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81e du Congrès de l'Acfas

Colloque 444 - Technologies de l’information et surveillance au quotidien

Mardi 07 mai de 09 h 00 à 17 h 00.
Responsable(s)
André Mondoux UQAM - Université du Québec à Montréal, Maude Bonenfant UQAM - Université du Québec à Montréal, Marc Ménard UQAM - Université du Québec à Montréal, Maxime Ouellet UQAM - Université du Québec à Montréal
Description

Ce colloque a pour but d’étudier l’apport des processus d’information et de surveillance dans la reproduction sociale par le biais de pratiques de médiations quotidienne d’ordre communicationnel et informationnel. Depuis la fin du 20e siècle, plusieurs chercheurs ont lié l’apparition de la société moderne à des problématiques de surveillance et de contrôle en tant que partie intégrante de la dynamique sociétale. Plus près de nous, l’essor contemporain des technologies numériques (Internet, médias sociaux, téléphonie cellulaire, géolocalisation, etc.) réinterrogent à leur tour, notamment, les notions de visibilité, d’accès, de vie privée et de circulation de données personnelles. En ce sens, dans le contexte des transformations sociales, politiques, économiques et culturelles contemporaines, plusieurs chercheurs (Lyon, Haggerty) estiment le phénomène suffisamment important pour mériter d’être abordé et étudié par le biais d’une discipline nouvelle, les Surveillance Studies.

À cet égard, les technologies de l’information, notamment les médias socionumériques, sont un lieu privilégié pour aborder cette question. Par exemple, le profilage marketing, la circulation de données personnelles, la géolocalisation, etc. font partie des sujets et des objets de recherche qui seront abordés dans ce colloque. Il est proposé également d’étudier comment les technologies de l’information, en tant que vecteurs de production, cueillette, circulation et consommation d’informations, s’inscrivent dans le déploiement des formes de surveillance au quotidien. Voici les thématiques qui seront notamment abordées dans le cadre du colloque : marchandisation de l’information et surveillance; banalisation de la surveillance au quotidien; surveillance et gouvernance; technologies mobiles et dispositifs de géolocalisation; Big Data et circulation des données personnelles; médias socionumériques et vie privée; technologies de l’information et vie quotidienne.

Mardi 7 Mai 2013

9 h 00 - 12 h 30
Médias et surveillance
Communications orales
Présidence/animation : André Mondoux UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : Pavillon J.-A-de Sève – 0136
9 h 00_rem_
Maude Bonenfant UQAM - Université du Québec à Montréal, Marc Ménard , André Mondoux

Conférence d'ouverture : les technologies de l’information et la surveillance au quotidien

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Ce colloque a pour but d’étudier les processus quotidiens de surveillance par le biais de
médiations d’ordre communicationnel et informationnel. Depuis la fin du XXe siècle, plusieurs
chercheurs ont lié l’apparition de la société moderne à des problématiques de surveillance et de
contrôle en tant que partie intégrante de la dynamique de reproduction sociale. Le contexte
contemporain des transformations sociales, politiques, économiques et culturelles a donné lieu à
l’émergence d’une discipline axée sur l’étude de la surveillance (Surveillance Studies). L’essor
des technologies numériques (Internet, médias sociaux, téléphonie cellulaire, géolocalisation,
etc.) réinterroge à son tour, notamment, les notions de visibilité, d’accès, de vie privée et de
circulation de données personnelles. Ce colloque entend étudier la manière dont les technologies
de l’information, en tant que vecteurs de production, cueillette, circulation et consommation
d’informations, s’inscrivent dans le déploiement des formes quotidiennes de surveillance.

9 h 30_rem_
Isabelle Bédard-Brûlé Université Laval

Quand Internet fait la nouvelle : une analyse de l'agenda d'actualité du journal Le Soleil

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Traditionnellement, les journalistes utilisent dans leur pratique des mécanismes de surveillance de la réalité sociopolitique et de l'opinion publique, que ce soit en allant sur le terrain ou bien en consultant les lettres des lecteurs. Ainsi, chaque jour, les journalistes choisissent les événements qui doivent être divulgués et dressent un agenda, c'est-à-dire une liste hiérarchique des nouvelles d'importance du jour (McCombs, 20004).

 

Depuis une vingtaine d'années, le monde médiatique voit l'arrivée des nouveaux outils pouvant servir à la veille informationnelle, mentionnons les moteurs de recherche, les logiciels en ligne d'analyses statistiques de l'auditoire (Google Analytics), de même que les réseaux sociaux. C'est dorénavant par Internet que la surveillance s'effectue de façon quotidienne dans les médias, et cette médiatisation offre le mirage du « panopticon parfait », c'est-à-dire qu'elle met à la disposition de l'observateur un « terrain parfaitement quadrillable » (Demers, 2012).

 

L'objectif de notre recherche est d'observer les changements dans les mécanismes de surveillance, pour mesurer l’ajustement des pratiques et routines journalistiques de construction de l’agenda d’actualité à l’arrivée d’Internet. Dans le cadre de cette communication, nous présenterons une analyse de contenu de la couverture médiatique du journal Le Soleil, effectuée à l'hiver 2013, afin de montrer de quelle façon Internet intervient dans la couverture de l'opinion publique.



10 h 00_rem_
Emilie mouchard Université de Montréal

Le droit et la protection des données personnelles dès la conception : un besoin de sécurisation introduit par l’affaire des « Google Cars »

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L’affaire des « Google Cars » en France fait état de l’enregistrement par la société GOOGLE.Inc
de données techniques et personnelles issues de la collecte par celle-ci d’informations allant au
delà de la finalité du système. L’analyse de ces données a révélé la collecte de données comme des données de connexion aux
sites web, des mots de passe de messagerie, des adresses courriel ainsi que des échanges
courriels sensibles faisant état de l’orientation sexuelle ou de la santé des particuliers. Cette affaire reflète l’importance de la mise en place de mécanismes de protection des données dès la conception. En effet, en l’espèce, la sanction pécuniaire prononcée ne peut qu’apparaitre dérisoire face à l’avantage concurrentiel dégagé de cette collecte en violation au
droit à la vie privée des particuliers et aux droits associés à la collecte des données personnelles.
La protection dès la conception vise ainsi à prévenir ce type d’atteintes en assurant un contrôle du
respect de la règlementation dès la conception mais plus largement, ce concept porte la promotion
de la transparence. Le problème des pouvoirs publics face aux géants du web est le manque de transparence. Le
projet de directive européenne sur la protection des données montre comment le droit prend
en compte les difficultés et intègre la Privacy by Design pour en ressortir ces bénéfices sont la protection des atteintes à la vie privée, mais également la
sécurisation de l’usage des technologies et l’installation de la confiance.

10 h 30_rem_
Pause
11 h 00_rem_
Fabien Richert UQAM - Université du Québec à Montréal

Techniques et technologies à l’ère du Big Data : traçabilité et contrôle pour une surveillance généralisée

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Les actes de la vie quotidienne au demeurant anodins sont à l’origine d’une production exponentielle de données numériques qui, au regard de la technologie moderne, ont acquis une mémoire quasi indestructible stockée sur des serveurs et des disques durs. L’important volume de ces données, qualifiées depuis quelques années par le terme «Big Data», est redoublé par une vitesse de production et de circulation accrue qui a favorisé l’émergence de nombreuses techniques statistiques pour capter, colliger et analyser ces données. L’individu contemporain est devenu un être entièrement calculable : en croisant ses données, les analystes peuvent recomposer l’intégralité de ses actes, communications, et déplacements. Ce double numérique de chacun évolue au sein de modèles de prédiction qui sembleraient particulièrement utiles pour asseoir des décisions marketing, opérationnelles, ou même à un tout autre niveau, policières. Nous proposons de revenir sur les principales techniques et technologies déployées pour extraire et analyser les données. Puis, nous montrerons comment ces différentes pratiques rendent possible un espionnage généralisé qui, à l’image d’une surveillance panoptique décrite par Foucault, invente de nouvelles formes de contrôle qui ne sont plus nécessairement imposées par un organe politique, mais qui s’articulent bien plus autour de nouvelles dimensions participatives, démocratiques et privatisées.



11 h 30_rem_
Julien Pierre Arsenault UQAM - Université du Québec à Montréal

Nouvelles façons d’appréhender l’espace géographique via les applications mobiles de géolocalisation



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La géographie, telle que nous l’avons historiquement connue dans l’étude des caractéristiques et phénomènes terrestres, a pris un tournant au courant du dernier siècle où son intérêt ne se porte plus seulement vers les composantes physiques et humaines que l’homme a pu recenser de manière cartographique jusqu’à aujourd’hui, mais où la dimension sociale nous amène à concevoir l’espace de manière totalement nouvelle et éclectique. Le phénomène assez récent des applications mobiles utilisant la détection géographique de l’individu dans leur fonctionnement s’inscrit non seulement dans cette réactualisation de la géographie, mais est également porteur d’un sens sociologique indéniable situé derrière l’objet technique. Les applications mobiles de géolocalisation (aussi appelées location based social networks) exercent, à titre de médias socionumériques, la fonction « d’outils sociaux » pour les individus qui les utilisent, mais présentent aussi une conception géographique propre à ses fins et aux valeurs qu’elles véhiculent. Ayant comme hypothèse que ces applications mobiles basées sur la position géographique de l’individu amènent l’utilisateur à appréhender l’espace qui l’entoure autrement, nous expliquerons comment cette appréhension est faite de manière différente, que ce soit dans la manière de lire, d’analyser, de construire et de raconter l’espace géographique, et aussi le pourquoi de la chose, en intégrant des notions d’hyperindividualisme, de surveillance et de contrôle social.



12 h 00_rem_
Laurent Mell Université de Bretagne Occidentale Brest Quimper Morlaix

Le dévoilement du quotidien de Facebook : entre pratiques d’exposition, de dissimulation et de surveillance

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La massification des usages des technologies de l’information et de la
communication, et plus particulièrement des réseaux socionumériques, n’est
pas sans conséquences sur la visibilité dont les individus font l’objet. Les
potentialités d’internet dans la diffusion de l’information et les divers services
de communication mis à disposition sont autant de mécanismes de
dévoilement de l’intimité de l’usager dans l’espace public numérique. L’enjeu
de cette communication sera d’interroger les modes de surveillance
concomitants à l’exposition de soi sur les réseaux socionumériques, et, plus
particulièrement, sur Facebook.
Pour ce faire, l’argumentation s’appuiera sur les résultats d’une enquête
doctorale, portant sur l’exposition de soi sur Facebook. A partir de l’analyse
de 444 questionnaires, diffusés auprès d’usagers de Facebook, ainsi que le
recueil de données de plus de 60 000 fans Facebook de la marque Hénaff, nous
proposerons une représentation des informations renseignant le profil de
l’usager de Facebook, suivant leur degré de visibilité. Ce modèle, issu de
l’analyse quantitative des données recueillies, s’instaurera en amorce quant à
une réflexion sur les processus quotidiens de surveillance au sein des réseaux
socionumériques, avec, entre autres, un modèle de surveillance de type
panoptique – pratiquée par Facebook sur les usagers – et un modèle de
surveillance collatérale – exercée par les usagers sur leurs réseaux de relation.

12 h 30_rem_
Dîner
14 h 00 - 17 h 00
Monitoring et surveillance
Communications orales
Présidence/animation : Marc Ménard UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : Pavillon J.-A-de Sève – 0136
14 h 00_rem_
Linda Ben Fekih Institut international de Commerce et Distribution Groupe IGS

Monitoring électronique des performances : effets controverses - Cas des centres d’appels



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Le monitoring électronique n’est pas récent mais il s’est développé et devenu constant, pénétrant et pervers grâce au développement des technologies telles que les caméras vidéo, les enregistrements téléphoniques, le traçage informatique...etc. Les organisations ont toujours eu, et par soucis de bien faire, besoin d’exercer un contrôle sur leurs employés et leurs performances, mais comment est ce que cette pratique est perçue par les salariés?

Cet article s’interroge sur les effets du monitoring électronique des performances sur les attitudes et les comportements des salariés à travers une étude qualitative dans trois centres d’appels où 45 salariés ont été interrogés par entretiens semi-directifs. Il en ressort que le monitoring permet d’améliorer les performances des salariés, facilitent leur apprentissage et représente un soutien voir une source de motivation face à des situations difficiles à gérer.  Mais il est considéré aussi comme étant une importante source de stress, d’atteinte à la vie privée et d’injustice. Face à ces effets controverses du monitoring électronique des performances les salariés adoptent des comportements controverses qui peuvent êtres des comportements positifs tels que l’acceptation et la conformité ou encore des comportements contreproductifs tels que la déviance, la manipulation ou la résistance et le refus.

14 h 30_rem_
Maxime Ouellet UQAM - Université du Québec à Montréal

Le rôle de la surveillance dans la mutation néolibérale des universités québécoises



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La mutation néolibérale des universités s’inscrit dans le passage vers une «économie du savoir» où la valorisation capitalistique repose principalement sur la réputation et l’image de marque des entreprises. Dans la mesure où les universités sont gouvernées à la manière des entreprises, elles mettent en place des pratiques de gestion du risque communicationnel afin de capitaliser sur leur image de marque. Cependant, peu d’études ont porté sur le rôle de l’intégration des caméras de surveillance dans la réforme de la gouvernance des universités. Cette communication portera sur la surveillance dans le contexte des transformations institutionnelles des universités québécoise. Nous analyserons les discours visant à légitimer la mise en place de mécanisme de surveillance au sein des universités au Québec à la suite de la contestation étudiante qui s’est déroulée au printemps 2012. Nous montrerons comment ces pratiques s’inscrivent dans une optique de gouvernementalité dans la mesure où elles ciblent principalement les acteurs qui ne se conforment pas à la rationalité calculatrice constitutive de la régulation néolibérale.  Nous verrons que la mise en place des caméras de surveillance ne vise pas tant à assurer la sécurité de la communauté universitaire qu’à gérer les risques réputationnels qui pourraient être induits par la contestation potentielle des acteurs qui refusent de s’adapter cette rationalité.



15 h 00_rem_
Jean-Michel Camin Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3

Monitoring des projets, l’incertaine surveillance des hommes



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Les technologies de surveillance ne cessent de s’améliorer et s’étendre à de nouveaux domaines (Brashers, 2001), la capacité de détection et contrôle de nos déplacements physiques ou immatériels sur l’Internet s’accroît de jour en jour à tel point que les entreprises font appel à des sociétés spécialisées dans le traitement des ‘big data’ pour en retirer l’information pertinente (GFII, 2012). Cette course sans fin, qui s’apparente à la culture du détail, s’applique également aux processus sociaux et à la gouvernance des hommes dans les entreprises. Cette translation de l’incertitude vers le risque (Xiao Jing, 2009), que nos sociétés s’imposent, n’est-elle pas le signe d’une civilisation victime de ses propres outils et méthodes qui, repoussant indéfiniment les limites du contrôle et de la sécurité, se découvre de nouvelles zones dangereuses ?

Pour illustrer notre propos et dans le cadre de notre recherche, nous proposons d’aborder la façon dont les technologies de l’information contribuent à la surveillance des activités humaines sous couvert de gouvernance dans le monde du projet à partir de situations professionnelles concrètes vécues chez un opérateur en télécommunication.

Pour la partie théorique nous convoquerons la théorie de l’acteur-réseau apte à rendre compte du processus de métamorphose de l’incertitude vers la gestion du risque et la théorie de l’agence pour son aptitude à traiter des relations dans des conditions d'information imparfaite.



15 h 30_rem_
Pause
16 h 00_rem_
Stéphane Leman-Langlois Université Laval

Surveillance et consommation, la géolocalisation de masse

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L’arrivée de l’informatique portative, personnalisée et fermée, a favorisé le développement de technologies visant à localiser ses utilisateurs. C’est un mode de surveillance qui rencontre les besoins de ses instigateurs, en leur permettant de personnaliser leurs services, de cibler leurs applications et publicités, de gérer leur infrastructures, etc. Il rencontre également les besoins et désirs de ses cibles, en tant que consommateurs cherchant à maximiser les biens, services et informations qui sont mis à leur disponibilité. Le fonctionnement de ce système, cependant, produit également des effets structurants sur le comportement des usagers ainsi que sur la manière dont ils perçoivent, et interagissent avec les technologies et avec les autres acteurs du réseau.


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