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80e du Congrès de l'Acfas

Colloque 452 - Les jeunes et l’action politique : participation, contestation, résistance

Du jeudi 10 mai à 08 h 45 au vendredi 11 mai à 12 h 15.
Responsable(s)
Stéphanie Garneau Université d’Ottawa, Nicole Gallant Institut national de la recherche scientifique
Description

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Jeudi 10 Mai 2012

8 h 45 - 9 h 15
Mot d'ouverture
Communications orales
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
8 h 45_rem_
Stéphanie Garneau Université d’Ottawa
Mot d'ouverture
9 h 15 - 10 h 30
Conférence d'ouverture
Communications orales
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
9 h 15_rem_
Alain Bertho Université de Vincennes Saint Denis (Paris 8)

Jeunesses du monde : genèse d’une nouvelle figure de la politique

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Et si la question n’était pas celle de la participation de la jeunesse aux formes politiques que nous connaissons et pratiquons, mais celle de l’invention par la génération qui vient d’une nouvelle figure de la politique que nous avons des difficultés à identifier ?

Le cycle de la politique moderne commencé avec les Lumières et les Révolutions française et américaine s’achève. L’articulation de la conflictualité sociale et de la représentation politique au sein de l’État Nation est aujourd’hui ébranlée par la mondialisation. Depuis dix ans, la séquence que nous vivons, celle de la généralisation des processus émeutiers dans le monde, donne à voir avec brutalité l’épuisement de ce dispositif.

Partout dans le monde c’est la jeunesse qui est en première ligne de cette exaspération montante : la jeunesse étudiante d’Amérique latine comme la jeunesse populaire et urbaine d’Europe, comme la jeunesse ouvrière d’Asie.

Dans la dynamique du printemps arabe, l’année 2011 a incontestablement marqué une étape décisive : le passage de l’affrontement sans espoir avec les pouvoirs à des démarches collectives et stratégiques. De la Tunisie à Oakland, de Madrid à Dakar, une nouvelle figure historique de la politique se dessine, en rupture avec les anciens dispositifs de représentation et les stratégies partisanes de conquête du pouvoir.

La génération qui vient s’y reconnait et s’y investit. C’est donc cette nouvelle figure politique qu’il convient d’identifier.



10 h 30_rem_
Pause
10 h 45 - 12 h 15
Résistances à la subordination
Communications orales
Discutant : Martin Goyette École nationale d'administration publique
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
10 h 45_rem_
Susannah Taylor Université d’Ottawa
La signification de la rue pour les jeunes de la rue
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Cette présentation vise la diffusion des résultats d’une étude qualitative et exploratoire, qui examine la signification contemporaine de la rue pour les jeunes de la rue ainsi que son influence sur leur parcours de vie. La rue et les espaces en dehors du foyer ont été historiquement des lieux occupés par les jeunes qui ont démontré leur capacité de s’approprier leur environnement. C’est donc dans la rue et les espaces publics que certains jeunes ont fait la transition à l’âge adulte. Alors que, dans le contexte actuel, plusieurs reconnaissent l’importance d’aider les jeunes à sortir de la rue, il faut se poser la question suivante, soulevée par Parazelli et Colombo (2004 : 150) : « doit-on sortir le jeune de la rue comme on sort une victime de son malheur ou doit-on mieux soutenir les efforts entrepris par les jeunes de la rue pour s’en sortir lorsque ceux-ci en prennent la décision? »

La méthodologie de l’étude est axée sur des entrevues semi-structurées auprès de sept jeunes âgés de 18 à 20 ans, recrutés dans la ville d’Ottawa. Les jeunes attribuent quatre significations à la rue : 1) la rue comme un lieu de famille; 2) la rue comme possibilité de commencer à nouveau et comme source d’espoir; 3) la rue comme lieu de prise de pouvoir et de résistance et 4) la rue comme période de transition. Les résultats soulignent que les interventions et les politiques concernant la sortie des jeunes de la rue devraient tenir compte du sens que les jeunes eux-mêmes attribuent à la rue.



10 h 45_rem_
Lucia Rabello de Castro Institut de Psychologie Université Fédérale de Rio de Janeiro

Entre la subordination et l’oppression : où va la résistance des jeunes à l’école?

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L’action de résistance des jeunes à l’école est souvent comprise comme une dysfonction. Cependant, une perspective moins défensive ouvre la possibilité d’interroger les façons multiples et hétérogènes utilisées par les jeunes pour recréer leur expérience scolaire. Nous proposons de discuter des enjeux qui entourent la participation des jeunes à l’école au moment où diverses attentes, quelquefois contradictoires, modèlent et conditionnent les actions des jeunes dans l’espace scolaire. La recherche a été conduite dans des écoles privées et publiques brésiliennes à Rio de Janeiro avec près de 1300 jeunes. Elle permet de constater que la position subordonnée de l’étudiant dans la hiérarchie scolaire conduit à une individualisation des actions,  la croyance dans la fonction instrumentale de l’école et un détournement privatisé des conflits. La détérioration des écoles publiques joue un rôle considérable dans l’augmentation du niveau des tensions et conflits entre les étudiants et les maîtres et entraîne des différences entre les écoles privées et publiques. Les contradictions du processus de subjectivation mettent en scène la futilité, le non-sens et le bluff de la relation de subordination de l’apprentissage en produisant des résistances qui ne peuvent pas être toujours ouvertement dramatisées. Le paradoxe émerge entre les tentatives des jeunes de préserver la relation de subordination maître-étudiant et les luttes contre les injustices au sein de cette relation. 

 



10 h 45_rem_
Jorge Benedicto Universidad Nacional de Educacion a Distancia , Maria Luz Morán Université Complutense de Madrid
Une autre classe de politisation? Frustration sociale, conceptions de la vie collective et processus d'engagement civique des jeunes Espagnols désavantagés
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Les difficultés sociales, culturelles ou personnelles d’un grand nombre de jeunes représentent, sans doute, des obstacles importants pour le développement de leur processus de politisation. Elles mènent souvent à l’interprétation de leurs opinions et de leurs comportements comme des manifestations de dépolitisation et d’apathie. L’incertitude et le pessimisme provoqués par les conditions difficiles dans lesquelles ils développent leurs transitions et le peu d’opportunités offertes par l’environnement favorisent des réactions de frustration sociale et d’impuissance civique. Or, la situation est plus complexe. La frustration et l’impuissance ressenties par ces jeunes politisent aussi leur vision de la réalité, mais d’une manière différente. Et, parfois, ils s’engagent spontanément, sans liens institutionnels fixes, dans des causes liées étroitement à leur vie quotidienne.

Le propos de cette communication est d’analyser l’impact des discours de frustration sociale et de l’impuissance civique sur la politisation, sur les discours et les comportements de la jeunesse désavantagée. En utilisant les résultats d’une recherche qualitative avec de jeunes Espagnols, caractérisés par des transitions précaires ou échouées, nous analyserons les traits de leurs conceptions de citoyenneté (visions de la vie collective, identités civiques, évaluation d’expériences de participation) et quelques expériences d’engagement civique qui brisent le cercle vicieux de l’impuissance civique.



12 h 15_rem_
Dîner
13 h 45 - 15 h 15
Désillusion et repolitisation du discours
Communications orales
Discutant : Stéphanie Garneau Université d’Ottawa
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
13 h 45_rem_
Kim Dubé Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne
Le féminisme fait peur! La résistance des jeunes femmes au mouvement féministe
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Dans le cadre de cette communication, je présenterai les résultats de mon mémoire de maîtrise dont l’objectif était d’explorer les résistances que les jeunes femmes expriment à l’endroit du féminisme, ainsi que les solutions qu’elles suggèrent afin de contrer ces résistances. Une entrevue de groupe fut réalisée auprès de cinq jeunes femmes d’origine francophone étudiant dans des disciplines reliées à la relation d’aide. Les résultats de l’analyse de contenu démontrent qu’en raison des représentations négatives attribuées au féminisme, de la méconnaissance de la définition du féminisme, de la crainte de l’étiquette féministe, d’une crainte du contrat féministe ainsi que de l’idée de l’égalité déjà atteinte, le mouvement des femmes suscite plusieurs craintes et résistances chez les jeunes femmes. Dans l’optique où les inégalités hommes-femmes persistent et où les risques de recul demeurent, cette résistance menace l’implication politique des jeunes femmes au sein du mouvement féministe. Par ailleurs, l’identification de pistes de solutions permet d’envisager des actions qui susciteraient une plus grande mobilisation des jeunes femmes au sein du mouvement féministe. En effet, accroitre l’identification des jeunes filles au féminisme et leur participation citoyenne sur des questions politiques et sociales qui touchent directement ou indirectement les femmes pourrait contribuer à l’amélioration de la condition des femmes et d’autres groupes minoritaires.

13 h 45_rem_
Hayet MOUSSA Institut superieur des sciences humaines de Tunis, Lamia Zaki Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain
L’inclusion socioéconomique et la participation citoyenne des jeunes Tunisiens
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La présente proposition est basée sur l’analyse de huit entretiens de groupe menés en décembre 2011 dans le cadre d’une étude sur l’inclusion socio-économique et la participation citoyenne des jeunes Tunisiens. Contrairement aux travaux sociologiques mettant en avant le passage au politique de certaines catégories de jeunes Tunisiens à la faveur de la révolution, l’enquête donne à voir l’absence d’engagement (associatif, partisan, dans des manifestations) des jeunes interrogés et un repli sur la sphère privée qui pourrait être associés à une forme d’apolitisme. Les jeunes expriment leur forte défiance par rapport aux pouvoirs publics et à la sphère politique institutionnelle. Ils témoignent également de leur désillusion pour l’après-révolution quelques semaines seulement après les élections de l’assemblée constituante. Ces critiques apparaissent à la mesure des grandes attentes nourries à l’égard du nouveau système politique.

Cependant, au-delà du repli sur une sphère privée plus accomplie que doit garantir la « bonne » politique (« nous voulons enfin vivre normalement »), les témoignages donnent également à voir une politisation du discours en fonction de trois axes d’opposition principaux : les revendications du droit à une « vie (privée) normale » passent par la dénonciation des disparités régionales, des inégalités générationnelles et des inégalités entre jeunes (diplômés/non diplômés ; hommes/femmes, etc.).



13 h 45_rem_
Bernard Fournier Vrije Université de Bruxelles

Les valeurs des jeunes et la « participation civique » : enseignement d’un sondage auprès des 16-18 ans à Liège

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De nombreuses recherches ont montré que les adolescents ne sont pas intéressés par la politique et ne veulent pas s’engager dans les partis politiques. Par contre, ces mêmes enquêtes indiquent qu’ils appuient largement la participation dans des organisations pour la défense des droits de l’Homme ou de l’environnement (une participation civique, dirons-nous). Toutefois, ne garder que cette seule image ne permet pas d’illustrer les nombreuses interactions entre les participations et les intérêts de la jeunesse d’aujourd’hui. La présente communication vise à proposer une image plus complexe et à approfondir deux dimensions : premièrement, mettre en évidence les valeurs de référence des adolescents qui s’engagent dans une participation de type civique – et ces derniers ne sont finalement pas si nombreux : contestent-ils l’ordre social et économique actuel ? s’opposent-ils à la politique traditionnelle et comment ? Deuxièmement, comme une large majorité d’adolescents ne manifeste qu’un souhait de participer à ces associations et non une participation réelle, n’accorderait-on pas trop d’intérêt à ce qui n’est peut-être qu’une « case refuge » ? À l’automne 2011, nous avons réalisé un sondage auprès de 700 étudiants dans 9 écoles secondaires à Liège. Des indicateurs déjà validés dans des enquêtes antérieures ont été utilisés pour mesurer leur niveau de participation parmi un large éventail d’associations. Ces nouvelles données devraient permettre de répondre à ces questions.

15 h 15_rem_
Pause
15 h 30 - 17 h 00
Façonnement organisationnel de l'engagement
Communications orales
Discutant : Nicole Gallant Institut national de la recherche scientifique
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
15 h 30_rem_
Céline Oberlé Institut national de la recherche scientifique

Les forums jeunesse régionaux du Québec : un engagement citoyen adapté aux réalités locales?

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Les Forums jeunesse régionaux du Québec ont été créés en 1998 par le gouvernement du Québec afin d’inclure les jeunes dans le développement de leurs régions. Aujourd’hui, ces forums jeunesse sont devenus un vecteur important de la participation citoyenne des jeunes du Québec et viennent contester l’idée selon laquelle la participation des jeunes est en crise.À l’intérieur d’un cadre national et des directives édictées par le Secrétariat à la jeunesse, chacun des 21 forums jeunesse développe sa propre expertise de la participation citoyenne et met en place des actions répondant aux besoins spécifiques des jeunes de sa région. Les projets peuvent donc être adaptés aux réalités régionales et locales. Les forums jeunesse sont un terrain d’analyse intéressant de la participation politique des jeunes : par leur diversité, ils permettent de mettre en avant plusieurs formes et conceptions d’engagement citoyen des jeunes.

S’appuyant sur une analyse documentaire des actions mises en place et sur des entretiens avec des représentants de forums jeunesse de diverses régions, la recherche vise à montrer comment le dispositif des forums jeunesse régionaux favorise l’émergence d’une diversité de modèles et de pratiques. En montrant comment les projets déployés s’adaptent aux enjeux locaux tout en s’inscrivant dans un cadre de référence commun, la communication permettra de réaffirmer l’importance du contexte territorial dans le développement de la participation citoyenne des jeunes.



15 h 30_rem_
Christine Dallaire Université d’Ottawa
La FESFO : un lieu de formation à l’engagement dans la francophonie minoritaire
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La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), l’organisme porte-parole des élèves des écoles secondaires de langue française de l’Ontario, œuvre depuis 1975 pour favoriser l’engagement des adolescents dans leur école et dans la communauté franco-ontarienne. Le roulement continu de ses membres et de ses intervenants a mené la FESFO à se soucier de la transmission de ses valeurs, de son mode de fonctionnement et de son expertise. Cette communication s’appuie sur des entrevues avec 5 élèves ayant des rôles de leadership au sein de la FESFO ainsi que 10 intervenants pour illustrer comment l’organisme a développé une démarche particulière de formation des jeunes. La première partie de l’analyse porte sur le contexte qui a suscité cette réflexion sur le besoin de formaliser à la fois le contenu et la transmission de son expertise. La deuxième partie de l’analyse détaille le processus de mise en œuvre de cette démarche et les soucis de maintenir une cohérence avec les valeurs de l’organisme privilégiant l’autonomie et la prise en charge par les jeunes. La dernière partie de l’analyse définit les retombées de cette démarche de formation pour la mobilisation des jeunes. Les élèves et les intervenants rapportent que cette priorité accordée à la formation et à l’échange d’information leur donne confiance en soi, leur permet d’agir d’une façon productive et les motive à poursuivre leur engagement au sein de la FESFO et dans la francophonie minoritaire.  

15 h 30_rem_
Serge André Batikalak Université de Yaoundé 1
La jeunesse estudiantine ethnique et l’arène politique locale au Cameroun : une analyse de l’Amicale des étudiants du Grand Mbam
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La mobilisation scientifique et surtout l’attention portée par les politiques sur les questions de jeunesse traduisent à n’en point douter le rôle que jouent les jeunes dans la construction ou encore le devenir des sociétés actuelles. Le monde vibre au rythme des mouvements de revendication des jeunes et les pouvoirs publics essaient d’apporter des réponses à la crise. Dans l’univers politique africain en général, l’on constate la volonté affirmée des États d’« autonomiser » la jeunesse. Au Cameroun par exemple, au cours de la première décennie des années 2000, l’État s’est lancé dans une entreprise d’actions dont la finalité était d’organiser le secteur associatif jeune jugé désorganisé. Le ministère de la Jeunesse a donc mis en œuvre un certain nombre d’opérations et d’activités réflexives orientées globalement vers l’encadrement de la jeunesse et la redynamisation du milieu associatif jeune.

Ce regain d’intérêt observé chez les politiques camerounais pour les jeunes témoigne non seulement des pressions exercées par une catégorie qui ne veut plus jouer les seconds rôles d’une part, mais aussi d’une volonté politique d’associer désormais les marginalisés, les exclus d’hier dans la gestion des affaires publiques d’autre part. À travers une étude de cas centrée sur l’Amicale des Étudiants du grand Mbam, un constat se dégage : c’est que l’AEM, dotée d’un véritable « pouvoir directorial », influence fortement le jeu politique local.

 

 



Vendredi 11 Mai 2012

8 h 45 - 10 h 45
Nouvelles formes de politisation en acte
Communications orales
Discutant : Bernard Fournier Vrije Université de Bruxelles
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
8 h 45_rem_
Martin Boire Forum Jeunesse Longueuil
La participation politique et citoyenne des jeunes de 16 à 24 ans de l’agglomération de Longueuil
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Alors que les médias présentent une image désengagée, dépolitisée et cynique de la jeunesse, plusieurs auteurs viennent nuancer ce portrait en présentant de nouvelles formes d’engagement plus individualisées avec des objectifs concrets et des actions ponctuelles. Certains auteurs présentent ainsi des formes d’engagement et des enjeux  dans lesquels s’investissent de jeunes Québécois. À titre d’exemple, des jeunes s’engagent individuellement à travers des formes de consumérisme politique (Quéniart et Jacques, 2008) alors que d’autres prennent conscience de problématiques reliées à l’exode rural et à leur place dans une société où ils sont minoritaires (Gauthier, 2003).

Dans cette communication, en nous appuyant sur une recherche collaborative avec la CRÉ de Longueuil et le CEFRIO, nous nous pencherons sur le cas des jeunes de Longueuil. Nous examinerons si les réalités locales des jeunes ont un impact sur la forme de leur participation et sur les enjeux dans lesquels ils s’engagent, si leur participation diffère de la réalité québécoise analysée par d’autres auteurs. Nous tiendrons compte des différences liées au parcours scolaire et à l’âge. Notre analyse reposera, d’une part, sur deux groupes de discussion auprès de cégépiens et de jeunes raccrocheurs du secondaire, et, d’autre part, sur un sondage acheminé aux étudiants de 16 à 24 ans des écoles secondaires et des cégeps de l’agglomération de Longueuil.



8 h 45_rem_
Nicole Gallant Institut national de la recherche scientifique

L'action politique des jeunes au Québec : quels liens entre les formes d'action et les positionnements identitaires?

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Plusieurs auteurs soulignent l’émergence de nouvelles formes d’action politique des jeunes, qui viennent nuancer l’image populaire d’une crise de leur participation. Cette communication documentera certaines de ces nouvelles formes, en s’appuyant sur un terrain qualitatif rassemblant une vingtaine d’entretiens semi-directifs réalisés en 2011 avec de jeunes Québécois de divers horizons. Nous distinguerons quatre modes d’action politique, qui ne sont pas mutuellement exclusifs : participation organisationnelle; résistance liée à une sous-culture; contestation expressive ou artistique; pratiques personnelles engagées.

Nous explorerons aussi l’articulation entre les enjeux locaux et globaux dans les engagements de ces jeunes et nous verrons comment celle-ci s’imbrique avec leurs positionnements identitaires. Certes, une tendance théorique récente insiste à juste titre sur la singularisation et la multiplicité des parcours identitaires chez les jeunes, mais ces processus conservent néanmoins une dimension collective indéniable. En effet, un peu par définition, l’action politique s’inscrit dans une représentation de soi comme faisant partie d’une communauté politique plus large, envers laquelle le jeune ressent une certaine solidarité ou appartenance. La communication documentera donc comment les diverses échelles d’appartenance (citoyen du monde, Québécois, francophone mais aussi skinhead, etc.) sont articulées entre elles et avec certains modes d’engagement plutôt que d’autres.

8 h 45_rem_
Patricia Loncle Ecole des hautes études en santé publique
La reformulation de la participation politique par les jeunes investis dans des pratiques artistiques
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La communication comportera trois parties : une présentation des débats relatifs à la participation politique des jeunes en France et en Europe en fonction des types de politiques nationales et locales de jeunesse; une présentation des résultats de deux projets de recherche menés sur la participation politique des jeunes investis dans des pratiques artistiques et sur la perception de cette participation par les élus jeunesse du territoire; une proposition de synthèse sur les modalités et la portée des mobilisations politiques des jeunes européens aujourd’hui. Nous nous baserons sur deux types de matériaux : 1. des projets de recherche locaux soutenus par Rennes Métropole et la Région Bretagne qui ont été l’occasion d’une part de recueillir la vision qu’ont les jeunes investis dans des projets artistiques de leurs mobilisations politiques et les modalités sur lesquelles ils s’appuient et d’autre part les perceptions qu’ont les élus de ces engagements; 2. un projet de recherche européen soutenu par la Commission européenne sur la participation des jeunes en Europe (UP2Youth) et qui a permis de récolter du matériau sur l’état de cette question dans cinq pays européens (Autriche, France, Irlande, Italie, Slovaquie). La mise en regard des différents matériaux nous permettra de situer les pratiques de participation des jeunes dans leur contexte institutionnel et de nous interroger à la fois sur leurs contenus et sur leur portée politique. 

8 h 45_rem_
Belgin Bilge École de management ISC
Internet et les réseaux sociaux : nouveau terrain politique pour la jeunesse de la Turquie
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La Turquie porte en elle toute la diversité et les contradictions géographiques, culturelles et politiques. Jusqu’à la fin du 20e siècle, la Turquie a subi l’impact des « révolutions globales » : réformes de la communication, révolution cybernétique, amélioration des droits de l’homme, modification de la consommation, mutations politiques et changements sociaux.

Le développement des nouvelles technologies en Turquie a été guidé par la croissance économique depuis l’élection d’AKP en 2002. Elles se sont rapidement imposées auprès des jeunes Turcs comme des instruments de mise en œuvre d’une sociabilité complexe, fondée sur l’entretien, voire l’élargissement, d’un faisceau nourri de liens faibles associés aux « tribus » d’appartenance comme les différentes « classes identitaires turques » formées suivant l’origine ethnique, le niveau d’enseignement, le revenu, la religion/le rite, le lieu d’habitation, le type de profession et la tendance politique.

La Turquie traverse une période de transition importante : l’Europe/l’Orient, l’Islam/la laïcité, le kurdisme/le nationalisme turc, le modernisme/le conservatisme bouleversent tout rapport socioculturel et politique dans la société contemporaine.

La moitié de la population turque a moins de 29 ans : Internet et les réseaux sociaux poussent-ils les jeunes vers la dépolitisation, leur donnent-ils le moyen d’y participer davantage ou divisent-ils davantage la société en créant un clivage plus important auprès de la jeunesse turque?



10 h 45_rem_
Pause
11 h 00 - 12 h 15
Conférence de clôture
Communications orales
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 513A
11 h 00_rem_
Madeleine Gauthier Institut national de la recherche scientifique
Les jeunes et l’action politique : un problème conceptuel, un problème perceptuel ou un phénomène épisodique?

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