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9 mai 2012
Marie-Christine Bouillon
Journaliste

Sylvie Ouellet a passé cinq ans dans une école primaire où évoluent des enfants ayant des handicaps sévères. Avec l’aide des intervenants sur place, elle a amené neuf bambins, si petits dans leur gros fauteuil adapté, à sortir de leur coquille pour entrer en relation avec les autres. Tout ça, à l’aide de la musique.

9 mai 2012, 80e Congrès de l'Acfas – « Les enfants lourdement handicapés ne jouent pas entre eux », explique la professeure en adaptation scolaire à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Pour son étude L'influence des arts et de la créativité sur le développement des habiletés de la communication auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle, elle a demandé aux éducateurs de les sortir de leur fauteuil roulant pour les placer côte à côte, dans un local de musique, où ils avaient la possibilité de « sentir » certaines parties de leur corps en émettant un son avec leur bouche, en frappant sur un tambour, en frottant une corde, etc.

« Très gros progrès »

Après cinq ans d'ateliers de musique dans cette école, la chercheuse a constaté des résultats étonnants chez les neuf élèves participants. « Les enfants avaient une meilleure concentration, une meilleure présence à l’échange et à la relation, que ce soit entre eux ou avec les intervenants ».

Ce sont de « très gros progrès » pour des personnes handicapées aussi sévèrement. À l’aide du langage musical, les élèves ont pris conscience les uns des autres. « Il y en a même qui pointaient l’autre du doigt pour dire “c’est son tour” ou qui, au contraire, se pointaient pour dire “c’est mon tour” », raconte Mme Ouellet.

Réaction à la chaîne

La progression aussi significative des capacités de communication de ces enfants a eu des impacts importants chez les intervenants. « Leur perception des soins et de l’aide à apporter a changé, note la chercheuse. Ce qui a été le plus intéressant de constater dans cette étude, c’est la transformation de l’attitude des intervenants, la nouvelle compréhension qu'il ont développé de leur rôle de soutien ».

Des enfants très limités, comme ceux avec lesquels Mme Ouellet a travaillé, ne deviendront pas des leaders grâce à ce qu’ils auront développé dans ces ateliers. « Mais les intervenants pourront les soutenir pour accomplir des tâches qu’ils n’avaient jamais été capables d’accomplir. Eux, ils font en sorte que l’enfant puisse avoir une autonomie, une autodétermination », conclut-elle.

 

Propos receuillis dans le cadre du colloque Contribution de la recherche au développement de la santé et de la société.

Auteur(e)

  • Marie-Christine Bouillon
    Journaliste
    Présentation de l’auteureIssue du domaine culturel, le journalisme est pour Marie-Christine Bouillon une deuxième carrière. En 2007, elle termine un baccalauréat multidisciplinaire en théâtre, création littéraire, cinéma et musique, à l’Université Laval. Après quelques années à cumuler les contrats d’animatrice, de gestionnaire d’événements et de comédienne, elle décide de retourner aux études. Dès le premier trimestre, elle est séduite par le métier de journaliste. Bien qu’au départ elle envisageait couvrir les arts et spectacles, elle s’est aperçue que ce métier avait beaucoup plus à offrir, trouvant dans cette profession une utilité à sa soif de savoir. C’est donc avec grand plaisir qu’elle se me joint à l’Équipe Relève média pour ce 80e Congrès de l’Acfas.

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