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83e du Congrès de l'Acfas

Colloque 329 - Écrire, vivre, penser, enseigner

Lundi 25 mai de 09 h 00 à 17 h 00.
Responsable(s)
Kateri Lemmens UQAR - Université du Québec à Rimouski, Étienne Beaulieu Cégep de Drummondville, Martin Robitaille UQAR - Université du Québec à Rimouski
Description

À l’heure où la recherche-création en lettres attire de plus en plus d’étudiants universitaires, ce colloque vise à questionner les tensions ou la fertilité des rapports entre la création littéraire, la réflexion intellectuelle et l’enseignement et, de façon plus large, à s’interroger sur la situation politique de l’écrivain, ébranlée par une dévalorisation de la culture et du rôle des humanités au sein de l’université. Comment l’écrivain professeur ou chercheur parvient-il à concilier écriture, enseignement et réflexion? Comment se met en œuvre la résistance de l’écriture au sein de l’institution et du politique aujourd'hui? Comment trouver la chambre à soi qui permet la création? Quelles sont les pratiques qui parviennent à mettre en place une « recherche-création » vivante? En particulier, comment s’articulent les pratiques actuelles de l’essai littéraire (essais, carnets, blogues, etc.)? Pourraient-elles parvenir à la périlleuse conciliation entre vie, réflexion et création? Parviendraient-elles à maintenir la création, et sa liberté, en initiant une pratique qui conjugue imagination et pensée? 

Lundi 25 Mai 2015

9 h 00 - 9 h 20
Mot liminaire
Communications orales
Bâtiment – Local : UQAR – D530
9 h 00_rem_
Kateri Lemmens UQAR - Université du Québec à Rimouski, Martin Robitaille UQAR - Université du Québec à Rimouski

Mot liminaire

9 h 30 - 11 h 40
La création et la vie : transmission, instillation ou empêchement? 
Communications orales
Bâtiment – Local : UQAR – D530
9 h 30_rem_
Frédérique Bernier Cégep de Saint-Laurent

Mourir de (ne pas) penser?

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« Un questionner que n’assouvit aucune réponse bée au centre de l’animation psychique », écrit Pascal Quignard dans Mourir de penser (Grasset, 2014). Traversée de la mort, vers la mort, au retour de la mort, la pensée en mouvement n’existerait qu’à partir de cette béance la hantant tel un traumatisme premier autour duquel elle s’enroule, qui la garde sur un qui-vive tantôt prédateur, tantôt rêveur. Partant de cette méditation de Quignard qui loge l’absence et la mort au cœur de l'activité pensante, il s’agira de questionner la place laissée vacante pour cette négativité vitale au sein de la chaîne qui donne son intitulé au colloque : cette chaîne de l’écrire-vivre-penser-enseigner, dont les différents maillons forment la trame serrée de nos existences besogneuses, frénétiques, tantôt exaltées, souvent harassées – en mal d’absence ?

10 h 00_rem_
Françoise PICARD CLOUTIER UQAR - Université du Québec à Rimouski

« Sept poils à l’aisselle gauche » : électrocardiogramme d’un plongeon

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En observant les modes de surgissement et d’intrication de l’effet de vie dans la nouvelle Au-dessus à jamais, de David Foster Wallace, je souhaite aborder l’écriture littéraire comme un laboratoire de la complexité où le phénomène de la vie génère les connaissances du monde de l’être et de l’être au monde. Si, comme l’avance Edgar Morin, «l’esprit est dans le monde qui est dans l’esprit » (La complexité humaine, p. 116),le créateur peut-il reconnaître, à leur puissance de vie, la valeur artistique de ces «quelques choses» qui surgissent, s’appellent et se tissent ensemble dans son travail de création? Et si oui, comment cela nous permet-il d’envisager la connaissance du point de vue de la création littéraire.

10 h 40_rem_
Annie DULONG Cégep Édouard-Montpetit

Écriture, nécessité, maternité

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L’objet de ma communication, ce sera cela. Une réflexion sur la nécessité. Peut-être serait-il plus juste de dire que ce n’est pas au niveau de l’écriture elle-même que se joue la nécessité. Que c’est le projet qui détermine sa propre nécessité. Mais pour cela, il faut pouvoir entrer à l’intérieur du projet. Le fréquenter assez pour qu’il devienne envahissant. Après mon roman, je n’ai pas ressenti cela. J’ai écrit, un peu. J’ai un autre roman en chantier. Un essai. Des chroniques. Cela s’agite, parfois. Mais il me semble que cela n’y est pas encore. Qu’il manque soit l’espace pour le faire, soit la certitude que cela, cette chose qui m’occupera pendant des mois, vaut la peine, pour moi, pour l’autre. Parce que dans cette négociation avec le réel, dans le temps que je prends loin de mon bébé, dans le retard que je prendrai sur mes corrections, il faudra que cela vaille la peine, absolument. Que ni moi, ni ma procrastination, ne puissions dire « bof, finalement, j’aurais dû faire cela au lieu d’écrire ».

11 h 10_rem_
Catherine Morency UQAM - Université du Québec à Montréal

Poétique de l’interruption ou comment écrire la violence au féminin

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En parcourant les œuvres d’Annie Ernaux (L’événement, Les armoires vides), de Nicole Malinconi (Hôpital Silence), de Calixthe Beyala (c’est le soleil qui m’a brûlée) et de Kathy Acker (Don quichotte),c’est à une anatomie de la formation que je vous convie, à travers laquelle je tenterai de cerner la dualité violence/engendrement qui habite le corps de certains textes féminins et hante, selon divers registres d’influence, mes pratiques poétique et essayistique, ainsi que mon rapport à  l’enseignement et à la transmission.

13 h 30 - 14 h 30
Le créateur en milieu académique : hostilité, résistance, complémentarité, nécessité? 
Communications orales
Bâtiment – Local : UQAR – D530
13 h 30_rem_
Alain Beaulieu Université Laval

Vivre, écrire, penser, enseigner

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Pour écrire, il faut avoir vécu, l'écrivain faisant de ce terreau expérientiel le substrat premier de l'acte créatif – pour ce qui nous concerne, du texte à venir. Il n'y a rien d'innocent ou de gratuit dans l'écriture, et la part belle qu'elle réserve à l'inconscient de l'auteur – sans parler de celui du lecteur – se nourrit de ce qui, de la vie, a laissé des traces et orienté sa manière de voir et de sentir, donc de décrire et de mettre en forme ce qui doit se dire presque malgré lui. 

Le passage de l'écrit à la pensée, disons à la réflexion sur l'écriture elle-même ou sur ce qu'elle a provoqué, intéresse particulièrement l'écrivain-chercheur – que certains désignent comme chercheur-créateur pour coller au terme de recherche-création, mais qui ne quitte jamais ses habits d'écrivain quand il se met à penser, souvent par le biais de l'essai dit littéraire plutôt que par un hypothétique précipité scientifique.

 Ce passage par la pensée – critique, comparative, spéculative ou interprétative – permet à l'enseignant de création littéraire de mettre en mots et donner corps à ce qui prend forme la plupart du temps de manière intuitive. Par son enseignement, il amènera l'étudiant à laisser advenir ce qui, de la vie, pourra renaître par le langage pour se frayer un chemin dans la psyché du lecteur. Et dans un mouvement de retour, l'écrivain-chercheur-professeur retirera les bénéfices souvent inattendus que ce dialogue aura produit chez lui.

14 h 00_rem_
Pierre-Luc LANDRY Collège militaire royal du Canada

(Re)construire l’université : la recherche-création comme résistance humaniste

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L’université peut (re)devenir le « lieu institutionnel privilégié d’élaboration d’une culture commune intégrant en elle le débat et la réflexion » (Michel Freitag, 1995 : 33), « un lieu où peut exister l’intellectuel libre, le critique social ainsi que la réflexion irrévérencieuse dont nous avons si désespérément besoin » (Noam Chomsky, 2011 : 46). Une telle transformation passe, entre autres, par l’assouplissement des « formes institutionnelles, de façon à permettre une variété plus grande encore de travaux, d’études et d’expérimentation » (Ibid.), assouplissement dont participe sans contredit la recherche-création telle que pratiquée au Québec, notamment, et qu’il faut continuer de promouvoir à l’heure de l’Université inc.(Eric Martin et Maxime Ouellet, 2011).

[...]

Nous avons affaire à une institution vivante, en mouvement, qu’il est toujours possible de construire. Pour concilier écriture créative, réflexion intellectuelle et enseignement, le chercheur- créateur n’est pas tenu de modifier sa posture : il peut infléchir l’academia, lui redonnant un peu de son humanité afin d’en faire, véritablement, un espace d’exploration, de formation, de discussions et d’apprentissage — l’endroit idéal, bref, pour la pleine expression de la recherche- création. C’est le postulat qu’il semble important de défendre ici.

14 h 50 - 16 h 30
L'écriture, la recherche et l’essai en question
Communications orales
Bâtiment – Local : UQAR – D530
14 h 50_rem_
Jean-François Bourgeault Université McGill

L’ombre de Tlön

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Cette communication se fonde sur le postulat suivant : en écrivant Tlön Uqbar Orbis Tertius, Borges, comme dans toutes ses fables dotées d’un étrange pouvoir anachronique, n’a pas tant décrit les processus insidieux des totalitarismes de son temps que ceux du nôtre, où l’invasion phraséologique, irrésistible, prend la forme d’une conversion de tous les problèmes en rhétorique économique. A travers un vagabondage dans les fictions de l’écrivain argentin (et au premier chef sa fable tlönienne sur la fabrication de mondes artificiels), je m’efforcerai donc de saisir la « résistance » propre à l’essai littéraire, aujourd’hui, sous l’angle de ce que Musil appelait le « sens du possible ».

15 h 20_rem_
Anne-Marie DESMEULES Université Laval

La pensée interrompue : traces fragmentaires d’une vie postmoderne

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Que l’on considère l’écriture fragmentaire comme les éclats fulgurants d’une pensée en mutation constante, les débris d’un système qui échoue à se construire, les embryons mort-nés de livres qui ne verront jamais le jour ou encore comme les joyaux de la couronne, ce genre, qui se réclame comme tel, soulève de nombreuses questions quant à sa nature, à sa fonction et à sa valeur au sein de l’espace littéraire. Or l’hybridité même du fragment, sa flexibilité et son inclusivité, en fait le compagnon parfait pour traverser une vie soumise aux aléas de la modernité. Entre le bain à donner, l’autobus à prendre, le spectacle à voir, le mandat à remplir et l’amour à prodiguer, les moments de calme nécessaires à l’éclosion d’une pensée uniforme sont rares, voire inexistants. L’écrivain qui, malgré les interruptions, continue de réfléchir et de capter le monde, trouvera dans l’écriture fragmentaire un fantastique pis-aller. Mais cette frugale consolation peut-elle devenir autre chose qu’un second choix? Ces menus morceaux sont-ils assez nourrissants pour sustenter une vie créative entière? La communication proposée dressera d’abord un bref portrait du genre, pour ensuite inscrire l’écriture fragmentaire à la fois dans le contexte bien concret du quotidien et dans l’espace plus abstrait où convergent créativité et réflexion, le tout dans une esthétique du peu, de l’éparpillement et de l’agglutinement.

15 h 50_rem_
Vincent LAMBERT UQAM - Université du Québec à Montréal

Portrait du poète en historien de la littérature

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L’auteur reviendra d’abord, non sans humour, sur deux entrevues d’embauche en milieu universitaire, l’une à titre de poète, l’autre à titre d’historien de la littérature, et sur les problèmes soulevés dans le contexte actuel par la conciliation de ces deux disciplines. Nous lirons ensuite quelques écrivains préoccupés d’histoire littéraire (Pierre Nepveu, Yves Bonnefoy et Jacques Roubaud) pour réfléchir sur l’histoire littéraire en tant que pratique créatrice. Enfin, à partir de Nietzsche, nous verrons comment l’écriture conjointe de la poésie et de l’histoire littéraire correspond à une « vie » cherchant à penser ensemble l’historique et l’anhistorique, à s’imaginer duelle et non-duelle. En conclusion, nous développerons l’idée selon laquelle les écrivains et leurs commentateurs travaillent ensemble à faire passer à l’avant-plan ce qu’on pourrait appeler le « fond de l’histoire ».

16 h 35 - 17 h 00
Mot de clôture
Communications orales
Bâtiment – Local : UQAR – D530
16 h 35_rem_
Étienne Beaulieu Cégep de Drummondville

Mot de clôture 

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