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Lauréats et lauréates 2012



  • Soleil magnétique
    Dorian Pirot

    UdeM - Université de Montréal

  • La reine organique
    Alain Rochefort

    École Polytechnique de Montréal

  • Des bulles par milliers
    Virginie Derycke

    UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

  • Couronne de Noël « au féminin »
    Claude Robert

    Université Laval

  • Gouffre de glycérol
    Marie Matet

    École Polytechnique de Montréal

  • Bocage
    Joan Laur

    University of Alberta

  • La forêt des affamés
    Steve Charette

    Université Laval

  • À l'attaque!
    Baptiste Lacoste

    Université McGill

  • L'amour ancien du cannabis
    Erik Harvey-Girard

    Université d’Ottawa

  • L'abeille : victime de sa performance?
    Monique Boily

    UQAM - Université du Québec à Montréal

  • Étoile de vie
    Hassan Chadjaa

    Centre National en Électrochimie et en Technologies Environnementales - CNETE

  • Des écouteurs laser
    Francis Vanier

    École Polytechnique de Montréal

  • Un micro-tombeau de lumière
    David Roy-Guay

    UdeS - Université de Sherbrooke

  • Cristaux vivants
    Laure de Montety

    UQAR - Université du Québec à Rimouski

  • Piège à photons
    Yves-Alain Peter

    École Polytechnique de Montréal

  • Fibres en bouquet
    Nicolas Sgarioto

    Université McGill

  • Des neurones branchés!
    Marie-Eve Laramée

    UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières

  • Microeil
    Julien Lemyre-Camirand

    UdeS - Université de Sherbrooke

  • Le stress d’Arabidopsis
    Justin Wright

    Université Concordia

  • Cerveau en croissance
    Marc Fournier

    UdeM - Université de Montréal

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Soleil magnétique

Dorian Pirot

UdeM - Université de Montréal

« Prix du public Eurêka! 2012 »Le Soleil est une immense boule de gaz très conductrice. En effet, ce gaz est un plasma et ses ions sont séparés des électrons. Aussi, des champs magnétiques très intenses provenant de l’intérieur de l’étoile provoquent le rayonnement de ce gaz.La migration des champs magnétiques de l’intérieur vers les couches externes explique la grande activité du Soleil à sa surface. Chauffé par ces champs magnétiques intenses, le plasma dessine sur la couronne solaire d’immenses boucles (petit encadré à droite). Dans le grand encadré, les boucles sont modélisées à partir d’observations de surface, en résolvant les équations décrivant la mécanique des fluides magnétisés. Cette visualisation permet de mieux comprendre les mécanismes à l’origine des champs magnétiques qui émergent des profondeurs solaires.Les chercheurs visent à prédire l’activité magnétique afin d’anticiper l’occurrence d’éruptions solaires. Car ces phénomènes cataclysmiques ont un impact sur les régions situées à proximité des pôles magnétiques terrestres. C’est le cas du Québec où le réseau électrique et les communications s’en trouvent fragilisés. Les mots d'Esther Croft, nouvelliste, romancière et dramaturge                                                                                                                                                                                       PlongerTête première dans le corps du soleil. Répondre enfin à ses appels aveuglants. Glisser le long de ses coulées douces jusque dans les profondeurs d’une aube sans commencement ni fin. Se perdre dans les tourbillons de rouge et d’orangé qui célèbrent chaque jour la naissance du premier dieu. Se purifier au feu des origines et revenir au monde dans un poudroiement de lumière.Le pourra-t-elle? Elle qui a toujours vécu au creux de la lune?

Sujets : espace, énergie
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La reine organique

Alain Rochefort

École Polytechnique de Montréal

Voici une représentation du rubrène, une vedette parmi les molécules organiques semi-conductrices. Les petites lignes délimitent les zones spatiales où se trouvent les électrons. Cette molécule détient le record de mobilité des molécules de son espèce. En effet, elle laisse circuler très rapidement les particules qui assurent la communication dans les circuits intégrés.Le rubrène est utilisé en électronique « plastique » dont les avantages sont la flexibilité, la légèreté et la simplicité d’assemblage. Avec une simple imprimante à jet d’encre, on peut créer des circuits électriques relativement complexes. Il s’agit alors de déposer l’encre contenant le rubrène sur une surface : métal, verre ou plastique. Cette électronique « flexible » rend possible la création de vêtements « intelligents » chauffants, refroidissants ou éclairants, ou encore la production de télévisions enroulables, voire pliables.Les mots de Louis Hamelin, romancier, essayiste et scénaristeDes créatures qui ressemblent à cette chose vivent, vagues octopodes, au fond des fosses des océans où elles génèrent, dans ces abysses d’encre, une faible électricité, une infime et primitive lueur sursautante. Formes de vie cryptées dont la proto-intelligence sera un jour informée par la pulsation du rubrar organoïde de la planétule numéro 3 du système almachien, reliée enfin. Réseautée, à jamais au-delà de l’aigle et des téléviseurs pliants.  

Sujets : matériaux & fabrication
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Des bulles par milliers

Virginie Derycke

UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Ces bulles de tailles diverses permettent de fixer des sulfures. Ces sulfures sont des composés de soufre et de métal : cuivre, plomb, zinc, nickel, etc. Ils contiennent aussi parfois des traces d’or. Le sous-sol québécois contien beaucoup de ces sulfures.La flottation est une technique de séparation fréquemment utilisée dans l’industrie minière pour séparer les sulfures des autres minéraux constituant la roche. Il est d’abord nécessaire de broyer la roche et de la mélanger à de l’eau. Puis on ajoute un « collecteur » à cette pulpe. Ce collecteur est une molécule organique, tel le xanthate, qui rend le sulfure hydrophobe. Dans un second temps, l’ajout de bulles permet de recueillir les particules hydrophobes qui s’y fixent pour remonter à la surface. Ici, les bulles sont générées par le passage d’un flux d’air à travers un disque de verre fritté, de porosité connue. Le contrôle et l’évaluation continus de la taille des bulles sont essentiels, car celles-ci ont un impact majeur sur la récupération des particules hydrophobes par flottation. Notre recherche consiste à évaluer les mécanismes fondamentaux intervenant dans le processus complexe qu’est la flottation.Les mots de Nancy Montour, auteure de littérature pour la jeunesseDes bulles par milliersMe sont révéléesJuste à les regarderJ’ai le cœur plus légerC’est une invitationÀ tout oublierUn moment d’évasionJe me laisse emporterL’étrange migrationDe ces petits rondsÉveille l’insoucianceJe suis la cadenceJoie pétillanteDe la découverteLe temps qui nous hanteSonne l’alerteJe quitte ma bulleJe capituleCar sur la TerreJ’ai beaucoup à faire!

Sujets : chimie, matériaux & fabrication, ressources naturelles
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Couronne de Noël « au féminin »

Claude Robert

Université Laval

Cette structure verte et circulaire délimite les contours d’un ovocyte de vache. Cette grosse cellule au cœur de la reproduction doit se transformer pour atteindre le stade d’ovule fécondable.L’ovocyte est ici entouré d’une garde rapprochée dédiée à son bien-être. Ainsi, tout autour, les cellules du cumulus l’assistent dans son développement. En rouge, c’est leur ADN et en blanc, leur ARN.L’ovocyte de tous les mammifères est entouré d’une coquille appelée « zone pellucide ». Les communications entre les cellules du cumulus et l’ovocyte se font grâce à des extensions des cellules du cumulus qui traversent la zone pellucide et qui viennent toucher la membrane externe de l’ovocyte. La présence de canaux au bout des extensions permet l’échange de petites molécules. La structure de ces canaux et l'étude des molécules y transigeant, en fonction du temps, sont des éléments essentiels à la compréhension du développement ovocytaire. Ce développement amènera l’ovocyte à devenir un ovule de qualité, fécondable et apte à soutenir le développement embryonnaire.Les mots de Patrice Lessard, nouvelliste et romancier     Aspic vert, il y a du bœuf là-dedans, dit Clara, jello fluorescent, bœuf, œuf! tu en veux? Non, réponds-je en admirant tout autour, ébloui, ce monde scintillant de boules, guirlandes, fausses pierres précieuses en petits miroirs déconfigurés, sa tante aviaire aussi qui crie, Le partage et l’amour! en charcutant la luisante couronne chlorophylle. Je me retourne, L’échange! crachotte un oncle soûl se glissant entre nous.     Je me rabats sur un céleri.

Sujets : biologie
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Gouffre de glycérol

Marie Matet

École Polytechnique de Montréal

Coupe transversale d’un film de chitosane, un biopolymère composé d’extraits de carapaces des crustacés. Biosourcé et biodégradable, il possède des propriétés antibactériennes le rendant intéressant pour les emballages alimentaires. Cependant, l’industrie de l’emballage utilise des techniques de transformation à chaud pour produire ses films plastiques. Et le chitosane n’a aucun point de fusion, il se dégrade avant de fondre.Dans cette étude, du glycérol a été ajouté pour « plastifier » le chitosane, c'est-à-dire pour gonfler et disperser les molécules de chitosane avant sa gélification. Ici, une goutte de glycérol a détérioré le biopolymère, avant de s’évaporer. Mais cet accident a permis pour la première fois d’observer sa structure stratifiée en 3D.Les mots d'Héloïse Côté, essayiste, nouvelliste et romancièreScience-fictionAu bord de l’abîme, j’hésite : me reste-t-il assez d’oxygène pour m’y aventurer? Le bruit de ma respiration, amplifié par mon casque, réduit à un murmure le mugissement du vent glacial dans la lande orangée. « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité », a dit Neil Armstrong. Je ne suis qu’un instrument au service de la science, au service de la race humaine, et la planète a encore tant de secrets à livrer… Je saute.

Sujets : matériaux & fabrication
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Bocage

Joan Laur

University of Alberta

Cette recherche vise à analyser les capacités d'adaptation de jeunes plantes, issues de culture en serre industrialisée. Ici, nous avons une feuille d’un jeune plant de peuplier cultivé en environnement contrôlé et saturé d'eau. Notez les orifices appelés stomates. Ils permettent l'entrée du CO2 nécessaire à la croissance de l'arbre. Quand on simule la sécheresse, ces orifices demeurent ouverts, et l'eau s'en échappe massivement. Les plantes issues de culture traditionnelle, elles, vont fermer leurs stomates en période de stress. La robustesse des plantes industrielles est donc plus faible face aux conditions climatiques extrêmes.Les mots de Nicolas Dickner, romancierLe peuplier deltoïde est un pionnier. Il émerge de la forêt, colonise les trouées et les friches, déferle sur le paysage en armadas clairsemées. On peut voir, estampée à même ses feuilles, la carte des pays à conquérir : une carte couverte de frontières, de haies et de limbes, qui devient obsolète au fur et à mesure que le peuplier redessine le monde.

Sujets : biologie, environnement
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La forêt des affamés

Steve Charette

Université Laval

3e prix « Acfas 2012 »Ces petits « arbres » hauts de deux millimètres sont appelés « corps fructifères ». Ils sont formés par l’agglutination de milliers d’amibes affamées. Ces organismes unicellulaires mangent des bactéries pour leur besoin en énergie. En période de famine, après avoir englouti tout le voisinage, leur instinct de survie les pousse à travailler en groupe. Un cinquième des amibes meurent pour former la tige, donnant ainsi la chance aux autres cellules de s’élever au-dessus de la mêlée. Devenues un amas de spores, les amibes survivantes entrent en dormance. Au retour de conditions favorables, elles se remettront à croître pour former une nouvelle société amibienne!L’étude de la formation de ces structures permet de comprendre les mécanismes de communication intercellulaire qui sont aussi utilisés, entre autres, par les cellules de notre système immunitaire.Les mots de Nicole Brossard, essayiste, poète et romancièredans le quotidien de mots et de gestes personne ne sait encore si nous connaîtrons l’effroi et autresappétits de vie pour nous réuniron levait la tête on aimait les petits arbres derrière le fer forgé du cinquième étage personne ne tombait jamaisplus bas que notre habitude de la vie

Sujets : organismes vivants
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À l'attaque!

Baptiste Lacoste

Université McGill

Cette image illustre un mécanisme naturel de défense immunitaire cérébrale : la neuro-inflammation. Elle survient ici dans le cerveau d'une souris atteinte de la maladie d'Alzheimer. En rouge, on aperçoit les fameuses plaques séniles dites « toxiques ». Ce sont en fait des amas d'une petite protéine insoluble, appelée amyloïde, qui engendrent dans le tissu cérébral un ensemble de réactions de défense qui malheureusement conduisent à la production de molécules neurotoxiques. Autour de ces dépôts, ici en rouge, se précipitent des cellules « mangeuses de plaques » : en vert, la microglie et en bleu, les astrocytes. C'est en stimulant cette réaction inflammatoire, de façon contrôlée, que certains traitements pourraient s'avérer efficaces dans la lutte contre cette maladie, véritable fléau associé au vieillissement cérébral.Les mots de July Giguère, poètenuit et sangétendue sur la neige, les yeux au ciel, presque seule et silence, abandonnée à la nuit : ni aujourd’hui ni hier, demain peut-être; tu ne sais pas : tu as douze ans, l’ignorance des corps célestes; immobile, tu songes à tes formes naissantes, aux étoiles mortes encore illuminées, à la profondeur du néant ‒ ces eaux noires en toi ‒, le combat que se livrent les désirs et les peurs dans ton sang… tu ne peux détourner les yeux de l’infini.

Sujets : santé
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L'amour ancien du cannabis

Erik Harvey-Girard

Université d’Ottawa

Les récepteurs cannabinoïdes CB1 sont présents dans le cerveau de tous les vertébrés, de la lamproie à l’humain. Cette présence remonte à plusieurs centaines de millions d’années, mais leur existence n’a été établie qu’en 1990. On cherchait alors à identifier les neurorécepteurs responsables des effets du cannabis.On sait maintenant que les vertébrés produisent naturellement des molécules semblables à celles du cannabis appelées endocannabinoïdes. Ces moléculent modulent la communication entre les neurones, au niveau des synapses. Ainsi, les messages synaptiques trop puissants sont atténués grâce au système endocannabinoïde-récepteur CB1.Sur la présente image, l’ARN messager des récepteurs CB1 est marqué en mauve sur des tranches de cerveau d’Apteronotus leptorhynchus, un poisson faiblement électrique. La localisation des neurones qui expriment les récepteurs CB1 est la première étape pour mieux comprendre leurs rôles dans le cerveau des poissons.Les mots de Paule Noyart, nouvelliste, romancière et traductriceCœurs mouchetés de bruine  Enfançons enlacésTendre gémellité Vous êtes si beaux,cannabinoïdes Qu’on vous mangerait!

Sujets : neurosciences & psychologie
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L'abeille : victime de sa performance?

Monique Boily

UQAM - Université du Québec à Montréal

En collaboration avec : Madeleine Chagnon, Denis Flipo2e prix « Acfas 2012 »L'abeille domestique est le pollinisateur le plus utilisé dans le monde pour la production de fruits, de noix et de grains. Grâce à son corps velu, Apis mellifera transporte le pollen de fleur en fleur comme en fait foi cette tête qui en est chargée (points verts).Ce transport, indispensable au maintien des colonies, est aussi la source d'entrée de nombreux contaminants dans la ruche. En effet, pendant leur croissance, les plantes non seulement absorbent des contaminants présents dans le sol mais servent de réceptacles aux polluants atmosphériques : poussières et aussi particules provenant d'applications de pesticides et d'engrais. Les chercheurs étudient les effets de ces contaminants sur la physiologie de l'abeille et développent des biomarqueurs (mesures biochimiques qui témoignent d'une exposition à des substances toxiques). Ces travaux pourraient contribuer à contrer l'affaiblissement des colonies et les taux de mortalité élevés, non seulement au Québec mais partout dans le monde.Les mots de Nicolas Chalifour, romancier                                                                                          ARS CONTAMINATIONISSortir, quitter son trou, sa ruche et s’en aller voler dans les mondes en fleurs, fictions folles des livres ouverts. Vrombir, agiter le vide, batifoler dans les failles, puis se frotter aux choses, s’enfoncer dans le cul des couleurs, dans les replis sucrés de tout ce qui déjà se fane. Plonger, s’en mettre plein les moustaches en suçant partout le sens. Rentrer ivre et, couvert de poussière et d’éclats de mort, régurgiter son or, faire son miel.

Sujets : biologie, environnement
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Étoile de vie

Hassan Chadjaa

Centre National en Électrochimie et en Technologies Environnementales - CNETE

Ce champignon baigne avec gourmandise dans un milieu liquide spécialement « cuisiné » pour lui. Dans la nature, Streptomyces melanosporofaciens se développe sur des substrats solides. Du bois mort, une feuille, de la terre. Voulant le faire croître à l’échelle industrielle, les chercheurs ont finement analysé ses besoins en nutriments, azote, substances carbonées (sucres), vitamines, phosphore, etc., et ils ont produit le bouillon lui permettant de vivre et de bien se développer.L’objectif était  de produire un biopesticide avec les spores de ce champignon ; spores qui une fois germées sur les cultures deviennent les ennemies de certaines maladies du blé et de la patate. Sur l’image, on voit la forme végétative du champignon, les points noirs sont les spores formées. Mais, oh surprise ! pour les chercheurs, ce bouillon contenait un antibiotique intéressant, enrichi de champignons. Après différentes procédures de raffinement, maints tâtonnements, un antibiotique, la geldanamycine,  est désormais à l’étape d’essais cliniques dans des batteries médicamenteuses de traitements de certains cancers…Les mots de Sergine Desjardins, essayiste et romancièrePendant que les étoiles filantes portent nos vœux aux confins de l'univers La science se fait complice de notre désir de survieElle débusque les étoiles de vie lovées au cœur de l'infiniment petit Perce leurs mystèresS'émerveille de leur potentiel Fait d'elles nos alliées dans la lutte contre la faim et la mortEt leur insuffle un extraordinaire destin intimement lié au nôtre.Désormais, des myriades d'étoiles pourront remplir leurs promesses.

Sujets : organismes vivants, santé
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Des écouteurs laser

Francis Vanier

École Polytechnique de Montréal

En collaboration avec : Mathieu MaisonneuveMinuscules sphères situées tout au bout de fibres optiques. Leur diamètre de 20 millionièmes de mètre et leur surface, parfaitement lisse, permet d’emprisonner la lumière « incroyablement » longtemps. Un photon peut y parcourir jusqu’à 80 mètres en 400 milliardièmes de seconde, suffisamment longtemps pour y faire plus d’un demi million de tours!Puisque ce temps de vie est très long, ces microcavités deviennent un milieu de choix pour les interactions optiques non linéaires. Parmi ces interactions, la plus surprenante est la génération de nouvelles fréquences optiques (nouvelles couleurs). En effet, si on y injecte de la lumière infrarouge, il est possible d’en tirer de la lumière verte! L’utilisation de ces interactions non linéaires va des traitements des signaux optiques à la détection biologique et moléculaire.Pour fabriquer ces cavités, la pointe d’une fibre optique est amincie par étirage puis refondue en une sphère avec un laser haute puissance. Puis on observe au microscope si la qualité est parfaite.Les mots de Louise Bouchard, poète et romancièreL’une remue le monde et laisse ses empreintes sur les astres. L’autre veille et n’a pas bougé depuis Homère et Sapho. Quand la seconde voit passer la première, elle la salue et lui souhaite bonne chance. Au combat livré contre les silences de la matière et les mirages du temps, la Science et la Poésie s’épaulent, si bien que leurs traits parfois se confondent. L’objet de leurs vœux est le même, voyez-vous, et pareil le jour fait pour nous.

Sujets : matériaux & fabrication, physique
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Un micro-tombeau de lumière

David Roy-Guay

UdeS - Université de Sherbrooke

Nous sommes à la surface d’un diamant artificiel ; une mine de potentiel d’interaction magnétique et électrique. Ce diamant, « né » au laboratoire, est constitué exclusivement de carbone, comme sa version naturelle. Il a ici été bombardé d’atomes d’azote afin de créer avec une précision inégalée des imperfections… En fait, ce bombardement « fait sauter » un certain nombre d’atomes de carbone, créant des trous dans la structure du diamant. Et près de ces « trous » sans carbone viennent se loger des atomes d’azote. Ce phénomène crée des « centres colorés » qui émettent de la lumière dans le spectre du visible.Dans les dunes et la pyramide que nous observons ici, on retrouve ces centres colorés. Ces derniers, piégés dans la structure parfaite du diamant, sont des détecteurs électromagnétiques atomiques très sensibles à leur environnement. De plus, ils ont une relation singulière avec la lumière qu’ils émettent. À l’image d’une ampoule, leur état peut être changé « d’allumé à éteint » par l’application de micro-ondes. Étonnamment, ils peuvent être allumés et éteints en même temps, une superposition d’états dits quantiques. Cette propriété, normalement observable à des températures cryogéniques, persiste à température ambiante, ce qui fait de ces centres colorés d’excellents transistors quantiques. Certainement utiles pour le développement de l’informatique quantique, mais également pour la recherche de traceurs biocompatibles et d’imageurs de résonance magnétique à l’échelle cellulaire.Les mots de Louise Dupré, essayiste, nouvelliste, poète, romancière et dramaturgeLe sang des motsScrutée de prèsde plus près que les yeuxla matière devientune pyramide de lainesurgie par hasardau milieu des dunesmémoire momifiéedes millénairesendormis sous la pierrepur diamant qui t’écorchele doigtjusqu’au sang des motsTu imagines la mortcomme une tapisserieaux couleurs indécentesque tu t’acharnes à défaire chaque nuit de tes mainsridées

Sujets : matériaux & fabrication
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Cristaux vivants

Laure de Montety

UQAR - Université du Québec à Rimouski

Voici une colonie animale appelée « bryozoaire ». Ces colonies présentent des formes spécifiques à chaque espèce, ce qui permet aux spécialistes de les différencier. Le présent spécimen, Cellepora nordenskjoldi, est calcifié. Il a été échantillonné à 52 mètres de profondeur dans l’océan Arctique canadien lors d’un projet de recherche visant à mieux connaître la biodiversité des invertébrés vivant sur les fonds marins, qu'on appele le benthos. Pour ce faire, la taxonomie, science permettant de nommer  les êtres vivants, demeure essentielle à la connaissance et à l’évaluation de la biodiversité.Les mots de Martin Michaud, nouvelliste et romancierSi tu pouvais voir sous la surface, la meute s’organise, il y a toujours une face cachée où enfouir les secrets, des espaces de lutte et de lumière pour prononcer la grandeur des choses; phare égaré dans le noir infini de la mer des solitudes : traverse les frontières fluides, vrille la glace arctique de colonies translucides; si tu pouvais voir sous le lit déchiqueté où nous dormons, la meute s’organise, la guerre des espèces se poursuit en silence.

Sujets : organismes vivants
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Piège à photons

Yves-Alain Peter

École Polytechnique de Montréal

Cette structure circulaire de l'épaisseur d'un cheveu est appelée « tore ». Elle est en verre, et elle est montée sur un pilier en silicium. Lorsque lancés dans le tore avec l’angle et l’énergie appropriés, les photons y tournent comme dans un carrousel infernal. La lumière, ainsi injectée à l’intérieur, est piégée pour un temps 1000 fois plus long que dans d’autres types d’attrape-photons. Comme si au lieu de tourner pendant une minute dans un manège, vous y restiez plus de 16 heures…Ce phénomène s’explique grâce à la loi de Snell-Descartes. Cette loi physique exprime comment un rayon lumineux change de direction à l’interface de deux milieux différents (exemple : verre/air). Sous certaines conditions, choix du matériau ou direction de départ, la trajectoire peut être telle que le rayon lumineux est totalement réfléchi à l’interface. C’est ce phénomène de réflexion totale qui est exploité dans un tore. Avec une direction de départ appropriée, le rayon est réfléchi successivement sur les parois internes du tore jusqu’à en faire plusieurs fois le tour. On obtient ainsi un piège à lumière de grande efficacité. En retenant le photon, de nature très fuyard, les chercheurs peuvent l’étudier et ainsi mieux le comprendre.Les mots de Pierre Ouellet, essayiste, poète et romancierça fuse et sediffuse droit deboutourlé roulé haute tourde boue adam et ève en unseul homme mais unetonne d’êtres une grossesomme d’air toute enpoussière prise enphoto prise enétau moulin àprière de l’univers ensuspens tour delumière où la vie moulele monde belle am-phore d’ombre : l’urnedes corps par delàleur mort dans laphotogénie de l’es-pace nu

Sujets : physique
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Fibres en bouquet

Nicolas Sgarioto

Université McGill

1er prix « Module science Radio-Canada 2012 »La perte de masse musculaire, et par conséquent de sa fonction, s’appelle « sarcopénie ». Ce phénomène est causé, entre autres, par le vieillissement, des maladies neurologiques ou des problèmes de nutrition. Les techniques d’immunologie combinées à l’magerie permettent de déterminer précisément la composition des fibres et de comprendre les mécanismes entraînant cette « fonte musculaire ».On observe, sur cette coupe transversale d’un muscle de la cuisse, les trois types de protéines (myosines) constituant les fibres musculaires. Ces différents types de fibres possèdent leurs caractéristiques métaboliques propres. Les fibres lentes, constituées de myosines de type I (bleu), sont bâties pour l’endurance. Les fibres rapides, composées de myosines de type IIA (rouge) ou IIX (vert), sont dédiées aux efforts brefs et intenses. Avec l’âge, des fibres hybrides, composées de différents types de myosines apparaissent. Ces hybrides peuvent être le reflet de changements pathologiques du muscle. Les mots de Élise Turcotte, romancière et poètePlus tard Je dansais Je me souviens des arabesquesQuand le soupçon hantait nos musclesEt retenait un instant les imagesAu coin de la rueIl y avait toujours autre chose Je plantais des personnages vieillissantDans le carré rouge du soirJ’avais fuit dans une ville étrangèreSouvent recluseAu centre d’un cabinet de curiositésÀ la science aussi inexacte que vraieCe mouvement Je l’écris maintenantUn soir de brume légèrePuisque mon corps est automne

Sujets : biologie, santé
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Des neurones branchés!

Marie-Eve Laramée

UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières

Voici vingt neurones classés selon le volume de leur réseau de dendrites, ces extensions servant à accueillir les « communications » externes. Ce sont des neurones du néocortex impliqués dans des connexions intereliant les différentes aires sensorielles. Ils proviennent des aires auditives, visuelles et somesthésiques (pression, chaleur, douleur) et se connectent au cortex visuel primaire. On peut noter la grande variété morphologique des neurones impliqués dans ces connexions.Les mots d'Hélène Monette, conteuse, poète et romancière                                                                                              étoiles comprisesvigilance échevelée * les tragédies enracinées de la fragilité vacillant dans le terreau du rêve * les silences ramifiés, violences invisibles, secrets sacrés * lorsque soudain * l’âme multipliée tient debout  pour ne pas se briser * le cœur à l’envers * secouant ses ramilles * la brindille se tient droite dans le champ des tempêtes * repousse ses énervements * à tue-tête dans les racines * frêle, s’étiole en plein néant * l’espoir en filaments sous les assauts du ciel

Sujets : neurosciences & psychologie
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Microeil

Julien Lemyre-Camirand

UdeS - Université de Sherbrooke

Une des approches pour développer des ordinateurs quantiques demande que l’on soit capable de manipuler les électrons un par un. Pour ce faire, on dessine des nanofils métalliques sur le matériau semiconducteur.La fabrication de ses nanofils se fait en trois étapes.  D'abord, on étale une résine sensible aux électrons sur le semiconducteur. Un faisceau d'électrons focalisé sur la résine balaie ensuite la surface afin de dessiner des nanotranchées. Finalement, ces nanotranchées sont remplies d’une fine couche métallique composée de titane et d'or.Cette couche de métal forme les nanofils. Or, pour déposer le métal dans les nanotranchées, on doit focaliser un faisceau d’électron sur une cible métallique. Lorsque la cible d’or est utilisée, beaucoup d’électrons sont éjectés dans toutes les directions. Les électrons qui entrent en collision avec la résine modifient sa structure chimique sur toute sa surface. Ce contact  violent crée de fortes tensions et même des micro-explosions, comme ce "microeil". La taille des explosions, des milliers de fois supérieure à celle des nanofils, ces derniers deviennent complètement inutilisables.Les mots de Jocelyn Boisvert, auteur de littérature pour la jeunesseFleur nucléaire dans des contrées microcosmiquesMéduse radioactive dans les entrailles de la matièreFeu d’artifice dans de vastes cieux microscopiquesÉtoile croqueuse de foudre, infime soleil éphémèreÉclat d’éternité entre l’invisiblement petit                               et l’inconcevablement grandLe chaos originel poursuit son œuvreLa fin des tempsEn perpétuel recommencement.

Sujets : matériaux & fabrication, physique
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Le stress d’Arabidopsis

Justin Wright

Université Concordia

En collaboration avec : Patrick GulickDétail d’une racine et d'une feuille d'Arabidopsis thaliana. Ces plantes expriment plusieurs gènes quand elles subissent un stress. Pour visualiser l’expression du gène Response to Drought (RD20), les chercheurs l’ont fusionné à un autre gène qui produit une pigmentation bleue. Le gène RD20 est déclenché, entre autres, par la sécheresse et le stress salin. Il influence alors le développement de l’architecture des racines. Le gène influence le développement de l’architecture des racines dans des conditions de stress. Cette recherche peut être stratégique à la lumière des récentes études démontrant une augmentation de la famine.Les mots de Marie-Renée Lavoie, romancièreRD20 [DYdevR] n.m. •2274 : Cactus translucide très répandu dans les champs extragalactiques, le RD20 est une forme transgénique de cactées terrestres (Terre : planète du système solaire évacuée en 2112). Il projette des épines diaphanes pour se créer un bouclier flottant qui rend le pilotage périlleux en zone de forte concentration. Son suc azuré fournit en eau les néants du Trou Noir. « En route Jim, il nous faut des RD20, j’ai soif. » (Z. Jurff)

Sujets : génétique
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Cerveau en croissance

Marc Fournier

UdeM - Université de Montréal

L’objectif de cette recherche est de mettre en relation l’anatomie et l’activité électrique d’un cerveau de nouveau-né prématuré, en cours de développement. Résultant de calculs et de traitements informatiques, cette image présente l’évolution de ces deux phénomènes dans un cerveau en croissance entre 7 et 9 mois. C’est la période où les circonvolutions cérébrales sont en pleine formation. Les couleurs de la surface (du bleu vers le rouge, en passant par le vert et le jaune) indiquent les changements dans les courbures. Les zones bleues sont établies depuis un certain temps, et les zones rouges seront formées ultérieurement. Pour leur part, les lignes irradiantes rendent compte de l’activité électrique du cerveau en lien avec les modifications de courbures. Si elles sont longues, c’est que les deux activités sont simultanées. Les points blancs indiquent les endroits où des mesures sont effectuées, pour ensuite être interpolées sur l’ensemble de l’image.Les mots de Francis CATALANO, poète, romancier et traducteurMaman tu me manques et ton manque fait se mouvoir ma croissance :suis venu atterré dans un monde moupar les portes de l’oxygène, refoulé dans l’embrasure jamais mon cri n’est né.J’habite mon cerveau mon cerveau m’habite et c’est déjà un berceau, un caveauoù se déversent d’étranges formes,des bouches, un hochet, la couleur du lait.Je sens une île, un archipel  des ondes qui n’ont point de cesse, ma croissancese meut c’est une marée bleue de syzygie.

Sujets : neurosciences & psychologie