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83e du Congrès de l'Acfas

Colloque 322 - Territoires imaginaires : les lieux mythiques dans la littérature québécoise

Du mardi 26 mai à 09 h 00 au mercredi 27 mai à 12 h 00.
Responsable(s)
Camille DESLAURIERS UQAR - Université du Québec à Rimouski, Christiane Lahaie Université de Sherbrooke, Georges DESMEULES Cégep Garneau
Description

À l’ère du spatial turn, où sont convoquées les notions d’espace, de lieu et de territoire, on peut s’étonner que la représentation des lieux mythiques ne fasse pas l’objet de recherches soutenues. On sait déjà, à la lumière des travaux de Roland Barthes, qu’on peut lier le mythe à toute parole, car, pour lui, il s’agit d’un « système de communication » (1982). À titre de récits destinés à définir des pratiques d’inclusion au sein d’une communauté donnée, les mythes contribueraient à son organisation. De fait, « [l]e mythe se caractérise par sa forme […], par son fondement […], par son rôle (expliquer le monde) » (Carlier & Griton-Rotterdam, 1994). Selon Mircea Eliade, le mythe devient ainsi exemplaire : il sert à la fois de modèle et de justification à tous les actes humains (1957). Quant à Julia Kristeva, elle précise qu’un mythe se découvre à travers un réseau de relations intertextuelles : « Le texte littéraire s’insère dans l’ensemble des textes : il est une écriture-réplique (fonction ou négation) d’un autre (des autres) texte(s) » (1978). On connaît également les avancées de la géocritique, soit l’étude de la représentation d’un lieu dans une perspective plurifocale (Westphal, 2007) et de la géosymbolique, c'est-à-dire l’étude de l’investissement symbolique dont font l’objet certains lieux référentiels (Bédard, 2002), révélant les liens synecdochiques unissant le lieu à l’humain qui l’habite ou le traverse. Or qu’en est-il des lieux inventés, mythiques ou utopiques dans nos sociétés postmodernes? Leurs représentations remplissent-elles toujours un rôle structurant et fédérateur? Existe-t-il quelque chose comme une utopie propre au Québec, territoire jadis conquis et en voie de réappropriation symbolique par une plus grande ouverture sur le monde? C’est ce que le colloque « Territoires imaginaires » propose d’explorer par l’étude d’œuvres littéraires québécoises réifiant ou déconstruisant des lieux mythiques, ou inventant de nouveaux lieux, de nouvelles utopies.

Mardi 26 Mai 2015

9 h 00 - 11 h 30
Territoires mythiques : entre statisme et dynamisme
Communications orales
Présidence/animation : Camille DESLAURIERS UQAR - Université du Québec à Rimouski
Bâtiment – Local : UQAR – K450
9 h 00_rem_
Mot de bienvenue
9 h 15_rem_
Bertrand WESTPHAL Université de Limoges

La profondeur des territoires imaginaires : Volkswagen Blues de Jacques Poulin

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En 1984, Jacques Poulin avait conçu sa propre version d’On the Road en envoyant Jack Waterman, son personnage fétiche, à la recherche de son frère Théo, loin, si loin. La quête devait mener son héros, qui ne restera pas seul longtemps, de la Gaspésie à San Francisco, comme s’il s’agissait d’aller cueillir des baies. Ce voyage au long cours entrepris à port d’un fourgon Volkswagen est l’occasion pour les uns et les autres d’explorer en profondeur la géographie nord-américaine, son histoire, de même que les replis d’un paysage mental et spirituel d’une richesse insoupçonnée se déployant à la jointure des différents plis, à la croisée de strates qui font de tout territoire un espace à la fois très concret et travaillé par l’imaginaire. Ecrivain d’une finesse et d’une sensibilité admirables, Jacques Poulin démontre, sans jamais donner l’impression d’impartir une leçon à ses lecteurs et à ses lectrices, qu’un périple défiant l’horizon est aussi un voyage vertical à travers les couches du temps – encore faut-il qu’il soit placé sous le signe de l’imagination, de l’humilité (celle qui vous rapproche de l’humus) et de l’humanisme. Dans cette communication, on sera particulièrement attentif à la représentation d’un paysage dont les strates historiques ne cessent d’être revisitées au fil des étapes. Visant l’horizon en synchronie, le lent et erratique  déboulé du minibus Volkswagen est aussi une traversée diachronique et parfois nostalgique des vastes espaces nord-américains. 

9 h 45_rem_
Daniel Poitras Laboratoire Printemps (CNRS)

L’habitat exilé et le Québec en suspension : lieu mythique et lieu utopique chez Fernand Dumont

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Si l’on scrute habituellement les références aux mythes dans les textes littéraires, les travaux en sciences humaines sont également riches en ce sens. Je m’intéresserai ici à une figure spatiale déterminante dans l’œuvre de Fernand Dumont, celle de l’habitat ou de la maison. Nous montrerons que les mutations de cette figure témoignent de la transformation des attentes de l’auteur à l’égard de la société à venir. Comment imaginer le futur sans l’enfermer dans des croquis ? Cette question traverse l’œuvre de Dumont. À l’habitat enraciné dans ses traditions se substitue, surtout après Octobre 1970, la figure d’un habitat en « suspension ». Le registre métaphorique aérien secoue la figure quasi-géologique de l’habitat comme ancrage. Mais Dumont hésite : est-ce une déroute ou une opportunité ? Suspendu, l’habitat-Québec mène peut-être à l’exploration de l’utopie, que Dumont nommera une « société expérimentale ». 

 

Le déploiement de cette attente se comprend à travers le croisement des registres aérien et géologique de Dumont. L’habitat en suspension devient potentiellement lieu utopique à travers cette société à faire advenir. En quelque sorte, passé et futur bougent en tandem et Dumont anticipe leur mouvement et reconfigure ses figures spatiales pour éviter la sclérose et du lieu mythique et du lieu utopique.



  

 

 

 

10 h 15_rem_
Pause
10 h 30_rem_
Sébastien CHABOT UQAR - Université du Québec à Rimouski

L’arbre qui cache la forêt : regards sur les mythes du « territoire giboyeux des Magouas » dans L’héritage de Victor-Lévy Beaulieu

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Les personnages de Victor-Lévy Beaulieu n’habitent jamais véritablement les lieux qu’ils traversent. Bien que tous évoluent dans un environnement nommé et circonscrit par la narration, les personnages vlbiens demeurent prisonniers d’univers issus d’une « mythologie personnelle », projetée sur le paysage. Le cas de l’homme-cheval, dans la version romancée du téléroman L’Héritage, en est la parfaite illustration. Guide, mais aussi créateur de cette « terre giboyeuse », celui-ci investit ses fantasmes pédophiliques mâtinés de mythes grecs et amérindiens dans les ombres de la forêt. Ce qui importe ici n’est pas tant de représenter un lieu réel, mais bien ce qui n’existe pas, d’où des stratégies de spatialisation particulières. En outre, une approche intertextuelle montrera que l’homme-cheval puise dans son encyclopédie mythologique la matière première qui lui sert à reconfigurer le monde. Nous tenterons ainsi de mieux comprendre comment construire une interaction structurante entre des personnages de roman et le territoire qu’ils habitent, hantent et investissent.

11 h 00_rem_
Sara BÉDARD-GOULET Université de Toulouse II - le Mirail

Distante familiarité du lieu mythique dans l’œuvre de Michel Tremblay

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Dans le contexte postmoderne actuel, les mythes s’actualisent dans les œuvres littéraires, notamment sous la forme de lieux imaginaires. C’est le cas pour l’œuvre de Michel Tremblay qui, des Chroniques du Plateau-Mont-Royal au Cycle des Belles-Sœurs, présente un lieu et ses personnages mythiques : quatre femmes dans une maison inhabitée. Bien qu’elles fassent référence aux mythes grecs en personnifiant à la fois les Moires et les Muses, ces femmes occupent un appartement jouxtant celui de la famille de la rue Fabre au cœur du récit de Tremblay, et accompagnant ses membres dans leur quotidien. Le lieu mythique y est donc représenté comme étant familier, tout en appartenant à un autre registre – ses habitants restent invisibles pour le commun des mortels. Dans le cadre d’une réflexion sur ce type de lieu, je m’intéresserai à la distante proximité existant entre le territoire mythique dans l’œuvre de Tremblay et les enjeux que sa représentation soulève. Ici, le traitement du lieu mythique va de pair avec la fin des grands récits de la pensée postmoderne, car il conduit à sa disparition : les quatre personnages féminins finissent par déménager, abandonnant la maison voisine et la famille dont elles structuraient l’existence.

11 h 30_rem_
Dîner
13 h 30 - 16 h 30
Lieux et mythes structurants
Communications orales
Présidence/animation : Christiane Lahaie Université de Sherbrooke
Bâtiment – Local : UQAR – K450
13 h 30_rem_
Tang ALICE DELPHINE Université de Yaoundé 1

Énonciation de la dystopie destructurante dans Les chambres de bois d’Anne Hébert

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Le roman féminin québécois exprime souvent le malaise identitaire à travers une construction métaphorique des utopies. Si ce malaise concerne l’identité culturelle chez certaines romancières appartenant au courant de l’écriture migrante, à  l’instar d’Abla Farhoud, chez les autres, notamment Anne Hébert, il est lié à l’identité sexuelle.  Ainsi, le couple Michel/Catherine qui évolue dans Les chambres de bois vit dans un lieu qui, non seulement n’existe nulle part, mais ne se laisse pas saisir par le lecteur. Car en effet, les «  hauts fourneaux »,  présentés au départ comme un lieu idyllique parce qu’assimilés aux châteaux des rois, s’avèrent être une sorte d’enfer, un lieu oppressant où Catherine se sent mourir sans toute fois comprendre ce qui se passe en elle. Mais en réalité, sa vie de femme semble être la cause de cette incompatibilité entre l’espace et les hommes. La description de l’atmosphère dans ces « chambres de bois » se fait selon une esthétique qui permet au lecteur de décrypter le jeu énonciatif du texte. Tout se lit dans les implicites les métaphores et les images. L’espace dont a rêvé l’héroïne, comme étant une sorte de paradis par rapport à son lieu d’enfance et de sa famille, se transformera progressivement en une sorte de caverne étouffante. Les chambres de bois des hauts fourneaux, espace de rêve, s’assimilent symboliquement  à la chambre en bois qu’est le cercueil.

14 h 00_rem_
Aubrey KUBIAK North Carolina State University

Lieux mythiques des Laurentides : une trajectoire matriarcale entre Laure Conan et Anne Hébert

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Des critiques ont déjà remarqué les liens intertextuels entre l’espace imaginaire du roman d’Anne Hébert, Les Fous de Bassan (1982) et l’espace littéraire  faulknérien. Ce que l’on n’a pas encore examiné, c’est la possibilité que les lieux fictifs qui jouent un rôle si important dans le déroulement du récit de la romancière québécoise ont des racines beaucoup plus près de « chez elle ». Cent ans avant la publication de ce dernier, Laure Conan, la première romancière de la province, commence à faire publier en série son premier roman, Angéline de Montbrun, l’action duquel se déroule dans la région des Laurentides. C’est ici que le personnage éponyme mène son jeune existence paradisiaque à Valriant (ville imaginaire) jusqu’à la mort de son père ; après cet évènement traumatisant, ses pas et ses regards divaguent de plus en plus vers la mer et les vals de son pays natal – qui rappellent le féminin – au même moment où elle prend parole pour la première fois. Ce même paysage structure les évènements mystérieux de Griffin Creek, où Hébert peint un monde bouleversé par les morts de deux jeunes filles. Cette communication vise à établir une trajectoire entre le territoire imaginaire crée d’abord par Conan et celui d’Hébert, un territoire matriarcal qui signale la fluidité entre l’utopie et la dystopie féminines. 

14 h 30_rem_
Jolianne GAUDREAULT BOURGEOIS Université McGill

Contrées mythiques et intertextuelles : le Nord dans Neige noire de Hubert Aquin ou repenser l’enracinement

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Le dernier roman d’Hubert Aquin, Neige noire (1974), met en scène le voyage d’un jeune couple vers l’archipel du Svalbard, près du cercle polaire norvégien. Le lieu a quelque chose de mythique, en tant que véritable « bout du monde ».

D’un côté, le foisonnement de la description et des toponymes scandinaves témoignent de l’ampleur du travail documentaire de la part d’un auteur qui n’a jamais mis les pieds en ces latitudes septentrionales. D’un autre, la précision géographique cède la place à une construction imaginaire, celle d’un Nord « transpolaire », espace mythique de conquêtes et d’explorations, territoire à la fois norvégien, russe, mais aussi danois, islandais et québécois. Cette communication tentera de montrer comment Neige noire assume la chute du caractère référentiel des lieux de l’action, pour dessiner un espace discursif où s’amalgament une série de mythes, des versions germaniques de l’histoire du prince Hamlet, aux grandes sagas islandaises. Puis il s’agira de voir comment Neige noire convie le Québec – et sa nordicité – à participer à un « territoire imaginaire de la culture », au passé légendaire proprement occidental.

15 h 00_rem_
Pause
15 h 15_rem_
Ariane RÉGNIER Université de Sherbrooke

Émancipation féminine des années trente au Québec : quête et perte du paradis dans le roman Dans les ombres d’Éva Senécal

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Si Dans les ombres remet en question l’image de la femme promue par les normes éducatives de la société des années trente au Québec et mine une pierre d’assise de l’idéologie traditionnelle en présentant une femme en proie au désir sexuel ; Si l’un des principaux vecteurs de modernité au Québec fut un mouvement vers une sortie de la religion catholique caractérisé par une crise l’esprit ; Si la notion de référentialité questionne le lien entre le texte et le réel et démontre l’importance de percevoir un espace hétérogène ;Si le mythe, de par son caractère réel et sacré, sert de modèle et de justification à tous les actes humains :Alors comment le lieu inventé du paradis perdu vient-il confirmer ou infirmer l’émancipation féminine dans le roman d’Éva Senécal?

Pour répondre à cette question, le mythe biblique du paradis et la genèse d’Adam et Ève seront analysés dans leur représentation, soit la forêt des Cantons-de-l’Est, les États-Unis ainsi que le couple que forment Camille et son amant, Richard. Nous nous intéresserons à la dimension subversive de ces lieux et personnages, à leur degré de référentialité et à leur caractère de mythes consolateurs.



15 h 45_rem_
Georges DESMEULES Cégep Garneau

« C’est un pays dur, icitte » : une littérature en quête du meilleur des mondes

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«Au pays du Québec, rien ne doit changer» affirmait Louis Hémon. L’ancrage dans le quotidien d’un roman que Félix-Antoine Savard célébrera comme «l’évangile rustique de la terre», s’harmonise mal, semble-t-il, avec la thématique du colloque. Toutefois, la tension latente qui y oppose fatalisme et idéalisme incite à plus de prudence. Si les voix de Maria la tétanisent et annulent chacun de ses projets de départ, il n’en reste pas moins qu’elle évoque à l’envi un «ailleurs» évanescent, mais intelligible dans la perspective d’un exil avorté qui mythifie le référent spatial avant que le récit nous convainque qu’elle choisit le meilleur des mondes. Et pourtant, Maria n’est pas la seule que tente cet exil, loin de là… Dans la perspective du colloque, postulons que l’exil constitue une prédétermination littéraire qui dynamise plusieurs œuvres canadiennes-françaises. Nous proposons la relecture d’œuvres dont le point de convergence réside dans la mythification d’un ici qu’on ne peut envisager laisser derrière soi. Pour paraphraser Roland Barthes, nous discuterons de la question suivante : l’écrivain québécois ne percevrait-il le Québec que comme métaphore? 

Mercredi 27 Mai 2015

9 h 30 - 12 h 00
Lieux mythiques contemporains
Communications orales
Présidence/animation : Georges DESMEULES Cégep Garneau
Bâtiment – Local : UQAR – K450
9 h 30_rem_
Maude DESCHÊNES-PRADET Université de Sherbrooke

La figure spatiale des caves dans Récits de Médilhault, d’Anne Legault, L’aigle des profondeurs, d’Esther Rochon et Hôtel Olympia, d’Élisabeth Vonarburg

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Si l’époque contemporaine est caractérisée par la perte de repères et le sentiment de fragmentation; Si le rapport de l’humain à l’espace est bouleversé par les phénomènes de déterritorialisation et de reterritorialisation, et par la prégnance de non-lieux ; Si les littératures de l’imaginaire ne révèlent pas grand-chose, en réalité, sur le futur, mais beaucoup sur le rapport au monde et à la société contemporains d’une œuvre, et si le rapport de l’humain à l’espace s’y révèle à travers la représentation des lieux inventés : Alors, l’approche géocritique s’avèrerait pertinente autant pour l’étude des lieux inventés en littérature que pour celle des lieux réels. La présente analyse met à l’épreuve une telle géocritique. Une seule figure spatiale sera analysée, à travers trois œuvres québécoises contemporaines qui doivent créer l’illusion convaincante de lieux possibles par la construction d’un « xéno-atlas du lecteur». Nous nous intéresserons plus particulièrement à la dimension symbolique et mythique de ces lieux et à leurs modes de représentation. Nous espérons également, par cette recherche, mettre en lumière quelques éléments d’une géocritique des lieux inventés.

10 h 00_rem_
Marie-Hélène Voyer UQAM - Université du Québec à Montréal

Tous aux abris! Bunkers, souterrains et autres lieux d’anticipation (ou de fomentation?) de la destruction dans la littérature québécoise contemporaine

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Dans Intérieurs du Nouveau Monde, Pierre Nepveu note comment de nombreuses villes d’Amérique traduisent une « précarité générale de la culture et de l’habitation de l’espace ». Dans la littérature québécoise contemporaine, cette précarité se manifeste notamment par la figure spatiale du bunker. À cette figure paradoxale – à la fois rassurante et carcérale – se greffe un imaginaire singulier. En effet, en ces lieux, soit les personnages attendent la fin avec appréhension, soit ils tentent de la provoquer. À travers l’étude des romans Tarmac de Nicolas Dickner, Brigitte des colères de Jérôme Lafond et Le ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis, nous montrerons en quoi les lieux souterrains cristallisent des angoissent liées à la fin (du monde, de l’adolescence, etc.) et à la destruction. Ultimement, cette analyse permettra de saisir comment la représentation de lieux souterrains témoignent d’un rapport problématique au territoire américain, à ses utopies et à ses mythes.

10 h 30_rem_
Pause
10 h 45_rem_
Stéphanie CHIFFLET UQAC - Université du Québec à Chicoutimi

L’univers mythique du roman Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier

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Nous visons, dans le présent projet de communication, à présenter la dimension mythique des lieux évoqués dans le roman Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier (XYZ, 2011). En effet, plusieurs éléments géographiques contenus dans le roman relèvent selon nous d’un héritage mythique prégnant dans les cultures occidentales et en partie marqué par les traditions antique, celtique et biblique. Ici, nous traiterons des territoires imaginaires non pas en tant que territoires rêvés, fantasmés, mais dans le sens de lieux réels (ou du moins réalistes) travaillés par l’imaginaire. Nous nous intéresserons donc à la symbolique de la forêt – lieu d’ermitage –, au  Nord, à la traversée maritime, mais aussi au paysage apocalyptique, décrit dans le roman dans le cadre d’un événement historique : le Grand Feu de Matheson de 1916. Cette analyse de la symbolique des lieux sera croisée à l’étude, également d’un point de vue mythologique, des personnages et motifs contenus dans le roman.

11 h 15_rem_
Christiane Lahaie Université de Sherbrooke, Université de Sherbrooke

Mythification du lieu et réenchantement du monde dans Il faut prendre le taureau par les contes de Fred Pellerin?

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Il ne serait pas exagéré de prétendre qu’à travers les mots de Fred Pellerin, le village bien réel de Saint-Élie-de-Caxton a acquis un statut mythique. Or, quelles sont les stratégies de mythification à l’œuvre dans le travail de Pellerin ? Certes, le conteur fait appel à l’humour, mais aussi au merveilleux, au fantastique, voire au réalisme magique. En outre, ses nombreux calembours et ses multiples métaphores contribuent à déréaliser le lieu référentiel qui sert de décor aux aventures, et surtout aux mésaventures de Babine, le fou du village et personnage central du recueil Il faut prendre le taureau par les contes. Aussi examinerons-nous les stratégies de représentation mythifiantes de Pellerin sous deux angles : a) le recours à des sous-genres non réalistes pour raconter le quotidien des Caxtoniens, b) les jeux langagiers propres au conteur et c) la fonction de Babine en tant que Messie annonciateur du salut d’un peuple. En bout de ligne, nous verrons que, ce faisant, Pellerin offre une vision renouvelée d’un pays à venir, en déconstruisant le Québec tel que nous le connaissons – ou croyons le connaître – et en le réifiant en tant que territoire à habiter, tant au plan matériel qu’au plan culturel.

11 h 45_rem_
Mot de clôture
12 h 00_rem_
Dîner

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