Imprimer

456 - Mise en commun sur les nouvelles réalités en itinérance au Québec : mieux comprendre pour atteindre de nouveaux sommets

Du jeudi 11 au vendredi 12 mai 2017

Le phénomène de l’itinérance au Québec suscite de plus en plus d’intérêt au plan politique. Depuis les dernières années, différentes mesures ont vu le jour afin de lutter contre ce phénomène, telles que des plans d’action municipaux et régionaux, une politique nationale et plusieurs subventions gouvernementales. Dans cette foulée, certaines activités de dénombrement des personnes en situation d’itinérance ont eu lieu, notamment à Montréal, mais elles soulèvent des questionnements quant à la façon de procéder pour appréhender ce phénomène dans toute sa complexité. Devant l’ensemble de ces actions, il se dégage une reconnaissance politique et sociale des enjeux multifactoriels de l’itinérance (MSSS, 2014; Roy et Grimard, 2006). Or, les dispositifs d’intervention ne font pas l’unanimité, vacillant entre des réponses psychologisantes et structurelles ou préventives et réactionnelles. Les actions et études entamées mettent en lumière ces différentes tensions et démontrent que l’itinérance se complexifie par la diversité de ses visages (famille, personnes âgées, jeunes, minorités sexuelles, autochtones, itinérance rurale), reflétant en cela l’émergence de nouvelles réalités encore peu documentées. Ces nouvelles réalités entraînent la mise en place de pratiques novatrices et obligent les milieux universitaires à repenser leurs approches méthodologiques, provoquant ainsi une fragmentation des travaux scientifiques. Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser les différents savoirs sur l’itinérance et en discuter. Pour ce faire, nous rassemblerons des contributions autour de trois axes de réflexion : 1) les nouvelles réalités et les nouveaux visages de l’itinérance; 2) les paradigmes d’intervention et les pratiques novatrices en itinérance; et 3) les perspectives méthodologiques et théoriques émergentes pour comprendre l’itinérance.

Lire la suite »
Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
Sue-Ann MacDonald
UdeM - Université de Montréal
Anick Desrosiers
UdeM - Université de Montréal
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 15 à 11 h 45
Communications orales
Nouvelles réalités et nouveaux visages de l’itinérance
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) W-120
09 h 14
Mot de bienvenue
09 h 15
Mise en commun sur les nouvelles réalités en itinérance au Québec
Philippe-Benoit CÔTÉ (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sue-Ann MacDonald (UdeM - Université de Montréal)
09 h 30
Itinérance et parentalité : une trajectoire sous tensions familiales et sociales
Caroline Baret (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sophie Gilbert (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La plupart des jeunes dits « de la rue » ont généralement des solutions de logement (temporaire et précaire) ; mais cela n’en reste pas moins un problème préoccupant, surtout s’ils se préparent à accueillir un nouveau-né. Notre recherche s’est intéressée au devenir parent de ces jeunes, considérant leur situation actuelle (instabilité, précarité, désaffiliation) et leur histoire familiale (maltraitance, abandon, difficultés parentales). Nous avons rencontré en entretiens semi-directifs 12 jeunes parents, à 2 reprises, fréquentant ou ayant fréquenté un organisme d’aide aux jeunes en difficulté (Dans la Rue). Nous avons effectué une analyse en profondeur des verbatim suivant une méthode inductive à deux niveaux, selon les méthodologies d’analyse thématique et d’analyse à l’aide des catégories conceptualisantes. Nos résultats concourent à appréhender la parentalisation comme un remaniement majeur de l’histoire familiale où les enjeux intrapsychiques des jeunes parents en difficulté sont de l’ordre de l’identification à leur enfant et à leurs parents. D’un côté, les jeunes parents rencontrés semblent prêter à leur enfant les mêmes difficultés qu’ils ont eux-mêmes vécues. D’un autre côté, ils s’attribueraient les mêmes défaillances que leurs parents leur ont fait vivre. L’auto-exclusion parentale ou le renoncement à son rôle de parent paraît alors une solution pour ces parents en souffrance.

Résumé
10 h 00
Enjeux du passage à la situation de rue chez les jeunes de la diversité sexuelle et de genre
Julie Duford (UQAM - Université du Québec à Montréal), Philippe-Benoit CÔTÉ (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martin Blais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La surreprésentation des jeunes de la diversité sexuelle et de genre (JDSG) parmi les personnes en situation de rue est une réalité encore peu documentée. Cette communication vise à circonscrire les enjeux du passage à la situation de rue des jeunes s'identifiant comme gais, lesbiennes, bisexuel.le.s, transgenres ou queer. Les données recueillies sont issues de 13 entrevues individuelles menées auprès de JDSG âgés de 17 à 25 ans et ayant expérimenté au moins un épisode de rue à Montréal. Les résultats préliminaires montrent que, pour ces jeunes, le passage à la situation de rue s’organise autour d’une double tension entre, d’un côté, l’attirance pour un monde social empreint d’une reconnaissance de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre et, d’un autre côté, l’obligation de quitter son milieu d’origine marqué par les préjugés et l’intimidation. Les JDSG rapportent que le passage à la situation de rue est vécu comme une fuite des conflits familiaux, des violences et du harcèlement sexuel subis en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre. Une fois en situation de rue, ces jeunes disent mettre en place différentes stratégies d’adaptation, notamment par l’intégration à la communauté LGBTQ de Montréal et la création de réseaux d’amis issus de la diversité sexuelle. Ces résultats permettent de mieux comprendre les enjeux impliqués dans les trajectoires de rue des JDSG et de repenser les pratiques d’intervention qui leur sont adressées.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45
Un phénomène émergent et méconnu : le cas de l’itinérance rurale et semi-rurale
Sue-Ann MacDonald (UdeM - Université de Montréal), Dominique Gaulin (Université de Montréal)

En s’appuyant sur une recherche menée sur le territoire de la Montérégie, cette communication propose une réflexion sur les enjeux reliés à l’itinérance rurale et semi-rurale et sur la méconnaissance de ce phénomène. Dans un premier temps, nous ferons part de notre démarche méthodologique de recherche-action, une méthodologie basée sur les connaissances de divers acteurs du milieu et des personnes touchées par l’itinérance. Dans un deuxième temps, nous dresserons un portrait des particularités associées à l’itinérance rurale. Il s’agissait d’un premier pas afin de dresser un portrait des problématiques des personnes itinérantes et de leur situation de précarité, de comprendre l’ampleur du problème, de mettre en exergue les caractéristiques de la population et de savoir comment les personnes s’adaptent aux difficultés rencontrées. Comme il n’existe pas de ressource propre aux populations en situation d’itinérance sur le territoire, la question était de savoir vers quels dispositifs les personnes peuvent-elles se diriger? Comment subviennent-elles à leurs besoins ? À travers la théorie de la reconnaissance d’Honneth, nous démontrerons comment le manque de reconnaissance a des conséquences sur la manière dont ces personnes perçoivent leur statut de citoyen ainsi que sur leurs rapports avec autrui et leur marginalisation.

Résumé
11 h 15
Le tournant SRA : quels changements dans les pratiques en itinérance?
Elisabeth Greissler (UdeM - Université de Montréal)

Cette communication propose d’interroger le changement des objectifs politiques d’itinérance ainsi que les nouveaux paradigmes mis en avant dans certains programmes. Alors que la stratégie de partenariat de lutte contre l’itinérance (SPLI) a longtemps soutenu une approche généraliste de gestion du phénomène, on préconise actuellement l’élimination de l’itinérance à travers ce que l’on appelle le « logement d’abord ». À partir d’une recherche-action menée à Laval en 2015 avec le regroupement des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIIL), notre objectif est de présenter le processus de mise en oeuvre d’un modèle commun de « stabilité résidentielle avec accompagnement » (SRA) qui repose sur un portrait inédit de l’itinérance. C’est l’occasion de mettre en lumière les particularités de l’itinérance dans une ville limitrophe de Montréal. Dans cette municipalité, l’itinérance est un phénomène peu étudié et pourtant en proie à des représentations erronées. Nous proposons également d’analyser les enjeux de ce changement de paradigme pour l’intervention communautaire en présentant un bilan des retombées du modèle commun lavallois. Pour finir, nous reviendrons sur l’expérience collective de concertation à la base de ce travail de recherche et de ce projet d’intervention, afin d’en tirer des enseignements pratiques et méthodologiques.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 30 à 15 h 45
Communications orales
Paradigmes d’intervention et pratiques novatrices en itinérance
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) W-120
13 h 30
Reconnaître les effets du colonialisme sans réifier la culture autochtone? L’intervention auprès des Premières Nations et des Inuits en situation d’itinérance au Québec
Marie-Claude Rose (Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté )

Quelles sont les pratiques d’intervention mises en œuvre auprès des Autochtones en situation d’itinérance au Québec et à quels paradigmes d’intervention se rapportent-elles? Cette communication répondra à cette question en cernant les spécificités à reconnaître pour comprendre l’itinérance chez les Inuits et les Premières nations et pour outiller les intervenants des services généraux afin de mettre en œuvre des pratiques adaptées, à savoir culturellement pertinentes et sécuritaires sans par ailleurs être « culturalisantes ». Notre propos s’appuie sur 25 entretiens réalisés auprès d’intervenants travaillant auprès des Inuits et des Premières Nations en situation d'itinérance à l’extérieur des communautés et des villages nordiques. Œuvrant dans des dispositifs situés à Montréal et dans différentes villes régionales du Québec, ces intervenants ont pour mandat spécifique de soutenir les populations autochtones ou sont amenés à les côtoyer dans le cadre d’un mandat plus large touchant différentes populations itinérantes. Ces données qualitatives seront replacées dans la littérature existante sur le sujet, notamment la surreprésentation des Inuits et des Premières nations parmi les personnes vivant l’itinérance, qui a rapidement gagné en visibilité ces dernières années, comme en témoignent les récents travaux consacrés à ces questions au Canada et au Québec sur l’itinérance dans les villes, ainsi qu’au sein des communautés des Premières nations du Québec.

Résumé
14 h 00
Le lien comme paradigme de l’intervention en itinérance : réconciliation entre les considérations sociales et psychiques
Anne-Marie Emard (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sophie Gilbert (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Une analyse qualitative à partir d’observations participantes, d’entretiens individuels semi-directifs individuels et de groupe auprès de femmes fréquentant l’organisme La rue des Femmes et des intervenantes qui y oeuvrent, a permis de mettre en lumière la fertilité d’une approche axée sur le lien. La notion de « lien » (lien à soi, lien interpersonnel, lien social) est considérée fondamentale, tant dans la compréhension de la situation actuelle de ces femmes, que dans la proposition d’une intervention adaptée à leur réalité. Nous verrons que cette notion autorise une compréhension de l’itinérance qui jumelle les dimensions individuelles (ruptures affectives) et sociétales (fragilisation du lien social). D’une part, cette notion permet de comprendre combien sous la diversité des problématiques retrouvées dans cette population se dessine un élément commun. D’autre part, la spécificité de l’intervention proposée par l’organisme donne à penser que l’emphase sur la relation au cœur de l’intervention permet non seulement d’envisager autrement la relation d’aide progressivement établie avec les femmes, mais également d’entrevoir de nouvelles voies pour l’articulation des services offerts à cette population. Les enjeux d’une approche fondée sur le lien seront ici discutés, du point de vue des services intra-organisme et au niveau des partenariats nécessaires à la modulation effective de la trajectoire de ces femmes.

Résumé
14 h 30
Pause
14 h 45
Itinérance et implication judiciaire : les meilleures pratiques et les écueils relatés par les acteurs de première ligne
Laurence Roy (Université McGill)

Cette présentation vise à décrire les perspectives des acteurs de première ligne quant aux politiques et pratiques d’intervention, légales ou organisationnelles susceptibles d’améliorer la situation judiciaire des personnes en situation d’itinérance ayant un problème de santé mentale. Six groupes d’entretien focalisés ont été menés auprès de 55 acteurs de première ligne, soit des intervenants de la santé et des services sociaux desservant la population du centre-ville de Montréal, des intervenants communautaires en itinérance, et des policiers. Les résultats de l’analyse qualitative des données obtenues ont été divisés en quatre thèmes : la représentation qu’ont les participants de la judiciarisation, les pratiques prometteuses pour réduire l’implication judiciaire, les pratiques posant problème, ainsi que les écueils systémiques gênant le travail intersectoriel de première ligne. Les résultats mettent en lumière les points de tension, de dissension et de consensus entre différents acteurs déjà engagés au confluent de l’intervention de santé, sociale, policière et judiciaire, ainsi que les pratiques à soutenir ou à développer pour mieux intervenir.

Résumé
15 h 15
Répondre aux besoins en santé mentale : pratiques communautaires novatrices de Médecins du Monde en itinérance
Anick Desrosiers (UdeM - Université de Montréal), Karine Projean (Université de Montréal)

Médecins du Monde (MdM) a mené un sondage en 2015 auprès de personnes en situation d’itinérance et des personnes qui les accompagnent afin de mieux comprendre leurs perceptions et besoins liés à la santé mentale. Les données recueillies ont permis de mieux comprendre les difficultés personnelles et structurelles qui compliquent ou empêchent l’accès aux soins de santé mentale pour les personnes qui gravitent autour de la rue, ainsi que les défis qui se posent pour les intervenant.es dans l’accompagnement des personnes vers les services à Montréal. Conséquemment, MdM a choisi de proposer des solutions innovantes, en appui et en partenariat aux services existants et sans s’y substituer. L’organisme a mis sur pied des services de soins psychologiques en dépêchant des psychologues dans les lieux que fréquentent les personnes désaffiliées. Afin de mieux comprendre les retombées de ce service, MdM s’est associé avec des chercheurs qui effectuent une recherche qualitative de type ethnographique pour rencontrer les bénéficiaires du service, les intervenants et les psychologues. Nous mettrons en contexte nos résultats en présentant Médecins du Monde ainsi que les données et analyses qui ont motivé la création des nouveaux services offerts. Nous présenterons ensuite les résultats des recherches liées aux services psychologiques. Nous pourrons alors échanger avec les personnes présentes sur le thème des pratiques soutenant la santé mentale en itinérance et répondre aux questions.

Résumé
Soir
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
5 à 7
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 160 zone cocktail
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 30 à 11 h 45
Communications orales
Perspectives méthodologiques et théoriques émergentes pour comprendre l’itinérance (Partie 1)
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) W-120
09 h 30
La judiciarisation de l’itinérance à Val-d’Or : quand le profilage social se superpose au profilage racial
Céline Bellot (UdeM - Université de Montréal), Marie-Eve SYLVESTRE (Université d’Ottawa)

À partir d’une étude ethnographique réalisée à Val d’or, articulant des données judiciaires, des observations participantes et l’analyse documentaire, l’objectif de la communication est de présenter, d’une part  la construction de l’itinérance comme un problème de sécurité publique et d’autre part,  les configurations des pratiques répressives mises en place. Cet état de situation sera une occasion de montrer comment s’ancrent les enjeux de profilages notamment en regard des populations itinérantes autochtones, les plus ciblées par les pratiques répressives.

Résumé
10 h 00
Appliquer le modèle « Stabilité résidentielle avec accompagnement » auprès des Inuit en situation d’itinérance : une expérience en émergence
Eric Latimer (Institut universitaire en santé mentale Douglas), Graham Isaak (The Open Door)

Le dénombrement de 2015 des personnes en situation d'itinérance à Montréal a confirmé que les Inuit sont fortement surreprésentés parmi la population itinérante. L’heure est à la recherche de modèles d’intervention appropriés pour cette clientèle. Depuis septembre 2016, un organisme communautaire situé dans le Sud-Ouest, The Open Door, porté par l’église anglicane Emmaüs, s’est associé au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Ile-de-Montréal pour offrir un programme pilote de type SRA (Stablilité résidentielle avec accompagnement), ou Logement d’abord, visant une clientèle principalement inuite.  Deux gestionnaires de cas à temps plein relevant de The Open Door collaborent avec un agent logement du CIUSSS travaillant deux jours par semaine, pour loger et soutenir 16 personnes.  L’objectif est de trouver des appartements correspondant aux préférences des participants et de leur offrir un supplément au loyer allant jusqu’à 500$ par mois ainsi qu’un soutien individualisé.  Le programme s’est associé étroitement à un autre programme SRA à Montréal, Toit d’abord (relevant de l’organisme communautaire Diogène), qui a beaucoup contribué à sa formation et son orientation. Des pistes pour l’avenir seront proposées.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45
Agir ensemble pour prévenir l’itinérance : retour sur le projet PARVIS
Eric Latimer (Institut universitaire en santé mentale Douglas), Graham Isaak (The Open Door), Simon Lapierre (Université d’Ottawa)

Cette communication vise à présenter le projet PARVIS, une recherche-action participative réalisée avec un groupe de sept jeunes femmes de la région de Québec, ayant vécu une situation d’itinérance. Cette étude avait initialement pour objectif de documenter les liens entre la violence vécue dans les relations intimes et les différentes violences institutionnelles et symboliques vécues par ces jeunes femmes et d’avoir ensemble pour faire la promotion de contextes sécuritaires. Si l’ensemble des participantes a rapidement montré le lien entre les violences vécues dans l’intimité et la précarité de leurs conditions de vie, certaines d’entre elles ont repositionné ces violences sur leur trajectoire de vie, ce qui les a conduites à aborder certaines expériences de violence familiale et leur séjour en centre jeunesse. Les fugues en centre jeunesse défrayant l’actualité à ce moment, ces participantes ont réfléchi sur leur propre expérience à travers ce système et ont constaté que la transition à l’âge adulte représentait un moment de grande vulnérabilité. C’est ainsi que l’ensemble du groupe a choisi de mener un projet d’action sociale visant à illustrer les conséquences de leur séjour en centre jeunesse et le manque de mesure de soutien pour effectuer la transition à l’âge adulte. Cette présentation fera un retour sur les actions entreprises par les membres du projet PARVIS de même que les suites du projet.

Résumé
11 h 15
Je ne suis pas juste un problème de santé mentale, moi! Je suis d’abord une personne!
Jacinthe Rivard (UdeM - Université de Montréal)

Dans la foulée de la politique en itinérance, si cette question fait l’objet d’un intérêt qui va en s’accroissant, l’itinérance au féminin mérite un examen attentif. Définie la plupart du temps à partir des repères connus, d’ailleurs généralement associés à l’itinérance masculine, c’est en côtoyant ces femmes de près que la singularité de leur situation s’impose. Cette présentation veut rendre compte d’une recherche participative en cours, où une vingtaine de femmes en situation d’itinérance, ou l’ayant été, co-chercheures et membre du « Comité de Reconnaissance » (CR), contribuent et éclairent l’ensemble d’un processus de recherche qui s’étend dans huit régions du Québec. Le projet de recherche travaille à documenter et à comprendre les besoins de ces femmes, mais aussi les formes d’injustices et d’inégalités vécues, les résistances et les stratégies de débrouillardise mises en œuvre, ainsi que la portée des réponses offertes. Ces réponses assurent-elles réellement la sécurité, l’intégrité, la dignité et l’égalité auxquelles elles ont droit, au même titre que les autres personnes, et tel que stipulé par la politique en itinérance ? Ainsi, conçue comme une atteinte aux droits fondamentaux, l’itinérance, particulièrement celle des femmes, appelle à des stratégies méthodologiques diversifiées. Nous discuterons des outils de cueillette de données privilégiés, du rôle des co-chercheures, membres du CR et des enjeux d’une telle démarche : avant; pendant et après.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Perspectives méthodologiques et théoriques émergentes pour comprendre l’itinérance (Partie 2)
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) W-120
13 h 30
Dénombrements et enquêtes : mieux connaître pour mieux intervenir
James McGregor (Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal), Éric Latimer (Université McGill)

Le premier dénombrement ponctuel des personnes en situation d’itinérance (D2015) s’est déroulé à Montréal le soir et dans les semaines suivant le 24 mars 2015. Plus de 1500 questionnaires remplis ont permis de décrire plusieurs caractéristiques de la population qui était en situation d’itinérance à ce moment. Le dénombrement a permis de documenter les populations surreprésentées (Autochtones et particulièrement Inuit, vétérans) et le fait que Montréal a nettement moins de personnes en situation d’itinérance que Vancouver, Edmonton et Calgary. Toutefois, la population identifiée dans des lieux extérieurs semble supérieure à celle que l’on retrouve à Toronto et Calgary. Par ailleurs, l’enquête complémentaire a mis en relief les caractéristiques de la population qui passe la nuit dans des lieux extérieurs. Ces personnes, qui sont souvent passées par des Centres jeunesse, semblent rester substantiellement en marge des services actuellement offerts. L’exercice a fourni un portrait riche des personnes en situation d’itinérance rencontrées, mais a soulevé des questionnements dans le milieu concernant celles qui n’ont pas été identifiées. Outre les personnes en situation d’itinérance cachée qui, par définition, sont presque impossibles à quantifier, le D2015 a peut-être sous-estimé le nombre de jeunes et de femmes. Alors que les préparatifs commencent pour le prochain dénombrement, il est utile de discuter s’il peut être amélioré et reconnaître ce qu’il ne pourra pas faire.

Résumé
14 h 00
Le tableau de bord : visualiser les données pour mieux les partager
Sonya Cormier (Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal (MMFIM))

L’Objectif2020 vise à sortir de la rue quelque 2000 personnes issues de l’itinérance chronique et cyclique en cinq ans. Le réseau communautaire aura accueilli, orienté, soutenu et logé de façon stable un nombre important de femmes et d’hommes qui seront intégrés dans la communauté montréalaise. Afin de compiler, publier et promouvoir les initiatives visant à loger ces 2000 personnes issues de l’itinérance chronique et cyclique sur une période de cinq ans, le MMFIM met en place un outil de collecte de données et de suivi des informations sous le nom de projet Tableau de bord. Cet outil novateur rendra compte des résultats des organismes montréalais réalisant différents programmes visant à loger et soutenir cette population. En plus de permettre la visualisation des données les plus probantes, il fera rayonner le travail de chaque organisme contribuant au portrait global de l’Objectif2020. Le Tableau de bord mettra en valeur plusieurs données probantes selon les indicateurs suivants : information sur les participants, trajectoire en itinérance, situation quant au logement, niveau de besoin d’accompagnement, intégration dans la communauté. En plus de faire valoir les résultats obtenus par les organismes qui réalisent les projets de stabilité résidentielle avec accompagnement (SRA), ce nouvel outil de visualisation des données sera utile aux acteurs montréalais en itinérance. Cette présentation mettra l’emphase sur le format et la démarche de ce projet novateur.

Résumé
14 h 30
Pause
14 h 45
L’itinérance : au-delà des chiffres
Amélie Panneton (Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal)

Le 24 mars 2015, une activité de dénombrement des personnes en situation d’itinérance se tient sur le territoire de Montréal. Elle permet de recenser une partie des individus qui fréquentent la rue et les ressources, mais peine à rendre visibles les personnes dont les circonstances s’éloignent de l’itinérance chronique. À la méthodologie de type point-in-time du dénombrement, le RAPSIM oppose donc, quelques mois plus tard, une démarche ancrée territorialement. L’exercice permet de voir que l’itinérance est constatée dans plusieurs arrondissements de Montréal, mais aussi qu’elle y est nommée comme une réalité et un enjeu par différents organismes, par les services sociaux, par la police et par les éluEs. Cette proposition s’articule autour d’un retour sur l’exercice associatif qui a permis la réalisation de ce portrait. Il s’agit de souligner l’apport d’une approche concertée, aussi qualitative que quantitative, dans la mise au jour de situations largement invisibilisées. Le traitement des réalités par quartier, en mettant à contribution le savoir expérientiel et les données des organisations communautaires, des institutions et du corps policier, constitue une méthodologie plus riche et plus nuancée que le simple dénombrement des personnes. Dans un contexte où les réponses politiques à l’itinérance sont étroitement liées aux outils proposés pour appréhender le phénomène, il est essentiel d’adopter des approches qui en reconnaissent la complexité.

Résumé
15 h 15
Le jeu du chat et de la souris : la traçabilité des personnes itinérantes à l’épreuve du terrain
Dahlia Namian (Université d’Ottawa)

Dans le cadre de la politique du Logement d’abord, des équipes d’intervenants mobiles ont été mises sur pied un peu partout au pays pour faciliter l’accès et le maintien en logement des personnes en situation d’itinérance. En me basant sur les données d’une démarche d’observation directe actuellement en cours au sein de deux équipes mobiles œuvrant dans le cadre d’un programme basé sur une approche Logement d’abord (à Gatineau et à Ottawa), je mettrai au jour une épreuve rencontrée quotidiennement par les intervenants dans leur travail et qui met en porte à faux ces outils de traçabilité et de vigile statiques. L’une des tâches centrales de leur travail consiste à chercher, repérer, trouver les personnes faisant partie de leur caseload, et ce même une fois logées. Que ce soit en sillonnant la rue, en laissant des messages sur le babillard des refuges, en sonnant chez elles, en se rendant aux organismes fréquentés, ou en appelant les services de détention, une grande part de leur « clientèle » - celle qui est précisément ciblée par le Logement d’abord - leur échappe continuellement; se rapprochant, selon leur expression, du « jeu du chat et de la souris ». L’expression «MIA» est également utilisée fréquemment et informellement par les intervenants à Ottawa pour déclarer qu’une personne est introuvable. Cette communication visera donc à réfléchir à cet enjeu d’invisibilité en regard des initiatives politiques de dénombrement et de traçabilité des personnes itinérantes. 

Résumé
15 h 45
Bilan, réflexions et perspectives futures pour comprendre, prévenir et enrayer l’itinérance au Québec
Sue-Ann MacDonald (UdeM - Université de Montréal), Philippe-Benoit CÔTÉ (UQAM - Université du Québec à Montréal)