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Prix Fondation Desjardins - DoctoratEn partenariat avec : Fondation Desjardins

Maude Laliberté

sciences biomédicales
UdeM - Université de Montréal

Le prix Acfas-Desjardins – Doctorat 2014 est remis cette année à Maude Laliberté, chercheure en sciences biomédicales – option bioéthique – au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.

Les muscles, les tendons, les nerfs ne sont jamais épargnés par un travail répétitif. Les lésions articulaires qui en découlent sont appelées troubles musculo-squelettiques. Ces pathologies s’accentuent avec le vieillissement et entraînent un accroissement des demandes de réadaptation. Or, les ressources de physiothérapie étant limitées, la gestion des listes d’attente soulève des préoccupations d’équité et de justice. Animée par ces principes éthiques fondamentaux, la lauréate examinera les structures et pratiques permettant la distribution équitable des services de réadaptation.

De la pratique aux études

Qui aurait pu prédire qu’après un certain nombre d’années de pratique clinique, cette physiothérapeute de profession retournerait aux études supérieures en 2005 pour compléter une maîtrise en sciences biomédicales tout en effectuant un certificat de premier cycle en éthique et droit? Et lorsque l’on considère les différences de méthodologies et de philosophie entre des domaines aussi dissemblables que les sciences biomédicales, le droit et l’éthique, ce n’était pas là un mince exploit à réaliser.

Au cours de ses travaux de maîtrise, elle a notamment utilisé l’électromyographie, une technique médicale qui permet d’enregistrer les courants électriques qui accompagnent l’activité musculaire. Les résultats de cette étude portant sur les muscles du cou ont été importants pour les physiothérapeutes dans le traitement des cervicalgies, un problème musculo-squelettique fréquent chez les patients souffrant d’arthrite.

Ayant développé en parallèle un vif intérêt pour les défis professionnels et éthiques auxquels sont confrontés les physiothérapeutes dans leur pratique, la jeune chercheure a été invitée à enseigner l’éthique professionnelle aux étudiants en physiothérapie de l’Université de Montréal. Puis en 2009, elle est nommée professeure adjointe de clinique à l’École de réadaptation. L’année suivante, elle devient membre du bureau du syndic de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, tout en continuant à temps partiel sa pratique clinique en tant que physiothérapeute à l’Institut neurologique de Montréal ainsi qu’à l’Hôpital Royal Victoria.

En 2012, sa décision d’approfondir l’aspect bioéthique de la physiothérapie dans des études doctorales est étroitement liée à son expérience de clinicienne, d’éducatrice et de membre d’un ordre professionnel. Dès lors, Maude Laliberté dresse un constat : « De nombreux facteurs influencent les décisions d’allocation des ressources en physiothérapie et ceux-ci ne sont pas toujours justifiables ». Les considérations peuvent inclure les besoins médicaux, le pronostic, mais aussi des facteurs sociodémographiques ou financiers. Pour exemple, les gens souffrant de douleurs chroniques, c’est-à-dire 15 à 29 % des Canadiens, auraient un accès moindre aux services. Et le délai d’attente pour ces individus, parfois plus d’un an, entraîne des conséquences importantes sur leur santé. »

Éthique de l'accessibilité

Ainsi, son projet de thèse propose une exploration des enjeux éthiques liés à l’accessibilité aux services de physiothérapie. Pour ce faire, elle vise deux objectifs :

  • Établir la présence ou l’absence de régulations encadrant les physiothérapeutes dans leurs rapports aux patients et aux agents payeurs;
  • Évaluer dans quelle mesure la source de financement des services et des diverses caractéristiques telles que l’âge, le sexe ou le statut socioéconomique influencent la fréquence et la durée moyenne des traitements, ainsi que le délai de prise en charge.

Cette étude dégagera non seulement les facteurs influençant la priorisation de la clientèle, mais permettra aussi la création et le transfert de nouvelles connaissances au travers de l’enseignement aux cliniciens, de la rédaction d’articles et de présentations dans des congrès. Elle profitera également aux Canadiens, notamment ceux n’ayant pas d’assurance complémentaire, en aidant à promouvoir l’équité dans l’accès aux services de réadaptation.

Ses capacités rédactionnelles et son engagement dans le transfert des connaissances ont amené la lauréate à publier nombre d’articles, de critiques de livres, ou d’études de cas. En sa qualité d’éditrice de la revue BioéthiqueOnline, elle a également joué un rôle de chef de file dans la construction de la section « Étude de cas » traité à travers le spectre de la recherche éthique, ainsi que l’éthique clinique et professionnelle.

Sujets : éthique, santé, vieillissement

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