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83e du Congrès de l'Acfas

Colloque 418 - Le Nord québécois, un milieu géographique aux multiples visages : états des lieux et défis actuels

Du mercredi 27 mai à 09 h 30 au jeudi 28 mai à 12 h 00.
Responsable(s)
Martin SIMARD UQAC - Université du Québec à Chicoutimi, Laurie Guimond UQAM - Université du Québec à Montréal, Etienne Boucher UQAM - Université du Québec à Montréal, Étienne Rivard Université Laval
Description

Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.

Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.

Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.

Mercredi 27 Mai 2015

9 h 30 - 10 h 00
Ouverture du colloque
Communications orales
Bâtiment – Local : CÉGEP – D230
9 h 30_rem_
Mot de bienvenue
9 h 40_rem_
Martin SIMARD UQAC - Université du Québec à Chicoutimi

Problématique du colloque : le Nord québécois comme milieu géographique, contexte, enjeux et défis

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Le nord québécois est un milieu géographique complexe et relativement peu connu. L’adoption en 2011 du Plan nord par le gouvernement du Québec a initié un renouveau d’intérêt envers cet espace singulier, malgré les aléas du projet. Cette présentation vise donc à faire un tour d’horizon des grands enjeux et défis qui touchent ce territoire. Sept thèmes majeurs seront abordés afin de contextualiser et de lancer les discussions : Comment délimiter le nord québécois ? S’agit d’une ou de plusieurs régions géographiques ? Quelles sont les particularités politico-administratives de ce territoire et quels changements peut-on envisager ? De quelle façon se présentent les défis reliés à l’environnement naturel et aux changements climatiques ? Comment catégoriser et mieux comprendre les établissements humains que l’on y retrouve ? Quelles sont les perspectives de développement dans le contexte des crises qui affectent les industries forestières et minières ? Quelle place doit-être accordée aux stratégies de conservation ou de mises en valeur récréo-touristique ?



10 h 00_rem_
Pause
10 h 20 - 12 h 00
Le Nord québécois : environnement et ressources naturelles
Communications orales
Présidence/animation : Martin SIMARD UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Bâtiment – Local : CÉGEP – D230
10 h 20_rem_
Etienne Boucher UQAM - Université du Québec à Montréal, Antoine Nicault Université de Provence Aix-Marseille, Dominique ARSENEAULT UQAR - Université du Québec à Rimouski, Francus Francus Institut national de la recherche scientifique - Eau Terre Environnement, Martine Savard Commission géologique du Canada, Christian Bégin Commission géologique du Canada, Yves Bégin Institut national de la recherche scientifique

Fluctuation et persistance hydrologique au Québec-Labrador : importance pour la gestion durable de la production hydroélectrique

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Sur un vaste territoire comme la péninsule du Québec-Labrador, la gestion de la ressource hydrique en vue de la production hydro-électrique est une tâche complexe. Cette gestion permet de garantir un accès fiable à l’énergie hydro-électrique afin de soutenir la croissance économique et de réduire les risques de déficits énergétiques. Pour s’inscrire dans la durabilité, ce travail d’harmonisation doit être basé sur une représentation adéquate de la variabilité naturelle de l’offre en eau. Afin de jeter un nouvel éclairage sur cette variabilité hydrologique, nous avons reconstitué l’évolution des approvisionnements en eau sur la péninsule du Québec-Labrador. Notre premier constat est qu’il existe, dans les reconstitutions hydrologiques, une forme de mémoire chronologique dans l’évolution des apports, c’est à dire une propension du système à persister dans des états de forte ou de faible hydraulicité. Cette propriété ne peut être abordée qu’en présence de séries temporelles suffisamment longues. L’autre constat est qu’il existe une importante variabilité spatiale dans les approvisionnements. Nos recherches suggèrent de prendre en compte ces caractéristiques spatio-temporelles pour jeter les bases d’une gestion durable de la ressource hydrique. À cet effet, nous proposons des pistes de recherche pour mettre en valeur l’information des longues séries hydrologiques afin d’évaluer l’exposition des producteurs d’hydro-électricité aux risques de faible hydraulicité persistante.



10 h 40_rem_
Mélanie VEILLEUX-NOLIN Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

La démarche gouvernementale de planification des aires protégées au Nunavik

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Les milieux naturels du Nunavik sont encore peu soumis aux pressions anthropiques, comparativement aux écosystèmes méridionaux du Québec, où se concentrent population, activités de développement et centres urbains. Néanmoins, la conservation de la biodiversité au Nunavik fait s’entrechoquer de nombreux enjeux d’ordre social, économique et environnemental, causés notamment par la présence de potentiels d’exploitation des ressources ainsi que par la diversification des usages du territoire. La planification et l’établissement du réseau des aires protégées du Québec au Nunavik requièrent donc un important travail de conciliation, dont la réussite passe par l’acquisition de connaissances, la collaboration et la compréhension des intérêts et des préoccupations de tous. La réalisation récente d’inventaires écologiques, de consultations des communautés du Nunavik et la mise sur pied d’un groupe de travail rassemblant les principaux intervenant liés à l’utilisation de ce vaste territoire sont donc des éléments clés de la planification des aires protégées au Nunavik

11 h 00_rem_
Najat Bhiry Université Laval, Andréanne Couture Centre d'études nordiques - Université Laval, Jean-François Bernier Centre d'études nordiques - Université Laval, Stéphanie Steelandt Centre d'études nordiques - Université Laval, James Woollett Université Laval, Dominique Marguerie Université de Rennes 1, Anne-Catherine Pierson-Wickmann Université de Rennes 1, Daniel Gendron À déterminer, Pierre Desrosiers Institut culturel Avataq

La géochimie au service de l’archéologie nordique

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La géoarchéologie est considérée comme l’application des Sciences de la Terre, notamment la géomorphologie, la sédimentologie, la micromorphologie et la géochimie, à des fins archéologiques. Cette présentation porte sur l’apport de la géochimie dans l’étude de sédiments et d’artéfacts archéologiques trouvés dans des sites situés au Nunavik et Nunatsiavut. À titre d’exemple, l’analyse géochimique des sédiments prélevés dans des maisons semi-souterraines multifamiliales situées au centre-nord du Labrador a permis de différencier les diverses zones d’activités (plancher, plateforme de couchage, cuisine, tunnel, etc.). Dans la région de Kangiqsujuaq, au nord du Nunavik, se trouve un site unique, nommé «Rivière-aux-ossements» (Saunitarlik en inuktitut) qui consiste en un site où des activités de boucherie ont eu lieu vers la fin du 19e siècle. L’analyse chimique par chromatographie en phase gazeuse des sédiments provenant de ce site a permis de démontrer l’origine animale des résidus noirâtres trouvés dans les sédiments archéologiques. Finalement, dans le cadre d’une étude régionale au Nunavik sur le bois flotté, des expérimentations et des analyses chimiques ont permis de différencier un bois flotté d’un bois coupé (non flotté). Les échantillons de bois archéologiques ont également été analysés et ont montré des concentrations plus élevées de Al et Ca par rapport aux bois secs et immergés. Cette différence est probablement due au processus d'enfouissement.

11 h 20_rem_
Anne-Isabelle Cuvillier UQAM - Université du Québec à Montréal

Entre nature, culture et hydrocarbures : le cas du projet d’exploitation pétrolière sur l’île d’Anticosti

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Les phénomènes météorologiques extrêmes auxquelles l’on assiste depuis deux décennies soulèvent des questions fondamentales face à l’utilisation des carburants fossiles. Ces réflexions sont également alimentées par les nombreux travaux du GIEC qui confirment la tendance au réchauffement climatique. Dans ce contexte, nombreux sont les citoyens qui s’interrogent sur la pertinence de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures au Québec, alors que le gouvernement provincial semble approuver ces projets. Malheureusement, on s’attarde rarement à la population qui habite ces territoires, en particulier dans les milieux nordiques comme Anticosti. Ces milieux sont particulièrement fragiles sur les plans environnemental et social. Dans le cas d’Anticosti, nous y gagnerons tous à étendre nos connaissances sur ce territoire. Comment s’est développé historiquement ce territoire qui est nordique, pas tant par sa latitude que par son isolement et ses infrastructures limitées ? Quels seront les impacts des travaux d’exploitation pétrolière sur le point de se mettre en branle ? Quelle est la volonté de la population résidante par rapport à ce projet ? Nous avons réalisé une enquête auprès de cette population. Nous présenterons les résultats de cette recherche qui souligne l’importance de l’acceptabilité sociale pour les grands projets de développement en milieu périphérique.



11 h 40_rem_
Période de questions
12 h 00_rem_
Dîner
13 h 30 - 15 h 10
Le Nord québécois : planification, développement et représentations
Communications orales
Présidence/animation : Laurie Guimond UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : CÉGEP – D230
13 h 30_rem_
Ève HARBOUR-MARSAN Université Laval, Éric Mottet UQAM - Université du Québec à Montréal, Alexandre Brun Université Paul-Valéry Montpellier 3, Frédéric Lasserre Université Laval

Le(s) Plan(s) Nord du Québec : genèse, enjeux et perspectives

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L’aménagement et la valorisation de la partie septentrionale du Québec ressurgissent périodiquement dans l’actualité sans déboucher sur beaucoup d’actions concrètes. Ainsi, le Plan Nord voulu voici quatre ans par le gouvernement libéral n’a que partiellement été mis en œuvre. Après une parenthèse péquiste de dix-huit mois, le gouvernement Couillard peine à son tour à faire avancer son projet. Ce sont moins les considérations écologiques ou encore les négociations avec les autochtones qui expliquent les difficultés rencontrées que les fluctuations des prix des matières premières. L’aventure quasi mythique de la production hydroélectrique en Baie-James a conditionné la pensée des dirigeants qui doivent maintenant composés avec l’avènement du développement durable. Comment dans ces conditions finaliser un tel projet ? En quoi est-ce si nécessaire et au fond ce plan relève-t-il seulement de la responsabilité du gouvernement du Québec, du fédéral et de possibles partenariats privés ? La question mérite d’être posée, car cet immense territoire constitue de fait la plus grande réserve mondiale de biosphère. Cette communication présente les principaux résultats d’une recherche franco-québécoise effectuée dans le cadre du Centre québécois d’études de géopolitique (CQEG). Après un retour sur la genèse des « Plan Nord », la communication présentera les enjeux et analysera les difficultés de sa mise en œuvre.

13 h 50_rem_
Chantal GAILLOUX Université Concordia, Vincent CARBONNELLE UQAM - Université du Québec à Montréal

Redéfinir le Plan Nord : une proposition de cogestion adaptative s’appuyant sur une matrice de développement inversée

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Repenser le développement du Nord paraît une nécessité pour plusieurs chercheurs et acteurs du développement. Industriels, fonctionnaires, autochtones et populations « blanches » doivent apprendre à dialoguer davantage. Nous postulons qu’au travers de la cogestion adaptative d’une matrice de développement inversée, les communautés du Nord devraient être responsables de l’aménagement de leur territoire, tout en s’appuyant sur des mécanismes de concertation plus large. L’essence de cet exercice est un renversement de la logique du développement à travers une structure de gouvernance démocratique inédite au sein d’une matrice d’aménagement du territoire inversée : la démonstration de la pertinence incombe dorénavant aux projets de développement plutôt qu’aux projets de conservation. Nous présenterons nos réflexions sur le sujet à la suite d’un séjour sur le terrain dans la région de Kuujjuarapik. Ce cadre théorique est fondé sur un changement de paradigme, passant d’une logique néo-colonialiste et néo-libérale à une gouvernance basée sur la cogestion répondant au droit fondamental d’autodétermination des peuples. Les concepts de nordicité, d’autochtonie, de préservation des écosystèmes trop souvent en compétition avec le développement économique ont guidé la réflexion

14 h 10_rem_
Chantal Déry UQO - Université du Québec en Outaouais, Éric Mottet UQAM - Université du Québec à Montréal

Quelle place et quelle vision du Nord québécois dans les programmes de géographie du primaire et du secondaire?

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Dans un contexte où l’on parle abondamment du Nord et de ses défis, les questions concernant son enseignement sont totalement absentes des débats. La culture québécoise moderne a-t-elle développé un attachement territorial au Nord ? L’Intérêt pour le Nord québécois est-il uniquement un outil de développement économique ? La Nordicité, présente dans les programmes, expose-t-elle une conception du territoire québécois comme un tout qui doit servir au plus grand nombre, ou celle d’un territoire occupé par des citoyens issus d’une Première nation? Dès lors, il nous semble important de nous intéresser au rôle de la géographie scolaire dans la compréhension du Nord québécois. C’est en ce sens que nous avons choisi d’amorcer une étude exploratoire afin de faire un état des lieux du Nord québécois tel qu’il est présenté à travers les programmes du Ministère de l’Éducation, Loisir et Sport (Mels). Ainsi, quelle est la place du Nord dans l’actuel programme de formation de l’école québécoise au primaire et au secondaire? Est-il présenté comme un bloc monolithique ou comme un territoire aux multiples visages? Parle-t-on de la situation contemporaine du Nord québécois ou davantage de son histoire?  Comment est-il exposé dans le matériel didactique et pédagogique mis à disposition des élèves et des enseignants? Ce sont les premières réponses à ces questions que nous souhaitons présenter dans le cadre de cette communication.



14 h 30_rem_
Étienne Rivard Université Laval

Les « régions carrefours » du Moyen-Nord : des laboratoires de nordicité?

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Si l’usage du 49e parallèle constitue une frontière pratique pour le Plan Nord, elle demeure largement arbitraire. Selon le concept de nordicité, comme décrit par Louis-Edmond Hamelin, le Nord ne saurait être défini uniquement selon caractéristiques biophysiques spécifiques. Elle est aussi une manière d’être, une manière d’habiter, qui se définit socialement. Il appert que plusieurs régions du Québec se retrouvent à cheval entre le Nord officiel et le Québec méridional. De ce fait, ces régions sont des zones frontalières ou des régions carrefours à même d’assurer un lien entre le Nord et l’axe laurentien. À plusieurs égards, elles s’affirment comme des laboratoires illustrant la place du Nord dans l’ensemble québécois. C’est notamment le cas des relations entre autochtones et non-autochtones. Or, ces relations constituent également des enjeux d’actualité pour les régions carrefours en matière de cohabitation interethnique, et cela depuis déjà quelques décennies. En prenant surtout appui sur des entretiens semi-dirigés auprès d’acteurs régionaux – enquêtes qui visaient à mesurer la place des populations autochtones dans les stratégies de développement et de partenariats au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue –, nous proposons d’établir un portrait critique des relations interethniques dans ces deux régions. Ce portrait a pour but d’identifier les éléments porteurs et les écueils potentiels qui devraient orienter l’intérêt du Québec laurentien pour le Nord.

 





14 h 50_rem_
Période de questions
15 h 10_rem_
Pause
15 h 30 - 16 h 50
Le Nord québécois : rencontres et relations interculturelles
Communications orales
Présidence/animation : Guy Mercier Université Laval
Bâtiment – Local : CÉGEP – D230
15 h 30_rem_
Laurie Guimond UQAM - Université du Québec à Montréal

S’anordir de la tête aux pieds : l’exemple des Néo-Nordistes de la Minganie de l’Est 

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L’éloignement géographique des milieux nordiques est souvent présenté comme étant une contrainte à l’attraction de nouveaux résidents. À cela s’ajoutent des conditions climatiques difficiles, une faible densité, une économie fragile et des lacunes sur le plan des services qui posent des défis au renouvellement de la population. Dans le cadre de cette communication, nous voulons démontrer que la condition nordique peut agir comme facteur d’attraction et de rétention chez certains migrants. Au-delà d'intérêts liés à l’emploi, une panoplie de raisons justifie la migration et la rétention des nouveaux résidents, dont le mode d’habiter particulier de la nordicité. Cette communication s’intéresse à l’expérience des individus qui ont choisi de s’établir dans le Moyen-Nord québécois, plus particulièrement dans l’est de la Minganie. Elle vise à explorer les rapports de ces Néo-Nordistes au territoire qu’ils habitent, aux populations locales allochtones et autochtones avec qui ils cohabitent et à l’éloignement qui les habite au quotidien. Un examen de leurs représentations du milieu, de leurs pratiques de sociabilité ainsi que de leur sentiment d’appartenance permet de mieux comprendre leurs rapports à la nordicité. En s’appuyant sur 26 entrevues qualitatives réaliséesauprès de nouveaux résidents, les résultats démontrent que leur désir de nordicité, d’éloignement et d’exotisme est au cœur de leurs décisions. Notre étude démontre qu'en dépit des contraintes, les nouveaux résidents s’anordissent

15 h 50_rem_
Aude MALTAIS-LANDRY Université Concordia

Le regroupement des communautés innues de la Côte-­Nord : récits d’une exclusion territoriale et économique

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Comme dans d’autres régions éloignées, les Innus de la Basse-Côte-Nord ont longtemps « échappé » au contrôle des Affaires indiennes. Après la Deuxième guerre mondiale, alors que la région vivait un boom économique et une poussée démographique sans précédent, on a créé plusieurs petites réserves sur la Cote‐Nord. Justifiée par une réduction des coûts et un rassemblement de la main-d’œuvre près des centres, la politique des Affaires indiennes passait alors par le regroupement et le déplacement de certaines bandes innues. En 2013-2014, j’ai mené un projet d’histoire orale la communauté de Nutashkuan, portant sur la création de la réserve dans les années 1950. Dans leurs récits, les participants ont établi un lien direct entre exclusion territoriale et économique. C’est ainsi que le choix du site de la réserve était lié à une volonté de les éloigner de la rivière et du saumon, et que la création de la réserve de Betsiamites ou le déplacement de Saint--‐Augustin visaient une appropriation du territoire par les Blancs. En racontant leur histoire, les Innus de Nutashkuan donc évoqué une dépossession plus générale du territoire et un sentiment d’injustice encore fortement ressenti, des concepts clés pour comprendre leur perception de l’histoire. En partageant quelques--‐uns des récits qui m’ont été racontés, je souhaite souligner la pertinence d’inclure cette rupture charnière dans notre réflexion sur l’avenir du nord québécois et le partage du territoire

16 h 10_rem_
Alexia DESMEULES UQAM - Université du Québec à Montréal, Laurie Guimond UQAM - Université du Québec à Montréal, Maripier Deraspe UQAM - Université du Québec à Montréal, Thierry Clément UQAM - Université du Québec à Montréal

La rencontre des Innus et des non-Innus au chantier hydroélectrique de la Romaine : entre méconnaissance, indifférence, ouverture et solidarité

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Amorcé en 2009, le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine, situé en plein cœur du Nitassinan, territoire ancestral des Innus, figure parmi un des plus importants projets de développement en cours dans le Nord québécois. À la mi-parcours du projet, nous nous sommes intéressés à ses impacts sur les relations entre les Autochtones et les Allochtones aux échelles du chantier et de la municipalité régionale de comté (MRC) de la Minganie. Les résultats sont issus d’une recherche exploratoire qui a été réalisée à l’été 2014. Des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de travailleurs et d’acteurs-clés minganois, tant innus que non innus. À cela s’ajoutent des observations au chantier, plus spécifiquement au campement des travailleurs. Bien que les relations interethniques constituaiten le cœur de notre démarche, nous avons rapidement constaté que les impacts économiques, politiques et sociaux du chantier Romaine retenaient davantage leurs intérêts. Ces nombreux impacts ont éclipsé l’enjeu des relations, témoignant d’une certaine indifférence qui subsiste de part et d’autre pour la question interethnique. Les contacts demeurent timides et superficiels, malgré l’espace de rencontre que constitue le chantier quotidiennement. La communication se penchera sur ce désintérêt apparent pour la question qui soulève plusieurs réflexions sur les enjeux autochtones et le développement nordique au Québec

16 h 30_rem_
Sükran Tipi Université Laval

Entre Nuhtshimits et Nitassinan : narrer et nommer le territoire chez les Innus Pekuakamiulnuatsh du Lac-Saint-Jean

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Un des défis les plus sous-estimés en ce qui a trait aux projets de développement dans le Moyen-Nord et le Nord québécois consiste en une meilleure connaissance de la relation qu’entretiennent les nations autochtones avec leur territoire ancestral. Cette proposition souhaite livrer les premiers résultats d’une enquête sur la territorialité des Pekuakamiulnuatsh, qui ne semble pas pouvoir être réduite uniquement à des données d’occupation du territoire. Visant à démontrer que le rapport au territoire comporte également l’expression d’un savoir-être et d’un système de valeurs qui se négocieraient constamment entre ancestralité et modernité, cette enquête révèle au passage comment certaines formes d’expression linguistique acquièrent une signification sociale de par leur usage dans l’interaction verbale. Dans le cadre d’une recherche collaborative avec la communauté de Mashteuiatsh basée sur les Principes PCAP des Premières Nationsmd, le projet présenté tente de répondre entre autres à des questions inspirées par les domaines de la géographie culturelle et de l’anthropologie linguistique : Quelles sont les moyens linguistiques dont se servent les Pekuakamiulnuatsh pour exprimer leur rapport au territoire? Quels sont les facteurs culturels et contextuels qui influent sur leur choix d’utilisation de certaines désignations de l’espace ou de toponymes en langue innue?



16 h 50_rem_
Période de questions
17 h 20 - 18 h 00
Cocktail du Regroupement des géographes du Québec (RGQ)
Cocktail
Bâtiment – Local : CÉGEP – C196 Diktam

Jeudi 28 Mai 2015

9 h 00 - 10 h 20
Le Nord québécois : communautés, santé et rapports de genre
Communications orales
Présidence/animation : Étienne Rivard Université Laval
Bâtiment – Local : CÉGEP – D230
9 h 00_rem_
Martin SIMARD UQAC - Université du Québec à Chicoutimi

Les communautés minières nordiques : le défi d’occupation de l’écoumène discontinu

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Derniers fronts pionniers en territoire québécois au cours des trente glorieuses, Schefferville et Fermont constituent des communautés singulières. Il s’agit de deux petites villes de compagnies érigées dans les années 1950 et 1970, en-dehors de l’écoumène continu. Au-delà de leur intérêt sur le plan urbanistique, ces villes modèles sont affectées par les cycles économiques liés à l'industrie minière. Ainsi, la stagnation et le déclin suivent des périodes d’investissements, chaque étape de ce cycle amenant son lot de bénéfices et d’inconvénients. La planification des équipements et infrastructures et l’émergence d’une vie communautaire figurent en première ligne des enjeux d’aménagement et de développement qu’on y retrouve.Le phénomène des cycles économiques soulève la question de l'existence des villes et villages liés à l’exploitation des ressources au sein de territoires isolés. Outre le maintien d’une base économique, l’approvisionnement en aliments et produits en tout genre ainsi que la prestation des services sont des défis quotidiens. De plus le navettage de travailleurs sur de longues distances mine les fondements mêmes de ces communautés. Faut-il maintenir des lieux de peuplement permanents à la périphérie de la périphérie à l’ère de la mondialisation ? Comment concilier les désirs d’enracinement des uns et les volontés de mobilité des autres ? Nous allons discuter de ces questions à la lumière d’enquêtes réalisées auprès d’intervenants locaux à Fermont et à Schefferville.



9 h 20_rem_
Emmanuelle BOUCHARD-BASTIEN Institut national de santé publique du Québec, Geneviève Brisson UQAR - Université du Québec à Rimouski

La démarche du Conseil cri de la santé pour promouvoir la santé des communautés en Eeyou Istchee

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Les changements majeurs en territoire nordique et la nécessité d’adaptation aux changements climatiques des communautés cries obligent à mieux prendre en compte les incidences sur la santé posés par des projets de développement industriels et économiques en Eeyou Istchee. Cette communication présente le processus ayant mené à développer une Boîte à outils pour répondre à certaines des limites de l’évaluation environnementale quant à la prise en compte des changements climatiques et de la santé humaine. Pour ce faire, le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ) a mené une démarche partenariale avec l’Institut national de santé publique (INSPQ). Un processus de documentation des impacts des changements climatiques et des meilleures approches pour prendre en compte la santé dans les grands projets de développement a été initié, suivi d’une consultation régionale en Eeyou Istchee. Par la suite, des ateliers de travail collaboratifs ont permis de développer des outils adaptés qui ciblent les analystes de la santé et de l’environnement, les décideurs et les promoteurs. Les outils ancrent la santé et l’adaptation aux changements climatiques non seulement dans le contexte environnemental propre de l’Eeyou Istchee, mais aussi dans un univers de possibilités et de contraintes concrets et documentés. Le processus et sa résultante promeuvent une approche de prévention plutôt que de protection ou de réaction aux situations.



9 h 40_rem_
Magalie QUINTAL-MARINEAU Université McGill

Développer le Nord : quelle place pour les femmes autochtones?

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Ma communication s’intéresse au rôle des femmes autochtones dans l’économie et le développement du nord. Au cours des dernières décennies, les territoires arctique et subarctique ont connu de profondes transformations géopolitiques accompagnées d’un développement économique basé sur une nouvelle vague d’exploration et d’exploitation des ressources naturelles. Ces changements surviennent alors que partout dans l’arctique les rôles dits traditionnels, la division du travail et la place des femmes dans les sociétés autochtones sont en pleine mutation. À travers l’exploration des changements structurels récents dans l’économie, je démontre comment l’accroissement des opportunités de travail salarié a favorisé l’intégration des femmes autochtones à l’économie de marché. Or, les réponses à cette intégration sont mitigées. D’un côté il y a un processus d’empowerment et de l’autre l’émergence de nouvelles formes d’obligation et de marginalisation. Dans la tradition féministe, le développement économique ne va pas toujours de pair avec l’amélioration des conditions de vie des femmes. L’exemple du nord canadien permet de situer les transformations en cours dans cette abondante littérature sur les femmes et le développement et, plus important encore, de donner la parole aux femmes autochtones comme participantes et témoins du ‘développement’ de leur territoire. Cette communication s’appuie sur une étude menée entre 2010-2014 dans la communauté de Clyde River, Nunavut

10 h 00_rem_
Période de questions
10 h 20_rem_
Pause
10 h 40 - 12 h 00
Le Nord : perspectives hors Québec
Communications orales
Présidence/animation : Etienne Boucher UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : CÉGEP – D230
10 h 40_rem_
Pierre-Louis Têtu Université Laval

L’Arctique canadien est-il un territoire d’investissement prioritaire pour les entreprises chinoises?

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La demande chinoise en matières premières a considérablement augmenté au cours des dix dernières années. Durant cette période, les investissements directs à l’étranger (IDE) chinois dans le secteur minier dans l’Arctique canadien ont provoqué l’ire des médias et de la population canadienne. Dans un contexte de fonte de la banquise arctique, la Chine, par l’intermédiaire de ses entreprises, tenterait de s’accaparer les matières premières en ignorant les règles du marché. Fantasme ou réalité? L’absence d’études empiriques sur ce thème limite notre compréhension de ce phénomène. La Chine, premier producteur mondial de minerai de fer, n’arrive pas à répondre à l’importante demande domestique des aciéries chinoises. Les résultats montrent que si Pékin a considérablement restreint ses exportations de minerai de fer ces dernières années, il n’en demeure pas moins qu’elle importe près de 60% de sa demande domestique, dont près de la moitié d’Australie. L’étude de la stratégie d’approvisionnement chinoise pour ce minerai soulève également une importante question logistique à la clé. Entre 2005 et 2013, les IDE chinois se concentraient dans l’environnement régional eurasien et en Océanie. La région Arctique canadienne n’apparaît pas comme un territoire prioritaire pour les entreprises chinoises. S’il est indéniable que les ressources de l’Arctique canadien deviennent de plus en plus accessibles, l’ampleur de l’exploitation et du transport des matières extraites demeure spéculatif

11 h 00_rem_
Christian Bouchard Université Laurentienne

Aménagement du territoire et développement nordique : le cas du Grand Nord de l’Ontario

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Contrairement à ce qui s’est produit au Québec depuis les années 1970, l’Ontario s’est très peu intéressé à son « Grand Nord », tout comme le gouvernement fédéral qui est le premier responsable en matière d’affaires autochtones. Le territoire est donc resté sous-développé, sous-équipé et très isolé, avec des communautés autochtones reconnues comme étant les plus pauvres du pays (le « tiers-monde au Canada »). Cependant, la situation évolue depuis le milieu des années 2000 alors qu’une mine de diamants entrait en production et que d’importants gisements miniers étaient confirmés dans la région du Cercle de Feu (Ring of Fire). Mais la mise en exploitation de ces ressources n’est pas simple car la région ne possède pas d’infrastructures adéquates (transport et énergie) et que la réalisation des nouveaux projets miniers devra se faire en maximisant les bénéfices pour les communautés de la région. C’est dans ce contexte que le gouvernement ontarien a adopté la Loi de 2010 sur le Grand Nord, un territoire qui couvre 42 % de la province et qui inclut notamment 31 communautés des Premières Nations. La loi prévoit l’élaboration d’une stratégie d'aménagement du Grand Nord (initialement prévue pour l’hiver 2015). Mais de nombreuses questions restent soulevées, entre autres en ce qui concerne de nouvelles « dépossessions territoriales » subies par les Premières Nations, les conditions de vie des Autochtones et les questions environnementales (projets miniers et changements climatiques). 

11 h 20_rem_
Denis DUFOUR Parcs Canada

Les enjeux, les opportunités et les priorités de planification des sites patrimoniaux du Nord canadien gérés par Parcs Canada

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Parcs Canada assure la protection de la diversité de nos espaces naturels, raconte l’histoire de notre nation et offre aux visiteurs des occasions d’aventure, de loisirs, de renouveau et de découverte. En lien avec son mandat,Parcs Canadaa une présence significative dans le Nord canadien. Six unités-de gestion sur le terrain, (Yukon, Arctique de l'Ouest, Nunavut, Sud-Ouest du territoire du Nord-Ouest, Manitoba et Ouest de Terre-Neuve et Labrador) sont responsables de l'opération de quatorze parcs nationaux et réserves de parcs nationaux et de huit lieux historiques nationaux. En outre, Parcs Canada travaille à la création d'une aire marine nationale de conservation et à lacréation de deuxnouveaux parcs nationaux.La présentation dressera un bref portrait de la présence de Parcs Canada dans le nord canadien et présentera les enjeux, les opportunités qu’offrent ses espaces ainsi que les priorités de planification. L’exposé présentera brièvement le processus de planification et de gestion des sites patrimoniaux dans le nord. Ce processus se fait en collaboration avec les communautés Inuits afin de solutionner les enjeux, relever les défis et atteindre les objectifs de Parcs Canada. Enfin, l’exemple du plan directeur du Parc National Sirmilik (Nunavut) sera présenté.



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