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12 mai 2012
Alexandra Piché
Journalistes

Pour les plus jeunes, le phénomène religieux est inconnu, donc impossible de rire d'un sujet qu'ils ne connaissent pas. Pour les plus vieux, c'est le tabou qui fait de la religion n'est jamais matière à drôleries.

11 mai 2012, 80e Congrès de l'Acfas – À l'heure où on apprend l'annulation des spectacles que l'humoriste français Dieudonné devait donner à Montréal, l'abîme entre la religion et l'humour semble plus grand que jamais. « Les interventions de réprobation et les procès conduits par des groupes religieux à l’endroit de ces manifestations publiques pointées comme "blasphématoires" et "sacrilèges" traduisent le désir d’imposer un principe de "non disponibilité" de la religion dans l’imaginaire humoristique», indique Lélia Nevert de l'Université de Toulouse, qui présentait une communication dans le cadre du colloque L'humour, reflet de la société.

Le sujet délicat des croyances religieuses est pourtant abordé par des humoristes. Et cela fonctionne s'ils exposent leur propre spiritualité, constate la chercheure : « Dès lors, il ne s’agit plus de rire de la religion mais de la situation de l’humoriste face à la religion. La simple observation comique semble exclue, et c’est par le biais d’habiles procédés que l’humoriste construit le ressort comique ».

Des conclusions appuyées par l'exemple de l'humoriste Emilie Ouellette, qui faisait par hasard une présentation dans le même atelier et dont l'un des sketches s'intitule justement La religieuse. Celle-ci explique que l'humour sur la religion est rejeté par différentes générations, mais pour différentes raisons. Pour les plus jeunes, dit-elle, le phénomène religieux est inconnu, donc impossible de rire d'un sujet qu'ils ne connaissent pas. Pour les plus vieux, c'est le tabou qui fait de la religion n'est jamais matière à drôleries.

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Auteur(e)

  • Alexandra Piché
    Journalistes
    Présentation des auteuresAlexandra Piché et Yessica Valderrama sont tous deux étudiantes au baccalauréat en communications (programme de journalisme) à l’Université du Québec à Montréal.

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