Découvrez les lauréats et lauréates 2011

  • Prix Acfas Adrien-Pouliot : Michel Bouvier, UdeM - Université de Montréal
  • Prix Acfas André-Laurendeau : Benoît Melançon, UdeM - Université de Montréal
  • Prix Acfas Jacques-Rousseau : Bartha Maria Knoppers, Université McGill
  • Prix Acfas Léo-Pariseau : Claude Perreault, UdeM - Université de Montréal
  • Prix Acfas Marcel-Vincent : Carole Lévesque, INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société
  • Prix Acfas Michel-Jurdant : Anne De Vernal, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • Prix Acfas Urgel-Archambault : Mario Leclerc, Université Laval
  • Prix Acfas Ressources naturelles : Diane Bastien, Université Concordia
  • Prix Acfas Fondation Desjardins - Maîtrise : Simon Grenier-Michaud, UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
  • Prix Acfas Fondation Desjardins - Doctorat : Martin Picard, Université McGill
Michel Bouvier - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Adrien-Pouliot
Michel
Bouvier
UdeM - Université de Montréal
Développer le bon médicament pour la bonne personne, c’est maintenant possible. Cette « médecine personnalisée » est basée sur la chimie médicinale, dont l’objectif est de découvrir ou de développer des molécules thérapeutiques bien ciblées. Ainsi, par l’étude du fonctionnement des médicaments à l’échelle moléculaire, le lauréat participe à la conception des thérapies du futur. Comme il s’agit d’un défi colossal, il a su miser sur l’expertise complémentaire de collaborateurs de divers pays, et tout particulièrement la France.

Depuis plus de 20 ans, des chercheurs français collaborent avec succès aux recherches de Michel Bouvier. De ces échanges scientifiques sur la signalisation cellulaire des récepteurs couplés aux protéines G (RCPG) ont émergé des résultats parfois révolutionnaires. Sur le plan fondamental, ils ont travaillé sur les mécanismes moléculaires qui contrôlent une chaîne de réactions dans les cellules, appelée communication cellulaire. Ces mécanismes ont souvent un impact sur le développement de nouveaux médicaments. Trois projets clés sont issus de cette synergie scientifique.

En collaboration avec A. Donny Strosberg et Stefano Marullo de l’Institut Cochin de génétique moléculaire de Paris, Michel Bouvier a élucidé certains des mécanismes contrôlant l’efficacité et la sélectivité de signalisation des RCPG. Comme ces récepteurs sont une cible prépondérante pour le développement de médicaments, les résultats de ces travaux sont maintenant utilisés par l’industrie pharmaceutique pour développer des thérapies plus efficaces et comportant moins d’effets secondaires, dont le développement de tolérance aux traitements.

Un autre projet collaboratif, cette fois avec Pierre Boulanger de l’Institut de biologie de Montpellier, ainsi qu’avec Stephano Marullo et A. Donny Strosberg, tous deux de l’Institut Cochin, concerne le développement d’une technique de production de masse des RCPG dans des baculovirus, soit des virus utilisés en culture de cellules. Cette méthode qui est maintenant utilisée par plusieurs laboratoires a notamment été exploitée sous licence par une entreprise japonaise pour la production d’anticorps diagnostiques.

Les chercheurs Ralf Jockers et Stephano Marullo, toujours de l’Institut Cochin, ont aussi jumelé leurs efforts à ceux du lauréat. Ils ont découvert que les RCPG pouvaient s’associer entre eux et former des complexes homo- ou hétéro-oligomériques. Cette découverte révolutionnaire a entraîné un changement de paradigme, puisqu’on pensait que les récepteurs étaient organisés en monomères. S’ouvre alors de nouvelles perspectives pour le développement de médicaments contrôlant l’état oligomérique des récepteurs.

En 2006, Michel Bouvier a remporté le prix Acfas Léo-Pariseau. On avait alors souligné son innovation méthodologique liée à la méthode du BRET, soit le transfert d’énergie par résonance de bioluminescence. Depuis, il a poursuivi ses avancées dans ce domaine : le BRET, déjà appliqué à l’étude des interactions protéine-protéine dans les cellules vivantes, a été optimisé pour l’imagerie, en collaboration avec Julie Perroy et Laurent Fagni, tous deux du CNRS de Montpellier. Le fait de pouvoir suivre en temps réel les interactions protéiques dans des cellules vivantes a propulsé le laboratoire de Michel Bouvier au sommet. Aujourd’hui, des chercheurs d’Amérique du Nord et d’Europe s’y rendent pour apprendre cette technique et l’adapter à leurs propres recherches.

Les échanges scientifiques entre Michel Bouvier et les chercheurs français ont aussi lieu hors des laboratoires. En effet, le lauréat a été conseiller scientifique en France, tant au privé qu’au public, il a été rédacteur en chef pour le Québec de la revue franco-québécoise Médecine/Sciences de 2005 à 2011, et il a formé 22 étudiants et stagiaires postdoctoraux français. Produire une science sans frontières, voilà qui résume bien la philosophie du chercheur.
Benoît Melançon - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas André-Laurendeau
Benoît
Melançon
UdeM - Université de Montréal
Dix-huitiémiste, professeur, chercheur, critique, éditeur, administrateur, blogueur, essayiste… Avec tous ces chapeaux, le lauréat réussit à transmettre, de diverses manières, à divers publics, le fruit de ses recherches sur la culture et ses langages. Ses travaux sur Diderot épistolier et son essai d’histoire culturelle sur Maurice Richard, par exemple, lui ont permis de contribuer aux progrès de l’étude des discours, des plus triviaux aux plus complexes.

Benoît Melançon commence sa carrière de chercheur en 1996 en publiant sa thèse intitulée Diderot épistolier. Contribution à une poétique de la lettre familière au XVIIIe siècle. Aujourd’hui considérée comme un classique de la recherche en littérature française, elle a fait figure de pionnière lorsqu’elle a été publiée. En effet, elle porte sur l’analyse de la correspondance privée de Diderot, sujet d’étude très peu exploré. Pour l’auteur, l’objectif était double : « D’une part, décrire et analyser la pratique de Denis Diderot épistolier dans ses lettres familières, soit 779 textes écrits entre 1742 et 1784; d’autre part, grâce au rapprochement de cette correspondance avec d’autres qui lui sont contemporaines, qu’elles soient dues à des écrivains célèbres ou à des inconnus, contribuer à l’élaboration d’une poétique de la lettre familière au XVIIIe siècle ».

Un autre ouvrage, qui a surpris de la part d’un spécialiste des années 1700 et qui a beaucoup retenu l’attention, concerne Maurice Richard. Les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle (2006 et 2008) rend compte de la construction et de l’évolution de cette figure véritablement mythique à travers les discours. Comme le souligne l’auteur, « ce livre n’est ni un livre de fan, ni un livre d’amateur de hockey, ni une biographie », mais plutôt « une histoire culturelle ». Cette analyse lui a valu le prix Richard-Arès 2006 de la Ligue d’action nationale, le prix Marcel-Couture 2007 du Salon du livre de Montréal et l’entrée au palmarès des cinq meilleurs essais québécois des années 2000 du journal La Presse (2009).

Par ailleurs, depuis 1992, le chercheur publie une bibliographie électronique du Siècle des lumières qui compte plus de 23 000 titres. Devenu incontournable, ce travail colossal s’ajoute aux nombreuses réalisations de Benoît Melançon : publication d’articles scientifiques, direction de numéros de revues, collaboration à des ouvrages collectifs, organisation de colloques, participation à des comités de rédaction, direction scientifique de deux collections aux Presses de l’Université de Montréal, participation au Comité scientifique de la collection « Classiques Garnier » (Paris) pour le XVIIIe siècle, élection à la Société royale du Canada en 2008.

Non content de ces succès en littérature, Benoît Melançon revêt l’habit tantôt du professeur, d’ailleurs fortement apprécié de ses étudiants, tantôt du blogueur (http://oreilletendue.com/). Ici et là, le lauréat fait preuve d’une originalité de point de vue, d’une rigueur minutieuse. Pour lui, un banal discours médiatique mérite autant d’intérêt qu’un texte classique de littérature. Et pour réaliser ses travaux, il ne se restreint pas à son champ disciplinaire : sans ses collègues d’autres domaines, il n’aurait pu, par exemple, faire ressortir les plus récents développements en communication, Diderot épistolier et Sevigne@Internet. Remarques sur le courrier électronique et la lettre, 1996 et 2011; en histoire, Les Yeux de Maurice Richard; ou en linguistique québécoise, Dictionnaire québécois instantané, 2004, et Le village québécois d’aujourd’hui, 2001. Benoît Melançon apporte donc une contribution moderne et originale à l’étude des discours et des représentations.
Bartha Maria Knoppers - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Jacques-Rousseau
Bartha Maria
Knoppers
Université McGill

La lauréate conjugue au quotidien le droit, la médecine, la sociologie, l’économie, la démographie et l’histoire, entre autres disciplines! Il n’en faut pas moins pour aborder l’éthique des biotechnologies. Elle participe, depuis de nombreuses années, à l’élaboration de cadres éthiques pour guider ce vaste champ de recherche. Elle contribue également au domaine des biobanques, de leur élaboration à leur optimisation. Son expertise sur ces thématiques est mondialement reconnue, et la chercheuse fait figure d’autorité internationale.

Les récentes et fulgurantes avancées dans le domaine des biotechnologies, qu’il soit question de procréation assistée, d’utilisation des cellules souches, de clonage, de génomique ou de pharmacogénomique, sont autant de défis éthiques sur lesquels la société doit se pencher. Les cellules souches, par exemple, peuvent servir à traiter ou à guérir des maladies très graves. La pharmacogénomique, quant à elle, consiste à administrer des médicaments à un patient en fonction de son génome. Les enjeux éthiques concernent notamment l’accès équitable à ces technologies coûteuses, ainsi que la conservation et la confidentialité des données.

Pionnière en bioéthique, Bartha Maria Knoppers travaille sur ces problématiques depuis 25 ans. Juriste de formation, elle s’intéresse au droit médical afin, selon ses propres mots, « de combiner à la fois un système de valeur personnel avec une vision du droit comme instrument de changement et de réforme de la société ». De 1993 à 1997, elle participe à l’élaboration de la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme de l’UNESCO. Ce document fondateur en éthique a été repris dans les lois de nombreux pays. En 2001-2009, elle cofonde l’Institut international de recherche en éthique biomédicale (IIREB). Cet institut facilite la collaboration et la coopération internationale dans le domaine de la recherche en éthique biomédicale, d’une part, et met en place un système de réseautage international, à la fois interdisciplinaire et interinstitutionnel, d’autre part. Autre rôle important lié à l’éthique, la direction du récent Centre de génomique et politiques (CGP). Ce centre multidisciplinaire a pour vocation de concilier le droit, la médecine et le développement des normes publiques afin d’améliorer la recherche en génomique, dans le secteur des sciences de la santé et ses applications. Le CGP contribue aussi à la vulgarisation des problématiques éthiques auprès du grand public, à travers le projet HumGen.

Bartha Maria Knoppers est également impliquée dans le domaine des biobanques. Elle a fondé le projet CARTaGENE, qui cumule des informations détaillées sur plus de 20 000 Québécois et Québécoises : données sociodémographiques, de santé, habitudes de vie, paramètres physiologiques, analyses biochimiques et hématologiques, etc. Ce projet, à la fois enquête de santé publique et biobanque populationnelle, constitue une ressource inestimable pour les chercheurs s’intéressant à la médecine personnalisée, à la génomique, à la santé publique et à l’épidémiologie. Elle est également chercheuse principale sur le projet P3G (Public Population Project in Genomics), une organisation internationale à but non lucratif favorisant la collaboration entre les chercheurs, l’harmonisation des informations contenues dans les biobanques et l’optimisation de leur utilisation. Déjà 47 biobanques internationales se sont jointes à ce projet.

Les différents travaux de Bartha Maria Knoppers ont contribué non seulement à sa renommée scientifique internationale, mais également à celle du Québec. En effet, la société québécoise se présente comme l’une des rares ayant réussi le difficile compromis entre le respect des droits de la personne, notamment la protection des données personnelles, et l’avancement de la recherche en biotechnologie.

Claude Perreault - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Léo-Pariseau
Claude
Perreault
UdeM - Université de Montréal
Premier québécois à réaliser une greffe de moelle osseuse, le lauréat est aujourd’hui un leader mondial dans les facteurs de réussite de cette greffe. En effet, ses travaux ont permis de cerner la principale complication de ce type d’opération : la réaction du greffon contre son hôte. Parallèlement, il a perfectionné la pratique de l’immunothérapie contribuant ainsi à un meilleur état de santé des greffés. Pour réussir ces avancées, le chercheur alterne continuellement entre recherche fondamentale et recherche clinique.

Grâce à leurs travaux précurseurs, Claude Perreault et son équipe ont démontré qu’un patient leucémique pouvait être guéri par son propre système immunitaire. C’est d’abord la découverte de la structure des antigènes mineurs d’histocompatibilité (MiHA) immunodominants, c’est-à-dire des molécules capables de déclencher une forte réaction immunitaire, qui a permis de pousser les recherches plus loin. Par la suite, l’équipe a déterminé que l’injection de lymphocytes T CD8+ activés, impliqués dans la réponse immunitaire, pouvait éliminer des tumeurs cancéreuses solides, soit des mélanomes. Ces deux découvertes cruciales constituent des « premières » mondiales. Aussi, l’équipe de Claude Perreault présente la caractéristique importante de pouvoir transférer, du laboratoire vers la clinique, ces connaissances sur les divers aspects de la réponse immunitaire. En effet, leurs premiers essais cliniques en immunothérapie utilisant les MiHA commenceront prochainement.

Dans la même veine, le chercheur travaille à mettre au point un outil de prédiction afin d’identifier quels patients seront sujets à la réaction du greffon contre l’hôte et à quel degré. Ainsi, l’immunothérapie pourra être adaptée à chacun d’eux. Cette percée médicale a valu à Claude Perreault sa nomination au Committee on Research Priorities de l’American Society for Blood and Marrow Transplantation en janvier 2009 ainsi que le prix commémoratif Margarit Murray de la Société de leucémie et de lymphome du Canada en octobre 2009.

Depuis 1981, Claude Perreault s’est engagé au sein de diverses institutions contribuant soit à leur création, soit à leur développement. Il a d’abord été le premier médecin-chercheur du Département d’hémato-oncologie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), participant ainsi à la renommée internationale de ce programme. Il a ensuite fondé puis dirigé pendant 10 ans le Centre de greffe de cellules hématopoïétiques de cet hôpital. Ce centre d’excellence effectue aujourd’hui environ 150 transplantations par année. Puis, toujours au HMR, il a occupé le poste de directeur scientifique du centre de recherche. Il a aussi joué un rôle déterminant dans la mise sur pied du prochain Centre d’excellence en thérapie cellulaire (CETC) et dans le développement de l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC), ouvert depuis 2005.

Bien que sa carrière soit fort occupée par les subtilités de l’immunothérapie, Claude Perreault trouve le temps de former la prochaine génération de scientifiques et de cliniciens. Du temps, il en a aussi pour rédiger des articles scientifiques, 109 à ce jour, dont les plus importants apparaissent dans de prestigieuses revues. Pour couronner le tout, il a obtenu une chaire de recherche canadienne en immunologie en 2004. Le mot d’ordre est clair : découvrir, former, développer et appliquer des traitements anticancéreux révolutionnaires.
Carole Lévesque - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Marcel-Vincent
Carole
Lévesque
INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société

[Depuis 2013, le prix Marcel-Vincent des sciences sociales porte le nom de Thérère Guouin-Décarie]

La lauréate fait partie de ces pionniers et pionnières qui ont abordé l’étude des peuples autochtones dans leur globalité et leur complexité. Et la réciprocité est le maître mot qui caractérise sa recherche. Chacun, chercheur ou autochtone, est tour à tour soit créateur, soit transmetteur de connaissances. En fait, ils dialoguent l’un avec l’autre dans le cadre d’une conversation créatrice. Par cette démarche novatrice, la lauréate contribue à transformer la dynamique des relations entre l’université et la société en travaillant à promouvoir la coconstruction des savoirs.

Carole Lévesque est une anthropologue doublée d’une ethnographe accomplie; son travail sur le terrain et ses analyses s’enrichissant mutuellement et continuellement. Après des études à l’Université de Montréal et à la Sorbonne, à Paris, dans les années 1970, Carole Lévesque amorce sa carrière professionnelle comme chercheure et chargée des relations avec les peuples autochtones à la Société d'énergie de la Baie James, de 1981 à 1985. Par la suite, comme chercheure autonome, elle œuvre pour diverses instances autochtones et gouvernementales, et réalise de nombreuses recherches et enquêtes ethnographiques auprès des populations autochtones du Nord du Québec. En 1996, elle rejoint l’Institut national de la recherche scientifique en tant que professeure-chercheure.

Au cours de sa carrière, la lauréate a séjourné dans 40 des 56 communautés amérindiennes et inuites établies au Québec, totalisant près de quatre années de présence effective en milieu autochtone. Les thèmes qu’elle a abordés, dans plus d’une cinquantaine d’études, sont aussi vastes et variés que la technologie culturelle, l'éducation, la famille contemporaine, l’histoire orale, l'alimentation, le changement social, l'intégration communautaire, la présence autochtone dans les villes, le travail salarié, la condition des femmes, le développement durable, les savoirs autochtones, l’autonomie politique, la gouvernance ou encore la modernité. Ses travaux ont permis de produire un compte rendu précis des réalités historiques, politiques, culturelles, économiques et sociales des peuples autochtones à la lumière de leurs dynamiques, savoirs, approches et logiques propres.

Depuis bientôt quarante ans, elle est un témoin privilégié des sociétés autochtones et de leurs accomplissements sur le chemin de la reconnaissance et de l’autonomie. Grâce à la qualité de ses recherches, Carole Lévesque est devenue une figure de proue des études relatives aux peuples autochtones, aussi bien au Québec qu’au Canada.

Elle est également l’artisane d’un nouveau type de production des savoirs où il n’est plus question de transfert unidirectionnel des connaissances de l’université vers la société, mais bien d’un processus continu de coconstruction et de partage des savoirs qui s’enrichit sans cesse des apports respectifs des uns et des autres. Elle a ouvert la voie à de nouvelles pratiques de recherche interdisciplinaire, participative et partenariale élaborées et réalisées en étroite collaboration avec les Autochtones. Elle a fondé en 2001, avec des collègues de plusieurs universités québécoises et des collaborateurs et collaboratrices de plusieurs instances autochtones, DIALOG ? Le Réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones. Espace d’échange novateur entre les Premiers Peuples et le monde universitaire, dédié à la valorisation et au renouvellement de la recherche en sciences sociales et humaines, DIALOG regroupe aujourd’hui plus de 150 personnes issues des milieux académiques et autochtones du Québec et de l’international. Avec ses banques de données documentaires et spatiales à la fine pointe de la technologie, son bulletin d’information et de liaison électronique, sa nouvelle revue scientifique, ses programmes de bourses et allocations destinés aux étudiants et son université nomade, DIALOG facilite l’accès au savoir pour les chercheurs, les étudiants et les acteurs du monde autochtone.

Par son travail, sa détermination, la qualité et l’originalité de ses travaux, la lauréate a largement contribué au développement de rapports égalitaires et démocratiques entre Autochtones et Québécois. Ses travaux lui ont d’ailleurs valu une reconnaissance méritée. Citons à titre d’exemple son intronisation, en 2005, au Cercle d’excellence de l’Université du Québec pour son apport exceptionnel à la recherche ou encore sa désignation, en 2006, comme l’une des dix chercheurs-clés du Québec par la revue Commerce-Prestige.

Anne De Vernal - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Michel-Jurdant
Anne
De Vernal
UQAM - Université du Québec à Montréal
« Étudier le passé pour comprendre le présent et prévoir le futur... » Voilà qui résume les travaux de la lauréate, pionnière en paléoocéanographie. À partir de l’analyse d’assemblages de microfossiles organiques, elle retrace les circulations océaniques et les conditions climatiques des hautes latitudes de l’hémisphère Nord, sur des périodes s’étendant sur plusieurs milliers d’années. Ses données permettent à nombre de modélisateurs de par le monde de peaufiner leurs modèles de prévision climatique.

Anne de Vernal fait partie des chercheurs qui ont initié la paléocéanographie, cette science qui étudie le passé des océans, en tenant compte de leur circulation, de leur chimie et de leur biologie. C’est notamment un des premiers chercheurs à avoir utilisé les kystes de dinoflagellés fossiles comme bio-indicateurs des conditions environnementales du passé et la première à les avoir utilisé à partir d'approches statistiques pour quantifier les changements des conditions hydrographiques à la surface des océans, en relation avec les changements climatiques du globe.

Les dinoflagellés sont des algues unicellulaires qui produisent des kystes, suite à leur reproduction sexuée. Sous cette forme, ils entrent en dormance et se déposent au fond des océans. Les kystes d’environ 15 à 20 % des dinoflagellés sont constitués d’une membrane organique extrêmement résistante et « fossilisable ». On les retrouve ainsi, plusieurs milliers d’années plus tard, dans les carottes de sédiments marins. C’est l’assemblage des différents microorganismes qui permet de connaître les conditions hydrographiques et environnementales de l’époque.

L’utilisation et la maîtrise de ces bioindicateurs demandent une rigueur et un investissement extrêmes. Anne de Vernal s’est employée dès le début de sa carrière à une identification rigoureuse des kystes de dinoflagellés, à l’étude de leur distribution géographique comme de leur évolution dans le temps, ainsi qu'à la détermination de l’écologie des espèces les plus caractéristiques. La chercheure développe en parallèle, depuis une vingtaine d’années, une base de données exceptionnelle reliant les assemblages de dinokystes actuels et les propriétés physico-chimiques du milieu dans lequel ils se trouvent. Cette base de données compte d’ores et déjà 1400 « points », recueillis dans les océans et les mers des hautes latitudes.

L’étude de l’assemblage des dinoflagellés et autres microfossiles a permis à la chercheure de quantifier les changements de température et de salinité des eaux de surface, donc de leur densité, ainsi que les variations de l'étendue et de la saisonnalité de la glace de mer. En découlent deux contributions majeures à la paléocéanographie et à la paléoclimatologie. La première concerne les conditions de la circulation océanique générale, au cours d’épisodes du passé, circulation qui permet de réguler le climat en redistribuant la chaleur des tropiques vers les pôles, par les courants océaniques. L’autre contribution concerne la glace de mer, dont la variabilité dans le passé était très mal connue jusqu’alors. Il s'agit d'un paramètre très important du climat car cette glace détermine l’albédo, c'est-à-dire la quantité d'’énergie réfléchie plutôt qu’absorbée à la surface des océans. La circulation océanique générale comme l’albédo sont des paramètres primordiaux pour le calcul des bilans d’énergie de la Terre dans les modèles climatiques.

Anne de Vernal a participé à de nombreuses campagnes océanographiques dans la Mer du Labrador, notamment dans le cadre du leg 105 de l’Ocean Drilling Program (ODP) et de l’expédition 303 de l’Integrated Ocean Drilling Program (IODP). Or, l’étude d’une séquence sédimentaire de près d’un million d’années forée au large du Groenland a mis en évidence des variations considérables des flux de pollen, en fonction des conditions climatiques sur les continents voisins. Les implications de ces travaux sont énormes : au cours d’une période interglaciaire datant d’environ 400 000 ans, au moins une partie du Groenland n’était pas sous la glace puisque couverte d’une forêt de résineux! S’en suit une publication dans la prestigieuse revue Science, en 2008, qui retient l’attention de la communauté scientifique. La vulnérabilité de la calotte glaciaire du Groenland au réchauffement climatique est en effet plus importante que ce que l’on imaginait. C’est une source d’inquiétude considérable, car la fonte de celle-ci entrainerait une augmentation de 7 mètre du niveau de la mer.

Experte scientifique connue et reconnue, Anne de Vernal a été appelé en 2008, à prendre la direction du consortium canadien qui assure la participation du pays au prestigieux programme international IODP. Plus récemment, c’est le consortium européen ECORD (European Consortium for Ocean Research Drilling) qui l’a invitée à siéger auprès de son comité exécutif. Anne de Vernal a également de hautes responsabilités dans la sphère académique puisqu’elle dirige depuis 2006 le GEOTOP qui est un regroupement stratégique du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT). Notons également sa participation active à des groupes de travail internationaux oeuvrant dans le domaine des changements du climat tels Past4Future et PAGES (Past Global Changes).

En termes de diffusion des savoirs, Anne de Vernal est reconnue et appréciée pour ses talents de pédagogue, la qualité de ses présentations orales et sa remarquable contribution à la formation des jeunes chercheurs. Elle est également régulièrement sollicitée par les médias, en tant que figure scientifique majeure.
Mario Leclerc - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Urgel-Archambault
Mario
Leclerc
Université Laval
Le lauréat est l’un des chefs de file de la recherche en sciences des matériaux polymères. Il s’intéresse tout particulièrement aux polymères photoactifs et électroactifs, sensibles à la lumière ou aux champs électriques. Parmi ses contributions les plus prestigieuses, on peut citer la conception de capteurs chimiques destinés au diagnostic médical. Ils permettent, entre autres, de détecter de l’ADN caractéristique d’une maladie donnée, tels que le SIDA ou la malaria. On peut également mentionner le développement de piles solaires plastiques, ayant les meilleurs rendements de leur catégorie.

Mario Leclerc s’intéresse à la synthèse de ces polymères photoactifs et électroactifs. Un polymère est une macromolécule constituée d’un ensemble de motifs semblables, les monomères, liés entre eux par des liaisons fortes. Les polymères peuvent être organiques, tels que le bois, les fibres végétales, le cuir ou encore la laine, ou inorganiques, soit tous les types de plastique. Les polymères ont un très fort potentiel dans de nombreux domaines, tels que ceux des emballages, des transports, du bâtiment, ou encore du médical... Tout au long de sa carrière, le lauréat s’est particulièrement intéressé à deux de ces domaines.

Le premier concerne les applications des polymères en tant que capteurs chimiques, à des fins de diagnostic médical. Le chercheur mettra au point une méthode originale pour détecter de l’ADN et de l’ARN caractéristiques d’une infection ou d’une maladie donnée grâce à des polymères spécifiques. Pour ce faire, Mario Leclerc et son équipe utilisent un dérivé de polythiophène cationique qui a la propriété de se lier avec un type d’ADN choisi. L’hybridation des deux molécules donnera alors un signal distinctif une fois soumis à un appareil à lecture optique. Cette technique présente de nombreux avantages : elle détecte directement la molécule cible, avec une excellente sélectivité et une limite de détection faible. Elle a ainsi le potentiel d’être beaucoup plus rapide et bon marché que les diagnostics hématologiques traditionnels. Ces travaux de recherche ont valu à Mario Leclerc une forte reconnaissance internationale de la part de la communauté scientifique. Ils ont également été promus comme l’une des dix découvertes de l’année 2005 par Québec Science.

Le deuxième domaine concerne les applications des polymères dans le domaine de l’énergie solaire et du photovoltaïsme. Le chercheur développe des piles solaires plastiques, une alternative aux cellules photovoltaïques à base de silicium. Ces dernières, bien qu’aujourd’hui plus efficace en termes de conversion d’énergie (entre 10 et 22 %), ont des coûts de production élevés. Autres inconvénients, ce matériau est cassant et sa disponibilité est limitée. Mario Leclerc et son équipe ont donc développé des piles solaires plastiques à base de polymères conjugués. Au tournant des années 2000, ils synthétisent une toute nouvelle classe de ces composants : les poly(2,7-carbazole)s. Un tour de force puisque cette classe était recherchée depuis plus de quinze ans! Grâce à ce matériau, ils ont ainsi proposé un nouveau type de piles solaires ayant des rendements de conversion énergétique supérieurs à ceux existants (5-10 %), établissant ainsi un record mondial de rendement pour une pile plastique. Mario Leclerc et son équipe continuent par ailleurs, année après année, d’établir de nouveaux standards de performance. Ces matériaux présentent également l’avantage de pouvoir être déposés en grande quantité sur différents types de surface, aussi bien rigides que flexibles, par des techniques simples et peu coûteuses comme l’impression à jet d’encre. Ces travaux ont grandement contribué à établir Mario Leclerc parmi les chefs de file de la communauté internationale. D’un point de vue socioéconomique, le potentiel de cette recherche est également très élevé puisque les technologies proposées permettraient de concevoir de nouveaux dispositifs de production d’énergie verte à très faible coût. Ces travaux ont donné lieu à de nombreux articles, aussi bien dans les journaux spécialisés que grand public. Aussi les émissions télévisées Le Code Chastenay à Télé-Québec, en novembre 2010, et Découverte à Radio-Canada, en avril 2011, ont rendu compte de ses recherches.

En reconnaissance de l’excellence de ses travaux, Mario Leclerc a reçu, en 2008, le prestigieux Prix Macromolecular Science and Engineering de l'Institut de chimie du Canada. Lui a également été octroyée la Chaire de recherche du Canada sur les polymères électroactifs et photoactifs de 2001 à 2007 puis de 2008 à 2014. Le Professeur Leclerc est aussi à l’origine, et actuellement co-directeur, du Centre québécois sur les matériaux fonctionnels (CQMF). Cet organisme pan-québécois créé en 2008 rassemble, structure et soutient la recherche en sciences des matériaux au Québec, dans les domaines clés que sont les applications biomédicales, environnementales et énergétiques. Cet organisme fait déjà office de référence au Québec et son influence est en pleine expansion.
Diane Bastien - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Ressources naturelles
Diane
Bastien
Université Concordia
Dans la maison du futur, le solarium pourra chauffer jusqu’à 60 % d’une maison. Pour optimiser cette serre/solarium à haute performance énergétique, il s’agira de l’annexer à la résidence et de la coupler à des technologies efficaces de contrôle de température et d’humidité. Cette grande pièce vitrée permettra même de joindre l’utile à l’agréable en servant de lieu de jardinage. Se chauffer et se nourrir grâce à sa maison, bientôt une réalité.

Une serre est composée de nombreuses fenêtres qui captent l’énergie du soleil et la retiennent à l’intérieur. Ainsi, pour cumuler puis conserver cette chaleur, Diane Bastien optimisera le design du solarium et comparera des stratégies de contrôle afin d’en maximiser la performance. Avant de concevoir un produit aussi performant, Diane Bastien doit se plonger dans ses calculs. Un modèle mathématique mis au point pendant sa maîtrise servira de base à sa méthodologie, puis à son modèle de simulation numérique.

Adapté à la vie d’aujourd’hui, ce modèle détaillé permettra de prédire les conditions de température et d’humidité à l’intérieur du solarium pour ensuite déterminer les meilleures stratégies de maximisation de la performance énergétique. Parmi ces stratégies, on compte l’utilisation de vitrages doubles ou triples, de rideaux thermiques, d’un dessiccateur solaire ou de compostage pour la production de chaleur et de CO2. Finalement, elle validera le tout dans une serre expérimentale construite dans le nouveau laboratoire solaire de l’Université Concordia.

Le projet de Diane Bastien est prometteur et déjà connu des membres du milieu. La chercheuse a en effet présenté des résultats intéressants à l’International Symposium on High Technology for Greenhouse System, en 2009. Elle y a d’ailleurs reçu un prix pour la meilleure présentation d’affiches. Co-auteure du rapport publié en septembre 2011 sur Le potentiel des énergies solaires au Québec, elle travail activement afin d’introduire de nouvelles politiques favorisant l’intégration de l’énergie solaire dans nos bâtiments.
Simon Grenier-Michaud - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Fondation Desjardins - Maîtrise
Simon
Grenier-Michaud
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
Un homme se présente à l’urgence d’un hôpital avec un malaise à la poitrine. Une artère de son cœur est obstruée. Lors d’un infarctus aigu du myocarde, le délai avant le traitement est un facteur déterminant pour la survie du patient. Seul un électrocardiogramme permet d’identifier les situations nécessitant une intervention d’urgence. C’est pourquoi cet examen doit être prescrit par un médecin, réalisé et interprété en moins de 10 minutes après l’arrivée du patient. Cet objectif n’est cependant pas atteint dans plus de la moitié des cas au Québec.

Le centre hospitalier hôte du projet de recherche est intervenu afin de remédier à cette situation. Un appareil d’électrocardiographie a été ajouté à l’urgence et un code particulier pour demander l’examen a été instauré. De plus, un nouveau processus permet maintenant à l’infirmière d’initier cet examen selon certains critères avant même la consultation auprès du médecin. Ce processus repose sur une «ordonnance collective» qui permet l’utilisation optimale du jugement et des compétences de l’infirmière afin d’initier des examens ou des traitements selon certains critères.

Dans cette optique, Simon Grenier-Michaud décrit l’évolution du délai entre l’arrivée du patient à l’urgence et l’électrocardiogramme en marge de ces modifications. Les différents facteurs au niveau du patient et du milieu en lien avec ces délais sont également décrits afin de guider la réflexion et la recherche de pistes de solutions ciblées.

Ce projet de maîtrise est ambitieux et innovateur. Bien que les «ordonnances collectives» fassent graduellement leur apparition depuis 2002, il s’agit de l’une des premières recherches québécoises sur le sujet. En effet, optimiser les processus et le pouvoir d’intervention des infirmières, par l’introduction d’ordonnances collectives dans des milieux comme l’urgence, présente un énorme potentiel pour l’amélioration de la qualité des soins de santé.

Le projet de Simon Grenier-Michaud s’inscrit dans la lignée de ses précédents travaux. Malgré qu’il soit en début de carrière, il a déjà démontré sa capacité à communiquer la science, que ce soit par des articles scientifiques, des conférences ou des cours donnés à l’université. Il assume même la présidence bénévole du Comité d’éducation de l’Ordre régional des infirmières et infirmiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Il est également titulaire d’une subvention du Fonds d’innovation pédagogique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) pour l’amélioration de l’enseignement des soins d’urgence.
Martin Picard - Prix Acfas - 2011
Prix Acfas Fondation Desjardins - Doctorat
Martin
Picard
Université McGill
Avec l’âge, on se « tasse ». Nos muscles perdent leur masse musculaire, leur force et leur endurance, c’est entre autre pourquoi notre forme physique se détériore. Or, cette perte de tonus pourrait être causée par une dysfonction du moteur de la cellule, la mitochondrie. L’étude de cet organite permettra de mieux cerner son rôle dans le vieillissement des muscles et des autres organes, et de trouver des solutions pour contrer et prévenir ce phénomène. Le but ultime : élaborer des stratégies pour promouvoir le vieillissement dans la santé.

Martin Picard a enclenché un projet d’envergure qui tire profit de connaissances interdisciplinaires pour améliorer la santé d’une population vieillissante. La première partie de son doctorat est concentrée sur l’étude de la mitochondrie en lien avec la masse musculaire. Ses recherches sont basées sur des techniques d’imagerie par fluorescence développées et perfectionnées pendant son projet de doctorat. Ainsi, le chercheur a eu recours à ses nouvelles méthodes pour dresser une description détaillée des changements morphologiques mais surtout fonctionnels de la mitochondrie réellement liés au vieillissement. Cette étude innovatrice a même déjà été publiée.

La deuxième partie du doctorat tisse un lien plus direct entre la sarcopénie, soit la perte de masse musculaire, et le vieillissement. Au centre de cette partie : l’étude des modifications épigénétiques, c’est-à-dire les changements opérés dans la cellule qui modifient l’expression des gènes sans toutefois altérer la séquence de l’ADN. En étudiant le muscle, Martin Picard veut faire le lien entre l’épigénétique, l’expression des gènes et la mitochondrie, dans le contexte du vieillissement. À ce jour, très peu de données associent muscles, épigénétique et vieillissement. Ainsi, au terme de ses recherches, Martin Picard sera peut-être en mesure d’identifier des causes à la sarcopénie, et ainsi mettre sur pied des stratégies intégratives qui amélioreront la qualité de nos vieux jours.

Cette recherche s’inscrira dans un modèle innovateur et transdisciplinaire du vieillissement, car le chercheur croisera ultimement les aspects biologiques avec les facteurs psychosociaux qui façonnent aussi notre santé sur une base quotidienne. Bientôt, nous pourrons mieux comprendre comment la fonction des muscles et d’autres organes changent au cours vieillissement en fonction de notre nutrition, notre niveau de stress et d’activité physique, et notre environnement psychosocial.