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419 - Face aux défis écologiques et aux inégalités sociales : quels nouveaux modèles d’action pour influencer la transition sociétale?

Du lundi 7 au mardi 8 mai 2018
Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
UQAM - Université du Québec à Montréal
École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Université Laval
Territoires innovants en économie sociale et solidaire
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Après-midi
13 h 00 à 13 h 15
Communications orales
Mot de bienvenue
Présidence/Animation : Pierre-André Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
13 h 15 à 14 h 00
Communications orales
Conférence d’ouverture
Présidence/Animation : Pierre-André Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
13 h 15
Économie écologique et sociale : processus de transition au Québec
Laure WARIDEL (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Partout à travers le Québec, et la planète, des initiatives d’une grande diversité foisonnent. Des gens s’engagent de manières très différentes dans la transition pour une économie écologique et sociale, parfois même sans le savoir, ou du moins sans le nommer ainsi. Certains œuvrent au sein d’organisations communautaires ou de coopératives, démarrent des entreprises d’économie sociale ou des start-ups en technologies vertes. D’autres mettent en œuvre des plans de développement durable dans des entreprises ou au sein d’organismes gouvernementaux. Quelques-uns mènent des combats juridiques courageux ou vont jusqu’à choisir la désobéissance civile pour contrer des projets de développement économique qu’ils jugent néfastes pour l’environnement ou la société. Des intrépides choisissent la voie politique se présentant aux élections du municipal au fédéral en passant par le provincial. Des groupes, des comités, des instituts, des chaires, des entreprises, des fiducies foncières et des fondations sont créées et animés par des individus qui souhaitent changer le monde une décision à la fois. Bien que ces initiatives soient hétérogènes, leurs porteurs ont en commun le désir de répondre à quelques-uns défis sociaux et environnementaux de notre époque. Ils opèrent au sein d’un même système social et économique.

Résumé
14 h 00 à 15 h 20
Communications orales
Quelles innovations sociales et économiques pour la transition écologique?
Présidence/Animation : Nolywé Delannon (Université Laval)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
14 h 00
Expérimenter la transition écologique dans les milieux de vie de Rosemont-la-Petite-Patrie. Retour sur une année de recherche-action.
René Audet (UQAM - Université du Québec à Montréal), Ian SEGERS (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Mathilde Manon (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La question du passage de l’innovation locale à la transformation sociétale constitue le cœur du courant de la transition vers la durabilité (sustainability transitions). À partir d’un double cadre théorique fondé sur la théorie de la structuration et d’autre part sur la théorie des systèmes complexes, les innovations sociales et sociotechniques sont pensées comme « les germes de la transition ». Parmi les approches de ce courant de la transition, celle des « expérimentations de transition » propose une méthode d’accompagnement des innovations qui s’apparente largement à la recherche-action. Cette contribution présente le projet d’expérimentation urbaine pour la lutte contre les changements climatiques Nos milieux de vie! mené par la Coop Carbone, l’organisme Solon, la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique et de nombreux partenaires communautaires, municipaux et de l’économie sociale et solidaire. Organisé sur la matrice des « expérimentations de transition », ce projet a pour objectif principal de mobiliser les citoyens et les organisations de deux milieux de vie pilotes de Rosemont-la-Petite-Patrie autour de l’identification et la mise en œuvre de solutions collectives réduisant les émissions de gaz à effet de serre en énergie et mobilité. En revenant sur les résultats de la première année de ce projet d’expérimentation, nous proposerons une réflexion sur les enjeux théoriques de la transition ainsi que sur les défis de l’accompagnement de cette transition.

Résumé
14 h 20
Les entreprises de la transition écologique au Québec
Marie-Soleil L'Allier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les changements climatiques et la crise écologique prennent une envergure sans précédent et devant l'ampleur des crises, il y a urgence d'agir afin de limiter le réchauffement climatique et de respecter les limites planétaires. Les transformations requises dépassent les simples améliorations technologiques des systèmes existants – ils devront également toucher les infrastructures, la réglementation, les institutions ainsi que nos habitudes de vie et notre niveau de consommation. Dans le cadre de cette recherche, nous nous sommes demandé quel type d'entreprises avait le potentiel de réaliser et d'accélérer une telle transition. Une analyse et une synthèse d'études portant sur la transition écologique, l'entrepreneuriat soutenable et l'économie verte nous ont permis de faire ressortir 5 grands critères qui permettent à une entreprise d'accélérer la transition écologique. Un sondage effectué auprès de 38 PME de l'économie verte au Québec, nous permet d’observer 2 classes d'entreprises: celles des régimes et celles de la transition. Plus précisément, nous observons un continuum d'entreprises allant de celles situées au cœur des régimes sociotechniques dominants, jusqu'à celles répondant à nos 5 grands critères. Cette recherche apporte un éclairage nouveau sur l’apport inédit d'une nouvelle génération d’entreprises: elles ont une importante contribution à offrir, mais le Québec saura-t-il profiter de leur expertise?

Résumé
14 h 40
Quelles innovations sociales pour la transition écologique ?
Léopold Beaulieu (Fondaction CSN et CIRIEC-Canada)

La finance et ses impacts dans le cadre de la transition écologique : l’expérience de Fondaction comme acteur de la finance durable au Québec

Tous s’entendent pour reconnaître l’importance dans la lutte aux changements climatiques de la capacité et de l’engagement des acteurs à financer les projets qui vont l’assurer. Fondaction est un fonds de travailleurs qui depuis plus de 20 ans recueille de l’épargne-retraite pour le maintien et la création d’emplois dans une perspective de développement durable. Seront présentés à titre d’illustration des impacts de Fondaction en matière de transition énergétique. Nous y verrons qu’une réflexion sur la transition énergétique doit aussi être conjuguée à d’autres enjeux sociaux, par exemple l’automatisation grandissante du travail, les conséquences sur la fiscalité, le risque d’accroissement des inégalités et l’importance des modes de propriété.

Résumé
15 h 35 à 17 h 00
Communications orales
Pratiques alternatives pour services essentiels
Présidence/Animation : Annie Camus (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
15 h 35
Éloignement géographique et inégalités territoriales: le rôle de l’agriculture dans la sécurisation alimentaire et le développement de Mont-Laurier
Jessica Élie Leonard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Au Québec, les populations plus isolées ont d’importants problèmes en matière de services de proximité, notamment sur le plan de la sécurité alimentaire. De la sorte, les dynamiques et les réalités territoriales des régions rurales éloignées sont uniques compte tenu des spécificités locales et les conditions géographiques particulières. Dans un contexte d’agroindustrialisation, d’éloignement géographique et de conditions socioéconomiques fragiles, on constate à quel point la sécurité alimentaire de ces régions peut être plus affectée. Depuis quelques années toutefois, l’émergence d’initiatives agricoles locales visant une meilleure desserte des populations en difficultés et plus vulnérables prend de l’ampleur à l’échelle de la province. Cette communication se base sur des résultats préliminaires de recherche et vise d’une part à montrer, pourquoi la présence d’initiatives agricoles locales contribue-t-elle à la sécurité alimentaire en région rurale éloignée. D’autre part, elle cherche à mieux comprendre l’importance de ces modèles d’actions dans le développement de nouveaux espaces de sociabilité et de réduction d’inégalités. Pour ce faire, nous nous intéresserons à l’initiative agricole locale Cultiver pour nourrir située à Mont-Laurier dans la MRC d’Antoine Labelle afin de mieux comprendre le rôle, les défis et la dynamique d’acteur associés à cette instance locale dans une région où l’insécurité alimentaire est présente et où le réseau communautaire fleurit et innove.

Résumé
15 h 50
L’élaboration d’une vision commune du système alimentaire montréalais : une démarche en construction
Béatrice LEFEBVRE (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Face aux inégalités sociales et aux impacts environnementaux du système alimentaire, de nombreuses villes ont mis en place un conseil de politiques alimentaires pour favoriser l’élaboration d’une vision commune sur les enjeux alimentaires. Toutefois, selon un rapport publié par Food First-Institute for Food and Development Policy (Harper et al., 2009), un des principaux défis des conseils de politiques alimentaires est le maintient d’une diversité dans les représentations des problématiques prioritaires, des leviers d’actions sur le système (législations, création de réseaux et de partenariats, construction d’infrastructures, etc.) et des solutions locales à privilégier. Ainsi, dans la foulée des démarches de concertation et de gouvernance alimentaire à Montréal, quels sont les éléments convergents pouvant favoriser l’élaboration d’une vision commune au sein du Conseil-SAM en émergence? Quels sont les éléments divergents qui pourraient entraver la démarche en cours? À travers l’analyse de contenu des mémoires déposés à la consultation publique « Analyse de l’opportunité, pour l’agglomération de Montréal, de se doter d’un conseil de politiques alimentaires » à l’automne 2015, nous mettrons en évidence les visions convergentes et divergentes des enjeux alimentaires de la métropole. Cette analyse sera comparée avec les constats de recherches sur des conseils de politiques alimentaires ailleurs dans le monde.

Résumé
16 h 05
Action collective et changement sociétal : le cas du secteur du logement dans le grand Gatineau
Jacques L. Boucher (UQO - Université du Québec en Outaouais)

En même temps et à côté des réflexions et analyses du modèle québécois de développement, de nombreuses analyses de cas d’innovations sociales dans divers secteurs d’activité ont contribué à mieux saisir et documenter la nature de ce modèle national et de son évolution.  Or, l’examen de configurations d’initiatives, de rapports entre différentes organisations et leurs regroupements dans un même secteur, des interrelations avec des initiatives et actions d’autres secteurs à une échelle locale ou régionale laisse voir la construction progressive de véritables systèmes d’innovation qui contribuent à modeler ou remodeler le développement territorial. Ainsi, l’étude de divers types d’intervention sociale, partant de l’action sociale et se prolongeant dans diverses formes d’entrepreneuriat collectif et de leurs interrelations dans le secteur du logement dans le grand Gatineau permet de voir que des façons de faire innovantes s’additionnent et s’entremêlent de façon à assurer un impact sur l’aménagement urbain en protégeant et adaptant une part de patrimoine bâti (impact écologique et culturel), à assurer une certaine mixité sociale tout en protégeant les plus vulnérables (impact socioéconomique), à expérimenter et consolider des modes de gouvernance plus démocratique et coordonnée (impact sociopolitique). Nous pouvons même nous demander si ne serait pas en train de poindre les bases d’un écosystème social en mesure d’assumer ce qui se rapprocherait des communs.

Résumé
16 h 20
Pratiques alternatives en santé mentale et transformation sociale : le cas du Rivage comme modèle porteur d’innovation sociale en territoire local.
Nancy Lévesque (UdeS - Université de Sherbrooke)

Le Rivage du Val Saint-François est un organisme communautaire ancré à Richmond, en Estrie, dont la mission est de faciliter l’intégration et le maintien dans la communauté  des personnes ayant vécu ou vivant une problématique de santé mentale. En prenant comme objet les pratiques d’action et d’intervention que développe Le Rivage, nous montrerons les caractéristiques communes aux différentes pratiques et comment elles participent d’un modèle d’intervention en santé mentale innovateur, alternatif et de transformation sociale.

Pour ce faire, nous prendrons appui sur  nos résultats préliminaires qui font ressortir un modèle d’intervention référant à des principes et des pratiques de de vie associative, de démocratie et de participation avec les communautés territoriales d’appartenance de l’organisme. Les réflexions et dialogues observés dans les pratiques de cet organisme montrent un modèle d’intervention libérant des espaces permettant l’émergence de la parole des participants de même qu’un questionnement créatif sur le « buen vivir » en fonction d’une amélioration de la qualité de vie et du « vivre ensemble ».

Cette communication permettra de modéliser et de mieux comprendre comment des principes d’innovation sociale et de transformation sociale sont au cœur de pratiques alternatives en santé mentale en 2018.

Résumé
15 h 35 à 17 h 00
Communications orales
Transition socioécologique en milieu rural
Présidence/Animation : René Audet (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-7070
15 h 35
Innovation sociale et mobilisation communautaire dans deux communautés rurales du littoral acadien du Nouveau-Brunswick
Omer Chouinard (Université de Moncton), Sebastian Weissenberger (Télé-Université du Québec), Anne Fauré (Université de Moncton)

Le Nouveau-Brunswick est caractérisé par sa faiblesse de gouvernements locaux, (Finn, 2008). La province fait aussi face à un haut taux de pauvreté (Statistiques Canada, 2011). Parallèlement les enjeux environnementaux tels la qualité de l’eau et les changements climatiques ont émergé comme un problème préoccupant ces dernières années, (Resources Naturelles Canada, 2015). Face à ces phénomènes concurrents, la société civile acadienne a appris à innover socialement en s’investissant dans l’action collective au moyen d’associations et de coopératives en vue d’améliorer les conditions de vie, la qualité de l’environnement, tout en respectant la culture acadienne. En témoigne deux études de cas que nous présentons ici : la création de la coopérative d’énergie renouvelable de Lamèque dans la Péninsule acadienne (1999) et la création du Groupe de développement durable du pays de Cocagne dans le comté de Kent (1999). Ces études de cas sont documentées au moyen de la recherche basée sur les communautés, utilisant la méthodologie qualitative. Les questions environnementales, économiques et sociales sont abordées en adoptant le principe d’Action 21 «Penser globalement et agir localement» au moyen de réseaux internationaux pour agir sur des enjeux locaux. Les participants définissent leur territoire comme un lieu d’innovation sociale permettant d’améliorer les conditions de vie. Nous montrons cas que des projets d’économie sociale ont renforcé la «conscience territoriale».

Résumé
15 h 55
L’écovillage de la Cité écologique d’Ham-Nord : Pratique de travail éco-social intégrée de développement des communautés
Alexandra Labranche-Quesnel (UdeS - Université de Sherbrooke)

Les impacts de la crise sociale-écologique globale sont nombreux et l’urgence d’agir comme société se fait ressentir. Cette crise interpelle même le travail social, tant comme profession que discipline, dans sa manière de concevoir l’humain dans son environnement. Favreau et Molina (2011) expliquent que les sociétés humaines doivent aller vers une conversion écologique de l’économie qui remet en cause les modes de production et de consommation. Ceci nous mène donc à penser qu’il est nécessaire pour la profession du travail social de se dégager d’une approche strictement anthropocentrique afin d’aborder les enjeux sociaux en incorporant dans ses modes d’intervention, et particulièrement le développement des communautés, la valorisation de l’environnement naturel comme lieu de vie à protéger. Nous proposons donc une communication sur notre projet d’investigation, une étude de cas portant sur l’écovillage de la Cité écologique d’Ham-Nord dans la région du Centre-du-Québec. Au plan analytique, nous posons cette pratique écovillageoise en tant que pratique de développement éco-social des communautés et comme modèle alternatif de développement économique et social. Dans cette communication nous poserons d’abord la problématique, pour présenter ensuite notre cadre théorique et, enfin, exposer la méthodologie et le terrain empirique d’investigation. De plus, si l’avancement de notre terrain le permet, nous partagerons quelques pistes d’analyse.

 

Résumé
16 h 15
Territoire local et entreprise sociale : Une étude de cas à Saint-Camille
Mélanie Doyon (UQAM - Université du Québec à Montréal), Juan-luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Pierre-André Tremblay (Université du Québec à Chicoutimi), Camille Arsenault-Hétu (Université du Québec à Montréal)

Cette communication s’intéresse aux enjeux de mobilisation en présentant l’histoire de l’entreprise La Clé des Champs de Saint-Camille mise sur pied en 2003. Il s'agit d'une entreprise de production maraîchère gérée au départ sous un modèle coopératif, mais qui a changé pour devenir une entreprise privée. Cet exemple permet de voir comment une entreprise locale, indépendamment de son statut juridique, peut embrasser les valeurs, idéaux, objectifs et ambitions développés dans le cadre d’un village remarquable par sa gouvernance participative et les interrelations entre les diverses composantes de ce qu’on peut appeler un « développement rural intégré ». Il permet également de voir que la mise en place de l’entreprise s’inscrit dans une dynamique de reterritorialisation de l’agriculture, c’est-à-dire un retour de l’agriculture vers le territoire, mais un retour se réalisant à travers des relations nouvelles, insistant sur « des nouveaux référentiels de production, de nouveaux objectifs et un nouveau lien au territoire » (Rieutort, 2009 : 39), et non un retour au territoire passé. Cette reterritorialisation s’effectue notamment par l’affirmation d’un sentiment identitaire tout en façonnant un contexte de solidarité et de sociabilité à l’échelle locale.

Résumé
15 h 35 à 17 h 00
Communications orales
Une culture de la participation à Montréal
Présidence/Animation : Michel Guenet (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-7090
15 h 35
Le tournant culturel du développement territorial : application d’une grille d’indicateurs à deux arrondissements de Montréal
Juan-luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Diane-Gabrielle Tremblay (Téluq), Wilfredo Angulo (UQAM), Leila Ghaffari (UQAM), Laurent Sauvage (UQAM - Université du Québec à Montréal), Nader Mohammed Zebib (UQAM)

Adopté par la Ville de Montréal en juin 2005, l’Agenda21 de la Culture définit la culture comme le 4e pilier du développement durable. Cette vision de la culture comme moteur d’un développement durable attentif au bien-être des populations et à l’inclusion des citoyens, s’incarne à Montréal dans une politique des quartiers culturels, demandée par les acteurs locaux, mise en place en 2013 et renouvelée comme axe majeur de la politique de développement culturel 2017-2022.

Dans ce contexte, par l’intermédiaire d’une recherche partenariale, une équipe du CRISES, Culture Montréal et le TIESS, s’est donnée pour objectif de construire une grille d’indicateurs de vitalité culturelle pour les quartiers montréalais et de permettre son appropriation par les acteurs culturels locaux (arrondissements, regroupement d’artistes, entreprises d’économie sociale en culture, organismes culturels et communautaires,  etc.) afin qu'ils puissent l'utiliser pour appuyer le renforcement de la vitalité culturelle de leur quartier.

Cette grille, structurée en cinq grandes thématiques (présence d’activités culturelles, ressources, leadership, gouvernance et identité territoriale), constitue un outil permettant d’analyser la manière dont la présence des arts et de la culture contribue à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et au développement des territoires. Nous présenterons la grille d’indicateurs ainsi que son application aux arrondissements de Rosemont—La Petite-Patrie et du Sud-Ouest.

Résumé
15 h 50
Les savoirs immigrants dans le développement communautaire local: une perspective pour favoriser la transformation sociales?
Mathilde Manon (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Au Québec, le développement local communautaire est jalonné par des pratiques de concertation d’une multiplicité d’acteurs et par la participation, ce qui est propice à la production et la diffusion de réponses innovantes aux problèmes sociaux (Klein et al., 2012; Klein et al., 2014). Analysant le renouvellement de ces pratiques, Fontan et al. (2017)identifient des nouveaux modèles d’action émergeant des processus réflexifs portés pour les acteurs sociaux. Ces modèles favorisent les initiatives qui prennent en compte une pluralité des savoirs et qui s’appuient sur une vision holistique de la transformation sociale inspirée par les concepts de « buen vivir » (Santos, 2016) et de « commun » (Dardot et Laval, 2015; Santos, 2011). Or, il existe peu d’études apportant un éclairage sur la valorisation des savoirs des personnes immigrantes dans ces initiatives. Nous soutiendrons que la prise en compte des « savoirs immigrants » dans les processus de croisement et de fusion des savoirs mis en œuvre par les initiatives de développement communautaire rendrait ces processus plus inclusifs et cohésifs, favoriserait l’implication des communautés immigrantes et permettrait de repenser la transformation sociale à l’échelle locale. Nous appliquerons cette hypothèse au cas de Parole d’excluEs à Montréal.

Résumé
16 h 05
Une étude exploratoire des enjeux d'exclusion dans la participation citoyenne municipale montréalaise
Sébastien Adam (Collège Rosemont), Marie Audet (Collège de Rosemont), Valérie Demers (Collège de Rosemont), Marina Jolly (Collège de Rosemont), Cléa Montari (Collège de Rosemont)

La participation citoyenne au niveau municipal suscite intérêt et préoccupations. Pour les autorités, il s’agit entre autres de répondre de manière optimale aux besoins des citoyens. Pour ceux-ci, il s’agit de ménager un espace leur permettant d’accroître leur pouvoir sur leurs milieux de vie. Cependant, plusieurs craignent que les mécanismes de participation citoyenne ne génèrent de l’exclusion. Une brève étude a été menée en 2016-2017, afin d’explorer les problèmes se dressant sur le chemin de la participation citoyenne, dans les dossiers d’aménagement urbain à Montréal. Dans un premier temps, une recension des écrits a permis de mieux circonscrire le champ de la participation. Dans un deuxième temps, une analyse des lois et règlements québécois et montréalais a clarifié le cadre légal au sein duquel s’inscrit la participation citoyenne institutionnalisée. Finalement, des entrevues ont été menées auprès de six témoins experts, impliqués en participation citoyenne à Montréal, afin de documenter les pratiques et les principaux problèmes rencontrés. De ces entrevues ressortent un ensemble d’observations qui recoupent largement les constats théoriques, ainsi que les préoccupations soulevées par les membres du Groupe de travail pour un cadre de référence en urbanisme participatif. Des pistes sont soulevées afin de favoriser une meilleure participation via les mécanismes formels. Des questions sont aussi soulevées sur la portée du concept de participation citoyenne.

Résumé
16 h 20
Le respect du droit au quartier : une approche pour une gentrification socialement acceptable ?
Leila Ghaffari (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Un des effets négatifs de la gentrification est la marginalisation des résidents de longue date des quartiers en transformation (Hyra, 2015 ; Fraser, 2004). Ces résidents peuvent se sentir marginalisés par le pouvoir de décision accru des nouveaux arrivants (Wyly et Hammel , 2005). Pour contrer cette marginalisation, nous suggérons le concept de « droit au quartier » défini comme « le droit de participer à la transformation de l’espace et de contrôler les investissements dans l’espace » (Lefebvre, 1968 : 317). Certaines innovations institutionnelles, dont les ententes sur les avantages mutuels, peuvent faciliter la revendication et l’application de ce droit. Il s’agit d’ententes négociées entre des groupes communautaires, des promoteurs, et des instances municipales qui établissent les normes favorisant le respect des communautés touchées par des projet de développement urbain (Cummings, 2008). Des ententes de cette nature pourraient jouer un rôle important dans l’acceptabilité sociale de la gentrification (Ghaffari, Klein et Angulo, 2017) et, surtout, nuancer, voire éliminer le sentiment de marginalisation qui s’installe chez les résident les plus vulnérables dans les quartiers en phase de gentrification. Dans cette communication, nous allons étudier le cas du dispositif Community Benefit Agreement introduit dans des projets de transformation urbaine afin de voir leur effet sur les capacités des résidents de faire respecter leur droit au quartier.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Panel
Séance proposée par CIRIEC-Canada — Le développement des territoires au Québec : rôle des acteurs et modèles d’action
Présidence/Animation : Nolywé Delannon (Université Laval)
Participants : Sabrina Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Michel Jean (Direction de l'entrepreneuriat collectif - Ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation), Agnès DUPRIEZ (Mouvement Desjardins), Johanne Gélinas (Présidente-directrice générale, Transition énergétique Québec)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Quelle coconstruction des connaissances pour des innovations sociales territorialisées?
Présidence/Animation : Juan-luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-7070
10 h 45
L’innovation sociale territorialisée est-elle un pléonasme?
Bernard PECQUEUR (Université de Grenoble)

A venir

Résumé
11 h 00
Living Labs, politiques publiques locales et territoires. Entre promesses et réalités de nouveaux modèles d’actions. Enquête comparative de Living Labs en France
Quentin Marron (Université Grenoble Alpes), Emmanuel ROUX (Université Grenoble Alpes)

Dans un contexte de mutation des territoires, de « nouveaux modes de connaissances partagées et de gouvernances collaboratives» entre les acteurs publics, privés et « usagers » émergent, créant des systèmes d’acteurs aux modèles d’organisation originaux. Portés par les TIC, des espaces d’innovations ouverts et usagers tels que les Living Labs, émergent depuis une dizaine d’années sur les territoires.

La multiplication de ces nouveaux « lieux » au cœur ou aux marges de politiques publiques des collectivités territoriales s’accompagnent d’une sémantique associée à des innovations tant technologiques, environnementales que sociales. Ces lieux, ainsi, font l’objet de fascination, d’effets rhétoriques, de déclarations d’intentions et d’idéaux auto-réalisateurs. Les Living Labs produiraient des effets transformatifs considérés comme allant de soi, en faisant ainsi, l’économie d’une réflexion quant à l’effectivité de leurs portées sur le territoire et la société.

Or il faut dépasser ces promesses pour comprendre dans quelle mesure ces nouveaux lieux, nouvelles pratiques et nouveaux outils redessinent les contours des politiques publiques locales, des territoires et de la société. 

Pour éclairer cette réflexion, une enquête de terrain a été déployée sur des espaces et méthodes différentes. Tout d’abord une enquête comparative en France auprès des porteurs de Living Labs. Ensuite une étude comparative sur les deux terrains d’étude que ce sont le Tubà à Lyon et l’Urban Lab à Paris auprès de différentes parties prenantes.

Résumé
11 h 15
Leviers de développement territorial, nouvelles alternatives de valorisation, quelles orientations pour une croissance inclusive
Syrine Ben Slymen (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

Contribuer à la valorisation territoriale, augmenter la richesse collective,  ou encore améliorer la qualité de vie de la population locale, pour l’atteinte de ces objectifs de nouvelles alternatives stratégiques sont initiées par les acteurs institutionnels et non institutionnels. Contexte de déficits budgétaires, de vulnérabilités sociales et de disparités interrégionales, les choix de planifications stratégiques visent des alternatives nouvelles qui doivent s’adapter l’environnement global et être en adéquation avec les réalités locales.

Adéquation veut dire une adaptation et un positionnement, et intention, un repositionnement et une transformation permanente. L’approche de planification territoriale est prédéterminée par le contexte, les ressources et les preneurs de décision.

Diagnostic, adaptation et positionnement ou encore transformation permanente la pensée stratégique n’arrête pas d’évoluer vers un niveau « méta » où l’organisation apprenante module sa stratégie en misant sur la coexistence de diverses approches pour générer des alternatives innovantes.

Les questions sont nombreuses : à quel processus fait-on appel en invoquant une planification stratégique axée sur les réalités locales? Quel sont les acteurs impliqués? Quels sont les dynamiques d’échange entre les acteurs? Peut-on parler de dynamiques et de pratiques exemplaires, face à des contextes en perpétuelle évolution ? Quelles pratiques sont les plus propices à un développement territorial durable?

Résumé
11 h 30
Former à transformer, quelles compétences pédagogiques nécessaires pour piloter la transition socio-écologique? Une expérimentation dans les formations en éco-conseil.
Ian SEGERS (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Olivier Riffon (Université du Québec à Chicoutimi)

L’anthropocène est caractérisé par l’intensification du rythme de développement des sociétés occidentales provoquant des impacts majeurs qui se cristallisent autour de macro-problèmes socio-écologiques. Cette grande accélération soulève des questions sur le sens et les finalités éthiques de ce type de développement, sur les méthodes de pilotage des expérimentations de transitions socio-écologiques (TSE) et sur les verrouillages sociétaux qui ralentissent les TSE.

Des stratégies pédagogiques adaptées aux enjeux complexes de la TSE permettent de développer des compétences spécifiques et de former des agents changement spécialisés dans l’accompagnement de ces expérimentations. Nous proposons de discuter d’une approche pédagogique innovante développée par les enseignants en éco-conseil de l’UQAC. Elle se fonde sur un paradigme transdisciplinaire structuré autour du co-enseignement et de la pédagogie participative. Ces stratégies permettent de comprendre les problématiques socio-écologiques dans leur complexité, d’articuler cette compréhension autour d’enjeux spécifiques pour favoriser l’émergence de solutions négociées, adaptées au contexte et éclairées par une éthique transformationnelle explicite.

De manière réflexive, ces stratégies pédagogiques deviennent des compétences professionnelles qui s’ajoutent aux savoirs et outils (d’animation, de gestion, d’analyse, d’aide à la décision) et permettent de faciliter le pilotage de la TSE avec et à l’intérieur des organisations.

Résumé
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Le développement des territoires dans les pays du Sud : rôle des acteurs et modèles d’action
Présidence/Animation : Jacques Caillouette (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : UQAC
Local : P1-7090
10 h 45
Les paysannes indigènes de Bolivie : profitent-elles des bénéfices de l’innovation sociale qu’est le Vivir Bien?
Cécile Collinge (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM ), Juan-luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Stéphane Bernard (université du Québec à Montréal)

La Bolivie vit présentement d’importantes transformations démographiques, politiques et sociales. En 2006, pour la première fois de son histoire bicentenaire, ce pays majoritairement autochtone a élu un président indigène et indigéniste, Evo Morales, lequel tente de donner aux us, coutumes et valeurs indigènes, une place prépondérante tant dans le cadre constitutionnel que dans la vie quotidienne. Ce mode de vie est appelé Vivir Bien (vivre bien). Toutefois, bien que la Constitution garantisse la sécurité et la souveraineté alimentaire à sa population et l’égalité des droits aux femmes, dans la réalité, cela n’est pas toujours effectif. Lors de cette communication, nous présenterons la situation de paysannes indigènes qui vivent différentes formes d’inégalités. En 2013, nous avons réalisé des entrevues avec 54 paysannes, entrevues portant sur leurs terres, leur production, les ressources disponibles, les trajets effectués pour produire et vendre, leur alimentation, leurs moyens de subsistance et leur empowerment (pouvoir sur leur vie). Selon les résultats obtenus, les paysannes produisent surtout pour l’autoconsommation, avec des outils rudimentaires, des ressources élémentaires et presque sans aide, hormis celle de la famille. Si la majorité des paysannes a une alimentation adéquate, plusieurs souffrent de la faim. Parmi les paysannes qui ont pu bénéficier de programmes de formation et d’aide publique, se trouvent celles qui ont développé le plus haut niveau d’empowerment.

Résumé
11 h 00
Le rôle des associations dans la préservation et le développement de tissu socio-écologique, cas pratique : Association écologique Alma Vert dans la région de Tizi-Ouzou, Algérie.
fatah mahdid (Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou), Farid Nateche (Université d'Alger), Mohamed Hichem Ait Abdelkader (Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou)

La préservation de l'environnement ne se limite pas à des discours tenus dans des salles, mais c'est un travail quotidien et des actions qui se traduisent immédiatement sur le terrain par des projets concrets, et cela vu la situation alarmante de notre espace environnemental, causé par une multitude de facteurs. L’hygiène, cette mère de toutes les actions civilisatrices a été effectivement ancrée dans le comportement quotidien des citoyens du village Iguersafene, ce village qui se situe au Sud-est de Tizi-Ouzou, a pratiqué le premier ; le compostage, le recyclage et le tri des déchets ménagers, ils l’ont fait sans aucune aide de l’Etat, en 2014 ils ont eu le prix du meilleur village propre, cela se traduit par l’effort et la détermination de ses acteurs pour rendre leur localité un exemple et un symbole de la propreté et également une école en écologie. Cette révolution écologique a reproduit des nouveaux rapports sociaux, en consolidant le tissu social qui est en état de fragilité.

Notre terrain de recherche été une association dénommée Alma Vert, caractérisée par les actions socio-écologiques dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Pour ce faire, nous avons eu recours à l’entretien et à l’observation directe des faits.

Résumé
11 h 15
Participation citoyenne à l'épreuve de la construction de la démocratie locale en Côte d'Ivoire
honoré OUANTCHI (Université Félix-Houphouët-Boigny)

La participation citoyenne des populations à la consolidation de la démocratie et de la paix reste un défi majeur pour la Côte d’Ivoire. En ce qui concerne les collectivités territoriales, le principe de la démocratie locale est fondé sur la participation de la population à la gestion des affaires publiques. Cependant, force est de constater que cette participation est souvent limitée à l’élection des dirigeants locaux, juste avant et pendant la période électorale, et s’estompe comme « peau de chagrin » à la fin du processus.

Ignorantes du pouvoir qu’incarne la participation citoyenne, les populations n’arrivent pas à inscrire dans un projet collectif, des innovations sociales pouvant transformer leurs milieux de vie. Cette situation ne fait que rendre contre-performant le processus démocratique, qui à terme laissera « tout » aux mains des « politiciens » et des dirigeants locaux. Le contrôle démocratique citoyen, doit être le levier de la transformation sociale et de la gouvernance locale.

Cette communication s’appuie sur l’évaluation de la participation citoyenne réalisée à Abidjan auprès des populations et des élus locaux, qui reste encore très embryonnaire.

Résumé
11 h 30
Reconstruction de Port-au-Prince (Haïti), construction d`une ville résiliente ou aggravation des vulnérabilités?
Louis-Marc PIERRE (Université d`Etat D`Haiti)

Après le séisme catastrophique de 2010, Port-au-Prince, la capitale, a fait l`objet d`actions de reconstruction innovatrices. La déclaration d`utilité publique du centre historique de la ville, la création du Comité de Facilitation de la Reconstruction du Centre-Ville, l`Unité de Construction de Logements et Bâtiments Publics, l`élaboration du schéma directeur du centre-ville, du schéma de Cohérence Territoriale pour la région métropolitaine de Port-au-Prince sont des signaux de cette reconstruction.

Cependant, la reconstruction n`est pas seulement à la mise en place des structures et des outils d`aménagement du territoire. Elle invite les acteurs à repenser la ville dans une approche intégrée, en considérant les principes de cohérence, d`amélioration continue et de gouvernance partagée en respectant l`interdépendance des exigences environnementale, économique et politique, liées au développement durable (Charlot, 2011). Sinon, elle peut aggraver inégalités socio-spatiales (Louis-Marc, 2017).

Mais, quand la méfiance de certains acteurs envers les autorités nationales a transformé le pays en une «république des ONG» (Rainhorn, 2012), l`urgence minimise les calculs (Verdeil, 2011) et la population impose ses normes, la reconstruction réduit-elle ou aggrave-t-elle les vulnérabilités socio-spatiales à Port-au-Prince?

Cette contribution analysera la reconstruction post-sismique de Port-au-Prince en mettant accent sur les stratégies, les jeux d`acteurs et les enjeux socio-spatiaux.

Résumé
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
La fabrique symbolique du changement social
Présidence/Animation : Marie Langevin (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
10 h 45
Quelques jalons pour une théorie des innovations sociales et de la transformation sociale
Paul-andré Lapointe (Université Laval)

Pour aborder la question des nouveaux modèles d’action devant influencer la transition écologique, force est de s’appuyer sur une théorie des innovations sociales et de la transformation sociale qui soit susceptible de définir et de relier ensemble ces deux concepts. Sans minimiser les efforts récents qui proposent des réponses avec les « utopies réalistes » (Bergman 2016) et les « utopies réelles » (Wright 2017), plusieurs étapes théoriques s’imposent. Il faut d’abord caractériser les innovations sociales par leur potentiel de remise en cause de l’ordre existant et spécifier la signification de cette remise en cause en identifiant les acteurs et les groupes sociaux dont elle favorise les intérêts. Il est ensuite nécessaire d’élaborer un modèle de diffusion et d’institutionnalisation des innovations sociales, qui expliquerait la contribution de ces dernières à la transformation sociale, dont il faudrait également préciser l’orientation. Dans ce processus de diffusion et d’institutionnalisation, il faut enfin s’interroger sur la place de l’action collective. En s’inspirant d’un bilan des expériences d’innovations sociales en milieu de travail et en faisant appel aux théories du changement institutionnel (Thelen 2010) et de la mobilisation (Kelly 1998), il sera proposé quelques jalons d’une théorie des innovations sociales et de la transformation sociale qui prennent davantage en compte les enjeux de pouvoir et de distribution ainsi que l’action collective.

Résumé
11 h 05
L'UCI-Canada et le développement des territoires : une décennie mémorable (1978-1988)
Davide Lago (Faculté théologique de la Vénétie (Italie))

Cette communication présente l'expérience de l'Université coopérative internationale (UCI), un réseau de chercheurs et d'acteurs engagés dans le développement régional, l'économie sociale et l'éducation permanente. En à peine un peu plus d’une décennie, de nombreux partenariats, projets de coopération, rapports et publications scientifiques sont issus de ce réseau international. Son but était de mettre en réseau plusieurs groupes de recherche nés à l'initiative des anciens étudiants du Collège Coopératif de Paris, dirigé par Henri Desroche. Parmi les 193 sessions de l'UCI, 29 ont été organisées au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Les villes canadiennes touchées sont au nombre de dix, pour un total de 163 journées de travail ou de mission. Vingt et un organismes partenaires ont assuré ces activités (universités, centres de recherche, fondations, groupes locaux de recherche-action, coopératives, caisses populaires, organismes communautaires). L'analyse des titres de toutes ces sessions de travail nous permet de dégager les mots-clés de l'UCI au Canada : animation sociale, autobiographie et formation, coopération Nord-Sud, université et développement, développement régional, économie sociale, formation coopérative, gestion des coopératives, mouvements sociaux et développement local, pensée coopérative, praxéologie du développement, recherche-action, utopie et changement social.

Résumé
11 h 25
Défis de la promotion de pratiques d'économie sociale et solidaire d’un point de vue de politique urbaine à Barcelone. Politiques publiques visant la démocratie économique
Santiago Eizaguirre Anglada (Université de Barcelone)

L’objectif de cette communication est de réfléchir sur le rôle du secteur promoteur de l'économie sociale et solidaire dans les politiques de développement local à Barcelone après la victoire de la confluence politique “Barcelona En Comú (BeC)” en 2015. D’abord, on fait un résumé des principales périodes des politiques de développement économique récentes qui ont conduit le régime économique de Barcelone sur le point d'offrir une fenêtre d'opportunités au secteur de l’économie sociale et solidaire dans un contexte général de globalisation néolibérale caractérisée par un accroissement des inégalités sociales. En suite, on identifie les principales lignes d'action dans lesquelles les politiques publiques doivent faire face à plusieurs défis afin de favoriser la démocratisation économique. La conclusion suggère qu'hormis la promotion des activités économiques sociales et solidaires, il est important aussi de considérer la nécessité d'une nouvelle culture politique ouverte á l'hybridation des formes de gestion publiques, coopératives et communautaires. En plus de cela, notre communication suggère que, mis à part le déploiement de différentes politiques innovantes concernant l'application à l'échelle urbaine des pratiques de solidarité économique, le développement d'initiatives de régénération urbaine á grande échelle, comme le renouvellement des quartiers les plus défavorisés de la ville, sont nécessaires aussi pour favoriser la démocratie économique.

Résumé
Dîner
12 h 15 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Quelles ressources financières pour quelles innovations sociales?
Présidence/Animation : Paul-andré Lapointe (Université Laval)
Batiment : UQAC
Local : P1-7090
13 h 30
La participation du crédit communautaire au développement des territoires et des communautés locales
Marie Langevin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Annie-Claude Veilleux (ESG/UQAM)

Nous discuterons dans cette communication de la contribution des organismes de crédit communautaire québécois au développement territorial et à la vitalité socioéconomique des communautés. Grâce à son approche d’accompagnement, de mobilisation des ressources de proximité pour le financement et l’expertise entrepreneuriale, à l’importance du réseautage et de la mise en commun de ressources, le modèle québécois de crédit communautaire innove à plusieurs égards en matière de développement local. Nous discuterons de la première phase de notre recherche partenariale menée avec le Fonds communautaire d’emprunt de la Mauricie (FCEM) et les Cercles d’emprunt de la Mauricie (CEM) qui vise à comprendre les processus d'innovation sociale mis en action par ces organismes et à mettre en valeur leur contribution.

Résumé
13 h 50
Le crédit communautaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean : le parcours des entrepreneurs
Suzanne Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Au Québec, le modèle le plus courant de la microfinance est celui du crédit communautaire offert par les organismes de microcrédit.  Ces organismes font l’accompagnement et le suivi des microentrepreneurs et offrent des prêts d’honneur aux usagers qui ont recours à leurs services.

Cette communication a pour objectif de présenter les résultats d’une recherche portant sur l’expérience spécifique du crédit communautaire dans la région du Saguenay-Lac-Jean en relatant le cas des deux organismes de crédit communautaire implantés sur le territoire saguenéen, soit le Fonds d’entraide communautaire (FEC) et les Cercles d’emprunt communautaire (CEC) (fusionnés depuis la fin de 2016).  La communication portera sur le parcours des microentrepreneurs vers l’entrepreneuriat, sur les pratiques d’accompagnement des microentrepreneurs et sur les retombées socio-économiques des projets de microentreprises accompagnés par le FEC et par les CEC dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le phénomène du crédit communautaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean y sera analysé dans la perspective du développement économique communautaire, de la lutte contre la pauvreté, du développement territorial et du développement social. 

Résumé
14 h 10
L’allocation universelle comme outil d’émancipation sociale ?
Quentin Guatieri (UdeM - Université de Montréal)

Longtemps limitée au débat intellectuel et qualifiée d’utopie, l’idée d’une allocation universelle (aussi nommée revenu de base, revenu universel ou encore revenu minimum garanti) a bénéficié depuis la crise économique et financière de 2008 d’études inédites dans l’espace public et la sphère politique. Des expérimentations sont ainsi en cours ou prévues en Finlande, au Canada, en France ou encore aux Pays-Bas.

Outil d’émancipation et de justice social pour les uns, cheval de Troie du libéralisme pour d’autres, le concept de l’allocation universelle s’inscrit dans un contexte de hausse des inégalités, d’un taux de chômage rarement à la baisse et de nouvelles formes de précarité. L’idée est peu à peu sorti du débat théorique et académique pour s’installer dans la sphère institutionnelle, portée par des acteurs divers et d’idéologies variées.

Il est proposé ici de s’interroger sur la façon dont l’allocation universelle (sous la forme d’un revenu versé à tous les citoyens et sans contrepartie) se présente comme un projet de société alternatif articulant à la fois pour lutter contre les inégalités sociales mais également dans le cadre d’une transition écologique. Lutte contre la pauvreté, prérogatives démocratiques, transition écologique… Les enjeux soulevés sont multiples et nous chercherons à comprendre de quelle manière les partisans de l’allocation universelle cherchent à les articuler autour de ce concept.

Résumé
13 h 30 à 15 h 00
Panel
Une séance proposée par le GRIR en collaboration avec le CRDT (colloque numéro 411) — La recherche en développement régional : cela en vaut-il encore la peine?
Présidence/Animation : Pierre-André Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Participants : Yann Fournis (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Mario Carrier (Université Laval), Marie-José Fortin (UQ - Université du Québec), Guy Chiasson (UQO - Université du Québec en Outaouais), Juan-luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Les structures d’accompagnement des innovations
Présidence/Animation : Vincent van Schendel (TIESS)
Batiment : UQAC
Local : P1-7070
13 h 30
Collaboration en réseau et prolifération d’innovations sociales - Cas de Centraide du grand Montréal
Martine Vézina (HEC Montréal), Tessadit Zerdani (ESG-UQAM)

L’objectif de notre recherche est de montrer, en adoptant une approche réseau, comment une entreprise sociale (ES) participe à la prolifération des innovations sociales (IS) génératrices de transformations sociales. Elle vise éclairer, à travers l’analyse de Centraide du grand Montréal (CDGM), l’impact que pourrait avoir une ES structurée en réseau sur son rôle dans l’écosystème d’IS. Elle est basée sur cette hypothèse: la structure réseau des ES pourrait contribuer à la prolifération des IS transformatrices des territoires qu’elles desservent. 

Le lien entre la collaboration en réseau et l’IS est souligné dans la littérature (Weber et al., 2017). Les collaborations interorganisationnelles semblent être au cœur de l’IS. Celle-ci est même définie par son processus collectif et participatif (Lévesque 2011; Harrisson et Boucher, 2011). Notre recherche vise explorer explicitement ce lien.

Le cas que nous étudions est unique et représentatif; CDGM mobilise une diversité de parties prenantes et joue un rôle de leader dans l’émergence de nombreuses IS. Son modèle d’affaires inclusif reposant sur des processus collaboratifs sous-tend le développement de capacités de réseautage spécifiques dans le processus de co-construction d’IS. Notre analyse porte sur trois points : 1/montrer que CDGM est une entreprise réseau; 2/ identifier certaines IS développées par cette fondation pour la positionner comme acteur générateur d’IS; 3/ établir le lien entre l’entreprise réseau et l’IS.

Résumé
13 h 50
Le Créneau personnes âgées : une convergence provinciale des acteurs pour le soutien de l’innovation en l’économie sociale en réponse aux besoins des personnes âgées
Marie-Michèle Dumas (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le « Créneau des entreprises collectives en service aux personnes âgées autonomes ou en perte d’autonomie (PAAPA) » est une initiative inscrite au Plan d’action gouvernemental en économie sociale 2015-2020 du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec. Coordonné par le CRISES, le Créneau a permis, depuis septembre 2017, la mise sur pied d’une structure provinciale d’échange et de collaboration rassemblant plus d’une soixante d’acteurs issus de divers milieux : réseaux d’économie sociale et d’action communautaire, recherche universitaire, ministères provinciaux, instances municipales, syndicats, etc. Organisé en comités thématiques inter-reliés (habitation, alimentation, mobilité, loisir et culture, etc.), le Créneau offre des espaces de réflexion collective sur l’amélioration des services aux personnes âgées et sur le développement de l’économie sociale et de la synergie entre ses réseaux. Cette mise en commun des connaissances et des ressources a permis la recherche et la structuration d’approches innovantes ancrées dans les territoires et supportées par les principaux acteurs formant l’écosystème québécois d’économie sociale.

Présentation d’une nouvelle forme de pratique institutionnalisée et collaborative favorisant le développement d’une vision partagée qui se situe au carrefour des enjeux du vieillissement populationnel et des opportunités de croissance de l’économie sociale.

Résumé
14 h 10
L’ENTREPRENEURIAT SOCIAL ET SES DIFFÉRENTS ÉCOSYSTÈMES
Isabeau FOUR (CÉRSÉ), Olivier Corbin-Charland (Collège de Rosemont), France Lavoie (Collège de Rosemont), Maricarmen Merino (Collège de Rosemont)

Devant les importants défis auxquels font face nos sociétés (inégalités sociales, enjeux environnementaux, etc.), des entrepreneurs sociaux se mobilisent. Contrairement à l’image du héros solitaire souvent véhiculée, on constate que l’entrepreneur social a recours à une multitude d’acteurs pour le soutenir dans la mise en oeuvre de son projet entrepreneurial. En effet, en région comme en métropole, ces entrepreneurs s’appuient sur de nombreux dispositifs de soutien qui structurent les écosystèmes. Afin d’explorer ce phénomène, le CÉRSÉ a mené une recherche partenariale appuyée sur des entrevues auprès de 20 entrepreneurs sociaux et 10 accompagnateurs d’entreprises sociales dans trois régions du Québec. Un des grands constats de cette recherche est l’identification de cinq types d’écosystèmes imbriqués. Ces écosystèmes varient non seulement d’une région à une autre, mais également entre MRC. Ainsi, l’écosystème de l’économie sociale est moins développé en région qu’à Montréal et celui de l’entrepreneuriat social y est complètement absent. Toutefois, si l’accès à ces écosystèmes est plus difficile en région, l’entrepreneur social qui y oeuvre bénéficie d’un meilleur ancrage territorial. Quelles seraient les voies de passage permettant de mobiliser davantage les forces de chacune de ces régions pour favoriser l’ancrage territorial en métropole tout en développant les écosystèmes de soutien formalisés en région?

Résumé
15 h 15 à 16 h 45
Communications orales
La politisation du territoire
Présidence/Animation : Sylvain Lefevre (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010
15 h 15
La question des Communs et le rôle des organismes communautaires dans la société québécoise
Jacques Caillouette (UdeS - Université de Sherbrooke)

Référant à Aristote, Pierre Dardot et Christian Laval font valoir que « mettre en commun » veut dire des citoyens qui délibèrent en commun et que « vivre ensemble » ce n'est pas, comme pour le bétail, « paître au même endroit », mais « mettre en commun des paroles et des pensées » (2014, p. 23). Ces auteurs avancent également que la propriété publique, étatique, n'est pas la protection du commun, mais une forme « collective » de propriété privée (p. 15).

Au printemps 2016, dans le cadre d’une recherche plus large (Savard et al., CRSH, 2014-2017), nous réalisions au Québec, en Estrie, des entretiens auprès d’organismes communautaires et d’intervenants du réseau public dans le champ de la santé mentale et de la dépendance.

Pour rendre compte des différences culturelles, organisationnelles et politiques entre le milieu du réseau public et celui du communautaire, nous avons développé le concept d’espace, que nous éclairons ici avec les concepts propres à la théorie des Communs.

À l’heure d’une privatisation toujours plus poussée du commun dans nos sociétés, nous défendons l’idée que le milieu communautaire constitue un endroit privilégié à penser et à investir comme lieu autorisant la construction d’espaces publics de création d’appartenance, de participation et de co-activités, le tout en appui au développement démocratique de nos sociétés comme des individus qui la constituent.

Résumé
15 h 45
Le municipalisme : vers une transition basée sur les commun(e)s
Jonathan Durand folco (USP - Université Saint-Paul)

Le municipalisme est un mouvement politique qui considère la municipalité comme le tremplin potentiel d’une transformation démocratique de la vie sociale, économique et politique. Basé sur l’idéal de proximité́, d’horizontalité et de démocratie participative, il vise à décentraliser le pouvoir vers les communautés locales afin de favoriser l’autonomie collective, les innovations sociales, la résilience écologique et la démocratie économique. Selon cette perspective, la transition vers un nouveau système peut être menée par l’articulation de trois éléments : 1) la défense et la création de communs; 2) le développement massif de l’économie sociale et solidaire ; 3) l’implication active des municipalités, que ce soit par le soutien aux innovations sociales, des réformes radicales sur le plan institutionnel, ou encore la (re)municipalisation des services publics. Après avoir montré́ quelques exemples de partenariats publics-communs dans différentes villes, nous mettrons en évidence les obstacles qui freinent le changement à l’échelle locale, notamment les compétences limitées des municipalités, la domination de l’État-nation et la mondialisation néolibérale. Enfin, nous esquisserons deux stratégies pour surmonter ces contraintes: la construction d’un réseau international de villes rebelles, puis la transformation de l’État par un processus constituant, visant la création d’une République communale basée sur le confédéralisme démocratique.

Résumé
16 h 15
Les communs face au monde : géographie des responsabilités dans la transition
Sophie L. Van Neste (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

S’appuyant sur mes travaux sur les actions de citoyen.ne.s et collectifs engagés dans une protection de leurs territoires et ‘communs’ face à des menaces de pipelines au Québec et dans les municipalités gouvernées par town meetings au Massachusetts, cette contribution veut mettre de l’avant trois défis centraux d’une prise en compte de la géographie des responsabilités dans des instances d'auto-gestion et de démocratie directe se rapprochant de l'idéal des ‘communs’. Ces trois défis sont 1) la relation aux instances de régulation hors commun, 2) la culture d’une géographie extraterritoriale de responsabilités et 3) les tords historiques que doivent prendre en compte les faiseurs de communs. La communication analyse ces défis à travers les acteurs qui en font l’expérience, en tant que ‘passeurs’ entre les communs et le monde.

Résumé
16 h 45 à 17 h 00
Communications orales
Mot de clôture
Présidence/Animation : Pierre-André Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-7010