Découvrez les lauréats et lauréates 2014

  • Prix Acfas Adrien-Pouliot : Srečko Brlek, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • Prix Acfas André-Laurendeau : André Gaudreault, UdeM - Université de Montréal
  • Prix Acfas Denise-Barbeau : Luc Desautels, Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption
  • Prix Acfas Jacques-Rousseau : Sylvain Martel, École Polytechnique de Montréal
  • Prix Acfas Léo-Pariseau : Marc-André Sirard, Université Laval
  • Prix Acfas Michel-Jurdant : Paul del Giorgio, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • Prix Acfas Pierre-Dansereau : Line Chamberland, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie : Martine Hébert, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • Prix Acfas Urgel-Archambault : Alexandre Blais, UdeS - Université de Sherbrooke
  • Prix Acfas IRSST - Maîtrise : Judith Robitaille, UdeS - Université de Sherbrooke
  • Prix Acfas IRSST - Doctorat : Gabrielle Legendre, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • Prix Acfas Ressources naturelles : François Allard, UdeS - Université de Sherbrooke
  • Prix Acfas Fondation Desjardins - Maîtrise : Renaud Boulanger, Université McGill
  • Prix Acfas Fondation Desjardins - Doctorat : Maude Laliberté, UdeM - Université de Montréal
Srečko  Brlek - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Adrien-Pouliot
Srečko
Brlek
UQAM - Université du Québec à Montréal

Voilà presque trois décennies qu’il vogue entre mathématiques discrètes et informatique théorique, qu’il navigue entre la France et le Québec. La combinatoire des mots n’a plus de secret pour lui, la coopération scientifique avec l’Hexagone non plus. Ces allées et venues du lauréat sont non seulement productives en termes de recherches, mais aussi très structurantes en termes de développement de réseaux et de laboratoires.

Dans les années 1980, le lauréat réalise son doctorat à l’Université de Bordeaux 1. Sa thèse porte sur la complexité des chaînes d'opérations dans les monoïdes, un domaine bien précis des mathématiques lié au champ de l’analyse combinatoire. Cette branche des mathématiques sert à dénombrer et à ordonner toutes les combinaisons possibles des éléments constitutifs d'un ensemble. La combinatoire étudie différentes configurations de « collections » d'objets qui interagissent entre eux; ces objets peuvent être des mots, des nombres, des graphes, etc. La combinatoire peut s’appliquer au calcul de probabilités, et joue en informatique théorique un rôle fondamental ayant des applications directes utilisées dans la vie de tous les jours : écrans  graphiques, communications électroniques, son audio et image vidéo, etc.Après son doctorat, en 1989, Srĕcko Brlek devient professeur à l’Université du Québec à Montréal. Et tout naturellement, il entretiendra des liens étroits avec les chercheurs qu’il a connus à Bordeaux.

Ce faisant, dès son arrivée à l’UQÀM, le chercheur a joué un rôle primordial dans le rapprochement du Laboratoire de Combinatoire et d’Informatique de Montréal (LaCIM) et du Laboratoire bordelais de recherche en informatique (LaBRI), une unité associée au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), à l’Université Bordeaux 1, à l’Institut Polytechnique de Bordeaux, et à l’Université Bordeaux Segalen. Cette collaboration intense et pérenne, s’est d’abord concentrée au domaine de la combinatoire énumérative. Elle s’est progressivement étendue à d’autres spécialités, dont la modélisation et la vérification des systèmes de télécommunications. Puis, grâce au soutien du CNRS, cette association couvrira, de 1996 à 2007, de nombreux aspects des mathématiques et de l’informatique : combinatoire énumérative, applications à l’informatique fondamentale, calcul formel en arithmétique et combinatoire, etc. Elle s’est aussi traduite par des publications communes, des mémoires et thèses, ou encore la tenue de réunions et ateliers scientifiques internationaux fondamentaux, sans compter les colloques.

Srečko Brlek a grandement contribué à bâtir la réputation internationale du LaCIM en matière de combinatoire classique et énumérative, en développant entre autre les liens entre la combinatoire des mots et la géométrie digitale. Les recherches du laboratoire se regroupent autour de quatre axes : l'algèbre, la combinatoire, l'informatique mathématique et la bioinformatique. Le lauréat a été le directeur de ce laboratoire de 2005 à 2008, et en est de nouveau le directeur jusqu’en 2017, ainsi que l’un des éditeurs scientifiques.

L’une des forces du lauréat est sa capacité à détecter les meilleurs étudiants en les initiant très tôt à la recherche via des séminaires qu’il sait animer avec une grande générosité. De fait, il a toujours été soucieux de former une relève francophone en informatique et en mathématique. Favorisant les doctorats en cotutelle entre le Québec et la France, il a beaucoup encouragé ses étudiants à poursuivre leurs études outre Atlantique. Inversement, sur les 35 étudiants de cycles supérieurs ou stagiaires postdoctoraux qu’il a dirigés, bon nombre sont français.

Enfin, Srĕcko Brlek a réussi à structurer toute cette dynamique de recherche franco-canadienne en menant deux projets d’envergure internationale, au CNRS, qui verront le jour en 2011, un exploit :

  • Un Laboratoire international associé (LIA), soit le laboratoire international franco-québécois de recherche en combinatoire (LIRCO);
  • Une Unité mixte internationale (UMI), soit le Centre de recherches mathématiques (UMI-CRM).

Un LIA est un « laboratoire sans murs » qui associe des équipes d’un laboratoire affilié au CNRS et d’un laboratoire d’un autre pays. Le LIRCO fait partie des onze LIA lancés mondialement par l’Institut des sciences de l’information et de leurs interactions. C’est donc une consécration, à la fois pour le LaCIM et pour le LaBRI, mais aussi pour le lauréat qui en assure la codirection avec Jean-Christophe Aval du LaBRI. Une UMI est le plus haut niveau de reconnaissance internationale du CNRS. L’UMI-CRM est la 25e unité de ce type du CNRS, toutes disciplines confondues. Le Canada en compte quatre, dont trois au Québec. Ces deux projets, l’un présenté à l’Institut en charge de l’informatique, l’autre, à celui en charge des mathématiques, ont pu voir le jour grâce à la polyvalence de Srĕcko Brlek, à l’interface des deux disciplines.

André Gaudreault - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas André-Laurendeau
André
Gaudreault
UdeM - Université de Montréal

On reste un peu bouche bée face au curriculum de ce spécialiste du cinéma muet! Non sans raison. Chef de file des études cinématographiques, ce « découvreur » a l’art d’aller chercher dans les archives « le » film ou « le » document qui apportera un nouvel éclairage sur l’histoire du cinéma. Mais le lauréat n’est pas seulement l’historien des premières formes de cinéma; il est aussi un analyste reconnu de la manière dont le silence des pionniers nous parle. Plus récemment encore, il s’est intéressé à la « crise » que connaît le cinéma en raison de son passage au numérique.

C’est vers la fin des années 1970 qu’André Gaudreault entame ses recherches sur le cinéma. Or, à cette époque, ce champ d’études est quasi inexistant au Québec. Il poursuivra alors ses travaux en France pour obtenir, en 1983, un doctorat en études théâtrales et cinématographiques, de l’Université Paris 3. De retour au Québec, il participe activement, tant par ses recherches scientifiques que par les diverses structures qu’il a montées, à établir le cinéma comme un champ d’études incontournable.

Ses contributions sur le plan des connaissances sont considérables. Il a notamment été, avec Tom Gunning, à l’origine du concept de « cinéma des attractions », qui a révolutionné notre compréhension de l’histoire du cinéma des premiers temps en définissant un régime discursif autre que celui de la narration devenu prédominant par la suite.

Reconnu pour ses qualités de rassembleur, André Gaudreault accorde une grande importance à la collaboration entre chercheurs. En témoigne la composition des équipes de recherche des nombreux projets qu’il a menés ou auxquels il a participé, dont plusieurs ont permis la mise en valeur et le rayonnement du patrimoine cinématographique québécois : par exemple, les sites Le cinéma au Québec au temps du muet 1896-1930 et Le cinéma au Québec au temps du parlant 1930-1952, ou encore La filmographie des « vues » tournées au Québec au temps du muet, qui a mené à la création d’un moteur de recherche répertoriant les séries ou films tournés partiellement ou entièrement au Québec.

André Gaudreault est aussi auteur ou coauteur de nombreux articles et ouvrages majeurs dont on peut citer Du littéraire au filmique. Système du récit, paru en 1988 et salué unanimement par ses pairs, ou encore Le récit cinématographique, un ouvrage fondamental de narratologie. Il n’est plus étonnant de retrouver nombre de ses textes dans les anthologies en études cinématographiques et en communication, publiés et traduits dans le monde entier. En outre, leurs vertus pédagogiques obtiennent une reconnaissance internationale.

Œuvrant à l’Université de Montréal depuis 1991, le professeur a travaillé pendant plusieurs années sur les liens entre la narratologie littéraire et le cinéma. Il a ainsi créé avec deux collègues de son université le Centre de recherche sur l’intermédialité, premier centre au Canada consacré aux rapports intermédiatiques et à leurs implications historiques, sociologiques, culturelles et politiques.

L’engagement interdisciplinaire d’André Gaudreault l’a mené à fonder et diriger plusieurs instances de recherche fédératrices et internationales, dont DOMITOR (Association internationale pour le développement de la recherche sur le cinéma des premiers temps), le GRAFICS (Groupe de recherche sur l’avènement et la formation des institutions cinématographique et scénique), l’un des premiers groupes de recherche sur le cinéma fondé au Québec, subventionné depuis 1994 par le FRQSC (Fonds de recherche du Québec - Société et culture), et l’Observatoire du cinéma au Québec. Il agit aussi à titre de directeur de la revue spécialisée en études cinématographiques la plus importante au Canada, Cinémas. De plus, André Gaudreault a récemment été élu fellow de la Société royale du Canada. L’élection à la Société royale du Canada constitue le plus grand honneur qui puisse être accordé à un universitaire qui travaille dans les domaines des arts, des lettres et des sciences.

À la fois professeur, pédagogue et chercheur prolifique, il a dirigé ou codirigé 31 étudiants à la maîtrise et 16 étudiants au doctorat, dont des thèses au département de littérature comparée. Il est par ailleurs à l’origine de la création, en 2007 à l’Université de Montréal, du premier programme de doctorat en études cinématographiques offert au Canada.

Prix Acfas Denise-Barbeau 2016 : Luc Desautels
Prix Acfas Denise-Barbeau
Luc
Desautels
Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption

Le prix Acfas Denise-Barbeau 2014, édition dédiée à la recherche en sciences humaines et sociales, est remis à Luc Desautels, professeur de  philosophie au Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption.

Le lauréat œuvre dans le milieu collégial depuis 1983 en tant que professeur de  philosophie et de religion au Collège de L’Assomption, et depuis 1998 en tant que professeur de philosophie au Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption. Tout au long de cette carrière, il a contribué de manière remarquable à l’avancement de la réflexion en éthique appliquée et au développement de la recherche à l’ordre collégial. D’un côté, ses travaux scientifiques ont participé à la réussite des étudiants et favorisé la réflexion éthique des enseignants. De l’autre, son engagement soutenu envers la recherche au collégial, à travers les associations et les institutions, aura structuré de manière permanente des pratiques de recherche tous azimuts dans les collèges.  

De la recherche

Les travaux de recherche de Luc Desautels ont principalement trait à l’éthique, et plus spécifiquement aux questions d’éthique appliquée à l’enseignement dans le milieu collégial. Sa thèse de doctorat, déposée en 2005, présentait d’ailleurs une approche destinée à être appliquée dans les cours de philosophie sur l’éthique. À travers ces travaux, il a posé une question toujours d’actualité, à savoir quels sont les choix pédagogiques les plus appropriés à un enseignement de l’éthique. Pour y répondre, il a proposé  de partir de l’apprenant  pour aborder les facteurs facilitant le maintien de l’intérêt et favorisant l’apprentissage des étudiants au cours de philosophie. Ces travaux ont mené, entre autres, à des initiatives qui ont amélioré la réussite des étudiants ayant échoué le premier cours de philosophie.

Une enquête sur les préoccupations éthiques des enseignants figure parmi ses importantes contributions en recherche. Cette première dans le milieu d’enseignement collégial a permis de mettre à jour les préoccupations éthiques récurrentes chez les enseignants. Ces préoccupations concernent principalement les étudiants, mais aussi les collègues, l’enseigne-ment proprement dit ainsi que la profession enseignante. C’est le souci d’équité qui prédomine, dans l’évaluation des apprentissages, dans l’encadrement et dans l’attention portée aux étudiants qui présentent des problèmes particuliers.
Cette enquête a aussi fait ressortir la difficulté de discuter de ces questions entre collègues. De ce constat, une deuxième recherche a été lancée avec pour but de documenter le processus de réflexion éthique entre enseignants. Aucune étude sur ce processus de réflexion au collégial, en situation réelle de discussion, n’avait été réalisée à ce jour. Les données sont en cours d’analyse, mais déjà on peut dire que ces travaux participent de premier plan à la vaste réflexion collective sur les pratiques enseignantes qui a cours en ce moment. De plus, par ses contributions à de nombreux colloques sur la scène internationale, il fait largement rayonner la recherche réalisée au collégial.

Articulant enseignement et recherche, dans une autre initiative, il a développé deux activités de formation en ligne dans le cadre du programme Performa de l’Université de Sherbrooke, conduisant au diplôme de 2e cycle en enseignement au collégial et à la maîtrise en enseignement au collégial. La première activité permet aux enseignants d’être initiés aux enjeux et pratiques de la recherche en pédagogie au collégial, alors que la seconde traite de l’éthique professionnelle des enseignants de l’enseignement supérieur.

Du développement de la recherche au collégial

Luc Desautels s’est aussi illustré de manière remarquable par son engagement dans des associations qui visent à développer et à promouvoir la recherche à l’ordre collégial.

Soulignons d’abord sa présidence de l’Association pour la recherche au collégial, de 2006 à 2013. Sous sa gouverne, entre autres, l’innovation sociale a été reconnue pour l’octroi de Centres collégiaux de transfert de technologie et le gouvernement fédéral a développé des programmes de financement dédiés aux cégeps et aux collèges communautaires. Il a de plus contribué à de nombreuses reprises à la réflexion autour des conditions de pratique de la recherche au collégial autour des différentes politiques de recherche québécoises et canadiennes.

Puis, en tant que coordonnateur de la recherche au Cégep régional de Lanaudière (depuis 2008), il a contribué à structurer la gouvernance de la recherche, notamment en rédigeant les politiques institutionnelles et en s’assurant de leur mise en œuvre. De plus, il a soutenu les chercheurs de cette institution dans l’atteinte de leurs objectifs scientifiques, dans la recherche de financement et bien sûr dans le développement du caractère éthique de leurs travaux. Mais surtout, il a su transmettre aux jeunes enseignants-chercheurs l’importance de reposer leurs actions et leurs décisions sur des données probantes. Et aujourd’hui, grâce entre autres à sa ténacité et à son engagement, le cégep est fort de trois centres de recherches et de plusieurs chercheurs autonomes, en plus de posséder une politique de recherche très structurée.

Enseignant, chercheur, développeur et gestionnaire, la contribution de Luc Desautels a peu d’équivalent dans l’histoire des collèges. Chercheur rigoureux, modèle d’intégrité intellectuelle et de pertinence sociale, le lauréat du prix Acfas – Denise-Barbeau honore cette première remise.

Sylvain Martel - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Jacques-Rousseau
Sylvain
Martel
École Polytechnique de Montréal

Des robots si petits qu’ils ne sont pas visibles à l’œil nu! Voilà un thème digne de la science-fiction. Et pourtant, nous sommes bel et bien en pleine science-réalité. Une réalité nanorobotique que le lauréat et son équipe de recherche hautement pluridisciplinaire a littéralement révolutionnée. On doit par exemple à ce visionnaire plusieurs premières mondiales, dont le développement d’un minuscule véhicule téléguidé destiné à faire partie de l’arsenal chimio-thérapeutique. Avec ce chercheur au volant, le cancer n’a qu’à bien se tenir!

L’originalité des travaux de Sylvain Martel réside dans la combinaison de multiples expertises : médecine, microbiologie, dynamique des fluides, sciences des matériaux, nanotechnologie, micromécanique, physique, chimie, microélectronique et ingénierie informatique. Cette approche « combinatoire » permet au chercheur de proposer des idées jamais envisagées auparavant par d’autres équipes dans le monde. De fait, il a innové dans plusieurs domaines, notamment en mécatronique, en électronique, en cardiologie, en chirurgie à distance ainsi qu’en instrumentation médicale. Le contrôle par ordinateur de bactéries pour diverses applications et le développement d’implants pour les interfaces cerveau-machine s’ajoutent à cette gamme.

Titulaire d’un doctorat en génie électrique de l’Université McGill dans le domaine du génie biomédical, le lauréat a fait ses premières armes au Massachussetts Institute of Technology, en tant que stagiaire postdoctoral puis comme chercheur, avant d’être embauché comme professeur à Polytechnique Montréal en 2001. Il y poursuit aujourd’hui ses activités de recherche au sein du Laboratoire de nanorobotique.

Sylvain Martel est un pionnier dans l’utilisation de la nanorobotique pour les applications médicales. Il a développé, entre autres, la navigation de microdispositifs contenant des agents thérapeutiques circulant dans le système vasculaire afin de cibler directement les régions cancéreuses à traiter.

Depuis plus de 10 ans, il a travaillé en étroite collaboration avec les médecins et autres spécialistes incluant ceux de l’industrie pharmaceutique pour mieux cibler les besoins réels et mieux répondre aux défis jusqu’ici insurmontable dans la lutte contre le cancer.

Il a aussi contribué à l’avancement des connaissances en formant des chercheurs de haut niveau dans le domaine du génie informatique, logiciel et biomédical. Il a ainsi dirigé et codirigé les travaux de doctorat et de maîtrise de plus de 50 étudiants, et il a également contribué à la formation de chercheurs postdoctoraux et assistants de recherche.

Marc-André Sirard - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Léo-Pariseau
Marc-André
Sirard
Université Laval

On ne peut que saluer l’abondante fertilité des travaux de ce grand spécialiste de la reproduction animale. La fécondation de l’ovule et le développement des embryons sont au cœur de cette spécialité. Ce chercheur a mis au point, entre autres, une méthode in vitro de culture des ovules de bovins qui aujourd’hui est utilisé à travers le monde. Cette méthode a ouvert la porte à presque toutes les technologies modernes de reproduction assistée et de manipulation des embryons chez les animaux d’élevage. Oscillant constamment entre recherche fondamentale et recherche appliquée, ses travaux ont aussi généré d’importantes retombées du côté de la fécondation humaine.

Dès ses études graduées, Marc-André Sirard développe une méthode semi-invasive de récupération des ovules de vaches : la laparoscopie. Grâce à cette approche, il « féconde » in vitro sans stériliser l’animal. Des lapines sont ensuite « empruntées » comme incubateurs temporaires (sept jours), puis finalement les embryons sont transférés dans des femelles bovines pour une durée de neuf mois. Il obtiendra ainsi neuf veaux « éprouvettes », une première mondiale, réalisée à Québec en 1985. Sa carrière est lancée.

Dans le cadre d’un postdoctorat en reproduction à l’Université du Wisconsin, il développe un système de culture pour la production d’embryons de bovins à partir d’ovocytes immatures récupérés à l’abattoir. Il obtenait ainsi cent ovaires par jour dans un petit abattoir et en retirait 800 ovules pour les féconder après 24 heures de maturation, générant des centaines d’embryons pour la recherche. Partant des lapines et des brebis comme incubateur, ses travaux le mèneront plutôt à un système de culture in vitro qui permet de garder les embryons en vie pendant sept jours, moment où il est possible de les remettre dans une receveuse par un transfert non chirurgical. Aujourd’hui, des centaines de laboratoires à travers le monde utilisent ce système de culture développé par le Dr Sirard. Et c’est au Québec que les taux de succès sont les meilleurs, et ce, grâce à la compagnie Boviteq dont le directeur de la recherche a obtenu son PhD avec le lauréat.

De retour à Québec en 1987, il débute sa carrière de professeur-chercheur à l’Université Laval, où il poursuivra ses travaux sur le système de fécondation in vitro et explorera de nouvelles approches en biotechnologie animale.

En 1995, Marc-André Sirard fonde le Centre de recherche en biologie de la reproduction (CRBR), qui deviendra le plus important œuvrant dans ce domaine au Canada. Plus de cent personnes y travaillent aujourd’hui.

Puis, en 2001, il obtient, la première chaire en reproduction au Canada. Initié au génie génétique par la transgénèse, soit l’introduction de gènes dans un organisme vivant, il réalise que pour comprendre ce qui se passe dans l’ovule, il faut un outil puissant comme l’amplification des gènes. Alors qu’il faut 5000 ovules pour une analyse très sommaire des protéines de l’ovule, 5 ovules suffisent pour interroger 25 000 gènes pouvant s’exprimer dans cette cellule. Il devient alors possible de comprendre comment fonctionne cette cellule unique qui peut à elle seule « créer » un adulte à partir d’une cellule de peau.

Entre 2008 et 2013, le chercheur dirige le réseau stratégique du CRSNG EmbryoGENE (Embryon- Environnement-Nutrition et Épigénétique) qui réunit universités et entreprises. Ce réseau développe, entre autres, la biopuce la plus complète au monde pour l’étude de l’expression des gènes de l’ovule ou de l’embryon. Sous sa direction, le réseau lance une puce épigénétique permettant de cibler 440 000 sections de l’ADN pour y déceler des changements associés à l’effet de l’environnement maternel.

Après plus de 25 ans de carrière, la contribution scientifique du Dr Sirard se mesure tant au plan quantitatif que qualitatif. Et au-delà de ses talents de scientifique et d’entrepreneur, le lauréat a toujours eu le souci de former une relève. Ses nombreux étudiants gradués et stagiaires postdoctoraux l’ont donc accompagné au fil de ses différents exploits.

Paul del Giorgio - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Michel-Jurdant
Paul
del Giorgio
UQAM - Université du Québec à Montréal

On sait que les lacs et les océans abritent poissons, mammifères et sirènes. Moins connu, et pourtant passablement plus important, quantitativement parlant, y cohabite aussi le très influent peuple des micro-organismes. Bactéries, flagelles, phytoplancton ou zooplancton sont passés par le laboratoire du lauréat aujourd’hui leader mondial en écologie des micro-organismes aquatiques. Ses travaux ont permis entre autres, de faire ressortir l’importance du métabolisme de ces micro-organismes sur l'équilibre du carbone dans la biosphère.

Paul del Giorgio a amorcé sa carrière de chercheur par une thèse de doctorat remettant en question un vieux principe de la limnologie voulant que les écosystèmes des eaux douces soient autonomes en termes d’énergie. Le jeune chercheur démontre alors qu'ils dépendent fortement de la matière organique provenant de leurs bassins versants. Par la suite, il a étendu ses travaux dans des « terrains » très différents, passant des rivières aux océans, tout en démontrant l’importance de la respiration bactérienne et des apports externes de matière organique sur le bilan métabolique de ces écosystèmes aquatiques.

Les travaux du professeur del Giorgio sur le métabolisme aquatique ont eu des implications bien au-delà de l’écologie microbienne. Par exemple, ses recherches ont démontré que la décomposition dans le milieu aquatique du carbone d’origine terrestre génère de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2). De ce fait, la vaste majorité des lacs et des rivières, qui émettent vers l’atmosphère du dioxyde de carbone et du méthane, jouent potentiellement un rôle très important dans le bilan global de CO2. Dans les dix dernières années, le groupe de recherche de Paul del Giorgio s’est consacré spécifiquement à l’étude de ce rôle.

Depuis 2009, le lauréat est titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG / Hydro-Québec en biogéochimie du carbone des écosystèmes aquatiques boréaux (BiCÉAB). Dans les vastes régions du Nord-du-Québec, les cours d'eau recouvrent une grande partie du territoire. Cependant, la majorité de ces écosystèmes aquatiques ont été peu explorés, principalement à cause de leur éloignement et de leur inaccessibilité. L’objectif de cette chaire est d’accroître la compréhension du fonctionnement des rivières et des lacs boréaux, en mettant l'accent sur la biogéochimie du carbone, avec l’objectif ultime d’intégrer ces systèmes à des modèles régionaux de carbone. Ce programme de recherche représente l’un des plus vastes projets de ce type dans le monde, et le lauréat est en train de démontrer que ces écosystèmes aquatiques nordiques sont un lieu d’intense activité biogéochimique de transformation, de décomposition et de stockage du carbone terrestre, et qu’ils agissent donc comme une composante essentielle du bilan de carbone global.

Un des éléments motivateurs pour le professeur del Giorgio réside dans l’établissement de liens collaboratifs solides avec ses collègues comme avec ses étudiants. Aujourd’hui, plusieurs de ses anciens étudiants occupent des positions en recherche un peu partout dans le monde.

Line Chamberland - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Pierre-Dansereau
Line
Chamberland
UQAM - Université du Québec à Montréal

Lesbienne, gaie, bisexuelle, transsexuelle et transgenre. La lutte acharnée pour la reconnaissance de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de vie menée par cette chercheure a été décisive. C’est toute notre société qui aujourd’hui tire un bien-être de ces avancées sociales et politiques. Vouée corps et âme à sa cause, la lauréate a consacré non seulement ses recherches, mais aussi sa vie à mettre en lumière les vécus singuliers de ces personnes et à se battre contre l’homophobie.

Très tôt, Line Chamberland s’est intéressée aux vécus atypiques des personnes gaies et lesbiennes dans des dimensions allant au-delà de la recherche biomédicale. De fait, jusque dans le milieu des années 1970, l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale.

C’est aussi à cette époque que commence son engagement social. Elle participe alors aux premiers regroupements servant de lieux de conscientisation politique et d’entraide entre lesbiennes, à savoir la Coop-femme et l’École Gilford. En 1992, elle contribue à l’organisation du premier colloque international au Québec sur les études gaies et lesbiennes, à titre de membre du comité scientifique et organisateur.

Sa thèse de sociologie, soutenue en 1994 à l’Université de Montréal aborde la question du lesbianisme d’un point de vue historique, sociologique et culturel, tel qu’il est vécu à Montréal entre 1950 et 1972.

Après l’obtention de son doctorat, elle s’investit dans la recherche, parallèlement à sa tâche d’enseignement au niveau collégial. Elle multiplie alors les initiatives pédagogiques autour des questions de diversité sexuelle et de genre, notamment, et audacieusement, dans le programme de Techniques policières.

Alors que la résistance est encore marquée, elle réalise au sein de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) une recherche-action pionnière sur les discriminations envers les travailleurs et travailleuses homosexuels. Elle s’engage également dans le Groupe interdisciplinaire de recherche et d’études - homosexualité et société (GIREHS), le tout premier programme d’enseignement et de recherche sur les minorités sexuelles au Québec, mis en place à l’UQÀM en 1994. Elle enseigne également les études lesbiennes à l’Université de Concordia.

Dans les années 2000, sa production scientifique s’intensifie et s’accompagne d’actions concrètes dont les retombées sont structurantes tant dans le milieu universitaire qu’au sein de la société. Ce faisant, elle contribue au déploiement d’un domaine suscitant l’intérêt d’un nombre croissant de chercheurs. Ses travaux lui ont assuré un rayonnement au Canada et à l’étranger où elle a souvent été invitée à partager ses savoirs lors de rencontres avec des chercheurs et des décideurs politiques. Dans la foulée, elle a conçu en collaboration avec des partenaires, un programme de formation du personnel enseignant actuel et futur : L’homophobie chez les jeunes : réduire la violence et promouvoir l’inclusion.

La Chaire de recherche sur l’homophobie, dont elle est titulaire depuis 2011, constitue également, sous sa gouverne, un véritable incubateur de projets et d’initiatives sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres.

Aussi, l’implication de la chercheure dans divers groupe tels que le Conseil québécois LGBT, les Tables nationales de lutte contre l’homophobie des réseaux scolaire et collégial, la Coalition des familles homoparentales et autres, lui a permis de tisser des partenariats fructueux avec de nombreux acteurs sociaux.

Dès les premières heures, Line Chamberland a été associée aux luttes pour la reconnaissance sociale et juridique des droits des personnes de minorité sexuelles. Elle a su joindre les outils de la recherche universitaire pour amener un changement des mentalités, des pratiques et des lois visant à assurer l’égalité et le mieux-être des personnes, quelle que soit leur orientation ou leur identité sexuelle.

Plus qu’un exemple de détermination et d’engagement, Line Chamberland est une inspiration pour toutes les femmes qui, malgré le chemin parcouru ces dernières décennies, n’ont toujours que peu de modèles ouvertement et publiquement lesbiennes.

Martine Hébert - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie
Martine
Hébert
UQAM - Université du Québec à Montréal

Elle est parfois taboue ou du moins très difficile à aborder. Mais heureusement, la problématique des agressions sexuelles chez les enfants est désormais beaucoup mieux comprise. Cette compréhension renouvelée nous la devons en grande partie aux recherches de la lauréate. Véritable figure de proue internationale en ce domaine, elle a porté un regard attentif et attentionné sur le parcours douloureux de ces jeunes victimes de maltraitance.

Dès sa maîtrise en psychologie clinique, Martine Hébert s’affirme comme pionnière par son intérêt pour le vécu des enfants victimes d’agressions sexuelles. Il n’existait alors que très peu de données probantes permettant de guider les pratiques d’intervention auprès de ces enfants. Son but était de comprendre les besoins mais surtout la diversité des profils et des facteurs influant sur le rétablissement des jeunes confrontés à ces situations. Elle innove alors en adoptant une approche de « recherche-action » développée en collaboration avec les organismes voués à la prévention et au soutien des jeunes.

Devenue professeure à l’UQAM en 1999, par une série d’enquêtes et d’études, la lauréate mettra en lumière le large spectre de problèmes émotionnels et comportementaux dont ces enfants souffrent. Aussi, elle documentera les stratégies d’adaptation et de résilience, parfois salvatrices, que certains d’entre eux déploient. Elle a aussi été amenée à cerner les conséquences de ces agressions sur le vécu sexuel et amoureux des adolescents.

Soucieuse de contribuer à l’amélioration des interventions, Martine Hébert accompagnera, tout au long de son parcours, les praticiens dans une diversité de milieux. Cette démarche novatrice a permis d’affiner les interventions mais aussi de brosser un portrait plus global et plus juste des expériences de traumatisme. C’est à ce titre de praticienne-chercheure, qu’elle s’avère être un véritable agent de changement social au Québec.

De solides partenariats se sont aussi construits autour de ses travaux, notamment avec la clinique de pédiatrie sociojuridique du CHU Sainte-Justine, le Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille, l’organisme Parents-Unis ou encore le Centre d’expertise Marie-Vincent grâce à la Chaire interuniversitaire Marie-Vincent. Elle a alors mené une série d’études impliquant au total près de 1 000 enfants victimes d’agressions sexuelles dont l’une des rares études abordant le parcours de rétablissement des enfants sur une période d’un an suivant le dévoilement. Ces travaux ont permis, entre autres, d’identifier une typologie qui oriente les services d’intervention en fonction des besoins spécifiques des enfants. Une approche particulièrement appréciée des milieux d’intervention psychosociale.

Aussi, pour assurer une diffusion large des meilleures pratiques en matière d’évaluation et de traitement des enfants victimes d’agressions sexuelles, elle a publié comme premier auteur, en collaboration avec deux collègues, l’ouvrage L’agression sexuelle envers les enfants. Le premier Tome, paru en 2011, rassemble les plus récents résultats de recherche et de pratiques d’investigation, d’évaluation, de traitement et de prévention. Le second tome, paru en 2012, propose une recension des connaissances empiriques concernant l’interrelation entre l’agression sexuelle envers les enfants et d’autres problèmes sociaux, tel que le suicide. Cet ouvrage est une référence pour la formation universitaire mais aussi la formation des futurs policiers. Il est également une référence en France pour l’association Stop aux Violences Sexuelles (SVS), porteuse d’un projet de santé publique d’éradication de telles violences.

Au-delà de ces multiples implications, Martine Hébert a aussi assumé la formation d’une relève compétente en encadrant, au cours des dernières années, près de 20 recherches doctorales et postdoctorales, et plus de 40 mémoires.

Alexandre Blais - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Urgel-Archambault
Alexandre
Blais
UdeS - Université de Sherbrooke

Toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus surréaliste. Les capacités de calcul des ordinateurs sont à la veille d’être multipliées exponentiellement. Impensable, non? Pourtant, le lauréat fait partie de cette petite poignée de scientifiques dans le monde qui développe de tels dispositifs. En dix ans seulement, il est devenu l’un des leaders mondiaux de l’informatique quantique. Ce domaine futuriste a progressé de manière fulgurante grâce aux travaux de ce physicien maintenant sénior, et pourtant encore si jeune. De quoi en rendre jaloux plus d’un!

L’information quantique constitue un domaine de recherche nouveau qui promet des ordinateurs à la puissance multipliée. Pour réaliser les tâches impossibles à leurs homologues classiques, ils exploiteront les effets fondamentalement quantiques : superposition d’états, interférence et intrication. La mise au point d’un tel système représente cependant un défi de taille. Des dizaines d’approches ont été mises de l’avant au cours des quinze dernières années et parmi celles-ci, seule une poignée est maintenant considérée comme réaliste.

Parmi ces approches, une architecture complètement originale a été développée par le professeur Blais et ses collègues de l’Université de Yale en 2003. Cette architecture, connue sous le nom d’électrodynamique quantique en circuit, est maintenant considérée comme l’une des plus prometteuses. Basée sur l’interaction de la lumière et de la matière, soit l’interaction entre un seul photon et un seul atome, elle est étudiée par plusieurs dizaines de groupes à travers le monde.

Dès son embauche à l’Université de Sherbrooke en 2006, Alexandre Blais est nommé membre du programme Matériaux Quantiques et du programme Information Quantique de l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA). Il devient peu après membre du programme de Nanoélectronique. Une nomination aux programmes de l’ICRA passe par une évaluation rigoureuse, c’est un honneur difficile à obtenir, alors trois nominations…

Devenu un des meilleurs experts en informatique quantique, Alexandre Blais a aidé à définir les expériences de plusieurs groupes expérimentaux d’importance du domaine. Au cours des six dernières années, il a en effet publié avec des groupes de Californie, de France, de Suisse, du Japon, etc. Grâce à ces collaborations, ses travaux théoriques sont rapidement testés en laboratoire. Pour cette raison, déjà en 2010, il était reconnu par Science Watch de Thompson Reuter comme l’un des vingt auteurs ayant le plus grand impact dans le domaine de l’information quantique.

En raison de ses qualités de pédagogue, il est régulièrement invité à enseigner lors d’écoles d’été. Aussi, grâce à l’Équipe de recherche sur la physique de l’information quantique (ÉPIQ) qu’il a cocréée, les membres de son laboratoire profitent d’un environnement de formation stimulant. De plus, tant les étudiants de premier cycle que les stagiaires postdoctoraux contribuent à ses projets de recherche de pointe et leurs conclusions théoriques mènent souvent à des expériences rapportées dans les revues les plus prestigieuses. Au cours des dernières années, leurs travaux ont directement conduit à au moins cinq publications expérimentales dans Nature, une dans Science et plusieurs dans Physical Review Letters.

Judith Robitaille - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas IRSST - Maîtrise
Judith
Robitaille
UdeS - Université de Sherbrooke

Chopin, Vivaldi, Bach, Mozart, Beethoven. Tous ces grands « classiques » sont chaque année étudiés et revisités par des étudiants en musique. Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qui se cachait derrière ce doux son arrivant jusqu’à vos oreilles? Beaucoup de travail, certes! Mais aussi de la douleur. Et tout particulièrement, la douleur musculaire et squelettique causée par la pratique assidue d’un instrument. Un bémol auquel notre lauréate compte bien remédier!

Judith Robitaille est ergothérapeute de profession mais aussi violoniste. C’est pourquoi son mémoire de maîtrise en sciences cliniques est bien le prolongement naturel de sa double expérience professionnelle! Débuté en 2012 à l’Université de Sherbrooke, il traite de « l’épidémiologie de la douleur musculo-squelettique liée à l’exécution de la musique classique chez les étudiants d’un instrument de musique à cordes frottées », soit le violon, le violon alto, le violoncelle et la contrebasse.

Déjà en 2003, pendant ses études au baccalauréat en ergothérapie à l’Université d’Ottawa, la jeune étudiante se démarque par l’originalité de ses idées. De fait, elle met de l’avant la pertinence d’une vision holistique des problèmes de santé des musiciens. Par cette initiative, elle remporte le Prix Anne-Lang-Etienne, remis à l’étudiant se distinguant « par son approche humaniste et holistique de l’ergothérapie ».

Ainsi, son parcours d’ergothérapeute clinicienne, de professionnelle de recherche au Centre de recherche sur le vieillissement de Sherbrooke, et de musicienne lui a permis d’acquérir, au cours de ces dix dernières années, les compétences nécessaires à la réalisation de son mémoire de maîtrise.

Un constat préoccupant motive sa recherche : la douleur musculo-squelettique liée à l’exécution de la musique (DMEM) affecterait autant les étudiants que les professionnels. De fait, les musiciens développent dès leur apprentissage des habitudes de travail, bonnes ou mauvaises, qu’ils maintiendront tout au long de leur carrière. Ainsi, le projet de Judith Robitaille permettra d’agir en amont des problèmes de santé susceptibles de se poursuivre dans leur vie professionnelle.

Son objectif sera donc de favoriser la santé et la sécurité de ces jeunes travailleurs par des interventions de prévention articulées autour de facteurs de risque connus comme la durée du temps de jeu d’un instrument à cordes frottées. Une étude novatrice, car la vérification de l’impact des changements de cette durée sur la douleur n’a encore jusque-là jamais été documentée. Pourtant, ces changements surviennent régulièrement dans le parcours des étudiants en musique, comme lors de la participation à un camp musical intensif.

Cette recherche permettra donc de développer de nouvelles connaissances utiles à la mise en œuvre de stratégies d’intervention favorisant la santé des étudiants se destinant à une carrière musicale.

Par ailleurs, Judith Robitaille s’est également illustrée par sa participation à la rédaction d’articles scientifiques parus dans des revues avec comité de pairs, telles que l’International Journal of Therapy and Rehabilitation ou encore la Revue canadienne d’ergothérapie.

Gabrielle Legendre - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas IRSST - Doctorat
Gabrielle
Legendre
UQAM - Université du Québec à Montréal

À Montréal plus du tiers de la population est née à l’étranger. Dans ce contexte de forte immigration caractérisant notre époque, l’intégration de ces nouveaux travailleurs devient un défi. Il est souvent compliqué pour eux de s’insérer et une fois embauchés, ils occupent généralement, et de façon précaire, des professions à plus haut risque. De plus, leur situation instable ne les incite pas à déclarer les incidents ou les accidents. Cette question délicate et complexe, la lauréate s’en est fait une vocation. En véritable actrice de changements sociaux, elle dédie sa carrière professionnelle et universitaire à sensibiliser les acteurs concernés par la santé et la sécurité au travail des immigrants.

Des petites entreprises aux travailleurs immigrants

C’est d’abord en tant qu’adjointe de recherche qu’en 2008, Gabrielle Legendre est introduite à la question. Elle collabore alors à un projet relatif aux « stratégies favorables au développement et au maintien de mesures de santé au travail (SAT) dans les petites entreprises (PE) du centre urbain montréalais embauchant une main-d’œuvre immigrante » (Gravel, Rhéaume, Séguin, Xenecosta).

Au cours de cette étude, trois sources de données sont exploitées :

  • Des entrevues semi-dirigées menées auprès des répondants de santé et sécurité au travail (SST) des petites entreprises;
  • Des entrevues semi-dirigées avec les professionnels en SAT des centres de santé et de services sociaux œuvrant dans ces entreprises;
  • Un questionnaire auto-administré à des travailleurs.

Les résultats obtenus soulignent plusieurs obstacles à la participation des travailleurs immigrants aux mesures préventives, par exemple, la langue, les différences culturelles au niveau de ce qui est acceptable comme niveau de risque, la crainte de perdre son emploi s’ils adoptent une attitude revendicatrice, etc.

Ces constats suscitent l’intérêt des établissements de SST, des institutions publiques de protection des travailleurs, mais aussi des organismes voués à la défense et à l’insertion des travailleurs immigrants. Les recommandations qui s’en suivent mèneront à la constitution de la Table de concertation pour l’amélioration de la SST des travailleurs issus de l’immigration, en 2013, réunissant des partenaires de la SST, de l’immigration, de santé publique, de l’emploi, et du milieu patronal et syndical. Il en émergera des actions concrètes en transfert des connaissances qui pourraient mener à des changements de pratiques et à l’évolution des politiques publiques.

Aujourd’hui adjointe à la coordination des actions de cette Table, Gabrielle Legendre a su voir en ce projet de recherche une source d’inspiration pour son mémoire de maîtrise en administration des affaires, mais aussi pour sa thèse de doctorat interdisciplinaire en santé et société commencée à l’UQAM, en 2013.

Évaluer les activités de transfert de connaissances

Son projet de thèse consiste en l’évaluation des activités de transfert de connaissances proposées par chacun des quatre sous-groupes d’acteurs de cette Table. Ces activités concernent :

  • la formation destinée aux représentants d’organismes communautaires et aux nouveaux immigrants;
  • la formation destinée aux professionnels de SST;
  • les outils d’information et de sensibilisation destinés aux petites entreprises;
  • le plan d’action pour mobiliser les instances publiques concernant les inégalités sociales de SST.

Par ailleurs, dans le cadre de ses fonctions à la Table, elle participe activement aux actions menées par la Direction de la santé publique de Montréal afin de sensibiliser les instances publiques aux inégalités sociales de santé au travail.

En parallèle, la doctorante est aussi depuis 2011 coordinatrice adjointe à la direction du Réseau de recherche en santé et sécurité du travail du Québec (RRSSTQ). Ce réseau, constitué de chercheurs venant de champs disciplinaires multiples, lui a permis d’acquérir une expérience professionnelle hors du commun. Dès lors, Gabrielle Legendre se fait remarquer non seulement pour son habileté à interagir avec les diverses communautés de chercheurs, son sens critique, sa persévérance lors de la rédaction de demande de subvention, son sens organisationnel en tant que coordonnatrice de plusieurs événements au sein du réseau, mais aussi pour ses qualités rédactionnelles comme coéditrice d’un numéro spécial de la revue Relations Industrielles lancée en 2014.

Enfin, sa contribution au transfert des connaissances se démontre aussi en sa qualité de chargé de cours, depuis 2011, à l’UQAM, et à l’Université de Sherbrooke en gestion des ressources humaines, en gestion de la diversité et en gestion de la santé et sécurité au travail. 

François  Allard - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Ressources naturelles
François
Allard
UdeS - Université de Sherbrooke

Le secteur québécois de l’aluminium, comme d’autres, joue du coude pour demeurer compétitif. La réduction des coûts de production sera la contribution du chercheur à cet enjeu. Plus particulièrement, il s’intéresse aux pertes de chaleur engendrées lors du procédé d’électrolyse de l’aluminium. Comprendre ce phénomène complexe d’évasion thermique dans le but d’améliorer le bilan économique, mais aussi environnemental de l’industrie : voilà la modeste mission que s’est donnée le lauréat.

Au cours de ses deux années de maîtrise, le jeune étudiant a évolué au sein d’une équipe de recherche orientée vers l’optimisation de l’ensemble des procédés de production d’aluminium. Il obtient alors des résultats tangibles concernant la cartographie et la composition chimique des différents dépôts issus de la production par électrolyse. Ces résultats ont même été publiés dans le Journal of Light Metals 2014, très prisé par l’industrie métallurgique.

Désormais doctorant en génie chimique, François Allard s’intéresse aux pertes d’énergie au cours du procédé de production de l’aluminium par électrolyse. L’électrolyse permet de réaliser des réactions chimiques, comme la décomposition de certaines substances, sous l’effet d’un courant électrique, qui dans le cas présent équivaut à 13 000 kWh par tonne d’aluminium. Les bilans thermiques généraux démontrent qu’environ 50 % de la chaleur est perdue par le dessus des cellules d’électrolyses industrielles utilisées dans le procédé. Ainsi, dans le but de réduire ces pertes, le lauréat a mis au point un plan d’action en trois étapes originales et novatrices :

  • Caractériser les matériaux de recouvrement afin de déterminer les compositions chimiques et les propriétés thermiques;
  • Évaluer les pertes thermiques se produisant par le dessus des cuves d’électrolyse;
  • Développer un modèle numérique des phénomènes thermiques transitoires et prédire le comportement thermique lors de l’électrolyse.

La chimie des matériaux de recouvrement ayant été peu explorée, leur caractérisation chimique et leur modélisation apporteront une contribution pertinente à la science de l’électrométallurgie. Par ailleurs, les mécanismes de transfert de chaleur à travers ces matériaux n’étant toujours pas connus, les travaux de François Allard pourront contribuer à la modélisation des pertes d’énergie et au développement de modèles mathématiques. À une échelle macro, ses travaux contribueront à l’économie québécoise, mais aussi à l’amélioration le bilan environnemental de l’industrie de l’aluminium.

Doté d’un fort intérêt pour la recherche appliquée dans le domaine des ressources naturelles, comme le témoignent ses expériences professionnelles en R et D industrielle, chez Buckman Canada ou L’Oréal, le jeune doctorant est également reconnu pour l’excellence de ses rapports techniques destinés aux gestionnaires, détaillant, pour certains, des innovations marquantes du côté technologique.

Enfin, François Allard se démarque tout autant par son autonomie assurée que par son esprit d’initiative proposant sans cesse de nouvelles pistes de recherche à explorer.

Renaud Boulanger - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Fondation Desjardins - Maîtrise
Renaud
Boulanger
Université McGill

L’année 2014 est marquée par la crise humanitaire engendrée par l’épidémie du virus Ébola en Afrique de l’Ouest. Dans ces cas d’urgence, il est bien connu que les acteurs de l’aide humanitaire font face à de nombreux dilemmes éthiques. Mais qu’en est-il des chercheurs impliqués? Nous en savons très peu en fait. Et pourtant, eux aussi doivent prendre des décisions ayant de graves impacts sur des populations très vulnérables. C’est à ce manque d’attention portée à l’expérience morale des chercheurs que le lauréat compte bien remédier.

Lors d’une épidémie émergente, les chercheurs doivent-ils risquer l’étude d’un vaccin expérimental alors que les conditions pour assurer le bien-être et le suivi des participants sont loin d’être optimales? Après avoir été témoins de crimes de guerre, devraient-ils sacrifier la validité scientifique d’une étude dans l’espoir d’augmenter les chances d’arrestation des coupables? Suite à une catastrophe naturelle, doivent-ils «traumatiser» davantage les participants en leur demandant de raconter en détail leur expérience? Pendant une explosion de grippe, devrait-on arrêter d’identifier de possibles cas si l’on soupçonne que les résultats seront utilisés par le gouvernement local pour stigmatiser certaines populations?

Tels sont les type de dilemmes éthiques rencontrés par les chercheurs lors de crises de santé publique provoquées tant par des catastrophes naturelles que des conflits armés.

Contrairement aux urgentologues, par exemple, la plupart des chercheurs ne sont pas préparés à gérer ce type de pression. Jusqu’à présent, peu d’études empiriques ont cherché à comprendre la perspective des chercheurs œuvrant en situation de crise et devant prendre des décisions déchirantes. C’est pourquoi Renaud Boulanger en a fait le sujet d’étude de sa thèse de maîtrise en bioéthique, commencée en 2012 à l’Université McGill.

Les données existantes suggèrent que l’étude de Renaud Boulanger pourrait être hautement utile. Par exemple, certains travaux démontrent que les grandes directives éthiques – souvent développées par des institutions occidentales – ne répondent pas véritablement aux besoins des chercheurs œuvrant dans les pays en voie de développement. L’insistance sur l’importance du consentement éclairé individuel et écrit illustre bien que ces directives ne tiennent pas compte du contexte de terrain.

Aussi, la recherche en situation de crise bénéficie de l’attention croissante des organisations internationales non gouvernementales (ex. Médecins sans frontières), des principaux bailleurs de fonds de la recherche en santé (ex. Wellcome Trust, Instituts de recherche en santé du Canada) ainsi que des Nations Unies, particulièrement à travers l’Organisation mondiale de la santé (OMS). D’ailleurs, notre lauréat collabore en ce moment avec l’OMS en tant que coéditeur d’un manuel de formation sur le sujet.

L’engagement de ce jeune professionnel dans le domaine de l’éthique en santé mondiale ne s’arrête pas là. Du côté de la transmission des connaissances, Renaud Boulanger détient à son actif un nombre de publications assez remarquable pour un étudiant à ce stade de sa carrière. Il est non seulement coauteur d’articles publiés dans l’American Journal of Public Health, PLoS Currents et l’American Journal of Disaster Medicine, mais aussi premier auteur d’articles publiés dans le Lancet Infectious Diseases et Healthcare Quaterly. Il est aussi auteur de trois chapitres de livre qui sont sous presse. Il est également éditeur exécutif au sein du journal bilingue en ligne, BioethiqueOnline, et a participé à titre de jury aux concours pour étudiants de la Société canadienne de bioéthique.

Au cours de la dernière année, l’étudiant-chercheur a participé à des conférences dans de nombreuses villes, incluant Genève, Mexico, Istanbul, Washington et bien sûr Montréal. Il a entre autres joué un rôle clé dans l’organisation de l’atelier « Engaging Communities in Tuberculosis Research : Concepts, Value, and Practice » à la Conférence mondiale de l’Union Internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires en novembre dernier à Paris. Cet événement important, ayant eu lieu en présence de décideurs et de chercheurs d’envergure, a été, pour Renaud Boulanger, l’accomplissement de plusieurs années de travail dans le domaine de la recherche sur la tuberculose. Il a notamment participé au développement de ressources pour encourager la participation active des communautés-hôtes tout au long des essais cliniques les concernant. Ces ressources ont d’ailleurs reçu les honneurs de la Commission présidentielle de bioéthique des États-Unis et font l’objet d’un projet de recherche financé par les National Institutes of Health.

Maude Laliberté - Prix Acfas - 2014
Prix Acfas Fondation Desjardins - Doctorat
Maude
Laliberté
UdeM - Université de Montréal

Les muscles, les tendons, les nerfs ne sont jamais épargnés par un travail répétitif. Les lésions articulaires qui en découlent sont appelées troubles musculo-squelettiques. Ces pathologies s’accentuent avec le vieillissement et entraînent un accroissement des demandes de réadaptation. Or, les ressources de physiothérapie étant limitées, la gestion des listes d’attente soulève des préoccupations d’équité et de justice. Animée par ces principes éthiques fondamentaux, la lauréate examinera les structures et pratiques permettant la distribution équitable des services de réadaptation.

De la pratique aux études

Qui aurait pu prédire qu’après un certain nombre d’années de pratique clinique, cette physiothérapeute de profession retournerait aux études supérieures en 2005 pour compléter une maîtrise en sciences biomédicales tout en effectuant un certificat de premier cycle en éthique et droit? Et lorsque l’on considère les différences de méthodologies et de philosophie entre des domaines aussi dissemblables que les sciences biomédicales, le droit et l’éthique, ce n’était pas là un mince exploit à réaliser.

Au cours de ses travaux de maîtrise, elle a notamment utilisé l’électromyographie, une technique médicale qui permet d’enregistrer les courants électriques qui accompagnent l’activité musculaire. Les résultats de cette étude portant sur les muscles du cou ont été importants pour les physiothérapeutes dans le traitement des cervicalgies, un problème musculo-squelettique fréquent chez les patients souffrant d’arthrite.

Ayant développé en parallèle un vif intérêt pour les défis professionnels et éthiques auxquels sont confrontés les physiothérapeutes dans leur pratique, la jeune chercheure a été invitée à enseigner l’éthique professionnelle aux étudiants en physiothérapie de l’Université de Montréal. Puis en 2009, elle est nommée professeure adjointe de clinique à l’École de réadaptation. L’année suivante, elle devient membre du bureau du syndic de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, tout en continuant à temps partiel sa pratique clinique en tant que physiothérapeute à l’Institut neurologique de Montréal ainsi qu’à l’Hôpital Royal Victoria.

En 2012, sa décision d’approfondir l’aspect bioéthique de la physiothérapie dans des études doctorales est étroitement liée à son expérience de clinicienne, d’éducatrice et de membre d’un ordre professionnel. Dès lors, Maude Laliberté dresse un constat : « De nombreux facteurs influencent les décisions d’allocation des ressources en physiothérapie et ceux-ci ne sont pas toujours justifiables ». Les considérations peuvent inclure les besoins médicaux, le pronostic, mais aussi des facteurs sociodémographiques ou financiers. Pour exemple, les gens souffrant de douleurs chroniques, c’est-à-dire 15 à 29 % des Canadiens, auraient un accès moindre aux services. Et le délai d’attente pour ces individus, parfois plus d’un an, entraîne des conséquences importantes sur leur santé. »

Éthique de l'accessibilité

Ainsi, son projet de thèse propose une exploration des enjeux éthiques liés à l’accessibilité aux services de physiothérapie. Pour ce faire, elle vise deux objectifs :

  • Établir la présence ou l’absence de régulations encadrant les physiothérapeutes dans leurs rapports aux patients et aux agents payeurs;
  • Évaluer dans quelle mesure la source de financement des services et des diverses caractéristiques telles que l’âge, le sexe ou le statut socioéconomique influencent la fréquence et la durée moyenne des traitements, ainsi que le délai de prise en charge.

Cette étude dégagera non seulement les facteurs influençant la priorisation de la clientèle, mais permettra aussi la création et le transfert de nouvelles connaissances au travers de l’enseignement aux cliniciens, de la rédaction d’articles et de présentations dans des congrès. Elle profitera également aux Canadiens, notamment ceux n’ayant pas d’assurance complémentaire, en aidant à promouvoir l’équité dans l’accès aux services de réadaptation.

Ses capacités rédactionnelles et son engagement dans le transfert des connaissances ont amené la lauréate à publier nombre d’articles, de critiques de livres, ou d’études de cas. En sa qualité d’éditrice de la revue BioéthiqueOnline, elle a également joué un rôle de chef de file dans la construction de la section « Étude de cas » traité à travers le spectre de la recherche éthique, ainsi que l’éthique clinique et professionnelle.