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83e du Congrès de l'Acfas

Colloque 623 - Les jeunes de minorités sexuelles, la diversité régionale et les rapports aux espaces (géographiques, symboliques et virtuels)

Mardi 26 mai de 09 h 00 à 17 h 30.
Responsable(s)
Julie Podmore John Abbott College, Line CHAMBERLAND UQAM - Université du Québec à Montréal
Description

Ce colloque propose une exploration multidisciplinaire de thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les jeunes (14-30 ans) de minorités sexuelles en prenant en compte le rapport aux espaces géographiques, symboliques et virtuels. L’expression « minorités sexuelles » réfère à divers groupes minorisés en raison de corps ou d’apparences corporelles, d’orientations sexuelles, d’identités ou de filiation non conformes aux normes culturelles sur la sexualité et le genre, et donc exposés à la stigmatisation et aux discriminations. Elle désigne principalement les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels/transgenres et queer (LGBTQ). Les problématiques touchant ces jeunes relèvent d’enjeux spécifiques liés à la fois à l’appartenance à un groupe d’âge, en transition de l’adolescence jusqu’à l’âge adulte, et à une cohorte générationnelle distincte des précédentes en raison des contextes juridiques, sociaux et culturels dans lesquels elle vit. Les études ont, à ce jour, essentiellement porté sur les milieux urbains, négligeant les petites villes et les régions rurales, où les conditions socioculturelles peuvent contribuer à amplifier les difficultés de dévoilement et d’expression publique de l’identité ou des préférences sexuelles. La rareté ou l’absence de réseaux associatifs ou de rencontres et la carence de ressources d’aide dans le domaine de la santé et des services sociaux pourraient contribuer à l’isolement et aux sentiments d’aliénation et de malaise chez ces jeunes. En revanche, l’expansion d’Internet et des médias sociaux ouvre des espaces virtuels accessibles, anonymes et gratuits, dont la fréquentation a des impacts en termes de résilience et de vulnérabilité.

Réunissant des chercheurs émergents et établis du Québec et de la France, ce colloque examine les réalités quotidiennes, sociales, relationnelles et sexuelles de ces jeunes sous trois angles :
1) Les variations régionales : les processus d’affirmation ou de coming out, les expériences conjugales et relationnelles, les comportements et la santé sexuels, la victimisation liée au statut sexuel minoritaire seront considérées tantôt en ressortant des spécificités liées au contexte sociogéographique (p. ex. le milieu rural), tantôt à travers une approche comparative interrégionale;
2) Les espaces virtuels : les mêmes dimensions seront revisitées en lien avec les usages d’Internet et des réseaux sociaux afin d’explorer comment les jeunes de minorités sexuelles s’approprient et utilisent ces nouveaux médias, tout en comparant aussi selon les caractéristiques de leur milieu résidentiel;
3) Les représentations des espaces géographiques et symboliques : certains quartiers urbains, contemporains ou mémoriels, sont associés à des usages commerciaux, associatifs et résidentiels par les minorités sexuelles et deviennent ainsi investis de significations multiples témoignant de processus d’identification ou de distanciation symbolique qui varient selon les générations LGBTQ.

Mardi 26 Mai 2015

9 h 00 - 12 h 30
Variations régionales 
Communications orales
Bâtiment – Local : IMQ – A356
9 h 00_rem_
Gilbert Émond Université Concordia, Raphaël Raphael.Bitera@inspq.qc.ca Bitera Institut national de santé publique du Québec, Florence Doualla-Bell, Institut national de santé publique du Québec, Cécile Tremblay, Institut national de santé publique du Québec

Au Québec, le VIH touche fortement les jeunes, dont les HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes), plus susceptibles d’acquérir des virus résistant aux médications

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Au Québec, le VIH touche fortement les jeunes, dont les HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) plus enclins à acquérir des virus résistant aux médications. Nous proposons une analyse des cas d’infection par le VIH des personnes de moins de 35 ans au Québec, à partir des cas nouvellement diagnostiqués et rapportés au programme de surveillance de l'infection par le VIH au Québec (INSPQ, 2002-2013). Les résultats révèlent qu’entre 2002 et 2013, 27% à 36% des cas diagnostiqués d’infection par le VIH par an l’ont été chez les jeunes (0-35 ans). Ces derniers représentaient 32% à 49% des cas chez les femmes et 24% à 35% chez les hommes. S’il y a peu de diagnostics avant 18 ans, leur nombre augmente géométriquement jusqu’à 35 ans. Les personnes qui s’injectent des drogues représentent 9,3% des cas et leur proportion diminue. Alors que l’infection est majoritairement acquise par contact homosexuel chez les hommes; les cas transmis par des contacts hétérosexuels (localement ou dans un pays endémique) prédominent chez les femmes (Drouin et al., 2015). Le nombre de cas est plus important dans les grands centres. La moitié des cas des HARSAH est associée à des clusters ou groupes de virus génétiquement proches. Cet indicateur de chaînes de transmission observé dans 30% des cas d’infection des jeunes est d’autant plus important que les porteurs ne savent pas qu’ils sont infectés et que beaucoup de virus déjouent les médications actuelles (Brenner, 2015).



9 h 30_rem_
Martin Blais UQAM - Université du Québec à Montréal, Mathieu Philibert UQAM - Université du Québec à Montréal, Félix-Antoine Bergeron UQAM - Université du Québec à Montréal, Martine HÉBERT UQAM - Université du Québec à Montréal, Line CHAMBERLAND UQAM - Université du Québec à Montréal, Francine Lavoie Université Laval

Exclusion sur la base de l’orientation sexuelle chez les jeunes du Québec : une analyse de la contribution des caractéristiques socioéconomiques du quartier de résidence

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La théorie de la désorganisation sociale explique les variations géographiques de comportements par la contribution de certaines caractéristiques socioéconomiques locales. Cette étude vise à explorer l’association entre l’exclusion sur la base de l’orientation sexuelle (EOS) chez les jeunes et certaines caractéristiques socioéconomiques du quartier de résidence mises en lumière par la théorie de la désorganisation sociale. Plus de 8 000 jeunes du Québec âgés de 14 à 18 ans ont participé à l’enquête sur les Parcours amoureux des jeunes (2011-2013). Un modèle de régression a été réalisé afin de prédire l’occurrence de l’EOS à partir du statut sexuel minoritaire et de caractéristiques socioéconomiques (proportions de familles sous le seuil de revenu, d’immigrants, de familles monoparentales et de stabilité résidentielle), en contrôlant pour des caractéristiques individuelles (sexe, âge et statut d’immigrant). L’occurrence d’EOS était significativement plus élevée chez les jeunes hommes et femmes de minorités sexuelles comparativement aux jeunes hétérosexuels. L’EOS serait associée au type de quartier de résidence, certaines caractéristiques socioéconomiques du quartier de résidence étant associées à des degrés divers d’EOS. Ces analyses constituent l’une des premières explorations de l’influence des caractéristiques des milieux de résidence sur l’EOS et ouvrent des pistes de recherche importantes pour comprendre le rôle des milieux de vie dans l’EOS.

10 h 00_rem_
Alain Léobon Centre national de la recherche scientifique, Yannick Chicoine Brathwaite Université de Montréal, Joanne Otis UQAM - Université du Québec à Montréal

Discriminations et attitudes négatives rapportées par les jeunes HARSAH québécois : une source de vulnérabilité à l’intersection de divers lieux et catégories d’oppression

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Si les propos et les comportements homophobes nous rappellent que l’orientation sexuelle reste au cœur de la matrice de domination des minorités sexuelles, le sentiment de discrimination peut se construire de manière additive et concerner d’autres catégories d’oppression : origine ethnoculturelle, identité de genre, sérophobie, travail du sexe, image corporelle ou certaines « attitudes » faisant l’objet des pressions normatives. Le Net Gay Baromètre canadien 2014 a permis de recruter 992 répondants québécois de 16 à 24 ans. Parmi ces jeunes hommes, 28% déclarent avoir souffert de discrimination et rapportent plus souvent que leurs aînés se sentir stigmatisés au regard de leur orientation sexuelle (38% versus 16%), de leur attitude (« avoir des manières » : 21% vs 7%) ou comme travailleur du sexe. Ces discriminations s’exercent le plus souvent dans l’espace public, à l’école ou sur Internet. Ces jeunes sont deux fois plus nombreux que leurs aînés à déclarer au moins deux types de discrimination (22% vs 11%). Comparé à ceux qui ne rapportent pas de discrimination, le groupe « multi-discriminé » rapporte plus souvent avoir été injurié (70% vs 10%) ou agressé (8% vs 1%) en raison de l’orientation sexuelle, être dépressif (63% vs 35%) et avoir des idées suicidaires (26% vs 9%). Cette analyse préliminaire dresse un portrait contrasté montrant, pour le quart des jeunes HARSAH, une plus forte vulnérabilité associée à leur déclaration d’un sentiment de multiples discriminations.

11 h 00_rem_
Line CHAMBERLAND UQAM - Université du Québec à Montréal, Jean DUMAS Réseau de recherche en santé des populations du Québec, Joseph Josy LEVY UQAM - Université du Québec à Montréal

Préoccupations en matière de santé et usages d’Internet parmi les personnes LGBT : variations régionales au Québec

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Dans le domaine de la santé (physique, mentale, sexuelle, relations interpersonnelles et sociales, etc.), Internet permet l’accès à de nombreuses ressources, de la recherche d’informations à des activités interactives en direct ou en différé (babillards, forums de discussion, salons de clavardage ou médias sociaux tels que Facebook). Afin d’évaluer les usages, une population pancanadienne de personnes LGBT a répondu, en 2010, à un questionnaire auto-administré en ligne (n=2187). Cet échantillon comprenait 808 résidents du Québec dont 239 vivant sur le territoire de la ville de Montréal. Lorsque les résidents de Montréal sont comparés à ceux résidants dans d’autres endroits au Québec, les associations statistiques (X2) indiquent très peu de différences quant aux usages d’Internet à des fins de santé et il en est de même pour l’évaluation de leurs répercussions sur la santé. Par contre, les préoccupations en matière de santé varient en fonction de la résidence. Les personnes LGBT montréalaises sont davantage confrontées à des problématiques touchant la santé mentale et sexuelle, ainsi que les habitudes de vie alors que celles vivant dans d’autres régions sont plus préoccupées par les usages compulsifs d’Internet et les relations interpersonnelles et sociales. Ces résultats peuvent aider à l’amélioration des contenus en ligne et au développement des activités interactives à l’intention des personnes LGBT en tenant compte des contraintes régionales.

11 h 30_rem_
Laurence LÉPINE Cégep de la Gaspésie et des Iles, Gilbert Bélanger CIRADD - Centre d'initiation à la recherche et d'aide au développement durable

L’opinion des intervenants du Réseau des alliés sur la situation des LGBT en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine : approche par carte heuristique

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En collaboration avec le réseau des Alliés, le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD) a mené une consultation dans les six MRC de la Gaspésie et des Îles chez des intervenants œuvrant auprès des personnes LGBT de la région. Afin de mieux cerner les enjeux locaux et de favoriser un dialogue entre spécialistes provenant de professions et de milieux de travail différents, une approche qualitative par carte heuristique, inspirée des méthodes employées en concertation et en développement durable, a été utilisée. La co-construction des cartes heuristiques et leur fusion a permis de dégager trois problématiques majeures communes à la région: l’isolement social, la peur de la divulgation et l’accessibilité des soins de santé et de services sociaux. Quelques disparités entre MRC ont aussi été constatées. Bien que la plupart des problématiques identifiées soient cohérentes avec la littérature sur le sujet, certaines particularités ont été notées, notamment concernant les déplacements vers la ville et la chaîne de confidentialité des services de santé. Les informations obtenues ont mené à la rédaction d’un questionnaire adapté à la réalité LGBT gaspésienne qui sera utilisé dans une enquête quantitative visant à mieux documenter les problématiques spécifiques de la région et à créer de nouveaux outils d’intervention.



12 h 00_rem_
Jean DUMAS Réseau de recherche en santé des populations du Québec

L’adéquation des services sociaux et de santé avec les besoins des minorités sexuelles au Québec : une comparaison entre Montréal et le reste du Québec

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L’expérience des minorités sexuelles dans l’accès et l’utilisation des services sociaux et de santé demeure peu documentée au Québec. Une recherche menée au Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance entre 2011 et 2013 s’est donnée comme objectif principal de mesurer l’adéquation des services avec les besoins des personnes LGBT. La méthodologie comprenait des entretiens avec des informateurs clés (n=20) et un questionnaire en ligne destiné aux personnes LGBT (n=736). Les principaux résultats de cette recherche démontrent que les femmes de minorités sexuelles (par exemple, les lesbiennes et les bisexuelles), les jeunes de moins de 30 ans et les personnes transgenres sont moins satisfaits des services. Étonnamment, les résidents de l’extérieur de la région de Montréal sont davantage satisfaits. Des hypothèses explicatives seront suggérées. Les commentaires des participants comprennent de nombreuses suggestions pour l’amélioration des services, telles que favoriser un environnement accueillant à l’aide de signes d’ouvertures à propos de la diversité sexuelle et de genre, ou la formation continue des professionnels de la santé sur les besoins propres à chacun des sous-groupe parmi les minorités sexuelles. Ces recommandations rejoignent celles d’autres études menées dans plusieurs pays et feront l’objet d’activités de transfert de connaissances dans le cadre du Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie 2011-2016.

14 h 00 - 15 h 30
Espaces virtuels
Communications orales
Bâtiment – Local : IMQ – A356
14 h 00_rem_
Alain Léobon Centre national de la recherche scientifique, Yannick Chicoine Brathwaite Université de Montréal, Joanne Otis UQAM - Université du Québec à Montréal

Lieux de vie et de socialisation : parcours sociosexuels, dévoilement et affirmation identitaire des jeunes HARSAH québécois selon l’enquête canadienne Net Gay Baromètre 2014

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Le Net Gay Baromètre canadien a permis de recruter 992 répondants québécois âgés de 16 à 24 ans. Ces jeunes hommes sont moins nombreux que leurs aînés à déclarer fréquenter des lieux réputés « gais » préférant les lieux « mixtes » (49% vs 33%) ou les espaces non identitaires (« straight », 47% vs 33%) pour faire des rencontres. Ils privilégient aussi plus souvent des lieux de sociabilité (bars, discothèques, associations) que des lieux sexuels (saunas, lieux de drague extérieurs). Leurs amis sont en majorité et plus souvent hétérosexuels (59% vs 43%). Sur le plan de l’attirance, des comportements ou de l’identité sexuelle, ils rapportent plus souvent que leurs aînés se sentir attirés par les hommes. De plus, la presque totalité d’entre eux ont dévoilé leur homosexualité à leur amis (83% vs 59%). Concernant la recherche active d’un partenaire stable, ils rapportent plus d’aventures que leurs aînés avec des partenaires occasionnels qu’ils revoient plus souvent et pour lesquels ils développent souvent des sentiments, se disant plus souvent dans une relation de couple (61% vs 48%). Cette étude dresse un portrait des jeunes HARSAH assez rassurant au regard de leur parcours relationnel : ces jeunes semblent construire leur identité gaie dans un contexte de mixité homo/hétérosexuelle qui leur est favorable et qui pourrait être renforcée par leur participation active aux réseaux sociaux, 68% d’entre eux ayant été recrutés sur Facebook.

14 h 30_rem_
Dominic Beaulieu-prévost UQAM - Université du Québec à Montréal, Sylvie LÉVESQUE UQAM - Université du Québec à Montréal, Martin Blais UQAM - Université du Québec à Montréal, Marie-Aude BOISLARD UQAM - Université du Québec à Montréal, Joseph Josy LEVY UQAM - Université du Québec à Montréal

L’utilisation sociosexuelle des espaces virtuels chez les étudiants de l’UQAM en fonction de l’orientation sexuelle

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Les téléphones cellulaires, l’internet et les autres nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) font maintenant partie de la vie de tous les jours, particulièrement chez les jeunes adultes. En plus de participer à la démocratisation de l’information, ces technologies ont aussi ouvert la porte à de nouveaux espaces virtuels de socialisation et, donc, à de nouvelles façons d’entrer en relation. À titre d’exemple, plus de la moitié des Canadiens utilisant internet consultent leur profil Facebook chaque jour. Ces espaces virtuels sont aussi utilisés de plus en plus à des fins sexuelles (ex. : sites de rencontre, cybersexe, sexting), mais les études sur le sujet sont encore rares. En 2013, une enquête en ligne portant sur plusieurs facettes de la santé sexuelle des étudiants de l’UQAM a été effectuée (n=3331). L’enquête incluait entre autres des questions sur l’orientation sexuelle (OS) et la fréquence d’utilisation de NTIC à des fins sociales (ex. : texting, réseaux sociaux, jeux vidéos) ou sexuelles (ex. : sexting, sites de rencontre, consommation de pornographie, cybersexe). Les différentes utilisations sociales et sexuelles des espaces virtuels et des NTIC chez cette population seront abordées en fonction de l’OS et du genre. Les résultats démontrent que les patrons d’utilisation dépendent de l’orientation sexuelle et du genre, ce qui suggère que ces espaces virtuels ne sont pas investis également par ces différentes populations.

15 h 00_rem_
Mariève BEAUCHEMIN UQAM - Université du Québec à Montréal, Simon CORNEAU UQAM - Université du Québec à Montréal, Dominic Beaulieu-prévost UQAM - Université du Québec à Montréal

Jeunes hommes de minorités sexuelles et usage de pornographie gaie : portrait comparatif entre grands centres urbains et régions au Québec

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Selon plusieurs auteurs s’intéressant à l’usage d’Internet chez les jeunes hommes de minorités sexuelles, la pornographie gaie serait une source d’apprentissage importante par rapport à leur orientation sexuelle et à la sexualité, surtout en l’absence d’autres modèles dans leur environnement. Dans ce contexte, il importe de questionner l’influence que pourrait avoir le lieu de résidence sur la relation existant entre la pornographie gaie et son usager. Cette conférence présentera donc des résultats issus de mon projet de maîtrise qui s’intéresse à une portion des données concernant les jeunes hommes de 16 à 30 ans du plus vaste projet EPUR (Étude sur la Pornographie gaie : Usages et Représentations chez les hommes québécois). Nous tenterons donc de répondre aux questions suivantes : 1) Quels sont les profils d’usage de pornographie gaie des jeunes hommes de 16-30 ans québécois selon leur lieu de résidence? ET 2) Y a-t-il des différences ou des similarités entre ceux habitant les grands centres urbains de ceux habitant en régions plus éloignées? Pour terminer, des pistes de réflexion par rapport aux résultats soulevés seront formulées.

16 h 00 - 17 h 30
Représentations des espaces géographiques et symboliques
Communications orales
Bâtiment – Local : IMQ – A356
16 h 00_rem_
Julie Podmore John Abbott College

Le quartier « queer » comme habitus générationnel : une étude de cas intersectionnelle du quartier Mile End à Montréal

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La récente perte de spécificité gaie (« de-gaying ») des villages gais et la formation d'autres quartiers « queer-friendly » dans les centres-villes suggèrent des changements dans les relations entre les populations LGBT et les espaces urbains. Bien que le marché foncier urbain ait certainement façonné ces changements, la redéfinition des identités sexuelles par les nouvelles générations LGBT joue également un rôle dans la production de certains de ces quartiers. Cette présentation examine ces changements à travers une étude de cas de la production et de l'expérience du Mile-End, un quartier « queer » en pleine formation dans le paysage du centre-ville de Montréal. Au cours de la dernière décennie, ce quartier a été produit comme une alternative au Village gai, plus précisément comme incarnant le lieu de la culture « queer » dans la ville. Cette présentation examine comment le quartier Mile End est fonction d’un habitus social, linguistique et générationnel pour les jeunes qui s’identifient comme « queer ». S'appuyant sur des entretiens avec des jeunes (20-30 ans) LGBT qui vivent dans le Mile End et ses quartiers adjacents, je soutiens que ce quartier « queer » a été façonnée ainsi par les intersections de la classe sociale, de la langue et surtout, de la génération, conduisant à la création d'un habitus sexuel distinctif dans le centre-ville.

16 h 30_rem_
Bruno Laprade UQAM - Université du Québec à Montréal

Jeunes LGBTQ et Village gai : réflexions politiques au gré d’une visite guidée

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Une visite guidée qui devait servir d’outil de sensibilisation sur la réalité des jeunes LGBTQ dans le Village gai s’est avérée un formidable moyen d’ouvrir des espaces politiques et d’amorcer des réflexions théoriques sur la complexité des rapports entre les jeunes et cette enclave montréalaise. En effet, la transmission historique intergénérationnelle peut servir de moteur d’empowerment et démarrer un processus critique dans ce lieu habituellement considéré comme un espace de consommation.  L’apport d’une telle perspective jeunesse entre ainsi en dialogue avec la littérature sur les espaces LGBTQ tout en s’inscrivant contre les perceptions du discours mainstream à l’égard du Village.  Cette communication cherche d’une part à retracer les étapes de cette marche exploratoire et à en partager les constats. 

 



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