Imprimer

Finaliste

Jérémy Brossard

ÉTS - École de technologie supérieure

Jérémy Brossard - MT180 - 2016


Avez-vous déjà tenté de vulgariser votre thèse à votre famille? Qu'est-ce qui a constitué le plus gros défi? Ce processus a-t-il suscité des réactions cocasses?
Le plus gros défi, c'est d'arriver à distinguer ce qui est important à faire comprendre et ce qui ne l'est pas. Ensuite, de vulgariser dans un langage que les gens en face de nous puissent comprendre. Il faut simplifier son sujet tout en conservant sa substance. Finalement, ça demande beaucoup d'adaptation pour arriver à faire saisir les intérêts. Les réactions sont globalement positives, car j'aborde le sujet sous l'angle du divertissement et en mettant en avant les intérêts dont la société peut bénéficier. Il y a également les sceptiques qui voient de prime abord l'utilisation controversée que l'on peut faire des drones, ou pensent que ça ne sert pas à grand-chose. J'essaie alors d'agrandir leurs champs de vision et de leur montrer le portrait dans son ensemble.

Pour vous, que représente votre recherche : un rêve d'enfance devenu réalité, un choix de carrière réfléchi… ?
Après plusieurs années en entreprise, c'était une grosse prise de risque pour moi de retourner dans le domaine universitaire. Non seulement financièrement, mais aussi parce que les modes de fonctionnement sont très différents. Je n'avais vraiment aucune certitude que ça allait marcher. Avec le recul, je me dis que ç'a été un excellent choix. La recherche que je fais actuellement est une opportunité de travailler en profondeur sur un sujet qui me plaît particulièrement. Tout en conservant beaucoup d'autonomie sur où, quand, sur quoi et comment je travaille.

Au quotidien, à quoi ressemble votre vie d'étudiant-chercheur? Quelle est l'expérience la plus enrichissante que vous avez vécue en tant que chercheur?
C'est un équilibre entre plusieurs extrêmes. D'un côté, la recherche permet de s'adonner à une activité cérébrale intense, logique, cartésienne. On remet les choses en question, on cherche à les comprendre en profondeur, on explore l'inconnu. Ça mène parfois à des questions existentielles! C'est super excitant. De l'autre côté, pour contrebalancer, je fais pas mal de sport. Ça permet de se vider l'esprit, d'évacuer et de rechercher des sensations différentes. C'est également un très bon moyen de ne pas rester enfermé dans son laboratoire et de développer un réseau social.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au concours Ma thèse en 180 secondes?
Il y a dans les universités beaucoup de projets de recherche à très fortes valeurs ajoutées, que ce soit pour la société ou les entreprises. C'est d'ailleurs ce que j'ai constaté lors du concours à l'ÉTS. Je suis convaincu que la recherche peut améliorer considérablement nos conditions de vie. Il faut donc la sortir des universités et la diffuser. Ce serait dommage de laisser croupir les bonnes idées dans le fond des laboratoires. Le concours Ma thèse en 180 secondes est une très bonne opportunité pour cela.

En participant à ce concours, en quoi êtes-vous sortie des sentiers battus?
Vulgariser au grand public est un exercice challengeant et très motivant à la fois. Il faut arriver à jongler entre une simplification dans un langage le plus universel possible de son sujet, tout en conservant sa consistance et son caractère scientifique. Puis monter sur scène, faire face au public et à la pression, et dérouler son texte de la manière la plus naturelle possible est très confrontant. Ça permet de sortir de sa zone de confort, de développer une autre facette de sa personnalité.