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405 - Milieux de vie, aménagement et appropriation de l’espace humain

Domaine
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université McGill
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Après-midi
13 h 00 à 16 h 30
Communications orales
Exploitation du territoire et société
Présidence/Animation : Madani Azzeddine (Université de Khemis Miliana)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B39
1
Territoires, ressources naturelles et modes de vie traditionnels : lacunes entre le droit et la protection légale effective des communautés traditionnelles au Brésil
Martha Priscylla Monteiro Joca Martins (UdeM - Université de Montréal)

Plusieurs communautés traditionnelles pluriethniques et multiculturelles habitent au Brésil dans différents types d'écosystèmes où elles maintiennent une relation durable avec l’environnement depuis des générations. Elles ont une identité distincte de l’identité de la société nationale et des peuples autochtones. Pour cette raison, elles revendiquent la protection légale de leurs territoires et ressources naturelles pour qu'elles puissent maintenir leur mode de vie. Dans ce contexte, cette proposition a le but d'analyser la protection effective du droit brésilien aux modes de vie de ces communautés.  Cette recherche est en cours depuis 2010 et elle fait partie d’une investigation sur le droit territorial des communautés traditionnelles au Brésil. Entre 2010 et 2013, dans l'état du Ceará (Brésil), une recherche a été réalisée sur le terrain avec plusieurs communautés traditionnelles. Ensuite, l'accent a été mis sur des cas pratiques lors d'une recherche documentaire. Les résultats démontrent qu’il y a plusieurs écarts entre le droit brésilien et la protection légale effective à ces populations. Ils sont controverses juridiquement parce qu'il n'est pas clair si ces communautés ont le droit à un territoire et au consentement libre, préalable et éclairé, ou si elles sont protégées par la convention 169 de la OIT. Ces lacunes sont dérivées des problèmes politiques et juridiques qui contribuent pour l’augmentation des injustices sociales et environnementales au Brésil.

Résumé
2
La gestion sociale de l’eau dans les oasis : cas de l’oasis de Boukaïs, Béchar (Sud-Ouest algérien)
AHMED HAMZA FELLAH (université TAHRI MOHAMED BECHAR), Abderrahmane MEKKAOUI (Université TAHRI MOHAMED ), Mohamed MADANI (Direction de l'environnement)

Les osais sont des écosystèmes artificiels crées et maintenus par l’ingéniosité de l’homme Saharien au tour de l’eau. Actuellement, un simple diagnostic de l’état de ces écosystèmes à travers le Sud algérien, montre que ces derniers sont dans une situation très dégradée, du fait de la disparation du savoir faire ancestral en matière de gestion d’eau d’irrigation. Cependant, quelques oasis comme celle de Boukaïs  (Bechar)  persistent depuis des siècles grâce au maintien de son système d’irrigation traditionnel ingénieux.

L’objectif de cette contribution est de faire connaitre ce précepte d’irrigation traditionnelle à savoir la répartition spatiale, les composantes et les instruments et les unités de mesure, ainsi que l’organisation sociale et la partage de l’eau : les principes et les logiques de fonctionnements.

Ce système est gravitaire basé sur l’eau jaillissante de la « source de Boukaïs ». Ces eaux sont acheminées vers les parcelles de la palmeraie à l’aide d’un réseau arborisant de canaux. La distribution de cette précieuse substance est gérée par des droits coutumiers et des règles conventionnelles de la communauté locale. La répartition de l’eau se fait selon deux modes, diurne et  nocturne. Le jour, les parts d’eau  sont  mesurées en fonction du temps  à l’aide d’une horloge solaire antique faisant de l’ombre d’homme et d’un mur  une aiguille.

Ce système assure le roulement, la rotation ou cyclicité et l’équité. Au fil des années, les différentes transactions d’achat, vente, prêt et location ont modifié la propriété de l’eau. Le savoir faire et techniques sont transmis de génération  à l’autre d’une manière orale et par apprentissage sur le terrain. Ce système fonctionne sans aucune autorité hydraulique ou institution ou d’association ou responsable de contrôle de la bonne gestion de l’eau et le règlement du conflit. Ainsi que l’absence de document officiel mentionnant les parts d’ayants droits, les transactions ou les règles de fonctionnement. La responsabilité est partagée entre les deux ayants droits présents au moment de l’irrigation. Ce reflète l’organisation sociale de la communauté locale et matérialise les logiques de fonctionnement complexe de la société oasienne. Il témoigne les rapports entre le groupes sociaux, il symbolise la culture d’adaptation, la maitrise de l’eau et le savoir vivre ensemble dans les zones arides. Il assure les objectifs de la gestion durable intégrée des ressources en eau. Il représente un témoignage sur le transfert et la transmission de savoirs faire et de techniques entre les deux rives de la méditerranée attesté par l’existence des systèmes analogues. C’est un  patrimoine culturel et un caché identitaire qui doit être préservé et valorisé pour la préconisation d’un éventuel modèle adapté pour résoudre les problèmes des périmètres irrigués et la création de nouvelle oasis dans les zones arides. Il mérite d’être classé dans la liste des systèmes ingénieux de production agricole mondiale (SIPAM) de la FAO.

 

Résumé
3
Commission d’enquête publique sur l’accaparement des terres agricoles : analyse des forces en présence
Frantz Gheller (UdeM - Université de Montréal)

Depuis la crise alimentaire de 2008 de nouveaux acteurs financiers ont vu le jour à l’échelle globale avec pour mission d’investir massivement dans les terres agricoles. Ces acteurs financiers espèrent tirer profit de la croissance de la valeur des terres sur la longue durée. Ils cherchent aussi souvent à créer de nouvelles fermes ou à moderniser celles déjà existantes en introduisant de nouveaux capitaux et en partagent leur expertise technologique et logistique. Bien que le phénomène soit encore marginal au Québec, de telles sociétés d’investissement sont bel et bien actives dans l’achat massif de terres agricoles et risquent à moyen et long terme de transformer en profondeur la structure familiale de l’agriculture conventionnelle dans la province. À partir d'une analyse qualitative de contenu cette communication dressera le portrait des propositions soumises lors de la commission d’enquête publique sur l’accaparement des terres agricoles qui a eu lieu en mars 2015 et dont les conclusions ont été rendues en mars 2016. Elle mettra en évidence les tensions existante entre les acteurs qui insistent sur les bénéfices de ces nouveaux modèles d’investissement pour les jeunes familles cherchant un accès à la terre et celles déjà établies qui cherchent à prendre de l’expansion et celles qui soulèvent d’importants questionnements sur la nature de ces sociétés d’investissement et les conséquences de leurs actions pour le marché foncier et l’occupation des campagnes.

Résumé
4
Du Labrador au Nunatsiavut : pour une histoire coloniale
François Pays (Université du Québec en Outaouais)

En 2005, la signature du Labrador Inuit(s) Land Claims Aggreement marque une étape supplémentaire dans la lutte des Inuit du Canada pour l’autodétermination. Dernier territoire autonome structuré, le Nunatsiavut dispose de leviers constitutionnels et législatifs inédits. Aux responsabilités existantes au Nunavut ou au Nunavut (santé, culture, éducation…) s’ajoutent un système de droit coutumier et une assemblée élue. Une étude approfondie des luttes politiques autonomistes et de l’histoire récente du Labrador permet de faire émerger le rôle central des missionnaires moraves, qui administrent le territoire de 1771 à 1949. Originaires d’Allemagne et de Grande-Bretagne, ces missionnaires protestants s’engagent dans la traite commerciale et concentrent les populations dans des villages côtiers bâtis sur un modèle européens. Isolés des réseaux économiques présents ailleurs au Canada et ailleurs dans l’arctique inuit (Groenland), les Inuit du Labrador font l’objet d’une vaste entreprise d’acculturation et de métissage.  Une étude des relations entre missionnaires et inuit permet d’envisager sous un jour nouveau les formes spécifiques d’appropriation du territoire à l’œuvre au Labrador. La disparition de l’emprise religieuse, économique et sociale des missions laisse la place à une tutelle plus directe du gouvernement canadien, c’est dans ce cadre que la lutte politique des Inuit s’engage, des années 1970 à nos jours.

Résumé
5
Ingénierie de projets touristiques et labellisation des sites : un exemple méthodologique appliqué aux géoparcs
Manu TRANQUARD (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Pascal Morin (Universtié du Québec à Chicoutimi)

L’ingénierie touristique réfère aux méthodes et outils employés de manière rigoureuse et systématique comme supports aux opérations complexes d’élaboration, de réalisation et de suivi des projets dans le domaine du tourisme (Tranquard, 2013). Cette ingénierie peut être utilisée dans le cadre d’une démarche de création d’un géoparc. Un géoparc est une unité territoriale regroupant un ensemble de géosites identifiés pour leur valeur géologique exceptionnelle à l’échelle de la planète et reconnu comme tel par l’UNESCO. Pour acquérir ce statut, une analyse scientifique a été produite afin de détailler le potentiel du territoire du Saguenay à rencontrer ces critères. Les méthodes scientifiques sollicitées relèvent d’une approche novatrice inspirée de Pralong (2006) qui conduit à évaluer la synergie possible entre patrimoine géologique/géomorphologique, écologique et historico-culturel. L’analyse produite a également intégré une caractérisation des attraits (Ferrario, 1979) et l’utilisation d’une grille d’analyse des potentiels de mise en valeur des territoires naturels (Dumas et Delmaire, 2002). L’approche scientifique retenue a enfin permis d’intégrer les préoccupations les plus à jour concernant le développement durable, évaluées et analysées grâce à des outils scientifiques qui questionnent 40 enjeux. La démarche de recherche a ainsi conduit à développer une nouvelle grille d’analyse multicritère spécifique aux projets de géoparcs.

Résumé
6
La pratique de la recherche scientifique concernant la survie en forêt : principes, méthodes, outils et exemples récents
Manu TRANQUARD (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

La présente contribution aborde la question de la scientificité des études portant sur le thème de la survie en milieu forestier. En Amérique du Nord, les recherches concernant ce thème sont peu nombreuses et peu diversifiées. Des écrits existent, mais sont majoritairement constitués d’ouvrages grand public sans référence à des travaux de nature scientifique qui viendraient étayer et justifier telle ou telle recommandation ou pratique. Le thème de la survie en forêt peut cependant donner prise à des analyses mettant en perspective des recherches portant sur la victimologie et la gestion des risques en région isolée, la psychologie et la prise de décision en situation de stress, l’ethnobotanique ou encore sur l’ethnographie et notamment l’étude des techniques et savoirs matériels.

Depuis 1997, le Laboratoire d’expertise et de recherche en plein air (LERPA) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a conduit diverses études impliquant des contributions multidisciplinaires et ayant permis d’élaborer par exemple des protocoles de prise de décision en situation critique ou un outil d’évaluation du potentiel de survie individuel. L’objectif de la présentation sera ainsi de faire état, par le biais d’exemples concrets, des approches scientifiques qui guident ces recherches et fondent l’originalité de ce champ d’analyse. L’emphase sera mise sur la méthodologie propre à ce champ de recherche qui inclut notamment des mesures expérimentales particulières.

Résumé
7
La construction juridique de la gestion de l’eau au Canada : état des lieux et opportunités
Alexandre Lillo (Université d'Ottawa)

L’eau est indispensable à l’être humain depuis la nuit des temps, mais la volonté de la gérer n’est apparue que progressivement. De nos jours, la gestion de l’eau est un paradigme socio-environnemental essentiel dont l’objectif est de coordonner, de faciliter et d’optimiser l’utilisation de cette ressource. De par ces ambitions harmonisatrices, un nouvel élan de protection durable de la ressource est à l’ordre du jour.

Or, face à une nouvelle conception de l’eau et de sa gestion, le Canada n’a pas encore été en mesure de proposer une réponse adaptée. Les initiatives y demeurent sporadiques et une stratégie nationale n’est toujours pas à l’ordre du jour. Cette situation repose tout autant sur un « mythe de l’eau » que sur un manque de coordination et de coopération entre les acteurs impliqués, ce qui contribue à masquer la nécessité de gérer cette ressource. En ce sens, l’élaboration de structures de coopération visant à la gestion harmonisée de l’eau au Canada demeure un objectif à réaliser.

Face à un contexte canadien de l’eau mitigé, l’une des pistes de réflexion mène au concept de bassin versant. Pour quelles raisons cette unité territoriale se présente comme une alternative pouvant mener à l’harmonisation de la gestion de l’eau ? Dans quelles mesures est-elle compatible avec la structure fédérale canadienne? L’objet de cette communication est de réagir à ces interrogations en explorant différentes analyses d’ordre hydrologiques, philosophiques et juridiques.

Résumé
8
Le développement du Nord québécois : un vrai Plan Nord est demandé!
Christian Bélanger (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

L’expression de la volonté de l’ancien Premier ministre du Québec Jean Charest, lors d’un congrès du Parti Libéral du Québec, de vouloir « développer le nord » par le biais du Plan Nord constitue une illustration bien réelle des pratiques de développement par le haut imposées à un territoire, de même qu’à ses populations.

Le « nord québécois » est déjà développé, tant au niveau de ses ressources que de ses différentes institutions locales et régionales. Politiquement parlant, le « nord » est le seul endroit du territoire québécois où un gouvernement régional prend place. À cela s’ajoute de nombreuses conventions administratives et politiques ayant structuré cet espace.

Le nord québécois n’est donc pas un territoire vierge d’activité et possède un cadre de développement qui lui est propre.

Cette présentation est issue d'une recherche documentaire réalisée à propos des différentes instances, conventions, lois et règlements couvrant le territoire de la Baie-James ainsi que celui du Nunavik et démontrera, non seulement, que le Plan Nord ou ses différentes formulations, ne prennent pas place dans le cadre d'un territoire vierge de tout développement, mais qu'il constitue une contrainte belle et bien réelle à tout développement durable de ce même territoire.

Résumé
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Après-midi
13 h 00 à 16 h 30
Communications orales
Interculturalités et minorités urbaines
Présidence/Animation : Maude Boulet (Université McGill)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
1
Revitalisation urbaine intégrée et quartier multiethnique : le cas d’Airlie-Bayne à Montréal

Les villes doivent composer avec la montée de l’immigration et répondre aux pressions d’inclure les populations ethniques aux multiples secteurs afin d’améliorer la vie de quartier, dans une dynamique de gouvernance urbaine. La littérature a souligné l’ambivalence des acteurs envers les demandes de groupes ethniques voulant s’exprimer dans l’espace urbain. Parfois, la diversité ethnique est utilisée comme attrait touristique d’un quartier, mais peut aussi devenir invisible notamment à cause de conflits entre usagers. Peu d’études se sont penchées sur le rôle de l’ethnicité dans la stratégie de revitalisation urbaine intégrée (RUI), dans laquelle la concertation des secteurs d’interventions et la participation citoyenne sont des prémisses du plan d’action. À partir des entretiens semi-directifs, notre mémoire cherche à comprendre comment les acteurs tiennent compte de la diversité ethnoculturelle dans le cas d’une RUI à LaSalle. Le concept de Just Diversity (Iveson et Fincher 2008) a inspiré notre analyse pour déterminer les actions particulières. Nos résultats montrent que les intervenants ont une prise de conscience de la vague massive d’immigrants récents, mais la diversité ethnique n’est pas prise en compte dans tous les secteurs. L’ethnicité est peu mobilisée de façon concertée dans la démarche. La communication propose un éclairage intéressant sur l’arrimage complexe entre la gestion de la diversité, les pratiques intersectorielles et l’amélioration du cadre bâti.

Résumé
2
La politique de non-encampement : les solutions de logement et d’abris des réfugiés syriens au Liban
Faten Kikano (UdeM - Université de Montréal), Gonzalo Lizarralde (Faculté de l'aménagement - Architecture)

Face à l’afflux important des réfugiés syriens, le Liban garde sa frontière avec la Syrie grande ouverte et devient ainsi le pays avec le plus grand nombre de réfugiés par rapport à sa population. Cependant, pour éviter de répéter la même expérience des réfugiés palestiniens, installés au Liban depuis 1948, et dont les camps temporaires ont évolué en zones autonomes et armées, et pour d'autres raisons politiques, le gouvernement libanais opte pour une politique de non-encampement. Par conséquent, un grand nombre de solutions de logements et d’abris émergent informellement dans presque 2000 locations, répandues dans tout le pays. Le paysage urbain et les caractéristiques démographiques sont modifiés, provoquant une instabilité dans la situation sociale, économique et politique déjà critique, et des lacunes au niveau de l'infrastructure et des services. Un travail de terrain et une revue de la littérature nous ont permis de procéder à une taxonomie et d’identifier sept types de logement et d’abris pour et par les réfugiés syriens au Liban. Cette communication évalue les sept types de logement et d’abris identifiés. Elle révèle la variété des conditions dans lesquelles les réfugiés syriens vivent et les défis auxquels ils sont confrontés. Les résultats fournissent une meilleure compréhension des besoins des populations déplacées, ainsi que du rôle des institutions humanitaires et gouvernementales et des réfugiés eux-mêmes dans l'organisation spatiale de leurs espaces de vie.

Résumé
3
La « maîtrise d’usage » au service de la ville inclusive dans la programmation d’un projet d’aménagement urbain : cas de deux espaces publics en France et au Québec
Machelle YE (UdeM - Université de Montréal)

Le concept de maîtrise d’usage, a récemment émergé en France, en réaction au rôle prépondérant des "experts" de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre à opérer les choix d’aménagement en urbanisme et en architecture. Ainsi, il apporte une précision à la participation citoyenne en désignant l’expertise dont disposent les futurs usagers pour enrichir la programmation des fonctions et usages envisagés dans un projet d’aménagement spécifique.

L’objectif de cet article est de comprendre comment la référence à ce concept permet de construire une ville plus inclusive et plurielle.

Nous étudions deux projets de réaménagement d’espaces publics urbains en France et au Canada. L’analyse de contenu des documents de projet nous permet d’identifier les acteurs impliqués et l’influence que ces derniers ont eue sur l’évolution de la programmation des fonctions et usages.

Les résultats montrent que la pluralité de la maîtrise d’usage – due à la diversité des futurs usagers – peut induire la conception de quartiers plus inclusifs ; mais cela dépend de la manière dont les publics sont identifiés et mobilisés dans le processus de projet. La référence aux usages a donné lieu à l’émergence de nouvelles expertises pour combler les reproches faits aux professionnels relativement à cette question. Ces expertises sont souvent distinctes des métiers de la conception spatiale.

Cet article précise des pistes à considérer, dans un processus de projet, pour concevoir des villes plus inclusives.

Résumé
4
Le tourisme d’agrément dans les villes du patrimoine mondial au Maroc : les maisons-jardins dans le bidonville
Aba SADKI (UdeM - Université de Montréal)

Écartées pour longtemps du système urbain moderne, les villes historiques Marocaines (médinas) ont subi un long processus de marginalisation. Déqualifiées par le glissement des leurs fonctions vers les villes nouvelles et le changement de leur population entre les riches familles allant résider dans les villes nouvelles, et une population pauvre issue de l’exode rurale allant s’entasser dans les médinas, elles deviennent l’espace résidentiel d’une population pauvre rendue responsable de leur paupérisation.

Le tourisme les a remis au centre de considérations socioculturelles et économiques, et deviennent des espaces de convoitise pour les touristes étrangers qui réinvestissent certains quartiers, achètent et rénovent des maisons-jardins et les transforment en résidences secondaires ou en maisons d’hôtes. Ces actions patrimoniales, ignorent toutefois les pratiques visant à intensifier les relations sociales avec les habitants. Ainsi, les écarts se creusent et des tensions commencent à se faire sentir entre les deux groupes. La règle spatiale fondamentale de la mondialisation des médinas fonctionne selon une relation perverse du type dominant/dominé, avec une ségrégation marquée entre des résidences touristiques somptueuses et des maisons précaires et insalubres. Cette situation soulève la question de savoir s’il existe une cohabitation entre les visiteurs et les visités dans ces médinas du patrimoine de l’humanité, ou si un choc de cultures se prépare entre les deux groupes ?

Résumé
5
La minorité serbe au Kosovo : fragmentation et reconfiguration des identités post-conflit
Emilie Fort (Université Laval)

En 1999, faisant suite aux bombardements de l’Otan, le conflit opposant la Serbie au  Kosovo, prend fin. L’exode des Serbes s’accélère et nombreux sont ceux qui fuient pour la Serbie voisine. Pour les autres, qui ont fait le choix de demeurer au Kosovo, ils évoluent depuis dans des environnements dissemblables, selon leur positionnement géographique sur le territoire de l’ancienne province. Trois configurations sont observables et celles-ci se distinguent par différents degrés de concentration de population et un isolement plus ou moins important par rapport à la Serbie. La présente étude pose la question de l’influence de ces diverses configurations sur le processus de construction identitaire des Serbes du Kosovo.

De façon générale, les travaux qui se sont intéressés à la question se sont limités à des études de cas, c’est-à-dire à la construction identitaire dans une ville ou village (Sikimic, 2008 ; Van der Borgh et Lasance, 2014). Cette recherche propose plutôt d’appréhender la construction de l’identité dans une perspective comparative et de situer les diverses enclaves serbes dans leur environnement. En m’appuyant sur les auteurs constructivistes j’avance l’argument que les différents degrés d’isolement et de concentration de population vécus par les Serbes du Kosovo depuis la fin du conflit ont contribué à la fragmentation de l’identité serbe et à l’émergence d’identités distinctes.

Résumé
6
Minorités visibles, marges et stigmatisation territoriale dans les quartiers nord de Montréal : comment revendiquer un chez-soi
Violaine JOLIVET (UdeM - Université de Montréal)

Montréal-Nord et St Michel sont aux yeux de nombreux analystes québécois des quartier dit « en crise » par leurs indicateurs socio-économiques (les deux espaces figurent parmi les quartiers les plus pauvres du Canada) et les représentations médiatiques qui véhiculent  le plus souvent des images de quartiers dégradés en marge de la métropole montréalaise. A travers une analyse en géographie urbaine et sociale soucieuse d'étudier les processus de territorialisation et les mises à distance par l'espace, il s'agira de questionner le processus de marginalisation à l'oeuvre dans les quartiers nord de Montréal. Notre présentation souhaite étudier les rapports entre la production - physique et idéelle - des territoires urbains et les stratégies d’appropriation de l’espace pour les habitants de ces quartiers qui concentrent des minorités visibles. En m'intéressant plus particulièrement aux Montréalais d'origine haïtienne, je souhaite souligner le rôle de l'espace dans les processus de discrimination / stigmatisation qui influencent la capacité des citoyens-citadins se sentir et à revendiquer un chez eux ici. Je souhaite également souligner en retour comment les habitants de ces quartiers négocient leurs appropriations des lieux et participent de nouvelles territorialités urbaines.

 

Résumé
7
Nouvelles territorialités : le cas du village urbain de Villeray Ouest
Marie Renoux (Université du Québec à Montréal)

La nature des recherches en géographie urbaine et sociale démontre que la considération des diverses territorialités est essentielle à toute planification. C’est dans cet ordre d’idée que nous avons cherché à caractériser et délimiter un territoire particulier que constitue Villeray Ouest.

Le titre de village urbain (VU) résume la territorialité spécifique de Villeray Ouest. En effet, cette nature villageoise se retrouve à travers trois dimensions du secteur : sa matérialité, ses pratiques et ses représentations.

Notre analyse a été réalisée à partir d’observations directes et de sources documentaires. Les résultats démontrent que Villeray Ouest est bien un VU en tant qu’espace-support, en raison de sa taille, sa densité, sa morphologie et sa diversité fonctionnelle. Son statut est aussi confirmé par les pratiques de ses habitants : les transports actifs sont privilégiés, ainsi que les commerces et services de proximité; le nombre d’associations, de ruelles vertes ou d’aménagements temporaires dans le quartier participe aussi à construire un espace de vie à échelle restreinte; les pratiques sont polarisées autour de nœuds aux fonctions diverses, ce qui favorise les interactions sociales. Associées aux représentations du quartier, ces interactions portent une identité collective centrale à la notion de VU.

Le nouveau type de territorialité illustré par Villeray Ouest induit toutefois un questionnement sur le lent embourgeoisement à l’œuvre et un potentiel enclavement du secteur.

Résumé
8
La production de l’espace interculturel dans la ville
Sandrine mounier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La communication présentera la réflexion théorique sur un phénomène actuel ayant des enjeux sociaux, culturels et politiques: «la production de l'espace interculturel dans la ville». À travers un prisme transdisciplinaire et original s’inspirant de travaux en sociologie sur «l’interculturalité» et en géographie sociale sur «la production de l’espace», ce phénomène est considéré comme un processus dynamique lors duquel les relations sociales entre les divers groupes ethniques génèrent l’espace urbain social et géographique, et inversement. Dans ces deux champs, des auteurs (Juteau 2015, Lefebvre 1971) ont invité à adopter une approche constructiviste, systémique et multimodale pour observer les relations sociales faisant intervenir différents acteurs aux échelles macro- et micro- sociales (acteurs publics, privés, citoyens...) suivant des modalités idéelles et matérielles. Nonobstant, mon approche en études urbaines insiste davantage sur le caractère contextualisé des relations interethniques en appuyant que l’espace géographique et sociopolitique est un ancrage jouant un rôle fondamental. Ainsi, cette réflexion théorique présente «l’espace urbain interculturel» comme le produit social et géographique des relations interethniques qui évoluent de manière continue et dynamique en liens non seulement avec les considérations idéologiques, politiques et institutionnelles du contexte d’intégration, mais aussi avec les interprétations subjectives des appartenances ethniques.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Participations citoyennes et politiques publiques
Présidence/Animation : Christian Bélanger (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B45
1
La participation citoyenne et la crise de la démocratisation décisionnelle dans les projets d’aménagement d’intérêt public
Manel Djemel (UdeM - Université de Montréal)

Le monde observe aujourd’hui une crise de confiance dans les processus décisionnels et les systèmes de gouvernance. En effet, les paradigmes de l’aménagement de l’espace qui visent le « bien-faire» dans la ville, ont montré une certaine inefficacité face aux défis majeurs du développement urbain. D’ailleurs, la participation citoyenne, est souvent considérée comme la garante d’une justice sociale dans la prise de décision ainsi que de la réussite et de la légitimité des actions urbaines. Par ailleurs, ce processus entend aussi prendre en charge les conflits potentiels qui peuvent émerger dès lors que des acteurs aux intérêts et aux logiques divergents sont mobilisés. Or, la participation citoyenne se retrouve, au centre d’une tension entre un impératif de justice sociale et d’une posture de conciliation des conflits. Cet article présente les résultats préliminaires de notre projet de recherche doctoral. L’approche méthodologique étant l’étude de cas, l’observation du contexte d’étude révèle un nombre important de projets à Montréal faisant l’objet de contestations citoyennes et de conflits. Cet article vise à documenter, analyser d’une façon critique et caractériser les mécanismes de la participation citoyenne « excessive » dans les projets d’intérêt public et à examiner les conditions d’émergence de conflits à l’issue d’un processus qui se veut inclusif et équitable.

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2
La ville nouvelle comme vecteur de développement national dans la réforme de la politique urbaine marocaine
Laurence Côté-Roy (Université McGill)

En 2004, le gouvernement du Maroc lançait une initiative nationale prévoyant la création ex nihilo de 15 villes nouvelles pour accompagner le développement industriel et remédier à l'urbanisation galopante du Maroc. Loin d’être une intervention de planification urbaine isolée, plus d’une centaine de villes nouvelles ont vu le jour, depuis le début des années 1990, en Asie du Sud-est, au Moyen-Orient, et plus récemment en Afrique et en Amérique Latine. S’inscrivant dans le cadre théorique de la géographie culturelle, ma recherche s’intéresse au discours officiel soutenant le programme de villes nouvelles au Maroc. Mon analyse porte sur les arguments mobilisés par l’État marocain pour faire de ce modèle d’aménagement un levier pour le développement national, et un outil stratégique dans la quête d’objectifs de compétitivité internationale. En m’appuyant sur des entretiens réalisés avec des représentants du gouvernement et les gestionnaires de projets, je dresse un portrait critique du phénomène au Maroc. Mon analyse révèle un discours dominant teinté par le paradigme du développement durable, influencé par la multiplication des villes nouvelles ailleurs dans le monde et propulsé par le discours international sur l’essor de l’Afrique. Elle met aussi en relief les contradictions inhérentes du discours dominant et présente les balbutiements d’un contre-discours émergent qui remet en question le modèle.

Résumé
3
La contribution des terres des femmes à la souveraineté alimentaire en Bolivie à l’époque du Vivir Bien (Vivre bien)
Cécile Collinge (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )

En dépit de dizaines d’années d’études féministes (Michel 2000), la réalité des paysannes latino-américaines demeure méconnue (FAO et al., 2010). Dans le cadre d’une étude en géographie féministe (Gilbert, 1987; Gilbert et Rose, 1987; Louargant, 2002; Marius et Raibaud, 2013), sur la contribution des terres des femmes à la souveraineté alimentaire dans l’Altiplano bolivien, nous avons constaté que, malgré une nouvelle Constitution (Bolivia, 2009) et un processus de transformations sociales appelé « Buen Vivir » (de Sousa Santos, 2007, 2016) qui garantissent la souveraineté alimentaire et le respect des droits des femmes, dans la réalité, ce n’est pas toujours le cas (Collinge, 2015). Lors de cette étude, nous avons utilisé l’approche genre et développement (Martinez, 2008) et, comme le veut cette approche, une méthodologie  qui donne la parole aux principales intéressées (Mikkelsen, 2005), soit les paysannes. Malgré un manque d’accès à la terre, des ressources rudimentaires et peu de soutien, ces femmes contribuent de manière importante à la souveraineté alimentaire de leur région. Les niveaux d’autonomie des paysannes sont variables et dépendent, non pas tant de leurs terres, mais de divers soutiens relationnels. Dans cette présentation, après explication du contexte et de la méthodologie employée, nous proposons d’exposer le point de vue des paysannes sur leur souveraineté alimentaire et sur leur autonomie en rapport avec les transformations sociales actuelles en Bolivie.

Résumé
4
L’importance de l’analyse fine des connectivités entre les acteurs dans la modélisation des modes collaboratifs : une nouvelle logique pour les systèmes d’innovation
Marjolaine Adam (UdeM - Université de Montréal)

Cette recherche qualitative porte sur l’importance de l’analyse fine des connectivités entre les acteurs dans la modélisation des modes collaboratifs au sein d’un système d’innovation. La recherche a voulu reconnaître les facteurs et les sous-facteurs expliquant les connectivités vécues entre les acteurs universitaires, les entreprises et les organisations d’administration publique et parapublique au sein de leurs collaborations conduisant à l’innovation. Une enquête qualitative a été menée auprès de trente participants sélectionnés dans le secteur des sciences de la vie et de la technologie de la santé du Grand Montréal. L’analyse fine des discours nous a permis de dégager des thèmes reliés à quatre facteurs de connectivité facilitant la conduite de l’innovation et à cinquante-deux sous-facteurs de connectivité. Les connectivités multiscalaires se construisent à partir des sous-facteurs de connectivité pour lesquels la concertation entre les acteurs est plus difficile à atteindre. Cette logique est influencée par la densité de leurs réseaux, leurs liens de dépendance avec les autres acteurs et leur capacité d’agir librement quelle que soit l’échelle d’analyse. Nous concluons donc notre thèse en présentant un modèle actualisé de la conduite de l’innovation en prenant comme appui l’analyse fine des connectivités bousculant ainsi les principes généraux des théories expliquant la conduite de l’innovation.

Résumé
5
Vivre tels des animaux : métaphores du développement et accès à la terre pour les Van Gujjars du nord-ouest de l’Inde
Pierre-Alexandre Paquet (Université McGill)
Les Van Gujjars forment une communauté d'éleveurs pastoralistes devant année après année négocier leurs droits d'accès auprès du Département des forêts indien dans les états où ils s'installent pour une saison ou l'autre de l'année. Leur migration vers les pâturages himalayens se déroule en avril, tandis que leur retour au pied des collines des Shivaliks survient en septembre. Dans le contexte d'aujourd'hui, les migrations représentent une épreuve physique difficile s'accompagnant d'un risque financier important. Depuis nombre d'années, les Van Gujjars entretiennent cette idée que la vie sédentaire, ou du moins la propriété terrienne, pourrait leur offrir une vie meilleure. Dans cette optique, ces éleveurs pastoralistes se sont engagés dans d'interminables pourparlers avec le gouvernement indien afin que leurs droits coutumiers soient reconnus et que compensation leur soit faite comme le prévoit la loi. Cette communication basée sur un an de terrain parmi les Van Gujjars en 2013-2014 et deux séjours subséquents en 2015 et 2016 montre comment les Van Gujjars interprètent leur mobilisation politique de même que leurs échanges avec les bureaucrates de l'État et du département indien par le truchement de métaphores animalières dont le but est de définir quels comportements ou quelles dispositions d'esprit ils doivent cultiver afin de parvenir à leurs fins et s'engager sur ce chemin du développement qu'ils convoitent. Résumé
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Enjeux sociaux-environnementaux de la gestion intégrée de l’eau par bassin versant au Québec : le cas de la rivière Boyer
Josée Lemieux (Université Laval)

La gestion intégrée de l'eau par bassin versant (GIEBV) mené à la création de 33 organismes de bassins versants au Québec en 2002. En accord avec les principes de gouvernance, la GIEBV renvoie à une décentralisation des pouvoirs du gouvernement québécois vers le secteur municipal et les OBV.

Le bassin versant de la rivière Boyer fait l’objet d’une attention particulière depuis les années 1970 à cause des effets engendrés par l'importance de la pollution diffuse du cours d'eau. L’occupation du sol du bassin versant de la rivière Boyer est tourné surtout vers l’élevage porcin et les grandes cultures. Or, malgré l'attention croissante apportée à la gestion de la qualité de l'eau au Québec, la rivière Boyer demeure très polluée. Nous nous demandons donc si la GIEBV au Québec prévoit l’application des principes du développement durable et un suivi adéquat des effets de la décentralisation des pouvoirs sur l’évolution de la situation des bassins versants et Quels sont les freins à l’application d’une GIEBV efficace dans le bassin versant de la rivière Boyer?

La méthode de collecte de données inclut l’utilisation de données de première main et de littérature de seconde main. L’approche privilégiée est celle des entrevues semi-dirigées avec les acteurs impliqués dans la gestion de l’eau sur le territoire à l'étude. L’analyse thématique par catégories conceptualisantes (Paillé et Muchielli, 2008) servira à dégager un sens aux dynamiques entre acteurs qui émergeront de nos entrevues.

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Comment le souci de l’intérêt collectif influence-t-il le choix du mode de sollicitation des concepteurs dans un projet d’aménagement urbain? Étude de cas en France et au Québec
Machelle YE (UdeM - Université de Montréal)

Des débats existent, sur le contenu et les acteurs légitimes à formuler l’intérêt collectif, désigné par opposition aux intérêts individuels. Or, la démocratisation de l’action urbaine marque le tournant vers un consensus sur la légitimité de plusieurs catégories d’acteurs à définir cet intérêt collectif. Cette réalité questionne les légitimités traditionnelles de certains acteurs, souvent matérialisées dans différents modèles de contractualisation entre les parties prenantes.

L’objectif de cet article est de comprendre comment l’idée que la maîtrise d’ouvrage se fait de l’intérêt collectif, et de la manière de le formuler, influence son choix du mode de sollicitation des concepteurs. Deux cas de projets d’aménagement urbain en France et au Québec sont analysés à l’aide d’entrevues avec les acteurs et d’analyse de documents issus de procédures de sollicitation des concepteurs.

Les résultats montrent que le concours d’architecture – comme moyen de faire valoir l’intérêt collectif dans un projet – est l’objet de tensions dans la perception de plusieurs catégories d’acteurs ; les maîtrises d’ouvrages préfèrent des modes flexibles de sollicitation pour favoriser une co-construction de l’intérêt collectif entre maîtrise d’ouvrage, concepteurs et citoyens ; le mode de sollicitation est choisi en fonction du contenu que la maîtrise d’ouvrage donne à l’intérêt collectif.

L’article révèle des éléments clés à considérer pour définir l’intérêt collectif dans un projet d’aménagement urbain.

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Après-midi
13 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Individualité, milieu et contexte
Présidence/Animation : Stéphanie Netto (Université de Poitiers)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B39
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Néolibéralisme, inégalités et environnements : l’écologie en économie politique
David Champagne (University of British Columbia)

Popularisée par la géographie marxiste (Lefebvre, 1968; Harvey, 1974), l'étude du développement économique inégal ("uneven development") a eu une influence considérable non seulement en géographie, mais aussi en sociologie, en sciences politiques et en études urbaines. Toutefois, malgré des travaux remarquables en études de la soutenabilité des territoires (Satterthwaite, 2001), de l’Écologie politique (Swyngedouw, 2013) et du paradigme post-urbain (Wachsmuth, 2012), l’intégration des inégalités écologiques a certes tardé dans une approche au coeur même de l’économie politique, la perspective néomarxiste. C’est cependant ce à quoi nombre de recherches récentes se sont attaqués, et dont l’ouvrage de Jason W. Moore (2015) se veut la synthèse la plus percutante.

C’est donc du “renouveau” du marxisme en économie politique dont il est question dans cette présentation. Alors que la crise climatique, l'urgence des enjeux de pollution, mais aussi l’insoutenabilités des modes de consommation actuels atteint un point de non-retour, une question essentielle se pose: est-ce que notre logique économique a atteint sa limite face à l’environnement? Sommes-nous au tournant d’une époque ou à la fin des institutions capitalistes qui, depuis plus de cent ans, banalisent toute question écologique? Après avoir présenté l'approche environnementale en économie politique, nous élaborons comment la période néolibérale exacerbe les inégalités non seulement économiques, mais aussi écologiques.


 

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Récits de citadins riverains : le ruisseau Junction à Sudbury en Ontario
Anne Watelet (Université Laurentienne)

L’histoire environnementale a contribué à une meilleure compréhension du rôle des cours d’eau dans le développement économique et social des villes d’Amérique du Nord et d’Europe et des liens qui unissent une société au cours d’eau le long duquel elle s’est établie. Mais elle a aussi révélé une désappropriation du cours d’eau des populations riveraines par les différents acteurs de l’eau occupés à l’exploitation ou au contrôle de la ressource. Or par cette étude, nous souhaitons rapporter le récit de citadins riverains. Nous avons donc recueilli le témoignage de résidents d’un quartier riverain du ruisseau Junction à Sudbury par l’entremise d’un entretien semi-directif portant la période de 1945 à aujourd’hui. Une analyse de contenu permet d’étudier différentes composantes du rapport au cours d’eau, soit la composante affective (souvenirs marquants et sentiments), la connaissance du terrain et la perception des changements observés (biodiversité, pollution, aménagements) et l’expérience au quotidien (attraits et nuisances). Les résultats préliminaires montrent qu’au-delà de la contribution du cours d’eau à la qualité de vie et à l’éducation environnementale, apparaissent aussi des tensions entre sentiment d’appartenance et difficultés d’appropriation de ce quartier de la ville par une population minoritaire francophone. De plus, les récits apparaissent teintés par la culture de dégradation de l’environnement de la ville minière.

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(Fantasm)odorifique environnement : l’influence de la mémoire olfactive sur notre perception de la réalité
Natalie Bouchard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les notions fondamentales liées aux disciplines de l'architecture et du design de l'environnement sont : l’espace, les relations dans l’espace et les changements dans l’espace. La perception spatio-temporelle, acteur influent dans la modulation de notre réalité, est implicite dans chacune. Toujours est-il que ce paramètre est rarement pris en considération lors de l'élaboration de projets architecturaux et de planifications urbaines. Dans le but de dégager des pistes d'approche permettant le développement d'outils conceptuels pour les professionnels du milieu, je poursuis actuellement une étude sur le pouvoir des odeurs à modeler notre perception spatiotemporelle de l'environnement dans le cadre d'un doctorat en philosophie / sciences cognitives à l'UQÀM, et ce grâce au soutien financier du Fonds de recherche du Québec - Société et culture (FRQ-SC).

Ma réflexion sur le sujet est interdisciplinaire et se place dans la mouvance du lien entre les neurosciences et le design. Après avoir brièvement présenté, lors de ACFAS-83 (2014), les résultats d'une première exploration sur le terrain effectuée lors de mes études de maîtrise en aménagement, j'aimerais avoir l'opportunité de présenter mes derniers développements à ACFAS-85 dans le but de susciter la discussion, de soulever des questions et surtout de récolter les commentaires.

Merci de l’attention que vous porterez à ma proposition.

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Voyage aux confins du « chez-soi » dans les résidences pour personnes âgées : quatre cas dans la région de Montréal
Chiara Benetti (UdeM - Université de Montréal), Paula Negron (Université de Montréal), Sébastien Lord (Université de Montréal)

Favoriser le vieillissement actif est le principal objectif de la politique MADA au Québec. Nombreux aînés vieillissent dans leur maison, mais on assiste à une croissance des résidences pour personnes âgées. Malgré des services disponibles au sein de ces complexes, les caractéristiques des milieux urbains où ils s’implantent affectent la qualité de vie de leurs résidents. Quelles relations entretiennent ces derniers avec leur quartier? Comment ils assurent leur mobilité quotidienne? Nous avons réalisé des groupes de discussion dans quatre résidences de la région de Montréal : deux en situation d’insularité (à Pont-Viau et à l’île-des-sœurs) et deux dans des quartiers de première couronne de banlieue (à Ahuntsic et à Saint-Léonard). L’analyse montre des variations importantes. L’insularité permet de s’éloigner des  nuisances du centre-ville, mais est mal perçue si l’accessibilité aux commerces n’est pas assurée, comme c’est le cas à Pont-Viau. La cohabitation avec les autres communautés ethniques se vit de manière positive à Ahuntsic, mais pas à St-Léonard. Quelle que soit la résidence, la proximité aux espaces verts, aux commerces et services et la présence d’infrastructures facilitant la marche constituent des éléments clé pour un vieillissement actif. Finalement, malgré quelques problèmes, les aînés ont fait de la résidence leur dernier chez-soi, les villes devront étudier avec attention leur implantation et favoriser ainsi l’expérience positive du vieillissement.

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Le mariage consanguin
Monique Loiselle (UdeM - Université de Montréal)

Une recherche généalogique menée dans un village de 500 habitants de la Côte-Nord, au Québec, a révélé que 131 mariages consanguins ont été célébrés parmi les descendants des familles fondatrices au cours des générations (M. Loiselle 1996). On définit la consanguinité comme un lien de parenté entre des individus ayant au moins un ancêtre commun.  Selon les généticiens, les unions entre cousins provoqueraient des malformations congénitales chez les enfants.  C'est sous l'angle culturel que je me suis intéressée aux liens du sang entre cousins dans le cadre de ma recherche de doctorat en anthropologie.  L'étude des liens de parenté montre clairement des différences dans les relations familiales entre les cousins maternels et les cousins paternels. On note toutes sortes d'attitudes allant de la grande familiarité à la méfiance.  Par exemple, les cousins et cousines qui habitent des territoires familiaux contigus se considèrent comme des frères et des soeurs.  Entre eux, le mariage est strictement interdit, contrairement à ce qui se passe pour les cousins et cousines issus de territoires différents.  Au terme de cette étude préliminaire, tout indique que des règles de parenté ont été respectées par ces familles.

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Améliorer les conditions de sommeil de l’enfant vivant avec le trouble du spectre de l’autisme (TSA) grâce à un aménagement réfléchi et personnalisé de sa chambre
Audrey Bigras (CRISPESH), Audrey Bigras (CRISPESH), Suzanne Pitre (Cégep du Vieux Montréal), Joseph Darrous (College Dawson), Marise Lachapelle (CRISPESH), Charlotte Leroux (Cégep du Vieux Montréal), Tess Perron-Laurin (Cégep du Vieux Montréal)

De nombreuses études ont démontré que les problèmes de sommeil (ex. : insomnie, anxiété, réveils nocturnes, etc.) sont fréquents chez les enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le TSA se manifeste notamment par une hypersensibilité ou une hyposensibilité en lien avec des particularités sur le plan des perceptions sensorielles (vue, odorat, goût, ouïe, toucher, proprioception et équilibre). Le sommeil étant un besoin vital de l’être humain, il est pertinent de se baser sur les perceptions sensorielles des personnes ayant un TSA lors de l’aménagement de leur chambre, que ce soit par exemple, l’éclairage, les couleurs, les matériaux ou la disposition des meubles. L’objectif de cette recherche était de développer un cadre général, adaptable aux besoins individuels, d’aménagement de chambre pour enfants (2 à 12 ans) vivant avec un TSA. Pour ce faire, nous avons effectué une revue de la littérature, de même que des entretiens semi-dirigés avec des parents d’enfants ayant un TSA, ainsi que des experts du TSA. Ce projet novateur a mis à contribution une équipe dont les membres ont une expertise dans des créneaux aussi diversifiés que la recherche, le design d’intérieur et l’éducation spécialisée. Les retombées de ce projet permettront de proposer un design réfléchi et personnalisé afin de favoriser une meilleure qualité de sommeil chez les enfants ayant un TSA et ainsi améliorer la qualité de vie de leurs familles.

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