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16 - Entre campagnes et villes – cultures cherchent cultures : vers la conception d'un espace destiné au partage des connaissances et des expériences agriculturelles

Du samedi 11 au dimanche 12 juin 2016

Depuis la deuxième moitié du 20e siècle, le monde agricole est le lieu de convergences d’extraordinaires progrès scientifiques et technologiques comme de profonds bouleversements sociétaux. Le monde rural est au cœur des changements qui sont le fait de notre époque, qu’il s’agisse de réchauffement de la planète, de gestion des eaux, d’économie mondialisée, de migration, de surpopulation, de souveraineté alimentaire, de développement durable, d’écologie, de santé des humains, des animaux et des plantes ou même de cultures, de frontières, de droit et de démocratie. Il est le premier à subir les effets innombrables et souvent imprévisibles des décisions politiques et ententes commerciales qui ont pour buts avoués le progrès, l’efficacité, la richesse et le bien-être du plus grand nombre. Les progrès sont indéniables. Pourtant, les problèmes qui en découlent bousculent les modes de vie, ébranlent la confiance des populations, provoquent inquiétude et insécurité. Les questions concernant la sécurité alimentaire, l’éthique et le développement de l’agriculture entrepreneuriale se multiplient. On a l’impression que les réponses sont au mieux incomplètes, au pire manipulées par des intérêts hostiles. Incompréhension et méfiance teintent les échanges. En rassemblant des experts venus de disciplines, de secteurs et de milieux différents, ce colloque cherche une forme et une manière qui permettraient de faire émerger les questions sous un éclairage nouveau. Elles proviennent de trois champs : la sécurité, le développement de l’agriculture entrepreneuriale et l’éthique. Elles visent trois cibles : l’écologie et les technologies, les groupes fragilisés et l’alimentation.

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Colloque
Enjeux de la recherche
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
Fonds de recherche du Québec
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Mettre la table : présentation des trois champs de réflexion
Présidence/Animation : Louise POISSANT (Fonds de recherche du Québec - Société et culture)
09 h 00
Mot de bienvenue. Contexte et prospectives
09 h 05
Mot de bienvenue : Discussion en duo sur le partage des connaissances et les croisements disciplinaires et sectoriels autour des questions agriculturelles
Rémi Quirion (Scientifique en chef du Québec), Fadila LAANAN (Gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale)

Duo prévu du Scientifique en chef du Québec avec Mme Fadila Laanan, Secrétaire d'État à la recherche scientifique de la Région de Bruxelles-Capitale sur les questions autour de l'agriculture et de l'alimentation durables et des actions pour renforcer la transdisciplinarité, l'intersectorialité et la valorisation des résultats de recherche.

Résumé
09 h 13
En guise de préambule : Pourquoi la table, les nourriciers et les commensaux?
Monique Régimbald-Zeiber (UQAM - Université du Québec à Montréal), Denise Pérusse (Fonds de recherche du Québec)
09 h 20
La permaculture peut-elle sauver l'agriculture
Stefan SOBKOWIAK (Les fermes Miracle)

Un verger pour fonctionner comme un écosystème doit être plus qu'une monoculture. Un verger permaculturel cherche à recréer une bordure de forêt. Je montrerai notre verger et les principes qui s'appliquent à l'agriculture en général. Avec des exemples de polyculture pour les élevages et les cultures et comment ils peuvent sauver l'agriculture.

Résumé
09 h 35
De la ferme modèle
Michel Boulanger (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Ferme modèle c'est d'abord la construction de la maquette d'une ferme réalisée au moyen de l'imagerie de synthèse 3D que des artistes de diverses disciplines sont conviés à visiter avant de participer à son développement, en définissant progressivement son espace, la nature, le sens et la durée des évènements qui s'y produisent.

Les objets réalisés en imagerie de synthèse existent virtuellement et indépendamment des œuvres.Ils sont, et demeureront pour toujours, disponibles à se voir animés autrement, filmés selon un nouvel angle de caméra, habillés de nouvelles textures, révélés par des éclairages différents et impliqués dans de nouveaux scénarios, tels des acteurs qui demeurent disponibles à jouer dans un prochain film. Ainsi, depuis 2008, un décor de ferme se construit, s'agrandit, où sont tournées de nouvelles séquences animées, qui à leur tour ajoutent une couche d'identité à cet univers en construction. Ferme modèle s'intéresse à la place qu'occupe l'image de la ferme dans l'imaginaire collectif, opposant des représentations du domaine agricole contemporain aux images d'Épinal des paysages champêtres.

Résumé
09 h 50
Agriculture et campagne : une union à rebâtir
Diane Parent (Université Laval)

Il n'y a pas si longtemps, l'identité de la campagne était quasi exclusivement façonnée par l'agriculture…et c'est encore le cas dans l'imaginaire public. Aujourd'hui les ruptures démographique et socioculturelle entre le monde agricole et l'ensemble de la société ont fait en sorte que le public a un contact médiatisé avec l'agriculture et les images qui sont imprégnées tournent autour de mythe bucolique, folklorique voire à la limite, anti-intellectuel qui n'ont rien à voir avec la réalité. On constate même que le développement agricole qui s'est amorcé au milieu du 20e siècle a conduit à redessiner voire diviser les campagnes. Tout en soulignant le fait que pour une société, il est impératif de se soucier de son agriculture et ce, bien au-delà de sa fonction nourricière, nous développerons l'idée que la construction d'un nouveau contrat social entre l'agriculture, son territoire et l'ensemble de la société s'avère nécessaire. Cette entente ne peut cependant se bâtir sans une reconnaissance sociale et politique de l'agriculture sachant que le milieu agricole doit être une puissante force motrice de cette démarche : à titre de co-responsable et non d'unique coupable !

Résumé
10 h 05
La biodiversité : un concept dynamique
Pierre-Henri GOUYON (Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris)

La biodiversité est trop souvent perçue comme une liste d'espèces. Cette représentation, correspond à une conception pré-darwinienne du monde vivant fondée sur l'idée de création et de stabilité. Elle conduit à une approche au cas par cas du maintien de telle ou telle espèce ou, au mieux, d'échantillons de biotopes : des solutions de type « Arche de Noé ». Une approche de la biodiversité fondée sur le processus (de type naissance-mort) d'apparition/disparition de lignées évolutives modifie la façon d'appréhender le problème. Ce n'est plus des effets qu'on doit se préoccuper mais des causes. A la préservation d'espèces, se substitue la remise en route d'un processus qui est actuellement « en panne ». La diversité intra-spécifique doit, entre autres, être intégrée pleinement dans le concept (et la mesure) de la biodiversité. Le cas des espèces cultivées et de la façon dont notre mode de gestion actuel appauvrit la diversité est, à ce titre, exemplaire. A tel point qu'on a construit, en Norvège, une immense « Arche de Noé » sous-terraine censée tout sauver : les technologies du XXIème siècle au service d'une vision scientifique totalement obsolète ! Quelles sont les causes de cette perte de diversité, quelles seraient les solutions ? L'étude de ces questions exige une approche pluridisciplinaire incluant les sciences biologiques, mathématiques, sociales, juridiques, économiques et politiques.

Résumé
10 h 30 à 12 h 30
Panel
Mettre la table: le temps des commensaux
Participants : André BEAUDOIN (UPA - Union des producteurs agricoles), Catherine MERCIER (ICI Radio-Canada), Anne-Marie NINACS (UdeM - Université de Montréal), Anne-Hélène PRIEUR-RICHARD (Future Earth)
Après-midi
14 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Sur quoi tabler : écologie et technologies
Présidence/Animation : Maryse Lassonde (Fonds de recherche du Québec - Nature Technologie)
14 h 00
Gestion des territoires agricoles: une prise en compte nécessaire de la spatialité?
Jerome Theau (UdeS - Université de Sherbrooke)

L'espace est au cœur de la gestion des territoires agricoles. Que ce soit à l'échelle d'une parcelle, d'une exploitation ou d'un bassin versant, la localisation des processus physiques ou écologiques sur ces territoires ainsi que des interventions humaines, constitue un élément clef pour leur compréhension.

Les dernières décennies ont vu l'avènement des technologies géospatiales, en parallèle à une meilleure compréhension des écosystèmes et des cycles biogéochimiques. Ces progrès ont conduit à des changements de pratiques agricoles visant notamment l'optimisation de l'exploitation de ressources non renouvelables telles que les sols et le phosphore. La démocratisation croissante de ces technologies permet également leur utilisation au quotidien par les agriculteurs et bouleverse certaines pratiques.

Cette présentation abordera plusieurs notions et technologies géospatiales ayant un impact significatif sur la gestion des territoires agricoles. La notion d'unité spatiale de gestion (ex : parcelle, bassin versant) sera tout d'abord décrite. Ensuite, le principe d'agriculture de précision sera abordé, en lien avec ses technologies sous-jacentes telles que la géolocalisation, l'imagerie aérienne et satellitaire. Finalement, des outils prédictifs permettant la cartographie de différents paramètres agricoles seront présentés, en lien avec leurs implications dans la gestion agricole.

Résumé
14 h 15
Quand la science évacue l'éthique
Lyne Létourneau (Université Laval)

La science constitue le fondement de l'analyse des risques liés à l'alimentation. Dans plusieurs pays, les décisions relatives à la sécurité des aliments s'appuient sur la science. La croyance est en effet largement répandue en la possibilité d'une gestion du risque qui soit entièrement « objective ». Cependant, la démonstration scientifique de l'existence d'un risque est insuffisante en elle-même pour conclure à l'acceptabilité ou l'absence d'acceptabilité du risque. Pour ce faire, il faut franchir le pont qui sépare les faits des valeurs, terrain sur lequel se mobilise un éventail de points de vue concurrents qui exigent d'être entendus et pris en compte. Il en va de même de la démonstration scientifique de l'inexistence d'un risque. Au-delà de la conception scientifique du risque, qui se limite aux effets préjudiciables sur la santé et l'environnement, se déploie une conception élargie du risque qui englobe la sphère du respect de l'autonomie individuelle. S'il y a une leçon à tirer de la controverse ayant entouré les biotechnologies agricoles, c'est bien que la question de l'acceptabilité du risque ne peut faire exclusion de l'éthique… qui ne peut elle-même en retour faire abstraction de la science.

Résumé
14 h 30
Faire des agriculteurs des innovateurs en agroenvironnement : l'apport des laboratoires vivants
Julie Ruiz (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Face aux enjeux des agroécosystèmes (perte de biodiversité, dégradation des sols et de l'eau), les agriculteurs sont incités par les politiques publiques à changer leurs pratiques agricoles à travers l'adoption de mesures agroenvironnementales. Néanmoins, ces mesures sont le plus souvent proposées selon une approche descendante, de l'expert vers l'entreprise agricole. Or, elles n'ont pas réussi à susciter une large adhésion des agriculteurs ni à faire en sorte que la protection de l'environnement devienne partie intégrante de la culture du « bon agriculteur ». Afin de miser sur la culture d'innovation de la communauté agricole, le modèle des laboratoires vivants a récemment été déployé autour d'un projet de réhabilitation d'un bassin versant agricole du Québec avec l'hypothèse que celui-ci serait apte à faire des agriculteurs des innovateurs en agroenvironnement. Ce laboratoire vivant se présente comme une plate-forme d'intermédiation entre les acteurs (chercheurs-professionnels-agriculteurs) de la chaine d'innovation en agroenvironnement. Après avoir présenté le modèle, la méthodologie déployée et les résultats de la première année d'expérimentation, cette présentation discutera des défis d'avenir. En effet, l'enjeu environnemental contraint les innovations qu'un agriculteur peut adopter.

Résumé
15 h 00
Déchets, comment? Action ou résultat? Rencontres entre arts technologiques et matières résiduelles
Gisele TRUDEL (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les« grandes mesures environnementales » construction, transformation, remplissage, salissure, nettoyage ont pris, grâce à l'innovation scientifique et technologique, un tour radicalement nouveau. Qu'il s'agisse du traitement des eaux usées, de la pollution atmosphérique ou électromagnétique ou bien du lieu d'enfouissement technique de déchets, les matières résiduelles amènent des bouleversements du paysage qui sont à la fois visibles et invisibles, pouvant provoquer des expériences sensibles. Comment une démarche de recherche en arts technologiques peut-elle rendre compte de ces changements? C'est une enquête écologique et technologique enracinée dans les arts et les sciences qui fonde la cellule de recherche artistique Ælab. On y a créé des oeuvres d'envergure éclairées par les opérations des déchets et les philosophies processuelles et ce, depuis près de dix ans. Certains de ces projets seront présentés et discutés en séance.

Durant le congrès, Gisèle Trudel présente sa projection intitulée  « Irradier ».

Dates : du lundi 9 mai à 20 h 30 au vendredi 13 mai à 01 h 00

Lieu : UQAM - Façade du pavillon Président-Kennedy - Adresse : 201, avenue du Président-Kennedy.

Pour tous les détails, consultez la page suivante : www.acfas.ca/evenements/congres/programme/84/special/297641.




Résumé
15 h 30 à 17 h 00
Panel
Sur quoi tabler : le temps des commensaux
Participants : Marie-Joëlle BRASSARD (Cégep de Victoriaville), Aubert Michaud (Institut de recherche et de développement en agroenvironnement), Patrick MUNDLER (Université Laval), Ghislain PION
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 00
Communications orales
Passer sous la table : les groupes fragilisés
Présidence/Animation : Renaldo BATTISTA (Fonds de recherche du Québec - santé)
09 h 00
L'acceptabilité sociale de l'agriculture : vers un nouveau contrat social entre les agriculteurs et la société
Bruno Jean (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Dans les campagnes québécoises, on peut encore apercevoir le long des routes des pubs de l'UPA « Pas de nourriture sans agriculture ». Ce message indique bien en peu de mots deux évolutions majeures, soit d'un côté la mise en place d'une agriculture moderne (c'est-à-dire productiviste) qui s'est déconnectée de sa base sociale, la famille, de sa base économique, l'alimentation laissée à l'industrie,  et sa base territoriale, les régions. De l'autre, la montée en puissance d'une sensibilité écologique ou environnementale plutôt urbaine qui s'est mise à questionner cette agriculture. Ainsi, un enjeu d'acceptabilité sociale de l'agriculture se pose et il ne pourra trouver une issue que dans la renégociation d'un nouveau contrat social entre l'agriculture et la société.

Un tel contrat social devra remplacer l'ancien basé sur une politique agricole souvent nommée « cheap food policy » par une politique agricole capable à la fois de contrer la  déprise agricole dans les régions périphériques, contraire à un développement territorial durable, que les conflits liés à la cohabitation de l'agriculture avec les urbains des banlieues éloignées. De plus, ce nouveau contrat social devra répondre aux attentes de qualité et de salubrité des  aliments comme de la protection de l'environnement.

Finalement, nous tenterons de voir à quelles conditions un tel contrat social agriculture-société pourra favoriser un développement durable de tous les territoires du Québec.

Résumé
09 h 15
Le modèle agricole québécois à l'?épreuve de la mondialisation : contexte, enjeux et avenir
François L'Italien (Université Laval)

Au cours des dernières décennies, le Québec a réalisé des choix de société concernant son agriculture, qui se sont basés sur le projet d'accroître la maîtrise collective des leviers structurant l'économie agricole et l'occupation du territoire rural. Au-delà de leurs visées spécifiques, la plupart des lois, programmes, mesures et institutions régissant l'agriculture au Québec ont été conçus et se sont déployés dans l'horizon de ce projet. Par lui, plusieurs aspects stratégiques du modèle agricole québécois ont été mis en place, dont la protection du territoire agricole, le soutien du revenu des agriculteurs, les coopératives agricoles, la mise en marché collective, la gestion de l'offre et la représentation syndicale des agriculteurs.Or, si ce modèle a été soumis, dès l'origine, à des pressions économiques et financières d'importance, qui ont nécessité des ajustements et des compromis institutionnels entre acteurs, il faut convenir que ces pressions se sont accentuées au cours des dernières années. Provenant principalement des tendances à la concentration et à la consolidation du secteur agricole, ces pressions mettent aujourd'hui à rude épreuve l'efficacité et la cohérence des institutions du modèle agricole. La présentation consistera en un rapide survol de la signification des transformations qui ont cours actuellement, en tâchant à la fois de souligner ce qu'elles remettent en cause, mais aussi les propositions alternatives qu'elles sont susceptibles de susciter.

Résumé
09 h 30
Cultiver l'innovation sociale par la racine! Quelques facteurs à considérer
Simon Dugré (Cégep de Victoriaville - Centre d'innovation sociale en agriculture)

Dans cet exposé, Simon Dugré présente quelques exemples d'innovations sociales qui sont des réponses coconstruites par les acteurs du milieu agricole. Le Centre d'innovation sociale en agriculture (CISA), de par sa mission centrée sur la recherche pratique, s'appuie sur l'engagement formel de partenaires complémentaires qui s'engagent à expérimenter des solutions jusque-là impensées. Par exemple, à l'enjeu de la détresse psychologique des producteurs agricoles surchargés par le travail de la ferme, un modèle de service de remplacement était mis en place dans le Centre du Québec.  Un autre exemple est l'enjeu de la relève agricole et celui de l'accès aux terres, qui a trouvé une amorce de réponse dans la mise en place d'un service « Banque de terres, banque de ferme ». En continuité au service, d'autres travaux de recherche s'ajoutaient, visant cette fois-ci, le soutien au maillage entre les jeunes preneurs et les producteurs sans relève.  Finalement, l'enjeu de la souveraineté et de la sécurité alimentaire passera peut-être par le réseautage, dans la MRC d'Argenteuil, d'acteurs qui ne se connaissaient pas.  En conclusion, Simon Dugré soulèvera quelques facteurs qui président à l'innovation sociale en agriculture.

Résumé
09 h 45
L'(in)sécurité alimentaire des peuples autochtones entre colonialisme et dégradation environnementale : quelles voies vers la souveraineté alimentaire?
Sophie Theriault (Université d’Ottawa)



Cette intervention aura d'abord pour objet de cerner les sources et les dynamiques de l'insécurité alimentaire telle que vécue par les peuples autochtones au Canada,  en insistant particulièrement sur la situation des Inuit et des autres peuples autochtones du Nord. Une attention spécifique sera portée aux processus coloniaux et aux enjeux environnementaux qui menacent la pérennité des économies alimentaires autochtones, dont plusieurs sont toujours fondées dans une large mesure sur la chasse, la pêche, la cueillette et le partage des fruits de ces activités. Il s'agira dans un deuxième temps de proposer des pistes de réflexion afin de promouvoir la souveraineté alimentaire des peuples autochtones dans le respect de leurs de leurs droits, de leurs cultures et de leurs ordres normatifs. Au-delà de la reconnaissance et du respect des droits territoriaux, la souveraineté alimentaire des peuples autochtones exigerait des pouvoirs publics une compréhension accrue des dynamiques à l'œuvre au sein des économies alimentaires autochtones et des répercussions des activités de la société majoritaire sur la pérennité de ces économies.

Résumé
10 h 30 à 12 h 30
Panel
Passer sous la table: le temps des commensaux
Participants : Patrick EVANS (UQAM - Université du Québec à Montréal), Michèle LALANCETTE (UPA - Union des producteurs agricoles), Geneviève PARENT (Université Laval), René PRONOVOST (Jardin botanique de Montréal)
Après-midi
14 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Passer à table : alimentation
Présidence/Animation : Luc-alain Giraldeau (UQAM - Université du Québec à Montréal)
14 h 00
Nourrir la machine humaine. Nutrition et alimentation au Québec, 1860-1945
Caroline DURAND (Trent University)

Nourrir la machine humaine n'a jamais été simple. Hier comme aujourd'hui, tous ne s'entendent pas sur la nature des problèmes alimentaires et le type de solutions à apporter. Dans le cadre de la dernière tablée du colloque, je partagerai quelques réflexions historiques sur les inquiétudes et les craintes concernant la qualité de la diète des mangeurs du passé. Dès le tournant du 19ième et du 20ième siècles, un grand nombre de discours enjoignaient les mangeurs et les cuisinières à changer leur régime quotidien. Par exemple, le ministère de l'Agriculture cherchait à convaincre la population qu'on mangeait mieux à la campagne qu'à la ville ; des réformateurs se demandaient comment les membres de la classe ouvrière urbaine pouvaient mieux s'alimenter avec un budget restreint ; plusieurs membres du clergé s'inquiétaient de la transmission des connaissances culinaires aux futures mères de familles. En résumant les principales inquiétudes qui circulaient sur l'alimentation de la population et en analysant certains discours sur la diète dans leur contexte historique, j'entends démontrer que les anxiétés liées à l'alimentation moderne ont des racines complexes, enchevêtrées dans l'économie, la politique, la culture et les idéologies dominantes.

Résumé
14 h 15
Quand l'approche transdisciplinaire porte ses fruits
Sylvie Turgeon (Université Laval)

L'institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels a été créé en 2000 avec comme objectif d'améliorer la compréhension du rôle de certains composés alimentaires sur la santé. Les projets ont rassemblé les chercheurs des disciplines de l'agroalimentaire, de la nutrition et des sciences de la santé. Au fil des années, les constats sur la santé des populations et l'impact des facteurs environnementaux ont démontré qu'une approche de plus en plus holistique impliquant des champs disciplinaires diversifiés générait des retombées encore plus probantes pour tous les types d'utilisateurs des connaissances (consommateur, industrie, gouvernement, etc…). On reconnait maintenant le rôle central de l'aliment dans sa globalité, de la qualité de l'offre alimentaire et de l'adhésion à de saines habitudes alimentaires pour contribuer à la santé des populations. Les solutions à ces enjeux complexes doivent faire appel à des initiatives intégratives à l'interface des sciences appliquées, comportementales et sociétales. L'exposé présentera des exemples d'initiatives multisectorielles qui s'inscrivent dans le concept de santé durable et ayant un impact sociétal important. 

Résumé
14 h 30
Pour un modèle agricole équitable...

Tout ce que l'on mange provient de l'agriculture ou de la pêche. L'agriculture est source de vie. Or, plus souvent qu'à son tour, on en fait le procès.  Polluante, bruyante, coûteuse, trop industrielle, pas suffisamment compétitive : des mots que l'on scande sur la place publique et qui font couler beaucoup d'encre. La population ayant de moins en moins de lien avec le travail de la terre méconnaît l'agriculture telle qu'on la pratique aujourd'hui sur nos fermes. Car l'agriculture est en constante évolution, elle se transforme, elle s'adapte. Elle se spécialise dans certains cas, se diversifie dans d'autres.  Les technologies de pointe, conjuguées à une forte compétitivité sur des marchés de plus en plus ouverts, forcent les agriculteurs du monde  à produire toujours plus d'aliments à meilleurs prix. À l'autre bout du spectre, des producteurs répondent à des marchés de niche prisés par des consommateurs recherchant des produits qui correspondent à leurs valeurs.

Pour les agriculteurs, le défi de durabilité et de viabilité reste entier! Comment relever les défis sociétaux et environnementaux? Comment répondre aux besoins (souvent paradoxaux)  du consommateur à la fois citoyen? Comment intégrer les changements technologiques? Comment accroître la production afin de nourrir une planète qui comptera plus de 9,1 milliards d'habitants en 2050?

Résumé
15 h 00 à 16 h 30
Panel
Passer à table : le temps des commensaux
Participants : Mélanie Boucher (UQO - Université du Québec en Outaouais), Éric Duchemin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Pierre-Henri GOUYON (Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris), Louise SICURO (Culture pour tous)
16 h 30 à 19 h 00
Panel
Clôture et festin – Art, Science et Communautés : échanges dans l'espace d'exposition
Participants : Michel Boulanger (UQAM - Université du Québec à Montréal), Luc-alain Giraldeau (UQAM - Université du Québec à Montréal), René PRONOVOST (Jardin botanique de Montréal), Rémi Quirion (Fonds de recherche du Québec)