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609 - Qu’est-ce qu’ils mangent? Construction des pratiques alimentaires à l’adolescence

Du mardi 9 au mercredi 10 mai 2017

L’adolescence est une période où les jeunes renégocient leur rapport à l’alimentation (Baril et coll., 2014). Leurs besoins nutritifs évoluent, ils sont plus intéressés par ce qu’ils mangent et ils s’engagent dans des expériences gustatives hors foyer. Les choix alimentaires permettent alors l’affirmation d’une nouvelle autonomie (Mathiot, 2012). La famille demeure un espace de socialisation privilégié en matière d’alimentation (Belorgey, 2011) puisqu’elle est responsable de l’achat des aliments, de la préparation et de la prise des repas, et que les cultures alimentaires se transmettent de génération en génération (Diasio et Pardo, 2009). Au moyen de pratiques médiatiques plus autonomes, les adolescents sont exposés aux discours des acteurs de la sphère marchande, comme l’industrie agroalimentaire. Ces acteurs proposent des produits ciblant la clientèle adolescente et font la promotion de certains modèles alimentaires et corporels (Le Breton, 2013). On assiste également à la multiplication d’émissions présentant recettes et conseils alimentaires à la télévision et dans Internet (Cohen, 2015; Pollan, 2013), une offre à laquelle contribuent les jeunes (Abbar et coll., 2015). À ces discours s’ajoutent ceux de la santé publique et communautaire, dont les interventions ont notamment visé à améliorer l’offre alimentaire dans les environnements scolaires et à promouvoir la saine alimentation auprès des jeunes (Ogilvie et Eggleton, 2016). Comment les adolescents s’approprient-ils les multiples discours souvent contradictoires sur l’alimentation qui circulent dans les espaces public et privé? Comment développer des interventions qui puissent les soutenir dans la construction de choix alimentaires autonomes? Les pratiques alimentaires impliquent en effet l’apprentissage d’un ensemble d’habiletés (culinaires, socioculturelles, gastronomiques, commerciales, techniques, critiques et corporelles), renvoyant au fait social global (Poulain, 2002) et constitutives des littératies alimentaires (Lemieux, 2014).

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
Université de Poitiers
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Avant-midi
08 h 45 à 10 h 00
Communications orales
Accueil et conférence d’ouverture
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
08 h 45
Mot de bienvenue
09 h 00
Sociabilités et répertoires alimentaires des adolescents et des adolescentes : au-delà de la diversité, l’émergence de nouvelles formes de distinction et d’inégalité
Jean-Pierre Corbeau (Université de Tours-François Rabelais)

Il s’agit, à partir d’enquêtes réalisées ces dix dernières années (Impact des messages nutritionnels selon les parcours de vie, AlimAdo, la perception des « burger-restaurants » par les 15 -25 ans), d’observations et de recherches actions menées depuis 6 ans (pratique du boire, comportements dans la restauration scolaire,  observation des sociabilités autour des camions et points  de vente de nourritures dans la rue) ,de cerner les comportements pluriels des adolescent(e)s , leur rapport aux aliments selon la nature de ceux-ci et les formes multiples de leur partage.

En reprenant notre notion de « triangle du manger », nous déclinerons ce que  l’on mange selon le lieu, mais aussi selon sa cohorte et sa trajectoire sociale, selon son genre, selon la nature de l’espace fréquenté et sa densité urbaine.

Cette observation de « triangles du manger » permet l’appréhension d’attitudes plus cachées que partagent les mangeurs adolescents français : un désir d’intermittence porteur de liberté, qui prolonge le système éducatif ayant encouragé leur autonomie et qui s’inscrit aussi, dans les nouveaux réseaux de communication.

Derrière ces constats généraux, nous pointerons des phénomènes de distinctions (de genre, d’appartenance sociale, éthnique, etc.) qui se construisent depuis la consommation (ou non) de telle ou telle nourriture, depuis la connaissance et l’acceptation des discours qui gèrent son incorporation ou la dramatisation de ceux qu’elle produit.

Résumé
10 h 00
Pause
10 h 30 à 12 h 30
Communications orales
Discours et actions de la santé publique pour promouvoir la saine alimentation des adolescents
Présidence/Animation : Valérie-Inès De La Ville (Université de Poitiers)
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
10 h 30
Consommation d’aliments transformés et qualité de l’offre alimentaire des banques alimentaires à Montréal
Asma EL Mabchour (UdeM - Université de Montréal), Marie Marquis (Université de Montréal), Jean-Claude Moubarac (Université de Montréal), Batal Malek (Université de Montréal)

Cette présentation décrit la classification alimentaire NOVA; une approche qui permet d’analyser les habitudes de consommation alimentaire et la qualité de l’alimentation selon le degré de transformation alimentaire. NOVA classifie les aliments et les boissons en quatre groupes: les aliments frais ou minimalement transformés, les ingrédients culinaires, les aliments transformés et les aliments ultra-transformés. Des données québécoises seront brièvement présentées. Elles révèlent une consommation relativement élevée d’aliments ultra-transformés au Québec, spécialement chez les jeunes de moins de 18 ans, qui a été associée à une détérioration globale de la qualité de l’alimentation. Enfin, une étude en cours visant à analyser la qualité de l’offre alimentaire de la plus grande banque alimentaire au Canada ‘Moisson Montréal’ (MM) sera présentée. Les données d’inventaires de MM ont été analysées via la classification NOVA.

En 2015-2016, MM a partagé 13,9 millions de kilogrammes de denrées alimentaires auprès de 309 organismes dont 32% sous forme de légumes et fruits et environ 25% d’aliments ultra-transformés. Le nombre de bénéficiaires du dépannage alimentaire a dépassé les 70000 en un mois, avec près de 40% d’enfants de moins de 18 ans.

L’amélioration de la qualité de l’offre alimentaire de MM est un réel tremplin pour le développement de programmes d‘interventions visant à améliorer la qualité de l’alimentation des bénéficiaires de l’aide alimentaire, notamment chez les jeunes.

Résumé
11 h 00
Les ados en cuisine : portraits croisés d’ateliers culinaires offerts au Québec
Karine Desserre-Pezé (Indépendante)

Assurer la transmission des compétences culinaires et l’acquisition de connaissances alimentaires constituent un véritable enjeu de santé publique. C’est ainsi outillés que nos jeunes seront en mesure de faire des choix alimentaires éclairés.

L’adolescence est l’âge où l’on veut s’affirmer, se démarquer des aînés. La sphère des goûts alimentaires n’échappe pas à l’envie de bouleverser les codes établis. La cuisine peut alors constituer un champ d’expérimentation, potentiellement transgressif.

Comment attirer les ados en cuisine ? Que recherchent-ils à travers les ateliers culinaires ? Quelles sont les clés de succès, tant dans le contenu que dans la façon d’aborder la thématique? En bref, comment faire en sorte que l’apprentissage culinaire réponde aux besoins et envies des adolescents ?

Découvrez dans cette série de portraits croisés les points forts de l’expérience d’acteurs de terrain tels que La Tablée des Chefs, L’Académie culinaire, La Guilde culinaire ou La boîte à lunch.

Résumé
11 h 30
Jeunes mangeurs sous influence : discours et actions de santé publique pour promouvoir la saine alimentation chez les adolescents au Québec
Martine Pageau (Ministère de la Santé et des Services sociaux)

Tout petit, l’enfant apprend à manger avec ses parents. Ce sont eux qui forgent doucement ses habitudes alimentaires. En grandissant, l’enfant trouve ses principaux repères alimentaires au sein de sa famille. À l’adolescence, le jeune exerce une plus grande autonomie face à son alimentation. Il est toutefois soumis à de nombreuses influences : les pairs, l’école, les médias et la publicité. L’alimentation des adolescents québécois se caractérise par une consommation insuffisante de fruits et de légumes. Environ le tiers d’entre eux consomment des grignotines, des boissons sucrées et des sucreries tous les jours. De plus, 31 % des adolescents mangent de la malbouffe dans un restaurant ou un casse-croûte trois fois dans une semaine scolaire.  C’est  l’école qui constitue le milieu de vie le plus fréquenté par les jeunes. La cafétéria scolaire est un lieu où les jeunes se côtoient dans un contexte souvent peu favorable aux liens sociaux. Les grandes cafétérias peuvent être bruyantes et peu propices à une expérience alimentaire positive. Depuis les dix dernières années, les actions de santé publique ont visé à créer des environnements favorables aux saines habitudes de vie. En collaborant avec de nombreux partenaires, des efforts ont été consentis pour améliorer la qualité de l’environnement alimentaire dans les écoles et les communautés. Prochainement, différentes actions seront déployées pour influencer les normes sociales reliées à la consommation de boissons sucrées.

Résumé
12 h 00
La publicité d’aliments et de boissons dans les sites Internet préférés des adolescents canadiens
Monique Potvin Kent (Université d’Ottawa)

L’obésité chez les adolescents a triplé au cours des 30 dernières années et le marketing d’aliments a été identifié comme l’un de ses déterminants. Au Canada, le marketing est surtout autoréglementé par l’industrie alimentaire. L'objectif de notre recherche est de déterminer l’exposition des adolescents aux publicités d’aliments et de boissons sur leurs sites Internet préférés et de connaître la qualité nutritionnelle des produits publicisés. Pour réaliser cette étude, des données sur l’exposition à la publicité numérique (juin 2015 à mai 2016) ont été achetées et analysées. Les 10 sites Internet les plus populaires des adolescents de 12 à17 ans ont été identifiés pour en extraire les publicités d’aliments et de boissons qui étaient présentées en bannières et dans les annonces éclair. Cette étude permet de faire ressortir le fait que les adolescents ont vu 2 624 582 publicités d’aliments/boissons sur leurs sites préférés pendant l’année examinée et que les catégories d’aliments les plus présentes étaient les gâteaux/biscuits (31%) et les céréales à déjeuner (20%). La majorité (94%) des aliments étaient classifiés comme étant malsains et avaient une teneur excessive en matières grasses totales, en gras saturés, en gras trans, en sodium et/ou en sucres libres. On peut alors conclure que l’autoréglementation ne protège pas suffisamment les adolescents.

Résumé
Dîner
12 h 30 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Discours des marques de l’agroalimentaire
Présidence/Animation : Alexandre Coutant (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
14 h 00
Tensions et arbitrages dans la responsabilité des marques alimentaires s’adressant à la jeunesse
laetitia Condamin (Université de Poitiers)

Face à la progression de l'obésité, à l'augmentation du niveau d'anxiété à propos de la santé et de la sécurité alimentaire, au
pouvoir croissant des consommateurs grâce aux échanges d'informations disponibles sur Internet, aucun dirigeant ni
manager marketing ne peut ignorer la question de sa responsabilité envers les consommateurs (De La Ville et Dreveton,
2010) lorsqu'il crée et distribue des produits alimentaires. Cet enjeu de responsabilité devient particulièrement aigu lorsque
ces produits sont consommés par les enfants et les adolescents sur une base régulière.
Nous présenterons les résultats de notre recherche, inscrite dans une démarche compréhensive (Dumez, 2013), qui avait
pour ambition de conduire les managers dans une approche réflexive sur leurs pratiques (Cristol, 2010), afin de dépasser les représentations que nous pourrions qualifier de « convenues » à propos du délicat sujet de l'éthique et de la responsabilité du marketing.

Résumé
14 h 30
Un conditionnement marketing au fun et à la transgression exploitant des vides juridiques : le cas des boissons énergisantes
Olivier Rampnoux (Université de Poitiers), Cristina Badulescu (Université de Poitiers), Valérie-Inès De La Ville (Université de Poitiers)

Le segment des boissons énergisantes constitue un segment en forte croissance sur le marché des Boissons Rafraîchissantes sans Alcool, un des secteurs les plus dynamiques de l'industrie agroalimentaire. La recherche propose une analyse sémiotique des stratégies de communication de marques comme Red Bull, Monster Energy ou Burn. Ces dernières ont élaboré une communication sophistiquée à l'adresse des adolescents qui mêle des rhétoriques discursives et visuelles entrelaçant des messages sur le plaisir sensoriel, le fun dans la socialisation avec les pairs, la résistance physique, le dépassement de ses propres limites, le sport... Ces stratégies de communication se font l'emblème des valeurs de fun et de transgression qui caractérisent les cultures adolescentes. La recherche interroge la possibilité d'une prévention sur les dangers de ces boissons décrites par le corps médical comme un cocktail de substances chimiques pouvant entraîner de nombreuses conséquences sur la santé, particulièrement si elles sont associées à de l'alcool.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 20 à 17 h 00
Panel
Table ronde sur les pratiques publicitaires des marques pour rejoindre les adolescents
Présidence/Animation : Vincent Fournier (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : Céline Paganelli (Université Paul Valery Montpellier), Viviane Clavier (Université Grenoble-Alpes), Manon Niquette (Université Laval), Marc d. David (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 00
Communications orales
Discours des jeunes et contenus de divertissement sur l’alimentation dans les médias et dans les médias sociaux numériques
Présidence/Animation : Valérie-Inès De La Ville (Université de Poitiers)
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
09 h 00
À table avec Instagram : tendances normatives de l’alimentation proposées par des adolescents et des adolescentes et des jeunes adultes
Monique Caron-Bouchard (Collège Jean-de-Brébeuf), Fanny Dessain (Université de Montréal )

Instagram est une des applications sociales les plus utilisées par les adolescents et les jeunes adultes pour diffuser des photos, de courtes vidéos, des commentaires et des appréciations sur une variété de sujets. Notre recherche explore, auprès d’instagrammeurs, les axes de production et de diffusion des photos en lien avec la thématique de l’alimentation. Notre recherche s’est intéressée aux adolescents et jeunes adultes publiant des images non pas pour représenter une marque, un produit ou un service, mais bien plutôt pour se représenter et construire leur image identitaire, bref pour se communiquer à l’autre.

Il s’avérait pertinent de cerner quelles normes se façonnent dans le domaine alimentaire, sur Instagram notamment. Quelles caractéristiques sont ici privilégiées par les adolescents et les jeunes adultes pour affirmer leurs choix alimentaires (produits, comportement, mise en scène)?

En s’intéressant aux caractéristiques des protagonistes apparaissant sur les photos, à la mise en scène de l’alimentation, à la nature des produits, au lieu de consommation et à l’étiquette posée avec la photo, il a été possible de dégager les tendances normatives de l’alimentation privilégiées par des adolescents et des jeunes adultes, et de susciter une réflexion sur la mise en valeur de certaines normes alimentaires et sur les possibilités pour la Santé publique d’intervenir dans les lieux de communication privilégiés par cette cible.

 

Résumé
09 h 30
Les émissions culinaires, symptômes des sociétés hypermodernes : étude du dispositif de quatre émissions : Les Chefs!, Un souper presque parfait, Curieux Bégin et Signé M.
Léa Franck (UQAM - Université du Québec à Montréal)

 

La recherche présentée vise à montrer en quoi les programmes culinaires sont symptomatiques des logiques hypermodernes qui traversent le champ télévisuel et plus globalement les consommations. Notre approche médiatique considère en effet la télévision comme une instance de médiation dans laquelle sont « pliées » les négociations sociales, économique et politique. Nous pensons donc que les productions télévisuelles contiennent les traces d’une certaine configuration sociale et culturelle. En définissant le contexte de production de ces émissions - la société hypermoderne - il est possible de faire ressortir trois concepts qui nous semblent primordiaux pour comprendre notre objet d’étude : l’hédonisme esthétique ; le recyclage du passé et la glocalisation. Nous proposons ensuite, par l’analyse sociosémiotique, de déconstruire les programmes pour mieux comprendre les stratégies et les logiques de production qui sont pliées dans ces émissions. Ces observations nous permettent de faire ressortir les différences dans la manière dont le dispositif encadre le culinaire. Toutefois, nous montrerons également que les interprétations tirées de ces observations nous permettent d’argumenter que, malgré leurs apparentes dissemblances, les émissions étudiées exacerbent toutes les quatre les logiques inhérentes à l’hypermodernité et au champ télévisuel.

Résumé
10 h 00
Pause
10 h 30 à 12 h 30
Communications orales
Construction des pratiques alimentaires adolescentes
Présidence/Animation : Christine Thoer (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
10 h 30
Les normes alimentaires adolescentes ou quand le monde prend forme en mangeant : retour sur l’étude AlimAdos (2007-2011) et prolongements
Véronique PARDO (CNIEL - OCHA), Nicoletta Diasio (Université de Starsbourg)

L’étude AlimAdos a consisté en une approche qualitative en anthropologie et sociologie d’adolescents français âgés de 12 à 19 ans et issus de cultures diverses ; leur environnement (scolaire et familial) a été inclus dans l’étude. Il n’y a pas une seule façon de manger, mais des multiplicités qui construisent ces mangeurs complexes adolescents.

Les jeunes sont la cible des campagnes nutritionnelles ; ils répondent à ces injonctions par une réflexivité alimentaire qui leur permet de jouer avec les normes. L’environnement familial participe largement de la différenciation des pratiques alimentaires adolescentes. Le capital économique et culturel des parents semble déterminant et les différences culturelles semblent s’estomper sous leur poids. Ces réflexions sont toutefois à nuancer selon les cultures des parents et les trajectoires migratoires.

En affirmant avoir une alimentation équilibrée, que nous disent les adolescents dont les parents ou grands-parents ont migré sur leur identité et sur la perception qu’ils ont de la société et du régime alimentaire français ? Que nous disent les adolescents en général sur leur façon de se voir dans la société ? Et qu’est-ce que ces pratiques et ces discours alimentaires aujourd’hui nous apprennent sur leur façon réelle de se nourrir et sur la façon dont évolueront leurs comportements ?

Autant de questions que le projet AlimAdos n’a pas épuisées.

Résumé
11 h 00
L’influence parentale en alimentation abordée en entrevues individuelles par de jeunes Québécois de 12 à 14 ans
Marie Marquis (UdeM - Université de Montréal), Caroline Lebel (Université de Montréal), Ariane Allaire (Université de Montréal), Marie-Claude Paquette (Institut national de santé publique du Québec), Suzanne Laberge (UdeM - Université de Montréal), Françoise-Romaine Ouellette (Institut national de la recherche scientifique), Gérald Baril (INSPQ)

Les données sont issues d’analyses spécifiques à l’influence parentale menées dans le cadre du projet « Les dimensions socioculturelles des pratiques alimentaires et d'activité physique des jeunes : une enquête qualitative auprès d'adolescents québécois de 12 à 14 ans ». Les analyses furent menées sur les verbatim de 50 entrevues dont 30 ont généré des données associées à l’introduction de photographies proposées par le chercheur en cours d’entrevues. À 12-14 ans, l’influence parentale est un déterminant de leurs choix alimentaires et la mère est une figure prédominante dans ce processus. Les jeunes abordent la division des rôles autour de l’alimentation et le rôle de modèle du parent, l’importance des conseils parentaux et de leur présence physique. Ils rapportent aussi les pratiques alimentaires parentales utilisées pour les inciter à manger ou limiter la consommation de certains aliments. Les pratiques entourant les fruits et légumes, les collations et les boissons sont rapportées. La structure familiale abordée sous l’angle du statut marital des parents, du repas en famille et de l’état de santé de membres de la famille sont aussi des déterminants d’intérêt. L’utilisation des photographies a généré des données complémentaires à l’entrevue. Des pistes de recherche aborderont des thèmes liés aux profils socio-économiques des parents, aux espaces domestiques, au chevauchement de normes sociales et à l’exploitation de la photographie en recherche qualitative.

 

Résumé
11 h 30
Pourquoi suivre un instagrammeur publiant des contenus commandités autour de l’alimentation maison
Camille Trudelle (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Instagram constitue la plateforme la plus populaire parmi les jeunes internautes. Son interface insiste énormément sur le partage de contenus visuels pouvant obtenir une importante viralité. Le thème de l'alimentation y est prégnant et de nombreux instagrammeurs diffusent leurs productions autour de mots-clic tels #faitmaison #healthy #santé #eatclean #cleaneating. Ce phénomène socioculturel ne va pas sans intéresser les marques, qui réfléchissent aux moyens d'intégrer ces contenus. L'une des formes ambiguës de leur présence concerne l'association à des comptes populaires sous la forme de placements de produits ou de partenariats plus ou moins explicités. Comment les internautes appréhendent-ils ces contenus et sous quelles conditions les acceptent-ils ? Cette communication proposera les résultats d'une étude exploratoire menée auprès d'utilisateurs québécois.

Résumé
12 h 00
La jeunesse, les réseaux et les troubles de l’alimentation : une pratique discursive d’écoute et d’écriture des sujets de l’anorexie et de la boulimie
Wedencley Alves (Université Fédéral de Juiz de Fora, Minas Gerais), Nathália Villane Rippel (Université Fédérale de Juiz de Fora)

Cette recherche a pour objectif la compréhension des textes en ligne produits par les filles qui ont reçu le diagnostic d'anorexie et de boulimie. Généralement, ces jeunes s'expriment sur des sites nomades, afin d'éviter la localisation, et elles utilisent des pseudonymes pour ne pas être identifiées. La lecture discursive de leurs récits permet de faire une cartographie des sens qu'elles attribuent aux signifiants comme le corps, la santé, le malaise, la vie, la mort et l'alimentation. Nous comprenons théoriquement que les mots et les expressions ne portent pas un sens en eux-mêmes, mais que les sens changent selon les formations discursives avec lesquelles les sujets s'identifient. La recherche a déjà révélé des aspects intéressants : en effet d'après nos observations, il est peu probable que nous puissions dire, comme le fait une compréhension courante, que ces filles suivent des modèles corporels établis par le monde de la mode ou de la communication.

Résumé
Dîner
12 h 30 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Développer (et évaluer) des interventions pour promouvoir l’appropriation des discours sur la saine alimentation et sur les pratiques culinaires
Présidence/Animation : Marie-Lou Filiatrault (Université de Montréal)
Batiment : (W) WONG
Local : (W) 1020
14 h 00
Le processus d’autonomisation des adolescents en matière de pratiques culinaires : une approche par les « parcours cheminatoires »
Valérie-Inès De La Ville (Université de Poitiers), Émilie Orliange (Université de Poitiers)

Nous cherchons à étudier une alternative aux approches d’éducation nutritionnelle ou aux classes du goût - car si ces dernières apportent des connaissances aux enfants, elles restent souvent très éloignées des sociabilités alimentaires (goûters, lunch box, cantine, etc.) que ces derniers pratiquent. En outre, elles restent éloignées de leur milieu socio-culturel, qui pourtant occupe une place primordiale en terme d’alimentation. Nous présenterons une recherche-intervention allant dans ce sens, son déploiement et son évaluation.
L’itinéraire de l’alimentation de ces adolescents a été étudié à travers les pratiques culinaires afin d’aider à contextualiser les pratiques culinaires familiales. Pratiquer la cuisine tout comme consommer sont en effet des actes banals du quotidien, souvent routiniers, incorporés et silencieux. Ainsi, les pratiques culinaires, en général et celles des jeunes en particulier, font l’objet de peu d’études et restent un élément périphérique voir secondaire en socialisation de l’alimentation dans l’étude de l’acte alimentaire.
La recherche fait ressortir des résultats qui vont permettre de présenter le développement de plusieurs « trajectoires de mise en pratique culinaire » (individuelles, dynamiques et diversifiées) passant d’une participation périphérique assistée pour aller vers une réelle autonomie dans une pratique culinaire dont les enjeux sont pleinement maîtrisés par l’adolescent. Ainsi, nous déterminons l’étendue de la Zone Proximale de Développement en matière de pratiques culinaires. La recherche aboutit par la détermination de plusieurs « styles cheminatoires » dynamiques, évolutifs et non linéaires d’adolescents dans le processus d’appropriation et d’autonomisation.

Résumé
14 h 30
Création d’un guide méthodologique pour favoriser le transfert du projet Arts de faire culinaires au collège : réflexion sur les conditions de réplication d’une expérience singulière
EMILIE ORLIANGE (Université de Poitiers)

Le programme d'éducation à la consommation alimentaire au collège « Arts de Faire Culinaires » est composé de 5 modules, regroupant plusieurs actions complémentaires autour de l'alimentation dans le but de rendre les adolescents acteurs de leur consommation par la mise en pratique. Il a pour ambition d'agir sur le climat scolaire, la réussite scolaire et développer l'esprit critique des jeunes quant à leur alimentation par la mise en pratique des « arts de faire culinaires ». Nous présenterons les résultats d'une recherche-intervention longitudinale menée pour cerner les conditions organisationnelles favorisant une appropriation par d'autres établissements scolaires français du projet pilote « Initiation aux arts de faire culinaires» pour construire un guide méthodologique heuristique permettant l'adaptation du projet à la réalité de différents types/contextes de collèges et valider scientifiquement le guide méthodologique produit dans le cadre du 1er transfert du projet en 2015/2016 dans un collège classé REP+.

Résumé
15 h 00
Silence, On cuisine : produire des capsules vidéo sur l’alimentation en secondaire 3
Christine Thoer (UQAM - Université du Québec à Montréal), Monique Caron-Bouchard (Collège Jean-de-Brébeuf), Rym Benzaza (Université du Québec à Montréal), Vincent Ouellet (École Mont-Royal)

Cette communication présente les résultats d’une recherche réalisée en partenariat avec l’école Mont-Royal sur un projet pédagogique mené dans le cadre d’un cours de sciences de 3e secondaire. Dans le cadre de ce projet visant à promouvoir la saine alimentation, les élèves produisent deux capsules vidéo : l'une sur la préparation d'un plat facile à cuisiner et l'autre sur l’analyse d’étiquettes de valeurs nutritives. Ces vidéos sont réalisées en équipe, visionnées et discutées en classe, puis partagées sur Internet. L’analyse met en évidence une forte motivation et satisfaction des élèves à l’égard du projet, de sa réalisation en équipe et des vidéos produites. Les élèves sont très nombreux à déclarer l’acquisition de compétences relatives à la production vidéo et à rapporter des apprentissages relatifs à l’alimentation. Au travers du projet, ils découvrent de nouveaux aliments et recettes dont ils intègrent les étapes de préparation. La réalisation des projets vidéo et des recettes est aussi l’occasion de nombreuses interactions en classe (notamment lors de la projection des vidéos), au sein du groupe d’amis et dans la famille. Celles-ci jouent un rôle important dans l’engagement des élèves à l’égard du projet et dans le processus d’apprentissage. Développer des projets vidéo sur l’alimentation en 3e secondaire semble ainsi très prometteur, mais l’intégration du projet dans le cadre du programme scolaire présente certains défis pour le professeur.

Résumé
15 h 30
Synthèse et conclusion
Alexandre Coutant (UQAM - Université du Québec à Montréal)