Imprimer

401 - Développement et fonctionnement des personnes et des communautés, et vie sociale

Du lundi 7 au vendredi 11 mai 2018

La session 401 s’attarde aux nombreux débats, enjeux et pratiques qui touchent l’expérience humaine. Que ce soit du point de vue des intervenants qui travaillent avec les personnes, de l’évaluation de programme, des liens sociaux, des réalités des personnes immigrantes, des soins aux aînés et à leurs proches, des dynamiques familiale et conjugale, et des interventions réalisées dans le monde du sport, la session 401 pourra témoigner des différents visages de la vie sociale et du fonctionnement des personnes dans leurs milieux de vie.

Lire la suite »
Domaine
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Ajouter à mon horaire
Afficher tous les résumés
Après-midi
13 h 00 à 16 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Réalités des personnes immigrantes
Présidence/Animation : Mathieu Cook (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5130
1
Quel contexte pour l’action citoyenne et engagée des immigrants internationaux? Enseignements d’expériences montréalaises
Bélinda Bah (UdeM - Université de Montréal)

Face à une immigration internationale soutenue, l’inclusion des nouveaux arrivants est au cœur des préoccupations des métropoles du Nord. A côté de l’enjeu de l’inclusion économique, la problématique de l’inclusion politique prend une place croissante dans la recherche sociale. C’est dans ce cadre que nous nous interrogeons sur les liens entre des pratiques participatives et la (trans)formation de l’identité citoyenne des immigrants internationaux. Pour cette communication, nous nous demandons plus spécifiquement dans quel contexte les actions citoyennes ou engagées des immigrants internationaux émergent. Notre analyse s’inspire de réflexions autour du concept d’« épreuve » (Martuccelli, 2010). Pour identifier les épreuves qui jalonnent les parcours de participation des immigrants internationaux, nous nous appuyons sur les récits de vingt-sept individus impliqués à Montréal. Trois grands types d’épreuves sont ainsi dégagés : i) Se faire une place au-delà des préjugés ; ii) Lutter contre la précarité socio-économique ; iii) Se confronter aux institutions du pouvoir formel. Pour chaque type, les éléments correspondant du contexte montréalais sont extraits des récits des participants, puis développés sur la base de données secondaires. Sensible à la diversité des expériences individuelles, cette approche du contexte cadre avec l’étude de pratiques variées, allant de l’activisme informel à l’engagement au sein d’une organisation en passant par la participation électorale.

Résumé
2
Un test à l’embauche dans la région de Québec : discrimination des Arabo-musulmans ou privilèges des Blancs?
Jean-Philippe Beauregard (Université Laval)

À la suite du Civil Rights Act (1964), une riche tradition de recherche s’est développée autour de la méthode du « testing ». En combinant l’utilisation des réelles offres d’emploi et des CV construits par les chercheurs, ce type de test permet d’étudier l’existence et l’ampleur de la discrimination à l’entrée du marché du travail. Or, malgré l’adoption de plusieurs lois et politiques publiques visant à contrer ce problème depuis ce temps, l’ampleur du traitement inégal affectant les minorités persiste.

Une étude récente menée dans la région de Montréal a indiqué que les Arabes, Latino-Américains et Noirs subissaient une discrimination substantielle dans l’accès à l’emploi. De plus, depuis la commission Bouchard-Taylor, la charte des valeurs, la remontée des discours anti-immigration, l’attentat à la Grande mosquée de Québec et le débat autour de la consultation publique sur la discrimination systémique et le racisme n’ont cessé d’attiser les tensions entre les majoritaires et les minoritaires.

Généralement confiné au terrain des métropoles où l’immigration est concentrée, notre test innove en s’immisçant sur le terrain de la région de la ville de Québec pour étudier l’intersection de l’ethnicité et du genre dans le processus d’embauche. En 2017, les Araboquébécois de cette région sont-ils discriminés à l’embauche? Oui, une fois sur deux, selon les résultats préliminaires de notre enquête. Mais comment aborder ce problème : discrimination des minorités ou privilège des Blancs?

Résumé
3
Réfugiés et demandeurs d’asile au cœur des médias québécois : de quelle manière le sujet est-il traité?
Caroline CLAVEL (UQAM - Université du Québec à Montréal), Johanna Nouchi (Université du Québec à Montréal), Lucyntha Clormeus (Université du Québec à Montréal), Heïdi Clérouin (Université du Québec à Montréal), Thomas Saïas (Université du Québec à Montréal)

En réponse à la crise migratoire la plus grave depuis la 2nd guerre mondiale, le Québec a augmenté de 56% le nombre de réfugiées accueillis en 2015 et atteint des nombres record de demandes d’asile en 2017. Cet afflux a fait l’objet d’une forte médiatisation au Québec. La littérature suggère que les discours médiatiques sont en étroites relations avec les représentations sociales et contribuent à l’orientation des attitudes en société (discrimination, préjugés), voire à la qualité des services reçus.

Dans le cadre d’une étude sur la parentalité en contexte de migration forcée au Québec, une recension d’articles médiatiques a été menée afin de mieux comprendre le contexte social au sein duquel les parents réfugiés s’inscrivent à leur arrivée. L’étude vise à documenter la manière dont les réfugiés et les demandeurs d’asile sont dépeints dans les 3 journaux les plus lus au Québec : La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal. 1026 articles ont été identifiés via le moteur de recherche Google en utilisant des termes indexeurs. 90 articles ont été sélectionnés de manière randomisée pour en faire une analyse sémantique via le logiciel Alceste. Les résultats préliminaires suggèrent que le sujet des réfugiés et des demandeurs d’asile est fréquemment traité de façon administrative, structurelle ou renvoie à une image de menace et d’illégitimité.

La discussion présentera les résultats et la manière dont ils illustrent le contexte social québécois pour les réfugiés et demandeurs d’asile.

Résumé
4
L’intégration sociale et la négociation identitaire des appartenances multiples : l’expérience des hommes immigrants racisés homosexuels vivant au Québec
Jean-François Gagnon (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication présente les résultats préliminaires d’une recherche portant sur l’intégration sociale des hommes immigrants racisés homosexuels vivant au Québec depuis plus de 10 ans. L’un des défis de l’intégration sociale de ces immigrants est la négociation identitaire des appartenances multiples. Pour le courant interactionniste, la négociation identitaire s’effectue lors de l’interaction entre des individus. Dans le cadre de cette recherche, nous nous intéressons aux interactions des hommes immigrants racisés homosexuels avec des individus de différentes communautés, soit la société d’accueil, la communauté rattachée au pays d’origine et les communautés LGBTQ. En plus des interactions, il importe de considérer, pour ces hommes, la présence d’une intersection entre une appartenance à une minorité sexuelle et une appartenance à une minorité racisée. À travers des entretiens semi-dirigés, nous avons cherché à documenter les caractéristiques du processus d’intégration sociale et à comprendre les effets de la négociation identitaire dans le contexte d’une rencontre interculturelle. Notre approche est basée sur des éléments de l’interactionnisme et de l’interculturel pour percevoir la culture comme un phénomène de communication. Par ailleurs, en situant l’interaction au cœur de notre projet, nous proposons d’intégrer des éléments de l’approche intersectionnelle afin de répondre à certaines limites des études qui sont uniquement centrées sur l’approche interculturelle.

 

Résumé
5
L’expérience de parrainage conjugal au Québec à l’épreuve de l’intersectionnalité
Lorena SUELVES EZQUERRO (Université Laval)

Cette communication rend compte des résultats de ma recherche de doctorat en anthropologie, qui porte sur les expériences des personnes impliquées dans une union transnationale au Québec.

Ma recherche vise à documenter les parcours des personnes parrainées et des personnes qui parrainent un conjoint ou une conjointe, au Québec, à partir de leur expérience à trois moments différents : la situation de pré départ, l’étape du départ et l’installation au Québec.

Au cours de ma recherche, j’ai recueilli une quarantaine de récits de vie de personnes parrainées et de personnes qui ont parrainé un conjoint ou une conjointe au Québec. Mes résultats préliminaires révèlent que les expériences des personnes concernées sont très diverses et directement influencées par différents systèmes de domination, qu’ils soient basés sur la « race », la classe, le genre, la génération, l’orientation sexuelle ou autres, tant à l’intérieur du couple que dans les différentes sphères de la société.

Par ailleurs, j’ai découvert qu’au Canada, comme ailleurs dans le monde, il devient très important de préparer un « bon » dossier d’immigration pour prouver que le parrainage n’est pas fait dans le seul but d’immigrer et de s’installer au pays. Malgré les difficultés, les témoignages des personnes impliquées dans le processus démontrent qu’elles sont capables de mener des négociations complexes dans le but d’atteindre leur objectif : immigrer au Québec et / ou rejoindre leur conjoint ou conjointe.

Résumé
6
L’intégration professionnelle réussie des immigrantes francophones appartenant aux minorités visibles à Winnipeg
Halimatou BA (Université de Saint-Boniface)

Des études portant sur les Immigrants au Canada sont abondantes et touchent plusieurs domaines. Celles portant sur les femmes immigrantes soulignent plus souvent les difficultés qu’elles éprouvent pour leur intégration professionnelle (Gallant, 2010, Chicha, 2012). Rares sont les études concernant ces Immigrantes qui sont parvenues à mieux s’intégrer professionnellement (Hyppolite, 2012). Par opposition à cette littérature sombre qui présente ces femmes en difficultés sociales et dépendantes économiquement (Pierre, 2005; Gauthier, 2013), cette recherche explore le cas des femmes immigrantes africaines francophones qui ont réussi à mieux s’intégrer professionnellement à Winnipeg, en occupant un emploi permanent et satisfaisant. Le but est de comprendre comment ces femmes ont réussi à bien s’intégrer professionnellement, malgré les obstacles qui pourraient se dresser dans le parcours. Les objectifs visent à connaitre les facteurs de leur réussite et les stratégies développées pour contourner certains écueils.  La recherche qualitative sera réalisée auprès d’une vingtaine de ces femmes, choisies typiquement avec la stratégie de « boule de neige » à partir de quelques contacts initiaux. Les données provenant des entrevues semi-dirigées, seront analysées selon leur contenu. Les résultats pourraient être bénéfiques dans l’avancement des connaissances dans le domaine de l’immigration et permettre un renouvellement dans l’intervention sociale auprès de cette communauté immigrante

 

Résumé
7
L’immigration des femmes francophones dans un milieu rural : une réalité émergente
Amal Madibbo (University of Calgary)

Cette communication traite de l’expérience de l’établissement et de l’intégration des femmes francophones immigrantes dans un milieu minoritaire rural en Alberta. Nous examinons les barrières que ces femmes rencontrent et dans quelle mesure ces barrières sont liées à la langue -le niveau d’anglais, le genre et le statut d’immigrant. La communication a également pour but de saisir comment ces femmes s’adaptent à ces barrières et les ressources -services d’établissement, institutions religieuses, familles, amies- auxquelles elles ont recours pour faciliter leur intégration socio-économique dans la société d’accueil. Les données sur lesquelles cette communication est basée ont été recueillies par des méthodes de recherche qualitatives d’entretiens et de Photovoice en 2016 et 2017 dans la ville de Red Deer et ses environs auprès d’une quarantaine de nouvelles arrivantes. Cette étude a été entreprise dans le cadre d’un projet de recherche-action participative. Notre analyse s’inspire de la théorie du croisement des facteurs identitaires tels que la langue, le genre et le statut d’immigrant pour dégager certains processus d’inclusion et d’exclusion qui surgissent dans le processus de l’intégration dans un milieu rural. Cette communication nous donnera l’occasion de mieux comprendre l’immigration francophone dans un milieu rural et de suggérer de bonnes pratiques qui donnent lieu à une intégration socio-économique réussie.

 

Résumé
13 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Défis et innovations dans les professions de la santé et du social
Présidence/Animation : Dominic Bizot (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5120
1
Regards croisés sur la conceptualisation des situations conflictuelles d’adolescentes et d’éducatrices en contexte de centre de réadaptation
Valérie PARENT (UdeM - Université de Montréal), Sarah Louise Fraser (Université de Montréal)

Cette présentation partagera les résultats d'une étude qualitative menée dans le cadre d'un mémoire en psychoéducation. Le projet explore la conceptualisation des jeunes et des éducatrices des moments de conflits qui prennent place en centre de réadaptation. En effet, dans ce contexte, la présence de comportements perturbateurs et l’augmentation de méthodes d’intervention disciplinaires sont des préoccupations. En utilisant une approche narrative et un cadre phénoménologique, la recherche analyse la construction des narratifs des jeunes et des éducatrices, les divergences et les similitudes entre leur conceptualisation respective du conflit et le sens général qu’ils lui donnent. Les résultats mettent en lumière six éléments qui sont tous utilisés et interprétés par les jeunes et par les éducatrices dans leurs descriptions des situations de conflits. Les jeunes et les éducatrices sont constantes dans leurs références à ces éléments pour expliciter les conflits. Or, les résultats illustrent qu’elles interprètent plusieurs éléments de façon différente. De plus, les résultats suggèrent que la façon dont les jeunes et les éducatrices utilisent et organisent ces éléments dans la construction de leurs narratifs se confrontent, créant des divergences dans le sens donné au conflit. Les résultats permettent de réfléchir au sens qui est donné au conflit autant selon les perspectives des jeunes que des éducatrices ainsi qu’à l’impact de ces conceptualisations sur l’interaction.

Résumé
2
Prévalence et facteurs de risque les plus fortement associés à la présence de stress traumatique secondaire chez les intervenants sociaux en protection de la jeunesse
Véronique Tessier (Université Laval), Robert Pauzé (UdeS)

Étude descriptive quantitative ayant pour objectif de contribuer au développement des connaissances sur le stress traumatique secondaire (STS) chez les agents de relations humaines (ARH) œuvrant à l’application des mesures (AM) en protection de la jeunesse. Elle vise à documenter la prévalence du STS et de ses concepts associés (épuisement professionnel et niveau de satisfaction de compassion), à identifier différents facteurs de risque associés au STS et à établir leur poids relatif. Un questionnaire auto-administré a été présenté et remis à l’ensemble des ARH œuvrant à l’AM au CIUSSS-CN. Ce questionnaire comprenait un questionnaire sociodémographique et deux instruments de mesure standardisés : 1- l’Échelle de qualité de vie professionnelle (ProQOL-V) de Stamm (2009) et 2- l’Échelle d’évaluation du stress traumatique secondaire de Bride et coll. (2004). Les données ont été colligées entre janvier et mars 2017. La population à l’étude était de 118 intervenants : 72,03 % d’entre eux ont participé à la recherche (n= 85). Diverses analyses statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS. Globalement, les résultats indiquent des prévalences élevées d’épuisement professionnel (30,6 %) et de STS (28,9 %). Les analyses bivariées et le modèle de régression logistique ont quant à eux permis d’établir que les antécédents de traumatismes psychologiques personnels et de traumatismes psychologiques vécus au travail sont associés de façon significative à la présence de STS.

Résumé
3
L’interdisciplinarité au quotidien : ethnographie d’une unité d’hémato-oncologie pédiatrique
Mariette Cliche-Galarza (UdeM - Université de Montréal)

Sociologues et anthropologues ont abordé l'hôpital à la fois comme île, dans sa logique interne, et comme continent, comme une fenêtre sur la localité (Fortin et Knotova, 2013). Ainsi, dans un système de santé mettant de l'avant l'importance de l'interdisciplinarité (Frank, 2005), il est intéressant de s'interroger sur les enjeux entourant la pratiques des professionnels en marge de l'équipe médicale, notamment les intervenants psychosociaux et les préposés aux bénéficiaires. 

Cette communication présente les résultats d’une étude de terrain de cinq mois menée au sein d’une unité d’hémato-oncologie pédiatrique et de 12 entrevues semi-structurées. J’explore la division de l’espace entre une diversité de mondes disciplinaires au sein de l’unité, ainsi que la façon dont mes informateurs emploient des passerelles, autant spatiales (postes des infirmières) que temporelles (réunions « multi »), afin de se faufiler au sein de la dyade médecin-infirmière. Cela me permet d’avoir un regard empirique sur les géographies entourant les négociations interdisciplinaires, puis de mettre l’accent sur la façon dont des savoirs non-biomédicaux trouvent leur place dans un contexte de médecine de pointe. Je propose que l’interdisciplinarité est une valeur mise de l’avant dans l’unité, surtout à un niveau managérial, mais que dans les faits, elle se limite surtout à la relation entre médecins et infirmières, l’inclusion des autres professionnels étant cantonnée à des espaces informels.

Résumé
4
Mieux servir les usagers ayant un trouble de la communication : analyses préliminaires des effets d’une formation offerte aux chauffeurs de transport adapté
Alexandra TESSIER (UdeM - Université de Montréal), Claire Croteau (Université de Montréal)

Pour mettre en place une ville inclusive, il faut s'assurer d'adapter l'environnement physique, mais également l’environnement humain. En effet, les personnes ayant un trouble de la communication nécessitent que les interlocuteurs qu’ils rencontrent dans la communauté ajustent leur communication, sans quoi elles expérimentent des échanges difficiles qui peuvent les amener à éviter les lieux publics (Howe, Worrall et Hickson, 2004). L’objectif de cette présentation sera d’exposer les impacts d’une formation visant à faciliter les interactions entre les chauffeurs de transport adapté de la Société de transport de Montréal et les usagers ayant un trouble de la communication. Les impacts de la formation ont été documentés sur trois plans, soient 1) les connaissances des comportements et stratégies de communication, 2) les habiletés communicationnelles et 3) l’expérience de l’interaction des chauffeurs formés et des usagers ayant un trouble de communication. Cette communication orale présentera les analyses préliminaires des résultats sur les treize chauffeurs ayant suivi la formation. L’intérêt de ce projet réside dans le développement d’un moyen concret ayant le potentiel de modifier l’environnement de communication des personnes ayant un trouble de la communication, ce qui pourrait faciliter leurs contacts sociaux et les encourager à fréquenter les lieux publics.

Résumé
5
Le choix de carrière en sexologie : les motivations à entreprendre des études dans le domaine
Lyanna DESPRÉS (UQAM - Université du Québec à Montréal), Manon Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Bien que la sexologie soit enseignée à l’UQAM depuis presque 50 ans, peu de travaux traitent des motifs qui incitent les individus à s’inscrire à une formation dans ce domaine. Les données disponibles permettent de constater que le choix d’entamer des études dans le domaine de la sexologie est généralement influencé par un intérêt directement lié à l’objet d’étude, soit la sexualité humaine. L’objectif de la présente étude consiste à documenter les motivations des personnes à entamer des études et à poursuivre une carrière en sexologie. La théorie de la construction de la carrière de Savickas (2002) permet de mieux saisir les liens entre l’objet d’étude et le choix de carrière. Selon Savickas, les individus construisent activement leur carrière selon leur personnalité, leurs intérêts et leur capacité d’adaptation. Les données proviennent de l’analyse de 25 entrevues semi-dirigées menées auprès de diplômés du baccalauréat en sexologie ayant un minimum de 2 ans d’expérience professionnelle. Les résultats permettent d’identifier une diversité de motivations liées à l’objet d’étude (la sexualité humaine) ou au champ d’exercice dans le domaine des relations humaines. Différents profils d’étudiants ont également pu être distingués. Cette étude contribue aux connaissances sur les éléments associés au choix de carrière, plus spécifiquement dans le domaine de la sexologie, et sera utile aux différents groupes qui encadrent les étudiants et les diplômés en sexologie.

Résumé
6
Les parents et le travail social, quelle légitimité morale?
Annick Quesnel Bolduc (UdeM - Université de Montréal)

J’ai mené une recherche ethnographique à Montréal auprès de parents qui ont vécu des expériences de travail social familial. Mon expérience antérieure de travailleuse sociale auprès des familles a contribué à l’élaboration du projet de recherche. J'ai cherché à mettre de l'avant la voix des familles qui est parfois oublié ou peu entendue. Je me suis questionnée sur la légitimité morale de l'intervention sociale auprès des familles.Un des enjeux majeur qui jalonne l’histoire du travail social au Québec concerne les rôles de contrôle social et de changement social. Qu'est-ce que les récits d'expérience des parents nous apprennent sur cet espace clinique qu'ils connaissent bien? Il apparaît que selon la nature de l’intervention sociale et les expériences antérieures des parents, le rapport à la légitimité morale de l’intervention se transforme.  Aussi, les motivations à se faire aider, le lien de confiance, les limites identifiées (par les parents) à l’intervention sociale et une recherche de neutralité sont des facteurs qui influencent le rapport à l’aide. Les dynamiques de normalisation et la présence de valeurs propres à la famille dans l’espace clinique ainsi que le partage et la confrontation des savoirs racontés par les parents sont mis en lumière à travers l’analyse. Entre rapport à l'Autre et rapport à l'aide, cette étude permet d'approfondir la réflexion concernant le double-rôle porté par l'intervention sociale de contrôle et de changement.

 

 

 

 

Résumé
Afficher tous les résumés
Après-midi
13 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Réalités des aînés et soutien à ces personnes et à leurs proches aidants
Présidence/Animation : Augustin Ependa (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Batiment : UQAC
Local : P1-6280
1
Les pratiques inspirantes des organismes à but non lucratif voués à la lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées
Isabelle Maillé (Université Laval), Marie Beaulieu (Université de Sherbrooke), Jordan Bédard-Lessard (Université de Sherbrooke), Hélène Charbonneau (Université du Québec à Trois-Rivières), Sophie Éthier (Université Laval), Julie Fortier (Université du Québec à Trois-Rivières), Julie Lorrain (Université de Sherbrooke), Mylène Salles (Université de Sherbrooke), Andrée Sévigny (Université Laval)

Introduction : La lutte contre la maltraitance envers les aînés (LMA) comprend la prévention, le repérage et l’accompagnement. Les organismes à but non lucratif (OBNL) jouent un rôle essentiel dans le continuum de services provenant de divers secteurs. La littérature traite peu des pratiques inspirantes dans la LMA, encore moins de celles des OBNL.

Objectif : Identifier les pratiques inspirantes des OBNL en matière de LMA à partir des données du projet l’Action bénévole dans la lutte contre la maltraitance matérielle et financière envers les personnes aînées (ABAM-MF) (financé CRSH).

Méthodologie : Des études de cas ont été menées auprès de cinq OBNL canadiens : documentation organisationnelle, questionnaires sociodémographiques et entretiens : n = 64 participants (administrateurs, salariés, bénévoles et aînés accompagnés). Des analyses thématiques ont été réalisées.

Résultats : Les pratiques des OBNL spécialisés en LMA diffèrent de celles des OBNL généraux qui mènent un projet de LMA. En matière de prévention, des OBNL créent des outils ludiques et utilisent différents médiums dynamiques (ex. : théâtre et capsules vidéo). Le repérage a lieu lors d’activités de prévention ou par du démarchage pour rejoindre les aînés  Ce sont principalement les salariés des OBNL qui assurent l’accompagnement. Seuls les bénévoles formés ou ayant une expertise professionnelle antérieure y œuvrent (écoute, information sur droits ou références vers les ressources appropriées).

Résumé
2
Seules ensemble : exploration des liens sociaux de femmes du grand âge habitant seules
Karine PRUD'HOMME (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette présentation porte sur une étude de maitrise sur les liens sociaux de femmes âgées qui habitent seules dans la région de Montréal. Elle s’inscrit dans le cadre d’une recherche intitulée Vieillir et vivre seul-e:comprendre la diversité des expériences et repenser les pratiques, dirigée par Michèle Charpentier, de l’UQAM. En tenant compte du vieillissement accéléré de la population québécoise, de la féminisation de la vieillesse et des multiples reconfigurations des liens familiaux au cours du dernier siècle, nous observons une croissance du phénomène de l’habitat en solo chez les aînées. Cette étude mobilise le cadre théorique de l’intersectionnalité ainsi que le concept de liens sociaux. Les résultats permettent d’éclairer la trajectoire résidentielle de ces femmes et de comprendre comment elle est conditionnée par leurs parcours matrimoniaux et certaines conditions de vie. Ces résultats dévoilent l’imbrication des liens sociaux et des parcours résidentiels faits de continuité ou de mobilité/transitions. L’étude démontre l’importance accordée par ces femmes à la dimension sociale de l’habitat ainsi que la centralité des liens sociaux dans la quotidienneté. Elle permet de mettre en évidence la fragilisation des liens existant dans le grand âge tout autant qu’elle expose la grande variabilité des sociabilités d’une femme à l’autre. Les résultats exposent la pertinence de rendre davantage visible les services sociaux et d'investir les lieux fréquentés par ces femmes. 

Résumé
3
Une étude phénoménologique de l’expérience de la maltraitance chez les aînés : un cadre conceptuel
Caroline Pelletier (UdeS - Université de Sherbrooke), Marie Beaulieu (UdeS - Université de Sherbrooke)

Problématique: La littérature actuelle laisse peu de place à la voix des aînés qui subissent de la maltraitance (MT). Cet exposé vise à  dévoiler le cadre conceptuel utilisé pour donner la voix aux personnes aînées (PA) dans le cadre d’une étude phénoménologique.

Méthodologie: Recension systématique des écrits anglophones et francophones (2011-2016) sur les freins et leviers à la demande d’aide en contexte de MT (14 banques de données). Étapes : mots-clés anglophones et francophones; critères d’inclusion et d’exclusion; inventaire des articles dans les banques de données; lecture des résumés avec processus de validation inter-juge et analyse des articles retenus (n = 29).

Résultats: Le cadre conceptuel comprend un temps phénoménologique (situation quotidienne de MT, élément déclencheur permettant une prise de conscience, moment d’après et moment de l’entrevue), un parcours émotionnel, le changement de statut de l’aîné dans ce processus temporel. Il intègre le parcours de vie, les facteurs de vulnérabilité, de protection et de risque.

Discussion/conclusion: Ce cadre sera mis à l’épreuve du terrain. Les données seront analysées de façon globale considérant que ce sont des expériences vécues de façon individuelle et décrites de façon rigoureuse, ce qui permettra une compréhension profonde de l’expérience de MT (O’Reilly, 2013). Différentes relations seront analysées : temporelle, de confiance, de dépendance/interdépendance avec le protagoniste et/ou les relations de proximité.

Résumé
4
Freins et leviers à la demande d’aide des aînés en situation de maltraitance ou d’intimidation
Caroline Pelletier (UdeS - Université de Sherbrooke), Marie Beaulieu (UdeS - Université de Sherbrooke), Fanta Fane (Université de Sherbrooke)

Problématique: Cette étude vise à identifier les freins et les leviers à la demande d’aide (DA) d’aînés en situation projetée de témoin ou cible de maltraitance (MT) ou d’intimidation (INT).

Méthodologie: Projet de recherche-action mené en partenariat avec un organisme communautaire de lutte contre la MT envers les aînés. Devis multi méthode : entrevues de groupe (n=17 soit 144 aînés) et questionnaires (n=305). Entrevues transcrites et codées selon une approche thématique inductive en utilisant le logiciel N’Vivo. Statistiques descriptives au moyen de  SPSS. Analyses des  données quantitatives et qualitatives selon : genre,  langue, groupe d’âge et  milieu de vie des participants.

Résultats: Les aînés ont une connaissance confuse des concepts de MT et d’INT. Majoritairement ouverts à demander de l’aide (90%). Les femmes expriment avoir plus de craintes (χ2=4.928; p=0.026) et de honte (χ2=4.056; p=0.44) que les hommes à demander de l’aide en situation de MT. Les francophones expriment plus de craintes (χ2=5.814; p=0.16) que les anglophones en situation d’INT. Les analyses qualitatives concluent qu’en situation de MT ou d’INT, comme cibles ou témoins, les aînés éprouvent un sentiment de peur ou de craintes à l’idée de demander de l’aide.

Discussion/conclusion: Résultats qualitatifs appuient et complètent les résultats quantitatifs. Nos données, contrairement à ce que l’on trouve dans la littérature permettent de faire une distinction entre les freins et leviers à la DA des aînés.

Résumé
5
Le processus de demande d’aide auprès des organismes à but non lucratif : l’expérience des personnes aînées en situation de maltraitance
Isabelle Maillé (Université Laval), Sophie Éthier (Université Laval), Marie Beaulieu (Université de Sherbrooke)

Introduction : La maltraitance touche près d’un aîné sur six (Yon, Mikton, Gassoumis et Wilber, 2017). Malgré les actions mises en œuvre par diverses organisations, dont les organismes à but non lucratif (OBNL), les aînés sont réticents à dénoncer la maltraitance qu’ils subissent et à demander l’aide requise. Peu d’études donnent la parole aux aînés quant à leur expérience de demande d’aide. La prise en compte de leur expérience permettrait d’enrichir les services qui répondraient davantage aux besoins des aînés maltraités.

Objectif : Exposer l’expérience de demande d’aide auprès des OBNL des aînés maltraités en relevant les facteurs qui l’ont facilitée ou contrainte.

Méthodologie : Les résultats sont tirés d’un mémoire de maîtrise qui s’insère dans un projet financé par le CRSH sur l’action bénévole dans la lutte contre la maltraitance matérielle et financière. Des études de cas ont été menées auprès de cinq OBNL canadiens (64 participants : salariés, bénévoles et aînés accompagnés). Les résultats présentés portent sur l’analyse thématique de 11 entrevues semi-dirigées réalisées auprès des aînés.

Résultats : Les résultats indiquent que des facteurs personnels (attitudes (confiance, honte, etc.), connaissance des services, croyances religieuses, etc.) et environnementaux (soutien des proches et des professionnels, accessibilité et gratuité des services de l’OBNL, etc.) influencent le processus de demande d’aide des aînés maltraités.

Résumé
6
Des robots qui soignent? La place des robots dans les établissements pour personnes âgées au Japon
Ninon Lambert (UdeM - Université de Montréal)

Au Japon, le vieillissement de la population ainsi que le manque de soignants exercent une pression grandissante sur le gouvernement ainsi que établissements pour personnes âgées, qui doivent ainsi prioriser les traitements physiques (cure), au soin (care) (Fortin 2015). De plus en plus, les robots compagnons sont donc envisagés pour permettre aux personnes âgées de continuer à interagir régulièrement, et limiter le manque de soin. Mais que devient donc la place du robot dans le soin ? J’ai mené une recherche ethnographique basée sur des entretiens et de l’observation participante dans deux établissements japonais qui utilisaient de tels robots, l’objectif étant de voir comment le robot est intégré, ou non, aux pratiques quotidiennes par les soignants et les personnes âgées.

Bien que technologie et soin soient souvent opposés, ils ne sont pas antithétiques (Mol 2008, Barnard and Sandelowski 2001), ce que soulignent les résultats de ma recherche. Les robots exhibent des caractéristiques nécessaires pour le soin, par exemple une écoute et une présence attentive (Kleinman 2012). Par ailleurs, les robots agissent comme un substitut (Dumouchel and Damiano 2016), qui, dans un contexte de compression du temps, peuvent permettre aux soignants de réaliser leurs tâches plus facilement. Cependant, l’utilisation de robots compagnons au Japon se situe dans un contexte de dévalorisation du soin (Dyer, McDowell, and Batnitzky 2008), où le rôle du soignant devient de plus en plus précaire.

Résumé
7
Intervention de soutien à domicile : essai critique sur l’évaluation du risque d’épuisement chez les proches aidants de personnes âgées en perte d’autonomie
Michael Bellegarde (UdeM - Université de Montréal)

Dans le cadre d’un projet d’intervention expérimenté au Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval, je me suis intéressé comme praticien à la clientèle de proches aidants qui présentent des risques d’épuisement, en raison de la durée, de la fréquence et de la complexité des activités de soins qu’ils effectuent. L’analyse des impacts de ces activités sur leur état de santé physique et mentale et les répercussions qui en découlent au niveau de leur qualité de vie constituent la problématique de ce projet. La démarche méthodologique utilisée est reliée à l’intervention individuelle. L’outil de dépistage des risques d’épuisement de l’aidant, tel qu’il sera implanté, servira à bonifier les pratiques professionnelles des intervenants du milieu institutionnel, notamment lors de l’évaluation des besoins et des ressources de cette clientèle. Le cadre théorique de l’interactionnisme symbolique mobilisé facilite la compréhension sur le fonctionnement organisationnel des relations de services et sur la manière dont les systèmes en place s’interagissent dans un espace de travail commun et partagé, entre les réseaux de soins formels et informels et les sphères d’intervention publique et familiale. La réalisation de ce projet d’intervention auprès des proches aidants alimente la réflexion sociologique quant à leurs rôles sociaux, à la reconnaissance de leur travail, mais surtout aux différentes formes d’inégalités sociales et économiques qui les touchent particulièrement.

Résumé
13 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Dynamiques de développement en milieu urbain et rural
Présidence/Animation : Sabrina Tremblay (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5120
1
L’empowerment collectif : un exemple concret
Denise Côté (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Sylvie Lheureux (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

L’évaluation de l’implantation et des effets d’un programme de réinsertion sociale (CEEPC) auprès de personnes vivant en situation de pauvreté et d’exclusion sociale a été en grande partie une réussite grâce au développement d’un empowerment collectif chez les participants. Ce pouvoir d’agir dans et pour la collectivité s’est actualisé à travers une intervention à trois niveaux (individuelle, en groupe et dans la communauté) qui a culminé progressivement sur la réalisation d'un projet collectif. Une méthode d’évaluation mixte a permis de mesurer une augmentation des capacités de résolution de problème et du sentiment d’auto-efficacité pendant cette expérience de groupe. L’engagement et le sentiment de fierté des participants se sont avérés significatifs pendant plus de la moitié de la réalisation de leur projet collectif pour les enfants d’un CPE. Les participants ont appris à travailler en équipe et à se faire confiance. Il est clair que la période d’intervention (variable temps) demeure une condition de réussite importante, ainsi que l’intensité des contacts entre les membres du groupe et les intervenants. Toutefois, quelques modifications pourraient améliorer le programme de façon significative telles que la réalisation de plusieurs projets collectifs plus petits en sous-groupes afin de correspondre davantage aux intérêts des participants et aussi pour exercer leurs capacités à planifier, à organiser et à résoudre des problèmes pour un mieux-être personnel et collectif.

Résumé
2
La contribution des artistes professionnels établis en milieu rural au développement culturel local
Ariane FORTIN (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Dans le cadre d’un mémoire en études et interventions régionales à l’Université du Québec à Chicoutimi, j’étudie le travail d’artistes professionnels, établis en milieu rural, et leur rôle dans le développement culturel local. Les ouvrages consultés notent que les artistes sont à la source de projets pour la communauté, permettant, dans certains cas, la création d’entreprises et d’emplois. En milieu rural, ceux-ci peuvent s’inscrire dans la dynamique locale.

 

Néanmoins, il s’avère que ce sujet n’a pas été approfondi. Les recherches dans ce domaine se seraient plutôt intéressées au développement culturel local au sens large ainsi qu’aux différentes manifestations artistiques et culturelles contribuant à la vitalité sociocommunautaire et économique d’un milieu (Myriam Simard, 2002).

 

Dans le cadre de cette recherche qualitative, il est possible de dégager deux points de vue, par le biais d’entrevues semi-dirigées : d’une part, celui des artistes professionnels et, d’autre part, celui des intervenants socio-économiques. La question principale étant : Quelles sont les interrelations entre le développement culturel et le développement local? Et deux sous-questions :

Quel est l’apport des artistes professionnels établis en milieu rural au développement culturel local?

Quelles sont les dispositions des milieux ruraux qui facilitent ou freinent la participation des artistes professionnels au développement culturel de leur communauté?

Résumé
3
La démarche de création en collectif : un modèle transposable pour la réalisation de spectacles à caractère social
Sarah-Maria LeBlanc (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Patricia-Anne Blanchet (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

L’état actuel de la condition féminine à l’échelle mondiale est préoccupant. La prise de parole dans l’espace public apparait comme un chemin prometteur de changement social. Dans ce contexte, un collectif de création perdure depuis dix ans, constituant une source d’inspiration pour sa communauté. Les Tisserandes est un collectif organisant à chaque année un spectacle multidisciplinaire à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme. Interpellées par des questions d’écologie et de féminisme, ce spectacle a été une voie de passage pour unir nos besoins d’expression artistique et de contribution au monde. De quoi est constituée la réussite de ce projet et quelles conditions favorisent sa continuité dans le temps ? Cette recherche-action s’appuie sur le paradigme compréhensif mené à la première personne. Elle emploie comme terrain notre expérience de praticiennes-chercheuses au sein du collectif. Ancrée dans les champs de recherche de la psychosociologie et de la pédagogie de l’art, la méthodologie employée utilise récits de pratique, observations participantes et vidéos, entre autres. Dans la lignée de l’écoféminisme et des théories du groupe optimal de St-Arnaud (2008), nous explorons le concept d’engagement social dans un contexte de création collective. La triangulation des données nous permet de dégager des stratégies fécondes, exprimées par la continuité du collectif. De là est né un modèle transposable à d’autres pratiques artistiques à visée sociale. 

 

 

 

 

Résumé
4
Le « vivir bien » en milieu urbain à travers la fête et les manifestations artistiques à La Paz et à El Alto
Marie-Eve Paquet (Université Laval)

La migration des autochtones des zones rurales vers les centres urbains s'est accentuée au cours des dernières décennies en Bolivie, transformant les dynamiques urbaines des villes de La Paz et d’El Alto. En effet, selon un sondage de la Banque mondiale (2015), 68.5% de la population bolivienne habiterait en milieu urbain. On assiste ainsi à une plus grande diversité de pratiques culturelles et artistiques en milieu urbain. La réorganisation urbaine engendrée par ce flux migratoire considérable et la juxtaposition d’éléments ruraux en milieu urbain génèrent toutes sortes d’innovations. La fête, dans ces deux villes, deviendrait alors un espace spatio-temporel où les Aymaras issus de régions diverses se rencontrent et mettent en pratique certaines valeurs ancestrales associées au Vivir Bien. Ce concept fut d’ailleurs intégré à la nouvelle constitution bolivienne sous la présidence d’Evo Morales en 2009. Grâce à un terrain ethnographique de 3 mois en Bolivie, j’ai exploré les pratiques concrètes entourant le Vivir Bien chez les Aymaras vivant en ville. Cette présentation sera l’occasion de faire état des résultats de ces recherches. Je décrirai les diverses manifestations du Vivir Bien à travers la fête et les nombreuses manifestations artistiques urbaines et comparerai les imaginaires autochtones l’entourant ainsi que les discours sur le Vivir Bien émanant des instances publiques et des ONG, lesquels ont surtout intéressé les chercheurs jusqu’à maintenant.

Résumé
5
Entre divisions communautaires, précarité et gouvernance locale : les nouvelles alternatives de la résistance dans la région des Hautes-Terres du Chiapas au Mexique
Lucas AGUENIER (Université Laval)

Le 1er janvier 1994, à l’entrée en vigueur de l’Accord de Libre Échange nord-américain (ALENA), ce sont des milliers de paysans indiens vivant au Chiapas qui ont pris les armes pour s’opposer publiquement au gouvernement du Mexique. Les zapatistes, de l’Ejército Zapatista de Liberación Nacional (EZLN), vont alors provoquer une vague de fond venant bousculer les prétentions hégémoniques du néolibéralisme, et provoquer une nouvelle ère de résistance qui va se revendiquer de « l’altermondialisme ». 20 ans après l’impressionnante mise en scène de ces milliers de femmes et d’hommes venus d’un État largement oublié du monde, que reste-t-il du mouvement zapatiste et de ses alliés au Chiapas ? Après les « années folles » du zapatisme, que reste-t-il des espérances qui sont venues bousculer la configuration sociale de cette région du Mexique ? Voilà les problématiques qui sont venues porter mon terrain de recherche réalisé avec différents groupes communautaires présents dans le municipe de Chenalhó, dans la région des Hautes-Terres du Chiapas. Entre divisions communautaires et difficultés économiques de plus en plus importantes, il devient très compliqué d’imaginer un zapatisme qui n’aurait pas la nécessité de se réinventer au niveau local. Les préoccupations changent, et les espérances aussi. Dans un tel contexte, la migration économique s’impose souvent comme l’alternative la plus viable dans un monde social, politique et économique qui ne laisse que très peu de place à ses jeunes.

Résumé
6
Entre développement et protection : le cas de la collectivité de Hampi en Inde
Charlotte Biddle Bocan (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Bien que la région de l'Empire Vijayanagar fasse partie du fameux Hippy Trail qui popularise le voyage en Inde, cette région et ses fameuses ruines sont nommées Patrimoine mondial en 1982 par l’UNESCO rendant encore davantage visible cette région rurale de l’Inde et encourageant l’afflux touristique. Cette communication présentera les différentes étapes des développements touristiques dans cette région. Il sera possible de comprendre comment les communautés entrent dans une phase de l’accumulation capitaliste par la modification de leurs organisations agricoles pour se tourner vers des travaux informels transnationaux encouragés par les besoins de l’industrie touristique. La recherche illustrera qu’une nouvelle phase de cette accumulation capitaliste se dessine par l’implication récente d’acteurs internationaux et urbains. Suscitant à la fois engouements et résistances chez les membres des communautés, cette recherche démontre les tensions entre les développements possibles grâce au tourisme ainsi que le besoin de cette industrie à protéger les "cultures" : Comment le tourisme reproduit les différents rapports sociaux de sexe, d’espace, de castes et de classe ? Les résultats démontrent les contradictions et la complexité de ces développements à partir des propos des habitantes et travailleuses de basses castes et des communautés autochtones de cette région c’est-à-dire celles qui vivent et redéfinissent au quotidien les tensions entre développement et protection.

Résumé
Afficher tous les résumés
Avant-midi
11 h 00 à 13 h 30
Communications par affiches
Consultez la liste complète des communications libres par affiche qui seront présentées au même moment. Une seule grande session regroupe les affiches de tous les domaines de recherche.
Session d’affiches
Batiment : UQAC
Local : Gymnas 19
1
Étude longitudinale du lien prédictif entre les événements de vie négatifs et les symptômes somatiques à l’adolescence : le rôle modérateur des traits de personnalité
Sarah Samson (UdeM - Université de Montréal), Karolanne Sigouin (Université de Montréal), Julien Morizot (UdeM - Université de Montréal)

L’adolescence est une période développementale chargée de défis variés et propice à l’émergence d’événements de vie négatifs et de symptômes somatiques. Par ailleurs, des études ont démontré que les événements de vie négatifs augmentent les risques de développer des symptômes somatiques alors que d’autres ont évalué le rôle modérateur de la personnalité sur ce lien prédictif. Or, la majorité de ces études ont utilisé une approche typologique de la personnalité (i.e. groupes d’individus avec différentes combinaisons de traits), mais peu ont utilisé une approche dimensionnelle. De plus, peu d’études ont utilisé un devis longitudinal prospectif et encore moins ont été faites auprès des adolescents. Ces divergences méthodologiques rendent donc difficile la généralisation des résultats. La présente étude vise alors en premier lieu à évaluer le rôle prédictif des événements de vie négatifs sur les symptômes somatiques à l’adolescence. En second lieu, elle évalue le rôle modérateur des traits de personnalité sur cette relation prédictive. Des analyses de régression contrôlant pour différents facteurs confondants ont permis de confirmer certaines hypothèses, notamment concernant le rôle prédictif des événements de vie négatifs, ainsi que le caractère potentiellement protecteur des traits de personnalité. Ainsi, cette recherche pourrait entre autres permettre l’amélioration des stratégies de dépistage des adolescents à risque de développer de tels symptômes.

Résumé
2
Élaboration et évaluation préliminaire d’un programme de soutien des habiletés parentales des parents ayant subi un traumatisme crâniocérébral de degré modéré à grave (TCC MG)
Maréva Savary (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Jessica Lesage (Université du Québec à Trois-Rivières), Bernard Michallet (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Le traumatisme craniocérébral de degré modéré à grave (TCC MG) entraîne des séquelles permanentes et invalidantes, notamment sur le plan cognitif (Draper & al., 2008). Le TCC affecte majoritairement les adolescents et les jeunes adultes (15-30 ans), qui sont ou deviendront parents (Rutland-Brown & al., 2006). Ces personnes doivent assumer leurs rôle et responsabilités parentales et composer avec les impacts du TCC sur leur fonctionnement quotidien (Kieffer-Kristensen & al., 2011). Un programme de soutien au développement des habiletés parentales a été mis sur pied pour les parents ayant subi un TCC MG d’enfants âgés entre 6 et 12 ans. Les changements amenés par le programme quant aux habiletés parentales des parents ayant subi un TCC MG ont été évalués. Un devis séquentiel explicatif a été choisi (Creswell, 2009) puisque des données quantitatives ont été recueillies et analysées lors d’une 1re phase de l’étude suivie par une 2e phase de l’étude caractérisée par la collecte et l’analyse de données qualitatives. Les résultats obtenus suggèrent une expérience parentale plus positive vécue par les parents et la mise en œuvre de certaines pratiques parentales suggérées par le programme. Ce projet permet le développement, l’intégration et l’évaluation d’un programme de soutien novateur destiné aux parents ayant subi un TCC et l’amélioration de l'expertise clinique des intervenants de l'Association TCC-MCQ.

Résumé
3
Examen préliminaire d’une formation interactive en ligne pour soutenir les parents d’enfants ayant un TSA ou une DI dans la réduction des comportements problématiques
Stéphanie Turgeon (UdeM - Université de Montréal), Brigitte Marleau (Cégep Abitibi-Témiscamingue et de Beauces-Appalaches), Marc J. Lanovaz (Université de Montréal)

Problématique : Des études estiment qu’entre 36 et 94 % des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience intellectuelle présentent des comportements problématiques pouvant altérer le développement de la personne. Plusieurs familles restent toutefois sans services spécialisés, en raison des coûts élevés des services privés, de l’isolement géographique ou bien du manque de personnel qui entraine de longues listes d’attente pour les services publics. Objectif : L’objectif de cette étude était de documenter les effets d’une formation en ligne sur (a) l’identification de la fonction d’un comportement problématique (b) la sélection d’une intervention fonctionnelle et (c) la satisfaction du parent vis-à-vis de cette formation. Méthode : Une étude pré-expérimentale prétest-posttest auprès de 26 parents a été complétée. Résultats : Des améliorations pour l’identification de la fonction des comportements problématiques (W = 0, Z = 4,471, p < 0,0001) et d’une intervention fonctionnelle (W = 39, Z = 3,335, p < 0,0001) ont été observées. Une bonne validité sociale pour la formation a aussi été rapportée. Retombées : Cette étude soutien qu’une formation en ligne peut permettre d’outiller les parents pour intervenir sur les comportements problématiques de leur enfant. Des études plus rigoureuses doivent être faites pour valider les données de la présente étude et évaluer l’effet de la formation sur les comportements problématiques des enfants.

Résumé
4
L’influence du stress et de la fatigue des éducateurs en centre de réadaptation sur leur recours aux mesures de contention et d’isolement
Geneviève Franche-Choquette (UdeM - Université de Montréal), Steve Geoffrion (Université de Montréal), Alexandre Dumais (Institut universitaire en santé mentale de Montréal)

Contexte : Les mesures de contention et d’isolement (MCI) en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté sont controversées, mais continuent d’être employées sur une base régulière. Bien que l'utilisation des MCI soit balisée par des lois, certaines caractéristiques propres à l'éducateur, comme son état de stress ou de fatigue, peuvent influencer son processus décisionnel dans l'application de ces mesures. Considérant les effets iatrogènes physiques et psychologiques tant pour le jeune que l’intervenant pouvant être entrainées par les MCI, il est nécessaire de bonifier la littérature à cet effet.
Objectifs : Examiner le lien associatif et prédictif entre le niveau de stress perçu, de fatigue aiguë, de fatigue chronique, de récupération et d’activité physique et le recours aux contentions et isolements en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté.
Méthodologie : L’échantillon compte 285 éducateurs en centre de réadaptation du Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Est. Les participants ont complété huit journaux de bord de mars à mai 2017, dans lesquels des instruments standardisés ont mesuré le niveau de stress perçu, de fatigue aiguë et chronique, de récupération et d’activité physique. Les données obtenues par l’entremise de ces journaux de bord ont été mises en relation avec les données relatives aux MCI. Afin de tester les objectifs ci-dessus, des analyses en décalage croisé seront effectuées.

Résumé
5
Évaluation de Stronger than Stigma (STS), un groupe de santé mentale dirigé par des étudiants
Nesma Etoubashi (Université McGill), Amanda Argento (Université McGill), Ryan Golt (Université McGill), Dana Carsley (Université McGill), Nancy Heath (Université McGill)

Récemment, les universités ont tenté d’adresser la croissance des besoins des étudiants en santé mentale à travers des interventions dirigées par des étudiants. Toutefois, une évaluation des effets auprès des étudiants est requise. Cette étude a évalué les retombées de «Stronger than Stigma (STS)»,  un groupe axé sur la santé mentale dirigé par des étudiants dans l'optique de promouvoir la santé mentale en intégrant des approches en ligne et en personne. Cinquante-huit (62,1% femme) étudiants ont complété un sondage anonyme en ligne évaluant STS selon la promotion de la santé mentale, les bienfaits et la réponse aux besoins. Les résultats démontrent que 100% des participants sont d’accord ou entièrement d’accord avec le fait que (1) STS a promu et prôné la santé mentale (2) d’autres étudiants peuvent profiter de STS et (3) STS répond à un besoin. La narration à la première personne du blog et de la série de conférences ont été les éléments choisi comme les préférés par 34,5% et 27,6% des participants respectivement. De plus, 20,7% ont préféré les ateliers et 15,5% la présence médiatique sociale. L’étude actuelle démontre l’enthousiasme pour les groupes de santé mentale dirigés par les étudiants, particulièrement avec la narration à la première personne sous forme de blog et de série de conférences. Considérant la réponse positive au programme STS, ces groupes devraient être développés et accessibles aux étudiants à travers des universités afin de promouvoir la santé mentale.

Résumé
6
Efficacité des réponses à des situations sociales à l’âge adulte émergent
Emily Todorov (UQAM - Université du Québec à Montréal), Miriam Kirmayer (Université McGill ), Melanie Dirks (Université McGill )

Les amitiés entre pairs du même genre offrent des avantages uniques aux adultes émergents (18-25 ans), notamment en les protégeant du stress associé à l’instabilité et aux changements inhérents à cette période. La formation et le maintien des amitiés sont associés à la capacité de résoudre des situations sociales ambigües.  Par ailleurs on ne sait toujours pas ce qu’on considère comme étant une stratégie de résolution efficace. L’objectif de cette étude est d’identifier les stratégies que les adultes émergents évaluent comme efficaces et d’examiner si cette évaluation diffère pour les hommes et les femmes. Pour ce faire, 105 étudiants universitaires ont répondu à un questionnaire qui contenait des situations ambigües hypothétiques que les adultes émergents peuvent vivre avec leurs amis du même genre, ainsi que différentes stratégies de résolution pour chaque situation. Ils ont noté l’efficacité de chacune des stratégies en fonction de la situation sur une échelle de Likert (1=pas du tout compétent à 4=très compétent). Une ANOVA factorielle mixte a révélé que l’assertivité est évaluée comme plus efficace que l’évitement et que l’agressivité. Les stratégies agressives sont évaluées comme les moins efficaces. De plus, une interaction de genre identifie que les femmes évaluent les réponses agressives comme moins efficaces que les hommes. Ces résultats vont contribuer au développement d’une mesure de compétence sociale pour les adultes émergents dans leurs amitiés du même genre.

 

Résumé
7
Migrants brésiliens hautement qualifiés : trajectoires migratoires, familles transnationales et incorporation socioprofessionnelle
Monica Carsalad Schlobach (UdeM - Université de Montréal)

Mon projet de thèse cherche à comprendre l’expérience de familles brésiliennes ayant immigré au Québec entre 2000 et 2012 et dont un des parents est un professionnel en ingénierie ou en informatique. Ce projet s’appuie sur une approche transnationale d’analyse, qui part des familles migrantes transnationales, des réseaux transnationaux dans lesquels elles sont insérées et des espaces sociaux créés par ces réseaux. La famille migrante constitue, dans ce cadre, un espace social formé de divers réseaux de solidarité familiale présents à la fois dans la société d’origine et dans la société de destination. Les réseaux sociaux transnationaux apparaissent décisifs dans la trajectoire migratoire et en retour la dynamique migratoire, tout comme l’incorporation socioprofessionnelle, agissent sur le fonctionnement familial et la définition des rôles de chacun des membres. L’objectif est de mettre en rapport ces « deux univers, » soit d’examiner la dynamique des liens entre les réseaux familiaux transnationaux et les processus d’incorporation socioprofessionnelle de ces migrants. La question principale de la recherche est de savoir comment sont négociées les demandes entre les exigences familiales et professionnelles dans les situations de transitions, où les obstacles s’imposent comme épreuves dans la vie familiale transnationale. La méthode utilisée est ethnographique multi-site et se base sur des récits de vie et de l’observation participante, au Canada et au Brésil.

Résumé
8
Quand technologie, parentalité et déficience intellectuelle se rencontrent
Annie-Claude Villeneuve (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Dany Lussier-Desrochers (Université du Québec à Trois-Rivières), Aunos Marjorie (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal)

Le Québec connaît une croissance du nombre de parents qui présentent une déficience intellectuelle (DI) depuis les dernières années. Ces parents nécessitent des services spécialisés pour répondre à leurs besoins et les soutenir dans l’exercice de leur rôle. À cet égard, l’émergence du numérique a permis de développer plusieurs applications qui favorisent l’autodétermination des personnes présentant une DI dans les différentes sphères de la vie quotidienne. Cependant, peu d’études ont documenté en quoi ces technologies peuvent soutenir les parents qui présentent une DI. L’objectif de la présentation est de 1) présenter une recension des écrits quant au soutien technologique auprès des parents qui présentent une DI et 2) présenter un projet pilote visant à explorer l’efficacité du soutien technologique pour répondre aux besoins de trois à cinq parents présentant une DI. Un devis descriptif longitudinal de type étude de cas sera utilisé dans le cadre de ce projet pilote. Les besoins spécifiques et les retombées du soutien technologique seront évalués à partir d’entrevues semi-structurées. Ce projet permettra d’explorer l’efficacité des technologies de soutien auprès de ces parents, d’approfondir un secteur de recherche peu documenté, de soutenir les programmes spécialisés en DI dans la mise en place de modalités d’accompagnement et d’impliquer directement les parents dans le choix et la mise en place de solutions visant à favoriser leur participation sociale et numérique.

Résumé
9
Est-ce que tu te sens triste comme Dominique?
Andréanne Pomerleau (UQO - Université du Québec en Outaouais), Christine Gervais (Université du Québec en Outaouais), Lori Leblanc (Université du Québec en Outaouais), Isabel Côté (Université du Québec en Outaouais), Kristel Tardif-Grenier (Université du Québec en Outaouais), Francine de Montigny (Université du Québec en Outaouais), Renée-Pier Trottier-Cyr (Université du Québec en Outaouais), Assumpta Ndengeyingoma (Université du Québec en Outaouais)

Contexte : L’immigration affecte particulièrement les enfants et les adolescents, qui sont environ dix millions à immigrer chaque année. Le processus migratoire est jalonné de défis pour les familles, qui peuvent compromettre la capacité des parents à soutenir adéquatement le développement. L’interaction entre le stress vécu par l’enfant et la difficulté de son milieu à le soutenir le mettent plus à risque de développer des problèmes de santé mentale.  

Objectif : Présenter les résultats d’une étude exploratoire visant à décrire l’adaptation d’enfants ayant vécu l’immigration au cours des trois dernières années.

Méthode : Cette étude utilise un devis mixte. Les données ont été collectées à l’aide du Dominique interactif, un questionnaire informatisé auto-administré, et d’un entretien semi-dirigé utilisant le récit narratif.

Résultats : Trente enfants âgés de de 6 à 14 ans et ayant immigré au Canada ont participé à l’étude. Les résultats mettent en lumière l’adaptation difficile de certains enfants à la transition migratoire. Les caractéristiques soécioéconomiques agissant comme facteur de risque et de protection pour la santé mentale des enfants seront présentées, de même que les principales difficultés rapportées par les enfants. 

Conclusion : Bien que l’échantillon soit petit et non représentatif, il semble que l’immigration agit comme un facteurs de risque pour la santé mentale des enfants. Les retombées de ce projet pour la pratique et la recherche seront discutées.

Résumé
10
L art comme outil de médiation du lien conjugal
Nancy COUTURE (Université Laval), Sophie Éthier (Université Laval), Patrick Villeneuve (Université Laval)

Les couples confrontés à la maladie d’Alzheimer rencontrent de nombreux défis et les services de soutien qui leur sont offerts tiennent peu compte des réalités conjugales.

Le projet de recherche doctorale dont les conclusions sont présentées ici s’est penché sur la question en développant d’abord une démarche d’intervention en art-thérapie auprès de couples dont l’un des partenaires est atteint de la maladie d’Alzheimer. L’intervention s’est déroulée au domicile des cinq couples participants et s’est échelonnée sur une période de 10 semaines. Tous les couples ont été invités à tenir un journal de bord entre les séances.

Puis, le vécu et les perceptions des couples sur cette expérience ont par la suite été recueillis. L’analyse des données, conduite selon la méthode d’analyse de Paillé et Micchielli et bonifiée par le regard critique d’un groupe de pairs, suggère que l’art-thérapie, par l’usage de l’image et de l’expression artistique, est une approche d’intervention favorable à la consolidation des unions conjugales qui font face à la maladie. Elle a permis aux conjoints de développer des stratégies d’adaptation à leur situation, telles que l’empathie, une meilleure compréhension mutuelle du vécu face à la maladie et une communication plus saine. L’art peut donc être un outil de médiation du lien conjugal. La recherche soumet des hypothèses sur les modalités optimales de l’art-thérapie auprès de cette population aux besoins spécifiques et sur les pièges à éviter.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Problèmes sociaux et vulnérabilités sociales
Présidence/Animation : Dominic Bizot (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5130
1
Le cumul de contextes de vulnérabilité à la violence conjugale parmi les groupes de personnes handicapées, aînées et immigrantes : état des lieux
Nathalie SASSEVILLE (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Pierre Maurice (Institut national de santé publique du Québec), Lyse Montminy (Université de Montréal), Ghayda Hassan (Université du Québec à Montréal), Omaira Naweed (Université du Québec à Montréal)

La violence conjugale (VC) est un problème de santé publique qui entraîne des conséquences graves pour la santé. Certains groupes sont plus vulnérables à la VC en raison de contextes particuliers dont : les personnes handicapées, aînées et immigrantes (HAI). La littérature scientifique s’est surtout concentrée sur la violence vécue par les jeunes femmes occidentales vivant au sein d’un couple hétérosexuel et les contextes de vulnérabilité sont abordés de manière compartimentée (ex une femme âgée, immigrante, ou handicapée). Si bien que la réalité de ces personnes est passée sous silence et celles qui cumulent plusieurs de ces contextes l’est davantage. Les milieux de pratique confirment cependant que les personnes HAI cumulant plusieurs de ces contextes constituent un profil de leur clientèle. Cette présentation s’appuie sur les résultats d’une synthèse critique de la littérature financée par le Fonds québécois de recherche société et culture. Elle vise à documenter l’ampleur du phénomène, les facteurs de risque et de protection ainsi que les modèles explicatifs de la VC vécue par les personnes HAI et ce, en s’appuyant sur l’approche intersectionnelle. Les résultats de cette synthèse mettent en lumière les « intersections » qui existent entre les groupes HAI, de manière à mieux comprendre l’influence du cumul de contextes de vulnérabilité sur le vécu de VC. Des pistes de prévention adaptées aux besoins de ces groupes de personnes seront discutées.

Résumé
2
Les pratiques d’interventions préventives aux agressions sexuelles commises envers les femmes ayant des incapacités physiques au Québec
VÉRONIQUE GAUTHIER (Université Laval), Émilie Raymond (Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale), Catherine Rossi (Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF))

Problématique : En 2014, les Québécois ont déclaré plus de 3585 agressions sexuelles, la majorité des victimes était des femmes et le taux de dénonciation des agressions sexuelles représenterait uniquement 5 % des agressions commises. Les agresseurs recensés chez les femmes ayant des incapacités sont majoritairement des conjoints, proches ou fournisseurs de soins et de services. En dénonçant ces agressions, elles peuvent redouter de perdre la garde de leurs enfants et leur logement accessible, d’être placées en institution ou perdre les aides financières, médicales, techniques, sociales, ou physiques répondant à leurs besoins. Objectif : L’objectif est de présenter une recension portant les pratiques d’interventions préventives des agressions sexuelles commises envers les femmes ayant des incapacités physiques au Québec.
 Méthodologie : Pour répondre à l’objectif, une méthode de recherche documentaire qualitative en sciences sociales intégrant une analyse thématique a été choisie. Résultats : Les pratiques d’interventions préventives des agressions sexuelles commises envers les femmes ayant des incapacités physiques au Québec seront présentés dans les secteurs du gouvernement du Canada, du gouvernement du Québec, de l’action communautaire autonome, de la santé et des services sociaux et de la recherche.

Résumé
3
« Mon enfance a eu une incidence sur mes choix, mes valeurs, mes principes, mes décisions d’adulte » : l’origine des trajectoires de femmes toxicomanes incarcérées au Québec
Renée-Pier TROTTIER CYR (UQO - Université du Québec en Outaouais), Amélie Couvrette (Université du Québec en Outaouais)

Les études quant au développement et au maintien de la criminalité et de la consommation se sont davantage intéressées aux trajectoires des hommes. Or, les récentes recherches portant sur la criminalité des femmes toxicomanes laissent penser que les trajectoires drogue-crime sont différentes de celles des hommes en raison de traumas multiples, d’exposition à la violence et à la victimisation et ce, dès l’enfance.

 

L’objectif de cette présentation est donc d’explorer et de documenter les conditions d’où origine les trajectoires drogue-crime des femmes. Pour ce faire, cette communication présente une partie préliminaire d’une analyse secondaire d’un échantillon de vingt-cinq mères toxicomanes détenues au Québec. Une analyse thématique a été menée sur le discours de ces femmes rencontrées lors d’entrevues semi-dirigées.

 

On constate que l’analyse de leurs discours apporte un nouvel éclairage sur le sens octroyé aux contextes émergents de leur trajectoire. Ainsi, leurs perceptions quant aux impacts de ces expériences précoces révèlent des enjeux relationnels importants dans les différentes sphères de leur vie et, ultimement, dans le maintien ou non de leur trajectoire drogue-crime. Finalement, à la lumière de ces constats, des implications cliniques seront discutées.

 

Mots-clés : femmes judiciarisées, toxicomanie, trajectoires drogue-crimes, parcours de vie.

Résumé
4
Étude évaluative des problèmes, besoins et enjeux psychosociaux vécus par les personnes trans au Québec : point de vue des intervenants spécialisés auprès de cette clientèle
Noémie de la Sablonnière-Plourde (Université Laval), Patrick Villeneuve (Université Laval)

Selon les écrits provenant du Canada et d'ailleurs dans le monde, il apparaît que les personnes trans sont, à l’heure actuelle, victimes de transphobie ; une problématique sociale présente partout. La binarité homme vs femme est en effet profondément ancrée dans les cultures et l’histoire, et les pressions sociales à s'y conformer sont très fortes. Ainsi, dès que des personnes dérogent de ces normes sociales, elles s’exposent à la marginalisation, au harcèlement, à l’isolement et à la violence. Les études montrent que cette situation, source de dysphorie, occasionne chez les personnes trans, des taux de plus de 60% de dépression majeure, de plus de 50% d'automutilation, de 65% d'idéations suicidaires et de 35% de tentative de suicide, et ce, au cours de la dernière année. Dans le contexte où des changements législatifs importants ont eu lieu au Québec en 2016, 13 intervenants psychosociaux spécialisés auprès de cette clientèle ont été interviewés à travers la province afin de connaître leurs perspectives concernant l'état de la situation vécue par les personnes trans. Les résultats révèlent que, bien que la situation s’améliore, plusieurs problèmes relevés dans la littérature persistent : services spécialisés quasi inexistants et forte méconnaissance de cette réalité chez les professionnels du réseau de la santé et des services sociaux, manque de reconnaissance de cette réalité, discrimination sociale, etc. Certaines pistes de solution ont finalement été explorées.

Résumé
5
Le Prisons Transparency Project : expériences de l’incarcération et droits de la personne au Québec et au Canada
Caroline Pelletier (Université Laval), Joane Martel (Université Laval)

Devant un nombre croissant de rapports et de témoignages documentant des violations des droits de la personne ainsi que l'utilisation parfois excessive de la force en milieu carcéral, le Prisons Transparency Project a été mis sur pied afin de documenter l’expérience de l’incarcération vécue par des femmes et des hommes dans les établissements provinciaux et fédéraux à travers le Canada. Afin de combler les connaissances lacunaires sur le système pénitentiaire québécois et canadien, l’équipe de cette recherche-action participative a collaboré avec des personnes ayant vécu récemment l’incarcération. L’expérience de ces collaborateurs offre une expertise unique et indispensable et témoigne des aléas récents de la vie carcérale. Elle jette aussi une lumière sur certaines problématiques endémiques et sur d’autres plus nouvelles : l’accès aux soins de santé (qualité des soins, surmédicalisation, (dis)continuité de la médication, etc.), l’utilisation de la force (méthodes de neutralisation, violence, etc.), l’isolation cellulaire (conditions de la mise en isolement, l’accès à la cour extérieure, etc.), etc. Dans cette présentation, nous discutons de certains résultats préliminaires pour le Québec.

 

Résumé
6
Consommation de substances du jeune et de ses amis, et style d’attachement à l’adolescence : étude des mécanismes de sélection et de socialisation
Sophie Chaput-Langlois (UdeM - Université de Montréal), Sophie Parent (Université de Montréal), Natalie Castellanos-Ryan (Université de Montréal), Frank Vitaro (Université de Montréal), Jean Séguin (CHU Sainte-Justine)

L’un des meilleurs prédicteurs de la consommation d’alcool et de cannabis à l’adolescence est celle des amis. Deux mécanismes peuvent l’expliquer : la socialisation (la consommation des amis prédit celle du participant) et la sélection des pairs (la consommation du participant prédit celle de ses amis). Les études les comparant ont des résultats incohérents, peut-être dus à des variations méthodologiques et à la présence de modérateurs non-mesurés. L’attachement des adolescents pourrait en être un, vu son association avec les relations interpersonnelles. Cette étude vise à analyser (1) les relations bidirectionnelles entre la consommation d’alcool et de cannabis des participants et celle des amis et (2) le rôle modérateur de l’attachement dans ces relations. Provenant d’une étude longitudinale québécoise, 182 participants, âgés de 14 (T1) à 16 (T3) ans, et jusqu’à cinq de leurs amis ont rapporté annuellement leur fréquence de consommation d’alcool et de cannabis. À 15 ans, les participants ont complété les échelles du Questionnaire des styles d’attachement. Des analyses de modèles à décalages croisés et de modération sont utilisées. Pour l’alcool et le cannabis, la sélection est toujours plus grande que la socialisation (voir figure 1). Les échelles d’attachement modèrent le mécanisme de socialisation de 15 à 16 ans pour les deux substances, montrant qu’un plus grand investissement dans les relations sociales est associé à une plus grande sensibilité à l’influence des amis.

Résumé
7
La cyberviolence en contexte de relations intimes et de séparation : recension des écrits au sujet de la victimisation des femmes
Andréanne LAPIERRE (UQAM - Université du Québec à Montréal), Mylène Fernet (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martine HÉBERT (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-Marthe Cousineau (UdeM - Université de Montréal)

Plus de 3 millions de personnes ont rapporté avoir été victimes de cyberviolence (CV), particulièrement des femmes, et dans 17% des cas, elles étaient en relation intime avec l'auteur. La CV en contexte de relation intime et de séparation (CVRIS) est toutefois méconnue en raison de la disparité des définitions utilisées et des comportements considérés. Cette étude est une recension systématique des écrits publiés après 2005 qui a pour objectif de définir les CVRIS et de documenter la prévalence de la victimisation des femmes. Des 407 études recensées, 103 études ont été retenues. Elles ont été évaluées en entier et un accord interjuge a été calculé. L’analyse des 14 études jugées éligibles après évaluation a suggéré deux formes de CVRIS : 1) la CVRIS directe où les technologies sont employées pour surveiller son partenaire ou son ex, pour le harceler ou pour le forcer à transmettre ou à recevoir du contenu à caractère sexuel et 2) la CVRIS indirecte, où la CV est exercée par l’entremise du réseau social (p.ex. en contactant des proches). Les résultats préliminaires montrent que la CV est plus souvent rapportée en contexte de séparation (17%) qu’en relation intime (13%), mais aussi que la surveillance (18%) et le harcèlement (35%) sont plus communs que la CV sexuelle (9%) et que les CV indirectes (15%). Mieux comprendre les CVRIS permettra de développer des outils de prévention efficaces et d’offrir un accompagnement adéquat aux victimes.

Résumé
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 00 à 11 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Dynamiques familiales et conjugales
Présidence/Animation : Dominic Bizot (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5120
1
Vers une meilleure compréhension de la dynamique des violences physiques et sexuelles graves en contexte conjugal
Emeline Hetroy (UdeM - Université de Montréal), Frédéric Ouellet (UdeM - Université de Montréal), Chloé Leclerc (Université de Montréal)

Selon Hegarty et al. (2013), les femmes ayant été victimes de différents types de violence (e.g: émotionnel, physique, sexuel) seraient plus affectées, auraient une moins bonne santé mentale et qualité de vie comparativement aux femmes victimes d’autres formes d’abus. La violence conjugale (VC) n’est donc pas un phénomène singulier et serait plutôt répétée. Cependant, peu d’études aujourd’hui se sont penchées sur la dynamique de la gravité de la VC à travers le temps. Cette recherche vise donc à étudier les variations mensuelles de la VC dans le but de déterminer les facteurs qui permettraient de prédire les violences physiques et sexuelles graves. Les données ont été récoltées grâce à la méthode des calendriers d’histoire de vie auprès de 70 femmes victimes de VC. Cette méthode vise à reconstruire de manière rétrospective le contexte dans lequel les évènements se sont passés. Des analyses multiniveaux ont permis de révéler que les violences graves étudiées avaient à la fois des facteurs communs et distincts en ce qui a trait aux caractéristiques individuelles et aux circonstances de vie. La violence économique était cependant le meilleur prédicteur des violences physiques et sexuelles graves. Ces résultats mettent donc en lumière l’importance d’étudier simultanément les multiples formes de violence au sein des trajectoires des femmes. Ils fournissent également des pistes pour un meilleur dépistage des contextes à risque pour les victimes.

Résumé
2
L’exposition à la violence conjugale en cooccurrence avec d’autres problématiques familiales : quel sens en font les adolescents?
Idriss KHELFAOUI (UQO - Université du Québec en Outaouais), Marie-Ève Clément (Université du Québec en Outaouais), Geneviève Lessard (Université Laval)

La violence conjugale affecte de nombreuses familles et compromet le développement et le bien-être des adolescents qui y sont exposés. Ces conséquences peuvent être aggravées par la présence d’autres problématiques familiales telles que les problèmes de consommation ou de santé mentale des parents. Le projet de recherche qualitative propose d’explorer cette cooccurrence, peu étudiée auprès des adolescents, et de documenter : 1) les difficultés touchant les membres de la famille en lien avec la violence conjugale; 2) l’évolution de l’exposition à la violence conjugale dans le temps; et 3) les conséquences de la violence conjugale et des autres problèmes familiaux chez l’adolescent et les membres de sa famille. Les données ont été collectées auprès de 11 adolescents recrutés par l’intermédiaire des Centres jeunesse et des CSSS de la région de Québec et de Montréal au moyen d’entrevues semi-structurées. L’analyse préliminaire des verbatims montre une capacité des adolescents à nommer les difficultés familiales et la dynamique relationnelle parentale sans toutefois faire de lien avec la violence conjugale; une description de l’évolution de la violence conjugale essentiellement à travers l’escalade de la violence ainsi que la présence d’une ambivalence dans la description des conséquences de la cooccurrence et dans leur perception de l’intervention des services publics. Ces résultats contribuent à mieux comprendre la perception et le sens que font les adolescents de leur vécu.

Résumé
3
La prédiction des traits psychopathiques de l’homme par la femme selon le degré de violence au sein du couple
Catherine Cousineau (UdeM - Université de Montréal), Amina Benlakehal (Université de Montréal)

On estime que 12% des individus de la population générale auraient des traits psychopathiques élevés (Echeburúa et Fernández-Montalvo, 2007). Il est important de détecter ces traits chez les individus non-incarcérés afin de prévenir un passage à l'acte criminel. Toutefois, les études actuellement menées chez ces individus utilisent des mesures auto-rapportées. Une façon de contourner les obstacles de l’auto-évaluation est d'utiliser un tiers connaissant bien le sujet. Le présent projet vise donc à vérifier s’il est possible de prédire les traits psychopathiques de l’homme à l’aide de la conjointe. Nous tenterons de vérifier si le niveau de prédiction de la femme varie selon le degré de violence dans le couple. Pour répondre à cet objectif de recherche, 35 couples ont rempli individuellement un questionnaire mesurant la psychopathie de l'homme (l'Échelle auto-rapportée de psychopathie III-R12; Gagné,2010) et une mesure du niveau de violence dans le couple (Questionnaire sur la résolution des conflits conjugaux ;Lafontaire et Lussier, 2005). Des analyses de modélisation par équations structurelles ont démontré une association positive et significative entre les réponses des hommes et de leurs conjointes au questionnaire mesurant le degré de traits psychopathiques de l’homme peu importe le degré de violence au sein du couple. Les femmes arriveraient donc à bien prédire le niveau de traits psychopathiques de leur conjoint peu importe le degré de violence au sein du couple.

Résumé
4
Qui sont les parents qui étudient à l’Université Laval? Profil démographique et types de situations de conciliation études-famille
Dominique Morin (Université Laval), Hubert ARMSTRONG (Université Laval), Catherine Dussault (Université Laval), Mélanie Bédard (Université Laval)

L’allongement des études, le report de la naissance d’un premier enfant et les retours de parents à l’Université marquent la démographie des cités universitaires et les études. La réflexion visant à développer une politique de soutien à la conciliation études-famille nécessiterait un portrait statistique permettant de savoir combien et lesquels des inscrits ont des enfants, et dans quelle situation ils poursuivent leurs études. À défaut de données plus adéquates, nous disposons d’un recensement des étudiants et des employés de l’Université Laval commandé en 2015 pour informer des projets d’aménagement qui a rejoint 3162 étudiants, dont 7,1% ont déclaré avoir un ou des enfants. Le questionnaire recueillait notamment des informations sur le sexe et l’âge des participants, le nombre et l’âge de leurs enfants, leur situation d’inscription, leur ménage, leurs activités, leur logement et sa localisation. Cette communication présentera l’hétérogénéité de la population des parents étudiants de l’Université Laval de deux manières : en exposant d’abord une analyse différenciée selon le sexe de l’augmentation de la proportion de parents parmi les étudiants avec l’âge et l’accès aux cycles supérieurs ; puis en distinguant des types de situations de ménage et d’activités contrastés entre lesquels des différences d’expériences de conciliation études-famille se profilent.

Résumé
5
Entre certitude et incertitude : comprendre le processus décisionnel menant à avoir un enfant et à entrer dans la parentalité
Hubert ARMSTRONG (Université Laval)

L’entrée dans la parentalité est vécue dans un contexte social et historique et selon des conditions variables d’un individu à l’autre. Les parcours qui mènent à la naissance d’un premier enfant se sont transformés à la suite de la Révolution tranquille au Québec. Le mariage n’est plus un passage socialement prescrit pour fonder une famille : la proportion de naissances hors mariage atteint maintenant près du deux tiers des naissances (ISQ, 2015). De plus, l’arrivée d’un premier enfant se fait à un âge toujours plus avancé, passant de 26 à 29 ans entre 1990 et 2014 (ISQ, 2015). Cette communication étudie 25 entretiens réalisés auprès de parents entrés dans la parentalité entre 1986 et 2015. L’expérience de la parentalité varie selon l’âge d’entrée, le contexte personnel et aussi social dans lequel elle s’inscrit, faisant état d'une variabilité d'expériences, et ce, même si nous couvrons des expériences qui s’échelonnent sur les 30 dernières années. J’analyserai ainsi le processus décisionnel entourant la venue du premier enfant. Les discours rétrospectifs des parents rencontrés font justement état de ce processus qui est marqué par un positionnement entre la certitude ou l’incertitude face au projet d’avoir un enfant. Enfin, la signification de ce projet, les conditions préalables à sa réalisation, ainsi que sa négociation tant personnelle que conjugale permettent d’approfondir les connaissances sur une question existentielle qui touche toutes les familles : sa (re)fondation.

Résumé
6
Jeunes des orphelinats en Haïti : la production de relations comme stratégie d’émancipation
Manuelle Alix-Surprenant (UdeM - Université de Montréal)

Avant le séisme de 2010, jusqu’à 2 000 enfants haïtiens étaient annuellement envoyés en adoption à international (UNICEF 2016). Haïti limite désormais la circulation des enfants sous cette forme et actuellement, plus de 25 500 enfants vivent dans des orphelinats ou crèches en Haïti (IBESR 2013). Pourtant, peu de données ethnographiques portent sur la situation des enfants en institutions (Leinaweaver 2006).

 

Cette communication explore les réseaux de relations des jeunes en orphelinats et ce, par le regard des principaux concernés. Les jeunes entretiennent entre autres des relations avec leur famille biologique tout en vivant en institution. Les orphelinats regorgent effectivement d’enfants dont la filiation avec leur famille biologique est pourtant préservée. Ces « faux orphelins » font ainsi face à des enjeux liés à leur double statut ; celui d’être à la fois un membre exclu de la famille et pourtant producteur de ressources pour cette dernière. La multiplication des statuts est entretenue par les responsables d’orphelinats, les « mamans » et les « parrains » qui jouent des rôles stratégiques dans dans ce type de placement permanent qui agit en substitution de la famille biologique plutôt qu’en sa complémentarité.

 

Cette communication est basée sur un terrain ethnographique au Cap-Haïtien, de trois mois d’observation participante et d’une vingtaine d’entretiens avec des jeunes et des responsables d’institutions.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Liens sociaux et pratiques sociales
Présidence/Animation : Anastasie Amboulé Abath (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5120
1
Qu’est-ce qui distingue les Innus des autres habitants du territoire? Discours tenus au sujet des identités et des dynamiques intergroupes par les acteurs d’une controverse
Mathieu Cook (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Version soumise : Des négociations territoriales globales entre des communautés de la nation innue (autochtone) et les gouvernements canadien et québécois débutèrent en 1979. Elles devaient ultimement mener à la signature d’un traité, lequel se fait toujours attendre. Au début des années 2000, un mouvement d’opposition formé principalement de Québécois de descendance européenne s’organisa afin d'exiger des éclaircissements, voire demander que le projet soit tout simplement annulé. Constatant l’existence d’une forte tension (sociale, politique, médiatique), le gouvernement du Québec mis sur pied une commission parlementaire à l'hiver 2003. En tout, 85 acteurs individuels ou collectifs y ont déposé un mémoire. Dans cette communication, nous livrerons des résultats d’une analyse de discours menée sur l’ensemble de ces mémoires. Nous nous intéresserons plus particulièrement aux inscriptions de la symbolisation des rapports humains : la façon dont l’altérité fut discutée, construite, déconstruite voire niée par les acteurs dans leurs textes. Les résultats de cette recherche tendent à appuyer une vision dynamique, hétérogène et changeante de la définition des frontières intergroupes, laquelle est aussi marquée par des rapports de pouvoir. Nous jugeons, par ailleurs, que la réflexion sur ces événements est importante puisque les négociations promettent d’aboutir dans les prochaines années et pourraient donc, à nouveau, donner lieu à de fortes contestations.

Résumé
2
Liens sociaux et pratique numérique : la socialisation à travers les jeux vidéos multijoueurs
Alban THOMAS (UdeM - Université de Montréal)

La pratique des jeux vidéos multijoueurs à été analysée de bien des manières en sociologie. Dans mon mémoire, je propose une analyse de la socialisation des joueurs à travers le médium vidéo-ludique en utilisant une approche microsociologique pour saisir l'expérience et les pratiques des joueurs. 

La transmission et le partage d'informations, normes, valeurs, pratiques et expériences sont des pratiques courantes à dans les jeux vidéos multijoueurs et les interactions possibles ne cessent de s’accroître. Il va être question ici de comprendre comment l'appropriation par les joueurs des outils de communications et d'interactions proposés par les jeux vidéo multijoueurs impacte les processus de socialisation.

A l'heure ou le numérique est de plus en plus présent dans les vies individuelles, l'analyse des processus de socialisation à travers de nouveaux médias devient de plus en plus importante. Mon mémoire va avoir pour but d'étendre notre compréhension des échanges interpersonnels à l'intérieur d'espaces sociaux numériques. 

L'objectif de cette présentation est de présenter le cadre théorique, le protocole de recherche et les hypothèses de mon projet de mémoire qui vont me permettre de répondre à la question : "Comment les outils de communication et d'interaction des jeux vidéo Multijoueur participent-ils à un processus de socialisation numérique ?"

Résumé
3
« Je ne peux accepter ce que tu as fait, mais… » : les stratégies visant à réduire l’ambivalence vécue par les proches de personnes impliquées dans une conduite délinquante
Dominique Laferrière (UdeM - Université de Montréal)

En criminologie, les théories du contrôle social informel assument que, tant qu’elles/ils ne sont pas impliqué.e.s dans la délinquance, les proches de personnes ayant commis des délits sont une source d’influence prosociale facilitant le processus de désistement criminel. La présente étude revisite ce présupposé théorique et propose une incursion dans la vie et l’expérience de ces proches afin de brosser un portrait des relations qu’elles/ils entretiennent avec les personnes engagées dans des actes délinquants. À partir d’entretiens semi-directifs auprès de 18 proches, cette présentation explore les positionnements moraux auxquels ces personnes adhèrent, les rôles qu’elles endossent et la manière dont elles perçoivent et comprennent la conduite délinquante. Les résultats suggèrent que leur expérience se définit en grande partie par son ambivalence : bien que la plupart des proches n’endossent pas la conduite délinquante, elles/ils sont émotionnellement attaché.e.s à la personne en cause. Diverses stratégies d’action et cognitives sont alors mises en place afin de réduire cette état ambivalent. La résultante de ces dernières est d’une part de légitimer la persistance du soutien offert à la personne impliquée dans une conduite délinquante et de l’autre, d’augmenter la tolérance face à cette même conduite délinquante. Les présupposés des théories du contrôle social sont discutés à la lumière des résultats.

Résumé
4
Reconstruire du lien social : une sociologie pragmatique de la réconciliation
Benoît Coutu (UQAM - Université du Québec à Montréal)

En prenant comme sujet les évènements autour de la Commission Vérité et Réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones, j’appréhende le processus de réconciliation post-conflictuelle à l’aide de la sociologie culturelle pragmatiste développée par le sociologue américain Jeffrey Alexander. Partant de l’hypothèse que la représentation sociale de la souffrance est une construction collective, il s’ensuit que la réconciliation, comme performance, est constituée d’actes de parole par lesquels un groupe porteur de revendication, tente de convaincre une audience que les phénomènes décrits sont blessant et affectent l’identité et la conscience collectives, au point d’en requérir une réponse de la part de la société dans son ensemble. J’en arrive ainsi à exposer la double nature des processus de réconciliation : leur nature thérapeutique, qui est associée à la reconnaissance d’un trauma collectif qui peut toucher et ébranler l’identité, la conscience collective et les représentations sociales qu’a un groupe envers lui-même ; leur nature sociopolitique, qui se réfère à une transformation politico-institutionnelle, sur les plans culturel, historique et mémoriel, afin d’intégrer dans une trame narrative générale la situation particulière révélée, par exemple par l’appellation de génocide culturel pour définir le rapport colonial du Canada envers les nations amérindiennes. Dès lors, la ré-conciliation apparaît comme un processus de re-composition du lien social.

Résumé
5
Réfléchir sur la limite identitaire au-delà du nationalisme : les structures de parenté chez les Métis canadiens
Sebastien MALETTE (Carleton University), Guillaume Marcotte (Université de Saint-Boniface)

Dans une correspondance des affaires indiennes datant de 1890, nous retrouvons une affirmation étonnante faite par Angus McBride que des individus de la réserve de Témiscaminque sont de « pures Métis » (pure Halfbreed). Cette expression qui peut s’interpréter comme un oxymore mêlant « pureté » et « mélange » au sujet d’une identité autochtone, attire tout particulièrement notre attention. Notre communication explorera ce type d’expression souvent perçue comme anecdotique en soulignant comment les structures de parenté chez les Métis canadiens peuvent refléter une conception de l’identité qui se distingue manifestement des autres « Indiens » connus comme étant métissés. Nous argumenterons que cette découverte offre une façon innovatrice de réfléchir les limites de l’identité métisse au-delà des narrations nationalistes et primordialistes en vogue au sein de certains cercles universitaires. Il faut en effet savoir que les partisans du nationalisme de la Rivière Rouge ne réclament pas uniquement l’identité propre à leur nation métisse, mais réclame plutôt l'usage du terme “Métis” in toto, en souhaitant interdire son utilisation par d'autres Métis. Nous proposerons que l’expérience de structures de parenté similaires, investie par une série de rationalités légales qui divorcèrent le Métis de son indianité officielle sur le plan historique, offre une explication beaucoup plus riche et nuancée au sujet des limites entre l’identité métisse et les autres autochtones métissées.

Résumé
13 h 00 à 16 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Débats et enjeux sociaux pratiques ou théoriques
Présidence/Animation : Charlène Ménard (Université Lumière Lyon 2, France)
Batiment : UQAC
Local : P1-6280
1
Les transformations du discours éthique dans les sociétés contemporaines : quelles leçons tirer de la persistance de la notion de « bien commun »?
Samuel Bédard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les atrocités commises durant la Deuxième Guerre mondiale ont provoqué la crise d’un discours éthique qui jusque-là avait pu rassembler au nom d’une conception relativement partagée du bien commun. La montée de l’individualisme dans les sociétés contemporaines approfondit cette crise en rendant plus évanescente encore l’idée de bien commun. Le désaveu des grandes utopies socialistes et le relatif désengagement des États suivant les récessions des années 1970 ont considérablement affaibli le projet de bâtir une société qui assurerait le bien-être de tous. Malgré tout, la rhétorique du « bien commun » parvient à se maintenir dans l’espace public sous différentes acceptions. Aujourd’hui, le fait de l’invoquer n’est plus l’apanage du clergé ou des syndicats ouvriers et les acteurs en quête de légitimité se revendiquant de cette notion se sont multipliés. D’un point de vue sociologique, il est utile de réfléchir à ce phénomène peut-être paradoxal, alors que s’évanouit toute conception partagée du « bien». Une analyse comparative des ouvrages de Maritain (1947), de Petrella (1996) et de David (2004) permet de montrer l’étonnante persistance de la notion de bien commun même si sa définition évolue et se transforme à travers le temps.

Résumé
2
Cyberdépendance : plaisanterie ou pathologie?
Sandra Juneau (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Depuis plus de vingt ans, nombre d’acteurs sociaux prétendent que la « cyberdépendance » est devenue une nouvelle forme de « dépendance ». Or, l’idée de lier Internet et dépendance divise les différents experts (psychiatre, médecin, psychologue, etc.) au sein de différentes sphères d’influence, et ce, partout dans le monde. Née à partir d’une simple plaisanterie sans réel fondement, toute une construction discursive et professionnelle s’est échafaudée autour du concept de la « cyberdépendance » faisant ainsi naitre une fausse pathologie. Nombre d'acteurs défendent leur propre vision dudit problème d'où surgissent de nombreux débats. Notre intention dans cette communication est de présenter une partie des analyses d'une étude portant sur la construction sociale de la « cyberdépendance » dans laquelle deux grandes écoles de pensée prédominent. La première expose les contre-discours d’acteurs sociaux refusant de reconnaitre la « cyberdépendance » comme étant une nouvelle psychopathologie. Pour celle-ci, l’utilisation d’Internet n’est pas un problème en soi et elle dénonce certains acteurs prétendant son existence puisque ces derniers ne veulent que s’approprier un nouveau champ d’intervention et conséquemment provoquer une médicalisation et une stigmatisation du quotidien. La seconde comprend les discours prônant une reconnaissance pleine et entière de la « cyberdépendance » comme étant un problème réel tout en présentant une vision biomédicale de celle-ci.

Résumé
3
Les discours actuels sur l’usage de la sanction dans le programme Objectif Emploi (projet de loi 70)
Marie-Claude Plessis-Bélair (UQAM - Université du Québec à Montréal), Catherine Chesnay (Université du Québec à Montréal)

L’actuel mode de gouvernance néolibéral se traduit par la réduction des fonctions de protection et de solidarité sociale de l’État au profit de fonctions punitives et ce, dans toutes les sphères de l’action étatique. Ainsi, bien que le nombre de personnes prestataires de l’aide social soit à son plus bas depuis les quarante dernières années, la plus récente réforme du système de l’aide sociale s’inscrit dans ce virage punitif. Le programme Objectif Emploi oblige ainsi les premiers demandeurs de l’aide sociale à participer à un plan d’intégration à l’emploi, sous peine d’importantes pénalités. Les débats houleux qui ont entouré le Projet de loi portant sur le programme Objectif Emploi ont mis de l’avant les désaccords sociaux sur la place des mécanismes punitifs dans le dispositif de l’aide sociale. Cette communication vise à cerner les discours actuels sur le dispositif d’aide sociale, plus précisément les discours qui portent sur l’usage de la sanction comme mécanisme dans les rouages de l’aide sociale. Suite à une analyse thématique des mémoires déposés à l’Assemblée nationale dans le cadre des consultations sur le projet de loi no 70, cette communication explorera les axes suivants : quels sont les liens entre la sanction et la contrepartie ? Comment les discours particularistes sur la sanction sont-ils déployés ? Quels discours sur les assistés sociaux sous-tendent les discours sur la sanction ?

Résumé
4
Dworkin, les femmes de droite et les paradoxes de l’antiféminisme en philosophie
Louise Caroline Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Dans la suite d’une démarche auto-ethnographique et de l’étude d’une décennie (2005 – 2015) de lutte et d’action féministes menées par des étudiantes dans un département de philosophie à Montréal, j’ai voulu pousser plus loin l’analyse d’un aspect de la résistance au mouvement porté par ces actions : celle opérée par les femmes elles-mêmes et la récupération par la hiérarchie de ces actions et de cette lutte lorsqu’elles ont du succès.

À la lumière de l’œuvre d’Andrea Dworkin, Les femmes de droite, on découvre des correspondances entre le comportement de certaines femmes en philosophie et le portrait des « femmes de droite » que fait Dworkin. À partir de ceci, on peut mieux comprendre les dynamiques qui animent et justifient les actions et attitudes des unes et des autres. 

Je parlerai du défi qui consiste à étudier les dynamiques antiféministes dans un milieu restreint, où tout le monde se connait, et de quelques problèmes que ça engendre pour celles qui le font. Je déconstruirai en l'expliquant le paradoxe des femmes qui sont parfois les obstacles inconscients mais solides à la venue des autres femmes, et à la réception de critiques féministes opportunes, dans un milieu, ainsi que les risques d'instrumentalisation misogyne des critiques faites aux femmes. Je présenterai des solutions qui peuvent être appliquées en philosophie comme dans d’autres milieux de savoirs dont les femmes ont été exclues, notamment pour assainir le climat et assurer l'équité.

Résumé
5
Rhétoriques réactionnaires et antiféminisme en France : la controverse de l’écriture inclusive
Héloïse Michaud (UQAM - Université du Québec à Montréal)

En France, en mars 2017, l'éditeur Hatier décide de publier un manuel scolaire en utilisant l'écriture inclusive. Ainsi, les noms des différents métiers au pluriel sont présentés en utilisant le point médian, comme dans "agriculteur·rice·s", artisan·e·s" ou encore "commerçant·e·s". L'initiative, qui est appuyée par le Haut-Commissariat à l'égalité entre les femmes et les hommes et le secrétariat d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, a pour vocation d’éradiquer le sexisme dans les mentalités. Toutefois, les résistances à son application seront nombreuses : l'Académie française, des militant.e.s de la « Manif pour tous », des intellectuel.le.s, et plus récemment, le Premier ministre français Edouard Philippe, s’opposeront publiquement à l’usage de cette méthode. Quels sont les enjeux idéologiques et épistémologiques qui sous-tendent la controverse de l'écriture inclusive en France? Les arguments soulevés en opposition à cette méthode dite « inclusive » seront analysés pour identifier en quoi ils s'articulent à des rhétoriques réactionnaires motivées par un désir de conservation de privilèges. De plus, le point de vue androcentrique, qui se pose comme neutre et objectif pour s’auto-légitimer, confère au trait /masculin/ le pouvoir de faire perdurer les mentalités sexistes dans la société. Ainsi, la conception épistémologique selon laquelle la neutralité et la vérité sont associées au masculin et à l’universel sera questionnée.

Résumé
6
Saisir la réduction des méfaits par la généalogie : orientation démocratique ou néolibérale de l’intervention sociale?
Mathieu Bourbonnais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le renouvellement des pratiques d’intervention sociale est l’objet d’un affrontement idéologique entre la mouvance démocratique et néolibérale. Alors que les valeurs démocratiques font consensus et qu’une pluralité d’approches et de pratiques traduisent sur le terrain des finalités sociales hybrides, des clarifications théoriques et idéologiques paraissent nécessaires afin de lever ces ambigüités axiologiques. Les balises théoriques de la mouvance démocratique sont d’abord définies. À l’aide d’une méthode généalogique, nous reconstruisons ensuite le réseau discursif ayant historiquement produit l’approche de réduction des méfaits afin d’en dégager l’assemblage idéologique global. Nous constatons que la réduction des méfaits s’inscrit dans le sillon de la rationalité biopolitique néolibérale.

Résumé
7
Les années potentielles de travail perdues avant l’âge normal de la retraite au Canada, de 1977 à 2014
Dominic Gagnon (UdeM - Université de Montréal), Yves Carrière (Université de Montréal), Yann Décarie (Université de Montréal)

L’idée de reporter l’âge normal de la retraite au Canada s’inscrit dans un questionnement politique plus large concernant les défis posés par le vieillissement de la population. L’analyse que nous proposons a pour principal objectif d’estimer l’impact du report de l’âge normal de la retraite au Canada sur l’âge effectif de la retraite.

Dans un premier temps, nous proposons une nouvelle méthode pour estimer le nombre d’années potentielles de travail perdues (APTP) selon différentes causes. On peut ainsi estimer le nombre d’années potentielles perdues pour des retraites volontaires, mais aussi pour des retraites causées par une mauvaise santé, par une perte d’emploi pour des raisons économiques, ou à cause de la mortalité prématurée. Les résultats montrent que la tendance à reporter sa retraite se manifeste de façon continue depuis le milieu des années ’90, tant chez les hommes que chez les femmes. Par contre, l’abandon du marché du travail se décline différemment d’un sexe à l’autre.

Dans un deuxième temps, nous utilisons cette méthodologie pour appréhender l’impact d’une mesure visant à repousser à 67 ans l’âge normal de la retraite au Canada. Bien que cette étude montre que reporter l’âge normal de la retraite de deux années aurait un effet sur l’âge effectif de la retraite, celui-ci pourrait être nettement moins important que l’effet recherché sur la participation au marché du travail et la croissance de la main-d’œuvre.

Résumé
13 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Évaluation de programmes, de pratiques ou d’interventions
Présidence/Animation : Dominic Bizot (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-7120
1
Évaluation des effets à court terme du projet pilote du programme Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel auprès des jeunes de niveau secondaire
Anne-Julie Bouchard (UQAM - Université du Québec à Montréal), Manon Bergeron (UQAM), Martine Hébert (UQAM)

Évaluation des effets à court terme du projet pilote du programme Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel auprès des jeunes du secondaire

La violence sexuelle est prévalente auprès des jeunes, révélant l’importance de la prévention (Hébert et al., 2016). Un nouveau programme de prévention de la violence sexuelle a été développé pour le milieu scolaire grâce à l’expertise de chercheures de l’UQAM et celle des CALACS. Une phase pilote a été effectuée au printemps 2017 auprès d’élèves de secondaire 3. Cette étude vise à déterminer quels sont les effets proximaux du programme Empreinte. Cette étude évaluative repose sur un devis pré-expérimental prétest/post test, auprès d’un échantillon de 167 jeunes. Le questionnaire permet de mesurer les connaissances, les attitudes, les habiletés, le sentiment d’autoefficacité et l’appréciation des ateliers. Les analyses révèlent que suite à leur participation au programme, les jeunes ont obtenu de meilleurs résultats quant à leurs connaissances, leurs attitudes, leurs habiletés et leur sentiment d’autoefficacité. Tant les filles que les garçons montrent des améliorations. Les résultats suggèrent donc que la participation au programme est associée à des effets positifs auprès des jeunes. Des pistes sont offertes quant aux stratégies pour mieux rejoindre les besoins des garçons.

Mots clés : Violence sexuelle, évaluation de programme, prévention, adolescence, éducation à la sexualité, milieu scolaire

Résumé
2
Intervention psychosociale en autisme : examen de la portée de la littérature francophone
Isabelle Préfontaine (UdeM - Université de Montréal), Marc Lanovaz (Université de Montréal)

Les publications scientifiques représentent une source importante d’informations pour les psychoéducateurs qui interviennent auprès des personnes en difficultés d’adaptation. Cependant, la majorité des articles figurant dans les bases de données paraissent en anglais. Par conséquent les découvertes et les développements scientifiques restent moins accessibles aux intervenants unilingues francophones, ce qui peut ralentir la mise en place des meilleures pratiques. Plus spécifiquement, l’intervention auprès des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) connaît de nombreux développements grâce aux plus récentes recherches. Notre étude avait pour objectifs (a) de dresser un portrait de la littérature scientifique francophone touchant l’intervention psychosociale en autisme et (b) de déterminer si ce qui est disponible en français divulguent des programmes ou des interventions basées sur des données probantes. Chaque article recensé a été classé selon son type (exemple : descriptif, empirique, recension, etc…) et l’approche à laquelle l’intervention présentée se rapporte (exemple : psychodynamique, cognitive-comportementale, comportementale, etc…). Nos résultats montrent que la majorité des articles recensés sont descriptifs et ne présentent pas des interventions basées sur des données probantes. Moins du tiers de ces articles sont empiriques et la plupart d’entre eux ont trait à l’approche comportementale.

Résumé
3
Réponse par l’art et trauma vicariant : évaluation qualitative d’une formation offerte auprès des psychothérapeutes qui travaillent avec des personnes réfugiées
Catherine-Emmanuelle DRAPEAU (UQAM - Université du Québec à Montréal), Pierre Plante (Université du Québec à Montréal), Marc-Simon Drouin (Université du Québec à Montréal)

Nul psychothérapeute qui œuvre auprès de personnes qui ont vécu une expérience traumatique n’est à l’abri du trauma vicariant. Afin de mitiger l'expérience du trauma vicariant, plusieurs auteurs soutiennent qu’une meilleure connaissance de soi et la pratique du soin de soi (self-care) sont à promouvoir. Dans le domaine de l’art-thérapie, la réponse par l’art constitue une pratique couramment utilisée à des fins d’exploration personnelle et de soin de soi. La méthode de l’étude discutée dans le cadre de cette présentation est ancrée dans un cadre appartenant à la recherche-action. Un art-thérapeute professionnel a été formé afin d’offrir un atelier conçu pour les sensibiliser au trauma vicariant et pour présenter la réponse par l’art comme outil de soin de soi. Huit psychothérapeutes qui travaillent avec des personnes réfugiées ont été recrutés y participer. Trois entretiens semi-structurés individuels ont été tenus suite à l’atelier sur une période de deux mois afin de comprendre l’expérience des participants et d’évaluer les répercussions de leur participation à l’atelier à court et moyen termes. Les résultats préliminaires de l’analyse thématique des données recueillies seront présentés. Des recommandations quant à la mise sur pied de programmes de sensibilisation au trauma vicariant et de formation à la réponse par l’art comme outil de soin de soi répondant aux besoins des psychothérapeutes qui travaillent avec des personnes réfugiées seront proposées.

Résumé
4
Description préliminaire de l’expérience de participation des utilisateurs dans une activité de coconception
Mélanie Tremblay (APOP - Association pour les applications pédagogiques de l'ordinateur au post-secondaire ), Christine Hamel (Université Laval), Anabelle VIAU-GUAY (Université Laval), Dominique Giroux (Université Laval)

Il est admis que le fait d’impliquer les utilisateurs dès la conception contribue à la pertinence des projets développés. L’approche de codesign implique que le développement des connaissances ainsi que la génération d’idées proviennent d’une diversité de personnes. Or, peu d’études documentent l’expérience de participation des utilisateurs impliqués dans une activité de codesign, la mobilisation de leurs compétences ainsi que les gains issus de leur participation. Dans le cadre d'un projet de recherche visant à concevoir un outil destiné à soutenir les proches aidants dans leur processus de recherche d’aide, huit séances de codesign sont réalisées dans onze régions du Québec. Cette étude vise à documenter l’expérience de participation des utilisateurs qui prennent part à des activités de codesign à partir du cadre sémiologique du cours d’action (Theureau, 2006). Ce cadre considère l’activité humaine comme une interaction du participant avec son environnement. Il permet d’analyser et de décrire l’activité en contexte, du point de vue de l’acteur. Les résultats préliminaires porteront sur l’expérience des utilisateurs en ce qui a trait à leurs attentes, leurs préoccupations, aux connaissances mobilisées, et aux apprentissages effectués. La présente étude contribuera à fournir une compréhension de la manière dont l’activité de codesign est vécue par les utilisateurs et à formuler des recommandations concernant l’intégration des utilisateurs dans une démarche de codesign.

Résumé
5
Capacité à produire et à utiliser les évaluations dans les organismes communautaires du Québec : adaptation et développement d’un instrument de mesure
David Buetti (Université d’Ottawa), Isabelle Bourgeois (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

L’évaluation vise à porter un jugement sur la qualité d'un programme, d'un service ou d'une politique pour alimenter la prise de décisions par différentes méthodes en sciences sociales. Au Québec, il existe un peu plus de 8000 organismes communautaires (OCs), intervenant dans une pluralité de champs d’activités comme l'environnement, la sécurité alimentaire et les violences faites aux femmes. Cette communication a pour objectif de présenter une adaptation qualitative de « l’Organizational Evaluation Capacity Self-Assessment Instrument » (OEC-SA) aux réalités du milieu communautaire québécois en évaluation. L’OEC-SA est un instrument de mesure validée par les pairs qui vise à identifier les forces et les limites entourant les capacités d'une organisation à produire des évaluations de qualité et à utiliser subséquemment les résultats pour améliorer les pratiques et activités. D’abord, son historique et son cadre conceptuel seront présentés. Ensuite, son processus d’adaptation aux réalités du milieu communautaire québécois en évaluation, s’appuyant notamment sur une recherche documentaire structurée (n=21 publications) et plusieurs entretiens semi-dirigés avec des experts et acteurs communautaires (n=8), sera décrit. Enfin, les implications pratiques de l’adaptation de l’instrument sur le renforcement des capacités en évaluation des OCs seront discutées.

Résumé
6
La surveillance dissuasive et le passage à l’acte répréhensible violent
Caroline Pelletier (Université Laval)

La théorie de la dissuasion suppose que les individus sont des acteurs rationnels pesant les coûts et les bénéfices avant de poser une action. Ainsi, certaines transformations apportées à l’environnement physique immédiat visent à perturber la rationalisation que se construit l’acteur avant qu’il ne passe à l’acte. Or, sommes-nous réellement, et si facilement, dissuadés par la présence d’individus ou de dispositifs ayant « autorité » sur nous? En dépit de la conviction avec laquelle certains acteurs proclament l’effet dissuasif de la surveillance, les études sérieuses ne corroborent pas nécessairement une telle affirmation. Certains chercheurs estiment que les savoirs fragiles et insuffisants entourant la dissuasion empêchent de déterminer les conditions dans lesquelles l’effet dissuasif peut se manifester ou non. Ajoutons que l’idée de l’acteur comme être de raison ne fait pas l’unanimité. Alors que certains modes de surveillance ont des effets tangibles sur les crimes contre les biens, certaines stratégies ciblées ont plutôt des effets notables auprès des crimes violents. Devant ces constats, la conception de l'acteur rationnel ne semble pas s'appliquer de manière infaillible en matière de surveillance. Dans cet exposé, nous présenterons une revue de la littérature (issue de mon projet doctoral) visant à mettre en lumière une manière différente d'aborder les effets de la surveillance.

Résumé
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 00 à 11 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Enjeux et interventions dans le sport
Présidence/Animation : Nicholas Bussieres (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-5120
1
Diffusion du modèle de développement à long terme de l’athlète chez les entraîneurs canadiens
François Trudeau (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Louis Laurencelle (Université du Québec à Trois-Rivières), Charlotte Beaudoin (Université d'Ottawa), Claude Lajoie (Université du Québec à Trois-Rivières)

Depuis 2005, Sport Canada a fait la promotion du modèle de développement à long terme de l'athlète (DLTA) pour contrer le déclin du rendement et pour favoriser la progression des athlètes canadiens et la participation à l'activité physique dans la population. À l'aide du modèle de diffusion de l'innovation de Rogers, un sondage a été mené auprès des entraîneurs canadiens pour identifier les facteurs associés aux trois variables dépendantes: l'attitude des entraîneurs envers le DLTA, l'intention d'adopter le DLTA et le niveau d'adoption du DLTA. 499 entraîneurs ont complété le questionnaire. 279 d'entre eux connaissaient le DLTA et ont rempli l'ensemble du questionnaire: ils avaient entre 17 et 73 ans (35,4 ± 12,1 ans) et comptaient 11,4 ± 8,9 années d'expérience comme entraîneur. Le rôle des prédicteurs potentiels du niveau d'adoption du DLTA a été évalué au moyen d'analyses de corrélation et de régression linéaire. La connaissance perçue du DLTA, son essayabilité, son observabilité, l'intention de l'adopter, le niveau de certification des entraîneurs et le soutien organisationnel étaient les meilleurs prédicteurs du niveau d'adoption du modèle DLTA  par les entraîneurs dans leur pratique (R2 = 0,579, F9,184 = 28,32, p <0,001) . La comparaison de 5 sports différents suggèrent que les entraîneurs dans les sports à développement tardif ont déclaré avoir une plus grande connaissance du DLTA, une plus grande capacité pour sa mise en œuvre et une plus faible complexité perçue dans l'application.

Résumé
2
Application d’une intervention de régulation émotionnelle basée sur le modèle IZOF : étude de cas avec un joueur de tennis de 14 ans
Francis Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Daniela Wiethaeuper (Université du Québec à Trois-Rivières)

Le modèle de la zone optimale individuelle de fonctionnement (IZOF) implique l’identification d’un profil qui inclut des émotions et des états physiologiques ainsi que leur intensité optimale. L’objectif principal de cette recherche était d’établir le profil d’un joueur de tennis adolescent en se basant sur le modèle IZOF et de mettre en place une intervention visant à rapprocher les émotions et états physiologiques de leur zone optimale. Un devis quasi-expérimentale à cas unique a été appliqué pour vérifier les effets de l’intervention de self-talk sur les émotions et états physiologiques pré et post compétitifs ainsi que sur la performance, la régulation émotionnelle et les habiletés mentales. Les résultats indiquent que l’intervention de self-talk semble avoir permis de rapprocher quelques émotions et états physiologiques de la zone d’intensité optimale de l`athlète. De plus, les compétences de régulation émotionnelle se sont améliorées ainsi que certaines habiletés mentales (la concentration, par exemple). Malgré un niveau d’alexithymie élevé, l’athlète a amélioré ses compétences de régulation émotionnelle et a été capable de réguler l’intensité de ses émotions. Les résultats indiquent que l`application du modèle IZOF jumelé à l’intervention de self talk ont été efficaces pour intervenir de manière positive sur les stratégies de régulation émotionnelle de l`athlète. Des futures recherches sont indiquées afin de permettre de généraliser les résultats obtenus.

Résumé
3
L’effondrement de performance dans le sport chez les joueurs de golf professionnels
Marc-Antoine Roussel (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Jacques Plouffe (UQAC), Daniel Lalande (UQAC), Martin Lavallière (UQAC)

 Le monde sportif comprend mal la définition et le fonctionnement de l’effondrement de performance puisque les entraîneurs et athlètes l’associent trop souvent à une contre-performance. En effet, depuis l’émergence de ce sujet en 1981 (Mesagno & Hill 2013), plusieurs concepts ont évolué et plusieurs membres de la communauté scientifique se questionnent toujours quant à la bonne définition de ce sujet. L’objectif de cette étude est donc de définir l’effondrement de performance du point de vue des athlètes, de recenser et de différencier les émotions, les pensées et les comportements de ces derniers lors d’un effondrement de performance. Une douzaine d’entrevues semi-structurées et une analyse inductive (Blais & Martineau, 2006) des témoignages des golfeurs permettront de répondre à ces objectifs. L’analyse préliminaire des résultats permettra de démontrer une confusion entre les définitions scientifiques et populaires du terme « choker ».  Plusieurs interrogations sont soulevées afin de déterminer laquelle des théories entre celle des distractions (Gucciardi & Dimmock, 2008; Mesagno & Hill 2013) et celle de la conscience personnelle (DeCaro, Thomas, Albert, & Beilock, 2011) explique mieux l’effondrement de performance. Grâce aux théories offertes dernièrement (Gucciardi, 2016) et aux résultats préliminaires de cette étude, il sera possible de guider les entraîneurs et les athlètes afin d’optimiser leur préparation mentale afin de contrer l’effondrement de performance.

Résumé
4
Les besoins psychologiques comme déterminants du développement de la passion chez les joueurs de hockey de haut niveau
Daniel Lalande (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Jacques Plouffe (UQAC), Marc-Antoine Roussel (UQAC), Étienne Hébert (UQAC)

Malgré l’intérêt grandissant des chercheurs envers les déterminants et les conséquences de la passion (voir Vallerand, 2015), peu d’études portent sur les processus impliqués dans son développement. Le but de cette étude est de mieux comprendre les déterminants psychosociaux du développement de la passion chez les joueurs de hockey de haut niveau. Un design mixte (quantitatif-qualitatif) a été utilisé. Dix-sept joueurs des Saguenéens de Chicoutimi ont complété l’échelle de passion (Vallerand et al., 2003) ainsi que l’échelle de satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux (Johnston & Finney, 2010). Un sous-échantillon (n = 9) a également participé à des entrevues semi-structurées. Les résultats montrent que les joueurs se sont avérés très passionnés pour leur sport (M = 6,84, ÉT = 0,31; sur une échelle de sept points). Ils étaient davantage passionnés de façon harmonieuse (M = 5,87, ÉT = 0,75) qu’obsessive (M = 5,42, ÉT = 0,94). Des analyses de régression simple démontrent que la satisfaction des trois besoins psychologiques ont prédit positivement et de façon statistiquement significative la passion harmonieuse (β = .76, p < .001) et de façon marginalement significative la passion obsessive (β = .48, p = .053). D'autre part, les joueurs ont identifié qualitativement l’influence positive d’agents socialisants dans leur environnement (père, mère, fratrie, amis) ainsi que leur soutien inconditionnel (présence lors des matchs et des pratiques, encouragements).  

Résumé
5
Le développement et le maintien de la passion sportive chez les entraîneurs universitaires
Jacques Plouffe (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Daniel Lalandes (UQAC), Marc-Antoine Roussel (UQAC), Étienne Hébert (UQAC)

Cette recherche porte sur la passion sportive des entraineurs de niveau universitaire. Le terme « passion » fait partie du vocabulaire sportif depuis toujours, mais peu d’entraineurs et d’athlètes sont conscients de son développement et de son maintien dans le temps. En effet, rares sont les recherches (Mageau et Vallerand, 2003; Vallerand et al, 2006, 2008)  qui ont tenté de cerner la passion de l’entraineur et l’impact que celle-ci peut avoir sur lui-même et son équipe. Les objectifs de l’étude consistent à définir la passion de l’entraineur et à découvrir comment elle se développe et se maintient pendant plusieurs saisons. Le modèle de la passion harmonieuse et obsessive de Vallerand (2008, 2012) a servi de cadre théorique à cette étude. La méthodologie utilisée a été de type qualitatif/interprétatif, et des entrevues semi-structurées ont permis à dix entraineurs universitaires de s’exprimer à ce sujet. Une analyse inductive des données selon les critères de Blais et Martineau (2006) a été effectuée et elle a permis de définir la passion des entraineurs comme étant : « le fait de redonner au sport ce que le sport a donné à l’entraineur en s’impliquant à fond, entre autres, en y consacrant énormément de temps ainsi qu’en faisant profiter les autres de son expertise et de ses connaissances ». Enfin, il semble que le développement et le maintien de la passion puissent être développés par les besoins de compétence, d’autonomie et d’appartenance.

Résumé