Imprimer

610 - Perspective interdisciplinaire sur les inégalités sociales et de genre en santé au travail : constats et défis pour l’action

Du jeudi 10 au vendredi 11 mai 2018

Les transformations que connaît le monde du travail, comme la précarisation de l’emploi, l’intensification du travail et la présence croissante de nouvelles formes de technologies, contribuent aux problèmes de santé des travailleuses et travailleurs. Plusieurs recherches démontrent que les conséquences ne sont pas les mêmes pour tous et que certaines populations sont plus vulnérables que d’autres, à savoir les femmes et les personnes immigrantes et racisées. En effet, ces populations sont exposées à des risques particuliers en raison des rapports sociaux en milieu de travail qui contribuent aux inégalités sociales et de genre en santé au travail. L’analyse de ces rapports s’avère donc nécessaire pour rendre compte de ces inégalités et les réduire. Cela pose toutefois des défis pour la recherche et l’intervention dans le domaine de la santé au travail, notamment parce qu’il est difficile d’aborder cette question avec les divers intervenants des milieux de travail et d’agir en prévention. Comment peut-on apporter des changements dans les milieux de travail afin de réduire les atteintes à la santé au travail mais aussi de réduire les inégalités? Est-il possible de faire de la prévention tout en réduisant les inégalités sociales et de genre? Quelles sont les approches et les méthodes à préconiser? Lorsque nos résultats révèlent des inégalités sociales et de genre, quelles stratégies utilisons-nous pour présenter les résultats dans les milieux de travail sans faire ressortir des stéréotypes? Comment réagissent les milieux de travail à l'égard de tels résultats?

Ce colloque a pour objectif de discuter 1) des constats issus des dernières recherches et interventions en santé au travail portant sur les inégalités sociales et de genre; 2) des approches et méthodes préconisées dans le domaine pour considérer les rapports sociaux et de genre en santé au travail; 3) des défis à relever pour favoriser cette prise en compte et réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail; et 4) des moyens pris ou à prendre pour réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail. Il permettra de recueillir des points de vue interdisciplinaires sur la manière de considérer les rapports sociaux, dont ceux liés au genre, dans la compréhension des situations de travail créant des inégalités de santé ou d’accès au travail. Les contributions devraient pouvoir mettre en valeur des méthodes et des stratégies de recherche et d’intervention qui sont favorables aux transformations sociales et de genre dans les milieux de travail.

Lire la suite »
Remerciements

Le comité organisateur du colloque souhaite remercier Marie-Laurence Génier, étudiante à la maîtrise en relations industrielles à l'UQO, pour son excellent travail de coordination du colloque ainsi que le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQ-SC) qui soutient les travaux de l'équipe de recherche interdisciplinaire sur le travail "Santé, Genre, Égalité" (SAGE).

Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQO - Université du Québec en Outaouais
Marie Laberge
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
Rachel Cox
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQO - Université du Québec en Outaouais
UQAM - Université du Québec à Montréal
Ajouter à mon horaire
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 00 à 10 h 00
Communications orales
Conférences d’ouverture
Présidence/Animation : Jessica Riel (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQAC
Local : P1-6340
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 05
"#Ellesaussi"? Implications des différences biologiques entre les sexes pour la santé au travail
Karen Messing (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le mouvement #moiaussi a fait prendre conscience aux femmes qu'elles doivent protéger leur intégrité physique lors des interactions de tous les jours. Quelle est la place du corps dans la division sexuelle du travail et de l'emploi? Les différences biologiques entre les sexes alimentent-elles des rapports de pouvoir et de domination qui minent la santé des femmes au travail?  Comment tenir compte des différences hommes-femmes pour arriver à une égalité réelle en milieu de travail? Trois cas de figure seront discutés: 1) Les fonctions biologiques des femmes sont traitées comme des exceptions par rapport à une norme masculine.  Les douleurs menstruelles peuvent être empirées par des conditions de travail.  Mais les études du phénomène sont éparses et n'ont jamais été utilisées en prévention. 2) La manutention est divisée selon le genre.  Quand le poids manipulé est une personne, elle incombe surtout aux femmes et implique des mouvements complexes. Les différences de force physique sont inconnues pour ces mouvements, et il est  difficile d'établir une limite d'exposition. 3) Le système de perception et de gestion de la douleur semble fonctionner quelque peu différemment chez les femmes et les hommes. Il s'agit de combinaisons inextricables de facteurs de sexe et de genre, et seule une volonté ferme de la part des travailleuses et de leurs regroupements permet d'arriver à des solutions.  Et maintenant? Quelles pistes pour la recherche et l'intervention?

Résumé
09 h 40
Réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail : un objectif ambitieux de l'équipe de recherche interdisciplinaire sur le travail " Santé, Genre, Égalité ".
Jessica Riel (UQO - Université du Québec en Outaouais), Rachel Cox (Université du Québec à Montréal)

Les transformations du monde du travail ont engendré de nouveaux risques à la santé des travailleur.ses qui ne sont pas pris en compte sur le plan juridique. Ce contexte, combiné à une conception de la santé et sécurité du travail centrée sur les accidents de travail et les risques traditionnels, a contribué au fait que les secteurs d’emplois majoritairement féminins (ex. santé, éducation) ont été négligés en regard de la prévention. Bien que l’analyse de genre s’avère nécessaire pour rendre compte de ce type d’inégalités dans les milieux de travail, les travaux antérieurs de membres de l’équipe ont montré qu’il est difficile d’aborder la question du genre dans les milieux de travail et que les approches et méthodes de recherche et d’intervention utilisées actuellement présentent des lacunes et ne sont pas toujours efficaces pour réduire les inégalités. Se basant sur une approche écosystémique de la santé au travail tenant compte des inégalités sociales et de genre, l’équipe de recherche interdisciplinaire sur le travail « Santé, Genre, Égalité » (SAGE) souhaite mieux comprendre la persistance des inégalités et contribuer au développement de nouvelles approches et méthodes de recherche pour réduire les inégalités. La présentation montrera comment l’équipe construit sur les travaux antérieurs de ses membres pour proposer des pistes d’action pour réduire les inégalités et répondre aux réalités contemporaines du monde du travail.

Résumé
10 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Inégalités sociales et de santé au travail dans différents contextes et pistes de solution
Présidence/Animation : Jessica Riel (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQAC
Local : P1-6340
10 h 05
Inégalités dans la rétention et la progression des avocates en pratique privée
Anne-marie Laflamme (Université Laval), Sophie Brière (Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval), Antoine Pellerin (Faculté de droit de l'Université Laval)

Depuis 2015, le Barreau du Québec compte plus de femmes que d’hommes. Pourtant, les statistiques indiquent que les avocates ne sont pas aussi bien rémunérées que leurs confrères et qu’elles quittent la profession beaucoup plus tôt que ceux-ci (Montmarquette & Viennot-Briot, 2009; Barreau du Québec, 2015). Les études qui ont été réalisées sur la rétention et la progression des avocates révèlent que le modèle actuel de la pratique privée est peu propice à la conciliation travail-famille. La structure de rémunération, les objectifs élevés d’heures facturables ainsi que les exigences en matière de développement de la clientèle désavantagent les femmes. Les attentes informelles de l’organisation – les non-dits – valorisent un dévouement total envers la pratique et prennent le pas sur les politiques internes qui sont censées permettre un certain équilibre avec les autres sphères de la vie. Les avocates, plus que leurs confrères, sont victimes de discrimination et de harcèlement sexuel (Brockman, 2001; Leiper, 2006; Barreau du Québec, 2011; Tremblay et Mascova, 2013). Les cabinets privés se disent en faveur de la rétention et de la progression des femmes. Pourtant, des entretiens menés auprès d’une cinquantaine d’avocates révèlent une résistance au changement au sein de plusieurs cabinets. Comment expliquer cette résistance et comment transformer le discours sur l’égalité en pratiques organisationnelles ? C’est ce dont il sera question dans le cadre de cette communication.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45
Les rouages politique, administratif et scientifique de la santé et de la sécurité qui génèrent des inégalités de santé chez des travailleurs vulnérables
Sylvie Gravel (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )

Les entreprises misent de plus en plus sur l’hyperflexibilité des travailleurs pour réduire leurs coûts de production, entraînant ainsi une précarisation du travail. Pour freiner les effets de cette précarisation sur la santé des travailleurs, il faut comprendre les mécanismes politiques, administratifs et scientifiques de la SST qui génèrent des inégalités de santé. Cette communication repose sur les constats d’une revue de la littérature (n=200), d’une consultation d’experts (n=20) et d’un débat impliquant des décideurs, des praticiens et des scientifiques (n=80) sur la santé et la sécurité de travailleurs cumulant des précarités. Pour illustrer la production des inégalités de santé attribuables au travail, la revue de littérature s’est centrée sur pour trois profils de travailleurs: 1) les travailleurs d’agence de location de personnel; 2) les travailleurs étrangers temporaires agricoles et peu spécialisés; 3) les travailleurs des petites entreprises non syndiquées. En plus d’être invisibilisés dans les lois en SST, les travailleurs précarisés sont confondus parmi la masse des travailleurs parce que les statistiques ne permettent pas de circonscrire la proportion de travailleurs ayant des liens précaires d’emploi au sein d’une entreprise.  Cette communication présentera les constats faits dans la recherche et proposera des pistes de réflexion afin de déconstruire ces mécanismes produisant et entretenant des inégalités sociales de santé attribuable au travail.

Résumé
11 h 10
Améliorer les pratiques préventives auprès des travailleurs d'agence de location de personnel : une question d'innovation et de transformation des pratiques de SST
Jessica Dubé (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Au cours des dernières décennies, le marché du travail a connu de profondes mutations si bien qu’en 2011, 36,6% des travailleurs québécois occupaient un emploi dit atypique (ISQ, 2017). Poussée par la quête de la flexibilité et de la réduction des dépenses des entreprises, l’industrie des agences de location de personnel a connu une croissance phénoménale. La particularité de cette industrie réside principalement dans la relation de travail, nommée la relation tripartite : l’agence de location de personnel, l’entreprise cliente et le travailleur d’agence. Ce type de relation crée des ambiguïtés quant à l'imputabilité des pratiques préventives envers les travailleurs d'agence. Cette communication a pour objectif de discuter des enjeux économiques, juridiques, de disparité de traitement, organisationnel et ceux de la perception du risque. Ces enjeux pourraient expliquer les écarts de pratiques préventives entre les travailleurs d’agence et les travailleurs permanents ainsi que leurs inefficacités. À partir de la méthode itérative de théorisation ancrée, des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de travailleurs d’agence et de professionnels de la santé au travail. Ces données démontrent, entre autres, que pour surmonter ces enjeux, nous devons être innovants et être en mesure de mobiliser les acteurs concernés à la modification des pratiques de SST actuelles et ainsi diminuer les inégalités sociales de santé auprès des travailleurs ayant un statut précaire.

Résumé
11 h 35
Améliorer la santé au travail des préposées aux bénéficiaires dans les CHSLD du Québec : Un enjeu de participation pour une catégorie professionnelle féminisée et peu valorisée
Francois AUBRY (UQO - Université du Québec en Outaouais), Isabelle Feillou (CIUSSS Centre-Sud-de-l'Ile-de-Montréal)

OBJECTIF : Nous souhaitons présenter un facteur favorable mais néanmoins sous-exploitée visant la prévention de la santé au travail des préposées aux bénéficiaires en CHSLD, soit la participation des employées aux formations prescrites. CONTEXTE : Les préposées, très majoritairement des femmes, sont les premières victimes de lésions professionnelles dans le réseau de la santé. MÉTHODOLOGIE : Nous prendrons appui sur les résultats d’une étude financée par l’IRSST menée entre 2014 et 2017 et portant sur les conditions d’appropriation et d’application d’une formation visant la prévention de la santé au travail dans le réseau de la santé (PDSB). Nous avons opté pour une méthode combinant 91 heures d’observation dans trois CHSLD et 30 entrevues avec des employées et gestionnaires. RÉSULTATS : La formation PDSB est peu utilisée par les préposées dans les CHSLD. Des balises temporelles prescrites viennent complexifier leur activité, et attenue la possibilité de réaliser conjointement un travail relationnel de qualité dans les délais prescrits tout en protégeant leur santé au travail. DISCUSSION : Les gestionnaires de ces organisations ont tout intérêt à accroitre la participation de leurs employées dans le développement et la diffusion des programmes de prévention, trop souvent déconnectées de l’activité réelle de travail. Un effet positif de cette participation serait la démonstration auprès des gestionnaires des conflits moraux que ce personnel subit quotidiennement.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
13 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Rendre compte d’inégalités sociales et de genre en santé au travail : les cas de la conciliation travail-famille et de la violence au travail
Présidence/Animation : Valérie LEDERER (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQAC
Local : P1-6340
13 h 30
Comprendre le rôle des dynamiques relationnelles comme leviers ou obstacles à des interventions favorisant l'égalité et la santé au travail : l'analyse des réseaux sociaux
Mélanie Lefrancois (UQAM - Université du Québec à Montréal), Johanne Saint-Charles (Université du Québec à Montréal), Jessica Riel (Université du Québec en Outaouais)

L’ergonomie de l’activité vise l’élargissement des marges de manœuvre des travailleuses et travailleurs au regard de la santé au travail en ciblant les éléments problématiques de la situation de travail (Coutarel et al. 2015). L’émergence de travaux visant à analyser les dimensions collectives de l’activité de travail (Caroly et Barcellini, 2013 ; Riel, 2015 ; Lefrançois, 2018) s’inscrit au sein d’approches favorisant la prise en compte du genre en ergonomie, et plus largement en santé et sécurité du travail (SST) (voir Caroly, 2016 ; Riel, Saint-Charles et Messing, 2017). À cet égard, l’ergonomie peut mettre à contribution l’analyse de réseaux sociaux (ARS) pour étudier l’influence des dynamiques relationnelles sur les marges de manœuvre permettant aux travailleuses et travailleurs de développer des stratégies pour protéger leur santé (Coutarel et al. 2015). Encore peu utilisée pour étudier des enjeux de SST (Hurtado et al. 2017 ; Lefrançois et al. 2017), l’ARS s’intéresse autant à la structure des relations qu’à leurs propriétés ainsi qu’aux caractéristiques des personnes qui composent un réseau (Saint-Charles et Mongeau, 2005). Elle permet ainsi d’aborder les inégalités au regard des dimensions individuelles, interpersonnelles et institutionnelles du genre (Risman et Davis, 2013). Des résultats d’une étude de cas alliant communication et ergonomie dans le secteur des transports illustreront l’apport de cette approche à des interventions en ergonomie de l’activité.

Résumé
13 h 55
Le temps de travail et la vie familiale : Un regard sur l'interaction du droit du travail et du droit de la famille au Québec
Stéphanie Bernstein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Mathilde Valentini (Département des sciences juridiques, Université du Québec à Montréal)

La ‘disponibilité’ est un concept-clé en droit du travail (DT) et en droit de la famille (DF).L’obligation pour les personnes salariées d’être disponibles pour travailler découle du droit de direction de l’employeur de déterminer le temps de travail.Ce droit n’est limité que partiellement par des normes légales ou conventionnées.En DF,la disponibilité des parents est un important critère pour décider de la garde des enfants.Bien que le partage égal de la garde entre les deux parents après une séparation ne soit pas encore la règle,la norme est maintenant une forme de garde partagée où les pères passent plus de temps avec leurs enfants qu’autrefois.Cette communication explore l’interaction entre le DT et le DF lorsqu’il existe un conflit potentiel entre les exigences de disponibilité des employeurs et celles liées à une situation de garde partagée.Une analyse genrée des décisions des tribunaux québécois sur ces questions nous permet de regarder les positions des décideurs relatifs à ce conflit.Cette analyse de la réponse du DF aux exigences de disponibilité des employeurs,et celle du DT aux mêmes exigences en matière de garde nous montre qu’il n’y a pas de dialogue entre ces deux champs de droit. Nous constatons qu’en ce moment les exigences de disponibilité du DF contemporain ne semblent pas avoir d’impact sur le DT qui peine à prendre acte du fait que le modèle du travailleur ‘idéal’ et non ‘encombré’ par des responsabilités familiales est depuis longtemps caduc.

Résumé
14 h 20
Quand l'intervention ergonomique n'arrive pas à rencontrer son objectif de transformation du travail… Étude de la conciliation travail-famille dans le secteur des transports
Anne-Renée Gravel (TÉLUQ - Université du Québec), Vanessa Blanchette-Luong (Université du Québec à Montréal)

En 2015, notre groupe de recherche interdisciplinaire a mené une étude pour répondre à une demande d’un syndicat du secteur des transports confronté à des problèmes de conciliation travail-famille dans un contexte privilégiant le recours à la flexibilité du travail. Un des objectifs était de relever, par une intervention ergonomique, et dans le but de faire des recommandations, les stratégies de régulation (individuelles et collectives) permettant aux travailleur(euse)s de dégager une marge de manœuvre pour répondre à la fois à leurs exigences professionnelles et familiales tout en préservant leur santé. Sur le terrain, nous avons relevé une forme de résistance qui affecte négativement cette marge de manœuvre nécessaire à la préservation de la santé. Comme ergonomes, nous n’avons pas été en mesure de ramener la question de la conciliation au même niveau de priorité que les questions traditionnelles de sécurité au travail. Ces résultats mitigés interrogent la portée de l’ergonomie sur les questions touchant les rapports sociaux de genre. En ce sens, le modèle de Rao et al., (2016) propose une intervention impliquant les acteurs organisationnels dans un processus de transformation sociale en milieu de travail qui agit dans un premier temps, sur les perceptions stéréotypées, pour ensuite, agir activement sur les inégalités sociales de santé ou d’accès au travail. Nous discutons de l’apport de ce modèle en ergonomie à partir des résultats de notre étude du secteur des transports.

Résumé
14 h 55
Pause
15 h 10
Violences (in)visibles et rapports sociaux de sexe dans l'enseignement d'un métier à prédominance masculine en formation professionnelle.
Jessica Riel (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Dans les milieux de travail à prédominance masculine, les femmes sont davantage susceptibles d’être victimes de violence en raison de leur statut minoritaire et des rapports sociaux de sexe. Bien qu’aucune étude ne s’y soit intéressée, tout porte à croire que la situation est similaire pour les enseignantes, également minoritaires, d’un métier à prédominance masculine (MPM) en formation professionnelle (FP). Étant donné l’absence de connaissances sur le sujet dans les écrits scientifiques, nous avons documenter, à partir d’une approche écosystémique de la santé au travail prenant en compte les rapports sociaux de sexe, la violence au travail en enseignement d’un MPM et FP. Une analyse thématique de données secondaires issues de 30 heures d’entretiens semi-dirigés réalisés auprès de 12 enseignantes de MPM en FP a été réalisé. Cette analyse révèle la présence de violences envers les enseignantes qui sont parfois visibles, parfois invisibles, se manifestent de différentes manières et proviennent de différentes personnes. La culture au sein des métiers, l’absence de soutien collectif et le manque de confiance envers le système de gestion des plaintes font en sorte que plusieurs enseignantes se sentent isolées et ont l’impression de ne pas pouvoir se faire entendre. En plus de présenter les résultats de la recherche, cette communication s’attardera aux stratégies mises en place lors de la collecte de données pour aborder la thématique de la violence au travail.

Résumé
15 h 35
Le cadre juridique relatif à la violence à l'égard des femmes au Maroc fondée sur le genre
Fatima Tajini (Université d’Ottawa)

La violence basée sur le genre est une question complexe et un phénomène répandu au Maroc malgré l’instauration des principes de l’égalité des sexes et l’interdiction de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, consacrée par la Constitution de 2011. Une enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan du Maroc (2014) révèle 63,3% de femmes victimes de violence, vivant dans des situations de détresse. La main-d'œuvre féminine demeure très faible (26,1% de la population active). La littérature montre les défis pour les femmes marocaines au quotidien dans l'accès au lieu de travail. Cependant, il existe très peu de littérature traitant de la violence sur le lieu de travail alors que celle-ci peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé, la sécurité et la liberté de mouvement des femmes. Le Fonds monétaire international (2016) a suggéré que le Maroc devrait aborder le problème de la sécurité des femmes dans l'espace public sur leur chemin du travail afin d’optimiser leur participation au développement social et économique du pays. Les recommandations du FMI ont abouti à l’adoption récemment au Maroc d'une nouvelle législation dans ce sens (2018). À l'aide d'une analyse juridique classique qui permet de placer la loi dans le contexte questionné, nous décrirons la nature du nouveau cadre réglementaire régissant les violences dans les lieux publics et sur le lieu de travail et nous identifierons les forces et les faiblesses de cette nouvelle législation.

Résumé
Soir
16 h 30 à 18 h 30
Cocktail
Cocktail dînatoire et lancement du site Web de l’équipe de recherche interdisciplinaire FRQ-SC sur le travail, Santé, genre, égalité (SAGE)
Batiment : UQAC
Local : H1-1020
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 30 à 11 h 50
Communications orales
Inégalités sociales et de genre en matière d’absentéisme, de lésions professionnelles ou de harcèlement au travail
Présidence/Animation : Mélanie Lefrancois (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-6340
09 h 30
Absentéisme différencié des femmes et des hommes dans un métier mixte : l’exemple des factrices et des facteurs
Margaux Vignet (UdeM - Université de Montréal), Florence Chappert (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT)), Philippe Sarnin (Université Lumière Lyon 2)

Cette communication est basée sur un travail de thèse visant à comprendre l’absentéisme des femmes et des hommes dans un métier mixte. Nous nous sommes interrogés sur la manière dont un métier devenu progressivement mixte peut générer des inégalités de santé entre les femmes et les hommes en raison de son organisation du travail, de son évolution économique ainsi que de ses éléments relatifs au contexte psychosocial. Afin de comprendre l’écart d’absence, nous avons utilisé différentes méthodes dans 3 établissements (observations (20 participant·es), entretiens (30), diagnostic photo...). Les données d’absence ont été issues d’un logiciel interne à La Poste. Nos résultats mettent en évidence que plusieurs éléments peuvent expliquer l’absentéisme différencié des facteurs et des factrices: une organisation du travail pensée sur des normes masculines en raison d’un héritage historique (ouverture aux femmes dans les années 1970), une évolution de l’activité en partie liée à la baisse du courrier et à la hausse des colis qui peut être plus défavorable pour les femmes, un matériel conçu sur des normes masculines qui n’est pas complètement adaptés aux femmes et un rapport au travail différent selon le sexe. Cette thèse met en évidence le fait que la prise en compte de la variable sexe pour comprendre le travail des femmes permet d’améliorer les conditions de travail de tout le monde. De plus, certains éléments ont pu être révélés grâce à la prise en compte de cette variable.

Résumé
09 h 55
Lésions avec atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique au Québec : analyse du risque selon le sexe
Marc-antoine Busque (IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail), Patrice Duguay (IRSST)

En 2010-2012, les lésions avec atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique (APIPP) représentaient 12 % des accidents traumatiques et des troubles musculosquelettiques acceptés par la CNESST, mais plus de la moitié des jours d’absence liés à ces lésions. Les femmes subissent 26 % des lésions avec APIPP et les hommes 74 %. Quelle part de cet écart est attribuable à une distribution différentielle des hommes et des femmes selon l’industrie et la profession, et quelle part découle d’une différence de risque? Des taux de fréquence de lésions avec APIPP, calculés en tenant compte des heures travaillées, ont été produits pour chaque combinaison sexe/groupe d’âge/catégorie professionnelle/industrie. Les données utilisées correspondent à l’ensemble des dossiers avec APIPP acceptées par la CNESST combinées aux estimations de main-d’œuvre de l’Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada. L’effet des variables sur le taux de fréquence a été estimé à l’aide d’un modèle de régression binomiale négative. Des tests d’interaction entre le sexe et chacune des trois autres variables ont été réalisés dans autant de modèles différents. Cette étude met en relief les différences de risque de lésion avec APIPP entre hommes et femmes et montre que ces écarts varient en fonction de l’industrie, notamment. Elle identifie aussi les croisements industries-catégories professionnelles détaillés présentant les taux de fréquence de lésions avec APIPP les plus élevés selon le sexe.

Résumé
10 h 20
L'accommodement raisonnable en milieu de travail québécois : les enjeux juridiques particuliers aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale
Camille Lanthier Riopel (Université d’Ottawa)

Les meilleures pratiques en psychologie organisationnelle indiquent que la mise en place d’un processus modifiant l’environnement et les conditions de travail est bénéfique au maintien en emploi des personnes souffrant de problèmes de santé mentale (PSM). Ces modifications sont régies en droit par un devoir d’accommodement incombant à l’employeur jusqu’à la limite de la contrainte excessive. Ce devoir vise à pallier les inégalités vécues sur le marché du travail par les personnes souffrant de PSM en tant que personnes handicapées et en tant que femmes puisque ces dernières en sont atteintes de façon disproportionnée. Cette recherche examine le cadre juridique québécois de l’accommodement pour les personnes souffrant d’un PSM et son application par les tribunaux administratifs compétents. Il s’agit d’une analyse jurisprudentielle classique des décisions de 2010-2018 de ces tribunaux à la lumière des décisions de la Cour suprême du Canada (n=69 dont 43 femmes et 26 hommes). La plupart des décisions portent sur la contestation d’un grief après le congédiement d’une personne syndiquée souffrant de PSM sur la base de l’incapacité de l’employeur de l’accommoder sans contrainte excessive. Peu de décisions visent des personnes non syndiquées. Les éléments juridiques ou factuels pertinents pour déterminer si le lien d’emploi sera maintenu par le décideur seront présentés, ainsi que des constats quant à la provenance et l’issue des recours selon que la personne est syndiquée ou non.

Résumé
10 h 45
Pause
11 h 00
Mise en relation de trois modèles théoriques pour mieux comprendre la problématique du harcèlement dans des milieux à prédominance masculine
Marie-Laurence Génier (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jessica Riel (Université du Québec en Outaouais), Rachel Cox (Université du Québec à Montréal)

Le harcèlement dans les organisations préoccupe les chercheur.ses depuis plusieurs années étant donné qu’il contribue au développement d’atteintes à la santé mentale et physique. Les recherches montrent que ce sont davantage les femmes qui sont victimes de harcèlement psychologique, mais également sexuel (Vézina et al., 2011). C’est particulièrement le cas dans les milieux de travail à prédominance masculine où il existe une culture d’exclusion des femmes et des rapports de pouvoir particuliers entre les hommes et les femmes (Rutherford, 2011). Les modèles théoriques de Rutherford (2011) et de Liège (Faulx, 2007) abordent ces contextes relationnels qui favorisent l’apparition du harcèlement et permettent de mieux comprendre la problématique du harcèlement dans les organisations. Dans le cadre de cette communication, nous souhaitons présenter, avec une perspective féministe, l’apport de ces modèles en santé au travail en les mettant en relation avec le modèle de production sociale de la santé au travail (Baril-Gingras et al, 2013). En plus de faire un bref portrait de la situation du harcèlement psychologique et sexuel dans des milieux à prédominance masculine chez les femmes au Québec, cette communication permettra de situer les rapports de genre dans la culture organisationnelle et leur rôle dans la problématique du harcèlement.

Résumé
11 h 25
Le sort du droit à l'égalité des femmes dans le contexte de cadres juridiques indifférents à l'égard du genre : le cas du harcèlement sexuel au travail
Caroline Brodeur (UQAM - Université du Québec à Montréal), Rachel Cox (Université du Québec à Montréal), Stéphanie Bernstein (Université du Québec à Montréal)

Au Québec, la violation du droit à un milieu de travail exempt de harcèlement sexuel (HS) se conçoit de plus en plus comme un problème relevant d’un cadre juridique indifférent à l’égard du genre. Ce délaissement d’une conceptualisation du HS comme une atteinte au droit à l’égalité se manifeste de plusieurs façons: 1) la travailleuse qui développe un problème de santé en lien avec le HS est considérée avoir subi un accident du travail (AT); 2) depuis l’adoption des dispositions sur le harcèlement psychologique (HP), des victimes de HS privilégient ce recours; 3) les syndiquées n’ont plus accès au Tribunal des droits de la personne, leur recours en cas de HS étant l’arbitrage de griefs. Quelles sont les effets d’invoquer des recours à l’encontre du HS qui éludent les questions de genre? Comment se comparent-ils à ceux où le HS est vu comme une violation du droit à l’égalité? Cette communication présente les résultats  d’une étude empirique de la jurisprudence québécoise, comparant les décisions où le HS est considéré comme un AT, celles où il est considéré sous l’angle du HP et celles où il est considéré comme du harcèlement pour un motif interdit par la Charte. Nous verrons que des pièges attendent les travailleuses lorsque le HS est considéré comme un AT ou du HP, mais qu’une meilleure mise en œuvre du droit à un milieu de travail exempt de HS serait possible si les décideurs étaient sensibilisés au rôle qu’occupe le HS dans la subordination des femmes en milieu de travail.

Résumé
Dîner
11 h 50 à 13 h 00
Dîner
Dîner
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
13 h 00 à 15 h 00
Panel
Les défis de la prise en compte des inégalités sociales et de genre en santé au travail
Présidence/Animation : Marie-Ève Maillé
Participants : Florence CHAPPERT (ANACT Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de TRavail), Jennifer Beeman (GIREPS), Céline Chatigny (UQAM - Université du Québec à Montréal), Karen Messing (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sylvie Gravel (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM ), Stéphanie Bernstein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-6340
15 h 00
Mot de clôture