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432 - Entre marché, État et société civile : explorer la nature paradoxale des organisations hybrides

Ce colloque propose d’explorer les organisations dites hybrides à partir d’une perspective communicationnelle. De manière générale, les organisations hybrides sont définies comme des assemblages hétérogènes, caractérisés par une pluralité d’idéaux types, de cultures, de mécanismes de coordination, de rationalités ou de logiques d’action (Brandsen et Karré, 2011; Karré, 2011). Ces organisations sont bien souvent localisées à la frontière des trois secteurs propres à la société, à savoir les secteurs public, privé et civil. Cette rencontre intersectorielle produit un certain nombre de tensions; de fait, la combinaison de valeurs contradictoires peut générer paradoxes et conflits difficiles à manœuvrer (Ciesielska, 2010).

Pour une bonne part, la recherche sur les organisations hybrides a cherché à résoudre ces tensions, tendant à aborder cette résolution en termes binaires, soit comme un choix entre des pôles opposés. Par exemple, dans le cas des OBNL, le choix s’opère entre la logique de marché et la mission non lucrative de l’organisation (Sanders, 2015). Ce raisonnement, basé sur un mécanisme de sélection, conduit souvent à la promotion d’une des logiques au détriment de l’autre (Putnam et al., 2016). Au contraire, dans ce colloque, nous proposons d’explorer les tensions qui émergent du croisement des logiques des secteurs publics, privés et civils comme étant constitutives des organisations hybrides. En ce sens, nous ne cherchons pas à les résoudre, mais plutôt à en rendre compte afin d’explorer la nature paradoxale des organisations hybrides (Hardy, 1991 ; Hardy et al., 2003, 2014 ; Trethewey et Ashcraft, 2004). Cela permet in fine de comprendre comment les acteurs organisationnels vivent, conçoivent et manœuvrent à travers ces tensions dans leurs pratiques quotidiennes.

L’objectif de ce colloque est donc d’explorer la contribution d’une approche constitutive des tensions, ancrée dans une analyse de la communication, pour la compréhension de l’hybridation des organisations. Pour ce faire, nous explorerons trois axes : 1) terminologie, définitions et acceptions de « l’hybridation organisationnelle »; 2) apports des approches communicationnelles pour l’étude de l’hybridation organisationnelle; et 3) approches, outils et stratégies méthodologiques pour étudier les organisations hybrides.

Outre ses apports en matière d’avancement des connaissances, cette approche a de claires implications pratiques qui permettent d’outiller les praticiens à reconnaître et à « saisir » les tensions émergeant de ces contextes, et à les concevoir comme étant productrices. C’est pourquoi nous voulons créer un espace de réflexion et de discussions entre les praticiens et les chercheurs, où nous souhaitons privilégier des analyses de cas d’organisations hybrides.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
UCL - Université catholique de Louvain
Sophie DEL FA
UQAM - Université du Québec à Montréal
École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
UCL - Université catholique de Louvain
Christel Christophe
UCL - Université catholique de Louvain
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Avant-midi
08 h 30 à 10 h 15
Communications orales
Mot de bienvenue, présentation générale du colloque et conférence d’introduction
Présidence/Animation : Consuelo Vasquez (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
08 h 30
Mot de bienvenue
09 h 00
Analyser des logiques d’action qui se contredisent : une approche communicationnelle
François Cooren (UdeM - Université de Montréal)

François Cooren (Ph.D., Université de Montréal) est professeur de Communication à l’Université de Montréal. Ses travaux ont notamment été publiés dans Academy of Management Annals, Human Relations, Management Communication Quarterly, Organization, et Organization Studies. Ses intérêts de recherche se déclinent selon trois sous-champs de la communication : la communication organisationnelle, l’étude des interactions sociales et, plus généralement, les théories de la communication. Il a été président de l’Association internationale de la communication (2010-2011) et, aujourd’hui, membre actif de cette association.

Résumé
09 h 45
Période de questions
10 h 00
Pause
10 h 15 à 12 h 00
Communications orales
Hybridation organisationnelle et tensions
Présidence/Animation : Viviane Sergi (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
10 h 15
Tensions et subjectivités dans les organisations pluralistes : le cas de l’Office national du film
Joelle Basque (UdeM - Université de Montréal), Linda Rouleau (HEC Montréal)

Diverses tensions traversent les organisations culturelles, que ce soit entre les logiques de gestion et production artistique, entre éducation et finances, ou encore entre production artistique et marketing. Ces tensions ont généralement été étudiées en essayant de comprendre les processus à partir desquels elles sont définies ou en montrant comment les acteurs les résolvent. Notre position est différente. Nous nous intéressons aux pratiques discursives des acteurs pour mieux comprendre comment, par ce qu’ils écrivent, ce qu’ils commentent et ce dont ils discutent, ils contribuent à la production et à la reproduction de ces tensions. Cela nous permet d’approfondir notre connaissance de la dimension constitutive de ces tensions. Au cœur de ces tensions se trouvent les subjectivités des acteurs, que l’on peut définir comme étant des identités et des agentivités sociales construites discursivement en contexte (Laine & Vaara, 2007). Nous suggérons que les acteurs, plutôt que de tenter d’atténuer les tensions dans le milieu culturel, notamment à l’aide de processus de régulation identitaire, peuvent utiliser la construction des subjectivités pour envisager le changement stratégique autrement. Pour conduire cette étude, nous avons observé les deux premières années d’une nouvelle équipe de direction dans une organisation pluraliste, l’Office national du film du Canada (ONF).

Résumé
10 h 30
Hybridité dans les organisations artistiques : nouveau regard sur les logiques d’action qui parcourent les milieux artistiques québécois
Guillaume Sirois (Université McGill), Guy Bellavance (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Cette communication explore l’hybridité organisationnelle telle que nous l’avons observé dans le cas de jeunes entreprises artistiques à Montréal. Ni tout à fait organisation à but non lucratif, ni tout à fait entreprise privée, ces organisations se développent autour de trois logiques d’actions : les logiques artistiques, qui sont centrées sur le développement de propositions artistiques originales et les préoccupations esthétiques, formelles et thématiques qui s’y rattachent ; les logiques commerciales axées sur le développement d’un produit ou un service artistique qui trouvera éventuellement sa place dans un marché ; et enfin les logiques sociales qui poussent certains artistes à envisager leurs œuvres comme une réponse possible à un ensemble de problématiques sociales (par ex. l’exclusion et la marginalisation). Ainsi, notre communication propose que les logiques d’action qui animent les organisations hybrides dans le milieu des arts diffèrent légèrement de celles proposées par les organisateurs du colloque. Nous avons observé ces logiques d’action à travers les discours portés par les promoteurs de ces organisations. Cela nous permet d’analyser deux types de tensions qui naissent de la nature hybride de ces organisations. D’abord, des tensions internes qui peuvent surgir dans l’articulation de ces différentes logiques d’action, mais aussi des tensions externes qui apparaissent dans la relation que les organisations hybrides entretiennent avec le milieu culturel.

Résumé
10 h 45
Période de questions
11 h 00
L’hybridation organisationnelle en entrepreneuriat social : des paradoxes à la pratique réflexive
Isabeau FOUR (CÉRSÉ), France Lavoie (Collège Rosemont), Maricarmen Merino Merino (Collège Rosemont), Olivier Corbin-Charland (Centre d’étude en responsabilité sociale et écocitoyenneté, Collège de Rosemont)

Les 20 dernières années ont vu les initiatives d’entrepreneuriat social se multiplier. Toutefois, le démarrage d’une entreprise et sa pérennisation sont des processus difficiles. Or, la mise en œuvre d’une entreprise sociale s’avère peut-être même plus complexe que celle d’une entreprise « classique » car, ces entreprises sont traversées par une tension entre leur mission sociale et la création de valeur économique propre à toute entreprise. Cet assemblage hétérogène, caractérisé par des logiques contradictoires fait de facto des entreprises sociales des organisations hybrides. Les résultats d’une recherche empirique menée au Québec donnent à penser que cette tension se répercute sur le choix de la forme juridique, choix influencé par des considérations éthiques et ayant un impact important sur l’organisation. Ce choix peut notamment prendre la forme de structures hybridant également différentes formes juridiques. Dans le cadre de cette recherche où étaient sondés des entrepreneurs sociaux, nous proposons de nous pencher plus spécifiquement sur ces structures hybrides et sur les préoccupations de ces entrepreneurs qui sont amenés à jongler avec plusieurs types de logiques et de principes avec la crainte, souvent présente, de voir les valeurs initiales du projet se diluer. Certains voient émerger une redéfinition des structures actuelles et l’émergence d’innovations alors que d’autres craignent que cette hybridation conduise au renforcement des cadres institutionnels actuels.

Résumé
11 h 15
L’hybridation discursive dans la communication sur la responsabilité sociétale des entreprises : le cas des banques « engagées »
Amaia ERRECART (Université Paris 13 - Sorbonne Paris Cité, LabSIC), Andrea Catellani (UCL - Université catholique de Louvain)

Notre présentation vise à explorer les discours institutionnels de deux banques dites « durables », « responsables » et « engagées », la banque Triodos et le Crédit coopératif français. Ces institutions financières, empruntant à la fois au mouvement coopératif et au monde marchand, semblent croiser et hybrider les discours et les systèmes de valeur de différentes « cités » (dans le sens de Boltanski & Thévenot, 1991), notamment la cité civique et la cité marchande. Les discours institutionnels sont certainement le lieu de différentes « activités » linguistiques : le lissage, l’élimination (ou la prévention) des conflits, la légitimation (Krieg-Planque & Oger 2010, p. 94). Dans ce cadre, nous voulons approfondir grâce à une analyse sémio-linguistique les modalités discursives qui manifestent – et opèrent en même temps – cette hybridation supposée comme hypothèse de départ de notre enquête. Comment le discours verbo-visuel (textes et images) construit-il des formes de gestion rhétorique de la coprésence de différentes valeurs et valorisations, de différentes logiques ? Nous procédons donc à une analyse sémiotique et discursive de documents écrits numériques produits par la banque Triodos (version francophone) et par le Crédit coopératif français.

Résumé
11 h 30
Période de questions
11 h 45
Discussion
Dîner
12 h 00 à 13 h 15
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 15 à 15 h 15
Communications orales
Hybridation organisationnelle et paradoxes
Présidence/Animation : Sophie DEL FA (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
13 h 15
Hybridité organisationnelle en tension : bénévolat, marchandisation et mission sociale
Frederik Matte (Université d’Ottawa), Consuelo Vasquez (UQAM - Université du Québec à Montréal), Kirstie McAllum (UdeM - Université de Montréal)

Cette communication tente de mieux comprendre comment s’articulent, au sein des organismes sans but lucratif (OSBL), les logiques d’actions à l’œuvre, logiques qui s’arriment très souvent de manière contradictoire et en tension. Plus particulièrement, nous proposons de questionner la transformation du bénévolat à la lumière des dynamiques que génèrent ces tensions. En effet, il semble que plusieurs OSBL privilégient maintenant une approche davantage affairiste où l’aspect managérial s’avère central, avec en prime, une logique marchande encourageant la performance, la rentabilité et l’efficacité (Weisbrod, 1998). De sorte que ce qui pouvait historiquement représenter la tendance de plusieurs OSBL, avec en tête une approche mettant l’accent sur la coopération, l’entraide et la solidarité, s’est vu confronté au fil des années à des forces antinomiques atténuant ces valeurs détenant auparavant le haut du pavée (McCully, 2000 ; Toepler, 2005, 2006.) L’environnement à la fois social, organisationnel et politique des OSBL semble avoir fait naitre plusieurs tensions, contradictions et paradoxes avec lesquels les principaux acteurs organisationnels doivent composer au quotidien. Quelques chercheurs ont ainsi soulevé des inquiétudes quant aux dérives potentielles tendant vers une marketisation (Salamon,1997) tous azimuts du secteur à but non lucratif, ou à tout le moins, favorisant une logique binaire où un seul choix entre libre marché et mission sociale subsisterait.

Résumé
13 h 30
Gérer les tensions normatives dans et entre les organisations hybrides : vers une intégration des économies de la grandeur et l’analyse des paradoxes
Jean-Pascal Gond (Cass Business School, City, University of London), Christiane Demers (HEC Montréal), Valérie Michaud (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Bien que les tensions et paradoxes auxquels sont confrontées les organisations hybrides comportent souvent une dimension morale, ce volet moral a rarement été étudié empiriquement ou théorisé dans les travaux consacrés à l’étude des paradoxes. Les théoriciens des Économies de la grandeur (ou théorie des Conventions), par contre, ont développé une grille d’analyse sophistiquée pour expliquer comment des acteurs tiennent compte simultanément de plusieurs univers moraux dans leurs interactions ordinaires, mais ils n’ont pas analysé l’ensemble des réponses que ces acteurs, ou les organisations hybrides elles-mêmes, peuvent mobiliser pour gérer ces tensions. Cette communication s’appuie sur les contributions de la perspective des paradoxes et des Économies de la grandeur pour développer un nouveau cadre d’analyse intégrateur qui combine les forces de chacune de ces perspectives. Ce cadre intégrateur vise à clarifier la façon dont les organisations hybrides peuvent prendre en considération la dimension normative de la gestion des paradoxes et offre une conceptualisation de la façon dont les acteurs dans ces organisations traitent les tensions impliquant des valeurs morales. Nous présentons une illustration empirique de notre cadre et discutons son potentiel pour de futures recherches.

Résumé
13 h 45
Période de questions
14 h 00
Étudier l’hybridation organisationnelle par le prisme des publics : le cas d’une association de solidarité internationale
Sandrine ROGINSKY (UCL - Université catholique de Louvain), Christel Christophe (UCL - Université catholique de Louvain)

À partir de l’analyse d’une association à la recherche de ses publics, nous interrogeons la nature même de l’organisation et la manière dont celle-ci est configurée, au moins en partie, par les publics tels qu’elle se les représente. Nous montrons également comment les représentations des publics sont elles-mêmes le produit de logiques contradictoires qui animent l’association. Ce faisant, nous proposons de discuter la notion d’hybridation organisationnelle à partir des discours portés par ses membres sur les publics de l’association. Nous voudrions ainsi (1) montrer comment la notion de public participe à penser scientifiquement et pratiquement l’hybridité organisationnelle, (2) en s’attachant aux significations que les acteurs donnent à leurs publics qui leur permettent de composer avec des logiques de fonctionnement hétérogènes et contradictoires. Par ailleurs, la relation que l’association cherche à construire avec ses différents publics repose en grande partie sur des supports d’information. Les publics existent en effet dans et par un dispositif composé d’acteurs non humains (magazines et autres supports d’information), de pratiques qui leur sont liées, de représentations et de discours, que nous prenons en compte dans l’analyse car ils nous permettent, méthodologiquement, de mieux comprendre les significations associées aux publics par le biais de l’analyse de leur identification dans les discours et textes organisationnels.

Résumé
14 h 15
L’étude des paradoxes inhérents de la RSE avec une approche constitutive

Le concept de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) renvoie à l’intégration simultanée des dimensions économiques, sociales et environnementales dans la gestion des activités des entreprises. En élargissant leur champ d’action aux dimensions non marchandes, les entreprises endossent des tâches qui auparavant incombaient exclusivement à l’État. Étant donné l’interdépendance des acteurs économiques, politiques et de la société civile dans son ensemble, certains problèmes sont si complexes que ni un Etat, ni une entreprise n’est en mesure d’y apporter des solutions en tant qu’entité isolée.

La RSE est une notion par essence paradoxale car elle tend à concilier simultanément trois dimensions opposées. De même, les paradoxes sont concomitants de la diversité des acteurs puisque chacun aura des visions et des interprétations divergentes qui peuvent se révéler conflictuelles. Si des recherches sur les paradoxes de la RSE ont déjà été menées, elles n’ont pas pris en compte la notion constitutive de la communication qui permet de rendre compte des pluralités des discours des divers acteurs impliqués.

La présente contribution a pour objectif de présenter les premières étapes d’une recherche en cours. Se situant à l’intersection de l’approche constitutive des paradoxes et l’approche constitutive de la RSE, il s’agira surtout d’explorer les implications théoriques de la combinaison de ces deux courants pour l’étude des paradoxes inhérents à la RSE.

Résumé
14 h 30
Période de questions
14 h 45
Discussion
15 h 00
Pause
15 h 15 à 17 h 00
Communications orales
Frontières organisationnelles, acteurs et pouvoir
Présidence/Animation : Joanne Jojczyk (UCL - Université catholique de Louvain)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
15 h 15
Des espaces de rencontres touristiques hybrides : les touristes bénévoles en tant que « passeurs de frontières » organisationnels
Kirstie McAllum (UdeM - Université de Montréal)

À la suite de la constatation des effets nuisibles que peut entraîner le tourisme de masse, le secteur touristique s’est mis à développer des alternatives plus durables telles que le tourisme bénévole. Selon ses défenseurs, il encourage le dialogue avec les communautés d’accueil. Selon ses critiques, les bénévoles instrumentalisent l’expérience et positionnent les membres des communautés hôtes comme un « Autre ». La littérature renforce un choix binaire entre deux modèles organisationnels opposés, soit un modèle axé autour d’une logique de partenariat, soit un modèle basé sur une logique de consommation hyper-individualisée. Cependant, l’émergence de partenariats intersectoriels entre gouvernements, entreprises et organisations non gouvernementales a généré une hybridation organisationnelle qui rend des conceptualisations dualistes intenables. Dans chaque cas, la tension consommation-contribution civique est inhérente. Cette tension crée chez les touristes bénévoles un statut ambigu, remis en question et négocié sur le terrain : s’engagent-ils pour eux-mêmes, la communauté, l’ONG ou leur gouvernement ? En tant qu’individus qui doivent gérer de multiples appartenances, les touristes bénévoles peuvent choisir de privilégier une appartenance, osciller, ou les intégrer. Pour explorer ce travail de passage, le cadre théorique mobilise la notion de frontière, non pas dans le sens d’un point de disjonction, mais comme un espace partagé par des membres de mondes sociaux distincts.

Résumé
15 h 30
La négociation des frontières de l’organisation à travers le dialogue stratégique
Nicolas Bencherki (State University of New York at Albany), Viviane Sergi (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM ), Consuelo Vasquez (UQAM - Université du Québec à Montréal), François Cooren (UdeM - Université de Montréal)

Cette étude propose d’étendre la réflexion sur le dialogue stratégique en montrant que ce dernier ne se limite pas à intégrer ou altérer les structures organisationnelles existantes. La stratégie permet aussi de négocier les frontières mêmes de l’organisation, en distinguant ce qui est « matière à préoccupation » pour l’organisation de ce qui ne l’est pas. Ces préoccupations participent à l’élaboration de l’action organisationnelle, même si elles semblent concerner l’environnement de l’organisation. Ce faisant, le dialogue stratégique permet de combiner plusieurs préoccupations hétérogènes, provenant de plusieurs personnes et collectifs (organisations, gouvernements, quartier, etc.) pour constituer une nouvelle organisation. Cet article se concentre particulièrement sur un extrait d’une journée de réflexion organisée par une association, à laquelle participaient une trentaine de personnes de tous horizons, dont des représentants d’organismes partenaires, de fédérations et tables de concertation en tous genres. Pour ce texte, nous analyserons le détail de leurs conversations lors du retour en plénière réalisé pendant la journée de réflexion, après que les participants ont discuté des enjeux de l’organisme en petits groupes, en demandant pour chaque intervention : situe-t-elle la préoccupation qu’elle verbalise au sein de l’organisme ou ailleurs ?

Résumé
15 h 45
Période de questions
16 h 00
La diplomatie parallèle des groupes de réflexion (think tanks) français internationalistes : les propriétés capacitantes de l’hybridité organisationnelle
Lucile Desmoulins (Université Paris-Est), Huang Zhao (Université Paris-Est)

À travers des effets de cadrage médiatique et de diffusion de référentiels, la diplomatie parallèle est associée aux yeux du grand public à des pratiques mystérieuses, voire douteuses. Elle fait l’objet de critiques par les diplomates, en tant qu’elle risque de court-circuiter leurs propres actions. En sciences politiques, les rencontres en marge de la diplomatie officielle prises en charge par des organisations de la société civile sont analysées comme participant au soft power des États-nations, des vecteurs de pacification des relations internationales et de mondialisation de l’économie. Au sein des sociétés civiles, certains think tanks figurent parmi les acteurs de la diplomatie parallèle, notamment en France. La forme organisationnelle des think tanks français varie éminemment, mais tous se caractérisent par leur caractère hybride entre entreprises de conseil, ONG militantes, cellules administratives de prospective, clubs politiques, lobbies et laboratoires universitaires. Cette hybridité favorise les carrières dites en revolving doors et la « capacité » (Grant, 1991 ; Sen, 1999) de « navigation » (Pelletier, 1995) inter-organisationnelle de certains « think tankers », d’où la contribution-clé des think tanks aux activités diplomatiques parallèles : porte-parolat et traduction au service des positions officielles et des intérêts économiques français, ou encore mise en contact des représentants de pays, partis, ONG ou entreprises qui ne se fréquentent pas officiellement.

Résumé
16 h 15
Analyse des organisations hybrides à travers l’approche foucaldienne de Thomas et Hardy sur l’intensification du pouvoir
Christelle Sukadi Mangwa (Université de Lubumbashi )

L’objectif de cette recherche est d’analyser et comprendre les organisations hybrides à travers l’approche foucaldienne de Thomas et Hardy sur l’intensification du pouvoir. Selon cette approche, nous considérons qu’il existe des jeux de pouvoir entre les acteurs au sein de l’organisation. Et le discours (la logique) dominant est celui qui est intensifié à travers l’objectivation c’est-à-dire l’existence d’objets concrets qui le matérialisent et la subjectivation c’est-à-dire la présence d’acteurs qui portent, relaient et agissent en faveur du discours. Le discours dominant est en permanence en confrontation avec des discours alternatifs (d’autres logiques) qui peuvent à leur tour être intensifiés. C’est à travers le cas d’une ONG de développement basée en République Démocratique du Congo que nous avons décidé d’observer ce phénomène. Cette organisation, pour des besoins d’auto prise en charge sur le plan financier, a mis sur pied des AGR (Activités Génératrices de Revenus) permettant d’organiser des formations pour les jeunes dans diverses communautés. Ceci a conduit à la naissance d’une nouvelle logique portée sur le lucre. Cette dernière est en tension avec la logique première de service rendu bénévolement à la communauté. Par le biais d’une étude critique des discours, nous analysons à travers cet article, comment les interactions communicationnelles et les jeux de pouvoir ont fait naitre et évoluer les logiques au sein de l’organisation hybride.

Résumé
16 h 30
Période de questions
16 h 45
Discussion
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 30 à 10 h 00
Communications orales
Activité hors les murs : Les enjeux et défis des organisations hybrides – Des renseignements seront communiqués par le comité organisateur
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
10 h 30 à 12 h 15
Communications orales
Méthodologies pour l’étude des organisations hybrides
Présidence/Animation : Marie-Claude Plourde (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
10 h 30
Les apports des approches pragmatistes dans la construction d’un cadre épistémologique pour l’étude de l’organisation émergente à l’épreuve de l’hybridité
Christel Christophe (Université Catholique de Louvain (UCL) )

Dans le cadre d'une recherche doctorale sur l’entrepreneuriat social, nous étudions le cas d’un incubateur pour entrepreneurs sociaux bruxellois financé par les fonds FEDER et résultant d’une relation multi-acteurs. L’hybridité caractéristique de notre terrain est percevable dans la confrontation tant des modèles économiques, des outils et pratiques que des modes de gouvernance des projets. Situant nos travaux dans une approche pragmatiste, nous proposons une réflexion épistémologique sur les apports des différents modèles théoriques se référant directement ou indirectement au pragmatisme américain. En croisant notre compréhension de la pragmatique de Peirce avec les apports de Dewey sur la « théorie expérimentale de la connaissance » (1906), de Mead, Strauss et Becker sur les « mondes sociaux » (Cefaï, 2015), de Boltanski & Thévenot (1991) sur les « compétences » morales et cognitives (Hoarau & Boltanski, 1992) ou encore de Latour (2007) sur la notion de « controverse », nous proposons de dégager le concept de « connaissance » comme une entrée analytique centrale dans l’étude des phénomènes sociaux. Entendu au sens d’une « activité pratique » (Dewey, 2014), nous proposons de réfléchir à la valeur du concept de « connaissance » pour l’étude des organisations hybrides en postulant que l’épreuve de l’hybridité est gérée au sein de processus sociaux dynamiques producteurs de connaissances qui participent à la définition d’un répertoire de règles pour l’action collective.

Résumé
10 h 45
Tension des cultures organisationnelles dans les organisations hybrides : proposition d’une méthodologie d’observation
Elise Le Moing - Maas (IHECS - Institut des Hautes Études des Communications Sociales)

Nous concevons l’hybridité comme une question de gouvernance composée de groupes aux intérêts contradictoires au sein d’une même organisation (Putman et al, 2016). C’est le cas de notre terrain, le groupe hospitalier Paris Île-de-France Ouest (GH HUPIFO) qui présente des rationalités, des logiques d’actions, des cultures organisationnelles différentes voire en opposition. Or dans ce contexte singulier, il nous semble que ces cultures entrent en tension et participent chacune au développement de référentiels de comportements propres et pas forcément cohérents entre eux, aussi bien à un niveau situé qu’à un niveau processuel et symbolique (Bouillon et al, 2007), dans le sens que leur donnent les acteurs (Weick, 2006). Lors de cette communication, nous analyserons les particularités du mode de gouvernance hybride du groupe hospitalier HUPIFO et la mise en place d’un « projet managérial », mise en mots des tensions du management intermédiaire du groupe. Pour ce faire, nous appliquerons une « méta-méthodologie » qui permet de penser les cultures organisationnelles dans leurs multiples dimensions, sociale, organisationnelle, symbolique... Elle s'appuie sur les approches terrains développées par l'ethnométhodologie (Garfinkel, 1967) et a pour cadre la sociologie de la régulation (Reynaud, 1988; de Terssac, 2003) et les approches communicationnelles des organisations (Bouillon et al, 2007). Par cette analyse, nous tenterons de faire le lien entre cette méthodologie et l’approche CCO.

Résumé
11 h 00
Période de questions
11 h 15
Les tensions constitutives des organisations hybrides : l’implantation d’une méthodologie de recherche ouverte en innovaiton (living lab) amie des aînés
Dany Baillargeon (UdeS - Université de Sherbrooke), Hélène Bruneau (UdeS - Université de Sherbrooke)

Notre proposition met en lumière les tensions constitutives d’un laboratoire vivant ami des aînés (LVADA) en cours d’implantation dans un centre hospitalier universitaire. Ancrée dans le paradigme de l’innovation ouverte (Chesbrough & al., 2008), la méthodologie laboratoire vivant (living lab) met en relation chercheurs, représentants des secteurs public et privé et citoyens afin de créer des solutions innovantes à des problématiques complexes (ex. vieillissement) (Dubé & al., 2014). À travers un partage mutuel de connaissances et d’expériences autour d’un but commun, ce mode d’organisation hybride suppose également de maintenir les intérêts de chaque acteur, ce qui vient avec son lot de tensions. À partir d’une analyse des figures (Cooren, 2013) animées dans des textes et des discours émanant de réunions et de séances de travail du LVADA, nous exposons différentes tensions constitutives de type apprentissage/appartenance (Smith & Lewis, 2011) et démontrons l’entrelacement des tensions propres au LVADA : celles émanant de la culture de recherche, puis celles provenant de l’engagement des parties prenantes. En réponse à ces tensions, nous présentons le modèle dynamique de structuration du LVADA, qui organise les activités selon trois espaces d’action : fédération, inspiration, transformation.

Résumé
11 h 30
Le dispositif méthodologique à la rencontre de l’organisation hybride : saisir la réorganisation des actions des collectifs d’une ONG au travers d’une plateforme numérique

Cette communication portera sur l’approche, au travers d’un dispositif numérique, de la réorganisation des collectifs d’une organisation en changement. Nous reviendrons plus particulièrement sur le dispositif méthodologique élaboré pour aborder une organisation hybride, Greenpeace Belgique, au travers de Greenwire, dispositif numérique mis en place pour réorganiser l’action de ses collectifs. La plateforme est prise comme point d’entrée pour saisir la rencontre des diverses catégories d’individus actifs pour l’organisation – salariés et volontaires – en accordant une attention particulière à leurs discours. Nous présenterons le dispositif méthodologique que nous avons construit pour aller à la rencontre d’une organisation complexe, de ses individus et de la plateforme numérique. Nous élargissons donc le « répertoire des acteurs dans l’organisation de sorte à saisir l’action des non-humains dans les tensions – et donc la sociomatérialité des tensions » (Michaud, 2011 : 50) pour accorder une attention aux discours des acteurs tels qu’ils se manifestent et dans les observations et entretiens ethnographiques, et sur la plateforme. Nous reviendrons enfin notre posture d’observatrice (de participante à non-participante) pour approcher l’organisation à ses différents niveaux, organisation que nous percevons « non pas comme un lieu figé où la structure formelle agit comme une contrainte, mais comme un lieu en mouvement » (Husser, 2010 : 33).

Résumé
11 h 45
Période de questions
12 h 00
Discussion
Dîner
12 h 15 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 30 à 16 h 30
Communications orales
Analyse et écriture des organisations hybrides
Présidence/Animation : Christel Christophe (Université Catholique de Louvain (UCL) )
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 110
13 h 30
Saisir la constitution d’un projet participatif et culturel
Joanne Jojczyk (UCL - Université catholique de Louvain)

Cette proposition de communication vise à interroger l’engagement de deux chercheures sur le terrain de leurs recherches doctorales respectives. Celles-ci étudient notamment le développement de deux projets émergents : l’un dans le secteur des ONG environnementales (Greenpeace Belgique) et l’autre, dans le secteur culturel (Mons 2015, Capitale européenne de la Culture). La méthode d’observation qui relie les chercheures est l’ethnographie multi-située. À cette différence près que la posture de l’une est, en partie, participante (participation observante : Soulé, 2007 ; Blondeau, 2002) tandis que la seconde est une observation non-participante (avec un suivi des acteurs en filature : Brummans, Groleau & Vásquez, 2012 ; Czarniawska, 2008 ; Vásquez, & Meunier, 2008 ; McDonald, 2005). Nous reviendrons sur l’intégration et l’entrée sur les terrains et mettrons en dialogue les choix méthodologiques initiaux avec l’expérience vécue durant la collecte de données. Ces éléments peuvent, en effet, amener le chercheur à repenser sa posture. Cette communication permettrait dès lors de croiser les regards et de proposer des pistes de réflexion sur les méthodes adoptées au cours d’une ethnographie multi-située.

Résumé
13 h 45
Explorer la dimension organisationnelle de la communication d’un organisme gestionnaire d’atelier d’artiste avec le concept de la « gouvernance artistique locale »?
Mélanie Courtois (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Cette communication présente le caractère hybride d’un organisme gestionnaire d’ateliers d’artistes (GAA). Un GAA a dans son « ADN » une tension qui représente un défi majeur à son fonctionnement : agir dans un secteur concurrentiel (la gestion immobilière) pour rendre un service à une population vulnérable face au marché (les artistes). Les stratégies de légitimation du caractère atypique du GAA semblent organiser cette tension de manière à créer un « design » d’action efficient (Smith & Lewis 2011), appréhendé en termes de capacité à élaborer des projets et partenariats innovants. Ces projets font intervenir des acteurs issus des secteurs public, privé ou encore des milieux artistique et communautaire mais aussi des éléments non humains, comme des instruments de l’action publique. Dans de tels processus de coordination locale d’acteurs et de ressources, les actions du GAA jouent un rôle particulier puisqu’elles agissent sur l’inscription sociale, spatiale et identitaire de l’artiste (Billier 2011 ; Bain 2005 ; Sjoholm 2014). Il est alors pertinent d’explorer comment les stratégies de cet organisme hybride, qui visent à faire (re)connaître sa spécificité, organisent son action. L’hypothèse explorée est d’ouvrir la « boîte noire » des trajectoires du GAA grâce au concept de la « gouvernance artistique locale », entendue comme les processus urbains de coordination en faveur du soutien aux artistes dans lesquels interviennent des éléments de différentes ontologies.

Résumé
14 h 00
Analyser l’activité de travail des cadres : un outil pour appréhender les tensions inhérentes à l’hybridation des organisations associatives? Le cas des MJC
Bastien Pereira Besteiro (Centre Max Weber (UMR 5283))

Le paysage associatif français connait aujourd’hui d’importantes transformations. L’une d’entre elles a trait au mode de financement des associations : alors qu’auparavant, les pouvoirs publics faisaient souvent appel à celles-ci pour appliquer certaines politiques, finançant ainsi en grande partie leurs activités, l’État se retire aujourd’hui du secteur, sans pour autant que cette réduction des subventions soit compensée par les collectivités locales. En parallèle, le changement de nature des financements publics et l’ouverture de certaines activités au secteur marchand obligent les associations à adopter la « logique du marché ». Les champs de la culture, de la jeunesse des sports et des loisirs, déjà marqués par une forme d’hybridation du fait des conventions les liant aux pouvoirs publics, font aujourd’hui l’objet d’un fort isomorphisme caractérisé par la pression de collectivités locales converties au « Nouveau Management Public ». Pour autant, cette hybridation s’analyse difficilement à partir du seul discours institutionnel des associations, s’appuyant encore sur les valeurs militantes de l’éducation populaire. Cette communication évaluera alors la pertinence de l’analyse de l’activité des cadres de ces organisations pour révéler les tensions inhérentes à l’hybridation de ces dernières.

Résumé
14 h 15
Période de questions
14 h 45
L’institutionnalisation de « monstres organisationnels » par l’écriture, l’éditorialisation et la médiatisation d’écrits d’influence : les groupes de réflexion (think tanks) français et les politiques de l’emploi
Lucile Desmoulins (Université Paris-Est), Valentin Brunel (Institut d'études politiques de Paris )

Les think tanks français sont « caractérisés par l’hybridité et la labilité » (Desmoulins 2014) jusque dans leur activité de production et de diffusion d’écrits d’influence des politiques publiques. Une analyse de discours appliquée à ces écrits dessine les deux facettes de leur hybridité. D’une part, l’hybridité est un frein à leur institutionnalisation, en tant qu’elle gêne la revendication par les think tanks d’une influence sur les processus de décision et de délibération politiques. En effet, leur qualité de « monstre organisationnel » inquiète et prémuni contre une reconnaissance transversale de leur rôle d’expertise, de vulgarisation et de prescription. D’autre part, cette hybridité est capacitante, car elle donne une force originale aux travaux qu’ils produisent et médiatisent. Par une série de raffinements progressifs, les think tanks ont été à l’origine, en France, d’un type d’écrits d’influence particulier, qui est l’équivalent des « position papers » des lobbies. La note de think tank répond à une double exigence de scientificité et de normativité associée au champ du et de la politique. Les think tanks résorbent leur hybridité constitutive en réunissant des experts hétérogènes autour d’un ensemble de manières individuelles et collectives d’écrire et de diffuser des notes. Objets de fantasme, les think tanks s’instituent dans une perspective socio-historique en s’inscrivant dans une « communauté discursive » (Maingueneau 2016).

Résumé
15 h 00
Construire une pratique hybride au travers d’écrits organisationnels : le cas de la relation de parrainage pour des jeunes diplômés en recherche d’emploi
Nathalie Raulet-Croset (Université Paris 1), Damien Collard (Université de Franche-Comté), Jean-Baptiste Suquet (Neoma Business School, Institut de recherche en gestion, Université Paris-Est Marne-la-Vallée), Anni Borzeix (CNRS / i3-CRG École Polytechnique)

Cette communication est centrée sur le rôle d’écrits organisationnels pour stabiliser une pratique collaborative multi-acteurs. Nous appuyant sur les travaux d’auteurs qui se sont intéressés au rôle performatif des écrits dans les organisations (Cochoy & al., 1998 ; Borzeix & Fraenkel, 2001 ; Fraenkel & al., 2010 ; Rot & al., 2014), nous distinguons des écrits, a-situés, qui sont porteurs de généralité, comme un livre, et des écrits plus situés, qui n’ont de sens qu’à un moment donné, voire dans un lieu donné (Fraenkel, 2001). Nous analysons comment une organisation s’appuie sur une articulation savante entre ces différents types d’écrits pour constituer son identité et ses pratiques. Le cas que nous analysons est celui de l’association Nos Quartiers ont des Talents (NQT), qui œuvre, au travers d’un système de parrainage, à l’insertion sur le marché de l’emploi de jeunes diplômés socialement défavorisés en France. Elle fonde son action sur des partenariats noués avec un ensemble de parties prenantes (privées, publiques, associatives). Nous nous intéressons en particulier à la construction d’un écrit spécifique, un « livre blanc », qui s’articule avec d’autres types d’écrits plus situés dans l’organisation, et devient un instrument de communication et de réflexivité. Nous nous demandons en quoi il est constitutif de la pratique collaborative.

Résumé
15 h 15
Période de questions
15 h 30
Discussion
15 h 45
Pause
16 h 00
Synthèse