Johanne Lebel
Rédactrice en chef

Notre huitième dossier est dédié à l'histoire de la recherche au Québec et au Canada francophone. Ce dossier, financé en partie par le gouvernement du Canada, vise à souligner le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Nous y ajouterons de nouveaux contenus tout au long de l’année.

René Audet
Université du Québec à Montréal

Peut-on qualifier le Frère Marie-Victorin d’environnementaliste? S’il est bien reconnu comme pionnier de la science au Québec, les nombreuses biographies dont il fut l’objet ne le qualifient jamais ainsi. Certains, le considèrent volontiers comme le précurseur de l’écologie québécoise, mais sa « sensibilité écologisteObjet inconnu » est plus souvent passée sous silence. Le fait s’explique sans doute par le fait que cette pensée ne fut jamais systématisée par le Frère lui-même et que les matériaux dont dispose celui qui entend le faire a posteriori sont éparpillés à travers son œuvreObjet inconnu. C’est justement là l’objectif de ce texte : réunir ces matériaux épars afin de présenter la pensée environnementaliste du Frère Marie-Victorin et d’en faire ressortir l’originalité par rapport aux courants dominants de son époque en matière de philosophie de la nature et de gestion des ressources naturelles.

Jean-Philippe Warren
Université Concordia

Le nom même des sciences sociales est trompeur : ce sont au moins autant des sciences que des technologies. Elles servent à comprendre de manière objective la réalité sociale, mais elles permettent aussi de la manipuler. Elles se sont par conséquent sans cesse offertes dans l’histoire comme savoirs et pouvoirs, reflétant les intérêts et les préoccupations des régimes politiques et économiques du moment.

Denis Goulet
Université de Montréal et UQAM

Ce laboratoire d’anatomie-pathologie et de bactériologie amorce ses activités en 1914. La photographie, prise cette année-là, a servi d’illustration dans l’annuaire de l’Université Laval, annonçant avec fierté son ouverture. Le laboratoire était situé au 2e étage du pavillon de médecine dans le Vieux-Québec, à proximité de l’Hôtel-Dieu. À cette époque, les laboratoires de pathologie et de bactériologie étaient généralement séparés pour éviter les contaminations. Mais la Faculté de médecine ne disposait pas des espaces suffisants pour aménager deux laboratoires distincts. Dix ans plus tard, les autorités universitaires procéderont à l’agrandissement et à la rénovation de l’immeuble. Inauguré en septembre 1924, il comportera deux laboratoires.

Denis Goulet
Université de Montréal et UQAM

Tout effort pour retracer l’histoire de la recherche biomédicale au Québec débute par un examen des lents développements des facultés de médecine et des hôpitaux qui leur sont affiliés, lieux où se sont amorcés les premiers travaux. Puis, on observera la naissance de nouvelles structures de recherche, l’émergence des études de 2e et 3e cycles en sciences et en médecine, la création d’organismes subventionnaires et l’avènement des grands centres de recherche. Tout cela se déroule entre le début du siècle dernier et les premières décennies du nôtre. L’écart historique y est immense entre, d’une part, le chercheur isolé, les initiatives individuelles, les petits laboratoires modestement équipés, et, d’autre part, les centres de recherche multidisciplinaires, les programmations à long terme, la mise sur pied de solides axes de recherche financés par de grands organismes gouvernementaux et privés.

Jules Racine St-Jacques
Université Laval

On a beaucoup insisté sur la signification historique de la Révolution tranquille dans le mouvement de modernisation du système universitaire québécoisObjet inconnu. La création, en 1968, du réseau de l'Université du Québec matérialise l'importance symbolique de l'enseignement supérieur et de l'éducation en général dans la série de réformes entreprises à partir de 1960. En cette matière comme en tant d'autres, cependant, ce qui a été réalisé dans les années 1960 était déjà en préparation dans les années 1930, 1940 et 1950.

Camille Limoges
Philosophe et historien des sciences

Or nombre des idées reçues sur l’université n’ont d’autre fonction que de gommer la spécificité du présent. Par exemple, quand on va colportant que les universités, depuis leur apparition au Moyen Âge, auraient continûment développé une même identité institutionnelle, originelle, dédiée à une double mission d’enseignement et de recherche. Au regard de l’assomption d’une telle téléologie institutionnelle, peut-on maintenant à tout propos juger que l’authenticité de l’université québécoise se trouve menacée dans son essence, dans son intégrité, par contraintes et périls venus de l’extérieur?

Eve Seguin
Université du Québec à Montréal

Mon collègue Ken Westhues de University of Waterloo, vieux routier de la sociologie du mobbing académique, m’a semoncée : « Tu aurais dû t’y attendre! ». Et c’est vrai, je ne m’y attendais pas. Les trois textes sur le mobbing que j’ai publiés en septembre 2016 ont provoqué un véritable raz de marée dont j’ai été la première noyée.

Alexandre Navarre
Associé de recherche, École de technologie supérieur

Les sociétés de valorisation universitaires (SVU) québécoises fêtent leur quinzième anniversaire. En 2001, leur lancement avait fait couler beaucoup d’encre, mais, depuis, elles ont trouvé leur place dans l’écosystème de recherche et d’innovation. On en connaît peu, cependant – à part quelques initiés – au sujet des retombées des SVU sur le Québec , un des objectifs visés au départ. En 2012, on disait sur cette même tribune que la valorisation piétinait au Québec. Cependant, les observations actuelles nous réservent d’agréables surprises.

Jean-Claude Simard Simard
Université du Québec à Rimouski

Sarrazin a d’abord et avant tout été chirurgien puis médecin en Nouvelle-France, avant d’agir ensuite à un double titre : botaniste correspondant pour le Jardin royal des Plantes médicinales et membre canadien de l’Académie des sciences de Paris, fondée en 1666. De telles pratiques en contexte colonial étaient alors courantes, plusieurs métropoles européennes entretenant un réseau d’assistants à travers le monde. Leur travail consistait à recueillir des spécimens dans tous les domaines scientifiques, à dresser, en quelque sorte, un catalogue des ressources.

Vincent Larivière et Cassidy R. Sugimoto
Université de Montréal et Université de l’Indiana à Bloomington

La question de la place des femmes en recherche a fait, au cours des dernières années, couler beaucoup d’encre dans la communauté scientifique. Cette question a d’ailleurs déjà été abordée ici dans la chronique « Femmes et sciences : les premières données mondiales démontrent l’inégalité » publiée il y a trois ans.

Dimitri Della Faille
Université du Québec en Outaouais

Notre ouvrage se situe quelque part entre une publication classique (style académique, problématisation, analyses, résultats et bibliographie) et une publication émergeant du milieu de la pratique musicale avec des codes stylistiques différents. Nous visions à concourir au décloisonnement des savoirs pour y inclure les savoirs de pratique. Ainsi, mon collaborateur et le co-auteur de ce livre, Cedrik Fermont, est musicien et n’a pas de formation universitaire. Sa contribution à parts égales à cet ouvrage participe de cette idée de coproduire de la connaissance avec et pour la communauté.

Pierre Fortin
Université du Québec à Montréal

Il est impératif que nous fassions un effort individuel et collectif accru pour développer la culture scientifique chez nous et chez nos enfants. La culture scientifique, c’est celle qui clame haut et fort qu’il y a des affirmations qui sont vraies et d’autres qui sont fausses, que la vérité, ce n’est pas ce qui nous fait sentir bien dans notre peau (genre « t’as droit à l’opinion qui te plaît, fie-toi sur ton vécu, man »), mais ce qui existe réellement, hors de nous et indépendamment de nous, que cela fasse notre affaire ou non.

Benoît Melançon
Université de Montréal

Si la recherche scientifique est le plus souvent le parent pauvre des médias, la situation est pire encore pour certaines disciplines, notamment les lettres et les sciences humaines. Comment changer cela? Les journalistes ont un rôle important à jouer dans ce domaine, comme les universitaires eux-mêmes.

Catherine Ouellet-Courtois
Université de Montréal

Dans la dernière édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) – « la » source de référence en psychologie et en psychiatrie –, le trouble obsessionnel-compulsif, le fameux TOC, a quitté la zone des troubles anxieux. Il a été rangé dans une toute nouvelle catégorie, celle des troubles obsessionnels-compulsifs. Le TOC s’y retrouve en compagnie des troubles d'accumulation compulsive, d'excoriation compulsive, de dysmorphie corporelle et de trichotillomanie.

Jean-Éric Ghia
Ici Radio Canada Première

Une introduction à la vulgarisation scientifique dès les études supérieures serait déjà, selon moi, un bon point de départ. D’autant que chaque chercheur devra un jour communiquer son expertise à des acteurs sociaux n'appartenant pas à sa communauté scientifique (gouvernements, entreprises, groupes communautaires, grand public, médias, etc.). Il devra alors chaque fois adapter son message, le principal écueil de la vulgarisation, pour un scientifique, étant de savoir se détacher de l’approche langagière propre à son domaine. Si j'en juge par ma propre expérience, je dirais que le pilier fondamental de la vulgarisation scientifique est d’écouter avant de parler.

C’est avec grande émotion que nous avons appris la nouvelle du décès de Louise Dandurand. Nous la savions affaiblie, mais espérions toujours qu’elle retrouve sa vigueur. À l’Acfas, nous avons eu la chance et le bonheur que Louise Dandurand nous consacre près de dix années comme bénévole : cinq à titre d’administratrice (2007-2012), et ses premières années de retraite, comme présidente (2012-2015), puis comme membre du Conseil d’administration à titre de présidente sortante.

Adèle Paul-Hus,Vincent Larivière
Université de Montréal,Université de Montréal

Nos données montrent donc que les mesures de collaboration simplement basées sur le co-autorat sous-estiment de façon importante les pratiques de collaboration des chercheurs, principalement dans les disciplines des sciences sociales et humaines, et que la taille des équipes de recherche est beaucoup plus homogène entre les disciplines lorsque les remerciés sont pris en compte. Aussi, nos résultats confirment le déclin du chercheur solitaire, et ce, dans l’ensemble des disciplines, y compris dans les sciences sociales.

Jean-Claude Simard
Université du Québec à Rimouski

Fils du peintre impressionniste Georges d'Espagnat (1870-1950), auquel il a d’ailleurs consacré un ouvrage au titre très sobre (Georges d'Espagnat, 1990), le physicien français Bernard d'Espagnat (1921-2015) a côtoyé le gratin de la physique quantique du 20e siècle. Élève de Louis de Broglie et de Louis Leprince-Ringuet, puis d’Enrico Fermi à Chicago et de Niels Bohr à Copenhague, il a aussi travaillé avec Roland Omnès et Abdus Salam.

Shawn McGuirk
Université McGill

Reconnaissant l’inquiétude croissante parmi les diplômés des programmes scientifiques STIM, l’organisme étudiant à but non lucratif Dialogue Sciences et Politiques (DSP, ou SPE pour Science & Policy Exchange en anglais) a organisé une consultation sur l’éducation STIM le 28 novembre 2015.

Frédérique-Emmanuelle Lessard
Université de Montréal

Environ un étudiant sur cinq rapporte des symptômes dépressifs suffisamment sévères pour nécessiter des soins thérapeutiques immédiats, alors que 3% rapportent être en burnout et que 7,8% ont sérieusement songé à s’enlever la vie au cours des 12 derniers mois, ce qui est relativement élevé lorsqu’on compare aux 2 à 3% qu’on retrouve chez la population du même âge.

Simon Varaine
Université Grenobles Alpes

J’ai eu la chance de faire partie du groupe de chercheurs français invités, pour animer avec Johanna Masse et Frédéric Dejean l’atelier Radicalisation : psychologie et politique au Forum international Science et société 2016. Je propose ici un retour personnel sur ce que ce Forum m’a apporté en tant que doctorant, sur les principaux questionnements qu’a suscités l’atelier et sur la manière dont j’ai tenté d’y répondre.

Dossier | Régions

Cintech est un CCTT spécialisé en développement de produits et de procédés alimentaires ainsi qu’en évaluation sensorielle. Notre mission est québécoise, mais nous avons aussi des clients provenant d’autres provinces, de l’Europe et des États-Unis. Notre équipe est hautement qualifiée, elle se démarque par son caractère multidisciplinaire et son expérience dans tous les secteurs de l’industrie. Ce qui nous distingue aussi, c’est notre offre intégrée.

Robert Lamontagne
Université de Montréal

J’exerce le métier d’astronome et d’astrophysicien depuis plus de 30 ans (oui, je commence à être vieux!). Outre mes activités de recherche, j’ai consacré une partie importante de mon temps à la diffusion de ma science auprès du public – ce que l’on appelle, au sens noble du terme, la vulgarisation scientifique. Même à l’aube de ma carrière, j’ai toujours considéré qu’il s’agissait d’un aspect important mais souvent négligé de la tâche d’un scientifique.

Marcel Thouin,Pascal Lapointe
Université de Montréal,Agence Science-Presse

En tant que formateur d’enseignants de sciences qui est également auteur d’ouvrages de médiation scientifique (appelée aussi vulgarisation scientifique), et en tant que lecteur assidu de diverses revues de médiation scientifique, j’ai souvent constaté les grandes similitudes qui existent entre le travail de l’enseignant de sciences et celui du journaliste scientifique.

Pierre Cossette
Université du Québec à Montréal

Dans cet ouvrage, je propose une vision à la fois globale et détaillée des règles à suivre pour celui qui veut être un chercheur convaincant, c’est-à-dire un chercheur qui va persuader le rédacteur en chef d’une revue ainsi que les évaluateurs auxquels il fait appel que son manuscrit mérite d’être publié dans cette revue. Il a donc pour objectif d’aider les chercheurs, en formation ou non, à préparer un projet de recherche et à rédiger un texte destiné à une revue savante.

Jean-Hugues Roy
Université du Québec à Montréal

Quelle est la longueur moyenne d'un mémoire ou d'une thèse? Est-ce que j'en fais suffisamment? Est-ce que j'en fais trop? Les universités québécoises offrent bien peu de réponses aux étudiants des cycles supérieurs qui se posent ces questions. Mais la présente analyse de Jean-Hugues Roy, elle, y répond...

Dossier | Régions
Hugo Asselin
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Les recherches d'Hugo Asselin concernent les questions autochtones en lien avec la gouvernance du territoire et des ressources naturelles. Il travaille beaucoup avec les communautés Anicinapek (Algonquines) de l’Abitibi-Témiscamingue, mais aussi plus au nord avec les Cris, et plus à l’est avec les Atikamekw, notamment.

Dossier | Régions
Steve Plante,Pierre-André Tremblay
Université du Québec à Rimouski,Université du Quévec à Chicoutimi

Le thème du présent dossier est « la recherche en région ». Il arrive à point nommé, dans un contexte fortement marqué par une tendance accrue à la centralisation tant politique que démographique dans quelques villes, au Québec et ailleurs. Cette conjoncture est dominée par une reconfiguration des services publics en santé, en éducation et en recherche, et, un peu partout, on s’interroge sur le rôle des universités, sur leurs modes de financement, leur représentation au sein de la société et sur les valeurs qui sous-tendent l’orientation et la pertinence des études supérieures. Pourquoi donc s’intéresser à la recherche en région?

Dossier | Régions
André Gobeil,David Guimont
Cégep de Rivière-du-Loup et Living Lab en innovation ouverte (LLio),Cégep de Rivière-du-Loup et Living Lab en innovation ouverte (LLio)

Le Living Lab en innovation ouverte (LLio) du Cégep de Rivière-du-Loup est un service d’accompagnement, de référencement, de transfert et de recherche en innovation ouverte et en innovation usager, et ce tant pour les organisations et entreprises du Bas-St-Laurent que celles du Québec ou de l’étranger. Dans le cadre de nos mandats, nous avons jusqu’à présent, mis en œuvre et accompagné des projets d’innovation portés par les usagers à l’aide de la méthodologie Living Lab.