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Éditorial des corédacteurs

Nous partons ici de deux constats : 1) il est pertinent pour nos sociétés de former des individus ayant des compétences avancées en recherche, et 2) il faut moduler les manières de former ces individus afin que l’adéquation entre « université » et « société » soit la plus optimale et la plus adaptative.

Éditorial

 

 

Ouverture

Chacun le sait. La majorité des étudiants formés en recherche ne feront pas de carrières professorales au sein des universités. C’est une question d’arithmétique : trop de diplômés, pas assez de postes. On sait aussi que rien ne sera jamais définitif quant à l’adéquation entre formation universitaire et insertion professionnelle. On en parle depuis plus de 15 ans, selon Jean-Claude Coallier, mais comme les enjeux « ne demeurent aujourd’hui que timidement résolus » aux dires de l’auteur, il faut encore en parler.

Nous partons ici de deux constats :

  1. Il est pertinent pour nos sociétés de former des individus ayant des compétences avancées en recherche;
  2. Il faut moduler les manières de former ces individus afin que l’adéquation entre « université » et « société » soit la plus optimale et la plus adaptative.

Le présent dossier entend contribuer aux réflexions sur cet enjeu en se concentrant sur le passage de la formation à la profession. Le titre Parcours multiples a été retenu, car on retrouve au cœur du dossier les parcours multiples de douze jeunes professionnels, détenteurs de maîtrise, de doctorat et de postdoctorat. Tous cheminent hors de l’université tout en tirant parti de leurs compétences en recherche. Autour de ces parcours, viennent se greffer une série d’articles qui complètent ou approfondissent ces enjeux :

  • cinq portraits photographiques présentant les parcours de diplômés œuvrant au sein des centres collégiaux de transfert de technologies (CCTT);
  • des réflexions sur l’employabilité des docteurs et sur l’embauche des « surqualifiés » qui n’offrent pas que des désavantages;
  • un sondage récent auprès d’étudiants, de stagiaires postdoctoraux et de diplômés sur les mesures de soutien et d’accompagnement vers une carrière « hors des murs » de l’université;
  • les résultats préliminaires d’une enquête en cours sur les compétences des docteurs;
  • un relevé d’initiatives des universités québécoises visant le développement de compétences professionnelles chez les étudiants de cycles supérieurs;
  • À venir... un entretien sur l’usage des médias sociaux pour un diplômé, futur ou actuel, issu du milieu de la recherche.

En tant que corédacteurs invités pour ce 3e dossier du magazine relatif aux questions de la relève en recherche [après le dossier Un doctorat... et après qui recoupe le présent thème et le dossier Santé psychologie des étudiants chercheurs], nous avons relevé le défi d’une collaboration « administrateur universitaire » et « étudiants chercheurs ». D’emblée, ce duo nous apparaissait comme une bonne idée. Les responsabilités sont partagées, et nous estimons que les solutions doivent venir d’une continuelle concertation.

Si nous avons mené de concert cet assemblage de contributions, pour la suite de l’éditorial nous avons aussi jugé important de faire entendre nos voix séparément, étant donné qu’elles se font l’écho de milieux différents.

Philippe-Edwin Bélanger
Directeur des études supérieures et postdoctorales, Institut national de la recherche scientifique (INRS) et président de l’Association des doyennes et doyens des études supérieures au Québec (ADESAQ)

Comité intersectoriel étudiant des FRQ (CIÉ), composé de 10 doctorants de toutes disciplines
Simon Massé (sciences de l’environnement, UQAR)
Nicholas Cotton (littératures de langue française, Université de Montréal)
Jean-Christophe Bélisle-Pipon (stagiaire postdoctoral, Université Harvard)
Marie-Pierre Cossette (neurosciences, Université Concordia)
Stéphanie Luna (sciences biomédicales, Université de Montréal)
Dorothée Charest Belzile (psychologie, Université Laval)
Ariane Girard (sciences de la santé, Université de Sherbrooke)
Olivier Lemieux (administration et politiques de l’éducation, Université Laval)
Annie Montpetit (sciences sociales appliquées, UQO)
Madison Rilling (physique, Université Laval)

 

Propos de Philippe-Edwin Bélanger

Le nombre d’étudiants aux cycles supérieurs est en croissance depuis les années 1960, et cette tendance est particulièrement marquée du côté des étudiants s’inscrivant dans un programme de doctorat. Cependant, les postes de professeurs universitaires n’ayant pas suivi la même courbe, sans surprise, un certain malaise, voire un mécontentement, est devenu très perceptible. Et pour plusieurs doctorants, l’insatisfaction est grande : la charge de travail élevée, les bourses insuffisantes, et, en fin de compte, l’incertitude quant à l’insertion professionnelle. Autant de conditions décriées qui contribuent à un abandon pour près de 50 % d’entre eux.

En parallèle, on a donc vu l’afflux massif de détenteurs de doctorats sur le marché de l’emploi à partir du milieu des années 1990. Des critiques ont alors été formulées par certains employeurs quant au manque de préparation des diplômés. En 2015, un article de Forbes, résumant assez bien ces critiques, identifiait les 10 compétences principales demandées par les employeurs (notons qu’il n’y a rien ici de bien sorcier ni d’insurmontable) :

  • travailler en équipe;
  • prendre des décisions;
  • résoudre des problèmes;
  • communiquer adéquatement verbalement;
  • planifier, organiser et structurer le travail;
  • trouver et analyser l’information;
  • analyser des données quantitatives;
  • détenir les compétences techniques reliées au travail;
  • utiliser efficacement les ordinateurs et les logiciels;
  • créer et rédiger des rapports;
  • être capable d’influencer les autres.

Dès lors, on assiste dans le milieu de la recherche et de l’éducation supérieure à une volonté de mieux arrimer la formation universitaire avec les besoins de la société. Elles sont perceptibles dès la fin des années 1990 où des professeurs comme Jean Nicolas, alors vice-recteur à l’Université de Sherbrooke, se mettent à questionner très sérieusement la formation doctorale (voir l’entretien entre Jean Nicolas et la doctorante Maude Laliberté). Prenons un moment pour en examiner quelques initiatives des dix dernières années.

À l’été 2007, un atelier regroupant les trois conseils de recherche fédéraux (CRSH, CRSNG et IRSC), la Société pour l’avancement de la pédagogie dans l’enseignement supérieur (SAPES) et l’Association canadienne pour les études supérieures (ACES) est organisé pour réfléchir au perfectionnement professionnel des nouveaux chercheurs. Deux énoncés de principes sont adoptés par l’ACES et les trois conseils préconisant le développement des compétences professionnelles des étudiants de cycles supérieurs en communication, gestion, en enseignement et en éthique de la recherche. L’ACES recommande alors de doter le Canada d’un répertoire de compétences, ce que l’ADESAQ publiera, à la suite, en 2014 sous le titre Les compétences visées dans les formations aux cycles supérieurs.

Entretemps, en 2013, les étudiants, lors des ateliers de réflexion menés  dans le cadre de la Journée de la relève en recherche, recommandent de faciliter l’acquisition de « compétences transversales » complémentaires aux compétences scientifiques, notamment en gestion, en comptabilité et en communication.
Puis, tout récemment, en 2015, après cinq ans de recherche et de consultation, le Conference Board du Canada publie un rapport-fleuve visant à « valoriser et préparer les titulaires d’un doctorat pour le marché du travail ». Des étudiants, des responsables au sein des universités et des chefs entreprises ont tous été consultés. L’objectif consistait à mieux comprendre les difficultés d’intégration au marché du travail, vécues par plusieurs détenteurs d’un diplôme de doctorat.

Huit recommandations sont ressorties du rapport :

  1. Recueillir et diffuser de l’information au sujet de la gamme complète des parcours professionnels des titulaires d’un doctorat;
  2. Effectuer des recherches additionnelles sur les parcours professionnels des titulaires d’un doctorat [Commentaire : l'enquête en cours y répond] ;
  3. Prendre en considération la réussite professionnelle avant d’accepter davantage d’inscriptions aux programmes de doctorat ou d’offrir de nouveaux programmes;
  4. Mettre sur pied des initiatives complètes en matière de perfectionnement professionnel à l’intention des étudiants [Commentaire : voir le relevé de juin 2017 des nombreuses initiatives des universités québécoises];
  5. Établir des réseaux d’anciens diplômés;
  6. Proposer plus de possibilités d’apprentissage expérientiel [Commentaire : cette proposition prend souvent la forme de stages, dont ceux offerts par Mitacs, par exemple];
  7. Promouvoir la valeur des titulaires d’un doctorat auprès des employeurs [Commentaire : la question des employeurs sera très présente dans l'enquête en cours];
  8. Faciliter l’échange de ressources en matière de perfectionnement professionnel et de pratiques exemplaires entre les établissements [Commentaire : de ce côté les initiatives sont nombreuses, pensons au Comité de l'ADESAQ, au Réseau canadien sur les compétences professionnelles et au Consortium des administrateurs du perfectionnement professionnel des étudiants canadiens des cycles supérieurs (rapport).

Enfin, soulignons que trois autres études sont présentement en cours : l’avis de la Commission de l’enseignement et de la recherche universitaire (CERU) du Conseil supérieur de l’Éducation (CSE) sur les finalités des programmes aux cycles supérieurs et les deux études de l’ADESAQ, l’une sur les compétences des titulaires d’un doctorat et l’autre sur l'état de situation des programmes de doctorat au Québec.

On avance. Mais certainement pas assez vite, comme le souligne avec raison Jean-Claude Coallier, dans le présent dossier. Cependant, des offres complémentaires de formation ont déjà connu un certain développement, et une première évaluation des retombées permettrait sans doute d’accélérer et améliorer le développement d’initiatives futures. Il serait intéressant, par exemple, d’examiner plus en profondeur et de comparer les différents modèles de formation sur les compétences professionnelles mis en place par les universités québécoises au cours de la dernière décennie.

Chose certaine, en cet âge numérique où tant la formation que la nature des professions sont en constante mutation (une réalité nouvelle, complexe, changeante, bien difficile à saisir même quand on baigne dans le milieu de la recherche), où les parcours sont à la fois multiples et non linéaires, le milieu universitaire devra développer sa capacité d’adaptation. Il devra demeurer en dialogue avec ceux qu’il forme quant aux perspectives d’emploi et devra assurer sa part de responsabilité dans l’accompagnement des étudiants des cycles supérieurs afin de favoriser leur épanouissement professionnel. Comme cette responsabilité est partagée avec les étudiants, il pourrait être intéressant de les convier à réfléchir à leur futur professionnel, dès la maîtrise, en leur demandant d’élaborer un plan évolutif de développement personnel et d’insertion professionnelle.

 

Propos du Comité intersectoriel étudiant du FRQ (CIÉ)

L’insertion professionnelle des détenteurs de maîtrise, de doctorat et de postdoctorat n’est pas un long fleuve tranquille. Employeurs comme diplômés ne sont pas toujours conscients, même si cela peut encore surprendre, de la pertinence d’une telle formation pour la société. Chez les uns comme chez les autres, le potentiel d’un diplôme en recherche est souvent sous-estimé, tout comme peuvent être mal connues les perspectives de carrière pour de tels profils.

À la lecture de la liste des 10 compétences principales demandées par les employeurs, citées par notre corédacteur, et des recommandations du Conference Board du Canada, nous constatons que rien ici ne semble insurpassable. Pourtant, des idées reçues demeurent, des clichés résistent. Il y a donc, en plus des actions concrètes à poser, une réflexion à faire du côté d’une culture universitaire à remuer en profondeur.

Si devenir professeur demeure pour de nombreux doctorants un objectif louable, il faut cesser par exemple d’évaluer la « réussite » des titulaires de diplômes en recherche selon qu’ils obtiennent ou non un poste universitaire. Il est plus que nécessaire de prendre la mesure de la réelle valeur des parcours multiples des titulaires de diplôme d’études supérieures, c’est-à-dire de promouvoir sans ambages une vision inclusive et proactive de leur apport. Il ne fait pas de doute que cela engage un regard critique sur les programmes actuels de même qu’un réel engagement institutionnel dans le développement de compétences transversales.

Formons-nous réellement des surqualifiés? Fonder une entreprise au sortir d’un doctorat est-il un échec? Et qu’en est-il d’un emploi de consultant ou d’un poste en recherche et développement au sein d’une firme? Est-ce que travailler dans un Centre collégial de transfert technologique affilié à un cégep est en deçà des attentes que l’on devrait avoir pour un docteur? Après avoir publié dans Nature et Science, un emploi dans un start-up constitue-t-il un crime de lèse-majesté? Bien sûr que non! Et pourtant, si l’on s’en tient à une vision étroite de l’excellence et du mérite fondé sur le modèle de reproduction du corps professoral, qui transpire entre autres dans les modes de financement de la recherche, il est assez facile de convenir, probablement à tort, que ces diplômés sont « surqualifiés » pour les fonctions qu’ils occupent.

Ce n’est rien de moins qu’un changement de culture qui est ici nécessaire pour insuffler un changement dans la formation, les pratiques et le soutien aux différentes formes que prend l’excellence.

Du côté de l’étudiant

Puisque la maîtrise et le doctorat en recherche conduisent généralement au développement d’une expertise très pointue dans un domaine bien précis, il revient à l’étudiant-chercheur au premier chef d’ouvrir ses horizons, de nourrir sa curiosité et d’assurer la diversification de son cheminement universitaire. Cela rejoint les propos de Jean-Claude Coallier qui souligne dans son article du dossier « le rôle fondamental que jouent les doctorants et docteurs eux-mêmes dans la problématique de l’employabilité ». Cette prise de responsabilité s’avère particulièrement probante dans un contexte où les employeurs semblent favoriser des candidats au profil multidisciplinaire, à la fois confiants et autonomes.

Dans un contexte socioéconomique en constante mutation, comme le souligne Philippe-Edwin Bélanger – et le tout sur un mode accéléré, ajouterions-nous –, l’une des compétences les plus recherchées est la capacité d’adaptation. Or s’il y a bien une compétence acquise aux cycles supérieurs, c’est d’abord et avant tout cette capacité d’ajustement tant convoitée. Il ne fait pas de doute que l’expérience et les aptitudes en recherche constituent ainsi un atout considérable en dehors des murs de l’université. Les professionnels issus d’une formation en recherche ont à mettre en pratique leur rigueur intellectuelle, leurs habilités communicationnelles et leur esprit de synthèse.

Les témoignages des récents diplômés livrés dans ce dossier soulignent en outre que, dans bien des cas, leur insertion professionnelle fut favorisée autant – sinon davantage – par les expériences connexes ou complémentaires que par le cursus universitaire et l’obtention du diplôme. L’engagement au sein de la communauté académique, tout d’abord, mais aussi à l’extérieur des murs de l’université, permet visiblement de diversifier les compétences du chercheur de même que ses connaissances. Le tout, en plus d’enrichir son réseau par des contacts issus de disciplines et d’horizons divers, contribue à faire de lui un véritable acteur social. Les expériences connexes liées à un parcours en lui-même « multiple » constituent autant de cordes majeures à son arc lui permettant de se distinguer et de s’épanouir sur le marché de l’emploi. Comme en témoigne Simon Bousquet, titulaire d’un doctorat en pharmacologie et maintenant chef d’équipe chez Mitacs : « Étant aujourd’hui responsable de l'embauche de titulaires de doctorat fraîchement diplômés, je regarde beaucoup ce que les candidats ont fait à l’extérieur de leurs études. Quand je compare des CV, ce n’est pas la liste des techniques maitrisées ou le nombre de publications qui compte. Ce sont les activités qui contribuent à forger la personnalité et participent au développement de compétences transversales qui seront déterminantes ».

Du côté du directeur de recherche

Au sein des équipes de recherche, le décloisonnement du climat de travail par une plus grande collaboration entre les étudiants, les stagiaires postdoctoraux et les professionnels de recherche s’avère une condition gagnante pour la préparation au milieu professionnel hors de l’université. L’instauration d’une véritable dynamique d’équipe de même qu’une intégration optimale des différents projets de recherche ayant cours au sein d’un même laboratoire s’apparente à une expérience de travail et ne peut être que bénéfique. L’implication active des étudiants-chercheurs au sein de multiples projets permet d’enrichir la formation en diversifiant les tâches accomplies et en multipliant les compétences disciplinaires.

Par ailleurs, il faut reconnaitre que le directeur de recherche n’est pas toujours pleinement outillé pour assurer la préparation des étudiants à la transition entre le milieu universitaire et le marché de l’emploi, lui-même n’ayant possiblement jamais occupé un emploi à l’extérieur des murs de l’université. Dans ces situations, la réalité du marché de l’emploi peut se retrouver sur une autre orbite, tout particulièrement pour ceux dont les liens professionnels avec le secteur privé, les organismes publics ou les acteurs de la société civile sont limités.

Du côté du financement de la recherche et des établissements universitaires

Dans l’esprit de la responsabilité partagée, une réflexion pourrait être engagée par les organismes responsables du financement de la recherche et les établissements universitaires concernant les critères d’excellence pour l’attribution des bourses de maîtrise, de doctorat et de postdoctorat qui sont en partie basées sur la productivité, elle-même mesurée essentiellement par le nombre de publications et le prestige des revues. Tant et aussi longtemps que les parcours multiples ne seront pas mieux valorisés – voire encouragés – dans les programmes d’études ainsi que dans les critères d’octroi des bourses de recherche, les carrières hors des murs de l’université continueront d’être perçues par plusieurs comme étant un second choix ou une solution de rechange. En ce sens, nous nous rangeons du côté de notre corédacteur qui appelle le milieu universitaire à « assurer sa part de responsabilité dans l’accompagnement des étudiants des cycles supérieurs ». Comme le résume Éric Aubin, titulaire d’un doctorat en microbiologie et entrepreneur : « La carrière universitaire nous apparaît souvent comme un idéal, un ultime but à atteindre; elle nous semble garante d’une vie réussie. Mais, bâtir une entreprise, créer de l’emploi, réaliser des projets [...], c’est aussi ça réussir. ».  

En conclusion

Pour se démarquer auprès des employeurs, mais aussi pour atteindre tout son potentiel, l’étudiant-chercheur doit prendre pleinement conscience de ses savoir-faire. Il doit être vigilant quant aux mythes académiques qui sont encore fort tenaces. Connaitre sa valeur (incluant sa capacité à résister aux erreurs et à l’incertitude) sans naïveté et avec confiance. Savoir se vendre, pour reprendre une métaphore marchande inappropriée, c’est peut-être d’abord apprendre à se voir, comme professionnel ayant des compétences en recherche ou comme expert. Et s’il faut tous embrasser la responsabilité partagée d’amorcer un réel changement de culture, nous croyons que la valorisation des « parcours multiples » à tous les niveaux est une solide amorce. C’est la raison pour laquelle nous sommes très fiers de ce dossier qui prend la question des « parcours multiples » à bras le corps, et ce, en aval comme amont de la diplomation, à savoir du parcours parfois bigarré d’initiation à la recherche, qui ne semble plus être strictement académique, aux vastes débouchés qui s’offrent à qui sait tirer profit de sa formation et de ses expériences.

Le Comité intersectoriel étudiant (CIÉ) des Fonds de recherche du Québec
Depuis 2014, le CIÉ conseille le Scientifique en chef sur les activités des Fonds de recherche du Québec (FRQ). Il a pour mandat d’identifier les meilleures stratégies pour maintenir l’intérêt des étudiants et étudiantes en recherche et les soutenir à toutes les étapes de leur cheminement. Plus spécifiquement, il a pour mission d’accroître l’accessibilité au financement, de favoriser l’excellence et de contribuer au rayonnement des FRQ et de la recherche étudiante. Ce comité est notamment composé des trois représentants étudiants siégeant aux trois conseils d’administration des FRQ. Dans le but de favoriser les échanges avec la communauté étudiante, une consultation est tenue annuellement par la CIÉ dans le cadre des Journées de la relève en recherche.
- Pour en connaître davantage sur les travaux du CIÉ, consulter le site.
- Coordonnateur du CIÉ : Julien Chapdelaine, responsable de programmes FRQSC

Auteur(es)

Philippe-Edwin Bélanger

Avant de joindre l’Institut national de la recherche scientifique à titre de directeur du Service des études supérieures et postdoctorales en 2012, Philippe-Edwin Bélanger a été responsable des programmes de bourses et de partenariat France-Québec au Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies, pendant dix ans. Détenteur d’une maîtrise en administration publique de l’ENAP, il a commencé sa carrière comme attaché de recherche et formateur-concepteur à la réalisation du Programme d’accueil gouvernemental à l’ENAP et a agi comme spécialiste en administration publique à la Direction de la concertation au ministère de la Famille et de l’Enfance en 2001-2002. Très actif au sein d’associations professionnelles québécoises et canadiennes, Philippe-Edwin Bélanger a présidé  l’Association des administratrices et des administrateurs de recherche universitaire du Québec (ADARUQ) en 2013. Il est, depuis juillet 2014,  président de l’Association des doyennes et des doyens des études supérieures au Québec (ADESAQ). Depuis novembre 2015, il est aussi membre du conseil d’administration de l’Association canadienne pour les études supérieures (ACES) et président du comité directeur de l’Association canadienne des administrateurs postdoctoraux (ACAP).

Comité intersectoriel étudiant (CIÉ) des Fonds de recherche du Québec

Simon Massé (sciences de l’environnement, UQAR)
Simon Massé est candidat au doctorat en Sciences de l’environnement et chargé de cours à l'Université du Québec à Rimouski. Résolument abordé sous un angle interdisciplinaire, son projet de thèse valorise la participation des communautés locales pour réduire leur vulnérabilité face aux risques d’inondation et d’érosion. Grandement impliqué dans son milieu et récipiendaire de nombreuses distinctions, il est notamment membre du Groupe consultatif jeunesse de la Commission Canadienne pour l’UNESCO et récipiendaire de la bourse d'excellence en recherche Réal-Décoste Ouranos/FRQNT sur les changements climatiques.

Nicholas Cotton (littératures de langue française, Université de Montréal)
Nicholas Cotton a complété une formation bidisciplinaire et il continue de s’intéresser aux points de contact entre la littérature et la philosophie, et plus précisément à la déconstruction. Il prépare actuellement une thèse de doctorat ayant reçu le soutien financier du CRSH à l’Université de Montréal. Titulaire d’une maîtrise en littératures de langue française (CRSH, FRQSC), chargé de cours à l’Université de Montréal et enseignant au cégep Édouard-Montpetit, ses recherches portent sur la notion de « pervertibilité » dans l’œuvre du philosophe Jacques Derrida.

Jean-Christophe Bélisle-Pipon (stagiaire postdoctoral, Université Harvard)
Jean Christophe Bélisle-Pipon est chercheur invité au Petrie-Flom Center for Health Law Policy, Biotechnology, and Bioethics au sein de la Faculté de droit d’Harvard. Ses recherches portent principalement sur la responsabilité morale des acteurs impliqués dans des activités commerciales et promotionnelles ciblant directement les patients. Alors que sa formation de premier cycle en physique le menait vers les sciences pures, son intérêt pour le domaine de la santé et la bioéthique s’est développé au fil de son expérience au sein de l’industrie biopharmaceutique au sein de laquelle il a travaillé pendant 6 ans. Ses articles scientifiques ont été publiés dans des revues telles que Bioethics, Ethics, Medicine and Public Health, Healthcare Policy, Journal of Bioethical Inquiry, American Journal of Bioethics et Canadian Medical Association Journal. Il a également codirigé un livre intitulé « Les enjeux éthiques des ressources en santé » paru en 2016 aux Presses de l'Université de Montréal.

Marie-Pierre Cossette (neurosciences, Université Concordia)
Marie-Pierre Cossette est étudiante au doctorat en psychologie à l'Université Concordia. Spécialisée en neuroscience, elle examine le fonctionnement des régions du cerveau essentielles pour l'évaluation des récompenses. Elle siège au conseil d’administration du FRQS à titre de représentante étudiante et a été présidente du Comité intersectoriel étudiant de 2014 à juin 2017. Elle a obtenu la bourse Alexander Graham Bell du Canada du CRSNG pour le doctorat et la maîtrise, la bourse de Maîtrise B1 du FRQNT et des bourses internes de l'Université Concordia.

Stéphanie Luna (sciences biomédicales, Université de Montréal)
Stéphanie Luna est candidate au doctorat en Sciences biomédicales avec une spécialisation en sciences du vieillissement à l’Université de Montréal. Elle s’intéresse aux changements cognitifs reliés au vieillissement, plus particulièrement, aux différences cognitives entre les personnes qui utilisent une langue des signes (sourds et entendants) et celles qui utilisent une langue orale. Elle s’implique dans diverses initiatives d’ordre communautaire et académique, notamment via sa participation à titre de présidente du colloque annuel international VocUM, colloque multidisciplinaire sur le langage, de directrice d’un numéro de la revue savante ScriptUM, et de représentante étudiante du Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Elle a obtenu une bourse de formation au doctorat des Fonds de recherche du Québec-Santé et plusieurs bourses d’excellence de l’Université de Montréal et d'organismes privés.

Dorothée Charest Belzile (psychologie, Université Laval)
Dorothée Charest Belzile est candidate au doctorat en psychologie à l’Université Laval. Formée à la fois en recherche et en clinique, elle a un intérêt marqué pour le bien-être des enfants, adolescents et familles en situation de vulnérabilité. Elle a réalisé des stages cliniques en milieu scolaire et dans une équipe de pédopsychiatrie. Ses recherches, menées au Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque et au Centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles du CIUSSS de la Capitale-Nationale, portent sur les familles suivies par la protection de la jeunesse et les services qui leur sont offerts.

Ariane Girard (sciences de la santé, Université de Sherbrooke)
Ariane Girard est étudiante au doctorat recherche en sciences de la santé à l’Université de Sherbrooke, infirmière de formation et titulaire d’une maîtrise en sciences infirmières de l’Université du Québec à Chicoutimi. Ses travaux de recherche portent sur la pratique infirmière et les soins en collaboration pour les personnes ayant des maladies chroniques et des troubles mentaux courant en soins de première ligne. Depuis trois ans, elle a travaillé sur différents projets de recherche liés à son domaine et poursuit actuellement une spécialisation en recherche transdisciplinaire de soins de première ligne.

Olivier Lemieux (administration et politiques de l’éducation, Université Laval)
Olivier Lemieux est titulaire d'un baccalauréat en Histoire, profil excellence, et d'une maîtrise en Études politiques appliquées de l'Université de Sherbrooke, pour laquelle il a reçu, en 2015, la médaille de l'Assemblée nationale du Québec. Candidat au doctorat en Administration et politiques de l'éducation, sa thèse porte sur le rôle des groupes d'intérêt dans l'élaboration des programmes d'histoire nationale de niveau secondaire au Québec, des années 1960 jusqu'à aujourd'hui. Olivier est président du Comité intersectoriel étudiant depuis juin 2017.

Annie Montpetit (sciences sociales appliquées, UQO)
Annie Montpetit est doctorante en sciences sociales appliquées à l’Université du Québec en Outaouais. Titulaire d’un baccalauréat en études internationales (Université de Montréal) et d’une maîtrise en gouvernance environnementale (Université Albert-Lüdwigs, Allemagne), ses intérêts de recherche portent sur les relations complexes entre les sociétés humaines et leur environnement naturel. Adoptant une perspective interdisciplinaire, sa thèse traite de la capacité d’adaptation aux changements climatiques des communautés canadiennes dépendantes de la forêt.

Madison Rilling (physique, Université Laval)
Madison Rilling est doctorante en physique à l'Université Laval, suite à un passage accéléré de sa maîtrise en physique médicale. Dans le cadre de sa recherche menée conjointement au CHU de Québec-Université Laval et au Centre d'optique, photonique et laser, elle met la conception optique au profit de la physique médicale pour l'amélioration des traitements de cancer en radiothérapie externe. Récipiendaire de la bourse Alexander Graham Bell du CRSNG, Madison est vice-présidente du CIÉ et siège au conseil d'administration du Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies.