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80e du Congrès de l'Acfas

Colloque 637 - L'humour, reflet de la société

Du jeudi 10 mai à 09 h 00 au vendredi 11 mai à 17 h 15.
Responsable(s)
Florence Vinit UQAM - Université du Québec à Montréal, Louise Richer École nationale de l'humour
Description

L’humour et le rire sont des thèmes de plus en plus populaires dans la société contemporaine. De nombreux événements liés à l’humour se développent dans l’espace public, que ce soit dans des festivals, des spectacles ou des formations en milieu éducationnel ou entrepreneurial. De même, les bénéfices du rire sont étudiés sur le plan scientifique dans ses bénéfices physiologiques, du bien-être psychologique, de la lutte contre l’épuisement ou de l’effet de résilience qu’il favorise.

 

Malgré l’importance des manifestations du rire et de l’humour dans nos vies quotidiennes et dans l’espace culturel et médiatique, ces thèmes restent encore trop peu abordés comme champ d’études et de réflexions interdisciplinaires. Or, l’humour se trouve à la frontière des disciplines et constitue un miroir particulièrement intéressant des changements affectant une société.

 

En juin 2011, était créé à Montréal le l'Observatoire de l'humour (Recherche interdisciplinaire sur le rire et l'humour) en réponse à une constatation aussi simple que déterminante : alors que le Québec est une pépinière d'humoristes, qu'il accueille chaque été le Festival Juste pour Rire, qu'il compte une des seules écoles nationale de l'humour au monde, il n'existait aucune association pour documenter, archiver, analyser et théoriser ce qui se fait dans ce domaine.

 

Le colloque ici proposé  par l'OH cherchera à faire état des recherches actuelles sur l'humour, en montrant comment il offre un reflet particulièrement riche de la société québécoise contemporaine. Cet événement favorisera également un retour des praticiens sur leur domaine, dans une approche interdisciplinaire et universitaire qui donnera sa part à la culture populaire.

Jeudi 10 Mai 2012

9 h 00 - 9 h 15
Présentation du colloque
Communications orales
Présidence/animation : Stéphan Bureau -
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
9 h 00_rem_
Stéphan Bureau -
Mot de bienvenue
9 h 10_rem_
Louise Richer École nationale de l'humour, Robert Aird École nationale de l'humour

Présentation du colloque et de l'Observatoire de l'humour

9 h 15 - 10 h 40
Humour et identité
Communications orales
Présidence/animation : Louise Richer École nationale de l'humour
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
9 h 15_rem_
Robert Aird École nationale de l'humour, Mira Falardeau Chercheure

Existe-t-il un humour typiquement québécois? 

(Afficher le résumé)

Y a-t-il un humour typiquement québécois? Oui, répondent en chœur Mira Falardeau et Robert Aird, dans cette présentation à deux voix. À travers l’analyse approfondie de deux auteurs, Albéric Bourgeois pour l’humour visuel, Yvon Deschamps pour l’humour de scène, on est invité à constater que certaines constantes existent, communes à plusieurs de nos grands humoristes. En comparant brièvement cette sorte d’humour avec l’humour français et l’humour américain, on est à même de vérifier la thèse présentée. Après avoir fait le tour de ces deux œuvres aussi bien du point de vue thématique que du point de vue de leur réception par le grand public, les chercheurs abordent rapidement quelques autres humoristes pour terminer par un questionnement sur l’humour actuel. Est-ce que ces caractéristiques se retrouvent chez les humoristes contemporains? Cette question entraîne une réflexion sur l’humour et l’identité nationale des Québécois qui révèle les changements vécus par le Québec, depuis la révolution tranquille.

9 h 35_rem_
Simon Papineau Observatoire de l'humour

Le sens de l'humour absurde

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La génération d’humoristes composée des Chick’n Swell, des Denis Drolet, de Jean-Thomas Jobin et autres influencés par leur « père spirituel » Bruno Blanchet, forme ce que le conférencier appelle l’humour absurde moderne québécois. Toujours en lien avec le contexte psychosociologique dans lequel il est plongé, ce style particulier semble être un caméléon dont l’identité reste encore ambiguë, les frontières difficiles à définir. D’où vient cet intérêt marqué pour le non-sens et le « n’importe quoi » ? Qu’est-ce qui est drôle dans cette forme d’humour ? Est-ce une fuite ou un combat? Bref, quel est le sens de l’humour absurde ? 

À la fois un refuge et une douce révolte, l’humour absurde moderne exerce un contrepoids à une société de performance axée sur la compétition. Qu’il s’en prenne à la logique, à la raison, au temps ou aux choses tragiques de la vie, l’humour absurde moderne exprime une façon indirecte de contester les valeurs d’une société programmée. Anarchique dans son imaginaire et trop flou pour être censuré, l’humoriste absurde moderne québécois recherche l’étonnement constant en enfreignant les règles du monologue standard. Cet humour spontané qui n’agresse pas se marie parfaitement bien avec la philosophie et les valeurs actuelles de la jeunesse québécoise : la recherche de la spontanéité et de l’authenticité, la tolérance, la cordialité, la liberté, l’hédonisme et l’indifférence. 

 

9 h 55_rem_
Céline Philippe UQAM - Université du Québec à Montréal

Elvis Gratton ou les « dangers » du rire

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Elvis Gratton est sans doute l’une des figures les mieux connues du répertoire cinématographique québécois.  Pourtant, ce succès recèle un grand paradoxe.  Tandis que ce personnage a été créé par Pierre Falardeau et Julien Poulin en guise de réponse à l’échec référendaire de 1980, la charge critique contenue derrière la forme humoristique des œuvres du cycle des Gratton semble être passée inaperçue dès le départ.  Détestés par les critiques, boudés par les intellectuels, mais connaissant un succès populaire incontestable, il semblerait que les films constituant la série des Gratton aient davantage servi à valoriser le discours du personnage au profit de celui que tentaient de transmettre ses créateurs. Nous nous proposons donc d’observer et de réfléchir à ce phénomène en replaçant tout d’abord les Gratton dans leur contexte, en montrant en quoi ils sont parties intégrantes de l’œuvre falardienne, en ce qu’ils abordent les mêmes préoccupations que les films dits « plus sérieux » réalisés par le cinéaste. Nous montrerons ainsi en quoi ces œuvres s’inscrivent dans une pensée de la décolonisation (pensée dont s’inspirait continuellement Falardeau), pour ensuite proposer sommairement quelques pistes, des hypothèses pouvant contribuer à expliquer en partie le paradoxe au cœur du « phénomène Gratton » et les causes de ce succès inespéré et inattendu. 

10 h 15_rem_
Discussion
10 h 40_rem_
Pause
11 h 00 - 12 h 00
Langage et genre humoristiques
Communications orales
Présidence/animation : Delphine CEZARD Université de Provence Aix-Marseille
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
11 h 00_rem_
Michèle Nevert UQAM - Université du Québec à Montréal
Le langage indocile des humoristes contemporains
(Afficher le résumé)



Parmi les nombreux humoristes francophones, quelques-uns se distinguent de l'ensemble de par l'importance qu'ils accordent à l'élaboration d'un univers imaginaire marqué par le rapport ludique au langage qui caractérise leurs textes (Bruno Coppens en Belgique ou Claude Meunier au Québec, par exemple). Tandis que la plupart des humoristes contemporains reprennent à leur compte la fonction des fous du roi de Moyen Âge, tels Yvon Deschamps au Québec, Guy Bedos ou Jamel Debbouze, en France, certains jeunes humoristes francophones, sur les pas de Raymond Devos ou de Marc Favreau, renouent, en revanche, avec la tradition du Bouffon d'antan : poète, artiste, comédien. Cette communication se propose de se pencher sur le langage indocile qui fonde les textes de jeunes humoristes français et québécois (Arnaud Tsamère, Garnier et Sentou, Nicole Ferroni, Louis-Josée Houde, etc.)

11 h 20_rem_
Lucie Joubert Université d’Ottawa, Catherine Skidds Université d’Ottawa

La CLEF (Comment L'Esprit vint aux Femmes) : territoires de l'humour rose

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Alors que l’on considère, consciemment ou non,  l’humour masculin comme l’humour tout court, on range spontanément la parole des femmes dans la catégorie « humour de filles ». Alors, justement, qu’en est-il de cet humour féminin? Quelles en sont les conditions d’émergence, les thématiques, les ramifications? L’Observatoire de l’humour s’étant fixé comme objectif, entre autres, d’établir une tradition archivistique en la matière, il m’apparaît important, dans ce premier colloque qui sert de lancement officiel à l’association, de commencer à publiciser les données que j’ai ramassées au cours des années sur les différentes voies qu’emprunte l’humour des femmes. Je présenterai donc le site LA CLEF (Comment L’Esprit vint aux Femmes) qui met en relief, on le verra, les différentes manifestations de l’esprit féminin, tant sur le plan scripturaire que visuel et auditif. Il s’adresse aux chercheurs, aux lecteurs et aux praticiens de l’humour : c’est un lieu ouvert qui, ultimement, cherche à devenir le point de convergence par excellence de la parole humoristique des femmes. Ainsi, dorénavant, lorsqu’on fera une recherche sur Internet en tapant humour + femmes, on trouvera donc la CLEF, c’est-à-dire des renseignements utiles sur le sujet… et non plus uniquement des sites proposant des blagues aux dépens des femmes!

11 h 40_rem_
Discussion
12 h 00_rem_
Dîner
13 h 30 - 14 h 45
Dans l'urgence de l'humour
Communications orales
Présidence/animation : Michèle Nevert UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
13 h 30_rem_
Delphine CEZARD Université de Provence Aix-Marseille

Clowns et soins : quelle histoire?

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Depuis une vingtaine d’années, les clowns hospitaliers connaissent une croissance sans précédent, soutenue par la presse et les médias mais également par un engouement populaire en faveur de l’action culturelle ou d’animations auprès des enfants hospitalisés. Existe-t-il des antécédents historiques au développement des clowns en secteurs de soins ? Quels sont-ils ?Aujourd’hui, leur intégration n’est pourtant pas des plus évidentes, ainsi qu’en atteste le heurt médiatique de l’annonce de la ministre des aînés du Parti libéral québécois d’un investissement financier pour l’intervention de clowns au sein deCentres d’Hébergement et de Soins de Longue Durée.En effet, la constitution de l’hôpital en tant que micro-société associée aux mutations artistiques et identitaires des clowns ont contribué à leur éloignement à la fois sur le plan idéologique mais aussi organisationnel. Par quel processus social sont-ils parvenus et parviennent-ils à s’intégrer au monde hospitalier ? Leur parcours de légitimation à cet égard est rendu possible par le processus de négociation en cours qui se présente comme « un fait générique des relations et des arrangements humains » (Strauss, 1992 : 245).

 

 

 

 

13 h 50_rem_
Marine DUFFAU Université de Toulouse
L'étrange effet miroir du clown intervenant hospitalier
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 En environnement hospitalier la présence des clowns peut surprendre voire déranger tant le personnel soignant, que les patients et visiteurs. En se positionnant comme miroir de la société humaine, le clown qui touche, émeut, mène à réflexion, provoque rire et/ou colère apparaît comme une sorte de personnage-relai. Un médiateur qui permet à la fois de réintégrer l’hôpital dans la cité, mais aussi de rappeler à l’enfant hospitalisé que, comme tout enfant, ilest lui aussi enclin à rêver, rire et s’évader. Malgré les difficultés liées à son lieu d’intervention, le clown hospitalier se place donc en miroir, peut-être déformant, de l’enfant malade.  Lors de cette communication, nous nous efforcerons de nous interroger sur l’utilisation de l’humour en lieu de soin, en mettant en exergue tant son pouvoir libérateur que sa fonction cathartique. Nous tenterons également d’analyser quelle est la position et le rôle du clown intervenant hospitalier, en d’autres termes, comment se place-t-il en miroir déformant de l’enfant malade ? Comment rompt-il avec l’idée du simple personnage comique, ne considérant pas le rire comme une fin en soi mais favorisant l’humour qui demande une participation active de l’enfant malade. Enfin, nous tenterons d’analyser quelles sont ses techniques de jeu, les thèmes qu’il aborde et situations qu’il provoque, et comment l’humour crée-t-il du lien et une complicité certaine entre chaque acteur à l’hôpital.

14 h 10_rem_
Florence Vinit UQAM - Université du Québec à Montréal

Humour et pratique clownesque au seuil de la mort

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L’humour partage avec la posture phénoménologique la suspension des savoirs acquis pour se laisser surprendre par le renouvellement du regard. La plaisanterie et le rire qui en découle viennent modifier le rapport habituel au réel en produisant un décalage, en ouvrant une brèche dans la vision établie des choses. Au delà des exigences écrasantes de l’idéal (de sérieux, de certitude, de maîtrise), l’humour relie les individus dans ce qu’ils ont en commun, dans ce que chacun peut partager de propre à l’existence humaine.Cette présentation cherchera à comprendre ce qu’apporte le clown au seuil de la mort au regard d’une phénoménologie de l’humour. L’authenticité et l’exagération du clown redonnent une place à la vulnérabilité tout en ramenant à l’ordinaire de la vie quotidienne, des peurs partagés par tous mais aussi des moments magiques et fragiles de l’existence.

 

14 h 30_rem_
Discussion
14 h 45_rem_
Pause
15 h 15 - 16 h 15
Si la tendance se maintient
Communications orales
Présidence/animation : Robert Aird École nationale de l'humour
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
15 h 15_rem_
Christelle Paré Institut national de la recherche scientifique

Humour et territoires : entre rivalité et complémentarité

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Depuis quelques années, nous assistons à la naissance, et parfois à la mort, d’événements ponctuels consacrés à l’humour. Si Juste pour rireet Just for Laughssont ancrés dans la tradition des festivals estivaux québécois, certains autres commencent à s’enraciner dans leur milieu, tels le Grand rirede Québec et le Festival d’humour de l’Abitibi-Témiscaminguede Val-d’Or. D’autres font encore leurs premiers pas (le BlackBlaguede Québec), et certains ne réussissent pas à se répéter d’un été à l’autre (le 1er Festival RiRiRi de Montréal). Ces événements reflètent des dynamiques identitaires où le recours à l’humour, amateur ou professionnel, peut se retrouver au cœur de stratégies de développement économique, culturel ou touristique, qui opposent potentiellement les territoires entre eux. Lorsqu’on prend en compte les spectacles en salles donnés à l’extérieur de ces événements, le tout soulève des questions en ce qui concerne la complémentarité des espaces géographiques pour l’industrie de l’humour, notamment dans les relations entre la métropole, les diverses régions du Québec et la scène internationale. Nous tenterons de dresser un portrait de la situation actuelle à l’aide des résultats de l’analyse quantitative d’un corpus de presse et de l’analyse de discours d’entrevues effectuées avec les acteurs du milieu.

15 h 35_rem_
Louise Richer École nationale de l'humour

Ecole nationale de l'humour : évolution et diversification des objectifs pédagogiques

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Crée en 1988, l’École nationale de l’humour a concouru à la structuration du milieu de l’humour et à l’évolution de sa discipline artistique. À travers l’évolution et la diversification de ses objectifs pédagogiques et de son offre de formation, nous positionnerons cette “institution” qui fonde son modèle sur les paramètres de la pratique humoristique sans toutefois y être assujettie. Et de son poste d'observation à l'ENH comme directrice générale et pédagogique, Louise Rocher conclura en dégageant les lignes directrices de l'humour de demain. Cette communication abordera donc les objectifs pédagogiques de l'Ecole pour positionner son sytème de valeurs bien précis qui va au delà d'une simple acquisition d'efficacité comique. Un souci de la qualité de la lanque, une meilleure compréhension du monde environnant, une sensibilisation à l'actualité politique et sociale, une connaissance du rôle de l'humoriste en tant que chroniquer de son temps ainsi qu'une orientation vers une prise de parole et un sens critique développé font partie des objectifs d'apprentissage de l'Ecole dans lequels baigne sa philosophie. En somme, on positionnera l'Ecole nationale de l'humur comme étant bien plus qu'une "machine génératrice de comiques", elle accompagne l'apprenant dans une démarche d'apprentissage active, d'introspection, de liberté d'expression, de dépassement de soi, de compréhension de son environnement et de sa culture.

15 h 55_rem_
Martin Durocher Zoofest - Festival Juste pour rire

Tendances humoristiques ou le nouveau visage de l’humour au Québec

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MartinDurocher propose un tour d’horizon de l’industrie de l’humour à travers ses yeux de Directeur général et artistique de Zoofest (du Festival Juste pour rire) afin de rendre compte de l’émergence d’une nouvelle génération d’humoristes qui répond aux goûts de plus en plus éclatés d’un nouveau public élevé sur Internet et avide de nouveauté. Philosophie DIY, nouveaux outils de création et de diffusion, émergence des contenus gratuits, tendances artistiques et resserrement par champs d’intérêts, tous participent à la création d’un nouveau paradigme qui catapulte l’humoriste moderne hors des frontières traditionnelles du One-Man show.

16 h 00_rem_
Pause
16 h 15 - 17 h 00
L'humour d'aujourd'hui et de demain
Panel
Présidence/animation : Louise Richer École nationale de l'humour
Participant(s): Lise Dion -, Boucar Diouf École nationale de l'humour, Sylvie Tourigny École nationale de l'humour, Louis Tremblay École nationale de l'humour
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
17 h 00
Lancement de l'Observatoire de l'humour
Cocktail
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D

Vendredi 11 Mai 2012

9 h 15 - 10 h 40
Je le prends personnel
Communications orales
Présidence/animation : Lucie Joubert Université d’Ottawa
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
9 h 00_rem_
Lucie Joubert Université d’Ottawa

Mot de bienvenue

9 h 15_rem_
Lélia Nevert UQAM - Université du Québec à Montréal
Prière d'en rire!
(Afficher le résumé)

De plus en plus présente sur la scène médiatique, la religion a souvent fait l’objet de mises en scène humoristiques, que ce soit par le biais de caricatures (Les Visages de Mahomet), de publicités (Le Kissing-nun de Benetton), d’affiches (Amen de Costa Gavras) ou autres. Les interventions de réprobation et les procès conduits par des groupes religieux à l’endroit de ces manifestations publiques pointées comme « blasphématoires » et « sacrilèges » traduisent le désir d’imposer un principe de « non disponibilité » de la religion dans l’imaginaire humoristique (JM Lustiger, Archevêque de Paris, 1985), et témoignent, tout au moins, de la sensibilité d’un tel sujet. À partir d’un corpus composé de sketchs et de spectacles d’humoristes francophones de France et du Québec soucieux des questions qui font l’actualité,  cette communication vise à mettre au jour quelques-unes des méthodes et des outils du traitement de la religion dans l’humour. On note à ce propos que le recours au stand-up est souvent le moyen d’introduire ce sujet délicat. En établissant une relation de complicité avec le spectateur par le biais de la confidence, l’humoriste expose sa propre spiritualité. Dès lors, il ne s’agit plus de rire de la religion, mais de la situation de l’humoriste face à la religion. La simple observation comique semble exclue, et c’est par le biais d’habiles procédés que l’humoriste construit le ressort comique.

 

9 h 35_rem_
Jean-Marie Lafortune UQAM - Université du Québec à Montréal

 Ne pas perdre la farce : l’humour dans la communication contemporaine

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Jouant de plus en plus la carte humoristique, la communication interpersonnelle, organisationnelle et médiatique contemporaine s’effectue au risque des contrecoups suscités par les mauvaises blagues et exige de chacun qu’il en discerne les ficelles au péril de sa crédibilité. Quelle place occupe aujourd’hui l’humour dans ces champs ? De quel humour s’agit-il ? Pourquoi tant y recourir ? Quels dangers guettent les conjoints badins, les collègues farceurs et les publicitaires plaisantins ? Quelles leçons pouvons-nous tirer d’une telle recherche ?

9 h 55_rem_
Emilie Ouellette UQAM - Université du Québec à Montréal
L’autodérision chez la nouvelle mère
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Une naissance est toujours un événement qui apporte son lot de changements. À travers l’adaptation, le stress, la fatigue, les hormones, les émotions et le physique, l’humour devient un outil puissant pour aider la nouvelle mère à rétablir un équilibre qui lui convient. L’autodérision, particulièrement, aide à prendre du recul face aux situations et à dédramatiser de façon saine la réalité auxquelles ces mères sont confrontées.

10 h 15_rem_
Discussion
10 h 40_rem_
Pause
11 h 00 - 11 h 20
L'humour en entreprise
Communications orales
Présidence/animation : Jean-Marie Lafortune UQAM - Université du Québec à Montréal
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
11 h 00_rem_
Benoit Savard Université de Sherbrooke

Humour et gestion : où en sommes-nous?

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Sous les angles du leadership, de l’équipe et de la créativité, l’humour est un phénomène présent dans les organisations. Cette présentation vise à rendre compte de l’état des lieux quant au rôle de l’humour dans les organisations. L’objectif est d’offrir tant une perspective théorique que pratique. Une brève revue de la littérature sera exposée tout en y ajoutant les observations d’un praticien en développement organisationnel. Cette présentation s’inscrit dans une volonté de l’Observatoire de l’humour d’analyser la contribution de l’humour dans les divers secteurs de la société. Les organisations représentent une cible de choix pour s’interroger quant à la présence de l’humour et particulièrement sous une perspective contributive à la santé et/ou la performance organisationnelle.  Un exposé en trois actes est proposé. Le premier acte permet de situer l’humour dans les diverses situations de gestion organisationnelle. Le deuxième acte concerne la notion du leadership en humour. En terminant, le troisième acte soulève des questions exploratoires pour des applications organisationnelles. Pour ce faire, un panel de trois dirigeants d’entreprise qui viendront exposer leurs réflexions concernant l’intégration de l’humour dans leur contexte organisationnel respectif sera réalisé. En somme, une communication teintée tout au long de la perspective du praticien qui offre l’opportunité de situer l’humour dans les organisations.

11 h 20 - 12 h 00
L'humour en entreprise : panel de discussion
Panel
Présidence/animation : Jean-Marie Lafortune UQAM - Université du Québec à Montréal
Participant(s): Stéphane Chayer Siemens, Gerard dufour Rio Tinto
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
12 h 00_rem_
Dîner
13 h 30 - 14 h 30
L'humour : un problème d'image
Communications orales
Présidence/animation : Christelle Paré Institut national de la recherche scientifique
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
13 h 30_rem_
Josée Desforges UQAM - Université du Québec à Montréal

Les caricatures antisémites diffusées par Adrien Arcand entre 1929 et 1939 : l'humour satirique au service d'un discours identitaire

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Adrien Arcand (1899-1967) est surtout connu comme le journaliste québécois ayant travaillé à l'élaboration de trois organisations fascistes : l'Ordre des Goglus, le Parti national social chrétien et le Parti de l'unité nationale. Afin de promouvoir ses idées d'extrême droite, Arcand diffuse à Montréal entre 1929 et 1939 six journaux illustrés de caricatures antisémites : Le Goglu, Le Chameau, Le Miroir, Le Patriote, Le Fasciste canadien et Le Combat national. L'image satirique devient une arme de choix pour celui qui s'autoproclame alors le führer canadien. Elle lui permet de présenter l'archétype du Juif comme l'antithèse physique et morale de l'archétype du Canadien-français.

 

Dans cette imagerie, tous les éléments graphiques sont prétextes à illustrer la campagne anti-juive d'Arcand. Les caricaturistes sortent l'arsenal satirique : schématisation, exagération, métaphorisation : autant de procédés pour stéréotyper, défigurer et animaliser le peuple juif.Afin de mettre en lumière le discours identitaire qui s'articule dans ces caricatures, je propose d'observer les procédés graphiques, formels et comportementaux qui accentuent la distinction entre les types du Juif et du Canadien-français.

 

 

 

 

 

 

13 h 50_rem_
Dominic Hardy UQAM - Université du Québec à Montréal

De Lionel Groulx à Joséphine Baker, la caricature de célébrités à Montréal dans les années 1930

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Entre 1933 et 1935, le jeune Robert LaPalme (1908-1997) publie, d’abord dans les pages du journal Le Canada (en 1933) mais surtout à L’Ordre d’Olivar Asselin en 1934-35, une série de caricatures empreintes d’une virtuosité et d’un humour graphique, alors inédits au Québec, qui reprennent à leur propre chef les recherches stylistiques communes des caricaturistes Miguel Covarrubias et Paolo Garretto, qui font alors la gloire des New Yorker et Vanity Fair américains; c’est ainsi que voient le jour les premières « caricatures de célébrité » parmi lesquels un abbé Groulx, un Jacques Maritain, un Edouard Montpetit, sont d’autant de ‘gloires’, nationales ou adoptées, rendues iconiques par la conception caricaturale. En même temps, le chevronné Albéric Bourgeois (1876-1962), en selle à La Presse depuis 1905, évoque souvent cette même culture de la célébrité, mais cette fois à travers ses personnages-fétiche, Baptiste et Catherine Ladébauche qui vont jusqu'à mettre en scène, en 1936, la renommée chanteuse et actrice africaine-américaine Josephine Baker (1906-1975), alors au sommet de sa propre gloire en France. Cette communication voudra réfléchir sur l’avènement de cette culture au Québec via le dessin satirique publié dans la presse à grand tirage. On voudra saisir comment l’humour permet au lectorat canadien-français de l’époque de négocier la représentation de son identité aux frontières d’une modernité graphique internationale.

14 h 15_rem_
Discussion
14 h 30_rem_
Pause
15 h 00 - 17 h 00
Humour vexatoire et rectitude politique
Panel
Présidence/animation : Marc Laurendeau -
Participant(s): François Avard -, Jean-François Mercier -, Daniel Pinard -, Diane Vincent Université Laval
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
16 h 30_rem_
Période de questions
17 h 00 - 17 h 15
Clôture du colloque 
Communications orales
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 511D
17 h 00_rem_
Louise Richer École nationale de l'humour, et Jean-Marie Lafortune UQAM - Université du Québec à Montréal

Mot de clôture

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