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308 - Représentations des dynamiques urbaines dans la littérature et le cinéma du Québec et du Brésil

Les interactions entre un sujet et des pratiques habitantes dans les espaces urbains des villes américaines, dans la littérature et le cinéma brésiliens et québécois. La façon dont la littérature et le cinéma représentent l’incorporation, par les villes américaines, des migrations internes et externes, des situations d’indigence, des modifications de la flânerie, bref des déplacements forcés ou spontanés qui engendrent des transformations dans la mémoire individuelle ou collective ainsi que des espaces d’interaction ou d’exclusion sociale et culturelle. Nous privilégierons les études comparées, mais une attention toute particulière sera accordée aux représentations de la ville de Montréal, étant donné la célébration, en 2017, de son 375e anniversaire.

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Colloque
Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
Université Rennes 2
Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3)
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 15
Communications orales
Mot d’ouverture et conférence
Présidence/Animation : Rita OLIVIERI-GODET (Université Rennes 2)
Discutant : Brigitte Thiérion (Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3))
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
09 h 00
Mot de bienvenue
Licia SOARES DE SOUZA (UQAM - Université du Québec à Montréal)
09 h 30
Habiter l’espace montréalais : dynamique des flâneries géopoétiques
Rachel Bouvet (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La géopoétique se présente comme un champ ouvert à différentes disciplines. L’ouvrage collectif Ville et géopoétique a amorcé la réflexion sur l’espace urbain en questionnant la fabrique de la ville (architecture, urbanisme), sa représentation chez certains poètes, et en ciblant quelques pratiques singulières comme la flânerie ou les expérimentations artistiques. J’aimerais poursuivre dans cette voie en faisant intervenir un autre point de vue, celui de la géographie, qui s’est inspirée des propos de Heidegger pour repenser la question de l’habiter (Berque, Biase et Bonnin; Roux). Dans un premier temps, je présenterai une conception dynamique de l’habiter, qui ne renvoie pas à une fixation dans l’espace géographique, mais qui inclut la mobilité (Amar, Stock) comme dimension intrinsèque de la relation de l’être au monde : « habiter c’est se construire en construisant le monde […], c’est cohabiter » (Lazzarotti). Dans un deuxième temps, j’étudierai la dynamique fondée sur la tension entre le lieu (orienté, désigné, assigné), le territoire (traversé) et le monde (synthèse des lieux et territoires) en analysant les flâneries organisées et publiées par La Traversée (Atelier de géopoétique, du moins celles dont les thèmes se rapportent à l’espace montréalais (ruelles, quartiers, trottoirs…). Enfin, dans un troisième temps, j’utiliserai la notion de signature géographique (« les graphes de passage de chaque homme, désormais ‘géo-graphe’ sur la terre, montrent sa place dans le monde », Lazzarotti) pour observer comment la marche à travers la ville crée un réseau dynamique s’inscrivant dans l’espace géographique et de quelle manière elle y ajoute des espaces à habiter autant par l’écriture (Carpentier) que par la lecture.

Résumé
10 h 15
Discussion
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Mobilités culturelles amérindiennes
Présidence/Animation : Brigitte Thiérion (Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3))
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
10 h 30
Mobilités culturelles amérindiennes : paysages urbains et mémoire du territoire dans la poésie de Natasha Kanapé Fontaine et Graça Graúna
Rita OLIVIERI-GODET (Université Rennes 2)

Notre communication interroge les constructions poétiques des paysages urbains en les mettant en perspective avec les multiples images de la mémoire du territoire autochtone et les référents culturels qui y sont rattachés. Notre analyse de deux recueils de poèmes, Bleuets et abricots (2016), de Natasha Kanapé Fontaine et Tear da palavra (2007), de Graça Graúna, deux écrivaines d’origine amérindienne vivant l’une dans la ville de Montréal, l’autre dans la ville de Recife (Nordeste du Brésil), met en évidence les rapports des Amérindiens à l’espace urbain et aux territoires autochtones en tenant compte de la complexité des figurations du processus d’interaction entre la dimension spatiale et l’être humain ; des pratiques de l’espace et des paysages ; du rapport aux changements des paysages et aux mobilités forcées, mis en scène par les sujets poétiques, selon que ces paysages renvoient à l’espace urbain ou à des territoires culturels traditionnels. Pour comprendre l’ambivalence des voix de ces femmes autochtones urbaines, partagées entre poétiques de la confrontation et de la relation, nous ne pouvons faire l’économie d’une analyse de l’imaginaire sur l’espace qui dévoile les stratégies de (re)constructions des identités amérindiennes dans la contemporanéité. 

Résumé
10 h 50
Voix du rap amérindien au Brésil et au Québec : altérité, identité et mémoire
Volnei José RIGHI (Université Rennes 2)

À partir des années 1980, le Hip Hop et le RAP sont utilisés, par les communautés périphériques et exclues, comme les vecteurs d’une manifestation artistique et culturelle, ainsi que de questionnement social, de résistance et de confrontation avec le pouvoir institué par le capitalisme mondial.

Dans ce Colloque, nous proposons un rapprochement entre le RAP produit par les Indiens du Brésil et le RAP autochtone du Québec. Au Brésil, il y a deux groupes formés par les indigènes de l’ethnie Guarani-Kaiowá, «Jovens Conscientes» et «Brô MC’s» issus de l'État du Mato Grosso do Sul. Ils font un mélange entre le Portugais et le Guarani pour dénoncer leur situation de misère et de confinement. Le rappeur métis Samian Tremblay, originaire de la communauté Pikogan, utilise quant à lui, la langue française et l’«Algonguin» (un dialecte local / sociolecte) pour dénoncer les conflits sociaux et culturels entre la vie quotidienne des grands centres urbains du Québec et les réalités des Autochtones. Dans les deux cas, le RAP met en évidence les conflits pour la propriété de la terre, l’effacement de la culture indigène et de la vie même de l’Indien.

Résumé
11 h 10
Bouche et papier : espaces de frictions du mot poétique
Edilene DIAS MATOS (UFBA - Universidade Federal da Bahia)

Cette étude met en évidence des interfaces / passages dans les œuvres de deux poètes «populaires». D'une part, le poète portugais Pinto Aleixo et sa satire «humanistique», en soulignant l'utilisation appropriée de l'expressivité verbale. D'autre part, le poète brésilien (bahianais) Antonio Vieira et la nature musicale de sa poésie satirique qui intègre ce qu'il a appelé « Cordel Remoçado ».  La poésie des deux poètes, faite pour provoquer des vibrations dans les mots, indique une chorégraphie du corps/geste, sur scène/espace en mouvement, oralité/écriture.

Résumé
11 h 30
Discussion
Dîner
12 h 00 à 13 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 00 à 14 h 20
Communications orales
Montréal, entre réalité et fiction
Présidence/Animation : Licia SOARES DE SOUZA (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
13 h 00
Les instants des rencontres dans Montréal et leurs impacts culturels
Patrick Imbert (Université d’Ottawa)

La façon dont les écrivains présentent l’insertion dans Montréal a fortement évoluée depuis 50 ans. Chez Ferron, dans ‘Rencontre au Kentucky’ dans son ouvrage intitulé Contes, la rencontre repose sur un dualisme qui mène à l’exclusion de l’étranger menaçant. Chez Dany Laferrière, l’instant de la rencontre se perd dans les stéréotypes dévorant la Blanche et le Nègre. Chez Elena Botchorichvili, les post-soviétiques vivent à Westmount dans un délire en partie passif et attardé dans une nostalgie  ambiguë. Chez Rivard, les Amériques recyclent les paradigmes de base  que partagent les Amériques comme barbarie/civilisation  pour valoriser le sauvage comme accès à l’autre, à l’inconnu en soi attiré par l’autre, l’étranger, l’étrange. Alors, est visée dans l’instant qui contient tout, une vie, une nouvelle culture de la ville des Amériques loin des laideurs de la commercialisation pour retrouver  une culture de la beauté du continent tant célébrée par Tomson Highway dans Comparing Mythologies. Ainsi, le vecteur du progrès comme celui du regret se dissolvent dans un instant plein, celui de la rencontre qui transforme, qui créolise culturellement.

Résumé
13 h 20
Poétique et imaginaires de Montréal dans la littérature québécoise contemporaine : A. Barbeau-Lavalette, M. Proulx et R. Robin
Adina Balint (The University of Winnipeg)

Le récit littéraire d’aujourd’hui ne semble plus habiter une ville, mais un palimpseste de villes. « L’esprit migrateur » (P. Ouellet) et « la rencontre transculturelle » (P. Imbert) s’avèrent être les nouvelles conditions de l’imaginaire contemporain. Quels visages de Montréal se déplient dans La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette et dans Ce qui reste de moi de Monique Proulx ? Et comment ces romans entrent-ils en dialogue avec « la parole immigrante » de Régine Robin dans La Québécoite ? Comment peut-on arpenter Montréal, se l’approprier, en saisir les secrets ? Et quelles dynamiques interculturelles ? Si le thème de la mutation s’est largement répandu dans la littérature québécoise des trente dernières années, sous l’impulsion des écrivains issus de la migration, aujourd’hui, la mutation n’est plus d’ordre géoculturel, mais de nature symbolique et ontologique (P. Ouellet). Ce sont ces questions que nous aborderons dans notre communication.

Résumé
13 h 40
L’espace de l’autre comme tentation : « Ce qu’il reste de moi » de Monique Proulx
Gérald GAUDET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Monique Proulx, avec le roman Ce qu’il reste de nous, résiste en fait à tous les discours de désolation qui hantent les consciences en ces débuts de millénaire.

L’autre est un espace porteur d’un imaginaire et d’un savoir relié au corps et à toute la mémoire qu’il porte. Avec lui, c’est l’origine qui est revisitée et qui retrouve sa puissance de résonance et de transfert. Car avec l’autre de l’espace, l’autre espace, chez Monique Proulx c’est la ferveur au commencement de toute fondation qui se redéploie.

Résumé
14 h 00
Discussion
14 h 20
Pause
14 h 45 à 16 h 00
Communications orales
Conférence
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
14 h 45
De lignes en lignes : poétique de l’écrivain-flâneur, pistes pour un imaginaire du lieu
Bertrand Gervais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La réflexion qui s’ouvre part d’un embryon de figure, d’une image souche en quelque sorte, celle d’un être qui explore un lieu et qui entreprend de témoigner de son expérience. S’agit-il d’un voyageur, d’un ethnologue, d’un écrivain, d’un flâneur? Cela importe peu. Il convient plutôt de s’interroger sur ce qu’il voit, note ou raconte. Cherche-t-il à rester au plus près des choses ou entreprend-il de transformer ce qu’il a noté en un récit ou un discours? Quelles lignes ses pas ont-ils tracé, quel discours permettent-ils de tenir? Un imaginaire du lieu a tout de même pris forme qui conjoint expérience et énonciation. J’entends explorer ici ce jeu entre le parcours dans l’espace et le discours qu’il permet de tenir. Et c’est la ligne qui me servira de jonction. La ligne, c’est-à-dire le tracé dans l’espace, le parcours effectué, le chemin parcouru; mais aussi, la trace écrite ou graphique, la ligne du discours, le fil d’une pensée qui se déploie. Ce double ancrage, dans l’univers physique comme dans l’univers du discours, en fait une notion idéale pour articuler le rapport entre expérience et témoignage qu’un imaginaire du lieu requiert. Je proposerai dans un premier temps quelques éléments pour définir un imaginaire du lieu, à partir notamment de la Trilogie des flâneries d’André Carpentier; je m’arrêterai, dans un second temps, sur un projet collectif, Hochelaga imaginaire, qui apparaît comme une expérience poétique collective d’exploration d’un quartier. Et tout au long de ce parcours, je m’arrêterai sur les diverses conceptions de la ligne impliquées par un tel imaginaire du lieu.

Résumé
15 h 30
Discussion
16 h 00 à 16 h 45
Communications orales
Lancement du livre de Licia Soares de Souza : « Figures spatiales de Montréal — Une géopoétique urbaine interaméricaine », Montréal, Société des Écrivains, 2017
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
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Avant-midi
09 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Table ronde — Hommage à Renée Legris : mot d’ouverture de Luc Bonenfant, directeur du Département d’études littéraires de l’UQAM
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
09 h 45
Points de vue périphériques sur l’itinéraire de recherche de Renée Legris
Françoise Le Gris (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Nous mettrons en perspective la part singulière qui situe ce parcours de Renée Legris entre  l’oreille fine, apte à saisir les rumeurs de la culture, de l’art, de l’histoire, des consciences, constituant un espace de l’écoute et l’oralité comme espace de la prise de parole.  Occuper l’espace de la parole, c’est donner sens à la vie individuelle, orienter la co-existence sociale, forger une culture, et construire une identité et un héritage collectif.

Résumé
10 h 05
Réflexions autour d’une recherche de Renée Legris : la figure des Amérindiens dans les téléséries québécoises
Licia SOARES DE SOUZA (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Nous présentons les études de Renée Legris qui montrent que, dans les téléséries de Radio- Canada, l’autochtone est perçu comme un étranger, aussi étranger que les immigrants arrivés au pays pendant les XIXe et XXe siècles. Legris a étudié les différentes représentations qui entourent la figure de l’Amérindien. Ces études mettent en lumière l’histoire tragique de plusieurs peuples (Iroquois, Hurons, Algonquins, Cris, Micmacs) à partir d’une lecture critique de la dramaturgie télévisive.

Résumé
10 h 25
Legs et fortune de Renée Legris
Chantal Savoie (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les travaux de Renée Legris sur la littérature et les médias, et principalement sur la littérature québécoise à la radio, ses formes, formats, modalités et impacts, font autorité, tant en regard des études radiophoniques et de la littérature québécoise que dans le contexte plus large des liens entre les sphères littéraire, théâtrale, culturelle et radiophonique. Pionnière au sens plein du terme, Renée Legris s’est attachée, avant tout le monde faut-il le rappeler, à un corpus et à des enjeux qui font désormais partie intégrante des études littéraires et culturelles. Éminemment moderne et bien enraciné dans le département d’études littéraires de l’UQAM, dont elle a été une chercheure marquante, son projet intellectuel a été indissociable d’une culture de l’enseignement et de la recherche qui a fait la renommée de l’UQAM. C’est dans la perspective de mettre en valeur le consistant héritage de cette voix forte et singulière au sein des études québécoises que nous avons conçu le projet de table ronde que nous présentons, et qui réunira trois chercheur-e-s de générations différentes qui mettront en valeur son leg intellectuel, notamment les synthèses et les outils qui portent sa signature intellectuelle, et qui ont contribué à une compréhension plus aboutie de la littérature et de la culture québécoise, mais aussi l’imposant fonds d’Archives radiophoniques qu’elle a légué au CRILCQ-site UQAM, dont certains aspects restent méconnus. C’est donc un hommage aux monuments sur la littérature radiophonique (les dictionnaires, anthologie, etc.) qu’elle a produit que nous souhaitons susciter, mais également la transmission aux générations actuelles de chercheurs d’une partie de l’intérêt des riches sources documentaires qu’elle a colligé tout au long de sa productive carrière, et ce afin d’en assurer la fortune. Qui plus est, cette table ronde se veut un coup de chapeau à une figure féminine qui a marqué le paysage des grands projets de recherche sur la littérature et la culture québécoise.

Résumé
10 h 45
Discussion
12 h 00
Pause
Dîner
12 h 00 à 13 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 00 à 14 h 20
Communications orales
Espaces de l’errance
Présidence/Animation : Rita OLIVIERI-GODET (Université Rennes 2)
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
13 h 00
Parintins : entre la jungle et la cité, la ville flottante
Karina Carvalho de Matos Marques (Université Rennes 2)

Um pedaço de lua caía na mata (1990) de Paulo Jacob a été acclamé par la critique comme le premier roman de l’écrivain consacré aux Séfarades installés en région amazonienne. À travers le regard du personnage juif Salomão, l’auteur y dresse le portrait de  Parintins, la ville-flottante. Contrairement au concept de ville comme un « objet spatial », « bien situé », « indéplaçable » et porteur d’un effet de « désenclavement » (LÉVY, 1996), elle est l’image de l’isolement et de l’aliénation. Entre le chaos de la jungle et le rêve d’urbanisation de Belém, l’autorité des « coronéis » et la négligence de l’État, la ville n’arrive pas à se situer. Le commerçant Salomão y incarne l’image du « braconnier » (HAREL, 2006), d’où l’usage de la ruse comme stratégie d’appartenance. J’analyserai donc cette image de la ville-flottante de façon à élargir la pensée sur les espaces urbains périphériques.

Résumé
13 h 20
Cartographies d’une ville fantôme : Canudos, 120 ans après « La guerre de la fin du monde »
Claudio Novaes (UEFS - Universidade Estadual de Feira de Santana)

En 2017, nous commémorons les 120 ans du dénouement tragique de la guerre de Canudos. Après la destruction, ce village du Sertão brésilien s’est reconstruit plusieurs fois, comme une ville fantasmagorique, édifiée dans la mémoire de la nation qui a massacré 25 mille habitants. La ville rebelle a surgi au XVIIIe siècle et a abrité à la fin du XIXe siècle le projet messianique d’Antonio Conselheiro, avec le nom de Belo Monte. Le village a été détruit par deux fois. La première fois, en 1897 par les feux de l’armée nationale à la fin de la guerre; la deuxième fois, en 1969 par les eaux du réservoir d’eau Cocorobó que le gouvernement fédéral a fait bâtir sur le site historique. La ville actuelle, une troisième édification, a été dénommée Canudos, une municipalité de l'État de Bahia. À partir de l'œuvre Os Sertões (Hautes terres en français) d'Euclides da Cunha, nous allons observer plusieurs récits et formations poétiques qui abordent les images et les avatars des trois villes dans la littérature et le cinéma brésiliens.

Résumé
13 h 40
En détournant le sens de réfugié sous la neige montréalaise : politique, errance et images en mouvement
Hudson Moura (University of Toronto)

Les réfugiés, comme ceux qui se trouvent sur leur chemin, sont confrontés à des situations limites (persécutions raciales et politiques) qui les différencient des autres immigrants. Le cinéma essaie d’embrasser ces adversités et de représenter leur invisibilité. Les cinéastes abordent diversement la ségrégation et la marginalisation sociale subies ainsi que les ambiguïtés et les incongruités liées au fait d’être ailleurs, privés de leur sens de l’orientation.

Dans Montréal la Blanche de Bachir Bensaddek, un chauffeur de taxi conduit la nuit de Noël, en plein mois du ramadan, sa compatriote algérienne dans laquelle il reconnaitra plus tard son idole de jeunesse. Fuyant tout contact avec sa communauté d’origine, elle tente de rejoindre son ex-mari afin de récupérer sa fillette. Elle erre dans une ville complètement enneigée, la Blanche ici peut autant se référer à l’hiver de la métropole qu’à leur pays d’origine.

Ces films compris comme des modes de sensibilité (Rancière) deviennent immédiatement politiques (Deleuze). Dans cette communication, je me propose d’examiner comment le cinéma explore l’expérience du réfugié à travers une esthétique politique contemporaine en abordant la perception du temps sur le portrait antagonique du corps du réfugié dans des voyages indéfinis.

Résumé
14 h 00
Discussion
14 h 20
Pause
14 h 30 à 15 h 40
Communications orales
Montréal : découverte, transit et appropriation
Présidence/Animation : Rita OLIVIERI-GODET (Université Rennes 2)
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
14 h 30
Montréal, espace de l’altérité dans « Chronique de la dérive douce » de Dany Laferrière
Brigitte Thiérion (Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3))

Dans Chronique de la dérive douce, Dany Laferrière retrace l’histoire d’un jeune homme de 23 ans qui fuit la dictature militaire en Haïti et arrive à Montréal. À travers le récit de ses premiers contacts et de ses expériences, il brosse le portrait d’une ville et d’une réalité totalement différentes de celles qu’il a laissées. Il décrit un espace où évoluent des gens marginaux, au destin également incertain et dévoile la manière dont le jeune homme déraciné, ayant perdu son identité, reconstruit peu à peu, par touches successives, dans le passage des saisons une nouvelle dignité et de nouvelles racines.

Résumé
14 h 50
Montréal dans la littérature numérique contemporaine
Enrico Agostini-Marchese (UdeM - Université de Montréal)

Ville, flâneries et dérives. Il y a environ 40 ans, Henri Lefebvre, dans son La production de l’espace, affirmait : « qui dit ‘spatialité urbaine’, dit aussi centre et centralité » (H. Lefebvre, 1974, p. 121). À l’ère du numérique, les espaces sur lesquels nous construisons nos vies ont changé complètement leur structure (A. R. Galloway, 2004). Si le concept d’espace a changé sensiblement, qu’en est-il de la « spatialité urbaine » ? Notre présentation vise à réfléchir sur la construction de l’imaginaire urbain contemporain : quelles sont les représentations littéraires d’un espace bouleversé par le numérique, devenu à la fois physique et virtuel ? Quelles sont les pratiques littéraires contemporaines pour représenter la ville aujourd’hui ? Pour appuyer cette réflexion, nous étudierons le cas de Dérives, projet littéraire numérique collaboratif consacré à Montréal.

Résumé
15 h 10
Hochelaga entre la rumeur et l’escalier : une incursion dans l’espace habité d’« Arabesques » de Pierre Samson
Benoit Bordeleau (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication portera sur le roman Arabesques (Pierre Samson, 2010) dont l’action se déroule dans le quartier Hochelaga à Montréal. Nous démontrerons comment le Complexe, immeuble d’habitation dépareillé et habité par un groupe de reclus, constitue un espace de résistance face au développement urbain montréalais des années 1960 et 1970. Pour ce faire, nous porterons notre attention sur les frontières qui délimitent cet espace hochelagais en élucidant leur mise en tension par les récits et les rumeurs (de Certeau, 1990) : ceux entretenus par les habitants du Complexe et celles de la ville rendant poreuses les frontières. Notre analyse sera mise en relation avec d’autres œuvres littéraires portant sur le même quartier, dont Les rumeurs d’Hochelaga (Jean Hamelin, 1971) et Homa Sweet Home (Patrick Lafontaine, 2008), qui permettront de mettre au jour les particularités de l’imaginaire littéraire d’Hochelaga.

Résumé
15 h 30
Discussion
15 h 50
Pause
16 h 00 à 17 h 00
Communications orales
Conférence de clôture
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 211
16 h 00
Hoche-Laga, Ville-Marie, Monte-Real! Au-delà de toute parole, la fondation de Montréal est essentiellement un chant
Jean Morisset (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Haut-lieu de mémoire mythique menant par le fleuve à un demi-continent, Montréal dégage une aura dépassant nettement les frontières du Québec et du Canada actuels.

À l’instar de ces villes-phares éclairant le monde, Montréal s’inscrit comme le centre d’une Franco-Amérique créole-métisse nourrissant un appel et suscitant un supplément d’âme que l’espace du rêve géopoétique peut parfois arriver à combler.

Ainsi, Montréal n’est pas dans ses fondements une ville coloniale française, mais une bourgade transculturelle métisse-créole. Ses racines sont moins européennes que créoles… et moins créoles que sauvages. Tout ce qui est venu entourer le 300e anniversaire de la Grande paix de Montréal en 2001 en témoigne. On découvre avec étonnement que la Ville-Marie de Maisonneuve qui ne regroupe en 1701 que 3600 habitants — dont 20 à 25 % sont français et 75 à 80 % des créoles canadiens et sauvages dits convertis — voit se rassembler autour de ses pistes terreuses, ses abatis et ses chemins herbacés plus de 1300 Sauvages issus de quelque 40 nations.

Il s’agit là d’un rassemblement transnational et polyglotte qui force à revoir la nature même de Montréal aussi bien à travers le temps et l’espace que dans sa signature présente. C’est là ce que je compte donner à voir et à entendre.

Résumé
16 h 45
Discussion
17 h 00
Mot de clôture