieurs appellent le « bien vivre ».



10 h 30_rem_
Pause
10 h 45 - 12 h 15
Enjeux et défis pour l’appareil d’État et les structures de développement
Communications orales
Présidence/animation : Annie Camus École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Bâtiment – Local : UQAR – E304
10 h 45_rem_
Luc Bernier École nationale d'administration publique, Taïeb Hafsi HEC Montréal, Carl Deschamps Université Libre de Bruxelles

Austérité et innovation dans le secteur public au Canada : l’étude du Prix de l’innovation de l’IAPC

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Il semble que dans le secteur public, la relation entre les difficultés budgétaires ou l’austérité et l’innovation ne soit pas linéaire mais a plutôt la forme d’un « V » inversé. Dans une situation trop difficile, l’innovation cesse comme elle existe peu en période de surplus budgétaires. L’innovation dépend de la situation budgétaire mais aussi de considérations politiques, sociales, démographiques, de positionnement dans l’appareil d’État et d’entreprenariat public qu’il faut intégrer pour avoir un portrait juste de la relation. L’innovation dans le secteur public, comme l’a écrit Borins (2014) est forcément sociale, la dimension technologique s’étant estompée à partir du tournant du siècle. Cette proposition de communication est basée sur une banque de données sur l’innovation dans le secteur public pour présenter comment austérité et innovation sont liées. Nous utilisons les données sur les 1988 applications de 1990 à 2012 au prix de la gestion innovatrice de l’Institut d’Administration Publique du Canada pour proposer une étude statistique pour essayer de comprendre ce qui explique l’innovation dans le secteur public. Ce prix est dans le secteur public canadien la reconnaissance ultime de projets innovants, généralement assez micros. Il permet aussi de publiciser l’innovation dans le secteur public où elle n’est pas facile. Ces données sur deux décennies permettent d’étudier comment l’austérité a pu jouer et comment sur l’innovation dans le secteur public.



11 h 05_rem_
Jean-François Simard UQO - Université du Québec en Outaouais

Le discours sur l’austérité : inflation verbale, restrictions mentales et dérapages idéologiques?

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Rarement le CRISES aura-t-il élaboré une problématique aussi campée sur le plan idéologique qu’il ne l’a fait dans le cadre du présent colloque. On y développe un argumentaire militant qui postule pour le Québec des analyses essentiellement venues d’ailleurs. Pour intéressante et pédagogique qu’elle soit, on est en droit, comme scientifique du social, de s’interroger sur la pertinence d’appliquer mutatis mutandis cette théorisation à la réalité québécoise.

Les chiffres ont la tête dure. Dans un premier temps, en reposant notre discours sur l’évolution de certains paramètres du budget national du Québec, nous tenterons de voir dans quelle mesure le discours sur l’austérité ne pourrait-il pas relever del’inflation verbale. Dans un deuxième temps, à partir d’un corpus de recherche mené sur les CLD, nous tenterons de voir en quoi cette manière de faire le développement local était arrivée au bout de sa logique et qu’elle se devait d’être repensée. Le discours sur l’austérité a le dos bien large. Ne prendrait-il pas ici le visage dela restriction mentale ?

Enfin, nous nous intéresserons aux risques dedérapages idéologiquesqui découlent de la tentation d’associer l’innovation à la gauche sociale et à elle seule. Un changement qui n’est pas de gauche serait-il par définition épistémiquement régressif ? Ne serions-nous pas alors devant une réduction de l’analyse scientifique du social ?



11 h 25_rem_
Marie-José Fortin UQAR - Université du Québec à Rimouski

Un paysage en recomposition : au-delà des structures, quelle pérennité pour les institutions en développement territorial?

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Depuis 40 ans, le Québec mise sur une architecture institutionnelle visant à articuler les rapports entre l’État central et les territoires par l’intermédiaire des paliers régional et mercéen. Les coupes actuelles du gouvernement Couillard marquent une rupture. Au nom de la «gouvernance de proximité», l’échelon régional est remis en cause.

Du point de vue scientifique, cette période offre un contexte d’observation particulier pour tester quelques énoncés théoriques qui justifient les fondements de l’action publique menée en développement régional. En particulier, les milieux innovateurs, régions apprenantes et économie de proximités qui expliquent les «régions qui gagnent» par les capacités de coordination de divers acteurs individuels et collectifs. Selon cette perspective, les capacités institutionnelles pourraient survivre à un changement organisationnel. Mais jusqu’à quel point, une mobilisation peut-elle être pérenne sans ressources organisationnelles ? Pour réfléchir à cette question, nous prendrons pour exemples les dynamiques étudiées en Gaspésie dans le secteur de l’éolien, où la CRÉ-GÎM s’était imposée comme un acteur capable de négocier avec de grands promoteurs, ainsi que la récente mobilisation citoyenne autour du mouvement «Touche pas à ma région», coordonné sur plusieurs régions. Ces deux cas contrastés permettront aussi de réfléchir aux conditions particulières posées aux régions «ressources», rarement vues comme gagnantes.



12 h 15_rem_
Dîner
13 h 30 - 15 h 00
Modèles innovants d’intervention territoriale
Communications orales
Présidence/animation : Juan-Luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : UQAR – E304
13 h 30_rem_
Bernard PECQUEUR Université de Grenoble

Crise des politiques publiques locales et innovations sociales

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¨ Cette communication analysera les effets de la crise des politiques publiques de développement territorial en Europe et en France ainsi que les réactions à cette crise de la part des collectivités locales et les organismes de développement économique. L’auteur se penchera sur la capacité des territoires de faire émerger une réponse structurante basée sur leur spécificité. Il se penchera sur diverses expérimentations en cours et sur le rôle des acteurs qui y prennent part. Il analysera en particulier le potentiel de l’approche des Living Labs à proposer des réponses à la crise des politiques publiques. 

13 h 50_rem_
Juliette Rochman Centre de Recherche sur les innovations sociales, Jun XIAO Cégep de Victoriaville, Juan-luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal, Jean-Marc Fontan UQAM - Université du Québec à Montréal, Mélanie Doyon UQAM - Université du Québec à Montréal, Fortin Jany Centre de Recherche sur les innovations sociales

La gouvernance partagée en mode Living Lab : constats et réflexions d’une démarche innovante pour le développement territorial

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À partir du début des années 2000, les Living Labs (LL) ont été mobilisés à titre de dispositif novateur censé aider les acteurs dans la recherche de consensus et l’élaboration des actions, ainsi qu’à des innovations de diverses natures. Dix ans plus tard, il appert, en contexte de développement territorial, que leur mode particulier de gouvernance et de fonctionnement peuvent à tout moment faire émerger des pistes de solutions insoupçonnées.

Toutefois, si les LL peuvent guider la structuration d’une gouvernance partenariale, ils sont exigeants car ils sous-tendent un processus de dialogue, de mutualisation (besoins et savoirs) et un souci de transparence qui n’est pas toujours adopté par toutes les parties prenantes. En conséquent, ces derniers ne réussissent pas nécessairement à développer une identité partagée autour d’un besoin commun, ce qui peut résulter en l’abandon de la démarche.

À partir d’une expérimentation in vivo de LL, menée sur deux territoires dans le cadre d’un partenariat universités-collèges CRISES-CISA, nous présenterons nos réflexions sur les facteurs qui, au sein de cette démarche d’innovation territoriale, entravent ou facilitent l’émergence d’une gouvernance partenariale et d’un leadership partagé. Enfin, nous questionnerons ce que le relatif essor des LL enseigne sur le besoin de renouveau de la gouvernance territoriale.



14 h 10_rem_
Jun XIAO Cégep de Victoriaville, Juliette Rochman Centre de Recherche sur les innovations sociales, Jany FORTIN UQAM - Université du Québec à Montréal, Chakda Yorn Cégep de Victoriaville - Centre d'innovation sociale en agriculture

Recherche-action participative en innovation sociale : l’accompagnement de l’action locale

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Cette communication interactive a comme objet de présenter les principes, outils et mécanismes de la recherche-action participative (RAP) tel qu’ils favorisent l’accompagnement de l’action locale. Relevant des expériences de Centres collégiaux en transfert technologique dans le domaine des pratiques sociales novatrices (CCTT-PSN) et enrichie par des échanges et expérimentations avec le CRISES (Centre de recherche sur les innovations sociales), les cas présentés permettront à l’audience de saisir les motivations, contextes et éléments facilitateurs de ce mode d’intervention fondé sur les principes de socioconstructivisme. À cet égard, la RAP inclut notamment les parties prenantes au-delà d’étape de collecte de données, privilégiant l’apport des acteurs locaux lors des phases de planification, d’analyse et d’évaluation de projets de recherche.

En ce sens, cette communication vise à illustrer comment les notions de RAP s’articulent en contexte d’accompagnement à l’implantation de projets en innovation sociale, puis d’édifier un espace de cocréation avec d’autres praticiens issus de divers domaines afin d’approfondir les notions fondamentales de ce modèle d’intervention territoriale.  



14 h 30_rem_
Danielle LAFONTAINE UQAR - Université du Québec à Rimouski

Vers des cités et territoires voulus plus « intelligents » : la construction de nouveaux sentiers?

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Notre présentation concerne le Living Lab, appelé au Québec Laboratoire vivant, une « idée » récente, permettant à plusieurs centaines de démarches variées pouvant maintenant d’être observées sur tous les continents. D’abord, ses origines états-uniennes et européennes sont dégagées, soulignant l’importance, dès le départ, de questions relatives à l’espace (space) et aux lieux (places) dans un contexte marqué par un développement sans précédent des technologies numériques. Ensuite, l’attention est portée à cette « approche » émergente couplée à une méthodologie que des expérimentations en « milieu réel » s’efforcent de construire. Tout en dégageant certains traits de son originalité, le Living lab est comparé à d’autres dispositifs de soutien à l’innovation et au développement régional et rural mis en œuvre au Québec (créneaux régionaux de spécialités et pactes ruraux). Difficiles à concrétiser, les démarches de LL/LV et de Cités et territoires voulus plus « intelligents » prennent part àlaconstitution de formes d’organisations sociétales et spatiales nouvelles, quoique au devenir incertain.



15 h 00_rem_
Pause
13 h 30 - 15 h 00
Face à l’austérité, l’entrepreneuriat créatif
Communications orales
Présidence/animation : José Carlos Suárez-Herrera KEDGE Business School
Bâtiment – Local : UQAR – K355
13 h 30_rem_
Dominique Le-roux Electricité de France, François Bafoil Centre national de la recherche scientifique, Ferenc Fodor EDF - Recherche & Développement, Rachel Guyet , Amélie Bonnet

Accès à l’énergie en Europe : émergence d’actions innovantes pour lutter contre la précarité énergétique

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Dans une Europe aux budgets contraints par la crise et aux solidarités défaillantes, le phénomène de précarité énergétique, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie mais aussi des conséquences indirectes de la libéralisation du secteur de l’énergie, ne cesse d’augmenter, touchant de nouvelles couches sociales « invisibles » car non repérables par les services sociaux.

Une enquête réalisée dans 5 pays européens de l’Ouest (Grande Bretagne, France, Allemagne) et de l’Est (Pologne, Hongrie), a permis de comparer les politiques qui ont été développées pour lutter contre ce phénomène à la fois mal défini et mal ciblé. L’action en matière de lutte contre la précarité énergétique ne peut être que collective pour plusieurs raisons, le caractère multiforme du phénomène, la nécessité d’agir conjointement sur plusieurs domaines (logement, aide sociale, tarification, efficacité énergétique) et la complexité du paysage sans cesse en évolution des acteurs. Au delà des politiques publiques mises en œuvre dans les cinq pays, on voit émerger des initiatives collectives de la part d’acteurs différents (associations, fournisseurs d’énergie, pouvoirs publics) qui font évoluer les modèles existants d’aide aux démunis.

Nous proposons de présenter, dans cette communication, une analyse comparative des formes d’innovation en matière de lutte contre la précarité énergétique dans les cinq pays concernés.



13 h 50_rem_
Mebometa Ndongo Université Carleton

Causes, manifestations et conséquences des programmes d’ajustement structurel en Afrique : une responsabilité partagée au Sénégal?

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Au début des années 1980 en Afrique et ailleurs au Sud, les Programmes d’ajustement structurel  déclinent un contexte d’austérité. Leur prescription et formulation externes par le Fonds monétaire international et la Banque Mondiale, leur réception par les pays ciblés, et leur opérationnalisation conjuguée singularisent cette forme d’austérité. L’intervention urbaine au Sénégal documente cette singularité avec l’ajustement sectoriel et l’ajustement municipal comme cadres stratégique et subséquent. Si plusieurs écrits examinent amplement la genèse, le processus et l’effet, ils n’insistent presque pas sur la responsabilité partagée, encore moins sur la contribution des destinataires. Cette communication identifie le rôle de chaque partie, l’une agissant au niveau macro en mode top down sous la référence néolibérale et l’autre au niveau local, en mode réactif, mais usant d’une ingéniosité à l’origine des concepts qui caractérisent l’innovation sociale aujourd’hui, soit: l’économie populaire et solidaire, alors que plus de 80% de la socio-économie urbaine et rurale découle de trois logiques. Il s’agit d’analyser à la fois le cadre global et local pour situer la plate-forme glocale permettant de bien comprendre la dynamique des causes, manifestations et conséquences. Dès lors, injonction et subordination construisent une coresponsabilité indispensable aux systèmes d’action inclusifs en amont et en aval du développement urbain.



14 h 10_rem_
Davide LAGO UQAM - Université du Québec à Montréal

Quand le capitalisme financier s’impose grâce à l’austérité : la démutualisation forcée des banques populaires majeures en Italie et ses enjeux économiques et démocratiques

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Au nom de la crise et de la nécessité de relancer l’économie, les effets pervers du prolongement excessif de politiques d’austérité en termes d’appauvrissement de groupes sociaux et de destruction du lien social se révèlent évidents. La crise financière de 2008 trouve ses racines dans la dérégulation bancaire aux États-Unis des années 90. Cette réforme a progressivement fait brèche en Europe et a engendré une typologie de banques qui s’est progressivement détachée de l’économie réelle. La crise a entrainé en revanche une aide colossale au réseau bancaire de la part de certains pays, ce qui a obligé à reformuler les budgets publics, en Europe comme au Canada. Le récit de la crise s’est ensuite développé, complexifié et semble viser à une redistribution ultérieure de la richesse, de façon inégale.

La contribution analysera en particulier le cas de la démutualisation forcée des banques populaires en Italie : un décret-loi du gouvernement vient d’imposer à la plupart d’entre elles de se transformer en sociétés des capitaux dans les prochains mois, sous peine d’une réduction forcée de taille et autres sanctions de la part de la Banque centrale. Quels sont les enjeux démocratiques de cette transformation ? Quelles alternatives disposent les banques populaires qui décideront de ne pas obtempérer ? Y a-t-il des stratégies possibles en termes de revitalisation du sociétariat de ces banques ? Quels sont les outils qui peuvent permettre de garder l’esprit coopératif, outre que la forme ?

14 h 30_rem_
Annie Camus École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM , Ariane Martin UQAM - Université du Québec à Montréal

Le travail créatif : de l’entrepreneur à la collectivité 

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L’entrepreneur, qu’il soit social, collectif ou « classique » (au sens du modèle dominant), est appelé à faire preuve de créativité : imaginer, construire, recomposer. Nos travaux s’intéressent ainsi à ce qu’on désignera être le « travail créatif » de l’entrepreneur, un travail susceptible de jouer un rôle encore plus important en contexte d’austérité.

Plus précisément, nous souhaitons comprendre la place et le rôle du « lieu » dans ce travail créatif à une échelle collective. Les entrepreneurs et leurs « start-ups » prennent souvent forme au sein de collectivités entrepreneuriales plus ou moins planifiées : incubateurs, quartiers de l’innovation, espaces de travail collaboratifs, etc. Or, au-delà des avantages fonctionnels que procurent ces lieux, leur succès ou leur intérêt ne pourrait-il aussi venir de leur mobilisation dans le travail créatif des entrepreneurs ?

Notre recherche vise donc à saisir de quelle façon le rapport au « lieu » collectif s’inscrit dans les activités, les pratiques de travail créatif des entrepreneurs ? Une étude en profondeur d’un de ces espaces à Montréal – le Champ des possibles – basée sur des entretiens avec une dizaine d’entrepreneurs de différents secteurs d’activités ainsi que sur de l’observation participante, devrait nous permettre de dégager de premières pistes afin de mieux comprendre le travail créatif « lieuitaire » des entrepreneurs.



15 h 00_rem_
Pause
15 h 15 - 16 h 45
Expérimentations et politiques de développement territorial
Communications orales
Présidence/animation : Bernard PECQUEUR Université de Grenoble
Bâtiment – Local : UQAR – E304
15 h 15_rem_
Juan-Luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal

L’expérience de Saint-Camille : la construction d’un système local d’innovation socioterritoriale

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Cette communication présentera une modélisation de l'expérience de développement territorial de la communauté de Saint-Camille, en Estrie, laquelle s’inscrit dans une perspective de renouvellement de l’habiter rural au Québec. Une recherche basée sur le croisement des savoirs menée par une équipe du CRISES conjointement avec les acteurs de Saint-Camille a conduit à synthétiser le processus qui a permis aux acteurs de découvrir et de développer de nouvelles capacités individuelles et collectives ainsi que de nouvelles façons de se concevoir et de concevoir leur communauté. Cette schématisation dégage quatre facteurs fondamentaux : 1) la densité organisationnelle 2) l’ouverture à l’externe et le réseautage 3) la valorisation de la temporalité et de la mémoire locale, ainsi que 4) la réflexivité et la créativité. Ces quatre dimensions s’articulent autour d’un noyau central constitué d’un leadership créatif qui met en place des projets qui s’arriment aux politiques publiques, d’une part, et assurent une régulation locale des interactions entre le politique, le social et le privé, d’autre part. La recherche a été réalisée par une équipe formée par J Caillouette, M Doyon, JM Fontan, JL Klein, I Mahy, DG Tremblay et PA Tremblay. Ils ont compté sur le soutien de D Bussières et de V. van Schendel, C Dufresne, J Nadeau et S Laroche.



15 h 35_rem_
Grégoire FEYT Laboratoire PACTE-Grenoble, Maud HIRCZAK UAM-Université Aix-Marseille , Yoann MORIN Laboratoire PACTE, Elise TURQUIN Université de Grenoble

L’université, acteur de l’innovation publique « dans et avec tous ses territoires » : l’exemple rhônalpin

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La France a connu et connaît encore deux types d’évolution dont on aurait a priori dû penser qu’elles seraient exclusives l’une de l’autre :

- avec la décentralisation, un effacement progressif de l’action de l’Etat, se traduisant par un transfert de compétences aux différents niveaux de collectivité, notamment au profit des régions et des intercommunalités

-  plus récemment, une baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, dont on peut craindre qu’elle ne soit pas strictement conjoncturelle.

On s’attachera ici à une conséquence particulière de ce processus, à savoir la capacité des territoires à disposer des ressources humaines et intellectuelles nécessaire à l’évolution de l’action publique ou collective. Or, tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne : alors que les autorités métropolitaines, du fait de leurs moyens, notoriété et environnement, n’ont aucune peine à attirer les talents et les idées, les collectivités « éloignées » (géographiquement et/ou sociologiquement) ne bénéficient pas de la même capacité d’attractivité. Ces territoires ont pourtant un besoin au moins aussi important d’innovation et ne peuvent plus compter –comme jadis– sur l’expertise des services de l’Etat.

A travers la présentation de deux dispositifs mis en place dans la Région Rhône-Alpes, on montrera et discutera la manière dont l’université peut et doit contribuer à pallier ce « handicap cognitif » en coproduisant des formes de coopération inédites avec tous ses territoires.



15 h 55_rem_
Mélanie Doyon UQAM - Université du Québec à Montréal, Fabien Loyer UQAM - Université du Québec à Montréal

La reterritorialisation de la question agricole et dynamique actorielle : les plans de développement de la zone agricole (PDZA)

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Au cours des dernières décennies, le territoire québécois a fait l’objet d’une décentralisation des responsabilités et des compétences en matière d’aménagement et de développement. Ce n’est toutefois que très récemment que le secteur agricole s’est inscrit dans cette mouvance. Adopté en 2012 par le MAPAQ, le plan de développement de la zone agricole (PDZA), un nouveau dispositif de planification territoriale « facultatif », vise la mise en valeur de la zone agricole en favorisant le développement durable des activités agricoles. Ils réforment de manière importante la gouvernance des territoires agricoles en octroyant de nouvelles responsabilités aux administrations supramunicipales et en réaffirmant l’importance d’une participation élargie des acteurs locaux. En novembre 2013, 36 MRC avaient entrepris l’élaboration de leur PDZA. On assiste donc à une territorialisation de la question agricole par l’identification d’enjeux spécifiques et la formulation de solutions inédites. La présentation vise à discuter la dynamique actorielle mise en place à travers les PDZA. Bien qu’étant sous la responsabilité des MRC, plusieurs organismes locaux ont été au cœur du leadership local associé à l’élaboration de ces plans. Or, les récentes réformes risquent de mettre à mal les capacités des territoires en raison des restructurations ayant provoqué la disparition d’organismes ayant œuvré à l’élaboration de ces plans, et donc de savoirs et compétences coconstruites en cours de processus.



16 h 15_rem_
Romain LAJARGE Université de Grenoble

Austérité publique et abondance territoriale : comment les acteurs, partout, inventent, bricolent et innovent-ils?

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L’objectif est de mettre en regard deux constats : l’austérité publique fabriquée par les Etats des pays occidentaux impose de profonds changements à l’architecture territoriale et aux dispositifs existants de soutien aux territoires ; et l’appétence des sociétés pour les territoires produit un sentiment d’abondance des formes territoriales disponibles et des territorialités actives.

Le fait est que les problèmes que les gens cherchent à résoudre sont d’autant plus fondamentaux que la crise économique, sociale, culturelle et politique est profonde. Nous résumerons les ingrédients de cette recherche de solutions aux problèmes sociaux comme étant une quête d’habitable, de vivable et de désirable. Et nous chercherons à montrer que les territoires sont une des conditions de possibilité pour ces solutions adaptées et particulières.

Comment maintenir des contextes favorables à inventer ces nouvelles solutions, parvenir à bricoler des solutions inventives, comment faire advenir des innovations sociales territoriales ?

Il sera d’abord fait état de propositions 1. pour définir ce que serait une innovation sociale territoriale en temps d’austérité et décrire des dispositifs existants d’austérité publique 2. dans leurs modalités d’application territoriale. Nous présenterons des exemples d’innovation sociale territoriale qui participent du contournement et du dépassement des contraintes imposées par l’austérité publique en démontrant ainsi la vitalité des processus de développement territorial.

15 h 15 - 16 h 25
Services et participation : une approche citoyenne, intersectorielle et locale
Communications orales
Présidence/animation : Davide LAGO UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : UQAR – K355
15 h 15_rem_
José Carlos Suárez-Herrera KEDGE Business School, Bernard Paranque KEDGE Business School

L’économie sociale et solidaire comme stratégie de participation citoyenne en soins de santé primaires : un levier d’innovation sociale dans un contexte global de crise économique

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Nous constatons que les dernières réformes du secteur sociosanitaire ne reflètent pas la convergence attendue entre les principes des Soins de santé primaires (SSP), la participation citoyenne qui est au cœur de ces principes et les objectifs standards de performance des systèmes de santé (OMS, 2008 ; UNICEF-OMS, 1978). Il apparaît pourtant que les SSP correspondent à des ressources à mobiliser pour servir un objectif commun et que, à ce titre, ils peuvent être analysés et gérés comme une pool de ressources communes (Ostrom, 2010). Cela implique de mettre le citoyen au cœur du processus d’action collective aboutissant à l’institution de soins entendu comme ressource (Mayer et Caldier, 2007).

L’objet de cette communication est de contribuer à cette réflexion en proposant les principes démocratiques de l’économie sociale et solidaire comme levier innovateur des SSP dans un contexte global de crise économique. Ces principes regroupent en réseau les acteurs de l’administration publique, l’entrepreneuriat social et les représentants citoyens de la société civile afin de concilier l’activité économique au niveau territorial avec la responsabilité sociale. De par leur nature participative et intersectorielle, ces réseaux renforcent la coproduction de stratégies novatrices amenant à la transformation des connaissances individuelles en innovation sociale, ce qui permet la revitalisation du développement socioéconomique et, grâce à cela, l’accès universel aux Soins de santé primaires.



15 h 35_rem_
Roxane Meilleur Université de Sherbrooke, P. Morin , J. Leblanc , M. Clément , X. Leloup , S. Carrier , P. Gromaire , D. Girard

Évaluation réaliste des mécanismes intersectoriels favorisant le développement des personnes et des communautés vivant en logement social

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Pour survivre dans un contexte d’austérité où l’efficacité et la performance sont valorisées, les organisations publiques et communautaires doivent faire preuve de créativité afin de mettre en commun leurs ressources et documenter les effets de leurs interventions sur les capacités des personnes vivant en situation de pauvreté. Cette recherche s’est particulièrement intéressée aux partenariats intersectoriels en habitation et en santé et services sociaux. Elle s’inspire de l’évaluation réaliste  de Pawson et Tilley (1997) afin de documenter les mécanismes, contextes et effets pour comprendre les dynamiques d’interactions susceptibles de produire les effets recherchés ou non sur la qualité de vie des personnes. Les cinq sites étudiés représentent quatre catégories de logement social : logements financés par le programme de supplément au loyer, habitations à loyer modique, organismes à but non lucratif et coopératives d’habitation. Les données ont été recueillies par le biais d’observation sur le terrain, de documents et d’entrevues semi-structurées auprès de gestionnaires, d’intervenants et d’usagers. L’analyse thématique a permis l’élaboration d’un continuum d’intervention intersectorielle, lequel emmène à déconstruire la conception de l’intersectorialité. La présente communication exposera les mécanismes de gestion et d’intervention intersectoriels et leur disposition sur ce continuum, en relation avec leurs effets sur le développement des personnes et des communautés.

15 h 55_rem_
Markéta SEIDLOVÁ Université Charles de Prague

Le nouveau rôle des autorités locales en accueil des populations immigrées : quelles leçons pour le Québec et la France?

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Le processus d’intégration des immigrés dans la société d’accueil a toujours une forte dimension locale et les attitudes et les pratiques quotidiennes des conseils municipaux influencent ce processus et ses résultats. Cette étude interroge les pratiques en milieux métropolitains et ruraux : à Paris, à Montréal et en Basse-Normandie.

Les résultats montrent que les mairies des villes françaises appliquent grand nombre d’outils qui correspondent au modèle multiculturel, faisant ainsi opposition à la politique nationale d’immigration d’alors. Ces mesures sont fortement influencées par la taille de la population immigrée locale, la durée de sa présence sur place, ainsi que par le niveau d’implication politique des dirigeants de la ville dans ce domaine. On note également un lien entre l’attitude entreprenante des villes envers les immigrés et la présence et l’activité des associations de migrants.

À Montréal, en revanche, l’approche des dirigeants de la ville est plus pragmatique bien qu’un grand nombre de déclarations de principes philosophiques existe. La province du Québec est elle-même un acteur important en matière d’intégration, et les actions locales sont donc beaucoup plus en accord avec la politique d’immigration. Malgré le fait que les outils utilisés par les municipalités dans les milieux et contextes différents se ressemblent, la communication présente des exemples français ou québécois de mesures concrètes et en propose d’autres en guise de recommandation.



Mercredi 27 Mai 2015

9 h 00 - 9 h 40
Entre redistribution et réciprocité : les choix du développement social
Communications orales
Présidence/animation : Marco ALBERIO UQAR - Université du Québec à Rimouski
Bâtiment – Local : UQAR – E304
9 h 00_rem_
Denis Bourque UQO - Université du Québec en Outaouais, René Lachapelle Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire - Université du Québec en Outaouais

Des leviers de pérennisation de la capacité locale d’innovation dans le contexte actuel de déstructuration de l’État québécois

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L’austérité et les modifications à l’appareil institutionnel soulèvent de l’inquiétude quant à l’avenir du modèle québécois d’innovation sociale. L’accès aux ressources publiques sera affecté par l’affaiblissement de la présence locale des établissements. Quelles avenues pourraient permettre d’aider les systèmes locaux d’action (SLA) à se reconfigurer de façon à pérenniser leur capacité d’innovation pour le changement social ? Trois leviers peuvent être mis à contribution.

1- Le transfert de pouvoir aux MRCpeut être une occasion de territorialiser les choix politiques en les rapprochant des enjeux des collectivités locales. La multiplication des approches peut devenir un facteur de créativité et d’innovation si les élus sont adéquatement soutenus pour développer un leadership sur des bases de concertation.

2. Les agents de développement territorialont un rôle important à jouer pour assurer la fonction de liaison entre les élus locaux et les divers acteurs locaux. Ces agents ont besoin d’une autonomie professionnelle et d’une marge de manœuvre qui leur permettent de soutenir efficacement les processus des SLA.

3. Le Québec compte maintenant une large couche de retraitésqui ont du temps et qui ont accumulé d’importantes expériences. Le milieu communautaire et les organismes de développement peuvent et doivent interpeller cette nouvelle génération d’aînés pour qu’ils s’engagent dans des initiatives d’action communautaire et de développement local.



9 h 20_rem_
Sharam Alijani NEOMA Business School

Agir et innover en temps de crise : l’innovation sociale à l’épreuve des réformes et de l’austérité

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Cette communication a pour objet d’investiguer les formes d’agir des acteurs sociaux face aux contraintes imposées par l’austérité, la rareté des ressources et la nécessité de préserver le bien commun dans la mise en œuvre des processus d’innovation sociale. Notre recherche met en lumière les dimensions multiples de l’innovation sociale en étudiant leur typologie et plus particulièrement l’échelle, le domaine, le modèle économique et les étapes de développement qui caractérisent l’innovation sociale. Confronté à l’austérité, la capacité d’innovation sociale dépend de l’essaimage et la diffusion des idées ainsi que des contextes institutionnels dans lesquels l’innovation sociale se déroule. En nous appuyant sur la théorie de l’acteur réseau (Latour, 1979, Callon, 1986 ; and Akrich et al. 2002) nous mettons en avant l’importance des choix individuels et collectifs quant aux discours et politiques qui visent à accroître le bien-être, l’équité et la justice sociale. Nous tenterons ainsi de restituer le débat sur les capacités individuelles, organisationnelles et territoriales à produire et soutenir l’innovation sociale en prenant en considération la multiplicité des relations qui conditionnent la dynamique de l’innovation sociale et des contingences (économique, environnementale et sociospatiale, …) auxquelles tout processus incrémental et disruptif d’innovation social est assujetti.



9 h 40_rem_
Pause
10 h 45 - 12 h 15
Le travail et l’emploi dans le contexte d’austérité
Communications orales
Présidence/animation : Vincent Van schendel UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : UQAR – E304
10 h 45_rem_
Diane-Gabrielle Tremblay TÉLUQ - Université du Québec

Quelles innovations en milieu de travail pour les travailleuses et travailleurs proches aidants?

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Dans cette communication, nous présentons les résultats d’une recherche menée à l’échelle canadienne, et exposons les résultats comparatifs Québec-Canada sur les mesures offertes aux travailleurs proches aidants. La recherche repose sur une recherche en ligne auprès de gestionnaires de ressources humaines, suivi d’entrevues auprès de gestionnaires (10 au Québec – 20 autres au Canada). Nous montrons que plus la moitié des employeurs ont connaissance de ce genre de situation, quoique moins au Québec qu’au Canada, mais que la moitié n’a pas de stratégie innovatrice à l’endroit des travailleurs proches aidants. Ils affirment offrir diverses mesures temporelles, selon l’enquête en ligne menée, mais les entretiens menées auprès de 10 organisations au Québec montrent qu’ils sont tout de même peu innovateurs et sont souvent pris au dépourvu. Les soins aux adultes sont moins prioritaires que les soins aux enfants ou la conciliation travail-famille en général. On offre parfois des aménagements d’horaires, mais il semble plus difficile d’offrir des congés. On offre davantage d’information et de séminaires que de véritable soutien sur le plan de l’organisation du travail et nombre de proches aidantes doivent effectivement réduire leurs heures ou alors quitter leur emploi.



11 h 05_rem_
Arnaud SCAILLEREZ TÉLUQ - Université du Québec, Diane-Gabrielle Tremblay TÉLUQ - Université du Québec

Le développement du numérique et du télétravail, comme nouveau mode de relance de l'emploi dans les zones rurales québécoises et françaises sur le déclin

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En raison de la crise économique de 2008 et des politiques d’austérité budgétaire qui en découlent, les territoires québécois et français sont confrontés à de multiples changements aussi bien économiques, démographiques que sociaux. Ce contexte entraine une disparité territoriale avec, d’un côté, des zones qui parviennent à se développer économiquement, et d’autres qui se retrouvent exclues de ce dynamisme et qui voient même leur population diminuer un peu plus chaque année.

Pour lutter contre ce déclin, les leaders locaux (acteurs politiques, économiques et sociaux) cherchent de nouveaux dispositifs destinés à maintenir l’emploi voire à le développer davantage. Parmi les solutions, le télétravail occupe une place essentielle. Le travail à distance semble pouvoir répondre à ces nouvelles exigences et revêt alors le caractère d’une innovation sociale en permettant la relance de l’emploi et de l’attractivité de certaines zones rurales jusqu’alors en perte de vitesse économique et démographique.

Notre recherche a pour objet de dresser un état des lieux complet des résultats obtenus par le télétravail, en matière de relance de l’emploi et de l’activité économique, dans 6 zones rurales du Québec (Abitibi-Témiscamingue, Cap-aux meules, MRC des Appalaches, MRC d’Argenteuil, MRC de Papineau dans la Région de l’Outaouais, MRC des Sources) et 6 autres en France (Alsace, Aquitaine, Bretagne, Cantal, Gers, Orne), toutes réputées pour leurs avancées significatives en ce domaine.



11 h 25_rem_
Marco ALBERIO UQAR - Université du Québec à Rimouski

Initiatives locales et défis des acteurs du milieu face aux coupures : le cas des services à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et du soutien aux travailleurs proches aidants 

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Cette proposition veut considérer l'impact des réformes et de la "rationalisation" des dépenses envisagées par le gouvernement du Québec dans le secteur du développement local.

En particulier, nous nous concentrerons sur l'effet que ces transformations peuvent avoir sur les pratiques quotidiennes des acteurs locaux qui doivent, dans un cadre d'instabilité des ressources, continuer leur action au soutien des populations locales et surtout de celles plus vulnérables. Nous voulons mobiliser des entretiens conduits dans le cadre de deux recherches différentes -une portant sur les trajectoires des jeunes dans la région rurale de La Mitis et une autre sur les besoins des travailleurs proches aidants au Bas-Saint Laurent- avec les gestionnaires et les intervenants de plusieurs institutions locales et organismes communautaires. Dans ces entretiens, nous nous sommes concentrés sur l'impact négatif que ces coupures ont ou peuvent avoir sur la capacité de mobilisation des acteurs mais aussi sur la possibilité de réorganiser leur rôle, mission et mobilisation.

Dans ce cadre, les acteurs locaux pourraient développer un certain degré de résilience donnant lieu à des formes d'innovation sociale.

Enfin nous nous questionnerons pour comprendre si ces réformes et coupures ne risquent pas d'augmenter les difficultés des régions les plus éloignées pouvant les mettre encore plus à risque de dévitalisation et creuser les disparités entre régions métropolitaines, non métropolitaines et rurales.

11 h 45_rem_
Nadia Lazzari UQAR - Université du Québec à Rimouski, Jean-Pierre Perouma UQAR - Université du Québec à Rimouski

Besoins et motivations des immigrants à l’égard de l’emploi et de la carrière dans la région du Bas-Saint-Laurent : de nouvelles ancres de carrière chez les travailleurs immigrants?

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Dans la région du Bas–Saint-Laurent (BSL) les organisations souffrent de plus en plus de rareté de main d’œuvre qualifiée. Le vieillissement de la main d’œuvre conjugué à l’exode des jeunes vers les grands centres ainsi que le nombre restreint d’immigrants s’installant dans le BSL, semblent relever des phénomènes expliquant cette situation. Depuis peu, la presse voit fleurir des articles où il serait question de revoir le modèle québécois d’immigration en mettant l’accent sur l’adéquation entre le recrutement de main d’œuvre immigrante et les besoins des organisations surtout en région (La Presse, 2015; Le Devoir, 2015). C’est pourquoi, il semble intéressant de connaitre et de comprendre les attentes et les motivations de cette main d’œuvre à l’égard de l’emploi, de la carrière mais aussi au choix de s’installer dans le BSL.

D’un point de vue théorique, nous mobilisons le modèle des ancres de carrières de Schein (1978) qui stipule que tout au long de leur vie les individus développent le concept de leur propre carrière.

Centrée sur une vingtaine d’entrevues semi-dirigées, cette recherche qualitative devrait permettre la confrontation du modèle des ancres de carrière avec les perceptions des immigrants, et laisser émerger de nouvelles ancres en lien avec leurs motivations et leurs attentes à l’égard de l’emploi et de la carrière. Nos résultats pourraient également avoir un effet sur l’attraction et la rétention en emploi de cette main d’œuvre dans le BSL.



12 h 15_rem_
Dîner
10 h 45 - 12 h 15
L’enjeu de la lutte à la pauvreté et à l’exclusion
Communications orales
Présidence/animation : Jean-Marc Fontan UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : UQAR – K355
10 h 45_rem_
Valérie LAROUCHE Mères avec pouvoir Montréal

L’ère d’un pastiche de l’innovation?

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Mères avec pouvoir, comme des centaines d’organismes communautaires à travers le Québec, contribue à l’émergence des capacités de femmes en contexte de grande vulnérabilité. Soutenir des femmes dans la réalisation d’un projet socioauxprofessionnelle, leur offrir un logement transitoire subventionné et assurer une place en Centre de la Petite Enfance subventionné était, jusqu’à maintenant, un cheval de bataille. Des organismes isolés et fragiles défendent leurs organisations à travers le Québec. Comment ces énergies vives pourront-elles poursuivre le développement de ces projets innovants en contexte de coupure des mesures sociales ? Deviendront-ils des utopies ? Sachant que l’être humain peut difficilement être créatif en situation de grand stress, comment nos familles pourront-elles poursuivre leur insertion socioprofessionnelle lorsqu’elles sont soutenues par des organisations dont la postérité est questionnées ? Comment sortir quelqu’un du précipice alors qu’on est nous-même accroché à une racine ?ETEtinutile de dire que ce n’est pas la racine de l’arbre qui fait pousser l’argent…



11 h 05_rem_
Dominic Girard Université de Sherbrooke, Nicole Dallaire Université de Sherbrooke

Les systèmes d’échange local comme lieu de croisement des pratiques cliniques et communautaires en travail social : pour une réappropriation du pouvoir de ses acteurs

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Le contexte actuel de transformation des structures, des modes de gouvernance et de gestion en santé et services sociaux par l’État québécois annonce des temps difficiles pour l’intervention sociale. Déjà comprimés, les services sociaux publics devront user d’ingéniosité afin de développer des modalités d’intervention nouvelles et adaptées à la population.

Le champ de l’économie sociale offre peut-être à ce chapitre une opportunité à saisir. Les systèmes d’échange local (SEL), ces réseaux d’échanges multilatéraux de services et de biens, constituent en effet une structure originale et encore méconnue. Avec plus d’une quarantaine de représentants, les SEL québécois sont actifs sur leur territoire, et parviennent à des résultats intéressant quant à la lutte à l’exclusion et à la pauvreté : l’Accorderie de Montréal-Nord en est un exemple éloquent.

Une expérience moins connue est celle de Troc-à-Tout, une pratique de développement local née il y a une quinzaine d’années à Richmond, en Estrie. Ce SEL, né d’un partenariat entre un CSSS et le milieu communautaire, aura permis un rare maillage entre une pratique d’intervention sociale et de développement des communautés. Dans cet exposé, il sera vu comment, en proposant le développement de pratiques inspirées de Troc-à-Tout, le Québec pourrait se doter d’un puissant outil d’inclusion sociale et économique, et du même coup contribuer à l’actualisation de pratiques unissant les dimensions cliniques et communautaires en travail social.



11 h 25_rem_
Sonia TELLO ROZAS UQAM - Université du Québec à Montréal

Initiatives locales novatrices dans un contexte de désengagement de l’État : le cas du bidonville Cerro El Pino (Pérou)

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Cherchant à contribuer à la question liée aux actions menées par les acteurs sociaux afin d’accroître leur capacité à assurer le bien commun et la qualité de vie des citoyens, nous présentons les résultats d’une recherche réalisée dans un bidonville péruvien dans un contexte d’exclusion et d’austérité constante.

Cet article examine les conditions dans lesquelles les populations locales s’organisent pour surmonter des problèmes liés à la pauvreté et l’exclusion sociale : une initiative d’innovation sociale est étudiée à Cerro el Pino, un bidonville de Lima de plus de 20 000 habitants. Ces derniers ne payant pas de taxes, les autorités locales n’offrent aucun service de collecte des déchets. En dépit des problèmes associés à l’accumulation des détritus, les résidents du bidonville ne s’organisaient pas. La situation change en 2007 alors qu’un groupe de jeunes pris l’initiative de mettre en place un plan de gestion des résidus solides et d’améliorer la qualité de vie de leur communauté.

L'objectif principal de cette recherche est de comprendre comment une initiative novatrice se produit, comment elle peut mobiliser les communautés locales dans un processus de développement durable malgré le désengagement de l’État. Nous cherchons à : identifier les acteurs sociaux impliqués, comprendre leurs perceptions et attentes ; identifier et expliquer la nature des mécanismes utilisés dans leur engagement et dans la mise en œuvre de l’initiative ; identifier les résultats collectifs à long terme.



11 h 45_rem_
Maude LÉONARD École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM

Quand le troc devient innovant : Troc-tes-Trucs et la réémergence des systèmes d’échange de proximité

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Troc, paiement en nature et échanges sont initialement des principes qui sous-tendent le modèle économique de marché déterminé par le jeu de l’offre et la demande. Dans cette perspective, on ne les associerait pas naturellement à des formes d’innovations sociales et économiques. Pourtant, différentes initiatives de troc et d’échanges émergent et réémergent en temps de crise économique. Ces dernières tentent de répondre à leur façon à l’appauvrissement des liens sociaux, aux défis environnementaux de la surconsommation ainsi qu’aux inégalités sociales et économiques.

Le troc et les échanges deviennent innovants dans la mesure où leur finalité et leurs modes de fonctionnement représentent une brèche, une alternative à la forme instituée et totalitaire de l’échange marchand. Il s’agit d’un modèle hybride où la valeur des biens ou services échangés ne repose plus sur la valeur marchande et spéculative, mais bien sur leur usage. Ce modèle a aussi le mérite de replacer les relations humaines au centre des transactions économiques tout en diminuant les pressions sur l’environnement. En effet, les initiatives de troc et d’échange s’inscrivent dans une perspective de développement durable en proposant des modes de consommation collaboratifs en concordance avec une économie «circulaire».

En illustration, nous présenterons l’entreprise d’économie sociale à but non lucratif Troc-tes-Trucs qui offre des services d’accompagnement et d’organisation d’événement d’échange de biens à travers le Québec.

12 h 15_rem_
Dîner
13 h 30 - 15 h 15
Séance de clôture : Combattre la pauvreté, de nouveaux modèles d’action
Communications orales
Présidence/animation : Juan-Luis Klein UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : UQAR – E304
13 h 30_rem_
Jean-Marc Fontan UQAM - Université du Québec à Montréal, Isabel Heck Parole d'excluEs, Patrice Rodriguez Parole d'excluEs

Parole d’excluEs : une stratégie novatrice de lutte contre la pauvreté et l’exclusion qui résiste aux turbulences de l’austérisme

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Initiée sur les contreforts de la crise de 2007, l’initiative Parole d’excluEs renoue avec les pratiques participatives et citoyennes des années 1960. Curieusement, les contextes sont tout à fait opposés. L’exubérance et l’optimisme de la société des loisirs et de l’abondance ont laissé la place au conservatisme des élites et à une léthargie sociale. Sous les oriflammes de la rationalisation et de la bonne gouvernance, l’État d’aujourd’hui se pare des habits du monarque de la Renaissance sans être en mesure de contrôler un marché financier en manque de capitaux. Malgré ces turbulences, l’action collective initiée par des acteurs de la société civile se recompose et propose des alternatives. Notre présentation explorera le modèle d’action du projet Parole d’excluEs. Elle permettra de dégager les spécificités d’une expérimentation qui s’inscrit dans le renouvèlement des pratiques sociales et qui pose la question d’une nécessaire reconfiguration des arrangements institutionnels de la modernité avancée.



13 h 50_rem_
Hicham BENICHI Centre de Recherche en Économie de Grenoble (CREG)

Le dialogue social territorial contractuel dans un contexte innovant : l’apport de l’approche par les capabilités pour une coconstruction cognitive de l’action syndicale

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Cette proposition de communication vise à examiner le dialogue social territorial, soutenu par des supports contractuels, dans un contexte d’innovation technologique. Il s’agit d’une recherche-action qui a été mené avec les sections syndicales des entreprises adhérentes au pôle de compétitivité des textiles techniques et textiles fonctionnels en Rhône-Alpes (Techtera), et co-piloté par le Centre de Recherche en Économie de Grenoble (CREG) et le Centre de Ressources et de Recherche de la Confédération Française Démocratique du Travail Rhône-Alpes (CFDT- C2R).



14 h 10_rem_
Vincent Van schendel UQAM - Université du Québec à Montréal

Vers une nouvelle vague d’innovations sociales au Québec?

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La dernière année a vu d’amorcer bien des transformations au Québec. D’aucuns y voient l’effondrement du résultat de 30 années de mobilisations. Les mesures annoncées par le gouvernement du Québec ont suscité à la fois une adhésion d’une partie de la population et un tollé de protestations, particulièrement en région. De nouvelles mobilisations sont en cours, faisant émerger de nouveaux acteurs et permettant des rencontres entre initiatives jusqu’ici isolées. De fait, deux grands types d’innovations se déploient en parallèle et de façon conflictuelle. Les premières tendent à renvoyer au secteur privé la relève des défis de l’avenir : privatisation du développement et des services publics, entrepreneuriat social, élimination des structures d’intermédiation, réforme fiscale, etc. La seconde tente à l’inverse de reconstruire les capacités collectives d’action. À partir de mobilisations et d’expérimentations locales, ces initiatives posent de façon plus globale le débat sur les transformations sociales, culturelles et économiques. Plusieurs de ces initiatives sont expérimentées au plan territorial et posent en germe une reconfiguration des politiques publiques. Nous assistons ici à l’émergence d’une nouvelle vague d’innovations sociales au Québec.

15 h 00_rem_
Mot de clôture

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