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429 - Trajectoires des innovations sociales : entre innovation et isomorphismes?

La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
UQAM - Université du Québec à Montréal
École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Chantier de l'économie sociale
Université d’Ottawa
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 30
Panel
Mot de bienvenue
Présidence/Animation : Marie J. Bouchard (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )
Participants : Léopold Beaulieu (Fondaction CSN et CIRIEC-Canada), Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Vincent Van Schendel (TIESS)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
09 h 30 à 10 h 45
Communications orales
Conditions de vie, services aux personnes et politiques publiques
Présidence/Animation : Vincent Van Schendel (TIESS)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
09 h 30
Politiques d’austérité, systèmes de la santé et des services sociaux et handicap : tensions, hybridations et remises en question de la personnalisation des services
Francis Charrier (Université Laval), Normand Boucher (Université Laval)

Depuis le début des années 2000, plusieurs États occidentaux ont cherché à intégrer les principes et les outils de la personnalisation des services dans le champ du handicap. Si ces dernières ont introduit les plans d'interventions individualisés, les budgets personnels et les paiements directs comme autant de façons de permettre aux personnes ayant des incapacités d'exercer davantage de contrôle sur le développement, la planification et la gestion de leurs services et de leurs mesures de soutien, plusieurs estiment aujourd'hui que l'adoption de politiques d'austérité au cours des dernières années ont eu pour effet de grandement compliquer leur mise en œuvre.

Notre conférence aura pour objectif de présenter comment les pressions gouvernementales imposées aux systèmes de la santé et des services sociaux les ont amenés à instrumentaliser la personnalisation des services au service de l'équilibre budgétaire. Nous ferons l'argument que la privatisation des services, l'augmentation des critères d'éligibilité, la bureaucratisation des procédures, la priorisation des besoins, la réduction des possibilités de choix et le recours croissant au soutien de la famille se sont  révélées être des stratégies employées pour réduire les dépenses publiques et non soutenir la citoyenneté et l'exercice du droit à l'égalité des personnes ayant des incapacités.

Résumé
09 h 45
Étude de deux fondations dans le développement du soutien à domicile et aux proches aidants : des lieux d’innovation pour la politique sociale?
Lucie Dumais (UQAM - Université du Québec à Montréal), Patricia Gazzoli (UQAM - Université du Québec à Montréal), Christian Jetté (Université de Montréal ), Sylvain Lefèvre (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Notre connaissance des fondations québécoises et de leur adaptation à l’environnement institutionnel des politiques sociales est parcellaire.  Il y a dix ans, le gouvernement a négocié avec la Fondation Chagnon un partenariat dans le champ social très critiqué par le mouvement communautaire, et pourtant ‘innovateur’.  Cela a cristallisé négativement les représentations de la philanthropie ce champ.

Nous avons mené une recherche exploratoire sur la base de nos réflexions sur l’évolution des services à domicile qui, depuis plusieurs années, est l’arène exemplaire d’une économie mixte et plurielle où l’État, le tiers secteur, les entreprises privées et le travail autonome s’interpénètrent – sans compter le rôle qu’y jouent les familles. Nous avons mené des entrevues préliminaires dans deux fondations de taille fort différente, mais présentes dans plusieurs régions auprès d’organismes offrant de tels services et des personnes dans le besoin. Des données organisationnelles nous ont aidés à esquisser des convergences plus ou moins fortes de leurs pratiques et les facteurs qui y contribuent. Ces deux études de cas aideront à éclairer notre compréhension des pratiques nouvelles dans un champ de politique sociale où s’exercent de fortes pressions en raison de ses finalités sociales immédiates et aussi comme vivier d’emplois dans le contexte du vieillissement de la population et des aspirations de non-institutionnalisation des personnes âgées et handicapées.

Résumé
10 h 00
Parole d’exclus : et si le changement par la marge pouvait transformer la norme... Avancées et limites d’un modèle d’action novateur
Isabel Heck (Parole d'excluEs), Jean-Marc Fontan (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Initié en 2007, le projet Parole d’excluEs, une initiative montréalaise de lutte contre la pauvreté et l’exclusion par la mobilisation citoyenne et le logement social, devait se terminer en 2012. Au tout début de l’expérience, un des objectifs poursuivis par les idéateurs était de ne faire anecdote. Donc, d’être en mesure de démontrer qu’en combinant les énergies d’un noyau de bénévoles, d’un petit nombre d’organisations collaboratrices, qu’en s’appuyant sur la parole citoyenne, qu’en mobilisant des chercheurs universitaires et des ressources institutionnelles, il serait possible d’influencer le système. Qu’en est-il vraiment ?

L’objectif de la présentation est d’apporter des éléments de réponse à cette question. Nous le ferons de trois façons. Dans un premier temps, nous situerons les éléments clés de cette initiative, i.e., les composantes de l’initiative qui représentent des apports novateurs. Dans un deuxième temps, nous étudierons l’impact de ces novations en tenant compte de la question des changements d’échelle. Ceci nous permettra d’identifier des capacités et des incapacités transformationnelles. Troisièmement, nous analyserons les choix stratégiques qui se présentent pour que Parole d’excluEs puisse exercer une influence réelle sur le système. Ceci nous permettra de compléter les apports des théories de la transformation sociétale (Schumpeter ; DiMaggio et Powell ; Moulaert) et de proposer des éléments pour une nouvelle synthèse théorique.

Résumé
10 h 15
Les projets novateurs d’habitation pour personnes âgées au Québec : que sont-ils devenus 10 ans plus tard?
Louis Demers (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

En 2003, le ministère de la Santé et des Services sociaux lançait un programme de subvention permettant à des entreprises privées ou à des organismes sans but lucratif d’offrir un lieu d’habitation avec services à des aînés en perte d’autonomie dans le cadre d’un partenariat avec un centre de santé et de services sociaux. Chaque projet devait également inclure des partenaires du milieu.

L’appel à projets a suscité des propositions très variées. La dynamique de formulation et de mise en œuvre des projets et le partage des responsabilités entre les partenaires ont ainsi varié d’un projet à l’autre. Ces projets constituent de beaux cas d’innovation sociale puisqu’ils visaient explicitement à expérimenter des modes de collaboration inédits entre deux « mondes », soit celui, public, de la santé et des services sociaux et celui, privé – à but lucratif ou non –, de l’habitation. En 2006 et 2007, nous avons étudié huit des 31 projets novateurs financés, sélectionnés selon deux critères : taille du projet (nombre de places <16, ≥16) et statut juridique du principal partenaire privé : à but lucratif ou à but non lucratif.

Cette présentation vise à proposer une typologie des huit projets étudiés, à rendre compte des facteurs qui ont favorisé la réussite de leur lancement, à présenter ce qu’ils sont devenus en 2017 et à interpréter la trajectoire de ces innovations sociales à la lumière d’une réflexion sur la structuration des services aux personnes âgées au Québec.

Résumé
10 h 45
Pause
11 h 00 à 12 h 30
Panel
Les coopératives : un modèle résilient et adaptable pour assurer le développement des communautés
Présidence/Animation : Gaston Bédard (Conseil québécois de la coopération et de la mutualité)
Participants : Jocelyne Rouleau (Confédération québécoise des coopératives d'habitation), Richard Lacasse (Société de coopération pour le développement international - SOCODEVI), Anne-Marie Merrien (UdeS - Université de Sherbrooke), Sokchiveneath Taing Chhoan (Fédération des coopératives du Nouveau Québec)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 132
11 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Innovation sociale telle que conçue, coconstruite et administrée
Présidence/Animation : Martine Vézina (HEC Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
11 h 00
La souveraineté alimentaire dans la Bolivie du Buen Vivir : entre la garantie constitutionnelle et la réalité des femmes
Cécile Collinge (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )

Il y a une dizaine d’années, la Bolivie, un pays majoritairement autochtone, a élu pour la première fois de son histoire bicentenaire un président indigène et indigéniste, lequel tente de redonner aux us, coutumes et valeurs indigènes une place prépondérante dans le cadre constitutionnel et la vie quotidienne. Cette transformation sociale s’inspire du paradigme du Buen Vivir (Bien vivre), ancré dans la cosmovision indigène, centré sur la Terre-Mère et donnant une valeur primordiale à la nature, la solidarité, l’équité et la réciprocité. Ainsi, la Constitution garantit la souveraineté alimentaire, plusieurs lois encadrant son application. Le niveau d’administration des « territoires indigènes originaires paysans » ainsi que les organisations économiques paysannes et communautaires jouent un rôle primordial pour structurer l’agriculture familiale durable.

Toutefois, tout aussi intéressant et porteur d’espoir qu’il soit sur le plan global, il semble que la politique du Buen Vivir ne se traduise pas par une amélioration de la situation concrète des femmes. Malgré la garantie constitutionnelle, dans la réalité, les femmes peinent pour atteindre la souveraineté alimentaire.

Dans cette présentation, nous présenterons la souveraineté alimentaire dans les lois, le point de vue des paysannes sur le sujet, puis amorcerons une discussion sur les liens entre le Buen Vivir et la place des Boliviennes en rapport avec la souveraineté alimentaire.

Résumé
11 h 25
Développer l’innovation sociale au sein d’entreprises de l’ESS : l’exemple d’un partenariat expérimental innovant université-entreprise
Olivier Boned (Le Mans Université / MGEN), Eric Bidet (Le Mans Université / MGEN)

Si les innovations sociales reflètent des phénomènes de transformation sociale de la société depuis les années 60, qu’elles s’illustrent bien souvent par des cas pratiques et isolés, elles représentent aujourd’hui pour les entreprises une source d’intérêt importante et on observe une volonté de les développer en leur sein.

Comment créer les conditions nécessaires au développement d’innovations sociales au sein d’une entreprise de l’ESS ? Quels sont les mécanismes d’accompagnement pertinents ? Comment accompagner le changement de posture d’acteurs internes pour en faire des développeurs d’innovations collectives ? Des collaborations universités-entreprises de l’ESS peuvent-elles ainsi conduire à des innovations en termes de formation au bénéfice du développement des innovations sociales, collectives, au sein des entreprises de l’ESS ?

Nous proposons d’étudier un processus de collaboration expérimental entre l’université du Maine et une Mutuelle française où 30 enseignants issus de l’Education Nationale, en réorientation professionnelle pour devenir cadre mutualiste, sont accompagnés dans un parcours de formation spécifique pour réussir leur réorientation professionnelle, valoriser leurs compétences passées au travers un parcours de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) et entrer dans une dynamique de construction et de promotion de projets d’innovation sociale. Ces projets sont accompagnés par un incubateur interne, des enseignements de l’université et des tuteurs.

Résumé
11 h 50
Contributions d’une association et d’une coopérative dans leur développement territorial
Omer Chouinard (Université de Moncton)

Notre question était de savoir : À la lumière de la recherche partenariale, quelles sont les caractéristiques des projets de deux communautés locales du Littoral acadien du Nouveau-Brunswick (N.-B.) pour assurer un développement durable de leur territoire lors 15 ou 20 dernières années ?

Les deux cas de notre présentation sont en l’occurrence l’Île Lamèque situé dans la Péninsule Acadienne (Nord-Est du N.-B.) et le Groupe de Développement Durable du pays de Cocagne (GDDPC) dans le Sud-Est du N.-B). Le territoire de Lamèque s’est mobilisé autour des coopératives traditionnelles en lien avec la municipalité de Lamèque pour la création de la Coopérative d’énergie renouvellable de Lamèque. Le GDDPC s’est mobilisé autour de la qualité de l’eau et des activités environnementales telles l’agriculture de proximité pour les producteurs locaux et la réduction de l’énergie, l’aménagement et la conservation du territoire du bassin versant de la rivière Cocagne. La méthodologie qualitative a été retenue pour documenter ces deux cas. Trois techniques furent utilisées pour recueillir les informations: l’analyse documentaire, l’entretien semi-dirigé et le focus group. Le principal résultat est une meilleure compréhension des retombées du développement des projets à l’échelle locale. Les retombées de la recherche partenariale a été de définir leur territoire comme un lieu d’action collaborative, qui permet d’ améliorer les conditions de vie au moyen du développement territorial.  

Résumé
12 h 15
Discussion
Dîner
12 h 30 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Panel
Initiatives d’économie sociale et solidaire : conditions de développement, financement, possibilités et risques
Présidence/Animation : Annie Camus (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )
Participants : Dario Iezzoni , Philippe Garant (Réseau d'investissement social du Québec), Roselyne Mavungu (Réseau québécois du crédit communautaire), Emilien Gruet (Territoires innovants en économie sociale et solidaire), Jacques Bordeleau (Fondation Béati)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
15 h 00
Pause
15 h 15 à 16 h 45
Panel
L’investissement public, entre enjeux socioéconomiques et priorités stratégiques
Présidence/Animation : Luc Bernier (Université d'Ottawa)
Participants : Robert Sauvé (Société du Plan Nord), Michel Nadeau (Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP)), Chantal Malo (Investissement Québec)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
Soir
16 h 45 à 18 h 15
Cocktail
Cocktail
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 132
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Trajectoires et stratégies des organisations : de la signification à l’action
Présidence/Animation : Jean-Marc Fontan (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
09 h 00
La trajectoire de l’innovation sociale dans un grand groupe coopératif : 30 ans d’ISR dans le mouvement Desjardins
Martine Vézina (HEC Montréal), Majdi BEN SELMA (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM ), Marie-Claire Malo (HEC Montréal)

Un grand groupe coopératif est-il contraint par les forces de l’isomorphisme ou démontre-t-elle une capacité d’innovation sociale qui contribue à le différencier de ses concurrents ? Notre étude de la trajectoire de l’investissement socialement responsable dans le Mouvement Desjardins (1987-2017) auprès des particuliers s’intéresse à la capacité d’hybridation, combinaison de standardisation et d’innovation (Malo et Vézina, 2004) face au risque de banalisation (Richez-Battesti, 2006; Côté, 20005).

Cette recherche qualitative a été réalisée à partir de 14 entrevues et d’une collecte documentaire. Elle mobilise l’approche institutionnelle de l’innovation sociale (CRISES crises.uqam.ca), pour comprendre la nature de celle-ci et l’approche par les ressources (Ressource-Based View) en gestion stratégique pour comprendre la capacité organisationnelle à innover (Barney, 1991; Grant, 1991).

Les résultats de l’analyse inductive révèlent qu’un grand coopératif peut s’engager dans une innovation que nous avons qualifiée de sociétale; celle-ci implique sur des innovations organisationnelles et des capacités uniques reposant sur le métier (banque) et de la spécificité (coopérative). En conclusion, cette étude de cas questionne l’inévitabilité de la banalisation des grands groupes de l’économie sociale en montrant la capacité d’innovation ainsi qu’en identifiant les processus et la nature de l’innovation sociale produite.

Résumé
09 h 20
Innovations sociales renouvelées : le cas d’une petite structure
Marina Bourgain (FRANCE), Marc-André VILETTE (Groupe ESC Clermont et CRCGM )

Alors que l’innovation sociale (IS) a été le plus souvent étudiée au sein de grandes entreprises, notre focus porte sur les démarches socialement innovantes d’une petite structure. Après avoir rappelé que la littérature souligne que le « processus d’apprentissage collectif » est une caractéristique essentielle de l’IS, nous mettons l’accent sur les spécificités de celle-ci au  sein des petites et moyennes organisations (PMO). Nous présentons le contexte de l’étude, l’entreprise DECHETRI, qui a mené différentes initiatives d’IS, analysées au prisme de la littérature. Nous avançons l’hypothèse du caractère récurrent du « processus d’émergence des innovations » (CIRIEC-Canada, CRISES et TIESS, 2016, p. 2).

Résumé
09 h 40
Actualiser les choix stratégiques d’une entreprise pionnière en insertion sociale : un outil d’aide à la réflexion pour Le Boulot vers…
Valérie Michaud (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sonia Tello-Rozas (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marina Louise Pech (Université du Québec à Montréal), Jeanne Doré (Boulot vers…), Anne-Marie Mottet (Boulot vers…), Claire Vanier (Université du Québec à Montréal)

Pionnier de l’insertion socioprofessionnelle au Québec, le Boulot vers…a pour mission l’insertion durable de jeunes de 16 à 25 ans. Dès 1983, ses fondateurs ont fait le choix stratégique, comme outil d’insertion des jeunes, de les faire travailler le bois pour fabriquer des « meubles à utilité sociale », destinés aux organismes communautaires. Toutefois, depuis, le contexte a bien changé. Les problématiques vécues par les jeunes s’alourdissent, exigeant l’adaptation de l’intervention et des modes de fabrication. Par ailleurs, la conjoncture actuelle de «rigueur» budgétaire fait craindre une diminution des contributions tant pour le Boulot vers… que pour les organismes acheteurs de ses produits.

Dans ce contexte, le Boulot vers… a approché le Service aux collectivités de l’UQAM pour développer des outils d’aide à la réflexion stratégique et aborder la question qui suit : « Dans le contexte des changements actuels et appréhendés, quelles sont les options offertes au Boulot vers… pour assurer le maintien de sa pertinence sociale et sa viabilité économique? »

Notre communication sera l’occasion de partager les résultats de cette recherche partenariale., et plus spécifiquement un outil d’aide à la réflexion issu de cette démarche. L’outil consiste en un cadre de référence intégrant le concept de chaîne de valeur (Porter, 1985l Dees et Anderson, 2003) des activités de production du Boulot vers… aux valeurs et à la mission sociale de l’entreprise, mais aussi à d’autres considérations.

Résumé
10 h 00
Réappliquer c’est resignifier : les défis de la transférabilité des programmes d’innovation sociale vers d’autres contextes
Marlei Pozzebon (HEC Montréal), Fabio Prado Saldanha (HEC Montréal)

Cette proposition présente une réflexion pragmatique concernant la transférabilité des programmes d'innovation sociale à des contextes différents. Les innovations sociales assument un rôle davantage important, ce pouvant favoriser l’émergence de transformations sociales. Concrètement, les praticiens de l'innovation sociale sont confrontés à deux principaux défis entourant le transfert d’innovations sociales : la durabilité à long terme et le changement d’échelle. Ce dernier défi – le changement d’échelle – fait référence à la possibilité de diffuser, de transférer, de reproduire, de réappliquer ou de resignifier un programme ou projet d'innovation sociale réussi d'un contexte à un autre, avec un impact significatif. Un grand nombre d'échecs de « tentatives de transfert » est documenté dans la littérature (Oudenhoven et Wazir, 1998; Klein et al, 1999; Mulgan, 2006), corroborant la complexité de la question. Inspirés par des travaux antérieurs sur les adaptations globales et locales (Pozzebon et Van Heck, 2006), nous proposons un cadre socioconstructiviste visant à aider des chercheurs et des praticiens à faire face au complexe processus de « resignification ». Avec ce cadre, nous envisageons développer un outil d’analyse processuel, de façon à augmenter les chances de réussite de la réapplication de programmes d’innovation sociale.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Trajectoires d’innovation et transformation territoriale en milieu urbain
Présidence/Animation : Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
10 h 45
Gentrification socialement acceptable : d’une situation insatisfaisante à une coappropriation de la transformation
Leila Ghaffari (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les débats théoriques au sujet de la gentrification ont été toujours contradictoires. Au cours des années 1980, tandis que le débat se concentrait sur l’opposition à la gentrification (Hartman et al., 1982), Caulfield (1989) voit la gentrification comme une pratique sociale importante. Bien que Byrne (2003) propose que la gentrification doive être encouragée pour les changements positifs qu’elle amené au quartier, Powell et Spencer (2003) suggèrent que la gentrification est l’invasion des riches chez les pauvres en profitant de leur ressources politiques et économiques. Aujourd'hui, nous observons une nouvelle tendance qui suggère de « gérer » la gentrification au lieu de la combattre (Freeman et Braconi, 2004).

Nous soutenons l’idée d’une gentrification gérable et nous suggérons que la gentrification peut devenir socialement acceptable si les effets négatifs sont contrôlés. Nous faisons l’hypothèse que l’insatisfaction résultant des transformations du quartier nuit au sentiment d’appartenance des résidents de longue date. Dans cette communication, nous examinons le processus d’une insatisfaction résultant de la gentrification vers la coappropriation des transformations. Nous nous basons sur les quatre niveaux de l’acceptabilité sociale définis par Thomson et Boutilier (2011), soit le rejet, la tolérance, l’approbation, et la coappropriation, pour démontrer comment les résidents peuvent monter vers la coappropriation des changements et donc, la réinvention du sentiment d’appartenance.

Résumé
11 h 05
Territorialisation de la prise de décision et coconstruction, réformes, trajectoires et modalités d’action
Syrine Ben Sylmen (ENAP-École nationale d'administration publique)

La référence à la co-construction de connaissances devient pertinente lorsqu’il s’agit d’évoquer les mécanismes de décision ou les modes de régulation dans des environnements complexes. Dans une phase de transition profonde marquée par une faille imminente en matière de développement local, la gouvernance territoriale et la co-construction de savoirs s’imposent progressivement au sein des sphères politico-administratives s’intéressant aux questions de la transparence de l’action publique, le contrôle de la corruption, la démocratie représentative, la participation des individus et des associations aux affaires locales, etc. Nous pouvons transposer la notion de co-construction aux collectivités territoriales en tant qu’une capacité cognitive, scientifique, sociale et politique où chercheurs et acteurs développent une intelligence territoriale incontournable pour participer et/ou prendre de bonnes décisions.

Nous questionnons les trajectoires réelles et les applications concrètes engagées au niveau des territoires. L’objectif est de définir et évaluer dans le cadre d’une étude comparative entre deux régions de la Tunisie, les mécanismes de communication déployés par divers acteurs pour valoriser la région. Les nouveaux échelons de prise de décision et leur intervention dans une approche multipartenaires et multisectorielles sera étudiée au travers de l’analyse qualitative des discours des acteurs actifs dans des processus de co-construction de connaissances.

Résumé
11 h 25
Le développement local par l’intervention culturelle : le cas du cinéma Beaubien à Rosemont
Wilfredo Angulo (UQAM - Université du Québec à Montréal), Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Diane-Gabrielle Tremblay (Téluq)

Cette communication portera sur le cas du Cinéma Beaubien (Rosemont), un projet culturel porté par une coalition d’organisations de la société civile en vue de favoriser la revitalisation d’un quartier qui a été affecté par la crise de la société industrielle des années 1980 et par la dévitalisation des artères commerciales qui s’en est suivi dans les années 1990. Ce cas nous permettra de mieux comprendre l’effet des projets culturels et créatifs sur les quartiers, lesquels sont mis en œuvre par des organisations locales où les organismes communautaires agissent comme des parties prenantes importantes en partenariat avec des acteurs sociaux, des instances publiques et l’entreprise privée. Notre recherche vise à montrer que les projets communautaires ancrés dans le secteur culturel créatif donnent à voir des nouvelles aspirations et font émerger des utopies qui mobilisent les citoyens qui deviennent ainsi des co-acteurs des transformations sociales de leur quartier. Ils s’inscrivent dans un modèle de développement où se conjuguent l’échelle locale et l’échelle métropolitaine et où se croisent la perspective sectorielle (la création) et la perspective territoriale (milieu de vie). Les résultats de cette recherche permettront de comprendre l’effet des projets ancres dans les secteurs créatifs et culturels dans la reconstruction des collectivités locales affectées par la crise de la société industrielle.

Résumé
11 h 45
Revitalisation urbaine intégrée à Montréal : quelles approches de la culture?
Laurent Sauvage (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Certains territoires utilisent la culture comme levier de développement, que ce soit par l’implantation d’équipements prestigieux ou l’organisation d’évènements à rayonnement international. À l’échelle d’un quartier, la culture peut engendrer des dynamiques sociales et économiques positives. Plusieurs visions du développement local par la culture coexistent. Ainsi, le déploiement de projets urbains à grande échelle destinés à véhiculer des images positives des villes les plaçant parmi celles qui comptent au niveau international mais créant des espaces façonnés pour une élite urbaine (Harvey, 1989) traduisent une logique néolibérale. D’autres expériences misent sur la culture pour créer les conditions d’émergence de clusters articulés autour d’entreprises créatives. Cependant, ces stratégies peuvent concourir à développer une vision à la fois élitiste et utilitaire de la culture et laisser de côté ses dimensions plus sociales (Moulaert et al. 2004, Klein et Tremblay, 2010).

La Revitalisation Urbaine Intégrée a pour but de réduire les différences entre 12 quartiers montréalais et les autres secteurs de la ville en termes économiques, physiques et sociaux à partir de diagnostics et de plans d’actions élaborés par les citoyens. L’analyse de la littérature grise émise par les organismes porteurs des opérations permettra de déterminer de quelle manière les acteurs locaux mobilisent (ou non) la culture, d’identifier des modèles d’action culturelle et d’en proposer une typologie.

Résumé
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Le changement d’échelle : un modèle de développement innovant pour les entreprises collectives
Présidence/Animation : Geneviève Huot (Chantier de l'économie sociale)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
10 h 45
Le changement d’échelle : un modèle de développement innovant pour les entreprises collectives
Pascale Lagacé-Brunet (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Une fois leurs initiatives bien implantées localement, certaines entreprises d’économie sociale cherchent à maximiser leur impact, soit en élargissant l’éventail de personnes touchées par leur action, en diversifiant leur clientèle, leur offre de production ou de services, ou encore en reproduisant leur modèle sur d’autres territoires. En économie sociale, on préfère dire de ces entreprises qu’elles « changent d’échelle » plutôt qu’elles cherchent à croître. Ces stratégies de changement d’échelle peuvent aussi être considérées comme des moyens permettant aux innovations sociales d’être répliquées tout en s’adaptant aux contextes particuliers des territoires où elles s’implantent. Nous en savons par contre encore bien peu sur les contextes, modalités et déterminants qui font de cette démarche une réussite.

Le TIESS, en collaboration avec une chercheure et une entreprise, a donc produit une synthèse qui résume les différentes connaissances sur le changement d’échelle et les stratégies d’essaimage en économie sociale. À titre d’auteure principale, nous présentons les faits saillants cette synthèse de connaissances. Elle dresse un portrait des différentes stratégies de changement d’échelle proposées par l’AVISE, tout en l’adaptant au contexte québécois. Cette catégorisation fait état de cinq types: la fertilisation, la coopération, la fusion, la diversification et l’essaimage. Seront traités notamment les avantages et inconvénients de chacun d’eux.

Résumé
11 h 05
Un projet pilote pour accompagner des entreprises collectives dans leur démarche de changement d’échelle et d’essaimage franchisé
Marie-France Bellemare (Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS))

La production d’une synthèse de connaissances sur les stratégies de changement d’échelle a soulevé la pertinence pour le TIESS d’outiller les milieux de pratique pour mettre en place ces stratégies. Cette présentation porte sur les particularités de ce projet pilote de réflexion, de recherche et de transfert qui mobilise la participation de plusieurs entreprises collectives interpelées par le changement d’échelle. À terme, il prévoit la cocréation d’un outil permettant une meilleure prise de décision relativement aux différentes stratégies de changements d’échelle ainsi qu’un autre plus spécifiquement lié à l’implantation de stratégies d’essaimage franchisé.

Seront décrits les mécanismes utilisés pour créer les outils de transfert en changement d’échelle, mais aussi accompagner des projets pilotes de changement d’échelle dans des entreprises collectives et transférer les connaissances. Ces mécanismes prennent entre autres la forme d’une communauté de pratiques composée d’entreprises collectives qui en sont à différentes étapes de leur démarche d’essaimage franchisé. Et pour celles déjà prêtes à s’engager activement, le TIESS accompagne leur démarche afin de la documenter. Le déroulement et les thèmes traités durant les rencontres de la communauté de pratiques et d’accompagnement seront présentés.

Résumé
11 h 25
Le changement d’échelle des entreprises collectives : des trajectoires nécessairement vouées à la transformation sociale?
Maude Léonard (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )

Le peu de connaissances issues de la recherche relativement aux stratégies de changement d’échelle au sein des entreprises collectives laisse en suspens plusieurs questionnements sur leur caractère innovant et sur leur potentiel à entraîner une transformation sociale. Le projet pilote d’accompagnement d’entreprises d’économie sociale dans leur démarche de changement d’échelle et de franchisage initié par le TIESS, avec notre collaboration, représente une occasion de recherche idéale pour alimenter certains cadres théoriques relatifs au modèle de développement économique qu’est l’économie sociale, aux innovations sociales et à la transformation sociale.

Cette présentation vise donc principalement à faire les ponts entre les différents enjeux soulevés par les autres panélistes de cette séance relativement aux démarches de changement d’échelle et les questionnements de recherche qu’elles suscitent. Ceux-ci portent principalement sur des aspects liés à la terminologie utilisée souvent empruntée au modèle de développement capitaliste, au pouvoir et à la gouvernance, à l’autonomie et au contrôle et surtout aux tensions entre la mission sociale et économique de ces entreprises. Un devis de recherche mixte sera présenté brièvement ainsi que les différents thèmes et cadres théoriques mobilisés pour orienter notre compréhension des processus. Enfin, nous verrons à faire ressortir à quels égards le changement d’échelle permet aux innovations sociales de mener à une transformation sociale.

Résumé
11 h 45
Table ronde
Daphné Mailloux-Rousseau (L'Ancre des Jeunes)
12 h 00
Table ronde
Audrey Atwood (Lange Bleu)
Dîner
12 h 15 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Trajectoires d’innovation et transformation territoriale en région
Présidence/Animation : Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 132
13 h 30
L’innovation sociale en agriculture : la sécurisation alimentaire à travers le projet d’agriculture communautaire d’Argenteuil
Camille Arsenault-Hétu (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Depuis quelques années, des préoccupations nouvelles en ce qui a trait à l'alimentation notamment, conduisent à une plus grande prise en compte des espaces locaux à travers l'émergence d'initiatives agricoles alternatives. Nous nous intéressons donc au phénomène de reterritorialisation de l'agriculture à travers le projet d'agriculture communautaire d'Argenteuil qui consiste en l'action collective d'acteurs non-agricoles afin de répondre à un problème social, l'insécurité alimentaire, grâce à l'agriculture. Nous avons cherché à comprendre en quoi ce projet d'agriculture communautaire contribue-t-il à la sécurisation alimentaire d'une partie de la population de la MRC d'Argenteuil ? D'abord, il semble avoir permis l'émergence d'une nouvelle forme de gouvernance agroalimentaire grâce à une coordination et coopération d'acteurs, provenant d'une diversité d'échelles territoriales et de secteurs d'intervention, qui traditionnellement ne travaillent pas ensemble. Ensuite, le projet semble avoir permis d'améliorer significativement l'approvisionnement en légumes frais des banques alimentaires, contribuant ainsi à l'amélioration de la consommation de légumes des bénéficiaires et au renforcement d'un réseau agroalimentaire local. Il semble également avoir contribué à l'empowerment des acteurs en sécurité alimentaire et de la MRC dans l'atteinte de leur mission, mais également d'autres acteurs en développement social sur le territoire tels que des organismes d'insertion sociale.

Résumé
13 h 50
La reconversion industrielle de Sorel-Tracy : une expérience jalonnée par des innovations sociales
Marc-André Houle (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication a pour thème l’expérience de reconversion industrielle de la ville de Sorel-Tracy. Cette ville possède une longue trajectoire industrielle liée à la présence sur le territoire de chantiers maritimes et d’une base industrielle fondée sur les activités métallurgiques. À partir de la fin des années 1970, la région entre dans une période de dévitalisation économique et sociale en raison de la réduction des dépenses militaires du gouvernement fédéral, de la mondialisation et de la concurrence des pays asiatiques qui mènent à la fin de l’activité navale et au déclin des activités métallurgique. Dans les années 1980, il devient manifeste qu’une intervention sera requise pour assurer la relance de la région et une stratégie de reconversion qui s’appuie sur les principes de l’écologie industrielle émerge, impulsée par les acteurs locaux. En insistant sur la tension qui existe entre la trajectoire industrielle historique de Sorel-Tracy et la nécessité de changement qu’implique la reconversion, ma communication se fera en quatre temps. D’abord, je présenterai brièvement le cas de Sorel-Tracy. J’enchaînerai ensuite avec une discussion sur la notion de reconversion industrielle. Puis, j’aborderai plus spécifiquement la dynamique des acteurs dans l’élaboration et l’établissement de cette stratégie de reconversion. De là, je montrerai comment cette stratégie, fondée sur les principes d’écologie industrielle, s’est traduite en innovations sociales.

Résumé
14 h 10
Recherche ouverte en innovation (living labs) et dynamiques d’engagement innovantes pour le développement territorial des espaces ruraux en mutation : quelques cas dans l’est du Québec
David Guimont (Cégep de Rivière-du-Loup), Rym Lamrani (TIESS)

Témiscouata-sur-le-Lac (TSLL) est une ville transformée par des défis sociaux et économiques (fusion municipale, décroissance démographique, fermeture d’entreprises, etc.) qui nécessitent de trouver les moyens de dynamiser, de revitaliser en plus de s’adapter aux nouveaux enjeux d’un territoire et d’une économie en mutation. Les élus et la corporation locale de développement ont approché le Living Lab en innovation ouverte (LLio) du Cégep de Rivière-du-Loup afin de mettre en place une démarche de revitalisation portée par les citoyens.

Cette démarche permet de documenter l’engagement et l’empowerment des parties prenantes (institutions, entreprises, citoyens, etc.) dans ce nouveau modèle d’actions socioterritoriales. Pour ce faire, les questions de l’efficacité des mesures de transferts de pratiques d’innovation collaborative et la capacité des parties prenantes à mener des démarches de cocréation portées par les citoyens sont explorées.

En combinant les observations issues de cette démarche aux autres projets Living Labs accompagnés par les chercheurs et facilitateurs du LLio, il est possible de dégager des lignes de convergences et de divergences selon les milieux et les approches. Ainsi, en plus de la démarche citoyenne de TSLL, les démarches sectorielles en tourisme et en culture réalisées au Bas-Saint-Laurent et celles en préparation en Gaspésie permettront de dégager un portrait plus large des conditions d’engagement et des retombées attendues vs avérées.

Résumé
14 h 30
Les élus : acteurs clés d’un développement intégré des territoires
René Lachapelle (Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire - Université du Québec en Outaouais), Denis Bourque (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Les collectivités québécoises soumises à la transformation du modèle socioéconomique qui a présidé à leur développement ont entrepris des démarches pour accroître leur capacité d’agir sur leurs enjeux. Les mécanismes qui permettent aux divers réseaux d’interagir sont à la fois inspirés de courants d’inspiration comme le développement local, le développement social, le développement des communautés, etc. et ancrés dans l’histoire, la culture et les liens sociaux de chacun des milieux. Une série de monographies réalisées dans divers territoires permet de dégager comment s’organisent ces systèmes locaux d’action, quels rôles y jouent les acteurs et quels rapports ils établissent entre eux. Les démarches concertées connaissent des relations à la fois de collaboration et conflictuelles. Leur capacité à gérer ces tensions, facteur déterminant de leur efficacité, repose sur l’exercice de divers leaderships dont celui, déterminant, des élus locaux. Le gouvernement du Québec a décidé de reconnaître aux municipalités et MRC un statut de gouvernement de proximité qui renforce leur position dans les démarches de prise en charge locale du développement. À partir d’une série de monographies réalisées dans des MRC de la région métropolitaine, du centre du Québec et de régions périphériques, la communication se propose de montrer en quoi le rôle des élus fait la différence et quels rapports ils établissent avec les intervenantes et intervenants collectifs dans l’exercice de ces responsabilités.

Résumé
15 h 00
Pause
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Diffusion et transmission : entre imitation et structuration des innovations
Présidence/Animation : Omer Chouinard (Université de Moncton)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
13 h 30
L’innovation sociale au prisme de la mimésis : aphorismes « ad hoc » de Gabriel Tarde
Morad Diani (Arab Center for Research and Policy Studies)

A la fin du XIXe siècle, Gabriel Tarde, sociologue et psychologue social que les analyses contemporaines gagneraient indéniablement à endogénéiser (Cf. Latour, 1999), considéra la mimèsis comme le moteur du changement et de l’évolution dans la société. Il détermina les Lois de l’imitation qui traduisent l’idée que la mimèsis, et son corollaire d’innovation, président à tous les phénomènes sociaux collectifs (Tarde, 1890; 1902a; 1902b).

La mimèsis, telle qu’elle ressort de l’œuvre de Tarde, est un processus dynamique intrinsèque qui sert d’explication causale aux paradoxes de la répétition, de la suggestion et de la propagation d’individu à individu, d’individu à groupe ou de groupe à individu. Il s'agit d'un mouvement par lequel se construisent des séries imitatives et se multiplient les possibilités qu’elles se croisent et en inventent de nouvelles. Ces dynamiques de reproduction, de différenciation et de bifurcation seront notre point de jonction avec l’analyse de l’innovation sociale.

Ce papier se propose d’analyser les dynamiques des innovations sociales contemporaines, notamment leurs aspects évolutifs (variation, sélection, rétention). Le modèle théorique proposé sera confronté à nombre d’innovations sociales portées par les nouveaux mouvements de transformation sociale (Indignados, Occupy, Nuit debout…), dans la visée d’y dégager les similitudes, isomorphismes, contingences et irréversibilités qui président à leur diffusion et/ou réplication.

Résumé
13 h 50
Culture organisationnelle et développement de la participation citoyenne en milieu HLM-familles : des résultats préliminaires
Roxane Meilleur (UdeS - Université de Sherbrooke), Jeannette LeBlanc (UdeS - Université de Sherbrooke), Paul Morin (UdeS - Université de Sherbrooke)

Le logement social constitue un terrain propice au « processus de coopération volontaire, d’entraide et de construction de liens sociaux entre les résidents et les institutions d’un milieu local, visant l’amélioration des conditions de vie sur le plan physique, social et économique » (INSPQ, 2002). Pour les offices d’habitation (OH), entreprises publiques mandatées par la Société d’habitation du Québec pour gérer les habitations à loyer modique (HLM), le développement de la participation citoyenne des locataires peut représenter un moyen de relever le défi de la conciliation entre la gestion immobilière et la gestion sociale en favorisant l’adéquation entre les services et les besoins réels, la mise en commun des ressources et le développement du pouvoir d’agir. Toutefois, elle implique également un changement au niveau des rapports de pouvoir et une reconnaissance des savoirs des locataires, un changement culturel majeur (Morin, LeBlanc & Vachon, 2014). L’étude présentée vise à explorer les processus par lesquels la culture organisationnelle d’un OH produit des effets souhaités ou non souhaités sur le développement de la participation citoyenne des locataires en milieu HLM Familles. Les données d’observations et d’entretiens auprès de locataires, de gestionnaires et d’employés sont soumises à une analyse par théorisation ancrée (Glaser & Strauss, 1967; Paillé, 1994). La communication exposera quelques-uns des mécanismes ayant émergé des premières étapes de l’analyse.

Résumé
14 h 10
Les dilemmes et les contingences des innovateurs sociaux : les formes d’agir, les processus d’émergence et le changement d’échelle
Sharam Alijani (NEOMA Business School)

Cette communication a pour objet de mettre en lumière les dilemmes auxquels les innovateurs sociaux (acteurs de la société civile, entrepreneurs sociaux, entreprises d’économie sociale,…) sont confrontés. Nous investiguons les dimensions et les trajectoires multiples des innovations sociales à partir d’une étude de terrain et de cas sélectionnés en Europe continentale, Europe du nord et Europe du sud. Notre recherche met en lumière les formes d’agir des acteurs face aux rigidités institutionnelles, la rareté des ressources et les contraintes du marché pour assurer le changement d’échelle en accélérant  la transformation sociale.

Nous tenterons ainsi de restituer le débat sur les facteurs qui affectent les processus d’émergence des innovations sociales, leur trajectoire et leur dynamique adaptative et mimétique. Plus particulièrement notre recherche met en exergue les difficultés rencontrées par les innovateurs sociaux pour réconcilier l’efficacité économique et les objectifs sociaux, mobiliser le soutien de l’Etat et des pouvoirs publics, renforcer la coopération entre les secteurs public et privé, les intermédiaires institutionnels, les investisseurs et les usagers (i.e. organisations, réseaux, communautés,….) avec l’objectif d’accroître le bien-être et l’équité sociale, économique et spatiale.

Résumé
14 h 30
Processus des innovations sociales et technologiques : essai de conceptualisation d’un modèle favorisant la cocréation et les transformations sociales
sonia bendimerad (université d'Angers et Ecole supérieure de commerce Koléa)

Malgré de nombreux efforts de clarification, la notion d’innovation sociale reste encore particulièrement floue. En effet de nombreux auteurs s’accordent à dire que leurs dimensions des subissent constamment de lourdes mutations. Face à ce constat, il apparait urgent d’étudier de plus près les principaux enjeux de tels changements.

Par ailleurs pour bien appréhender les phénomènes d’innovations sociales, on ne peut se contenter de l’objet de cette innovation qu’elle soit récente ou non. Il est nécessaire d’en examiner le processus. En effet, l’innovation n’est pas simplement une finalité, mais un processus qui comporte différentes activités. Cependant, les modèles existants sont principalement des modèles de diffusion d’innovation technologique. Ainsi, La réflexion développée dans ce travail consiste à examiner la problématique du processus de l’innovation sociale et sa possible synergie avec les innovations technologiques.

Il est important de préciser que nous entamerons une étude en aval afin de déterminer les nouvelles caractéristiques du processus d’innovation sociale pouvant émerger ou impacter le comportement social des individus. Nous détecterons de possible système de Co-création, de là pour finir par déterminer lesquelles sont susceptibles de perdurer ou au contraire de disparaitre avec le temps.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 15 à 16 h 30
Communications orales
L’espace public d’un côté et, de l’autre, l’espace communautaire : enjeux et évolution des rôles et des partenariats
Présidence/Animation : Lucie Dumais (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 26
15 h 15
Santé mentale et dépendance en Estrie et au Québec : qu’en est-il des partenariats entre les organismes communautaires et l’État?
Jacques Caillouette (UdeS - Université de Sherbrooke), Nancy Lévesque (Université de Sherbrooke), Sébastien Savard (Université d'Ottawa), Denis Bourque (Université du Québec en Outaouais), Rachel Laforest (Queen’s University)

Les résultats de recherche que nous présentons ici sont issus d’entretiens effectués au printemps 2016 dans la région de l’Estrie au Québec. Ces entretiens (N = 17) ont pris la forme d’interprétation de la situation en développement, de récits de trajectoire et d’évaluation des partenariats entre les organismes communautaires et l’État.  Cette étude de terrain s’inscrit dans une recherche comparative plus large, entre l’Ontario et le Québec, analysant l’évolution des rapports de partenariat entre les organismes communautaires, santé mentale et dépendance, avec l’État (Savard et al., 2014-2017).

Au Québec, un élément central venant conditionner l’évolution des rapports de partenariat entre l’État et les organismes communautaires est la récente réforme en santé et services sociaux amenée par la Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales (Gouvernement du Québec, 2014). Suite à l’entrée en vigueur de cette réforme le 1er avril 2015, le réseau public s’est ainsi vu passer à une gouvernance fortement centralisée.

Pour les organismes communautaires, notamment ceux liés au champ de la santé mentale et de la dépendance, que veut dire le déploiement de la nouvelle gouvernance et culture organisationnelle au sein des Centres intégrés (universitaires) en santé et services sociaux (CISSS et CIUSSS) ? Quels sont les enjeux des partenariats à bâtir avec le secteur public de même que les solidarités et les expérimentations à mettre en œuvre pour construire les pouvoirs, et contre-pouvoirs, des usagers et des citoyens afin, avec eux, d’agir sur les problèmes sociaux liés à la santé mentale et à la dépendance dans nos communautés et notre société ?

Résumé
15 h 35
Les groupes communautaires québécois : le plafonnement
Jean-Pierre Deslauriers (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Depuis plusieurs années, les auteurs proposent que le mouvement communautaire québécois soit en voie de mutation. Le mouvement communautaire compte une quarantaine d’années d’expérience : ce n’est plus un jeune mouvement. La pratique des groupes communautaires est devenue totalement différente de ce qu’elle était.  Des indicateurs nous portent à penser que si nous continuons à employer le terme de groupes communautaires, le même concept désigne une autre réalité. À la suite de l’accumulation des recherches empiriques, une constatation se dessine: le mouvement communautaire plafonne. Le mouvement communautaire peut-il accéder à un autre niveau de développement.et à quelles conditions ? Au contraire, a-t-il épuisé ses promesses et se prépare-t-il à disparaître comme acteur social significatif ? Voilà quelques questions que nous discuterons.

Résumé
15 h 55
Les milieux communautaires en Outaouais : contexte changeant et rapports variables avec les institutions publiques
Dominic Foisy (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Notre réflexion sur la transformation des rapports entre l’État et les milieux communautaires repose sur deux activités de soutien à la communauté menées au cours de la dernière année: commissaire lors de la Commission populaire sur l’action communautaire autonome en Outaouais et conférencier lors des Rassemblements pour le développement social. Dans le premier cas, nous avons reçu l’avis de 31 acteurs liés à l’ACA de la région. Dans le deuxième cas, nous avons contribué à une réflexion sur l’état du développement social en Outaouais à partir d’une cueillette de donnée régionale nous ayant permis d’identifier près de 90 lieux de concertation.

Les résultats de ces démarches démontrent que les milieux communautaires partagent des enjeux communs et collaborent de multiples façons avec les milieux institutionnels. Toutefois, nous remarquons que la présence de différentes familles au sein du milieu communautaire expose aussi des positions, des aspirations et des représentations fort variées de leur rapport avec le milieu institutionnel. Ces différences s’expriment dans un contexte particulier où les CISSS jouent dorénavant le double rôle de partenaire et de bailleurs de fonds.

Notre contribution permettra de réfléchir à la transformation des rapports entre les milieux communautaires et l’État dans le contexte de réforme du réseau de la santé et des services sociaux.

Résumé
16 h 20
Le mouvement communautaire québécois risque-t-il de rompre avec la mobilisation citoyenne?
René Lachapelle (Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire - Université du Québec en Outaouais)

Le contexte d’austérité, alliant réduction des dépenses publiques et abandon du dialogue social, aggrave les problématiques du mouvement communautaire québécois. Les problèmes de financement entraînent une réduction en quantité et en qualité des services que les groupes sont en mesure de rendre à une population en demande de services. Le réseau de la santé et des services sociaux exerce une pression sans précédent pour leur transférer des services relevant du réseau. Actuellement des organismes implosent et on assiste à un glissement vers les services aux dépens des enjeux démocratiques de l’action communautaire dont l’autonomie est liée à la vie associative et à son ancrage dans la communauté. Il y a une volonté claire du gouvernement de réduire la capacité politique des organismes. Bien que les groupes communautaires rejoignent beaucoup de personnes, ceux qui les fréquentent ne sont pas nécessairement des membres et plusieurs ne sont prêts à s’engager ni dans l’action citoyenne ni dans la vie des associations. L’individualisme et la consommation atteignent le mouvement communautaire de plus en plus aux prises avec des citoyens consommateurs qui ont peu d’intérêt à s’engager. Pourtant le milieu communautaire demeure un espace qui donne espoir : on y trouve encore de la place pour être solidaires et de nouveaux organismes émergent axés sur un paradigme d’écodéveloppement. Comment soutenir un renouvellement de la capacité de mobilisation citoyenne de l’action communautaire ?

Résumé
16 h 30
Mot de clôture