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428 - Les inégalités sociales « par le bas »

La croissance des inégalités sociales en Amérique du Nord et en Europe a fait l’objet, ces dernières années, d’une analyse approfondie par des chercheurs de renom en économie (Piketty, 2013; Stiglitz, 2012). Si ces études montrent la croissance notable des écarts de revenu et contribuent à remettre au jour la question des inégalités, elles tendent néanmoins à offrir une lecture sociologique des inégalités sociales simplifiée, en contribuant à nourrir une représentation binaire du monde social où règne une fracture entre le 1 % des plus puissants et la masse indifférenciée des 99 %, et en laissant ainsi de côté la « longue cascade d’inégalités plus fines » (Dubet, 2014) qui s’observent entre les grandes inégalités de conditions. Ce colloque propose de se saisir de l’actualité de la question des inégalités afin de les aborder et les réfléchir « par le bas ». Étudier les inégalités sociales « par le bas » signifie : 1) de les appréhender comme des processus dynamiques, ce qui, à rebours des approches totalisantes ou surplombantes, permet de saisir les mobilités et réversibilités qui se font souvent à petite échelle, entre les grands écarts de condition; 2) d’accorder un statut légitime à la « face subjective des inégalités sociales » (Drulet, 2011) et notamment au ressenti des inégalités, et cela, en prêtant une attention particulière aux « petites inégalités »; et 3) de saisir le caractère éminemment relatif des inégalités sociales en mettant à jour la manière dont les acteurs mesurent leurs aspirations et les différents affronts auxquels ils font face en se comparant soit à « leurs semblables », soit à ceux qu’ils jugent distincts et éloignés de soi. Ce colloque cherche donc à mieux comprendre, par la restitution d’enquêtes empiriques, la manière dont les petites inégalités sociales s’expriment dans les subjectivités, les pratiques et les interactions de la vie quotidienne en vue d’éclairer leurs conditions sociales de (re)production ainsi que leurs effets.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université d’Ottawa
Université d’Ottawa
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 40
Communications orales
La société de droit à l’épreuve des inégalités
Présidence/Animation : Dahlia Namian (Université d’Ottawa)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 115
09 h 05
Mot de bienvenue
Dahlia Namian (Université d’Ottawa), Stéphanie Garneau (Université d’Ottawa)
09 h 20
La bureaucratie étatique comme obstacle à la société de droit : l’apatridie au Canada
Claire Delisle (Université d’Ottawa), Jocelyn Kane (Université d'Ottawa), Maria Basualdo (Université d'Ottawa), Marcelo Saavedra-Vargas (Université d'Ottawa)

Au Canada, il y a environ entre 1690 et 300,000 apatrides (Kane & Balazzo, 2017). L’écart est dû au différentes définitions de l’apatridie adoptées par les agences gouvernementales canadiennes qui mesurent ces cas. Ces personnes n’ont pas accès à un grand nombre de droits qui sont enchâssés dans la Charte canadienne, incluant le droit de travailler, se déplacer librement, se faire soigner, conduire une voiture ou s’éduquer, entre autres. Une des démarches de notre partenariat en recherche-action (Mapping Statelessness in Canada-- MSC) est la mise sur pied en février 2016 d’un réseau de personnes travaillant sur ce problème et militant pour les personnes apatrides, incluant des analystes de politiques, avocats, chercheurs et les apatrides eux-même. En mettant en commun nos connaissances sur le sujet, nous militons pour l’éradication de l’apatridie, mais aussi pour des mesures ponctuelles qui viendront alléger le fardeau occasionné par cette situation. Le MSC est fondé sur une approche décolonisatrice, collaborative, et horizontale. Nous sommes en train de mettre sur pied un comité aviseur pour guider ce projet de recherche-action, composé de militant dans le domaine et de personnes apatrides. Des personnes apatrides participeront avec nous toutes les phases de recherche, afin d’assurer que leurs voix, leurs expériences et leurs connaissances se retrouvent au centre du projet axée sur les conséquences de vie de l’apatridie.

Résumé
09 h 40
Les politiques du cautionnement : ethnographie de la hiérarchisation morale des engagements affectifs au sein des tribunaux criminels québécois
Fabrice FERNANDEZ (Université Laval), Stéphanie Gariépy (Université Laval)

Au sein des chambres pénales et criminelles, les auditions des personnes cautionnaires constituent des moments forts où liens affectifs et responsabilité pénale sont mis en tension. Ces cautionnaires, souvent proches des accusés, sont invités à s’engager financièrement, civiquement et moralement pour participer au redressement moral des personnes inculpées. Mais durant les auditions ce sont leurs liens affectifs avec les cautionnaires qui sont placés en observation, évalués et finalement jugés comme normaux, déviants ou pathologiques, en orientant ce faisant la décision de justice (liberté sous caution ou détention). A travers une ethnographie de la hiérarchisation morale des engagements affectifs dans une des principales chambres pénales et criminelles du Palais de Justice de Québec (6 mois d’observations intensives et plus de 70 causes), notre objectif est de mieux comprendre lanature ambivalente de cette politique du cautionnement, notamment pour des délits de violences physiques et/ou morales, infractions qui regroupent à elles seules plus de la moitié de l’ensemble des affaires traitées dans cette chambre. Nous montrerons comment les enquêtes sur cautionnement, ce travail ordinaire et méconnue de la justice, produisent des jugements s’appuyant tout autant sur une connaissance des dossiers pénaux que sur l’intime conviction du juge, fondée sur des éléments préréflexifs, moraux, émotionnels voire normatifs sur des familles souvent précarisés et jugées dysfonctionnelles.

 

Résumé
10 h 00
Droit de propriété et chez-soi en péril : conséquences psychosociales des évictions sans faute
Genevieve Breault (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le Québec possède ses propres législations et tribunaux destinés à encadrer le louage résidentiel. Très peu documentées, les expériences de négociation du droit du logement impliquent la difficile rencontre entre des droits liés à la propriété privée et des droits civils. Au-delà des discours théorisés par les groupes de défense de droits des personnes locataires, nous avons poursuivi l’objectif de documenter comment ces inégalités prennent forme dans le quotidien et quels sont les ressentis qui accompagnent ces expériences. Ainsi, nous nous sommes intéressées à la façon dont les personnes locataires  nomment et racontent leurs expériences négatives. À partir de quel moment les positions locataires-locateurs entrent-elles dans ce qui peut être considéré comme un conflit? Selon quels critères commencent-elles à être ressenties comme intolérables ou injustes? Quels éléments doivent être présents dans la prise de décision de mobiliser ou non le droit pour solutionner un conflit vécu? À partir de quand les sentiments négatifs qui accompagnent l’expérience du conflit, notamment la colère, la tristesse et l’anxiété, affectent le bien-être, mais également l’état de santé physique et psychologique des personnes locataires? La présente proposition s’intéresse plus particulièrement au vécu des personnes locataires qui se voient menacées de perdre leur logement alors qu’elles sont « sans faute », c’est-à-dire qu’aucun comportement ne leur est reproché et qu’elles paient leur loyer. 

Résumé
10 h 20
Période de questions
10 h 40
Pause
11 h 00 à 12 h 20
Communications orales
La construction des inégalités : savoirs, pratiques et dispositifs (Partie 1)
Présidence/Animation : Cécile VAN DE VELDE (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 115
11 h 00
Discrimination et profilage social des femmes autochtones en situation d’itinérance à Val-d’Or
Céline Bellot (UdeM - Université de Montréal), Marie-Ève Sylvestre (Université d'Ottawa)

A partir d’une étude  ethnographique sur la judiciarisation de l’itinérance à Val d’or, l’objectif est de montrer comment la judiciarisation constitue un enjeu majeur pour les femmes autochtones en situation d’itinérance. Cette étude croisant, observations participantes, analyse des documents officiels, données judiciaires et entrevues auprès des acteurs-clé permet de montrer comment la construction du problème de l’itinérance autour d’une question de sécurité publique renforce les pratiques discriminatoires. Certes, si au quotidien, les femmes autochtones en situation d’itinérance, subissent de multiples rapports d’inégalités, de dominations et d’oppression, le recours à la judiciarisation, loin de les placer dans un espace de sécurité, renforce les discriminations vécues. En outre, les difficultés à recevoir de l’aide imposent un cadre punitif à de nombreuses mesures de soutien.  Ainsi, à partir de ce regard croisé, des pistes de solution seront abordées, autour du renforcement de la sécurisation personnelle et identitaire dans les interventions. 

Résumé
11 h 20
Les inégalités au prisme de l’instrumentation : la sélection des bénéficiaires de la politique du Logement d’abord
Dahlia Namian (Université d’Ottawa)

Cette communication porte de manière globale sur les transformations récentes intervenues dans la politique de lutte contre l’itinérance en Amérique du Nord avec l’émergence de l’approche du Logement d’abord (Housing First). Plus spécifiquement, je porterai un regard  sur les instruments (outils et procédés techniques) utilisés dans le cadre de la Politique du Logement d’abord pour identifier, classer et sélectionner, parmi l’ensemble de la population sans-abri,  la clientèle-cible pouvant bénéficier d’une allocation au logement et d’un soutien relationnel. Après une brève genèse du Logement d’Abord et de la construction de ces instruments, je discuterai, à l’aide de données d’observation participante provenant d’une enquête de terrain au sein d’une équipe de housing casemanagers à Ottawa, des usages et effets qui découlent de « l'instrumentation de l'action publique » (Lascoumes et Legalès, 2012) auprès des personnes sans-abri, c'est-à-dire des  procédés techniques qui permettent de matérialiser quotidiennement l'action gouvernementale auprès des populations considérées comme les plus réfractaires aux politiques sociales traditionnelles de « redressement » (moral, social, économique). Au vu des résultats, j’interrogerai plus globalement le rôle de l’État dans la correction des inégalités.

Résumé
11 h 40
Aux frontières de la vie active : l’action publique auprès des jeunes NEEF (ni emploi ni aux études ni en formation) québécois
Jonathan Binet (Université d’Ottawa)

L’inactivité chez les jeunes Québécois occupe, au sein des discours scientifiques, politiques, thérapeutiques et sociaux, une place certaine, souvent problématique depuis les années 1990. Faisant l’objet tour à tour de discours critiques, les politiques publiques  ciblant les jeunes inactifs ont été l’objet, depuis, de réformes successives. Cette communication, provenant de ma thèse de doctorat, vise à restituer quelques résultats partiels d’une ethnographie critique de l’action publique menée depuis juin 2016 au sein d’un organisme communautaire de l’Outaouais mandaté de mettre en œuvre un nouveau programme d’Emploi-Québec, le Service spécialisé jeune (SSJ). Ce programme vise l’insertion et le maintien en emploi de jeunes âgés entre 18 et 29 ans, parfois qualifiés par la catégorie d’action publique « NEEF » (ni en emploi, ni aux études, ni en formation) et considérés parmi les plus éloignés de la sphère active du travail. En m’appuyant sur une partie de mes résultats d’observation recueillis au sein d’une simili-entreprise de restauration où des jeunes sont amenés à faire « comme si » ils sont déjà en sein de la sphère du travail, je compte mettre au jour comment les interventions ciblant cette catégorie de jeunes prennent forme « par le bas » et comment certaines inégalités sont reconduites ou contrecarrées dans les interactions entre les intervenantes et les jeunes.

Résumé
12 h 00
Période de questions
Dîner
12 h 20 à 13 h 20
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 20 à 14 h 40
Communications orales
La construction des inégalités : savoirs, pratiques et dispositifs (Partie 2)
Présidence/Animation : Fabrice FERNANDEZ (Université Laval)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 115
13 h 20
Les inégalités sociales dans la prise en charge de la douleur chronique
Estelle Carde (UdeM - Université de Montréal)

Une douleur dite chronique interfère sur la vie sociale de l’individu qui en est porteur : elle l’empêche de travailler, rend pénibles ses tâches domestiques, lui ôte tout plaisir à fréquenter des amis, etc. Dans ce contexte, la reconnaissance que fait un professionnel soignant de la plainte douloureuse est cruciale car elle peut aider l’individu à négocier avec les acteurs de son entourage pour leur faire accepter ces interférences dans les diverses sphères de sa vie sociale (milieu de travail, famille, réseau d’amis, etc.) ; à l’inverse, si le professionnel met en doute la réalité de la douleur, ces négociations sont plus difficiles.

De nombreuses études quantitatives décrivent, en Amérique du Nord, la tendance des professionnels à sous-traiter la douleur chronique, en particulier celle des personnes de faible statut socio-économique, des femmes et des personnes issues des minorités racialisées. La recherche qualitative que je mène vise à comprendre pourquoi la plainte douloureuse de ces groupes sociaux est plus susceptible d’être discréditée, et comment cette moindre crédibilité est vécue par ces personnes. Pour ce faire, je rencontre 20 d’entre elles en entretien semi-directif, ainsi que, pour chacune, 2 des professionnels soignants qui les suivent. Les discours recueillis sont analysés dans une perspective intersectionnelle, c’est-à-dire attentive à la co-construction de diverses inégalités, notamment de genre, de statut socio-écononique et de race.

Résumé
13 h 40
Interroger l’incidence des rapports de domination dans la construction d’inégalités : l’acquisition du savoir et la pratique médicale en milieu colonial
Fatoumata CAMARA (UdeM - Université de Montréal)

Dans un contexte de colonisation, et face, à l’insuffisance de son personnel et de ses moyens financiers la France a dû recourir dans ses possessions à l’assistance des populations dominées pour mener à bien son projet colonial. Ainsi, si au début celles-ci étaient considérées comme peu aptes à assimiler le savoir scientifique occidental, très tôt, les réalités du terrain ont mené à leur intégration progressive dans le processus de médicalisation des populations autochtones, piliers essentiels du projet d’exploitation coloniale. Toutefois, malgré le rôle important que ce personnel colonisé était appelé à jouer, le pouvoir colonial, dans le but de maintenir son «hégémonie» a toujours cherché à asseoir un contrôle sur lui. Dans cette perspective, notre communication, à travers l’analyse d’archives et de travaux d’anciens médecins, aura pour objectif de décortiquer l’incidence des rapports dominants-dominés dans la construction d’inégalités dans l’acquisition du savoir et la pratique de la profession médicale dans une colonie africaine, le Sénégal, au XXe siècle.

Résumé
14 h 00
Enjeux de la négociation dans l’intervention psychosociale : les personnes catégorisées comme ayant des limitations intellectuelles et vivant en situation d’itinérance ou de grande précarité
Stéphane Handfield (UdeM - Université de Montréal)

Les services sociaux et de la santé (SSS) sont généralement prodigués en réponse à une demande de services précise convenant à une offre institutionnelle tout aussi précise. Toutefois, certain.e.s agent.e.s des SSS bénéficient d’une latitude d’intervention leur permettant de négocier l’offre de services pour l’arrimer à une demande ne convenant pas aux normes institutionnelles; cette même latitude leur permet aussi de susciter, guider et baliser l’expression de la demande de services pour amener la personne demanderesse à « demander » les services qu’on considère appropriés pour répondre à ses besoins. Cette négociation soulève toutefois plusieurs enjeux : si elle permet de personnaliser les services prodigués et d’ouvrir les SSS à des personnes peinant à présenter une demande convenant aux normes institutionnelles, elle renforce aussi la responsabilisation individuelle et déresponsabilise l’institution et le collectif par rapport aux résultats de l’intervention et à la situation de précarité de la personne recevant les services – même lorsque les services offerts n’ouvrent pas de sortie de la précarité. Cette présentation s’appuie sur un terrain ethnographique auprès d’un psychoéducateur intervenant auprès de personnes catégorisées comme ayant des limitations intellectuelles vivant en situation d’itinérance ou de grande précarité. 

Résumé
14 h 20
Période de questions
14 h 40
Pause
14 h 50 à 16 h 10
Communications orales
L’expérience et le vécu des inégalités : émotions et résistances
Présidence/Animation : Stéphanie Garneau (Université d’Ottawa)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 115
14 h 50
Inégalités, injustices… colères
Cécile VAN DE VELDE (UdeM - Université de Montréal)

Cette présentation explorera les grammaires de la « colère » sociale et politique telle qu’exprimée actuellement au sein des jeunes générations, et la place qu’y tiennent les questions d’inégalités et d’injustice. Elle s’appuie sur une enquête comparative en cours sur les jeunes générations face à la crise, conduite auprès de jeunes adultes à Montréal, Santiago du Chili, Madrid, Paris, Hong-Kong. Une première partie explorera les « mots de la colère » tels qu’ils émergent des contestations juvéniles ayant eu lieu dans ces 5 villes afin d’identifier les caractéristiques fondamentales de ces grammaires contestataires contemporaines.

Une seconde partie se penchera sur les expériences plus individuelles de cette « colère » sociale et politique, qui se logent au sein même des parcours de vie. Elle s’appuie sur l’analyse comparée des discours de plus de 120 jeunes adultes issus de différents milieux sociaux dans les 5 villes ciblées dans l’enquête, n’ayant pour la plupart pas participé aux protestations. L’analyse mettra en lumière les liens subjectifs entre l’expérience des « inégalités », des « injustices » et de la « colère » : elle identifiera les fondements de la montée d’une rhétorique « anti-système », et les différentes figures critiques de la désadhésion sociale qui émergent actuellement au sein de ces jeunes générations.

Résumé
15 h 10
L’épreuve du racisme dans le travail : « faire avec » ou « faire face »?
GREGORY GIRAUDO-BAUJEU (Laboratoire TRIANGLE - ENS - Université Lumière Lyon 2)

A partir d’un travail doctoral qui s’est intéressé à l’étude d’insertions professionnelles de  femmes et d’hommes originaires des pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne dans le travail intérimaire en France, nous nous proposons d’aborder la question du racisme en tant qu’épreuve. Notre approche nous amènera à nous intéresser à la gestion subjective du racisme, au travers des manières de vivre le racisme, mises en exergue par les modes de narration des expériences des hommes et femmes, et observer ainsi, l’expression d’inégalités « par le bas ». L’objectif sera ici de mettre en avant la pluralité des « réponses » et réactions individuelles et collectives face au racisme et aux discriminations. Une diversité qui semble répondre à plusieurs variables, notamment au rapport à l’activité des femmes et des hommes, aux formes d’expression empruntées par le racisme et les discriminations, mais également à la fréquence des expériences : si le racisme au travail peut apparaître comme un tournant décisif dans les parcours, il n’est parfois qu’une malheureuse « retrouvaille » dans les biographies de ces femmes et hommes. Se mettent alors en place, avec plus ou moins de facilité ou de succès, des stratégies individuelles et collectives s’inscrivant dans deux postures majeures que nous identifierons et détaillerons : faire avec le racisme (l’exil, l’esquive, le retournement du stigmate) et faire face au racisme (la réaction par le travail, la lutte, la résistance et l’engagement).

 

Résumé
15 h 30
Initiatives locales des femmes rurales pour une solidarité collective autonomisante
Wendyam Ahmed Ouédraogo (Université d’Ottawa)

Depuis l’apparition du livre de Boserup «la femme face au développement économique » en 1970 un nouveau champ de pratiques, d’interventions et d’études s’est constitué, aidé en cela par l’ONU à travers des initiatives multiples, dynamiques et d’envergure (conférences mondiales des femmes en 1975 à Mexico, 1980 à Copenhague, 1985 à Nairobi, 1995 à Beijing; la décennie de la femme; ONU femmes…). Un leadership qui a permis une mobilisation sans précédent des femmes à travers une évolution conflictuelle des approches théoriques qui, partagées entre revendications féministes et les exigences des bailleurs de fonds, ont contribué à la constitution du champ femme, genre et développement (Martinez, 2011, p. 73) et à ce que certaines appellent le phénomène d’ONGisation marqué par l’institution d’organisations féminines bureaucratisées (Falquet, 2003). Malgré la réalité du phénomène, une étude ethnographique sur les organisation et associations féminines rurales au Burkina Faso dans la région du Centre-Est permet de porter un autre éclairage sur les inégalités de genre que les femmes essayent de subvertir (les hommes ayant l'exclusivité pour l'accession au foncier et pour la production du riz, première source de revenu dans la localité) : les rivalités entre femmes selon l'appartenance ethnique, le statut social, l'origine territoriale et la mouvance politique d'adhésion. Le front de solidarité féminine est ainsi traversé même au niveau interne par des lignes de fractures et d’opposition.

Résumé
15 h 50
Période de questions
16 h 10 à 17 h 00
Communications orales
Conférence de clôture – Entre inégalités ressenties et action collective : analyse empirique des discours et registres d’action
Discutant : Stéphanie Garneau (Université d’Ottawa)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 115
16 h 30
Entre inégalités ressenties et action collective : analyse empirique des discours et registres d’action
Nicolas Zorn (UdeM - Université de Montréal)

Les inégalités sociales font régulièrement les manchettes depuis quelques années déjà, mais la relation entre les perceptions d’inégalités, les discours et l’action collective gagnerait à être explorée davantage. Les résultats d’une vaste démarche délibérative sur les inégalités sociales, organisé par l’Institut du Nouveau Monde en 2013 et 2014, offrent cette opportunité. Cette démarche citoyenne ayant mobilisé 5000 participant.e.s de toutes les régions du Québec a généré une somme appréciable de données quantitatives et qualitatives. Parmi les activités de cette démarche, les Cafés citoyens ont permis aux participants d’aborder les enjeux de pauvreté, de mérite, d’injustice, du rôle de l’État et de la contribution fiscale des citoyens, explorant les frontières séparant l’acceptable de l’inacceptable. De plus, les micro-données de deux sondages permettront de lier les caractéristiques sociodémographiques aux perceptions, positionnements et préférences des personnes sondées. Celles-ci permettront de relier les inégalités perçues et ressenties par les citoyen.ne.s aux registres de discours utilisés, ainsi qu’aux répertoires d’actions privilégiés, trois dimensions qui ont un impact direct sur les débats publics et actions politiques.

Résumé
16 h 45
Discussion