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407 - La profession de communicateur : parcours atypiques et recherche de statut

La profession de communicateur ou de communicatrice n’est pas un parcours unidirectionnel. Bien que les institutions d’enseignement de même que les associations professionnelles tentent, depuis nombre d’années, d’en baliser les trajectoires (Baillargeon et al., 2013), la complexité et la transdisciplinarité traversant la fonction communication dans les organisations rendent impossible — fort heureusement, pourrait-on dire — de circonscrire les contours de ce qui fait « professionnel » en communication. Journalistes se convertissant aux relations publiques ou devenant producteurs de contenus (Baillargeon et al., 2016; Bernier et al., 2005); mathmen constituant les nouveaux communicateurs à l’aune des données massives (big data) (Couldry et Turow, 2014; Messinger, 2014); responsables des RH endossant la fonction de communicateur interne (Talal, 2013), sans compter les croisements entre politique, marketing et communication (Kugler, 2006; Stenger, 2012) : autant d’indices que cette profession « échappe inévitablement à toute maîtrise systématique » (Champy, 2009, p. 84). Ainsi, l’observation de la polysémie et de l’équivocité des titres d’emploi (David and Motulsky, 2010; de la Broise, 2013), les fréquents amalgames professionnels et bifurcations floutant les frontières, les dynamiques d’entrée et sortie dans la profession, le foisonnement de formations « en communication » au cours de la vie témoignent de cette recherche constante de légitimation. Ce colloque international, organisé par le RESIPROC, propose de mettre en question l’atypie du parcours professionnel en communication de manière à en révéler les enjeux, les impacts sur la pratique de même que les tensions qu’elle engendre chez les praticiens, les associations et les milieux de formation.

Mettant en relation enseignants-chercheurs, étudiants, professionnels et représentants associatifs, ce colloque sera l’occasion de :

– faire un état des lieux sur les différentes formes d’hybridations professionnelles et les enjeux qu’elles supposent en matière de tensions dans les organisations et de limites dans les savoirs communs essentiels à la pratique (Shelby, 1993);
– explorer les rationalités déontologiques, économiques, éthiques, politiques et sociotechniques derrière cette atypie (Coutant et Domenget, 2016; Maas et al., 2017);
– se questionner sur les formes et les orientations des formations, qu’elles soient inscrites au sein des établissements d’enseignement ou non, au regard de cette atypie (de la Broise et Morillon, 2014).

À travers ces thèmes, chercheurs, enseignants et professionnels de l’espace francophone pourront jeter un regard plus avisé sur une profession constamment en quête de légitimation, proposer des pistes de réflexion sur la question de l’adéquation entre l’enseignement et la pratique qui fait récursivement surface (Champy, 2009 ; Lepine et David, 2014; Broyles et Slater, 2014; Neill et Schauster, 2015) tout en soulevant les défis pour les professionnels, novices comme expérimentés, de cette atypie.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UdeS - Université de Sherbrooke
UQAM - Université du Québec à Montréal
UdeS - Université de Sherbrooke
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 30
Communications orales
Ouverture du colloque
Présidence/Animation : Dany
Discutant : Alexandre Coutant (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15
Actualités de l’étude sur les pratiques professionnelles en communication au Canada
Marc d. David (UdeS - Université de Sherbrooke), Marie-Eve Carignan (Université de Sherbrooke), Alexandre Coutant (Université du Québec à Montréal), Bernard Motulsky (Université du Québec à Montréal), Nadège Broustau (Université libre de Bruxelles)

Sept ans après la Grande enquête : vers une meilleure connaissance des pratiques en communication dans les organisations canadiennes (David & Motulsky, 2011), qui avait donné le coup d’envoi à la mise sur pied du RESIPROC, une mise à jour de cette étude, menée auprès de plus de 700 professionnels de l’industrie, sera présentée.

Résumé
09 h 30 à 10 h 20
Communications orales
Journalisme comme catalyseur d’hybridation
Discutant : Marie-Eve CARIGNAN (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
09 h 30
Les hybridités professionnelles en journalisme et en communication : entre stratégie de professionnalisation et tactiques de légitimation
Manuel DUPUY-SALLE , Chloë Salles (Université Grenoble Alpes), Laurie Schmitt (Université Grenoble Alpes)

Cette recherche interroge les hybridités des parcours de journalistes et de communicants. L’originalité de notre approche est de montrer comment les hybridités des parcours professionnels entre journalisme et communication sont à la fois des stratégies de professionnalisation et des tactiques de légitimation de carrières individuelles. Tout au long d’une carrière, l’hybridité est tour à tour une ressource pour l’entrée dans un territoire professionnel convoité et une capacité d’adaptation face aux contraintes tant professionnelles et personnelles qui pèsent sur un individu. Dans ce contexte, le développement de pratiques en communication pour des journalistes en poste ou en devenir marque souvent une « séquence » (Becker, 1985) dans les trajectoires professionnelles. Notre démarche empirique repose sur les monographies de trois professionnels, français, britannique et franco-canadien, aux profils révélant des atypies mais ayant pour point commun de pouvoir jouir à un ou plusieurs moments donnés d’une légitimité journalistique : un blogueur de cinéma devenu journaliste pour Les Cahiers du Cinéma, un journaliste devenu réalisateur de webdocumentaires au Québec et un architecte des systèmes d’information ayant exercé au sein de plusieurs grands médias devenu « éditeur de réseaux sociaux et de nouveaux formats » au sein d’un grand quotidien britannique. 

Résumé
09 h 55
Les impacts de la publicité native sur la pratique et l’éthique professionnelles des journalistes
Mikaëlle Tourigny (UdeS - Université de Sherbrooke)

L’évolution accélérée des technologies numériques impose un grand remaniement des procédures dans les industries de l’information et de la publicité. Règne de l’instantanéité, fragmentation du lectorat, marché concurrentiel dicté par la « guerre des clics » (Millette 2015, p. 92), réticences du public quant aux formes de publicité traditionnelle : ces nouvelles réalités amènent les médias et les annonceurs à rechercher le modèle d’affaires idéal qui leur garantira une stabilité financière. Émergeant de ce contexte, la publicité native « s’encastre dans le design et l’ergonomie aux supports qui l’accueillent, au lieu d’être reléguée aux espaces publicitaires traditionnels. Souvent proche de la ligne éditoriale du titre, ce “ contenu de marque ” suppose une approche journalistique de la promotion » (Baillargeon et al. 2017).

Alors que les guides déontologiques prônent une séparation de la salle de rédaction et du département des ventes (CPQ 2015, FPJQ 2014), la publicité native rassemble inévitablement les deux domaines. Dans cette communication, nous proposons un cadre conceptuel pour lire l'impact de la publicité native au croisement entre professionnalisation et éthique, que nous illustrons à partir d'entretiens semi-dirigés avec des journalistes et de discours issus la presse professionnelle. Nous démontrons ainsi comment la compétence communicationnelle (Quéré, 1982) est mise à mal et, par le fait même, bouscule la posture éthique du journaliste.

Résumé
10 h 20
Pause
10 h 35 à 12 h 00
Communications orales
Nouveaux discours (des) professionnels
Discutant : Dany Baillargeon (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
10 h 35
Liberté et précarité comme nouvelles valeurs? Revendications et acceptations des flexibilités autour des trajectoires professionnelles dans les métiers de la communication
Arnaud ANCIAUX (Université Laval), Renaud Carbasse (Université Laval), Josianne Millette (Université Laval), Anne-Sophie Gobeil (Université Laval)

Avec l’avènement des sociétés néolibérales, on observe une série de transformations en lien avec les transformations du marché du travail et l’avènement d’un « nouvel esprit du capitalisme ». Les distinctions ou parcours de carrière clairement tracés pour les acteurs de la communication semblent moins prégnants, tandis que des changements dans le secteur médiatique se font nombreux. Selon nous, ces transformations simultanées peuvent prendre des formes similaires, traversant notamment les professions du journalisme et des relations publiques tout en se développant dans des dynamiques distinctes. Nous présenterons plusieurs hypothèses de travail, portant sur les responsabilités nouvelles des travailleurs de la communication dans le cadre du « nouvel esprit du capitalisme » (1), la faveur grandissante donnée à une flexibilité autour des statuts d'emplois et de l'entrepreneuriat de soi (2), et la montée d’une porosité entre les différents sous-groupes du milieu mettant en scène une « valeur » ajoutée aux parcours et à l’offre de travail (3). Notre communication à visée théorique et programmatique rendra compte des principales avancées de ce travail en cours, et proposera des pistes pour problématiser les relations entre les différents métiers non plus seulement de manière séparée, mais aussi – et surtout – interroger la pertinence de cette séparation dans le contexte des transformations qui affectent l’ensemble des milieux professionnels en question.

Résumé
11 h 00
Qu’est-ce qui change lorsque le statut change? Évolutions professionnelles et repondérations des contraintes discursives
Bertrand Labasse (Université d’Ottawa)

Les bouleversements contemporains des formes et modalités de la communication s'accompagnent comme on le sait d'une redistribution continue des positions et des frontières professionnelles, quand ce n'est pas d'un délitement de celles-ci. Mais comment ces repositionnements se reflètent-t-ils dans les logiques communicationnelles elles-mêmes ?
On se propose ici d'explorer l'hypothèse selon laquelle les évolutions individuelles ou collectives des professionnels de la communication se traduisent, lorsqu'elles sont substantielles (et si elles sont réellement communicationnelles), par des réévaluations des critères d'adéquation des discours.
Cette perspective théorique sera envisagée en fonction d'un modèle de construction de la valeur discursive articulant la pertinence cognitive des messages, soit l'effort de traitement qu'ils réclament et l'effet cognitif qu'ils produisent (Sperber et Wilson, 1989) et leur convenance, socialement déterminée par les valeurs et attentes des différentes instances concernées (Bourdieu, 1977). 
Examinant divers archétypes de mutations professionnelles, on montrera que celles-ci se traduisent par une repondération des contraintes discursives antagonistes formant le référentiel socio-cognitif évoqué ci-dessus, donc à un déplacement plus ou moins marqué au sein de ce référentiel.

On remarquera que celui-ci permet non seulement d'éclairer une partie notable des tensions ressenties par les acteurs, mais aussi de mieux percevoir l'unicité de la dimension communicationnelle de métiers et de formations de plus en plus éclatés.

Résumé
11 h 25
Journalisme sous tension : quand les journalistes mettent eux-mêmes en question leurs pratiques professionnelles
Jean NTA à BITANG (Université de Yaoundé II - ESSTIC - YMIS), Laurent Charles Boyomo Assala (Université de Yaoundé II)

Les pratiques professionnelles du journaliste peuvent donner lieu à des observations de faits et de phénomènes, ou donner lieu à des discours qu’ils soient tenus à des tiers, ou qu’ils soient tenus par l’intermédiaire de l’écriture. Or lorsque les pratiques sont abordées et connues par les discours, ce ne sont pas tant elles, dans leur objectivité supposée, qui sont visées, mais ce que les auteurs peuvent en dire, en percevoir, en ressentir.

Curieux du monde et de la vie qui va, le journaliste n’en est pas moins souvent ignorant de l’état de sa profession. Il questionne rarement sa profession ou ses propres pratiques professionnelles en profondeur. Les témoignages, livres de souvenirs, offrent un discours parfois clos sur lui-même.

Nous nous proposons de questionner ici leurs pratiques professionnelles à travers ce qu’ils en disent eux-mêmes et ce que révèlent leurs identités de ces témoignages.

D’où la question centrale de cette étude : Comment les journalistes théorisent-ils eux-mêmes leurs propres pratiques professionnelles  dans un contexte de tensions renouvelées et qui semblent se construire aujourd’hui autour d’une indocilité non plus  seulement civile mais qui touche toutes les formes d’autorité y compris professionnelle ?

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 00 à 14 h 40
Communications orales
Parcours professionnels atypiques
Discutant : Valérie Lépine (Université de Grenoble)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
13 h 00
Ces communicateurs politiques qui viennent du journalisme : dynamiques et enjeux des transferts professionnels
Lara van Dievoet (Université catholique de Louvain, Belgique)

Notre recherche porte sur les transitions professionnelles entre journalisme et politique, à partir du cas particulier des journalistes belges francophones « passés » en politique. Nous nous intéressons notamment aux journalistes qui franchissent la barrière entre les deux mondes pour devenir communicateurs, ainsi qu’à ceux qui font le choix de revenir au journalisme par la suite. 

Que révèlent ces transitions professionnelles entre journalisme et politique des dynamiques d’entrée et de sortie de la profession de communicateur politique ? Afin de répondre à cette question, nous présenterons les résultats de l’analyse et l’interprétation de trois vagues d’entretiens semi-directifs (2008, 2015 et 2017) menés avec des communicants politiques issus du journalisme. 

Premièrement, nous nous demanderons quels sont les déclencheurs et motivations de ces transferts professionnels. Pourquoi et comment la communication politique attire-t-elle des journalistes ? Ensuite, nous nous intéresserons aux compétences journalistiques mobilisables dès l’entrée en communication politique. Quels sont les “ capitaux “ qui facilitent la transition ? Enfin, nous porterons notre attention sur les dynamiques qui entourent le retour de certains de ces communicateurs dans des rédactions. Quels sont les caractéristiques de ces sorties de la profession et leurs enjeux ?

Résumé
13 h 25
Les « dircoms » d’hier à aujourd’hui : atypie des parcours et professionnalisation
Elise Le Moing - Maas (IHECS - Institut des Hautes Études des Communications Sociales)

Notre parcours en tant que communicatrice pendant plus de 20 ans à des postes de management, puis d’enseignant-chercheur en SIC peut être considéré comme atypique. Dans cette communication, nous souhaitons questionner ce type de parcours « atypiques » de directeurs de la communication en lien avec leur appréhension de la professionnalisation des communicateurs et en nous appuyant sur les travaux du RESIPROC et de nos collègues sur la professionnalisations des communicateurs (David, de la Broise, Lépine, …). Nous nous intéresserons aux récits de vie d’une dizaine de directeurs de la communication de grands groupes en France et en Belgique. Nous questionnerons la construction de la professionnalisation de ces dircoms au regard de l’originalité, de l’atypie de leur parcours. Notre recherche sur les directeurs de la communication ou « Dircoms » s’intègre, dans un contexte d’études plus vaste, à une « Enquête sur les pratiques professionnelles en communication en France et Belgique » initiée en janvier 2017 par la SFSIC (Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication). Cette enquête sur les pratiques professionnelles en France et en Belgique est réalisée en parallèle à « l’Enquête sur les pratiques professionnelles en communication au Canada » lancée en 2016 et qui complète « La grande enquête de 2010 ».

Résumé
13 h 50
La traversée du miroir : quand un journaliste devient directeur de la communication au sein de son entreprise de presse, enjeux de légitimité et redéfinition d’une fonction
Marie Christine Lipani (Université Bordeaux Montaigne- Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine)

Cette communication interroge la trajectoire professionnelle atypique d’un cadre journaliste, ancien rédacteur en chef et directeur départemental de différentes éditions d’un grand quotidien régional du sud de la France, qui, désormais, occupe les fonctions de directeur de la communication et de l’événementiel, au sein de la même entreprise de presse où s’est déroulé l’essentiel de son parcours journalistique. Comment s’opère une telle mutation professionnelle d’une personne, qui, au sein de son média, bénéficie d’une légitimité journalistique largement revendiquée et qui se retrouve dans une position quelque peu hors champs par rapport à sa première communauté d’appartenance, puisque dans les rédactions plutôt traditionnelles comme cela s’observe dans la famille de la presse quotidienne régionale française, les fonctions de communication souffrent encore d’un procès en illégitimité ? Cette recherche se concentre, d’une part, sur la manière dont le sujet s’empare de ses nouvelles activités communicationnelles qu’il définit lui même comme au service du contenu éditorial du titre, et d’autre part, sur la façon dont les routines professionnelles journalistiques orientent le travail de ce communicant. L’observation et l’analyse de ce parcours hors normes questionnent les dispositifs de professionnalisation mais aussi les enjeux de posture et d’ajustements inhérents à cette situation peu courante dans la presse quotidienne française.

Résumé
14 h 15
S’engager pour engager : dynamique professionnelle des communicateurs internes
Vincent Brulois (Université Paris-Nord (Paris 13))

Tous les ans, nombre d’entreprises lancent leur enquête d’engagement et, toutes affaires cessantes, les communicateurs internes sont sommés d’interroger des salariés, confrontés à des questions de sens. Partant du fait qu’« il faut s’engager pour engager », selon les mots d’un praticien, quelle sorte de professionnel engagé est ce praticien ? Celui-ci ne peut-il exercer son métier sans un investissement personnel fort ? De quoi est alors fait cet engagement ? Dans quelle mesure cet engagement influence-t-il la façon d’exercer son métier ? Telle est l’intrigue proposée. Afin de la résoudre, nous passerons par trois éclairages : sur l’engagement, sur la posture du praticien dans l’organisation, sur la dynamique de sa trajectoire professionnelle. Nous verrons que, engager demande de s’expliquer, d’échanger, de dialoguer, voire de se disputer autour du travail, de son organisation, des relations entre individus. La dimension communicationnelle du travail apparaît ainsi comme une évidence. Le travail du communicateur devrait en être facilité et sa posture légitimée. Mais son travail l’engage professionnellement et personnellement au prix d’un investissement corps et âme de tous les instants. Salarié parmi les autres, il n’exerce pas un métier comme les autres. Du fait de cette singularité, le communicateur doit-il alors accepter d’être différent dans l’entreprise et apprendre à utiliser la force de cette différence ?

Résumé
14 h 40
Pause
15 h 00 à 16 h 00
Panel
Table ronde de professionnels en communication
Présidence/Animation : Alexandre
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
15 h 00
Table ronde : La redéfinition de la communication stratégique
Alexandre Coutant (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Table ronde avec des professionnels de l’industrie des communications autour du thème « La redéfinition de la communication stratégique : points de rencontre entre relations publiques, affaires publiques et communication marketing? »

Résumé
16 h 00 à 17 h 00
Communications orales
Métiers hybrides de la communication
Discutant : Vincent Brulois (Université Paris-Nord (Paris 13))
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
16 h 00
L’agent sensibilisateur en santé publique en Afrique : entre communicateur, agent de développement et auxiliaire en santé
Ano Jean-louis ANO (Université Alassane Ouattara (Bouaké, Côte d'Ivoire))

Résolument engagé dans une dynamique de prévention et de prise en charge des épidémies en Afrique, de nombreuses interventions pour la réduction du taux de prévalence des maladies chroniques non-transmissibles ont vu le jour. Cette situation est à l’origine de l’apparition d’agents sensibilisateurs issus de divers horizons tels que la santé, la communication, le développement, etc. qui s’érigent tous en communicateur. Cet état de fait donne de constater des confusions entre ces différents corps de métier, d’où les tensions que cela suscite voire des interrogations.  Ainsi, la maitrise d’un discours pathogénique issu de savoirs épidémiologiques centrés sur la connaissance des maladies et leurs facteurs de risques fait-il de l’agent sensibilisateur un auxiliaire en santé et/ou un agent de développement ? Par ailleurs, un discours d’éducation à la santé tenu par un médecin le confine-t-il en communicateur/sensibilisateur ? Qui d’entre ces entités exerce la fonction de communicateur ? Certes, de Jacobson à Lamizet et Silem en passant par Sfez, le concept de communication s’est beaucoup complexifié, rendant ainsi atypique le parcours professionnel en communication. Dès lors, il convient de le redéfinir afin de pouvoir le circonscrire en santé publique. Cette communication se propose donc de mettre en veille l’atypie du parcours professionnel de la communication en santé publique en le redéfinissant à partir des ouvrages de Baillargon et David(2013) et de Breton et Proux (1989).

Résumé
16 h 25
La conception du professionnalisme de chargés de communication atypiques car formés aux métiers de l’intelligence économique
Lucile Desmoulins (Université Paris-Est), Nicolas Moinet (Université de Poitiers), Patrick Cansell (Université Paris-Est Marne-la-Vallée - Institut Francilien d'Ingénérie des Services)

Définie comme un « ensemble de méthodes et d’actions légales de veille, de management des connaissances, de sécurité et d’influence qui sont orientées vers un double objectif de maîtrise et de protection [par les entreprises] des informations jugées stratégiques » (Cansell, Desmoulins, 2014), l’intelligence économique (IE) suppose de maitriser une large palette d’outils et de techniques de communication (Libaert, Moinet, 2012). Les acteurs en charge de démarches d’IE doivent, en effet, les promouvoir pour être à même de diffuser l’information et de jouer un rôle d’aide à la décision. La place centrale des compétences dites communicationnelles dans le professionnalisme des métiers de l’IE est incarnée dans les discours professionnels et les programmes des formations en IE de niveau Master. Ces programmes se basent sur un référentiel national en 5 axes, dit de Matignon. Le 5e axe, nommé « Influence, contre-influence », inclut des compétences en communication stratégique (maitrise de l’image et de la réputation, de la rumeur), en techniques expressives (rhétorique, manipulation) et en lobbying. De ce fait, certains diplômés en IE occupent des postes stratégiques en communication. Ces chargés de communication atypiques parce qu’issus de parcours de formation en IE développent une vision de leur professionnalisme originale et éclairante sur les questions de polyvalence des compétences et de brouillage des fonctions.

Résumé
16 h 50
À la recherche de l’union possible : les relations publiques internes et le journalisme d’entreprise entre flou, osmose et syncrétisme
Ivan Ivanov (Université d’Ottawa)

Cette communication propose de baliser le statut atypique des journalistes d’entreprise devenus experts en relations publiques internes, notamment grâce à leur savoir-faire et à leurs compétences mis au profit de l’entreprise. Ce passage entre les métiers de l’information et les professions de la communication est accompagné par une quête interne et externe de reconnaissance de leur statut professionnel. 

A la complexité de dire ce qu’est le journalisme d’entreprise, s’ajoute l’impossibilité de définir les relations publiques internes : leur champ d’action et de compétences est souvent flou et imprécis. L’intégration récente du journalisme d’entreprise dans les métiers des relations publiques nécessite donc une double clarification par le fait même que la définition de ce métier, contestable et contestée, fait travailler sous le même « chapô » des professionnels dont les publics, la formation, l’expérience et les savoirs se distinguent considérablement. 

L’argument soutenu dans cette communication est que le journalisme d’entreprise peut acquérir une identité et une reconnaissance interne et externe de sa typicité en tant que métier des relations publiques internes s’il arrive à imposer son champ de connaissances autour du savoir-faire éditorial et des techniques d’écriture en communication, tout en gommant la distinction artificielle universellement acceptée entre relations publiques internes et externes.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 15
Communications orales
Les nouveaux professionnels de la communication
Discutant : Sandrine ROGINSKY (UCL - Université catholique de Louvain)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
09 h 00
Hybridité des profils des gestionnaires de communautés en Tunisie et insertion professionnelle
Nouha Belaid (Université de la Manouba)

Nous avons vécu en Tunisie, durant ces dernières années l’émergence des médias sociaux. Ce qui a participé à la naissance d’un nouveau métier dans le domaine du marketing et de la communication : le community manager. Voulant développer leur e-réputation, en Tunisie aussi bien qu’ailleurs, de nombreuses organisations ont accordé un intérêt à la communication digitale. En revanche, aucune université ne délivre jusqu’à présent[1] de diplôme préparant à ce nouveau métier qui est devenu assez demandé sur le marché.

En nous inscrivant ainsi, dans le cadre de la théorie systémique, notre intervention vise à souligner l’hybridité de profils des community managers en Tunisie. Nous avons pris en considération trois dimensions : La dimension opératoire, la dimension contextuelle et la dimension relationnelle. Notre objectif ainsi est d’identifier le processus de la professionnalisation du community management au sein d’une organisation tunisienne en mettant l’accent sur le profil nécessaire pour devenir un community manager, la manière avec laquelle s’organise le travail du community manager au sein d’une organisation et la relation entretienne le community manager avec ses collègues .

Afin de répondre à notre question de recherche, nous sommes partis de notre propre vécu, étant donné que nous étions chargés de mettre en place une équipe de community management, au sein d’un groupe universitaire tunisien. Nous avons cherché à éclairer ce vécu à travers l’observation participante et les entretiens semi-directifs.

 

[1] Cette recherche a été menée en 2014

Résumé
09 h 25
La professionnalisation des YouTubeurs : les tensions éthiques des YouTubeurs québécois ayant des chaînes de beauté lors de partenariats avec des marques
Elyse Dionne (UdeS - Université de Sherbrooke)

Cette recherche pose un regard sur l’éthique des YouTubeurs québécois ayant des chaînes de beauté ou de style de vie lors de partenariats avec des compagnies. Plus précisément, la relation entre YouTubeurs et éthique y est étudiée : quelles sont les règles éthiques que les YouTubeurs adoptent concernant leurs divers partenariats avec les compagnies, et quelles sont les tensions que ces règles génèrent dans leurs pratiques? D’autant que pour l’heure, les règles éthiques et déontologiques pour encadrer ces partenariats tiennent de l’autorégulation.  

Cette quête d’un cadrage éthique, et les tensions qu’elle génère, montre bien la montée en professionnalisation de ces YouTubeurs. En effet, d’abord des individus proposant leur contenu personnel (Bullich 2015), ils tendent à se professionnaliser, entre autres grâce à la création d’agences de représentation, mais également à un balisage des pratiques d’excellence promues par YouTube. En posant un regard sur l’éthique du numérique et sa transparence (Vettraino-Soulard 2001; Ravaz 2005) et à travers une étude de cas basée sur le suivi de chaînes YouTube durant 16 mois et d’entretiens semi-dirigés en profondeur, nous montrons comment la relation entre l’éthique et YouTube a un impact du point de vue de la professionnalisation des YouTubeurs. Nous démontrons que les pratiques des YouTubeurs tendent à être normalisées entre confrères et qu’ils doivent jongler entre « authenticité » et publicité pour réussir à se professionnaliser.

Résumé
09 h 50
Hybridation e professionnalisation : le chercheur-consultant au sein d’une agence de conseil en communication
Annaïck Le Bouëdec (Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité)

La professionnalisation des communicateurs se précise : La pluralité des parcours qui la caractérise fait émerger constamment de nouveaux profils dans le secteur de la communication ; ainsi peut être observé un lien entre chercheurs et professionnels de la communication. C’est ainsi que la pratique, le terrain, émettent un intérêt pour l’apport de la recherche et inversement. Le milieu des agences de communication, au service de moyennes et grandes organisations, est un intermédiaire qu’il semble difficile d’observer par ses actions souvent opaque voire confidentielles. C’est dans l’aboutissement d’une immersion de trois années, dans le cadre d’une thèse Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche) en agence de communication, que notre étude puise ses origines. A mi-chemin entre l’observation participante et la recherche-action, nous nous sommes interrogée sur la place du chercheur-observateur et sur son évolution vers celle de prescripteur : le Chercheur-Consultant. Le milieu du conseil, notamment en communication, laisse place à l’émergence de nouveaux profils hybrides suggérant une interdépendance fondée sur la légitimité du professionnel et la crédibilité du chercheur. Plus largement, il s’agit de penser la place du chercheur en communication comme un nouvel objet d’étude au sein de la professionnalisation des communicateurs, en tant qu’élément légitimant et prescripteur de nouvelles approches communicationnelles.

Résumé
10 h 15
Pause
10 h 30 à 11 h 20
Communications orales
Hybridations socionumériques et algorithmiques
Discutant : François Lambotte (UCL - Université catholique de Louvain)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
10 h 30
Enjeux de la professionnalisation des gestionnaires de communautés dans le cadre d’une socialisation algorithmique
Nicolas PEIROT (Université de Bourgogne), Olivier Galibert (Université de Bourgogne Franche-Comté)

Le community management envisagé comme une forme d’ingénierie sociale et symbolique (Floris, 1996) a vocation à développer les interactions et la production de contenus au sein d’un dispositif socio-numérique. Si ces processus d’instrumentalisation du lien communautaire ont été soulignés (Galibert, 2014), ils n’ont pas encore été mis en perspective des médiations algorithmiques (Sarrouy, 2013) qui les traversent. Nous appréhenderons ces dynamiques en interrogeant le statut des community managers à l’heure des big data. En abordant la profession comme actualisation procédurale du métier, il s’agira ainsi de saisir les liens entre calculateurs et formes d’institutionnalisation du community management (diplômes, chartes, concurrences interprofessionnelles etc.). Un questionnement qui nous semble d’autant plus prégnant à l’aune des enjeux posés par le digital labor (Cardon et Casilli, 2015) dans le cadre d’une massification du crowdsourcing. Comment cette mise à profit des contributions dans la production de la valeur affecte-t-elle l’affirmation du community management en tant que profession ? Comment les community managers se situent-ils par rapport à des math men certainement plus spécialistes de la personnalisation des contenus (Couldry, 2014) que de la gestion du lien communautaire ? Nous nous appuierons sur les résultats en cours du projet « Empowerment 2.0  », centré sur l’étude des méthodes d’animation de collectifs éco-citoyens en ligne. 

Résumé
10 h 55
Les communicateurs de l’Europe à la recherche d’un dénominateur commun : la fabrique de l’ethos professionnel à partir des usages des dispositifs socionumériques
Sandrine ROGINSKY (UCL - Université catholique de Louvain)

Les institutions européennes offrent un cadre d’étude original et pertinent pour analyser les parcours des professionnels en communication. Au sein du Parlement européen comme de la Commission européenne cohabitent des professionnels aux modalités de carrière très différentes, pour lesquels la fonction de communication et le travail qui lui est attaché peuvent recouvrir des modes d’expression et de réalisation tout aussi différents. A ceux-ci s’ajoutent les professionnels des agences de communication qui gravitent autour des institutions, dans ce qu’il est courant d’appeler « la bulle européenne » (Georgakakis, 2011). Malgré cette diversité de parcours, un ethos professionnel commun se construit, qui émerge autour notamment de l’usage de dispositifs socionumériques. Nous proposons ici d’étudier le groupe des communicateurs de la « bulle européenne » non comme une « unité communautaire » qui partage « une même identité ou de[s] valeurs communes », mais comme une configuration liée aux « conflits d’intérêts et de changements » (Strauss, 1992). Les dispositifs numériques deviennent dans ce contexte des « objets frontières » qui traversent le groupe et les univers professionnels (Bergeron et al., 2013), en transportant avec eux des attendus et des normes. Pour mener à bien cette analyse, le travail s’appuie sur une méthodologie triple : la participation observante (Soulé 2007), la conduite d’entretiens semi-directifs et l’analyse discursive de productions de communication.

Résumé
11 h 20 à 12 h 30
Panel
Retour-plénière sur le colloque
Présidence/Animation : Dany
Participants : Alexandre Coutant (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marc d. David (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
Dîner
12 h 30 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01
Après-midi
13 h 30 à 17 h 00
Panel
Rencontre de travail des membres du RESIPROC
Batiment : (MH) MACDONALD-HARRINGTON
Local : (MH) G-01